‹ Ham. Aout 1829-novembre 1832Chapitre 36 sur 45 · M. LK COMTE DE PKYRONNKT · texte numérisé non relu

M. LK COMTE DE PKYRONNKT

Comme M. le comte de Peyronnel le rappela plus tard dans sa défense, il était jeune lorsque la pre

— a« aûère rérolutioe éclata (i). Or, elle lui Lissa pou* Boorenii ri lui d'un père moulant sur L'échafaud révolutionnaire. Va puis, ainsi qu'il s'est exprimé lui même, • l«" UrdtM l>ii*. . les l<'h- il»' bien condamnés, lea possesseurs dépouillées, el les peuples h ompés el mis sous le joug. voilà et* qu'il lui fallut \in ii pleurer. ■ Certes <>n conçoit que femnren-

*•(»/* en fui forte et durable.

Il \ .» nos qsnlifté qu'on n .1 jamais contesta' j M. le <<'ini< île Peyronnel c'esl le véritable cou Pendant que l<- dernier président du conseil,

.1 l'.ip .li- \ in i c|ti.iiic .m», bravait la proscription |ioui l.i cause monarchique, M. le comte de Pej round passait |cs premiers jours de sa jeunes taut ii dea proscrits.

Privé de Chérit agi paternel pai les confiscations m rolutionnaires , il demand il 1 1 noble c irritas du

I ■; il il |c i Mlnli .li- l'i \ i uinial •

■ ilu n.. *ii .i

— 38-9 — barreau un avenir, el ce partage de renommée dont la possession est toujours le prix du talent. Pour son premier essai, il défendit et sauva treize royalistes traduits devant un conseil de guerre!

L'empire vint. L'empire, étranger aux mesquines considérations de l'esprit de parti, accueillait tous les talents, quelques fussent l'opinion et les antécédents des hommes qu'il voulait attacher à sa fortune. Des offres furent faites à M. le comte de Peyronnet, il les refusa. Sans doute , il appréciait le génie et la gloire du Charlemagne révolutionnaire, mais il croyait qu'un principe social était encore au-dessus de ce génie et de celte gloire.

Lors delà première restauration, il n'alla point se placer sur les avenues des honneurs et de la fortune; avocat du barreau de la Gironde, à côté de M. de Martignac, dont il était l'ami et l'émule, il resta satisfait de celte position indépendante.

Puis il y eut les cenl-jours. Les cent-joursfurenl

arbitraire? parce qu'ils étaient faibles el impuissants. Doux fois on envova arrêter le comte de Pevronnet, qui.vivnnt dans la retraite, nepomait être Coupable, aux yeux des autorité du moment, que M» tes sentiment! bien connus de royalisme. On notifia h DO homme âgé de trente-six ans, à tin pare de quntre enfants , l'ordre d'aller rejoindre comme soldat une des armées impériales. Là rettauration préserva M. le comte de Pcyronnet de ce nouveau mode de proscription.

Cependant, lorsque le roivf mail d'entrer à Paris, toi -que Bordeaux en recevait II nouvelle, il v cul

« bei le peuple de cette \ ilîe, si éminemment i listel une rire ri naturelle impatience de remplacer le drapeau Incolore par le drapeau blanc Les - pnbliquei retentissiieth de cri «le fier h I i - tniijM i, qui tenaient encore |»oor Napo firent leo ior le peuple i il j nul des victimes, |)< u\ pi i lonneSi dont l'une était M. le i omtc da Peyronnet i inlcrrînrent luprès dei autoritéa pont ■ i |( t oui - il. 1 1 . inutile! \ ioleni I aulo

rites ordonnèrent l'arrestation du compagnon de M. le comte de Peyronnel.

Quatre jours plus lard, le gouvernement royal était reconnu, et le comte de Peyronnet faisait ailïclier sur tous les murs de la ville une proclamalion où il exhortait le peuple nu calme et à l'oubli du passé. 11 monta à cheval, se précipita vers la citadelle, et là, se plaçant au milieu des rassemble ments nombreux qui menaçaient une faible garnison, il obtint tout ce qu'il désirait de la générosité bordelaise. Sa voix, comme il l'a dit lui-même de puis, était alors populaire; elle fut entendue.

