Voir Appendice ii
TABLEAUX : HOPITAL SAINT-JEAN
Dans Pancieniie salle du chapitre de ITIôpital on conserve une riche et précieuse collection de tableaux, qui attire annuellement la visite de plus de dix mille personnes, et c’est justice, car elle renferme six œuvres authentiques de l’illustre Hans Memlinc.
La ])lus ancienne de celles-ci est le grand retable à volets, qui ornait primitivement le maître-autel de l’église (IL P“72 ; L. centre, P"72 ; volets, 0"‘79). Commencé en 1475 et probablement même avant cette date, il fut achevé en 1479. Le panneau principal i*eprésente dans un portique ou galerie ouverte la Sainte Vierge avec l’Phifant Jésus entourés de saints et d’anges. Marie est assise au centre sur un faudesteuil en métal placé sous un baldaquin auquel est suspendu un drap d’honneur en brocart. Deux petits anges très gracieux, planant dans l’air, tiennent une couronne au-dessus de sa tête. Deux autres sont agenouillés à côté d’elle ; l’un à sa droite et un peu en arrière, touche un orgue portatif ; l’autre, à gauche, tient des deux mains le livre de la Sagesse, dont la Vierge est sur le point de tourner un feuillet. De la main droite elle soutient l’Enfant Jésus qui, se penchant en avant, place l’anneau mystique sur le quatrième doigt do la main gauche do Sainte Katherine, assise un peu en avant à droite; un glaive et une roue, emblèmes de son martyre, gisent à terre, sur le tapis oriental étendu sous les pieds
MEMLINC
de la Vierge. Sainte Barbe, assise à gauche, en face de Sainte Katherine, lit attentivement un livre qu’elle tient des deux mains ; derrière elle on voit la tour emblématique avec le Saint Sacrement dans un ostensoir cylindrique. Derrière Sainte Katherine se trouve Saint Jean Baptiste, patron principal de l’IIôpital, debout, l’agneau à côté de lui ; de l’autre côté, un peu en arrière de l’ange. Saint Jean l’Evangeliste fait le signe de la croix sur la coupe empoisonnée.
Les chapiteaux des deux colonnes qui se profilent derrière Saint Jean Baptiste sont ornés de sculptures qui représentent l’ange apparaissant à Zacharie, la naissance du Précurseur et l’imposition de son nom. La vue entre ces colonnes donne sur un paysage charmant qui se développe sur le fond du volet de droite. Dans ce paysage le peintre a représenté le Précurseur : P priant dans une forêt solitaire ; 2° prêchant sur une colline rocheuse à un auditoire de sept personnes, composition charmante ; 3® indiquant le Christ à ses disciples ; 4^ le baptisant ; 5® le montrant à André et à un autre disciple, enfin 6° le même Précurseur conduit en prison. Un i)eu plus en avant, à l’extrême droite du volet, on voit la fille d’IIérodias dansant devant le roi, au son de la musique des ménestrels qui se trouvent dans une tribune au fond de la salle du banquet. La décollation de Saint Jean occupe l’avant-plan; le bourreau dépose la tête sur un plateau que lui tend la jeune fille; tout en ayant Pair content elle frissonne à la vue du sang. Au fond du panneau principal, près du centre, la combustion du corps du Précurseur à Sébaste par ordre de Julien l’apostat, termine la série d’épisodes de la légende.
