‹ Ham, son château et ses prisonniersChapitre 109 sur 138 · DICTONS : LES SOTS DB HAM · texte numérisé non relu

DICTONS : LES SOTS DB HAM

» VU et qui fait horreur, ces malheureux se mangeaient les bras » et les mains dans le désespoir.

4 Depuis la ville de Ham jusqu'à Amiens , il n'y avait plus » de terre labourée, cultivée ni semée, et, dans la campagne , » on trouvait et rencontrait quantité de cadavres , carcasses » et corps morts tués et demeurés sans sépulture ; même que » les villages étaient tellement déserts et abandonnés que les » chiens s'étaient attroupés et retirés dans les bois ; et , rendus » sauvages, se jetaient sur les personnes par les chemins, sy l'on » n'estait garni d'armures pour se défendre.... (1). »

4623. — La maladie contagieuse qui régnait dans les villes de Noyofl, Soissons, etc., fait garder les portes de la ville de flam pour empêcher strictement d'entrer ceux qui viennent de ces pays.

4648. — Peste qui emporte une grande partie des habitants.

Juin 4790. — Année de blé cher. Famine et séditions.

4832. — Choléra morbus qui fait quelques victimes dans les bas quartiers, mais qui, grâce aux précautions prises, ne pénètre point dans la population saine de la ville.

4849. — Nouvelle invasion du choléra qui fait de nombreuses victimes et augmente de plus d'un tiers le chiffre des décès habituels.

DICTONS. — LA FÊTB DU PRINCE DBS SOTS. — LB CLOQCBMAN. DICTONS : LES SOTS DE HAM.

On sait que les habitants de toutes les villes de Picardie eurent leur dicton. Ce surnom, le plus souvent satirique, avait pris naissance dans les grandes fêtes provinciales, où se don-

(1) Procès-Tcrbal d'information inséré dans les Mémoires de la Société d^ Archéologie do département de la Somme, 1. 1, p. 457-466.

S06 CHAPITIE XIX

naient readez-Yous toutes les confréries des archers et des arquebusiers. Voici quelques-uns des dictons peu gracieux que les villes avaient reçues par malice de leurs voisins : Les Béyeux de Soissons (i); — les Gascons de Viiry-le-Français ; — les Synges de Chauny; — les Cocus de Nesle; — les Larrons de Yermand ; — les Dormeurs de Compiègne ; — les Ivrognes de Péronne'; — lesRougeotsAe^esjïs^x^ ; — les Hoguineurs (2) d'Arras; — les BesaciersieSeoi!&&; — les Promeneurs de Montdidier; — les Anguilles de Melun; — les Canonnière de Saint-Quentin; — les Francs-Picards et les Damoisels d'Amiens ; — les Friands de Cambrai ; — les Cochons de Crespy ; — les Chats de Meaux ; — les Chiens de Mantes ; — les Gaillards et les Subtils de La Fëre; — les Badauds de Paris; — lesBohaus (3) de Rue; — les D^oi^d'Athies; — les Beudets de Flessel ; — les Grands-Pieds de Naours ; — les Esons d'Appily ; — les Hurons d'Argicourt; — les Salops de Bapaume; — les Ahuris de Candas; — les Sots de Ham.

Un manuscrit d*un chanoine de Saint-Quentin, de Croix, qui vivait au milieu du xvii' siècle, explique ainsi le dicton des Sots de Ham (4) : « Avant 4 662, il y avait un personnage en plomb qui frappait les heures de l'horloge de Ham. Cette figure avait valu aux habitants de Ham , dans les pays circonvoisins , la qualification de Camots (5) ou Sots de Ham , aussi , pour détruire cette qualification qu'ils regardaient comme injurieuse, les habitants firent descendre, en novembre 1 662 , le personnage qui frappait les beures, le brûlèrent en plein marché, jetèrent ses cendres au vent et chantèrent un Te Deum, Mais cela n'empêcha pas qu'on les plaisanta d'avoir été aussi in* grats envers un valet qui les servait depuis si longtemps le jour et la nuit. »

(1) Corieox.

(2) Débauchés.

(3J Niais.

[4] Manuscrit de Croix, p. 226, bibl. de M. Le Séruner. (5) Gamocas (eamoea, camucum) du nom d'un yétement en usage au XIV' siècle.

LA PÊTB DU PAINCIS DBS SOTS 207

Le manuscrit ajoute que les archers du Serment de Ham étant venus au prix général de La Fère, le 4 4 juin 4665, les Gaillards et les Subtils de la ville de La Fère firent ajouter à récusson attaché au-dessus de la porte de Thôtel destiné aux archers de Ham cette devise, par allusion et dérision à ce qui s^était passé en 4 662 : vror infblix.

Suivant M. Tabbé Gorblet, la ville de Ham aurait eu deux sMlves prmerbes , qu*il a donnés dans ses Dictons historiques et populaires de Picardie:

Sans s'ch'catieUf et s'n'abbaye, Hin (Eam), n'seroitque dub,.,.

Vos nos marierez echTannée ci : vos avez del pierre ed' capucin din vous poches. — On sait qu'il y a dans le cachot de la tour de Ham une pierre qui, dit-on, a servi d*oreiller à un capucin qui y fut prisonnier (4). On y montre Teropreinte de sa tête et même de son oreille, une croyance populaire admet que toute jeune fille qui recueille un petit morceau de cette pierre, 86 marie infailliblement dans le cours de Tannée.

Page 1