Quelques années après, la seule vengeance que son royalisme exerça contre l'officier qui avait commandé la garnison , lut de mcltrc a sa disposition un crédit dont l'influence était alors puissante.

On peut dire que M. le comte de Pcyronnel fnl porté aux fondions publiques comme par le sulfragede ses concitoyens. Le colléjrodc l'arrondisse-

meut de Bordeaux, l'ayant nommé, en son absente, candidat à la députation de la Gironde, s'il ne fut point encore élu membre de la chambre élective, peu de voix lui manquèrent pour y aller siéger. Lo pouvoir, appréciant ce témoignage de l'intérêt publie, nomma bientôt (près M. le comte de Peyronnet a la présidence du tribunal civil de Bordeaux. 11 y eut don mie conspiration dans cette ville. Parmi les accusés m trouvait un artisan qui avait l'ait partie de la garde nationale lorsque M. le ceinte dePeyronnel y commandait une coh<n te. La femme du piévenu vint demander au magistrat de signer un certificat en faveur de son mari. Ces sortes île

moyMM sont peu puissants auprès îles juges. Le

comte de Peyronne4 refusa sa signature, mais il la refusa dans l'intérêt de l'accusé, i Faites-moi citer,

• ilii il .1 « . tir femme, el que ma qualité de ni

» tr.it Ile fOOS arrête point, nia pi é-ence e| nia \ 013

» feront plus poui m.us (pie in ! signature* » Le. omtc de l)( yronnel Uni ! < pronw isc < i «le tooi

. lin !.i joui lui BOSOUS.

Deux ans après, nommé procureur-général, bientôt après député , puis placé par le roi dans un poste plus important (i), il fut enfin promu à la direction du parquet de la capitale.

Quant au système suivi par M. le comte de Peyronnet pendant son premier ministère, ses propres paroles l'exposeront bien mieux que nous ne pourrions le faire. Elles semblent porter avec elles la conviction. «Des lois difficiles, a-t-il dit dans sa défense à la cour des Pairs, furent proposées dans le cours de ce ministère, et, chose bizarre, l'animadversion qu'elles excitèrent s'est attachée à moi seul, qui n'y avais peut-être que la moindre part. La loi du sacrilège en est le premier et le plus re

(i) La Biographie des Contemporains , ouvrage très-//bêral, s'exprime ainsi relativement à M. le comte de Peyronnet : « Nous devons dire que pendant sa présidence » du tribunal civil de Bordeaux , et ses fonctions de pro- » cureur-général à Bourges, il montra beaucoup de zèle )> et d'activité pour terminer les procès et maintenir la jus- » tice. »

— iet —

.narquable exemple. Comment [us- je conduit à lui donner la dernière forme qu'elle a reçue? Quels aflbrts ne lenlai-je pas pour être dispensé d'y ajou ter les dispositions qui ont ét<- la source de tant de reproches? La majorité l'exigeait ; il fallut céder.

C*l U ira il n'est pas équitable de juger de l'opinion < t des préjuges d'une époque, par l'opinion et tel préjuges d'une autre. Aujourd'hui cette loi ni condamnée avec s<\» ni. . et peut -être même avec ju-liee. Mais quand elle l'ut portée, c'était tout h

cou tr. lire, et je ne puis oubliei que beaucoup de sens

m tie< -ii-, lient liien haut de manquer de religion et

même de politique, parce que je m'efforçais de persuader «jiM- la première Loi suffirait; et je me sou

uo nu ,, ,i Mijoi < 1 1 1 1 1 1 1 \ieu\ pul.licislr fort

connu et toit spirituel, ,|,n jomssail dèi I m d'une certaine célébrité, <i qui l't ici rue depuis par des écrits empreint! dune conviction tonte oppi

lllie |ODgUC |i llrr, que je ( 01)101 Wt .IM'C

•fin, pour DM repro. lier. . omme une omission

trcs-rcprélicnsible , de n'avoir pas ajouté quelques ii in li ■ i oui n li bla*pbcm< fanl i lail Carte

alors la tendance et la préoccupation des esprits S

» L'entraînement n'était pourtant pas si universel que la loi n'essuyât dès-lors beaucoup de critique. J'aurais mauvaise grâce de l'oublier en présence de cette chambre où tant de voix puissantes s'unirent pour la repousser. Mais, dans cette chambre elle-même, les plus véhéments ennemis de la loi me rendaient dès ce temps une justice qÉe je serais heureux d'y retrouver aujourd'hui, et je puis montrer un écrit que la mort a marqué du sceau de sa funeste authenticité , où l'orateur qui me l'adressait, pénétrant les intentions prévoyantes qui avaient présidé à la rédaction du projet : «Com- » bien on vous devra , disait-il, d'avoir exigé du moins » pour la conviction, ce qui rendra le crime même >) impossible. »

