‹ Ham. Aout 1829-novembre 1832Chapitre 24 sur 45 · REVOLUTION DE JUILLET. FORT DE HAM · texte numérisé non relu

REVOLUTION DE JUILLET. FORT DE HAM

Etat des forcesqui se trouvaient à Paris lors des e\'e'/icmcnts de juillet.

« Mais après lout, où veut-on aller avec cet em- » pire du peuple? Ce peuple, à qui on donne un v droit souverain sur ses rois , en a-t-il moins sur » toutes les autres puissances? Si, parce qu'il a fait » toutes les formes de gouvernement , il en est le » maître , il est le maître de toutes, puisqu'il les » a toutes faites également. On prétend, par exem- »ple, que la puissance souveraine est partagée en » Angleterre entre les rois et les parlements à » cause que le peuple l'a voulu ainsi. Mais si le peuple croit être mieux gouverné dans une autre

- Î88 — » forme de gouvernement, il ne tiendra qu'à lui de » rétablir, et il n'aura pas moins de pouvoir sur i le parlement qu'on lui en veut attribuer sur le » roi. Il m Mit df rien de répondre que le parlat c'est li- peuple lui-même. Car les éréques s ne sont pas 1<- peuple» 1*"» pairs m sont pas te > peuple , une chambre haute n est pas le peuple : . *i le peuple est persuadé que tout cela n es\ qu'un

• soutien de la tyrannie, <'t que les pairs en sont i lis (auteurs, on abolira. ton| ci la. Cromwel aura

en raison de réduire tout aux communes t et de r, réduire les commîmes mêmes h une eetrrelle

forme. Oe établira, si l'on reut, une république; » -i Ion \«i.t. lit.,! poj»id;iir<- . et. mine ou en B eu

» le dessein» et comme tant de gens l'ont pent-

• • ii. . -in hit. Si loi provinces ne conriennent s)as v de la forme du goârrernemetit , chaque province

. on i ■ iniiic elle n nuili.i .11

il • <ii ait i; nu i I que iioii' I Au letei 1 1 fesse nu

• même POTpS Qui éoftC (lii.i ; u peuple «jii'i I

i :i ii .i lui dire : <>u

bien il iii faut rouir, peut !<■ bien du peupe

» établir des puissances contre lesquelles le peuple

«lui-même ne puisse rien (Bossuet, $- vo-

» lume des Variations, pages 538 et 539).

» L'espèce humaine n'a que trop de penchant a » fouler aux pieds les grandeurs tombées : gardons- » nous d'encourager ce penchant: ce qu'après la » chute d'un ministre, on appellerait la haine du » crime, ne serait le plus souvent qu'un acte d'envie » ou de dédain pour le malheur. » (Benjamin Constant, Responsabilité des ministres).

La nécessité des ordonnances une fois reconnue, l'humanité non moins que la politique commandait de prendre toutes les dispositions qui, au milieu des passions alors si violemment émues , devenaient indispensables. On devait penser en effet que plus le pouvoir paraîtrait fort, moins un funeste conflit serait à craindre avec une partie de la Population. Mais, d'un autre côté, le gouvernement dorait éviter de. fournir, par un trop grand déve Joppement de forces, un nouvel aliment à IVsp.it

de parti. Il m faut pu perdre de vue, non plris, que la détermination de recourir à l'article î^de la charte n'.i> dut été arrêtée que dans les pre

rniors jours de juillcl, il n'av;ût qu'un délai d'envi ron quinze jours, jusqu'au moment où l'on pré- \ o\ .lit que les ordonnances seraient signées. La convocation des chambres, iixée au 2 août, n'admettait pas un délai plus éloigné. La croyance presque généralc a été jusqu'ici que la garnison de. Paris ne se montait, pendant les trois journées qu'a six on sept mille hommes ; c'est h peu près le double qui est le chiffre véritable, comme noua l'établirons plus bas. 11 faut ensuite observer que les informations

que l'on avait reçues des provinces exigeaient qiu»

l'un conaervât des forces suffisantes sur plusieurs points du royaume, •'•loi-nés les uns dee autres, sur inut dans les départements létuéi à Peal d<- li Franc'. et dam U province de l'ancienne Not UMiiilir 1 . C'est le motif pour lequel «>n maintint

