‹ Ham. Aout 1829-novembre 1832Chapitre 20 sur 45 · EXPEDITION D'ALGER · texte numérisé non relu

EXPEDITION D'ALGER

«Mais, Sire, l'affaire d'Ancônc... Quoi! ledrab peau tricolore descendu, par ordre de Rome, des » tours d'une citadelle que nos soldats occupent ! » Quoi ! l'ambassadeur du roi de juillet aux pieds » du pape !

» Plus bas, Monsieur, dit le roi avec vivacité, on » peut vous entendre. Oui, il y a bien quelque chose » à dire sur l'affaire d' Ancône. ...»

(Lafajette après la révolution de j85o, par M. Sarrans jeune. )

« Une sera pas dit qu'un roi de France aura été

)> impunément insulté par un chef de pirates

( paroles du roi Charles X. Anecdotes sur la conquête d'Alger, par J.-T. Merle)... « V cinq heures •> du malin le pavillon blanc flottait sur Torrc- » GJUca t(idem).

« Ln Méditerranée est on Lac français *> (Napo i léon). •

Si le hasard permettait qu'un fragment du livre que j'écri> mirécât h quelque* anet de ces révolutions terrestres qui bouleversent le momie el les sotivenirs des hommes; si, dans les profondeurs de quel- <|uc ville ensevelie comme licrculanum et Pompéia, on ne retrouvait même que cette épigraphe, que pensernit-on de ces deux rois dont les paroles sont si différentes? Oh ! certainement on supposerait que le premier, dansl'ejrïl, après une révolution dont M. Lafa yette aurait été le chef, reçoit les reproches de quel que ancien courtisan. Quant nu roi Charles \. dont le langage esl ûnobjeel n lier, dont le pavillon Qotte mr le territoire ennemi, on croirait que son pi ne lui | m i- troublé, <•! qu'un prince li sensible .1 I boimeuf 'lu paya qn il gouverne . aura toujours

été lui-même I oré, puissant < » heureux Salut .:>

li révolution de juillet, cette vigilante gardienne de la gloire (i i il< a couronné le premier

H le .1 »0lr l.i (h'i lii'.Mi. C il n "' I '

Ce qu'il y eut de vraiment beau , de vraiment grand dans l'expédition d'Alger sous le rapport politique, ce fut. le spectacle qu'offrit la restauration mise aux entraves , pour ainsi dire , et à la gêne dans sa situation intérieure, et se développant audehors avec tant de force et de puissance. Elle montra que là où l'on ne jetait point, comme à plaisir des obstacles et des pièges sous ses pas , la où elle n'avait à vaincre que des difficultés résultant de la nature des choses, et non pas des passions des hommes, dont les conséquences sont incalculables, elle ne reculait point devant ces difficultés, qu'elle en triomphait même avec une énergie et une promptitude incroyables. Et cependant l'on se rappellera que l'expédition d'Alger fut aussi le texte de la plus vive opposition , que M. Thiers , dans un passage, dernièrement rapporté par le National, qualifiait de folle cette glorieuse entreprise, à peu près comme on a placé le mol de folie à côté de l'héroïsme de Madame la duchesse de Berry, • I est très-probable que si, pour accomplir la conquête d'Alger, le ministère du 8 août eût eu besoin

- . Ifl — tic quelque- m douzièmes provisoires nu on

a prodigaés depuis pour le bris de portes d'Ancdne, pour la promenade en Belgique el sous les murs de Lisbonne , tout crédit législatif eût été refus* que l'expédition n'aurait pu atoir lieu. Cela donne une juste mesure de la différence qui existe entre l'esprit départi et l'esprit de nationalité.