» La loi des successions m'a attiré aussi beaucoup de reproches. Ce fut assurément un étrange caprice du sort; car ce projet appartenait bien plus aux chambres qu'à moi. Je cédai, selon la

— J96 — règle des gouvernements parlementaires, au vœu qu'elles avaient exprimé. Quatre propositions, tendant au même but, y avaient été successivement adoptées, mais je fus blâmé de ma déférence, comme en d 'autres temps je l'ai été de ma résistance. Le> deu\ I] -unies m'ont été également fâcheux.

» Le plus grand tort de cette loi était peut-être que. a» moment en était passé. Car, d'accorder qu'elle ne fût pas conforme à la nature de notre constitution, c'est à quoi mon esprit ne peut se résoudre (l'était une loi aristocratique, je l'avoue; mais l'aristocratie était un élément constitutif du <»u\< Tin-menl que Louis \\ III avait fondé. L'a ristooratie est ni des éléments principaux Ab oa gouvernement , que Cicéron propose comme le plus parfait, et dans lequel la démocratie, dit-il, ne doit entrer que modérément, oonfuta modicè. Derais-je i ramdreeVm égarer stec «le leli guides? < i h- je coupable de faire des lois selon l'esprit de. li « barto? h <n l.ill.ui il faire que pour une charte future qui n'existait p

» La loi de la presse vint à son tour. Je ne me plains ni ne m'étonne des haines qu'elle m'a suscitées; car enfin les journalistes et leurs actionnaires n'étaient pas obligés de tenir compte des projets primitifs et des débats intérieurs. Le public et eux se sont arrêtés aux apparences, et cela était naturel. Mais le conseil d'état en a connu davantage, et en ne choisissant parmi ses membres que ceux dont le témoignage serait le moins suspect h mes ennemis, je pourrais provoquer des révélations qui exciteraient peut-être quelque surprise. Que dirait-on, par exemple, sans que je parle des autres détails, ni même des dispositions fiscales, que dirait-on, si l'on apprenait que le projet proposé par moi, bien que pourvu de précau lions et de garanties, avait pour bases t 'émancipation des journaux cl la suppression du monopole de la presse périodique? Ce ne serait pourtant, Messieurs, que la vérité. C'est la vérité que mon projet, adopté et approuvé par les meilleurs esprits du conseil d'état, rencontra ailleurs des esprits moins faciles el plus exigeants, qui lui firent

subir tour-à-tour trois métamorphoses. C'est (a mérité que , les choses \ cimes à ce point, je proposai ITM clulnir . ,ivt-c trop de chaleur peut-être, de laisser à d'autres le soin de le présenter.

» Les noms de Colmar, de Poitiers, de la Martinique ont été prononcés; Mc Hennequin vous parlera de la Martinique : la du moins il n'y aura pas de MUlg, »t y puis attendre] Mais Poitiers, mais Colmar! Où est le général Pailhès, ponr rous dire à qui il <->t redevable delà liberté? Où est Olanier, puni- roofl dire à qui il es) i >-ilr\ .il»lr de In vie? Où es! l'iidni. où est sa femme., si reconnaissante el -i malheureuse, ponr vous dire par qui el de quel exti ême péril il a été pi • v i

» De premières tentatives d'embauchage avaient

dé, dit on, la fatale entreprise A<- Colmar. Je

proteste •> 1" fart du ciel que je I m ignoré. Le

premier arts qui m'ait été donné d-- cette affaire

té transmis au conseil, quand l'arrestation était

' liti .lorsque tout était consommé. Quels que soient

I iiti antérieurs, le blâme, s'il n en i, dc peal

être jeté sur moi sans injustice et sans calomnié, Quand j'ai quitté la chancellerie, il y avait une lettre du procureur général qui se plaignait à moi dr n'avoir pas été prévenu, et une réponse de moi au procureur-général , où je me plaignais à mon tour de n'avoir pas été prévenu.

