‹ Ham, son château et ses prisonniersChapitre 65 sur 138 · LA CHASSE DE SAINT* VANEN · texte numérisé non relu

LA CHASSE DE SAINT* VANEN

Saint Vaneng était déjà en grande vénération à Ham , au xii^ siècle , puisque la commune avait placé son buste sur son contre-sceau et dans ses armoiries. Sa vie, écrite par Christophe Labbé , curé de Saint-Sulpice (1), nous apprend que ce seigneur , issu d'une noble famille de Normandie , après avoir embrassé la carrière des armes , devint gouverneur du pays de Caux, sous Clotaire III. Sa bonne administration et ses talents militaires lui valurent bientôt la faveur du roi ; mais il employa son pouvoir et ses richesses à des œuvres saintes et pieuses et, à la suite d'une vision (2), il fonda et bâtit à ses frais le monastère de Fécamp , dans lequel il plaça des religieuses. Dégoûté bientôt des grandeurs de la terre, il se retira lui-même dans l'Âbbaye qu'il avait fondée et enrichie de tous ses biens , et dans laquelle il mourut saintement en Tannée 688, selon Mabillon ; il fut canonisé peu de temps après.

Les religieuses de Fécamp conservèrent en grande vénération , dans leur abbaye , les reliques de leur fondateur ; mais lors de l'invasion des Normands , au ix® siècle , ces saintes filles se réfugièrent en Picardie , emportant avec elles les reliques de leur bienfaiteur. Poursuivies dans leur fuite , eUes déposèrent au Mesnil , près de Ham , leur précieux fardeau, qui fut peu de temps après transporté dans l'Abbaye de Ham et placé dans une très-belle châsse, ornée de lames d'argent incrustées de pierres précieuses. Cette châsse > que la famille

(1) Un vol. io-12 de 298 pages, avec préface, Paris, BfDCC.

(2) On trouve dans le bas côté Sud de Téglise de Ham , dans la troisiâme fenêtre (bouchée) de l'allée latérale de la nef, un tableau qui représente Vapparition de la Vierge à saint Yaneng , au moment où elle lui indique le lieu où il doit bâtir l'abbaye de Fécamp. Ce tableau a été malheureusement restauré d'une manière qui le déGgure complètement.

ÉGLISB BB HAM 124

Corddle, du Mesnil-Saint-Vaneng (commune d'Esmery), avail seule le droit de porter dans les processions fut, lors de la Révolution, brisée, détruite, et les précieux métaux qui l'ornaient, arrachés et passés au creuset. Les reliques furent heureusement sauvées et un procès-verbal a constaté depuis qu'au moment du dépouillement des châsses, en novembre 1793, elles avaient été cachées et enterrées dans rancien cimetière de Saint-Pierre par Alexandre Bidet , bedeau de la paroisse » qui les a réintégrées, le 9 janvier 1796.

La châsse de Saint Vaneng, aujourd'hui moderne , a élé ouverte six fois avec solennité : en 1199 — 1382 — 1562 — 1 565 — 1 695 — 1 696 — 1 796 et en 1 844 , et chaque fois un procès-verbal en a été dressé. Les premiers procès-verbaux sont rapportés dans la Vie de Saint Vaneng; les derniers sont insérés en originaux dans la châsse elle-même. Les ossements de ce saint y sont en grand nombre.

Saint Vaneng à toujours été en grande vénération non-seulement à Ham , mais encore dans les environs ; sa fête , qui tombe le 9 janvier , se célébrait avec pompe et magnificence, et elle était obligatoire, puisqu'un mandement (du 1 6 mai 1 51 5}, adressé par Charles de Hangest, évoque de Noyon, au doyenné de Ham , donnait Tordre de chômer la fête de Saint-Vaneng. (Vie de saint Vaneng, p. 268.)

INCENDIE DE l' ÉGLISE NOTRE-DAME EN 1760.

L'église Notre-Dame a eu à supporter bien des ruines et des incendies. Nous citerons celui qui la désola en 1 41 1 et qui, par sa violence et sa durée, mit en péril le monument. Les témoignages des historiens sont nombreux , précis , et l'incendie de l'église ne s'éteignit que faute d'aliments.