La manière dont l'ut résolue l'expédition était toute française 1 . Leprésidenl do conseil ne rou loi associer aucune nation étrangère h I > gloii

nqnèle qu'A médit tit pour le pays. Il craignait les retards, les embarras qui entravent de sembla-

(i) On voit, par niif nota dt la dernière brochure du prince de Poligoac, que, mente .nuit sou mioislèr

tait | \ i min nt nalio

gletei i > , t>: i" • • ja du projel lil drfti uire

iiicinl». h du i "i pi diplon

m e que pai ta puû

— 2-39 — .Mes coalitions. On peut dire que l'Europe apprit à la fois et te projet du gouvernement royal et l'exé cution de ce projet. Les escadres anglaises qui naviguaient dans la Méditerranée se retirèrent noblement devant la flotte française. L'attitude ferme et digne du cabinet des Tuileries, les puissantes alliances qu'il possédait en Europe , l'environnaient de celte haute considération, qui, pour les étals comme pour les particuliers , est le premier gage du succès. Sans doute le gouvernement britannique, par un zèle bien naturel pour les intérêts et l'influence de l'Angleterre, adressa, lors de l'occupation d'Alger, k-s représentations les plus vives au

sance qui oserait à elle seule se charger de celle répression ; toute coalition eût été un obstacle au succès. J'écrivis à ce sujet au ministre des affaires étrangères , en 1828, dans les mois de mai ou de juin , je erois. Ma dépêche doit se trouver dans les archives de ce départe* ment. Entré au ministère en 182g, je songeai de suite à l'exécution du projet que j'avais formé. Le zèle, la persévérance et l'habileté de mes collègues mirent bientôt (Uni les X à même de régner sur Alger, et de dicter des lois à Tunis et à Tripoli. 1

dernier ministre de* affaires étrangères de la restauration; niais il trou\a chez loi el clans le cabinet français, comme il devait >\ attendre, le même /Me pour le> intérêts français, pour l'influence

française. On connaît cette réponse do prince île Poligoac ii 1 ambassadeur d'Angleterre, « <me dans » nne entreprise accomplie par le pays, le cabinet » des Tuileries ne prendrait conseil (pie de Thon

min et de 1 intérêt do pays. » En voici une mitre ignorée jusqu'ici, et dont noas croyons pouvoir gnrantir l'authenticité (i). Le même ambassadeur rc- « ut dé son gouvernement, au sujet de l'expédition d'Alger, une note dont il OUI donner connaissance au prince de Polignac. Embarrassé sans doute du style un peu menaçant dans lequel elle était conçue . il

iin.i mieux la laisser lire au ministre nue de lui en

(^I'ciii (. t. ut , (Mimiir pour UmUm 1m particularités jus | h .i prêtent inédites ( contenues dirni ce volume, les lonn luxquellei j'ai puisé don seul ■

cette publication le plus important de loua les avant un grand i si •" '• m de véi ité,

expliquer le contenu. — « Quelle réponse dois -je » faire à cette note, » demanda-t-il , en la reprenant des mains du président du conseil? — «Ré- » pondez, dit le prince de Polignac, que je suis sensé » ne l'avoir pas lue. »

C'est que la pensée qui avait dicté l'expédition était noble et grande; c'est que le chef du cabinet n'avait reculé ni devant le souvenir de tentatives malheureuses auquel était attaché cependant le nom de Charles-Quint, ni devant les difficultés sans nombre dont, selon la plupart des marins, l'entreprise était comme hérissée. Briser en Afrique le dernier anneau de l'esclavage, ouvrir h la France, l'empire de la Méditerranée, remplacer Saint-Domingue, perdu dans la première révolution , par un pays dont l'étendue égale le tiers rie celui-ci, et qui est propre h toute espèce de culture coloniale; rétablir la civilisation dans le monde africain, depuis si long-temps livré à la barbarie, commercialement, politiquement, moralement, c'était un beau dessein. Celui qui l'avait conçu comme chef

du cabinet, cl i[ni en ;,\ ait h, iic i",i< complisscmcni devait Icnir ce tangage. In arrêt solennellement r « • r ji i i «* de In cour des pain, îi cetlc fin qu'il ne

puisse dé] ;n:« 1; 'I- (l'une pri-mi . pèSS -ni

luietsui ses anciens collègues, uui oui aussi voté la prise d'Alger. Eh bien-! au nom de la gloire IV<:ii çaisc, qu'on cm die ;i chacun des prisonniers Ai fort de Eiam quelque trophée do fort de l'Empereur, de Staonefi , on de la Cassauba! Qu'on leur paie au moins ci 1 1 c (Ici i"! S'il- (mi mal sarsi, comme oit I .