» On n'a pas craint de prétendre que j'avais précipitamment donné l'ordre parle télégraphe, pour le jugement et pour l'exécution. Cela est faux, et même impossible : car tout dépendait d'une ju ridiction qui n'était pas elle-même sous ma dépendance.

» On a ajouté que j'avais refusé d'entendre ceux qui intercédaient pour les condamnés. Oh ! il n'y a donc plus de loyauté ni de bonne foi ! Un premier jour, deux personnes vinrent; elles ne s'étaient point .annoncées ; mais elles dirent le sujet de leur démarche, et les portes de mon cabinet s'ouvrirent h l'instant. Malheureusement ce qu'elles demandaient était impossible, et eût été inutile : elles proposaient au ministre de la justice d'user du droH

— ion — <jn il avait tic se pourvoir, dans l'intérêt de la lui. contre les actes judiciaires, abusifs ou irréguliers. M.i- le jugement , qui n'était pas même connu ce jour la, était régulier. Je le crois et dois le croire, car il lut peu après recoanu pour tel par un aire* de In cour de cassât ion.

» Le -iirlcmlciiiiiii une lettre me fut écrite, el f> répondis. On me demandait une nouvelle audience pour le jour même, el pour une heure qu'on dé

terminait. C'était justement l'heure et le jour d'une distribution publique de prix à laquelle j'étais tenu d'assister au nom da ministre tl<- l'intérieur, que je remplaçais, el qui était ihtent el malade. Jem'ex cusai donc; mais tous crbyei bien certainement. tut la i"i de ceux qui ont tant parlé de mi lettre, que mon oxcuse ne lui qu'un redis. Bh bien, non s i li coiil raii c. J'annonçais qu en mon u -in. c, M. de Valismenil, m*civI in général du ministère, dont pcrsonn< ne onteato, ]< croU,*laM |i.k ité, serait i hergi ri attendre 1 1 de roi evoir lai inlercosscuri. De quoi «I était il possible et n

plaindre? On s'est plaint cependant, et même beau coup ; mais il est vrai qu'on citait toujours la première phrase de ma lettre, la seconde jamais.

» Quand le pourvoi, formé contre l'arrêt de Poitiers, eût été rejeté par la cour de cassation, je voulus prendre, sur une affaire aussi grave, l'avis du conseil et les ordres du roi. Plusieurs commutations furent d'abord accordées. Deux condamnés seulement en furent exclus. Quelques voix s'étaient élevées en faveur de Fradin. Le lendemain était le jour du renvoi des pièces. Le roi me prescrivit donc de lui apporter, le soir même, les ordonnances de commutation. Comme je sortais du conseil, je fus informé que madame La duchesse de Berry, émue d'une généreuse compassion pour les malheurs de madame Fradin , avait promis d'implorer pour elle la clémence du roi. Prévoyant que cette démarche ne serait point faite sans succès , et ne voulant ni la contrarier, ni la retarder, je préparai, de ma main, un projet particulier d'ordonnance , pour le joindre a celui qui

avait été délibéré on conseil. Le soir, et l'heure venue, je prenais ma robe pour me rendre au château, lorsque les cris d'une femme, à qui riiuivNicrrofusait l'entrée de mon cabinet, attirèrent dans l'antichambre le marquis Dalon , qui était cliez moi. Au nom qu'elle prononce, celui-ci courut m'avortir, et moi j'accourus aussi, ma robe à peine attachée, pour donner, s'il était possible, quelque consolation a celte pauvre mère. J'avais quelque espérance alors, et jenc me doutais guère du nouvel obstacle que je devais rencontrer : j'encourageai madame Fradin ; et, inquiet de l'état où le désespoir l'avait mise, je lui proposai d'attendre cher moi mon retour, et la confiai aux BOJM du BMMtrifl Dalon. Qu'on imagine donc mon étonne nnnt et M |><-ine, lorsqu'au premier mol que j'-