1 < >n savait i-ii effet «i»»«- < baqns « bel lieu i\c départe meut i\ 1.1 un comité correspondant arec celui de Ptrn t

les deux camps qui étaient alors formés l'un a Lu néville (1), l'autre à Saint-Omer. Les troupes du premier de ces camps étaient à même de surveillée les provinces de l'Est , celles du second pouvaient se porter, le cas échéant, soit sur la capitale , soit sur la Normandie. Plus tard toutes reçurent l'ordre de se rendre à Paris.

et qu'il étendait ses affiliations dans les départements circonvoisins ; c'étaient autant de localités qui nécessitaient une surveillance plus ou moins spéciale. Comme toutes ne pouvaient cependant être l'objet des mêmes précautions, on se borna à prendre quelques dispositions à l'égard de celles qui, par leur position topographique ou par leur influence politique , devaient fixer l'attention particulière du gouvernement. Ainsi , la position de Lyon était un point important : le prince de Polignac donna des ordres pour que la faible garnison qui s'y trouvait, fût augmentée. Il désirait la porter à six mille hommes; mais, d'après les renseignements que nous avons recueillis, les régiments qui furent appelés du midi dans cette intention, ne purent arriver dans cette ville avant le commencement de l'insurrection. Il parut peu prudent, d'après les motifs déjà indiqués, de dégarnir de troupes les départements situés à nos frontières de l'est; elles conservèrent

(i) Il était composé d'artillerie et de cavalerie.

Enfin, on doit considérer que ia garnison de celle rifle «'lait naturellement proportionnée à l'effectif àtà troopoi qui se trouvaient alors dans le pays. Or, i° cet effectif, sans y comprendre la gendarmerie, ni les corps spiVi.iux «lu génie et de l'artillori^. corps m général statinnnaircs dans leurs localités

donc ;'i peu près les mêmes cautounemenls. Le voyage de madame la dauphinc aux eaux de Vichy exigeait également qu'on laissât, dans les provinces qu'elle devait tiaà son retour, les troupes qui s'y trouvaient. Dun autiecôlé, les forces qui occupaient la .Normandie était ut considérables. On les avait, depuis quelques mois, il Minent innaenlén en raison des incendies qui tient cette province , et dont le gouvernement s'était efiorcé d'arrêter les progrès. Deux lOéginMaltl de l> garde r«i\. île avaient même été envoyés dans i|uelcjuc>-i;ns • iinrits iucendii-s , mail le président du GOUieil

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du m«m de juillet , l'entre était en routa pour la

àeetinatl il devait étraèPerii le -j8 . I*inanm

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respectives, n'était a cette époque que d'environ cent trente mille hommes, tant en infanterie qu'en cavalerie, par suite des nombreux congés qu'on était depuis plusieurs années , dans l'habitude de donner, d'après un motif d'économie, aux officiers, sous-officiers et soldats. La garde royale était alors le seul corps qui fut presque au complet. Or, le temps manquait pour rappeler sous leurs drapeaux tous les militaires absents ; il eût fallu deux mois.

2° Ces forces étaient diminuées, i° de trente-six mille hommes environ qui formaient l'armée expéditionnaire d'Alger, v° de huit mille hommes, dont se composait le corps de réserve, prêt à s'embarquer pour l'Afrique et qui tenait garnison à Toulon ; 5° de deux régiments qui se trouvaient en Corse, dont l'un était un régiment suisse; 4°enfin> d'environ quatre mille hommes qui occupaient la Morée, de sorte qu'il ne restait en France guère plus de quatre-vingt mille hommes , dont le gouvernement put disposer, et qui fussent susceptibles d'être mobilisés.

