SIÈGES DB HAM
sèment été abattu pendant la Révolution , par les ordres de M. Pierre-François^ Martine , malgré la vive opposition de M. d*Ëstouilly<r Cet arbre a laissé son nom au canton du plan cadastral du territoire d*Estouily, sur lequel il était situé et qu'on nomme encore le lieudit : Y Arbre Gomeron,
Nous avons trouvé dans un Rectieil des Guerres civiles de Flandres, par F. d*Hogenberg (1), une gravure du siège de Ham, en juin 1595. Cette gravure, qui mesure "* 18 sur "* 27 , représente tous les épisodes du siège que nous venons de raconter; mais elle n*est nullement exacte pour la reproduction du château ; elle a dû être faite par quelqu'un qui n'était jamais venu à Ham. On y voit l'armée française arrivant de la campagne dans un fort qui représente plutôt celui du Câtelet que le château de Ham. Un combat a lieu aux barricades, entre la ville et le château, tandis qu'en dehors des murs de Fuentès arrive avec son armée ; un coup de canon est tiré du fort sur les Espagnols, rangés en bata^lIe, et, à côté d'un pal sur lequel la tête de Gomeron est déjà exposée , on voit celui-ci encore à genoux, sur le point d'avoir la tète tranchée. Nous laisserons à d'autres le soin de déterminer si ce gouverneur infidèle a été pendu ou décapité ; cependant nous avons plus de confiance dans la tradition.
Le prince de Condé, voulant surprendre le château de Ham, vient camper à Ollezy ; mais apprenant que le vicomte de Turenne n'est pas loin «de lui, il quitte Ollezy et se dirige vers Noyon pour l'assiéger. Un corps d'infanterie jeté dans la place résiste à cette attaque; de Condé se replie sur Roye dont il s'empare.
De Turenne, ayant quitté Magny-Guiscard pour aller camper à Eppeville, loge au château de Ham où il laisse quelques troupes. Puis il fait traverser la Somme à son armée pour attaquer le comte de Meigne, qui devait sortir de Cambrai avec des
(1) Bib). imp.' Division des Estampes Q. E. 11. C.
492 CHAPITRE XVU
vivres et des munitions destinés aux Espagnols campés près de Corbie. Après cette expédition , Tarmée de Turenne revient à Ham et se retranche à Golancourt pendant que Tarmée ennemie commandée par Condé campe à Caulaincoun. On retire du château de Ham les troupes qu*on y avait placées pour augmenter Tarmée du roy, et la guerre se continua, mais sur un autre terrain (1).