Ini idreuai, Louis \N in. jii.mi mrmoi on regard

-érieux dont il ii'.iv .lit pas Multitude : i EtieS-VOUS

» tmtJ du complot! me demanda I il. Ma niiet

I \ i«-i it de me p.irlei et I ' tl< affaire, et elle ;i Ixaii

» conn insisté. Maitil j a une déi ision do conseil, H » le ne doit pal la renverser poui des sollicitation

Ce premier refus à une telle personne, et pour de si graves motifs, ne me laissait plus aucune espérance. Je n'y renonçai pas cependant, et, comme après une longue attente et de pressantes prières, je restais immobile devant le roi, refusant de me retirer avant qu'il n'eût signé l'ordonnance* sa bonté naturelle l'emporta enfin sur la politique, et le malheureux, déjà si loin de la vie, y fut rappelé.

» Mais puisqu'on voulait parler de tant de choses, que ne parlait-on aussi de l'Espagne? que ne recherchait-on par qui ont été provoquées et obtenues les deux amnisties? que ne s'enquérait-on à qui doivent leur salut, tant de malheureux qui avaient combattu cependant contre l'armée du roi ? que ne le demandait-on, par exemple, à M. Mangin, dont ils étaient les clients ? que ne le demandez-vous a deux des commissaires de la seconde chambre , en présence desquels il n'a point refusé de le reconnaître ? que ne cherchez-vous quel est le ministre qui a subi, à celle occasion même, le reproche public d'avoir fait abus du droit do grâce? Oui,

Mi — itui - . <. « t afciisr esl devant \«nis, cet homme, ^.iii-t ommiséràtion et sans indulgence . il y a plu* de 1 1 ci- cents condamnés politiques «{ni lui sont redevables de la liberté ou de la \i«': prisonnier dans mi événement militait*, s'il nir l'uni doc rançon* Messieurs j eDe etl payée d'avance', j ;ii rendu ;i 1 ennemi trois cents létes des siens poui l.i mienne.

> La cèldmnie, a qui tonte pâture est lionne, ne >"c-i |i,i- contentée de mon caractère public . elle m .1 poursuivi follement et aveuglement partout on elfe .1 cru trouver du mal à me Paire, et des esprits crédules i perauader. Je n'en .n pas été étonné,

le tort dea hommes publics. J'ai I < » 1 1 • - temps dédaigné <! \ répondu . autrement que par nne \i<' tl< p)ui en |»ln> t ne mm in i t.- cl retirée. Je m'

ujourd nui, pai ce que < 'est poui moi le U de le dire, et que la dernière fois que l'on parle cm n'a i un .i mettre en r< m rve pour un avenir qu'on n • p. i inoblil (1 ailleurs en vol i ■■■

— iOà —

» Ceux donc qui ont pris prétexte de ma fortune ont été cruellement abusés. Parle tableau olllciel et comparatif qui m'a été délivré , des biens cpie je possédais en 1821, à mon entrée aux affaires, ou qui me sont échus l'année suivante par héritage , et des biens que je possédais en 1828, quand je suis sorti des affaires, la différence était de i58 fr. 87 cent, sur l'impôt , et de 4/5 fr. o4 cent, sur le revenu. Je n'avais rien de plus au monde, en ce temps, si ce n'est des dettes. A la vérité, j'avais marié mes enfants , bonheur illusoire que la mort a bientôt détruit. Mais leur établissement n'est pas mon ouvrage. Ce fut un bienfait du roi, de ce roi que la mort à aussi frappé , et dont mon cœur reconnaissant chérira et vénérera toujours la mémoire. Un écrivain du plus rare talent, a dit, je crois, que l'homme public devait toujours être prêt à rendre compte de sa fortune. J'ai suivi son avis, Messieurs, et je ne puis guère manquer, a ce qu'il me semble, de m'en trouver bien. J'ajouterai un mot : Auguste, ayant adressé d'injustes reproches a un chevalier romain, celui-ci, après en

— Mi —

i\«>ii prouve la uiusseté. « César, lui dit-il, quand s tu voudrai désormais l'enquérir de la vie des ï honnêtes gens, n'écouto que d'honnêtes gens.» Post hive , Cicsar, (juhtn de honestis hominibus inqutris. Iionestis mundato.

