‹ Harivansa, ou, Histoire de la famille de HariChapitre 13 sur 55 · HISTOIRE DE POUROIR.WAS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE POUROIR.WAS

Vèsampâyana dit :

Grand roi, le fils de Boudha fut Pouroûravas, prince sage, glorieux, magnifique, dévot, généreux, habile dans la science sacrée, puissant, invincible dans les combats, et maître sur la terre, aimant à allumer le feu du sacrifice, et à présenter les olfrandes, partisan de la vérité, sage en ses projets et heureux en mariage. Nul dans les trois mondes n’eut plus de renommée que lui. En voyant les lumières de ce monarque, sa vertu, sa justice,

son amour pour la religion ,' la célèbre Ourvasî \ renonçant à l’orgueil de

relative de Mercure dans le moment indiqué : j'ai traduit littéralement praticoû-

lam. Mais ce mot n'indique pas asses le rapport des deux astres entre eux.

’ Ounasi est une de ces bayadéres célestes

qu'on appelle Aptartu. Ses aventures avec Pouroûravas sont un épisode fameux de l'histoire antique de l'Inde : mais elles sont racontées différemment par les auteurs. Gilidâsa, dans sa pièce intitulée Vicrumornut, a suivi une autre tradition que celle du llarivansa, et il faut

IIARIVANSA.

sa naissance, le choisit pour ^poux. Il passa avec elle cinquante-neuf ans *, tantôt dans le parc de Tchêtraratha tantôt sur les bords de la Mandàkini *, ou- dans la belle cité d'Alacâ ou bien dans les jardins du Nandana Transporté dans ces régions septentrionales, si riches en arbres magnifiques, en fruits délicieux, en suaves parfums, errant sur le mont Mérou dans ces belles forêts habitées |>ar les dieux, ce prince accompagné d'Ourvasi s’abandonnait aux doux plaisirs de l'amour. Il établit sa capitale à Prayâga ’, lieu célèbre pour sa sainteté, et vanté par les Maharebis. 11 eut sept fils, pareils aux enfants des dieux, et que leur mère Ourvasî enfanta dans le séjour céleste : ce fut le sage Ayous, Amàvasou, le pieux Viswâyous, le gi-and Sroutàyous, Dridhâyous, Vanàyous et Satâyous.

Djanamédjaya dit :

Comment Ourva.sî, une déesse de la race des Gandharvas, dédaignant ceux de son rang, a-t-cllc pris un époux parmi les mortels? Toi , qui sais tant de cho.scs, raconte-moi cette histoire.

avouer aussi quelle esl |ilus iiiti-ressanle el ilc quelques ntilres lilres, comme Cfla Gminplus digue tie sou sirs-le civilisé. A l'occasion c/u, .Secouafe/a, où le nom de chose

du litre de celle pièce, je consignerai ici une prtvede celui de («rsonne qu’il régit, M. de

observaliun de mon savant maître et regittUable Quizy était porté à traduire Vicrama OairaH ami, M. de Cbéiy. Si la mort n'était [>oinl ve- par tu retraite ^ l'exil ffOurtvui, ou peut-être, le nue le surprendre, il eût donné une édition triomphe d'Oanwt ^ puisque celte nymphe subcritique de ce drame, (vour faire le pendant de jugtie le roi par son amour, tiacounlalé. Dans sa conversation, j'ai recueilli * Le manuscrit bengali dit 6t ans.

une de ses idées sur la traduction que le docte * C'est le jardin du dieu Couvera.

