LA BARONIB DE HAM. — SES FIEFS ET SES HOMMAGES
L'origine des baronies et des chatellenies parait devoir remonter au règne de Louis le Débonnaire ; car, ce fut ce souve-
(1) Loais de Luxembourg descendait de Mélusine par Antoine de Lusignan. Il se faisait honneur de celte origine; car, suivant le Laboureur, il portail pour cimier une Mélusine.
(2) Nous ayoDS été bercé avec la légende de la fée Mélustoe (que daof le peuple i Ham on appelle Mère Lusine) ; celte fille d'I* liras , dont rinforlune n'a point alléré la tendresse pour ses enfants, veille sauf ces^e autour des lieux qu'habite sa postérité , qui consiste dans les illutlres familles de Lusignau et de Luxemboorg. Quand une calamité menace que'que membre de ces deux maisons, elle erre gémissante autour du château; et, s* élevant sur la plus haute tour pendant les nuits «ombres, elle pousse des cris lamentables.
BARONIE DE HAH â97
rain qui donna les terres du fisc en fiefs héréditaire» (4) à ses Fidèles et qui leur laissa établir des ferêés dans leurs terres. Sous Hugues Capet, la France acheva de se couvrir d'une multitude de forteresses dans lesquelles le seigneur avait assuré son pour voir et sa juridiction. Chaque seigneurie forma dès lors un état grand ou petit où le baron exerça les droits de la souverai«neté et dans lequel aucun pouvoir extérieur ne vint donner des lois , établir des impôts ou rendre la justice. L'ère féodale se constituait et s'affermissait ; c'était un premier pas hors de la barbarie. De k victoire des uns , de l'abaissement des autres , surgissait une société àouvelle qui avait désormais son caractère et sa marche distincte. Le sol était conquis et avec le sol les habitants.
Le seigneur fut d'abord le gouverneur de son castel ; mais ensuite, pour s'épargner l'embarras de faire la recette des droits seigneuriaux et de surveiller la garde de son château, il chargea de ce soin un de ses ofiSciers qui prit le nom de Châtelain. C'est ainsi que le premier seigneur deHam, Simon est qualifié de Châtelain [castellanus) en 986 (2), tandis que les autres sont qualifiés de Seigneurs {Dominus)^ avec, à côté d'eux, des châtelains, tels que Roger (1112), Wautier (1 1 45) (3) et Algpn (1 202).
Le plus ancien titre qui fasse mention des fiefs de la baronie de Ham se trouve dans la Liste des fiefs qui sont tenus du roi à Saint-Quentin (4). Ce document sans date, mais qui parait appartenir au xiii* siècle, par les noms des seigneurs qui y sont rapportés, nous fait connaître que cette baronie dépendait du comté de Saint-Quentin. Voici l'extrait de ce document, pour ce qui concerne Ham :
« Eudes de Ham, homme lige, tient sa baronie lez le chastel de Ham, à rendre au roy à grande force et petite et à son man-
(1) pEuTtes de Claude Fauchet, p. 498, y.
(2) Aug, Vir. ill,, par Emmeré, Preuves, p. 33.
(3) Voir au chap. xxvi, p. 303 et 304.
(4) Bibl. de rArsénal.— M" de Du Cange.— Titres de Picardie. n« 332. H. F. p. 18.
dément, -excepté ce qu'il a à Douilly et ses appartenances; et les hommges que il tient de revôsque de Noyon.
« U tient du roi toutes les appartenances du chasteau de Ham et les Guionages (1 ) et leurs Conduis (SI) et ce qu'il a à Collezy et quelque chose que ses autres tiennent de lui ; illec dequo il a tenu bommge ai; roy; et ce qu'il a acquis à Baumont, et ce qu'il a à Mategny, excepté le mariage de sa femme et la seigneurie de Sancourt, qui est de la baronie de Ham , et les hommages de quarante-six personnes, si comme il est contenu au Grand
Un acte de foy et hommage (3) prêté, en juin 4323, au roi Philippe-Auguste par Odon IV {Ligius) (4)^ nous donne les noms des 46 personnes mentionnées au Grand Registre et qui forment les aveux de la baronie de Ham. Voici leurs noms : Odon de Fayel ; — Jean, de Roye ; — Florent, d*Hangest; — Pierre, de Faillouêl ; — Béatrix, de Montescourt; — Renouard, de Bretigny; — Oudart, de Sommette; — Le Châtelain de Ham; — Auberi Chien {Canis), de Framerville ; — Oudart» de Morcourt; — Gauthier, de Vendeuil; — Hugues, de Bethencourt ; — Jean , son fils ; — Jean , de Villette et Mathieu son frère ; — Gaudefroid et la femme de Gobert, de Brouchy ; — Jean , comte de Brouchy; — sa mère, Godde de Beauvoiis; —
(1) Gnionage, Guidage, droit de Guide, de Protection que les seigneurs avaient sur leurs yasseaux.
(2) Gonduiz, Conduttua, droit de péage, de Conduite, etc.
(3) On faisait hommage de son fief, la tête nue, à genoux, sans épée, sans éperons, les mains dans celles du seigneur, qui était assis et couyert.
L'hommage était lige ou simple.
l'' Par honomage lige on s*engageait à servir le seigneur en personne, envers et contre tous, même contrôle roi.
2" Par Thommage simple le vassal libre pouvait se faire remplacer et n'était obligé de secourir son seigneur qu'en certains cas.
Le banneret , ou chevalier du 1^' ordre , était celui qui pouvait mettre sur pied un certain nombre d'hommes d'armes, 25 à 30, ce qui était une dépense considérable, parce que chaque homme d'armes avait, outre ses valets, deux cavaliers pour le servir, armés l'un d'une arbalète, l'antre d'un arc et d'une hache , de sorte que cent hommes d aimes devaient faire au moins 300 chevaux.
(4) Arch. imp. -— RegUtre de Philippe- Auguste, JJ 2 A, f> ttl, v°.