-me, je sens de I ;nti( le l .\ , il- ont Lien compris

l( - intérêts cl I Donneur fie la rince. .

P --nu, ;m\ détails de l'expédition. 1 n an ministre don! le départemcnl devait prendre la pre mien pari 1 1 x préparatifs de ce! te belle entrep li I iron d'Hauttez, qui ne pourrai! paraître te jourd'hui lur 1 1 tei rcdeF • I rcimui

lemenf conduit .m Ibrl de II. nu. appela dès, ra , i , tion du ministère du 8 août, de etmcei t 9f€ \, prince de Polignne et le comte de BournHmt, l'attention du i-i cl celrc du conseil sur l'affain

il Alger, et sur ia nécessité d'une prompte décision. L'époque favorable pour une expédition était le mois de mai. Un relard pouvait compromettre le sucées. Les données que le ministre <h la marine avait trouvées dans les cartons de son ministère lui faisaient évaluer à huit mois le temps nécessaire pour les préparatifs auxquels il devait présider. Il sentait donc plus que personne l'urgence d'une décision. Elle fut rendue au mois de février. Des projets d'une nature toute différente qui n'avaient point satisfait le conseil , contribuèrent cependant a la relarder. MM. Drovettiet deLivron, l'un, consul général en Egypte , l'autre , général au service de Mehemet-Ali, présentaient des pians qui tendaient à faire intervenir le pacha pour terminer la querelle du roide France avec le dey d'Aller. Tantôt on demandait seulement des moyens de transport pour les troupes égyptiennes, tantôt on propo sait de les faire voyager par terre, et l'on ne voulait que des secours en vivres et en artillerie; qui seraient fournis par la France. Dans l'une et l'autre hypothèse, on demandait une somme de vinct-

* 1114 millions et L eeaaton de quatre ^.ii»irnu\ ilr ligne.

- propositions, fondées sur les obstacles im nenscs JitiI L'expédition semblait alors environnée. après avoir élé mûrement examinées par le cou >cil , furent unanimement rejetées. On doit au ministre de la marine la justice de dire qu'il lut un des membres du cabinet qui les repoussèrent avec le plus <1« force, el qu'il montra dans cette occasion la même persévérance, le même zèle qu'il déploya plus lard pour le succès des dispositions qui concernaient son ministère.

I • ne lui . comme nous l'avons déjà «lit. que dans les premiers jours »lc février, que l'expédition lut résolue. Il restait bien peu de temps .dois. Le ministre de la marine n'hésita pas cependant • donner l'assurance que la partie des préparatifs ndanl de ->oii département ne sérail pai en retard. Le comte de Bourmont contracta lésiné

- ni ••'< un fit— potu le ministère de la guerre

et l'un cl l'autre rivalisant de zèle et d'ardeur, et établissant entre eux ctjeurs départements respectifs une harmonie qui ne fut pas un instant troublée , parvinrent à réaliser toutes leurs promesses.

Le ministre de la marine n'avait assumé une telle responsabilité qu'après une étude approfondie des obstacles qui se présentaient et des ressources qu'il pourrait y opposer; il n'ignorait pas qu'il avait à combattre, outre l'immensité des préparatifs, une sorte de malveillance au sujet de l'expédition. Par une inconcevable préoccupation , la presque totalité des officiers-généraux de la marine considérait l'expédition comme impossible, ou au moins comme entourée de telles difficultés et de si grands dangers que les chances de désastres devaient l'emporter sur celles de succès. Ce n'était que dans quelques jeunes officiers employés a l'inutile blocus d'Alger, qu'il rencontrait de la confiance; et conclut guère que chez eux qu'il trouva des renseignements positifs sur la situation de la côte, et sur la possibilité du débarquement. On rapportée ce su-

— 1 1 1 — jet que dans une conférence c. laquelle il avait dû appeler lès uesnnfei de conseil d'amirauté et tous mirau* «jiii M trouvaient a Paris, un do ces derniers présenta la tentative de l'expédition sur une terre inhospitalière sans ancrage, sans port .

