SCÈNE XVII
Les mêmes. Laërte armé. Danois.
Laërte.
Où diable est-il ce roi ?.. . Dehors, vous, mon escorte ! . . .
Les Danois.
Nous vous obéissons.
{Ils se retirent.)
Laërte {aux Danois).
Merci ! gardez la porte.
(au Hoi.) Vil roi ! rends-moi mon père !
H ne faut s'emporter Laërte, — du respect il ne faut s'écarter.
Le Roi.
Dis, quelle est la raison, Laërte, pour laquelle Tu viens lancer sur moi si soudaine querelle ?
(à Gertrude.) Vous, laissez-le, Gertrude, — et ne craignez pom- moi, H est tant de grandeur autour du front d'un roi. Que lèze-trahison avec crainte en approche.
(à Laërte.) Ose donc devant Nous formuler un reproche, Dis, de quoi te plains-tu ? J'ai droit de le savoir.
(à Gertrude.) Oh ! laissez-le, Gertrude, au gré de son vouloir Me répondre à la fin.
Laërte.
Qu'est devenu mon père ?
Le Roi.
11 est mort.
La Reine.
Il est mort, d'un meurtre involontaire, Non de la main du roi.
Le Roi (à GerU-udé).
Laissez- le donc pour Dieu, Laissez-le donc parler.
LaËrte.
De tricherie au jeu Je n'en souffrirai pas — à l'enfer l'allégeance ! Mon père est mort, je veux, et j'obtiendrai vengeance.
Le Roi.
Qui vous arrêtera?
LaËrte.
Rien, dans le monde entier !
Et quant à mes moyens, ils sont couverts d'acier, Et je prendrai tel soin à bien pour les conduire, Qu'ils en feront dans peu plus que je ne veux dire.
Le Roi.
Que je suis innocent Laërte, de la mort De votre père, et que je le regrette fort, A votre jugement sera chose avérée Aussi bien qu'à vos yeux.
Horace {au dehors).
Oh ! donnez-lui l'entrée.