Wilson a donnée du litreVirramortW. Ce savant ‘ Nom du Gange céleste.

dveompose ce mol , et traduit tierama par héros. * On donne ce nom à la ville céleste du dieu

Mais dans son Dictionnaire, ricramu esl pbitnt Couvéra.

donné comme un nom de chose que comme un ' I.e Nandana est le séjour de plaisance du

nom de personne. Ce mot signifie force, hè- roi des dieux, Indra.

roisme, el c'est cicramin qui rc- ’ •*' l'earâga esl donné aux lioux

... , \ ir . • siluAï au confluent tic (IcMt rivière*. On di^iirne

prcAcnterail mieux le sens de héros atlnbue a . , i ,

^ ICI iciidruil ou iiaïQOimâ se (elle dans le

l=|îh*1 •'0|>l»>i‘ion établie entre Ce Prayaga, aiijoiml'hui AUababacl ,

un nom abstrait et un nom propre, ïe héros et était sur la rive droite de ce fleuve, et Pralîch-

Oan*as(, ne serait pas très.lc^iqup. C'est ce qu'a thàna, capitale de Pouroiiravas, était, comme

fort bien senti M. Wilson en traduisant ie héros on le dira plus bas, sur la rive gauche. Voyet

et la nymphe. Uaisonnanl d’après l'analogie x' lect. note 9.

Vêsampâyana reprit :

Ourvasî , par suite d’une imprécation de Brahma, avait été réduite à la condition humaine. Cette beauté s’unit au fils d'ilù, mais à une condition, qui devait contribuer à la relever de cet état d’interdit. « J’exige, lui dit-elle,

• que, tout le temps de notre union, mes yeux ne vous voient jamais nu, que

• deux béliers soient constamment attachés près de notre lit, et que le lait, « prince, soit mon unique nourriture. Tant que les clauses de ce traitç seront « observées, je resterai auprès de vous ; telles sont mes conditions. » Le roi se montra fidèle à son engagement, et Ourvasî ne songea point à le quitter. Leur union dura cinquante-neuf ans, et la déesse se trouvait heureuse de la malédiction qui l’attachait. dans de pareils liens.

Cependant les Gandharvas commençaient à regretter l’ab.sence de cette nymphe. « Il faudrait, se disaient-ils, aviser au moyen de faire revenir près de « nous la belle Ourvasî, l’ornement du ciel. «Alors le prudent Visvvâvasou leur parla en ces termes : «J’ai entendu autrefois les conditions du traité qu’ils « ont fait ensemble. Si le roi y manque jamais, elle doit l’abandonner. Je « connais un moyen de lui faire violer sa promesse i et sans employer la vio- « lence, je vais travailler à remplir vos intentions. » Ainsi parla l’illustre Gandharx'a, et sur-le-champ il partit pour Pratichthâna : se glis.sant pendant la nuit auprès des deux époux, il enleva un des béliers. La belle Ourvasî avait pour ces animaux une alîection presque maternelle : elle avait connu l’arrivée du Gandharva, et comprenait que son exil touchait à sa fin ®. Elle dit alors au roi : « On vient de m’enlever mon enfant. » A ces mots, le prince se rappelle qu’il est nu et ne veut point se lever. " La déesse, pensait-il, « me verrait dans cet état, et notre traité serait rompu. ■ Les Gandharvas aussitôt enlèvent encore l’autre bélier; et la dées.se de dire au fils d’Ilâ : « O roi, mon enfant m’est enlevé, comme si je n’avais personne pour me « protéger, » Aussitôt le prince se lève avec empressement, nu comme il était. Il cherche où sont les béliers. En ce moment, un brillant éclair, pro-

* Otirvu! a presque l’air de conspirer avec les Gandliar>as : ce qui ôte l'inlcrét qu'on peut porter à son amour. Dans le drame, au contraire, elle aime véritablement: forcée de re-

tourner k la cour d'Indra, elle a des distractions, qui lui attirent la malédiction du Mouni Bharata, regardé par les Indiens comme l’inventeur du drame

MAIUVANSA.