e.\posée»à des vents lurieux . comme un tels de folie. >• Je w>us remercie, dit le ministre, de l'api* nion «pie nous venez d'omotlrc. non (j/olle change la mienne mii' la possibilité, la certitude même du MHi.rs, mais parce uu'elle In rorlstVi sur le choix i nu- proposait de faire de l'officier à <pii j'en conJSornis la direction. Cet officier, c'était. voueg

j en lioinc, ai un autre. » Le ministre tint parole, et le mot iiHpOêêibilUé ne fui plus prononcé*

Ce ftil le H février «pie le roi prit une déterrai» h définitive tur cette importante nflain ai mi ! ta les nsinistn - de 1 1 serra et «le la ms

ol exp relatif» mu .unie

dm oi I i., n, n iu( furent

1 illo poncluuHlo , <pif .

.m d, la p|

étaient reliais clans la rade de Toulon , el que le 5 mai il n'en manquait pas un seul. 11 avait dû, en outre, pourvoir aux transports nécessaires pour une armée de 52 mille hommes, 2,4oo chevaux, un matériel considérable d'artillerie , les approvisionnements et effets de chargement, vivres, hôpitaux, etc. 11 se procura, à cet effet, six cents bâtiments de diverses grandeurs. Cent cinquante bâtiments non pontés destinés au débarquement, et cinquante barques, construites spécialement pour cet objet, complétaient l'ensemble des mesures qui avaient dû être prises. Cet immense armement lut réuni dans la rade de Toulon , et, le G mai , M. le dauphin et les ministres de la guerre et de la marine en passèrent la revue. Douze vaisseaux de ligue, vingt-cinq frégates et soixante dix bâtiments de guerre de moindre force, dont quatre à vapeur, occupaient le centre de la rade. Le convoi des transports , rangé par ordre de marcho, se trouvait sur un de» côtés ; la France , représentée en quelque sorte par des habitants de chacune de ses provinces qu'avait attirés cet imposant spectacle,

ilut Otrc licrc du développement de ses forces ma rilines, et juger, parce qui avait été iail en trois mois, de l'immensité de ses ressources.

La Hotte ne mit à la voile que le a4 mai, le retard foi occasions par quelques Contrariétés éprou-

dans 1<- service de L'armée (!<• terre. Klle arriva le icr juin dans la rade de Palme, où elle se rallia. Le i <> èUe mit à la voile pour la côte d'Afrique, qu'elle reconnal le is, et d'où elle revint prendre sa station par suite d'une hésitation a aborder cette côte tant redoutée, que les préventions «laldios dans Je corps de la marine par/liraient avoir fait naître dans L'esprit de l'amiral Dnperré. La Hotte appareilla de nouvean le 16 au matin. <i le débarquement s'opéra. Quelques heures suffirent à cette immense opération, tant les précautions avaient été bien prises, tant les moyens i taicnl nbondante, tant anssj les abords se prêtaient a une attaque.

Pai un< inexplicable obstination . I .mural Pu h iil I- fuaé é Ij m h dm >ions <!<• Irana-

ports à une distance assez rapprochée du reste de la flotte, pour que le débarquement du matériel, celui surtout des chevaux, suivît immédiatement celui de* troupes. Il en résulta un retard de plusieurs jours dans la marche de l'armée, et la perle d'un grand nombre de soldats, que dans leurs continuelles attaques, les Arabes venaient tuer jusque dans les retranchements.

Le 5 juillet, Alger fut au pouvoir de l'armée française. Ce ne fut point tout, le plan de l'expédition reçut une exécution complète. Les autres états barbaresques renoncèrent à la piraterie , au paiement de tributs imposés à plusieurs nations de l'Europe, et consentirent enfin, chez eux, à l'abolition de l'esclavage des chrétiens. Les traités qui consacraient ces importants résultats furent signés, avant les événements de juillet, par le président du conseil. Ainsi , celte belle entreprise était à la fois française, européenne et chrétienne. Tandis que le roi qui l'a conçue et accomplie vit dans 1 exil , les chrétiens peuvcnl librement aborder les plages de

l'Afrique. Celle |>cnscr doti cire douce pour Son royal eivur.