La garnison de Parts, d'après les états de la place, se montait h treize mille deux cents hommes de toutes armes, y compris la gendarmerie placée sous les ordres du préfet de police (i ). Il s'y trouvait aussi deux batteries, chacune de >ix pièces, appartenant a la garde royale; dans un rayon d'une à quatre lieues autour de la capitale étaient pincées à Vincenncs six batteries ( trente-six pièces ) et un, régiment d'artillerie ; à Saint-Denis , doux hatail-

(i) Celait, comme ou voit, à peu près le septième des forces restées en Fiance. Comme la pail n'était alors aucunement menacée . < omme le pays n'avait point à craindre d'invasion , on pouvait réduiie considérablement notreétat militaire ; c'était le moyen le plua efficace d'alléger 1rs < li. h ges «les conti ilmahlcs

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-» 295 — Vons de la garde; à Versailles, trois bataillons de la même arme, et douze escadrons; a Sèvres, deux escadrons de lanciers; à Saint-Clond. mille chevaux, et trois cents fantassins de la maison militaire du roi. Un peu plus loin se trouvaient encore, à Meaux, six escadrons delà garde; à Provins, six autres des hussards de la garde; à Melun, six autres escadrons; autant à Fontainebleau ; a Orléans, trois bataillons de la garde; enfin, dans chacune des villes de Corbeil et de Gompiègnc, un escadron de <lépôt.

11 parut, peu après les événements de juillet, une brochure intitulée : La garde royale pendant les événements de juillet au 5 août i85o. L'auteur était un officier d'état -major employé alors à Paris. L'état de situation que cet officier donne des forces de la première division militaire et la désignation des diverses garnisons que ces forces occupaient, s'accordent avec l'exposé que nous venions de présenter. Cependant l'auteur de cette brochure commet une erreur grave en disant qu'il

fallait huit jours pour réunir à Paris trente-six piè66S attelées; ces trente-six pièces, montées et ■ttelées, N trouvaient à Vineennes , outre douze pièces (pie le duc de Raguse avait avec lui. Nous •TOUS, deptNI les é\ rn< nient» . \niiir le lait, cL nous tenons d'officier» servant dans l'artillerie, et en garnison à cette époque à Yiiuennes, (pic 1. nombre de pièces, désigné ci-dessus, est exact. Ges officiers s'étonnaient même alors de n'avoir reçu aucun ordre pour les mettre en mouvement . on au moins de n'en avoir reçu que de trop tardifs.

L'auteur de cette même brochure UftasG que . dans la journée du 2b' juillet, 7 ,5oo hommes rendirent leurs umi ou refusèrent de combattre* (.' Il p- ni 1 llrt, et Ton concevrait afon (gne cette dé faction ait pu entrava* !'< aécottoa do plan adop j • mi -l.i par i«- maréchaij ni. m- nom paaasai '[u'il y .mi/lit île l'injustice h rendre l»' pn -i«l« ni du onnaaâl responsable de 1 ètte diminution inattendue uni i<nombre des troupes nir leequaUei il détail compter. Une lui jamaii chargé de la composition da

l'armée, et il ne put agir qu'avec les moyens qui furent mis à sa disposition.

Lorsque le duc de Raguse reçut le commandement des forces que nous avons énumérées, il exprima la conviction que douze mille hommes suffisaient pour maintenir la tranquillité dans Paris (i).

Voici en outre un exemple qui pouvait autoriser la confiance du pouvoir , et lui faire espérer même que les forces dont il disposait arrêteraient, par leur seule présence, toute tentative d'insurrection , et préviendraient même toute effusion de sang.

Au i3 vendémiaire, lors de l'insurrection des

(1) Trompé sans doute par l'infidélité de ses agents, M. Mangiu, dont le zèle ne fut jamais révoqué en doute, était alors persuadé que 1rs ordonnances ne rencontraient aucun obstacle matériel dans leur exécution. Il le dit ai: président du conseil.

sections de Paris , Bonaparte n'avait a sa disposition qu'environ six mille hommes de tontes armes; plu*, quinze cents citoyens armes a la hâte et cinq ou six pièces d'artillerie; il avait h combattre une population organisée et appuyée par vinct-cinq mille gardes nationaux aguerris et armés, il triompha cependant de l'insurrection. Mais, s'il avait pu disposer de forces doubles de celles qu'il commandait, il y a tout lieu de croire que l'insurrection n'eût pas éclaté (i).