(luit par k'S Gandliar>'as, parcourt tout l’appartement. Ce rayon de lumière a montré Pouroûravas nu aux yeux de son épouse, et la belle Apsarà a disparu soudain. Les Gandlianas, voyant le succès de leur ruse, retournent au ciel, et le roi, qui a retrouvé les deux béliers, revient dans son appartement; mais Ourvasî n’y est |)lus. Le malheureux pousse des cris de douleur ; il parpourt la terre, cherchant de tous côtés l’épouse qu’il a perdue. Enfin dans le pays de Couroukchétra , il l’aperçoit sur l’étang sacré de Plakcha ’, au moment où elle se baignait dans ses ondes fraîches, et se U\Tait avec cinq autres Apsaràs à de joyeux ébats. Ourvasî folâtrait, et lui, il était en proie au chagrin. 11 la voit toujours brillante de mille attraits : elle aussi le voit â peu de distance, et dit à scs compagnes en le leur montrant : • Voilà le héros

• qui m’avait accueillie dans son palais. • Celles-ci étaient toutes frappées d’étonnement. Le roi prend alors la parole : • Epouse que j’adore, rends-moi

• ton amour, et réponds à ma voix. • Ils échangent ensemble mille tendres discours. Entre autres, Ounasî lui (ht ; • Prince, je porte dans mon sein

• un gage de ton amour. D’année en année je te donnerai un fils; mais il ne

• me sera permis de rester avec toi qu’une seule nuit. «Le roi, content de cette assurance!, retourna dans sa capitale. Au bout de l’année, Ourvasî vint le visiter, et une seule nuit fut accordée à leurs amours.

Ourvasî dit un jour au fils d’ilâ : • Les Gandliarvas veulent t'accorder une ■ faveur. Tu peux choisir, et t’adresser à eux avec confiance. O grand roi, « demande de ressembler aux Gandliarvas. » Tel fut le vœu que forma Pouroûravas, et ceux-ci le lui accordèrent. Us remplirent un vase de feu, et lui dirent ; • Emploie ce feu pour le sacrifice, o roi , et tu obtiendras d'habiter « avec les Gandliarvas. »

Pouroûravas, emmenant avec lui ses fils, entra dans sa (capitale et se rendit à son palais; cependant le feu qu’on lui avait donné était au sein de l'arani et à son arrivée, à la place de ce feu, il vit avec étonnement une branche d’osicatfAa", insérée dans un morceau de bois de jamf 11 se plaignit aux Gandliarvas que le feu se fût éteint : alors ceux-ci lui enseignèrent

' Plakcha csl aussi le nom d'une des sept provinces qui |iartagent le monde.

'* Le lecteur se rappelle que l'arani est l'instrument avec lequel les Brahmanes font le feu pour les sacrifices. Voy. v* lect. note q.

'* Ficta reti^iosa.

*■ C'esl ainsi que j'ai traduit l'i^ithète difficile isllrl' ^ suivant M, Wil-

son . l'acacia suma.

l'usage de l'arxim’. Ils lui montrèrent comment avec l'aswall/ia on produit du feu par le frottement. Pouroûravas les imita , et pour les divers sacrifices , il inventa trois feux Ce présent qu’il avait reçu des Gandharvas le conduisit à imaginer la distinction du Irètâgni Autrefois on n’avait connu qu'un seul feu, ce roi en établit de trois sortes, et par sa piété il obtint d'étre admis dans le monde des Gandharvas.

Telle fut la puissance du fils d'ilâ ; il fut grand parmi les hommes; et, comme nous l’avons vu, il avait transporté sa capitale k Prayâga, lieu sacré; il l’avait établie sur la rive septentrionale du Gange, et, environnant cette ville de toute sa gloire, il l’avait nommée Praiichlhâna.

’■ F.tMlLLE DAM.tV.tSOU.

Vèsampâyana dit :

Pouroûravas eut d’Ourvasî, comme nous l’avons dit, sept fils généreux, et pareils aux enfants des dieux, qui naquirent dans le ciel, et se nommèrent le sage Ayoas, Amâvasoa, le pieux Vim'dyoïu, le grand Sroutâyous, Dridhâyous , Vanâyous et Satdyous.

Le fils d'Amâvasou ' fut le grand roi Bhîma , qui donna le jour au riche

Pouroûravas a ce rapport avec le second et destiné un jour pour son bûcher. Dans une roi de Rome qu'il introduisit le culte du feu de ses notes sur MaUti et Màdbava, M. Wilson et fut aimé d'une nymphe. Ce rapprochement reconnait cinq feux» qu'il nomme est peut-être utile : le lecteur en jugera. âhavanîya, Jakchinà^ni, sal^ya et âctuathya.

