INTRODUCTION. X
fréquent du pronom personnel devant le verbe, l'emploi de vieux mots Chaucériens et Rabelaisiens.
Nous nous inclinons devant le juste reproche de la suppression du pronom devant le verbe, — excepté quand il s'agit de la traduction d'auteurs anciens tels que Chaucer, Carew, Herbert, Marlow, Spenserou Shakespeare, ou dans la création de Fables ou de Contes, aous convenons qu'on doive se montrer sobre de la suppression -lu dit pronom, et nous avons, dans la présente traduction, cherché autant que possible, à éviter l'écueil signalé.
Quant à l'emploi des vieux mots, nous renvoyons notre Critique, garçon d'esprit et de bon conseil souveiitefois, — (mais qui ne veut pas, par parenthèse, de la bonne vieille expression que nous soulignons), au jugement passé sur notre interprétation de Macbeth par le Journal des Théâtres VEra.(^) ^ous ferons observer d'ailleurs, après Buffon, que le style est l'homme ; que le style seul constitue l'originalité, l'individualité d'un auteur, et qu'il est bon de laisser à chaque auteur son style. La raison dans tous les pays, et dans tous les dialectes, du peu de progrès que font les langues, du peu d'originalité des écrivains en général, est la confiscation du Moi formai t l'individualité de chaque éciivain, dans Vahsurde personnification des Editeurs des Grandes Revues.
" Nul n'aura de l'esprit que Nous et nos amis ! "
Telle est la devise de ces autocrates de la pensée, pour la plupart très petits d'esprit, et cou.sus de préjugés, et les voilà exigeant de leurs collaborateurs, par le fait leurs subordonnés, un style à leur taille, un style selon leur goût plus ou moins ultràclassique, plus ou moins ennemi de ce qui sent la nouveauté, la vigueur, ou la fraîcheur. Nous ajouter on-: à l'égard des mots uûuyeaux, ou à l'égard^d'^çxpressioys anciennes^Jia^^^^ usitées, qûe^Victor Hugo se sert, et s'est constamment servi d'expressions bien autrement audacieuses, bien autrement décolletées que celles nuises par nous en circulation, et cela à la grande admiration de tout le monde, et à l'admiration de notre critic|ue lui-même !
^'; Voji page 147.