(i) Nous avons voulu savoir quelles liaient les mesures qui le duc île ^Velliugton crut devoir prendre, depuis la révolution de juillet et après l'insurrection de Paris, pour prévenir l'insurrection qui menaçait d'éclater dans

la capitale popaletueds la Grande-Bretagne. (11 y a frasque lonjouri .1 Londree cinquante ■ toisante mille matci i-n i. Daeignemenla qne noua avons reçui de divan

If le total de s loi (es alors réunies .1 Londres , n'ol-

iitui qne la légère différence de qoelquee centaines d'hommes ( 'i nons avons tout lien «1.- Ici croire exacts.

. ic qu'on nous .1 mandé .1 « .■ .sujet... . Quant BU]

ironblei dont la 1. 1p1t.de paraissait menacée 1 il < I laiu qu'on avait prisdai mesures pow les empêcher. La Mm on de LondreS|dani les temps ordinaires . cet forte d'environ j,5oo tMSjnsaau, savoir :a,5ood'inUUitsriei 1,000

Nous devons ajouter ici que les forces, dont le maréchal pouvait disposer, ne concoururent pas toutes h la défense de la capitale. Ainsi , les six batteries et le régiment d'artillerie en garnison dans le château de Vincennes, qui n'est pourtant qu'à une demi lieue de Paris , ne rejoignirent le roi que le 3i juillet, a la hauteur de Rambouillet; cependant la simple présence dans la capitale de ces six batteries, qui, jointes aux deux batteries de la

de cavalerie, et 1,000 d'artillerie. On commença parla renforcer de cinq cents hommes pris dans quelques casernes des environs de la capitale. Le duc de Welliugton fit ensuite venir deux autres régiments, l'un de Canterbury, et l'autre de Brighton ; ces deux villes sont à environ 55 milles (22 lieues) de Londres. La totalité des forces réunies pour réprimer l'insurrection se montait à plus de sept mille bommes. C'est une erreur de croire que la Tour de Londies puisse tenir la ville en écbec. Cette citadelle, peu forte, est à l'extrémité de la capitale, près de la Tamise, et ne domine aucune position. L'autre extrémité de la capitale, Hyde Park, en est éloignée de près de deux lieues; l'espace de terrain qui les sépare sert d'emplacement à la ville qui renferme dans son sein plusieurs hauteurs sur lesquelles sont bâtis d^s quartiers populeux.

garde, auraient oftert un total de quarante-huit bouches à feu, pouvait suffire pour imposer à l'insurrection sans qu'on lut même forcé d'en faire . Do pins, loi kroil bataillons de la garde royale en garnison à Orléans, le régiment d'infanterie de la même arme qui, ajUe}ejbfll jours auparavant, avait reçu du président du conseil Tordre de quitter lioucn. et de M trouver le 29 ù Paris, n'arrivèrent qn'aprèfl l'évacuation précipitée de la capitale; il paraît en autre que le régiment de cavalerie de la garde royale, en garnison h Provins, ne reçut jamaii d'ordre pour l'aTaneor vers Paris.

Enfin, dèi le 18, !<• présidenl du conseil avait pi. reoa le narodul , qu'il avait envoyé par le téipbe Tordre aux troupes auj formaient letcampi (ii Saint-Omer et de Lnnévitta de i'avani

hes f<n cérs vers I*.n i^. Ces troupes se Dirent

effectivement en marche î l«- corpi «le troupes §Ur

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lemblables ; ainti, dam reepace <ii huit à du jours, ujm forot d'environ cinquante» cinq nul l<

hommes aurait pu se trouver sous les murs de la capitale (1).

(i) L'ordre télégraphique transmis à Lunéville n'arriva point, on ignore pourquoi, à sa destination. Les troupes ne reçurent que l'ordre écrit qu'on transmet simultanément avec l'ordre télégraphique.

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