En 1 557 , à la fin de septembre , un mois après la fatale journée de Saint-Quentin , les Espagnols s'emparèrent de la ville, après avoir fait mettre bas les armes à la garnison francs

çaise qui s*était vaillamment défendue. L'ennemi pilla la ville et réglise ne fut pas épargnée.

Enfin l'église fut incendiée par la foudre le 26 avril 4760. Le tonnerre tomba à trois reprises sur le grand clocher de l'église et sur le petit clocher de l'horloge, placé au-dessus du portail , fort éloigné du grand. La grande flèche se trouva tout enflammée à deux places au-dessous de la boule et au beffroi ; le feu se manifesta en même temps au-dessus des orgues , dans le petit clocher, et, de suite, à la charpente de la nef; bientôt il se communiqua au buffet d'orgues, et par la chute de la voûte, à la chaire du prédicateur et à tous les bancs , stalles et boiseries ; tout ce qui était combustible dans l'église fut en très-peu d'heures la proie des flammes. L'Abbaye , contigué à l'église , allait subir le même sort , peut-être même une partie de la ville , lorsque le vent changea ; on parvint alors à arrêter l'activité des flammes , mais l'église avait été complètement dévastée par l'incendie et l'intérieur n'était plus que ruine et désastre.

L'Académie des sciences consigna , dans ses Mémoires (année 1764, page 11), l'effet produit dans cet incendie par l'éleotricité.

« Non-seulement la matière électrique mise en action peut « embraser les corps sur lesquels elle exerce cette action, mais « il semble qu'elle puisse encore produire un effet bien plus « singulier. Le feu qu'elle y communique peut y rester longce temps caché et se montrer ensuite tout à coup lorsqu'on s'y * « attend le moins. »

TOMBES DE l'ÉGLISE IfOTRB-DAUB.

Nous décrirons au chapitre xii® , en parlant de la crypte, où elles se trouvent , les tombes d'Odon IV et de sa femme Isabelle, qui sont lés plus anciennes pierres tumulaires de Notre- Dame de Hara (1234). L'église possédait aussi quelques sépultures de la famille de Longueval, qu'un manuscrit de la Biblio-

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thèque Impériale nous a fait connaître (\), Ce document, après avoir mentionné les pierres tumulaires d'Odon IV, de sa femme Isabelle et de son fils , ajoute , en parlant des autres tombeaux :

Tombe dans l'église de la même Abbaye : « £Ue est de pierre, « placée dans le chœur, du côté de rÉvangiley entre deux a piliers. Il est représenté » ariQé de toutes pièces , son épée « pendante à un écu qui est fascé de six pièces de vair et de « gueules (!2). »

Autre tombe : « Elle est représentée joignant les deux mains « et parait être la femme du précédent. »

Autre de pierre : « Il est armé de toutes pièces avec un écu « qui est fascé de vair et de gueules. »

Autres de marbre : « Deux figures qui paraissent être un « homme et une femme, ayant tous deux les mains et les pieds « cassés. »

On voit , par ces épitaphes , que plusieurs membres de Fillustre famille de Longueval avaient choisi leur sépulture dans Téglise Notre-Dame de Ham.

Un autre seigneur de Ham , le comte de Romont , y a été enterré en 4 486, et sa veuve, Marie de Luxembourg, lui avait fait ériger un monument qui , suivant Dubuisson {Voyage ery France) > étail en pierre blanche , élevé de quatre pieds, et sur lequel on voyait le comte de Romont , vêtu d'une très-longue robe, avec le collier de la Toison d'or au col, priant, les mains joihtes, à genoux vis-à-vis un oratoire. On lisait dessous l'inscription suivante :

c< Cq gbt xxh \)ant et tr^0 ptuMant prince^ JH'' Sac- « qne0 U SSaDot^t, comttU Vantant ^ SS'' >u pap U « iiantf ^ut aaatt t$pcwi tnaï* JRarié U furem- « bautfli wmte00e ïe ^-|Jai/ Ihe ceittu j irtit SS^ trea- « pMf^a tn a. clfàa >e uttt t^illt, le 30 j« )e jano. l^ati « 1486. >

(1) Bibl. Irap. , manuftc. ÉpUaphu , yoI. xiii , p. 292 et 293.

(2) Ces armes sont celles de la famille de Longueval.

