PAS NÉCESSAIRE
D'autres ont décrit avec exactitude les combats des barricades. Placés dans les rangs de l'armée ou des insurgés, ils pouvaient ajouter à chacun de leurs récits l'indispensable cl quorum pars magna fui. J'étais alors retenu aux affaires étrangères. Là était mon posto jusqu'au dernier moment.
Je ne sortais que de deux heures en deux heures pour apprendre où en était la situation; et je rentrais, espérant toujours, je parle ici du jeudi, que
quelque» ordre ou au moins quelque nouvelle arri vcrail de Saint Cloud. Il n'y avait plus ni ordre, ni nouvelle à recevoir. Quand je revins la dernière fois, des hommes armés de piques gardaient le mi Dtttère . et j'aperçus une apparence de drapeau tricolore au-dessus de la principale porte de l'hôtel (i): la révolution de juillet n'était pas encore en dixnanchée, et les trois couleurs qui flottent aujourd'hui si brillantes, étaient assec imparfaitement représentées par la bannière de l'hôtel dc-ville. Mais j'ai peur pour la révolution . qu'elle ne mm! moins forte depuis qu'elle est mieux parée.
S râla comment je n'ai vu dans mes eomi. > <\ corsions que de petits épisodes des barricades.
J'ai a-si-ié. < oiimir quelques curieux, s <1«'« affaires al postes: )«• ne puis doue parler avec dé i il il une lutte <*i laquelle !<• n ai point pii> part.
(\) Il était i'- crois, iii.is beuraa ou troîi heurai t\
dciuir
J'aurais mieux aimé dans ce moment, il e&t vrai, porter la capote militaire que le frac bourgeois, et plus d'une fois j'ai été tenté d'offrir le troc à quelqu'un des braves soldats de la ligne qui formaient notre petite garnison. Mais je pensai que je pouvais avoir d'autres devoirs à remplir qui , pour moi , étaient les premiers, et je ne voulais pas y manquer.
En jetant les yeux sur Tensemble de cette lutte, j'aime mieux, je l'avoue, la révolution violente de juillet que le 1 688 parlementaire des Anglais; j'aime mieux un état de choses qui s'écroule au milieu des balles des fusils de munition qu'un régime qui tombe devant des boules législatives. Il y a encore de la force , soyez en sûr, dans le premier, même après sa défaite; il n'y a rien à espérer du second. Il lui suflit d'une lutte par assis et levés, et d'un verdict des deux chambres, pour être vaincu et condamné.
Ce qui doit rassurer sur l'avenir du pays, c est que des deux côtés on vit beaucoup de courage al
ce \ieil esprit militaire de Is France, que bous
ont légué nos glorieux ancêtres. 11 y a des hommes qui font de la corruption le seul moyen de gouvernement. Il me semble que les journée* de juillet réfutent complètement leur système* Voytil COHMBM la fidélité et l.i discipline militaire pariant la cœur de cette héroïque garde royal»'. (|iii incurt aussi et
ne se rend pas; et regardes ces intrépides prolétaires qui» pour une charte qp il> ne comprennes! pas. pour des principes dont ils ne voient pas: la portée* et qni ne leur rapporteront que misère » i rame, ne reciuenl (lovant aucun danger, courent au-devant d<- la mort mémo, part e qu'on leur a dit «pie là était la liberté. Les sympathies de celui qui écrit ces lignes sont toutes pour la \ ileureun oison de juillet îiSôo, pour cette garde royale, pour lign» aussi qui , p. i i,,ut on elle fui bien oommandée, resta Gdi i'- à ses devoirs, oaai« il ne peul < mp< ■ b< i d idmirer la !>i ivoure soua le drapeau de l'insurrection i cornu* tous le drapeau blanc<
Nou - IVOIl établi dan le t. h.qu 'l'"1
qu'il était possible militairemtnt de donner une autre issue aux trois journées. Ceux qui ont vu, commemoi,les troupes royales sortir dans un ordre parfait de cette ville , comme si elles revenaient d'une parade; ceux qui ont remarqué que des bataillons entiers n'ont pas même combattu, et sont restés sur la place Louis XV, bien inutilement pour le maintien de l'ordre et la défense de la monarchie; que seulement à une demi-heure de distance de Paris (1), il y avait trente six bouches à feu (2), dont la seule présence sur les hauteurs voisines de la capitale , eût presque infailliblement amené le rétablissement de l'autorité royale, ceuxlà partageront mon intiment.
Politiquement, la question change de face; il y avait bien déjà trois ans que la révolution était faite. Le libéralisme , après avoir imposé h un ministère
(1) A Vincenues.
'.») Le marécbaj en avait douze à Paris.
— )«0 — monarchique la dénomination de dtplorablc, n'.c vait plus qu'un pas a faire. 11 le fit le jour de redresse. Après cela, que les ordonnances eussent paru ou n'eussent pas paru, que la lutte éclatât plus tôt ou plus tard, cela n'élnil qu'une question de temps, ce n'était plus une question de fait. Le fait était incarné dans la situation : il devait en sortir. En France, l'opposition est violente, le dévouement est profond ; il était impossible que ces deux éléments contraires ne se rencontrassent pas, et qu'un choc n'en fût point le résultat. Seulement plus tard il rut été plus terrible, et les suit» ) i D auraient pu être plus funestes encore. Telle était la grande impossibilité politique qui militait en juillet avant et après les ordonnances, avant et tprèsle '<'iiih.it . contre h* maintien ou le rétablissement du pouvoir. Le libéralisme était alors très-pois «..nt ; i est un fait. Le pouvoir De l'était plus. Qu'il tût \ninqueiir aujourd'hui matériellement par des combinaisons de stratégie, demain il pouvait élit raincu. IN'ti t-on pas m que la gloi ieuae conquête d'Aigu ' Ile même m donna au< uni loue morak 6
l'autorité? Eh bien, pour un gouvernement, tout est dans cette force; l'autre, en comparaison, n'est rien , parce qu'elle change facilement de possesseur; celle-là procure le pouvoir, celle-ci appartient naturellement au pouvoir. Ayant perdu l'une, il était inévitable que la restauration perdîtl'autre. Je pense pour moi , si je ne me trompe, que l'illusion était si forte, le voile si épais, qu'une épreuve était nécessaire, indispensable. Il valait mieux que l'autorité royale succombât dans les trois jours, comme cela est arrivé, que de se traîner languissante , pendant peut-être quelques mois encore , sous le coup des exigences d'un parti hostile. Elle est plus grande et plus forte dans l'exil qu'elle ne l'aurait été captive sur le trône.
Le libéralisme, après avoir, avec une persévérance systématique, dont il ne fait point mystère aujourd'hui, blâmé, envenimé, de son propre aveu, tous les actes du pouvoir indistinctement , même ceux qu'il trouvait louables, était maître d'une grande partie de l'opinion. Il n miné, sapé la res-
tauration. Lien; qu'il Ja remplace ! 11 veut le li-ionv }>he des principe* révolutionnaires j qu'il les applique! C'est lui niênie. sans doute, qu'une puissance suprême, dont il >'est moqué, et à laquelle le roi de juillet rend hommage aujourd'hui dans ses discours officiels» a chargé de les détruire et d'en délivrer Je pn\>.