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Christophe Scheurl, se déclarèrent également pour la cause de Luther. Enfin, W. Pirkheimer publia, en 1520, Der gehobelte Eck, satire très mordante contre le plus illustre ennemi de Luther (x).
Le Conseil n’était pas, au début, favorable à la Réforme. Il était inquiet du désordre apporté dans la ville par le nouvel enseignement. De plus, il craignait de déplaire à l'empereur. Aussi, ne faut-il pas s'étonner de ce qu’au mois de mai 1521 il fit publier un édit interdisant la vente des écrits de Luther (2).
Mais le peuple ne pouvait supporter longtemps cette diplomatie pleine d’hésitations. La conduite de Luther à Worms et ses paroles héroïques dans un moment d'une extrême gravité : « Me voici, je ne puis autrement! » son emprisonnement à la Wartbourg, sa rentrée à Wittemberg alors qu'il était au ban de l’empire, à la merci de qui voulait le tuer, tout cela remplissait d'enthousiasme ceux mêmes qui jusqu'alors avaient hé-
sité à se joindre à lui.
Cet enthousiasme fut si puissant à Nuremberg, que le Conseil fut emporté par le courant. Au commencement de janvier 1523, l’orateur papal, après avoir siégé au Reichstag, présenta au Conseil de Nuremberg une bulle qui exigeait du Conseil l’emprisonnement des prédicateurs luthéranisants, parmi lesquels se trouvait
(1) A. S. und die Ref.,p. 18.
(2) Schweitzer, Etude sur la vie et les œuvres de H,S., pp. 60 et 61,
KZ M EE Andreas Osiander. Le Conseil, se sentant appuyé par la population, répondit par un refus formel (1).
Ce fut peu de temps après, le 8 juillet 1523, que le poète Hans Sachs se déclarait ouvertement pour la Réforme dans le Rossignol de Wittemberg (2).
L'auteur n’était qu’un cordonnier, un modeste enfant de Nuremberg, qui, après avoir fait son tour d’Allemagne, était revenu dans sa ville natale pour y exercer son métier. [l était né le 5 novembre 1494. Il avait donc vingt-trois ans quand Luther afficha ses thèses à Wittemberg. Doué d’une nature calme et sérieuse, il n’entreprenait rien sans avoir mürement réfléchi. Ceci nous explique pourquoi il attendit jusqu’en 1523 pour faire acte public d'adhésion à la Réforme. D'ailleurs, par son caractère même, il devait être fatalement amené au protestantisme. Ce qu’il voulait, c'était l'honnêteté dans la conduite, son cœur droit ne pouvait supporter la vue du mal moral qui s’étalait au grand jour à Nuremberg, parmi le clergé lui-même. Aussi avons-nous tout lieu de croire que, dès l'apparition des premiers écrits de Luther, il éprouva une grande sympathie pour cet homme courageux qui avait déclaré la guerre à tous les vices, à tous les scandales. Mais, avant de prendre un parti décisif, il voulait avoir une opinion bien éclairée.
C'est dans ce but qu’il se mit à étudier les publications
1) Genée, L. L., p. 126.
(2) Die Wittembergische Nachtigall.
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du moine augustin, objet d’une admiration si enthousiaste, d’une part, et d’une haine si passionnée, d’autre part. Cette étude ne lui sera pas seulement profitable au point de vue religieux ; un commerce journalier avec les écrits de Luther fera croître et mûrir son génie.
En 1522, il fit relier en un seul volume un grand nombre des publications de Luther. Sur la première page 1l écrivit ces mots dans lesquels se révèle déjà son opinion sur le réformateur : « Moi, Hans Sachs, ai réuni ces pages que j'ai fait relier pour la gloire de Dieu et de sa parole, et pour le bien du prochain, lorsque l’on compte 1522 ans après la naissance du Christ. La vérité subsiste éternellement (1) ». La vérité, voilà ce que cherchait Hans Sachs, et lorsqu'il l’eut trouvée, non seulement dans les écrits de Luther, mais aussi dans la Bible, c’est alors, qu'inspiré par son enthousiasme, :il composa : « Le Rossignol de Wittemberg, que l’on entend maintenant partout » (2).
Cette poésie ouvre pour l’activité religieuse de Hans Sachs une première période, que nous appellerons : PÉRIODE POLÉMIQUE : elle va de 1523 à 1527. C'est dans cet espace de temps assez restreint que Hans Sachs produit ses œuvres aujourd’hui les plus connues. Et c'est justement dans ces œuvres-là que son enthousiasme pour la Réforme apparaît le plus vif. Il prend à partie tous
(1) Genée, p. 136.
(2) « Die Wittembergische Nachtigall die man jetxt hœret überall », 8 juillet 1523.
ceux qui sont des obstacles au plein épanouissement de la nouvelle doctrine. DE 4
La seconde période comprendra la fin de lactivitéslit-tNss | téraire de Hans Sachs : 1527 à 1576; pendant ces quarante-neuf années, le poète produira encore diverses pu- blications de polémique religieuse, mais elles n’auront plus le même caractère agressif.
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