MERCREDI 28 JUILLET. CAUSES IMMEDIATES DE LA LUTTE
QUI s'EKCAGEA DANS CETTE JOURNEE. PROTESTATION
DES JOURNALISTES ET DES DEPUTES. MESSAGE RASSU- RANT DU DUC DE RAGUSE. ETAT DE SIEGE. LE PRE- SIDENT DU CONSEIL ET LES MINISTRES SES COLLEGUES SK. RÉUNISSENT AUX TUILERIES.
On peut dire que, comme la presse avait préparé la révolution de juillet , elle en donna le signal. La protestation des journalistes qui entraîna celle des députés , décida la lutte du mercredi. C'était le manifeste de la révolution , sa déclaration de guerre. Affichée , lue à haute voix dans les lieux publics aux ouvriers que les chefs d'ateliers et les fabricants congédiaient en leur disant d'aller demander du pain à Saint- Cloud , elle produisit toul Y effet que ses auteurs pouvaient en désirer.
L'impulsion était donnée, elle fut suivie. L'étal de liège lut la conséquence naturelle » nécessaire de cette protestation. Elle mettait en jeu toutes les ions révolutionnaires, elle provoquait non pas le refus de l'impôt , mode <!»• résistance depuis long-temps conseillé et préconisé parla presse libérale , mais une lutte a main armée ; et cette provocation trouvait des esp rit s trop enclins à l'accueillir, des bras trop disposés h en devenir les instruments. <>n s;iit l'aspect qu'offrait Pari» le mercredi matin. La guerre était déclarée à la lie. Les écussons aux armes de France dispai lissaient de tentes les r» s. I)< •> la reille, l'émeute ivail fait irruption chea tous lea armuriers, et - é lait emparée des moyens d'attaque qui lui man quaient. Le mer< redi, c'était une insurrection armée, elle voulait renverser un drapeau, et en met in un luire a is plact i . Iprèscela, la mesure
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de l'état de siège n'était que trop motivée. Quant a son caractère légal , M. de Martignac a très-bien établi qu'elle avait pu être prise, en vertu de l'article 53 du décret impérial du 24 décembre 181 1; ce décret parmi les cas où l'état de siège est auto risé comprend une sédition intérieure. Or, certes le cas existait le mercredi 28 juillet. Nous avons fait des progrès depuis , et nous avons eu l'état de siège , non pas pendant une insurrection , mais après. C'est comme on avait accusé l'ancien président du conseil d'avoir institué des commissions militaires pour juger les révoltés, accusation réduite à néant dans les débats du procès des ministres : nous n'en avons pas moins vu instituer plus tard ces mêmes tribunaux lorsque les combattants de Saint-j\léry n'étaient plus à leurs barricades , mais dans les prisons. Ce que la restauration ne fit pas contre des ennemis debout , la révolution l'a lait contre des ennemis à terre. Les doctrinaires répondront que les circonstances étaient graves cependant, et qu'on pouvait bien prévoir l'éventualité d une nouvelle insurrection : c'est-à dire qu'on
— ■ 10 — regrette d'a\oir eflacé l'artîcje i 4 de la charte de i$3o. Or, avec !«• dogme de In souveraineté ponulairç . il «i.iii difficile de l'j I » î — « i
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polisme de la restauration lorsqu'elle a décrété., dfUM on moment de crise, les ordonnances et l'état de liège <|ni en «Hait la conséquence, en \eitn de li < OOSlitutlOD el non malgré 11 constitution.
La mesure fui définitivement irritée dani le eoî rée dn mardi 27; mais il fallait encore qu'elle Inl sanctionnée ptr le roi. Cependant, fera lésante heures et demie dn soir de la même journée . le due de Hagose lit saroir au président du conseil «l"f l'étal en la capitale était tellement reacamnl qn d avait • I < > 1 1 1 1 1 - l'ordre au* troupes de rentrer
d.in>. leur» ( .imi m s. (., inrss.i^c ne s'.ircord.iit .111
concilient avec les renseignements parvenu m ininistèn . M lii le préaidenl de eonseil pensa pre babl« nu ni que le mare» hal, rocovanl des rapport!
de toutes les parties de la capitale, était plus à même que lui d'apprécier l'état des choses.
Le lendemain , on vit combien le maréchal s'était trompé. Le président du conseil dut s'empresser de soumettre à la signature royale l'ordonnance de }p mise en état de siège de la ville de Paris, ti en remit ensuite une ampliation au duc de Raguse , et en transmit une copie au préfet de police. Il prenait ainsi tous les moyens de donner force et publicité à une mesure dont le but principal était d'intimider l'insurrection et de propager une crainte salutaire afin d'agir, ce qui était si désirable, sur le moral des insurgés, et d'éviter, autant que possible , le recours aux moyens matériels et aux mesures extrêmes.
Vers une heure de l'après-midi, comme l'hôtel des affaires étrangères, entouré seulement de murs à hauteur d'appui, se trouvait menacé par de nonibreux attroupements, le président du conseil se rendit ;i tix Tuileries aved quelques-uns de ses col-
lègues, qui. »i je ne me trompe, se trouvaient alors nu ministère (f). Dès-lors, de droit comme de (ait, ea raison d<- L'étal d<- siège et des pi. de 1 iiisurivrtinn , l'action du puncnirincut cessa entièrement dans ['administration des affaires de la capitale. Le* comnaonicationi étaient interceptées avoc lei autorités secondaire*, et d'ailleurs la nou irelle mesure transportait tous les pouvoirs! dans la localité où elle était décrétée, sur la téta du chef militaire.
(i)Dans la Matinée, une pierre fut Uocée avec tant
de force, qu'après ■voir traversé le jardin de l'hôtel <i
uns vitre, clic alla frapper la boiserie d'une cham-
■ \ laissa une marque asses profonde. J 'eut mi dans
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de fermei les volets. Si les minisires ne s'étaient
il asl . ai tain, d'api es les dispo
il.mt une partie di li population était animée l<
mercredi matin , qu'il aurait fallu soutenii un liéfe aui
res, il n'au té question de coupi
.le fusil.