'• Il pimU qu* l'on D'e.l pu d'Kcord .ur 1. ^ ™ ï «

dùdnction de ce. troi. feux. M. Wihoo, eu mol *** ^ »'«po»er

à 1 action de quatre feux placés aux quatre

^rjf ' ^ points cardinaux , et à celle du soleil qui est le

soleil, le feu ordinaire ou domestique, et le cinquième feu: delà, le pénitent qui supporte feu du sacrihee. tiré de l'arani. D'autres les dis- ces cinq feux, est appelé Pantchàgni.

tinguent en feu domestique, feu du sacrifice, et ' Francis Hamilton pense qu'Amavàsou se feu perpétuel, allumé à la naissance d'un Indien nomma aussi \ idja^a.

Cântchanaprabha De celui-ci naquit le sage et vaillant Souhotra; Souhotra et Késinî mirent au monde Djalinou’. Ce dernier prince fit un jour un grand et magnifique sacrifice*; Gangà sc présenta à lui pour être son épouse. Il la refusa : celle-ci, pour sc venger, submergea le champ du sacrifice. En voyant ce désastre, le lils de Souhotra irrité dit à Gangà : • Je rendrai ta « vengeance vaine en buvant tes eaux. Voilà la récompense de ton orgueil. • Alors les Maharebis, s’apercevant qu’il avait bu les eaux de Gangà, décidèrent ((u’elle serait sa fille, et qu’elle se nommerait Djâknavi \

Djahnou eut pour épouse la vertueuse Càvéri, fille d'Youvanàswa, qui, par suite d’une imprécation de son père, fut changée en une rivière célèbre, fonnée d'une moitié du Gange Le fils chéri de Djahnou et de Câvér! fut le pieux Sounaba ; Sounaba donna le jour à Adjaca ; Adjaca , au roi chasseur Halàcàswa, et Balàcâswa, à Cousa.

Cotisa eut quatre fils, instruits dans la science sacrée : Cousica, Cousanâbba, Cousâmbba et Moûrttimân. Ce prince augmenta sa puissance de l’alliance des Pahlavas \ et sc plut à parcourir les forêts.

Cousica fit une pénitence austère pour avoir un fils pareil à Indra. Celuici, par crainte, devint son fils. Car ce dieu aux mille yeux *, ayant remarqué les sévères austérités que ce prince subissait déjà depuis mille ans, consentit

* Oti le nomme aussi sim|)lemen( cKana.

‘ I/C lecteur retrouvera ce prince dans U xxzii* lecture* où son histoire est répétée, avec les mémos détails sur sa race; mais U éprouvera une difliculté pour constater la genéal(^io de Djahnou* qui est ici fils de Souhotra, et qui . dans celte xxxii* lecture, est fils d'Adja* midha- II faut supposer qu'ici, par une méthode asse^ ordinaire, on a omis quelques princes iatermétliaires. le mot fh signifiant alors dcàcendant. De même , dans la xx* lecture , le père d’Adjamidha est Haslin^ qui est omis dans in xxxil*. Ce qu'il y a de siogutier pour Djahnou , c’est qu'en lui donnant ainsi deux pères diflereiits , on lui donne la même mère.

* Ce vers renferme une répétition que|e n’ai pu rendre en français ,

* Le roi Djahnou Gt sans doute des Iran* chées, des canaux pour prévenir les inondations du Gange : un de ces canaux futappdé de son nom DJàknavf. De là cette fable que Djahnou était devenu f>ère du Gange : fiction que nous avons vue déjà employée plusieurs fois.

• La Câvérî est une des sept rivières re gardées comme sacrées : on l'apfielle Arddha Gangà. ou moitié du Gange. On annonce par ce mot qu'elle possè<le la moitié des vertus de ce fleuve. La Cavé^î est une rivière du Décan « qui porte encore le même nom.