Cependant l'heure était venue où l'administra tion do 1 8*2 1 devait se dissoudre. D'autres temps suivirent, durant lesquels île nouveaux chagrins et de nou\el]e> injustices vinrent m'assaillir. D'autres <mii' iimiiI- ein-ore succédèrent . précurseurs mal heureux de ces grands coups de lortune (|ue nous venons m wu'r «dater. »

Le second ministère de M. le comte de IYvron net fut court. Appelé ],. i(| ,n:,j |gf<j ^MM h M < oiiMils du r,,i , j.onr donner ou rahinel l'appui de MJI tll6>U p n ■leiiieutaii-e-. ( i ), comme tel tlltTW

(l) \jf »t\1c ilr M. |( COOBU il<' l'rv i niinrl rsl d'iiiii i .n i 00 , «t «l'une |;i.in'l( i ncipr. Il 3 ilrnx iiiniln le

ministres, il voulut la légalité, la stricte légalité (1), jusqu'à l'instant où la crise qui, depuis long-temps se préparait contre la monarchie, apparaissant imminente, les moyens extraordinaires renfermés dans l'article 1 4 de la charte , furent adoptés par le gouvernement du roi.

premier d'être original, et le second de rappeler souvent le genre du seigneur du château de la Brède. Pour mieux exprimer ma pensée, je dirai que la manière de M. le comte de Peyronnet est compatriote de la manière de Montesquieu.

(i) Voici la première circulaire de M. le comte de Peyronnet, alors ministre de l' intérieur. «M. le préfet, le roi a daigné me confier la direction du département de l'intérieur. Je connais les difficultés de cette importante partie de l'administration , mais l'expérience des magistrats qui lui appartiennent me donne l'espérance de les surmonter. Je ne leur demande que l'exécution des lois , je la demande prompte, exacte, entière, loyale. Faire toujours ce qu'ordonne la loi , faire avec opportunité ce qu'elle permet, ne faire jamais ce qu'elle défend , tel est à mes yeux le devoir d'un sage et hahhV administrateur.»

M. r>E CIIAM I I.AIZK.

Si les préventions de l'esprit de parti contn |< ministère du B tout, et chacun de ses membres en

M] tieulier. n'avaient pas été si fortes, si elles a\ aient ■ quelque place à l'impartialité , certes, il n'est point de caractère qui eût obtenu plus d'estime ipn celui de M. de C.hantelauze. S'il n"a\ait pas été cou \ fini aussi , que , par cela seul (|ii mi était entre dans ce cabinet, on était dépourvu de capacité et de talent, du aurait rendu justice à la capacité et au talent di [*an< if i) garde des-sceaux. Ou'on lise le

rapport an roi, inspiré par les embarras immenses

de la siiii.ition, comme le style en est forme . In cidi . précis! Sans dont, la presse j est attaqué if» fora . mais i quelles attaques systématiques ne se 1 i \ i <it elle pas alors contre !<• poufoir?n*a rail « II. pas i ■ duit le gouvernement b la de lui <li « larei laguem I >r, jamaii manifeste n< loi plus logique , plui i i" rgique qu< le rapport au

Un l'ait qu'on ignora peut-être , ou dont on ne voulut point se souvenir, lors de l'entrée de M. de Chantelauze.au ministère du 8 août, c'est que malgré l'amovibilité de sa place (i), comme le rapporte une biographie libérale du temps, il avait osé accepter sous le ministère de M. de Villèle la candidature de C opposition. Cette biographie ajoute : « C'est assez dire qu'il a du courage et du patriotisme , et qu'il ne cédera jamais aux suggestions de l'autorité. » Certes une opposition parlementaire , telle qu'était celle de M. de Chantelauze, est nécessaire, indispensable dans un gouvernement représentatif; mais, pour qu'il continuât à mériter les suffrages des écrivains libéraux , il aurait fallu qu'elle fût révolutionnaire.

M. de Chantelauze , dit M. Sauzet, dans son re marquable plaidoyer, débuta à la chambre de 182/f par un rapport devenu célèbre, sur la proposition de réélire les députés promus à des emplois pu-

( 1) Il cilait it lois procurcur-gdnéi al à Riom

blies. Cette proposition a\ait été longtemps contenu -née : soi» adoption fut un progrès dans les institutions constitutionnelles. On en avait craint une dégradation du pouvoir, l'expérience a prouve que ces alarmes étaient vaines et que cette garantie constitutionnelle avait pan d'abus. Quoiqu'il en soit, Al. de Chanlelauze appuya de 6es conclusions cette proposition; on y reconnut son caractère; MU ."une, fière et pure, n'eût jamais regardé la corruption comme un moyen de gouvernement , et ce n'est pas par là qu'il eut voulu fortifier lo pouvoir.»

