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enfin re n'était point h nue insurrection, quoique la situation eût un tout autre caractère que dans la précédente soirée. Je reconnus cette aggravation
situation à la nature des nouvelles qui arrivaient au ministère des affaires étrangères. Tous les ministres, ou presque tous, étaient réunis. Si ce n'étail poinl un conseil, puisque je pus entrer dans le premier salon où il- se trouvaient , c'était un quasi-conseil parleàujet de la conversation, et par la qualité des interlocuteurs. Je voudrais que ceux qui ont imputé aux ministres du roi Charles X le dessein d'instituer des cours prévo taies, et de dresser des li^ics de proscriptions, imputation au reste démentie dans le procès de décembre 18 3o, eussent pu entendre en ce moment les conseillers de la cou* ronne. Il> étaient pénétrés de la nécessité d'une
fermet< : il- voulaient, comme c'était Leui d< roir, le maintien de l'ordre j mais, certes, il étail ira
ble de mettre plus de modération dans leurUnv I., - dévelop|>ementi asaei rapides que l'esprit
réroluti • ire prenait dans cette soirée du mardi
loi étonnaient un peu, mai» ne les irritaient pa*(
Une épigramme spirituelle , mais sans aigreur, de M. le baron d'Haussez, au moment où Ton vint annoncer que M. Ternaux renvoyait ses ouvriers, peindra, d'une manière assez fidèle, les dispositions nullement acerbes, nullement violentes, des ministres de Charles X. Comme en faisait remarquer que M. Ternaux semblait ainsi se mettre h la tête d'une insurrection , « Mais, dit M. d'Haussez , c'est » un Catilina-mérinos que ce M. Ternaux! » Voilà le seul genre de proscription qui ait atteint un personnage du libéralisme. Il faut avouer que celui-là était bien mérité. N'était-il pas inconcevable, en effet, que des hommes, dont non-seulement tous les intérêts, mais ceux de la classe ouvrière, qui dépendait deux, reposaient sur l'ordre, fussent les premiers à provoquer le désordre? Certes, et je le dis sérieusement, M. Ternaux aurait beaucoup mieux agi en réservant tout son zèle pour le perfectionnement de son industrie, en s abstenant sagement d'abandonner les chèvres du Thibet pour la politique. Mais vous venez que M. Ternaux trouvera ma remarque déplacée. Je n'ai jamais été le coût*
titan de personne, je ne serai point celui des grands MMCMBiiri de 1 insurrection. Il faut bien que l'aristocralie de juillet écoute elle-même In vérité.
I ii instant après le mot de M. le baron d'Hausse*, le duc et la duchesse de Guiciie entreront. Ils venaient demander des nouvelles. Le mouvement de gaieté qui s'étnit manifesté un instant, eut bientôt disparu. Les nouvelles qu'on recevait dàni !<• moment, et qu'on donnait aux nobles visiteurs, jetaient beaucoup d'inquiétude sur la journée du lendt -main.
Qu'on me pardonne au milieu de la crise <|ni M prépara <t <|ni ra finir par deux abdications <1< mi». (!< Si' arrêter Mir tous 1rs incidents dont i li
1*11 lin- témoin dans oei journées. .'< crois que les détails -uineut lea plus minimes prétenl à li oai ration un intérêt < t < • ■ 1 1 elle sera il autrement privée. Qu'importe a la politique, en apparence, li der oière scen< que j'ai a représenter ici, en peignant l.i bette du4 li< --e de Guiche, la muIc femme < j • t i u
trouvât dans ce salon (t) , jetée au milieu de ces hommes d'état dont la pensée était absorbée par les hautes considérations du moment? Eh bien, il me semble que dans d'autres circonstances sa présence eût produit un autre effet. Je veux parler de cette sensation qui, dans un salon, se manifeste chez les hommes les plus graves à l'apparition d'une femme aussi majestueusement belle. Si cette sensation put être remarquée, elle fut extrêmement faible ce soir là. Le prince de Polignac eut seul une conversation de quelques instants avec sa nièce, debout et dans un angle du salon. Les autres ministres restèrent groupés comme auparavant. Le duc de Guiche s'approcha d'eux, et causa quelques minutes. Bientôt il se retira ainsi que la duchesse.
Je m'étais assis dans un coin du salon et je contemplais le tableau qui se présentait à mes regards. Les portes vitrées , ou portes fenêtres , comme on
(i) l>a princesse île Polignac élait au château de Mille mont.
voudra, qui donnent sorle jardin ile^ affaires étrangère*, étaient ouvertes. Il lais ut un très-beau temps, . t l'ai et l*ombre «lu loir répandaient une irai cbeui agréable après la chaleur étouffante des* [oui m <•■ Sous les arbres «lu jardin on voyait briller des uni Cm nies , et l'on apercevait A»-, proses
n\; les affaires étrangères étaient menacées d'un siège pour !<• lendemain. En ramenant mes re garda sers !<• salon <jui u' était pas encore éclaire, |i troavais une charmante apparition -^ la blanche ei onduleuse robe «le mousseline. N'était-ce point 1 emblème «l<- cette chevaleresque monarchie Irançsise oui, bu moment <>u nous allions nous précipiter d*o* de nouvelles discordes » i \ i I o ^ . el livrer encore les mœurs polies Je nos ancêtres îi Icon prcinli grossira des révolutions, se présent il • nous, sous Les traits d'une femme jeune el belle poui nous dire i s.u nom de I* France, qu'on if «I un tournoi réi "lui ionnnil o . ti isie ■ p • «I armes, où ros - eurs et \ os femmes n'au ronl point • I * • prix h distrîbnrr aux rwinauem
Voilà certainement des pensées qui occupaient fort peu les héros de juillet. Il était alors question de la charte qu'on prétendait violée et supprimée par l'application d'une de sesdispositions. C'est avec la charte pour prétexte (1) et les passions révolutionnaires pour mobile , qu'eut lieu la lutte du lendemain.
(1) Quand la charte parut, en 1814, que fit le pouvoir? Il eut soin de déposer dans le préambule le mot octroyé , et dans le texte l'article 14, qui donnait la faculté de faire des ordonnances pour la sûreté de l'état : c'est-à-dire qu'il s'attribuait avant la charte un droit antérieur, exlérieur a la charte, ou autrement un pouvoir souverain, constituant, absolu. (M. Guizot , séance du 29 décembre i83o.)
Voici comment s'exprime le National vers la même époque, après un compte rendu de la première séance de la cour des pairs. «Si messieurs de Polignac et consors ont signé les ordonnances, c'est qu'ils ne définissaient pas comme nous la prérogative royale, c'est qu'ils la confondaient avec l'ancien pouvoir absolu, et, sans doute, la délinition de la charte était mauvaise, puisque nous l'avons changée; sans doute, l'article 14 était subversif de la constitution, puisque nous l'avons rayé. » Il est difficile de reconnaître d'une manière plus formelle toule la puissance et toute la constitutioiwalilc renfermées dans l'article i.\ de L'ancienne charte.