A l’extrême gauche du panneau central, juste en dehors du portique, on voit un frère de l’Hôpital. Entre le trône de la Vierge et la première colonne vers le côté gauche, le frère
TABLEAUX : HOPITAL SAIXT-JEAN
JosseAVilleiiis% maître spirituel de Tllêpital est représenté remplissant ses fonctions de jaiigeiir public du vin près de la Grue dans la rue Flamande, avec la petite église Romane de Saint Jean dans le lointain, et à droite, au coin de la rue Fleur de Blé, la maison nommée Dinant en cours de construction. Le paysage au fond offre les épisodes suivants de la vie du disciple bien aimé : P son immersion dans la chaudière d’huile bouillante ; 2® il est conduit vers un bâteau dans lequel un soldat l’attend pour le transporter à File de Patmos; 3^ le baptême du philosophe Craton derrière lequel sont agenouillés sa femme et un disciple. Les chapiteaux sculptés des colonnes de ce côté représentent^ la résurrection de Drusiane, et Saint Jean buvant impunément la coupe empoisonnée qui est fatale aux prêtres de Diane
Le volet de gauche nous montre Saint Jean dans Pile de Patmos absorbé dans la contemplation de la Vision Apocalyptique : composition également admirable par sa
1. Le frère Josse Willems, fils de Martin, qui fit sa profession en 1465, remplit les fonctions de jaii^eur [uiblic du vin de 1467 à 1488, et fut maître de l’Hôpital de 1475 jusqu’à sa mort en 1488.
2. Alfred Michiels, qui semlile n’avoir eu aucune connaissance de ce qui concerne les léj^cendes des saints, prétend que ces sujets ont passé inaperçus jusqu’au moment où il les découvrit i)ar hasard en montant sur une chaise. Il crut y voir dos épisodes de la vie de Memlinc. Selon lui, l’im des sujets représente le peintre tombé dans la rue et auquel on ofire ii lioire pour le remettre, et l’autre des g-ens qui le transportent ii l’Hôpital sur un brancard [Histoire de la Peinture Flamande^ iv, 25. Paris, 1867). La Notice sur les Tableaux du Musée de V Hôpital (4*^ édition, i>. 19. Brug-es, 1854) dit de son côté: “Les colonnes de soutènement du trône sont ornées de chapiteaux représentant quatre diverses scènes de l'intérieur de V Hôpital, telles que le peintre lui-même avait pu les contempler de son lit de malade.” On voit ({ue Michiels n’a rien découvert ; il a simplement développé le thème fourni par le bouquin officiel.
3. C’est la raison pour laquelle le Disciple bien aimé est représenté faisant le signe de la croix sur une coupe d’où s’échappe un serpent ou un dragon, et c’est aussi l’origine de la pratique d’invoquer Saint Jean avant de prendre une boisson.
MEMLINC
fidélité au texte inspiré et par le bon goût avec lequel elle est traitée. C’est aussi la plus ancienne représentation (les multiples incidents de cette vision, réunis dans un seul tableau. Le saint est assis parmi les rochers à l’extrême gauche de l’avant-plan, les mains reposant sur un livre qui reste ouvert sur ses genoux. Son regard est fixé sur la vision du Roi des rois assis sur un trône élevé dans le ciel, entouré des vieillards, des sept lampes et des quatre animaux pleins d’yeux; à côté du trône est l’Agneau prenant le livre de la main droite de l’Eternel. Au dessous, au deuxième plan, les quatre figures à cheval du Vainqueur, de la Guerre, de la Famine et de la Mort s’élançant au grand galop sur la terre, le premier suivi de près par un monstre (l’Enfer) jetant des flammes de sa gueule et avalant les victimes des cavaliers. Au delà les étoiles du ciel tombant sur la terre, les montagnes et les îles ébranlées dans leurs fondements, et les hommes frappés de terreur se réfugiant dans les cavernes. On voit encore à droite l’ange avec un encensoir d’or, offrant les prières des saints devant le trône de Dieu ; la montagne en feu jetée dans la mer et la grande étoile ardente tombant du ciel ; la clef du puits de l’abîme, de la fumée duquel sortent des sauterelles qui se répandent sur la terre ; Apollyon et l’armée de cavaliers revêtus do cuirasses, montés sur des chevaux à têtes de lion ; l’ange i)uissant revêtu d’une nuée et entouré d’un arc en ciel, ayant des jambes semblables à des colonnes de feu. Tout en haut, au ciel, on voit la femme revêtue du soleil ayant la lune sous les pieds et une couronne d’étoiles sur la tête, et le grand dragon roux à sept têtes arrêté devant elle afin de dévorer son fils qu’un ange enlève vers le trône de Dieu, tandis que la femme s’enfuit vers le désert; finalement le combat entre les anges et les démons et l’archange Michel jetant le dragon dans l’abîme.