' Au lieu de Paldava, le manuscrit de M. Tod porte le mot vaUava, qui veut dire pofteur. Il faudrait alors comprendre que Cousa étendit sa domination sur des peuples pasteurs

qui erraient dans les bols.

* L'aventure du dieu Indra condamné par une malédiction du sage Gôtama à porter cent

VINGT-SF.PTIKME LECTURE.

à naître lui-même , et cet avalare ’ d’Indra fut le roi Gadhi. C’est pour cette raison que, fils de Cousica, le roi des dieux est surnommé Câsica. Il eut pour épouse Pùroucousî, qui lui donna un fils nommé Gâditi.

Ce Gâdlii eut une fille belle et vertueuse, appelée Salyavali, qui fut donnée pour épouse à Ritchîca , fds de Soucra et petit-lils de Blirigou. Gâdhi avait préparé un sacrifice à l’eflet d’obtenir un fils. Ritchîca dit alors à son épouse : • Il faut t’unir à ta mère pour ce sacrifice. Voici deux offrandes, « l’une pour toi, l’autre pour elle. Ta mère aura un fils, brillant de gloire

• et célèbre parmi les Kchatriyas, qui ne pourront le vaincre et dont il « sera le fléau. Au contraire, la vertu de cette autre offrande te donnera

■ un fils plein de fermeté, d’amour pour la pénitence, et de résignation

• il sera fameux parmi les Brahmanes. > Ainsi parla à sa femme le petit-fils de Bbrigou; et toujours occupé de scs austérités, il se rendit é la foret. Cependant Gâdhi, accompagné de son épouse, arriva à l’ermitage de Ritchîca pour visiter sa fille, profitant de l’occasion du voyage qu’il faisait à l’étang consacré. Satyavatî prenant les deux offrandes préparées par le saint Richi, s’empressa de les montrera sa mère; celle-ci les toucha et, par une fatalité inexplicable, se trompa en les remettant â sa fille : elle lui rendit celle qui lui était destinée à elle-même, et, au moment du sacrifice, elle obtint, par le fait de cette erreur, un fruit qui n'était point pour elle. Satyavatî au contraire conçut un enfant qui un jour devait être le fléau des Kchatriyas , héros à la forme lumineuse, à l’aspect effrayant. Ritchîca, par la force de sa dévotion, vit la méprise qui avait eu lieu; il revint auprès de sa femme et lui dit : ■ Tu as été trompée par ta mère, et ton .sacrifice aura un effet con-

■ traire à celui que tu attendais. Ton fils sera un jour terrible et cruel dans

• ses œuvres : ton frère sera un pénitent que l’on pourra regarder comme la

• science divine incarnée ; car j’ai réuni en lui pour composer ce personnage

• et l’amour de notre loi sainte, et le goût de la mortification. • Tel fut le discours de Ritchîca à l’illustre Satyavatî. Celle-ci chercha à fléchir son

marques ressemblant i l'organe féminin, est racontée dans le lUmiyana. Le dieu avait abusé d'Abalvâ, femme du Mouni : celui-ci consentit plus tard ii ce que ces cent marques devinssent autant d'yeux. On a dit que ces yeux représentaient les étoiles, Indra étant dieu du ciel.

* Un aralare est l'incarnation d’un dieu

qui descend dans un corps terrestre. On distingue l'arafars complet de ïaratare partiel , on ansavÂtare : ce dernier a lieu quand ce n'est qu'une portion de la divinité qui revêt des organes matériels. Ici, il est question d'un anlâvalare. Voy. Icct. iiv, note i .

*' Ce voyage porte le nom d*yd/rd.