Six ans après , M. de Chantclauze refusait un ministère qui lui étnit offert. D'une modestie OXtréme, il croyait n'avoir aucun titre à ces liantes ïtm litBI . I I |ftn|d*S] accepta les sceaux , on p. ni

dire qu'il m i édail qu'à U rotante formelle du sou-

verain. 11 lut dm s,. a ininislrM c. .jn'il avait clo • i Ki'Mii, a Grenoble, remplissant la première place de la magistrature avec un zèle il une habileté qui, mi un plus grand théâtre, M développaient

naturellement, et répondaient a toutes les exigences de cette position nouvelle.

Il y a une circonstance touchante de la vie de M. de Chantelauze. Elle se rattache au procès des ministres , mais elle trouvera hien sa place ici. Nous voulons parler du choix qu'il fit ou plutôt qu'il accepta, pour sa défense, du talent si remarquable de M. Sauzet. M. Sauzet fut chargé, on peut le dire , par le barreau de Lyon, qui avait pu apprécier pendant de longues années M. de Chantelauze , d'abord comme avocat , ensuite comme magistrat, du soin de défendre, et son caractère et sa vic(i). Eh bien, M. de Chantelauze avait présidé aux premiers débuts du jeune et brillant avocat , il les avait encouragés; et aujourd'hui le

(i) Voici comment M. Sauzet s'exprime à cet égard dans son plaidoyer : « Allez, m'a dit un barreau qui fut témoin dénia vie, allez, par voire présence, porter le secours de toutes les opinions politiques dans un procès dont l'ancienne monarchie eût gémi, et cpie la révolution de 18J0 désavoue.

— m — talcni. auquel îft avait ouvert la carrière, revenait h lui au moment du danger. I >n le remarqua pendant in< c de la cour dos pairs, l'éloquence de M Sauzet faisait naître une Téritable expression de plaisir -ur les traita de M. de Chantelauae , et-, onl.li.iiii m position personnelle, il semnlait le . ..ui|)l,iii«- dàna cette seule pensée : J'avais deviné . e beau talent !

■. i.k roiiiii ni ni i.ncn-i>^>\ ii i.i..

Mu i Si 5, loi.» «lu débarquement de Bonaparte «ti France, le roi Louis XVIII lit un appel au d<mmii incui national. Le comte de Gucrnon-Ran- \illc réunit cent cinquante jeunes gens armes i i équipés, cl marcha surParis. Ce ne fui qu'à Bvrcua qu'il apprit le départ du roi et l'arrivée de Bonaparte dans la capitale. I""i ce de dissoudre sa petite troupe, il sa rondil ■' Gand. Il j recul une mission pour ms rendre en Angleterre Quelques semaines après, il de li, ii ijn.i « h Normandie. Arrivé û Cocn , ra ! i ni m ill m i deè ii oupes impériales, il sut i

1 1 1 1 nombn il mpali ioli - îi yonii

rejoindre la troupe peu nombreuse de réfugiés français avec laquelle il était débarqué. Elle offrit bientôt un effectif de mille hommes; elle se dirigea sur Caen, qui la reçut avec des transports de joie, et Louis XVIII y fut proclamé. Le comte de Guernon-Pianville était si peu avide d'honneurs et de faveurs, que la croix de Saint-Louis, lui ayant été conférée en vertu de pouvoirs donnés par le roi, comme récompense de son dévouement pendant les cent jours, il ne sollicita point du gouverne ment la sanction de sa nomination, et les événements de juillet arrivèrent trop tôt pour que juslice lui fût rendue à cet égard.

-'tr

Le même zèle que M. de Guernon avait montré pour la dynastie, il le montra pour la charte ; et c'est une chose remarquable que la plupart des membres de ce ministère qu'on accusa, dès l'origine, de conspirer le renversement de la constitution, s'étaient constamment prononcés, et de la manière la plus explicite, sur la nécessité du maintien de la charte. On peut dire que cette conviction se mon

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