TABLEAUX : HÔPITAL SAINT-JEAN
Dans ce retable il y a une unité et une harmonie de dessin qui font de l’ensemble un poëme qui produit une grande impression sur ceux qui le contemplent. Le but du peintre était d’hoiiorer les patrons de l’Hôpital, les deux Saints Jean, et eu même temps d’exprimer la double vocation des frères et sœurs, qui, comme Sainte Katherine, étaient consacrés au Christ et, comme Sainte Barbe, dévoués aux œuvres de charité, la vie contemplative et active. L’expression des figures principales est admirable, tandis que les petits groupes sont d’une beauté et d’un fini exquis.
Sur l’extérieur des volets Memlinc a peint les portraits de deux frères et de deux sœurs de l’Hôpital, tous les quatre agenouillés dans un cloître, les mains jointes en prière ; à droite, Antoine Seghers, protégé par Saint Antoine, lit un livre qu’il tient en main, à côté de lui se trouve un porc ; plus loin Saint Jacques le majeur, en costume de pèlerin, pose la main droite sur l’épaule de Jacques De Kueuinc. Sur le volet de gauche on voit Sainte Agnès avec un agneau ; à côté d’elle Sainte Claire portant le Saint Sacrement dans un ostensoir, et les sœurs Agnès Casembrood et Claire van Hulsen.
Antoine Seghers, admis dans la communauté en 1455, remplit les fonctions de jaugeur public du vin de 1459 à 1466, et celles de maître de 1461 à 1466 et de 1469 jusqu’à sa mort en 1475. Jacques De Kueninc, admis en 1469, fut boursier de 1488 jusqu’à sa mort au commencement de l’année 1490. Agnès Casembrood, admise en 1447, fut prieure de 1455 à 1460 et de 1469 jusqu’à sa mort en 1489 ; Claire van Hulsen, admise en 1427, mourut en
Le retable destiné à orner l’autel du chœur de l’église reconstruit en 1473-75, doit avoir été commandé du vivant d’Antoine Seghers, c’est-à-dire au plus tard en 1475,
MEMLINC
OU peut-être deux ou trois années plus tôt si l’on peut tirer quelque conclusion des dimensions et du caractère de l’œuvre. Il fut achevé en 1479. Au commencement du dix-septième siècle, il fut enlevé de l’autel et placé dans la salle du chapitre. En 1794 les Français le transportèrent à Paris d’où il revint en 1815. Ayant été exposé à l’humidité, il menaçait de s’écailler et de tomber en fragments. En 1817 les éclats furent fixés par M. J. F. Ducq, professeur de peinture à l’Académie de Bruges.
Le cadre du panneau principal porte l’inscription :
OPVS • lOHANNIS • MEMLING ‘ ANNO ’ M * CCCC * LXXIX * Suivi de la marque que les Floreins mettaient sur leurs marchandises. On ne sait pas quand l’inscription et cette marque ont été peintes, mais elles ne sont ni authentiques ni anciennes.
Un deuxième triptyque (IL 0’"46 ; L. centre, 0"‘57 ; volets, 0"‘25) nous montre l’Enfant Jésus adoré, lors de sa naissance, par sa mère et les anges, lors de la Présentation au Temple, par Simeon et Anne, représentant les Juifs, et par les trois Mages représentant les Gentils. Ce dernier sujet a été choisi comme le principal pour la même raison que la fête de l’Epii)haiiie est célébrée avec plus de ])ompe que celle de la Nativité.
