Memling^ p
23. “Item payet ù Hayne de Brouxelles, peintre, demeurant à Valenchiennes, peur ])eindre xij ymaiges de Xestre Dame à ceuleur d’ele et bien esteffées, })ar marcliiet vj escus iiui valent xij Ib. nionete Cameracensis. ” Cempte de la. fabrique de la cathédrale de Cambrai, 1454-1455, aux xArcliives du Département du Nerd, à Lille. Malheureusement les cemptes de la ville de Valenciennes au xv® siècle, sauf ceux pour les années 1433 et 1489, ainsi que les Begistres aux Achats de bourgeoisie manquent aux Archives municipales.
j iiif-frti liîftftiiHini
8 MEMLINC
Lubeck avec le diptyque peint pour Jeanne de France, duchesse de Bourbon, et actuellement conserve au Musée Coudé à Chantilly.
L’Inventaire des Peintures appartenant à l’archiduchesse Marguerite en 1516, mentionne un tableau fait de la main de Roger, ayant deux volets peints par maître Hans ; mais cela ne prouve rien. Il existe encore de nombreux exemples de triptyques dont les volets sont bien postérieurs au panneau central et ont été peints par un autre maître.
Roger de la Pasture mourut au mois de Juin 1464. Nous ne savons pas quand Memlinc vint à Bruges, mais ce fut probablement vers 1467. Dans, le courant de cette année ou de la suivante, il peignit le portrait, conservé au musée d’Anvers, du médailleur italien, Nicolas di Forzore Spinelli, qui était au service de Charles le Téméraire comme graveur de sceaux Vers cette éi)oque il peignit un triptyque pour Sir John Donne, actuellement en la possession du Duc de Devonshire à Chatsworth. Sir John et sa femme portent le collier de roses et de soleils avec le lion blanc de la maison de Marche pendant sur la poitrine, emblème qui fut adopté par Edouard IV en 1461. Sir John fut tué à la bataille d’Edgecote le 26 Juillet 1469. Le tableau doit nécessairement avoir été peint entre ces deux dates ; il fut probablement commencé en 1468 quand un grand nombre de nobles faisant partie de la suite de Marguerite d’York vinrent à Bruges pour assister à ses noces avec Charles le Téméraire Sir John avait deux
24. N® 5 du Catalogue. Spinelli mourut à Lyon en 1499, et ce fut dans cette ville que le Baron D. V. Denon acheta le j)ortrait, qui lors de la vente de sa collection fut ac<iuis par M. F. van Ertborn.
25. Le mariage de la princesse Marguerite avec Charles le Téméraire fit l’objet de négociations dès le mois de Décembre de l’année 1466 quand elle venait d’entrer dans sa quinzième année. Il est possible (^ue le seigneur de Gruuthuus, Louis de Bruges, envoyé par Philippe le Bon pour traiter la question avec le roi d’Angleterre, fut accompagné de Memlinc et que celui-ci fut chargé de peindre le portrait de la
BlOailAi’HIE
fils et si le tableau avait été peint en Angleterre après 1468, Taîiié de ceux-ci, Edouard, né en 1466, aurait sans doute été représenté à genoux derrière son })ère ; or la fille seule s’y trouve. Il paraît donc assez certain que Memlinc fut à Bruges en 1468, et qu’il fit alors la connaissance des principaux artistes qui dirigèrent et exécutèrent les décorations pour les fêtes de la Toison d’or et des noces du Duc, décorations d’une magnificence extraordinaire. Parmi eux se trouvaient Pierre Coustain et Jean Ilennequart, peintres au service du Duc, Jacques Daret et Philippe Truffin de Tournai, François Stoc et Liévin van Lathem de Bruxelles, Daniel De Bycke et Hugues van der Goes de Gand, Govart d’Anvers et Jean du Cliasteau d’Ypres. Hugues van der Goes, le seul de ceux-ci dont nous possédons un tableau authentique, avait récemment — le 5 Mai 1467 — été reçu franç-maître dans la Gilde de Saint Luc à Gand.
Voici dans l’ordre chronologique les renseignements irrécusables sur la vie de Memlinc et sur un grand nombre de ses tableaux.
1470-1480. Entre ces deux dates Memlinc épousa Anne, fille de Louis De Valkenaere.
1475. Vers cette date, probablement même avant, il doit avoir commencé un tableau représentant les diverses scènes de la Passion du Christ qui se trouve aujourd’hui dans la galerie royale de Turin. A Pavant plan, aux deux extrémités du panneau on voit les portraits du célèbre miniaturiste Guillaume Vrelant et de sa femme, qui donnèrent ce tableau en 1478 à la Gilde de Saint Jean et Saint Luc
princesse. On sait que Jean van Eyck dans une circonstance analogue fut envo}'é au Portugal par le même Phili})pe pour peindre le portrait de la princesse Isabelle. Il est donc possible que Sir John Donne et Memlinc se rencontrèrent à Londres. Malheureusement les recherches que j’ai faites aux Archives de Londres, de Bruges et du Département du Xord à Lille ne m’ont pas mis à même d’éclaircir ce point.
MEMLINC
(libraires, eiilumineurs, relieurs, etc.), pour orner l’autel de leur chapelle dans l’église de Saint Bartliélemi appartenant aux chanoines Augustins de l’abbaye de l’Eeckhout.