Ln grande nouvollo, transmise par le télégraphe,

fui : S iut-Cliitul parle ministre de La ma-

in;.'. Lorsqu'il l'eût annoncée au roi, ee prince lui lendit le£ bras. Le ministre prit respectueusement une des mains du roi et se disposait à la baiser, «Àu- • joutd'liui on s'embrasse, » lui dit S. M., et elle pressa sur son sein ce serviteur dévoue; seule, mais noble récompense d'un zèle soutenu, el au quel on était redevable en grande partie du succès

de l'expédition (l).

Le baron d'Hauj boraa poiol >"i\ prepa-

i.nils tout militaires qu'exigeait Pcxpc*dition <!'\l :ik ut dea n,( i.'k <1 i la - • ai ha <! I til depuis looj tem \>^

| eui de la France el de l'Angleterre '!<• deux

le nom d'aiguillei da

adu nul» | ministre

!• l.i marine cnrrciia les m ivens d( ms noi tel à

I il m I un i

Ceux qui n'avaient point étudié les passions politiques, qui ne connaissaient point leur persévérance , qui n'appréciaient point le degré d'intensité auquel elles étaient parvenues, auraient pu croire que ce mot du roi Charles X , aujourd'hui on s'embrasse, deviendrait le mot d'ordre de toute la France. Pour moi, j'avoue que je le croyais alors; on sait cependant que la conquête d'Alger n'eut aucune influence sur l'esprit d'hostilité tous les jours plus prononcé qui éclatait contrôla res-

dans ce but à Alexandrie une gabarre pourvue de tout le matériel nécessaire pour le chargement.

Apprenant qu'il songeait à rendre ce service aux arts, plusieurs savants qui avaient parcouru l'Egypte insistèrent auprès de lui pour qu'il enrichît la France des obélisques de Luxor, beaucoup plus beaux et mieux couscrvés que ceux d'Alexandrie : M. de Laborde et surtout le baron ïaylor lui fournirent, et sur les. monuments et sur les moyens tic les enlever, des documents qui le déterminèrent à ne pas retarder l'exécution de ce projet. La décision de M. d'Haussez est prompte, sa volonté forte et soutenue. Il en donna dans cette circonstance une nouvelle preuve. Réunir des présents destinés à rendre le pacha favorable à la dem a née qu'on avait à lui faire; eu-

— 2i>-2 — i.iurulion. Eu voici ud exemple assez lrappant : la candidature de M. Duperré , que soutenait le ministère à cause de la part que cet amiral venait de prendre à 1 expédition d'Afrique . échoua en rai- >< 'ii même du désir que le pouvoir avait manifesté à cet égard, quoique M. Duperré fût loin d'être ruyaliste , et qu'il l'ait bien montré depuis. Je ne sais si ce n'est pas M. Pat aille qu'on lui préféra.

\oyerle baron Taylor pour suivre la négociation, ordon lier la construction d'un bâtiment qui, sorti de Toulon , devait apporter sous les quais de Paris les monolitbes qu'il Mflit aile enlever dans les débris de ïbèbes , et taire prendra la mer ans bâtiments, tout cela l'ut opère en deux mois» et tout cela s'exécutait au milieu des embarras do l expédition d'Alger,

Des lenteurij dont on ne connaît pas la cuise, ont jusqu.i présent retarda' l'achèvement de cette antraprast» On

en parle de temps à nuire, mais ou a la précaution mm

quinr < t peu bonorable de ne jamais mentionner le nom du ministre a qui sont dus la pensée, et, en grande p l'esécution de ce plan. Poui les obélisques égyptiens, « oiiiinr pouj li conquête d'A|g< i 1 1 1 1 ilauration peut i ••-

pétSI le >/( toi BON lU'Ins.