La Sainte ATerge assise au milieu du panneau central, soutient des deux mains l’Enfiint Jésus. A gauche, l’aîné des trois rois à genoux lui baise les pieds ; le deuxième agenouillé à droite présente un vase à couvercle à l’Enfant qui se tourne vers lui avec un sourire gracieux. Le troisième roi, un nègre, s’avance du côté gauche avec son olVrande, chapeau à la main. Joseph, debout, à gauche de la Vierge, tient en main le hanap offert par le premier roi. Entre lui et le nègre on voit la tète d'un homme,
TABLEAUX : HÔPITAL SAIN T- JEAN
à barbe inculte, coiffé d’iiii bonnet jaune, contemplant la scène de l’extérieur par la fenêtre. A l’extrême droite, le frère Jean Floreins se trouve à genoux au dehors ; il tourne une feuille d’un livre de prière qui repose sur un pan de mur ; une des pierres de l’arc à côté de sa tête porte l’indication de son âge, 3G ; derrière lui, on voit son frère cadet, Jacques Floreins. Dans le fond se trouvent le bœuf et l’âne, et au delà, la vue donne sur une longue rue terminée à l’autre extrémité par une porte de ville ; par cette rue les gens de la suite des rois, montés sur des dromadaires et des chevaux, s’acheminent vers l’étable.
Sur le volet de droite la Sainte Vierge adore l’Enfant divin, qui est couché à terre sur un pan du manteau de sa mère. Deux anges charmants contemplent avec ravissement l’Enfant qui vient de naître. Au deuxième plan on voit le bœuf et l’âne et Joseph qui s’approche tenant un cierge allumé qu’il protège de la main droite. Des rayons de lumière se projettent du ciel vers l’Enfant.
La Présentation au Temple est représentée sur le volet de gauche ; la scène se passe dans un édifice élevé, à arcs arrondis. Un prêtre âgé, debout à côté d’un autel, les mains couvertes d’un linge blanc, reçoit l’Enfant des mains de sa mère. Entre eux, un peu en arrière, on voit la vieille Anna et, à droite, Joseph qui tire d’un petit panier qu’il a apporté les colombes destinées à l’offrande légale.
Sur le panneau principal et sur la face intérieure du volet de gauche de ce triptyque, les groupes sont disposés et quelques figures sont posées presque exactement comme sur un triptyque de Roger de la Pasture conserve à la Pinacothèque de Munich ; mais le tableau de Memlinc est plus délicat et plus suave. Les rois sont, il est vrai, moins majestueux, mais leurs visages ont une expression plus pieuse. Le sujet du volet de droite est traité avec un goût
MEMLTNC
exquis. Nous ne connaissons aucune autre œuvre du maître où il y a autant de relief qu’ici ou dont le coloris soit plus harmonieux.
A l’extérieur, le peintre areprésentô Saint Jean Baptiste"^, qui annonça et indiqua le Christ aux Juifs, et la femme ({ui reçut l’image de la Sainte Face, tous deux assis au l)remier plan d’un charmant paysage accidenté à travers lequel serpente une rivière où l’on voit Saint Jean baptisant le Christ. Ces sujets sont encadrés par des arcs découpés et des colonnes dont les chapitaux sont surmontés de statues représentant le péché de nos premiers parents et leur expulsion du Paradis terrestre.
Ce triptyque a heureusement conservé son cadre primitif muni d’une jolie serrure; on y distingue les initiales entrelacées du frère donateur, I F, répétées trois fois, ainsi que deux écussons, dont l’un porte de sahle à trois chevrons d’or, Florent, et l’autre (Vargent à trois bandes d’or, à l’ombre d’un lion brochant sur le tout. Silly. Sur le chanfrein on lit : dit • weeck • dede -maken • beoedee •
lAN * FLOEEINS ‘ ALIAS ‘ VANDEE ’ EIIST * BEOEDEE * PEOEFES ‘ VANDEN • HOSPITALE ’ VxVN ' SINT ’ lANS * IN ’ BEVOQHE * ANNO • M. CCCC. LXXIX * OP VS * lOHANIS . MEMLINC.
Avant de se faire religieux, Jean Flore ins alias van der Pdist, né en 1443, était clerc, “homme de bonne maison, issu du sang et de la parente de Monsieur de Cambray” (Henri de Berghes, évêque de Cambrai, de 1480 a 1500). Il fit sa profession en 1472, et renqdit les fonctions de jaugeur
4. Au clix-septionie siècle cette figure du Précurseur passait pour être le portrait de xMemliuc. Jacajues Vau Cost eu fit ime eau-forte. Sur la marge de Funique épreuve couuue de cette eau-forte se trouve écrit de la main de Ynn Oost même \ EffUjies Toannis Ileinmelincli qui Sf' depinxit in Uospitali Sancti foannis linigis. Nous l’avons reproduit par une photo-litliographie dans l.e Befroi^ iv, 45. Bruges, 1872. Ce n’est (pie dejuus l’invention de la légende de la maladie de Memlinc à l’IIi^ipital, qu'on a prétendu (pie l’iiommc a l»arlte inculte daus le panneau central était le portrait du i<cintre.
