‹ Ham, son château et ses prisonniersChapitre 99 sur 138 · SIÈGES DE · texte numérisé non relu

SIÈGES DE

Pendant une période de plus de trente ans, la place de Ham passa, soit par héritage, soit par le sort des armes, des mains des Bourguignons aux mains des royalistes. En 1418, Jeanne de Béthune , dame de Ham , par son mariage avec Jean de Luxembourg, apportait cette belle seigneurie dans le parti Bourguignon; et, de son château, Jean portait le fer et le feu dans le Noyonnais, qui tenait pour le roi Charles VI.

Plusieurs grands capitaines de l'armée royaliste , le comte Dunois, Pothon de Xaintrailles (1), et le fidèle La Hire, envoyés contre le dévastateur, s'étant jetés sur la ville de Ham à l'improviste, réussirent à s'en emparer le 23 octobre 1423. Voici comment notre chroniqueur bourguignon raconte cette expédition (2) : « Poton , qui lors estoit à Guise , ala par soubtililé embler le ville de Hem, et, en dedens deux jours, y vinrent grant gens de Guise, jusques à xii ^' hommes. Et, quant Mons' de Luxembourg seut le prinse de Hem , yl manda Lionel de Bornoville, et sa puissance avec le siene, et s'en vinrent, plus que le cours , jusques à Hem : et avoit assimblé bien m ®- piétons des villages par où yl avoit passé et avoit fait tenir l'iaue de Somme à Saint-Quentin , et avoit prins les esquelles des villages, en passant: et vinrent droit, à minuit, devant Hem, dont une partie estoit à ung lès, et le résidu à Taute. Et quant ce vint qu'ils furent prest, s'y aprochèrent la ville et firent sonner leurs trompettes toutes ensamble, et apoièrent les esquelles aux murs, et montèrent et gaignèrent la ville. Et, quant ceulx virent le noise, sy ouverirent les portes, et s'enfuirent le plus-

(1) Grand écuyer , maréchal de France.

[2) Bibl. de Lille, manascrit n° 207, f* cix***vii, recto et rerso.

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tost qu'ils porent, sans attendre per ne compaignons , combien qu'ils fuissent assés dedens, pouf rencontrer led. Mes. Jehan et son armée as plains camps , mais yl furent surpris ; et, nientmoins y en ot pluiseurs prins et mis à renchon. En le porte qui s'apelle de Chauny, en la ville de Hem, estoit un gentilhomme, nommé Walleran de St-6ermain, lequel ne se vouloit rendre à Mess' Jehan de Luxembourg, sans sa vie sauve ; mais yl fu trouvé qu'il avoit heu saulf conduit dudit sire Jehan, dont le terme estoit expiré; sy fu réputé trahitre. El la mère dud. Walleran, quand elle sceut le prise de son filz, vint devant le porte, pour payer se renchon, et demoroit à Chauny; et offroil pour son filz vi "• salus d'or. Et, ainsy qu'elle attendoit le response, on traincha aud. Walleran la teste, laquelle fu aportée à sa mère au bout d'une lance. Et, quand elle le vit, sy dist, moult desconfortez : que estoit le un® filz qu'elle avoit perdu en la guerre. »

Au commencement de l'année suivante (1 424), plusieurs seigneurs de 1 a Picardie parmi lesquels étaientRegnaut de Longueval, messire Jehan Blondel, Jean de Mailly, le sire deMaucourt, Pierre de Recourt, abandonnèrent le parti des Bourguignons, et s'étant réunis à Roye, se concertèrent pour s'emparer du château de Ham et de plusieurs autres forteresses ; mais ce dessein ne se réalisa pas, parce que plusieurs de ceux qui se trouvaient à Roye en informèrent le duc de Bourgogne, qui se tint sur ses • gardes. « Les plus compromis s'en tirèrent dehors et s'en excusèrent du mieux qu'ils purent (1). »

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