1475. En cette année ou meme probablement avant, Memlinc commença le triptyque qui jusqu’à 1636 orna le maître-autel de l’église attachée à l’Hôpital, tableau qu’il acheva en 1479 si nous pouvons nous lier à l’inscription au bas du cadre, qui certes n’est pas primitive mais qui peut être une copie de l’original. {Décrit pp. 13-lS).
1479. En cette année il acheva le triptyque qui lui avait été commandé par le frère Jean Floreins. {Décrit pp. 18-20).
1480 avant Pâques (2 Avril). Le retable qui a pour sujet principal la manifestation du Christ aux Gentils représentés par les trois Mages, actuellement conservé à la Pinacothèque de Munich, fut donné par Pierre Biiltinc à la Corporation des Tanneurs et placé sur l’autel de*leur chapelle à l’extrémité orientale de l’église Notre-Dame.
1480. Memlinc achève de peindre les volets intérieurs du retable donné par Vrelant à la Gilde de Saint Jean et Saint Luc (libraires, etc.), et qu’il avait entrepris en 1478. On ne sait pas ce qui était représenté sur ces volets qui sont perdus. Il est probable cependant que les patrons de Guillaume et de Marie Vrelant se trouvaient sur la face intérieure et ceux de la Gilde à l’extérieur, ou viceversa ; ou peut-être rAiinonciation était peinte sur l’extérieur. En tout cas, les sujets à l’extérieur doivent avoir été peints en grisaille. Ces volets avaient 55 centimètres de haut sur environ 42 de large. Pour les peintures la somme de 4 livres, 2 escalins de gros fut payé à Memlinc par la Gilde.
1480. Au mois de Mai ou même avant le mois de Mai, Memlinc achète une grande maison, construite en pierres de taille, dans la rue qui conduit du pont Flamand vers les remparts de la ville, ainsi que deux maisons attenantes.
(I'xtrait he la cTart^ he Bruges faite par jTlarc (i>crar^ en \5ôt.
Crudes
JT et ;i3. ,®.aisons l^abitces par Jtians (Hemline C. .(Haison ^c Tristram .13 3^. iD,aison fte lean van t>cn C tDaison habifee par (Guillaume grêlant !F ■ ■■ . » Tiancclat !Blon6ed
G. - - - iPierre fourbus
.. . . Jïntoine Claeisscns
,r. . 5 .(Haisans lîabitées par 6«rarb ,Davit>
Il était alors dans une position de fortune aisée, un des 247 plus riches bourgeois de la ville; — il n’y en avait que 140 qui étaient imposés plus lourdement. Quelques écrivains ont émis la supposition que sa femme doit lui avoir apporté de la fortune ; mais il nous paraît probable que Memlinc avait dû gagner assez d’argent puisqu’il ne manquait pas de commandes.
1480, 8 Mai Memlinc reçoit chez lui comme apprenti Jean Verbanneman, fils de Nicolas.
1480. Il achève le triptyque peint pour le frère Adrien {décrit pp. 23-24).
1480. 11 fait les portraits de Guillaume Moreel et sa femme actuellement au musée de Bruxelles, et celui de leur fille Marie conservé à l’Hôpital {décrit pp. 21-22). Les deux premiers paraissent être des volets d’un triptyque dont le panneau central est perdu.
1483. Memlinc reçoit chez lui comme apprenti Passcbier van der Meerscb, fils illégitime d’un prêtre Brugeois du même nom. Il mourut en 1501.
1484. Memlinc termine la peinture de l’intérieur du retable de l’autel de Saint Maur et Saint Gilles, autel doté par Guillaume Moreel dans l’église Saint-Jacques. Ce triptyque se trouve au musée de l’Académie {décrit pp. 29-32).
1487. Il achève le diptyque peint pour Martin van Nieuwenbove, conservé à l’Hôpital {décrit pp. 24-25).
1487. Cette date est peinte sur un panneau orné du portrait d’un homme en prière — moitié d’un diptyque — actuellement dans la galerie des Offices à Florence.
1487. Mo-rt de la femme de Memlinc, qui laisse trois enfants en bas âge : Jean, Corneille et Nicolas.
1489. Memlinc achève les peintures de la châsse dite de Sainte Ursule ^5 -<2 i?), dans laquelle Gilles
De Bardemaker, évêque de Sarepta, dépose, le 21 Octobre,
MEMLINC
les reliques pour lesquelles la châsse avait été préparée
1490. Eu cette année doit avoir été achevé le tableau conservé au Louvre à Paris. On voit la Madone entre Saint Jacques le Majeur et Saint Dominique qui lui présentent la famille de Jacques Floreins, membre de la corporation des épiciers et frère du maître spirituel de PHôpital. Ce tableau ne peut avoir été achevé avant cette année, car la dame porte le costume des veuves.
1491. En cette année fut achevé l’intérieur du grand retable de la i’assion peint pour Henri Greverade de Lubeck. Ce retable orne encore l’autel de la chapelle de cette famille, dans l’ancienne cathédrale de cette ville.
1494, 11 Août. Mort du peintre qui fut enterré dans le cimetière de l’église Saint-Gilles. Ses fils étaient encore mineurs — c’est-à-dire, au dessous de vingt cinq ans — le 10 Décembre 1495, quand leurs tuteurs vinrent une seconde fois à la chambre pupillaire pour présenter le compte des biens et y remettre la somme de dix livres de gros, valeur du mobilier et des objets laissés par le peintre'^®. Les maisons et le terrain dont les fils héritèrent, passèrent, en 1509, en la possession du peintre Louis Boels, qui fut doyen de la Gilde de Saint Luc en 1516, et mourut en 1522.