Je ne puis quitter celle question d'Alger sans parler de l'impression de joie si vive, si profonde que fit la nouvelle de notre conquête sur l'esprit du prince de Polignac. Sa physionomie avait ordinairement quelque chose de calme et de sérieux, quoiqu'il s'y mêlât souvent un sourire de bienveillance. Cette fois, ses regards exprimaient un enthousiasme tout français. Au moment où on l'attendait le moins, il était au milieu de nous, annonçant la grande nouvelle. J'aurais voulu que ses plus grands ennemis l'eussent vu dans ce moment. Sa main et son cœur étaient ouverts h tout le monde. Quand je vois les misères du présent , je reporte ma peu ■ sée vers ces temps heureux , cl je retrouvé le captif dé Ilam, celui auquel j'ai voué un éternel sou venir de gratitude et de respect jouissant d'un plus

beau triomphe que n'en obtiendra jamais In révolution lîère.

Le coup de tonnerre lut si prompt , 1<- chai ment <!<• scène si soudain, que ces jours suprêmes de la restauration, en se pressant clans ma mémoire', ont à mes yeux un mérite 3e plus, quelque chose de fantastique et de prestigieux. Le ton calme <1«' l'écrivain politique, les périodes, logiques et mûrement pesées, conviennent-elles à la description de ce tableau qui va disparaître plus rapidement qu*une vue du Dîorama? j<- ne le crois pas. l'i quand même y voudrais retracer froide ment 1«- spectacle des splendeurs dernières do la monarchie, }<• n<- le pourrais

Le président du conseil m'a invité au dîner <>u plutôt ,i la fêle d'Alger; j'.ii la nimiseriè d'être loui (icr <!<• cet honneur. Ce d'csI p.i> libéral, si l'on veut, mais < est u turoi choa un jeuuo homme.

n bi oui . combien dopui

sont assis aux banquets du juste-milieu ! c'était un srand dîner administrât il".

L'éclat des bougies jetées à profusion sur la t;i- Lie , se projetant sur de riches vases de fleurs artificielles, parmi lesquelles ces bougies sont placées, produit presque l'effet d'une illumination. La gaieté circule autour de la table, malgré la gravité diplo; malique ordinaire à la plupart des convives.

Silence ! Le président du conseil se lève , tout le

monde l'imite par un mouvement spontané Au

roi!... Les cris de vive le roi furent nombreux, unanimes , je veux croire qu'ils étaient alors tous sincères.

Mais le président du conseil ne s'est point rassis, chacun sent qu'il a d'autres paroles h prononcer; le silence se rétablit, on écoute....

H ajoute avec une voix ferme, mais cependant émtrc et presque tremblante d'enthousiasme vrai

ment patriotique : « A notre armée expéditionnaire » d'Afrique, do terre et do DMrl... » Non. vous n'étei point malheureux , prisonnier de Ham , puisque , le premier en Fronce , vous aviez le droit de porter ce toast national à notre glorieuse armée !

La soirée se termina par une brillante réception; .1 chaque instant l'huissier de service annonçait quelque personnage important du corpi diplomatique fini venait féliciter le président du conseil.

Je vis. ce soir la, le prince SoutiOi ambassadeur de Grèce, don< Ifl costume oriental formait un oui traate ptttoreaqoe arec nos fracs européens. Je rtr marquai anssi le nonce du pape. On pouvait dire qu'il renaît, comme au nom <le la chrétienneté, remercier le premier ministre «lu roi très chrétien de l'abolition de l'esclavage el «le la libération de h i - i . tenus ilnii» l<> tei i d'un pimusuhnan. Le ministre de Danemarcb dm parai iroii les manières les plu- liaéei < I les plus distinguées. Il félicita le prime de Polignac de b

nouvelle avec un air de satisfaction qui me sembla très-sincère et très-convenable. Presque tous les ambassadeurs se trouvaient à celte soirée , je ne parle que de ceux que j'eus le mieux l'occasion d'observer. Transporté d'une vie assez retirée, au milieu de ces grands personnages , de ces somptueux salons , je voyais tout avec une certaine exaltation , à laquelle se joignait la pensée de notre conquête d'Alger, et je n'aurais pas cru celui qui m'aurait dit : « Encore quinze jours, et des soldats bivoua- » queront dans ces appartements. »

Page 1