Son ecu portait une croix bordée ava en/oirons, la bordure chargée de huit besahs.

Malheureusement tous ces monuments ont disparu avec bien d'autres , et il ne reste aujourd'hui, dans l'église de Ham , que quelques tableaux et dalles tumulaires provenant, en grande partie , des anciennes paroisses de Saint-Pierre , Saint-Martin et Saint-Sulpice. Elles ont été signalées dans leurs églises respectives. (Voir au chapitre vin , pages 81 , 86 , 94.) Nous donnons ici les dalles tumulaires provenant de l'église de l'Âbbaye de Ham qu'on y retrouve.

1** Une grande dalle blanche placée au milieu de la nef, visà-vis la chaire, sur laquelle on lit :

Hic EXPBCTANT RESURRECTIONEM et nOIORTALITATEH :

AnTONICS BeNOIST, REGIS CONSILUS NEC NON HUJUS-CE VRlIS PROBTOR.

ObUT ANNO SALUTIS REPARATiE 1681 ,* JETATIS 67.

Maria Gossart , illius carissima conjux , cohsepulta est an. DOM. 1692.

ÀNTONIUS AuGUSTDS BeNOIST, PRiEDICTORUM FILIUS ET PATERNI HO- NORIS GRADU ORNATUS, AMORIS IN RELIGIONEII ET PATRUM IGNE GON- SUMPTUS , DIVITUM AC PACPERUU JURA MQVA LANCE DISPENSANS UUL-

TÙU LABORATrr ; SEU ticit plurimis tandeh annis insanabili uorbo

INVICTA LUCTATUS PATIENTIA , CHRISTIANiE FIDEI SfUNITUS SACRA- MENTIS, HUWANI& REBUS CL AUSIT OCULOS, DITINIS APERUIT; AN. DOM. 1732, DIE 15 NOVEMBRIS ; JSIATIS 75.

SiSTE YIATOR et AUDI : IN HOC TUMULO SEPULTORUM FILIUS ET NSPOS

Antonius Augustus Benoist de Neuflubu, in supremo Galllarum

SENATU PATRONUS , HUNC LAPIDEM UQBRENS POSUIT , UT PRO SUB EO RECONDITIS BENE PRECANDI non sis lUBfEHOR. «

2^ Au milieu de la nef , au-desssus de la précédente :

t HIC JACET

ReVERENDUS PATER

D. Alexander J.-B. Goste de Ghauperon, Huius ABBATi^ Prior;

ÉOUSE-DB HàH 425

SUB CU1U8 REGIMIITB

Sacra HiEC iposs coblesti fulmine ambusta fuit ac pene diruta.

Qui tametsi iiorbo tùnc percussus lethali, Nil non molitcs est, nbc ulus curis pepergix.»

Ut , SUUM POST OBITUM , SiNGULA QUOQUB IGNE DEVASTATA

Maiobi cum splendorx restaurarentur.

Obiit

Die li MAn. ann. d. hdcclui.

iËTATis XLi; Prof, xxiii.

3° Un carreau en pierre blanche, placé dans le bas-côté gauche

de la nef latérale , qui porte rinscription suivante :

HIC lACET.

FrATER LuDOVICUS LE GONTERSUS»

Qui obht anno domoii 1716, die peb. 13; jetatis 77; professus51. Requièscat in pace.

4^ Une dalle carrée» placée dans la chapelle Sud du transept,

sur laquelle on lit :

t Hic Iaget.

Rdus Pater àugustinus Nicolaus Guillain, Hujus dobius Prior.

ObHT die QUARTA BKNSIS OCTOBRIS , ANNO DOUINI 172i ; JSTATIS su M 59 ; PROFESSION» 43.

5^ Deux autres carreaux en pierre blanche , placés dans

différentes parties de Téglise et sur lesquels on lit :

t Hic Jacet.

Ros PATER FrANCISC' MiLLIER, HUIUS MONASTERU, PrIOR AC RESTAY- RATOR.

Obiit» ANNO DoMiNi hdcctii, due SI^Àtgusti; ^etatis sUjeSO"; profession' 60". Reqyîescat In pace.

t Hfc Jacet.

R. P. Philippus Millier , sacerdos sancti Remigh de Python

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