TABLEAUX I HOPITAL SAIXT-JEAN
public du viu et de maître de rilôpital de 1488 à 1497. La peste qui éclata en 1489, emporta parmi ses victimes avant la lin d’Avril 1490, tous les frères de l’IIopital à l’exception de Floreins. Resté seul survivant, il ne pouvait suffire à la tâche. Il s’adressa donc aux convalescents que la peste avait épargnés et engagea un certain nombre d’entre eux ainsi que quelques domestiques de la maison à revêtir l’habit de frère. Cette mesure était peut-être imprudente, mais il ne put s’adresser ailleurs à cause de la terreur qu’inspirait la contagion. Peu de temps après, des dissentiments éclatèrent entre Floreins et les hommes qu’il s’était adjoints comme frères. Les choses s’aggravèrent à tel point que ces derniers refusèrent non seulement de lui obéir, mais cherchèrent môme à exciter contre lui les sœurs deux fois aussi nombreuses qu’eux (il y avait alors sept frères et quatorze sœurs). Ils l’accusèrent d’avoir dissipé les biens de l’IIôpital, et afin qu’il ne put se défendre, ils dérobèrent ses livres de comptes et ses papiers. Leurs efforts furent vains ; ils ne purent rien prouver. En Mai 1495 Floreins s’adressa à Louis Pot, un des prélats qui se disputaient l’évêché de Tournai, le suppliant de compâtir aux maux de l’Hôpital et d’y rétablir la discipline. Le prélat absorbé par ses propres intérêts ne donna pas de suites à cette demande. Floreins cessa d’être maître en Avril 1497 ; nous ne savons pas s’il abandonna ses fonctions volontairement ou s’il fut écarté par un vote régulier du chapitre. 11 redevint simple frère et ne remplit plus aucune fonction. Il mourut en 1504 ou tout au commencement de 1505.
Les comptes de l’Hôpital ne fournissent aucune indication quant aux tableaux deMemlinc. Les frères et les sœurs recevaient une pension annuelle de 12 livres parisis, le maître et la prieure le double de cette somme. Il ne peut y avoir de doute que le triptyque que nous venons de décrire
MEMLINC
fut fait aux frais personnels du frère Jean Floreins. Quant au retable du maître autel, il est à croire que les principaux donateurs furent les frères et sœurs qui s’y trouvent représentés, mais il est bien probable que d’autres membres de la communauté et des amis de la maison contribuèrent aux frais. Sans doute si les comi)tes manuels et les papiers de Floi'eins avaient été conservés, ils nous auraient fourni les renseignements dont nous regrettons l’absence.
Le troisième tableau en suivant l’ordre chronologique, est un portrait peint sur un panneau de chêne qui a trente-sept centimètres de haut sur vingt-sept de large. Il représente une jeune femme, à mi-corps, vue de trois quarts et tournée à droite, les mains croisées l’une sur l’autre au bord d’une table. Elle est revêtue d’une robe brune à longues manches, doublée de fourrure blanche et retenue par une large ceinture verte. On aperçoit en outre un corsage rouge et une robe de dessous noire. Elle est coiffée d’un hennin noir avec un voile de gaze qui couvre la moitié de la ffgure. Elle porte en outre une chaîne d'or à laquelle pend une petite croix formée de cinq rubis et de trois perles, une bague au quatrième doigt de la main droite, deux au deuxième de la main gauche et quatre au quatrième. Sur le bord supérieur du cadre qui est primitif, est peinte la date
Dans le coin supérieur à droite se trouve un cartouche qui porte cette inscription :
Sibylla Saaibetiia qvæ