IIARIVANSA.

mari. « 0>*e tel ne soit pas mon fils, s’écria-t-elle , inférieur aux autres Brah-

• mânes! t Mouni lui réjwndit : • Ce n’est pas moi qui avais formé ce « vœu : cependant il doit être accompli. Ce fils sera terrible dans ses œuvres,

• et par le fait de son père et de sa mère. • Satyavat! reprit la parole et lui dit : t Vous avez l’empire sur les mondes, et vous n’auriez point de pouvoir « pour vous créer un fils! Donnez-m’en un qui soit juste en ses œuvres et

• patient dans sa conduite. Et s’il faut absolument que la destinée s’accom- ■ plisse, que ce caractère, que je redoute, passe à notre petit-fils. • Le solitaire, pr le privilège de sa pénitence, lui accorda cette faveur, « O femme, > lui dit-il, je ne mets point de différence entre mon fils et mon petit-fils.

• Que ton désir soit satisfait. ■

Satyavati mit au monde Djamadagni, surnommé Bkârgava ou descendant de Blirigou, fameux par sa pénitence, sa mortification et son égalité d’âme. Dans ce sacrifice où l’influence de Roudra " et celle de Vichnou étaient en balance, l’influence de Vichnou l’emporta, et Djamadagni naquit comme avaiare de ce dieu sur la terre. Satyavati , pure de toute souillure du péché et fidèle aux règles de la piété, fut changée en rivière sous le nom de Côsiki

11 y eut un prince de la race d’ikchwûcou , nommé Renou, dont la fille, riche en bonnes qualités, se nommait Cdmali, et du nom de son père était aussi appelée Rénoued. Elle épousa ce fils de Ritchîca, Djamadagni, fameux pr ses austérités et son instruction : elle en eut un fils terrible en sa colère , habile dans toutes les sciences et surtout dans celle de l’archer, Râma qui extermina les Kchatriyas et brilla comme un feu destructeur.

Ainsi par la vertu de la pénitence de Ritchîca, descendant de Bhrigou, et surnommé 'Ôrra Satyavati donna la naissance au célèbre Djamadagni, instruit dans la science divine. Son second fils fut Sounah-sépha, et le dernier Sounah-poutchha.

" Roudra ou Siva est considéré comme le dieu de la destruction. Vichnou est le dieu conservateur: Djamadagni, Mouni sage et paisible, parait ccHnmo une image vivante de cette divinité. fils Parasouràma fut un héros exterminateur, véritable représentant du dieu delà mort.

'* Rivière du Babar, a|^>elée Gui ou Causa.

" Cest celui des trois Ramas qu'on a appelé Panuou rdnw (le mot signifie hacfie). On

le regarde comme un avatare de Vichnou : cette opinion semble un peu contraire à ses actions cruelles.

Voyez plus haut , note 3 de la xiv* lecture.

Gâdhi, pctit-Qls de Cousica, engendra Viswâmitra, qui fut un trésor de pénitence, d'instruction, de patience, et qui, devenu Brahmane s’éleva jusqu'à la dignité de Saptarchi.

Outre le pieux Viswâmitra, Gâdhi, par la faveur de Bhrigou, eut encore un fils nommé Viswamlha

Les fib de Viswâmitra furent Dévarâta et d'autres, dont la gloire est répandue dans les trois mondes; voici leurs noms : Dévasravas; Cati, qui donna son nom aux Câtyâyanas; Iliranyâkcha , fils de Sâlâvati; Rénoumân , fils de Rénou; Gâlava, (ils de Sâncriti; Moudgala. Madhoatchhanda , Djaya, Dévala , Achlaca , Catchhapa et Harita.

\ oici les noms des familles dont les membres portèrent le surnom de Câsica : les Pdnins, les Bahkrous, parmi les sages et les hommes pieux; parmi les princes, les Dévardfas, les Sâlancâyanas , les Vâchcalas ”, les Lohityas, les Yàmadoùtas, les Cârichis, les Sôsmulas les Séndhavâyanas , les Dévalas, les Rénous, les Yddjnavalkyas, les Aghamarchanas , les Odoumbaras, les Abhigldnas^^, les Tdracdyanas, les Tchanichoalas , les Hiranyâkchas , enfants de Sâlâvati, les Gdlavas, enfants de Sâncriti, tous issus du sang du sage Viswâmitra. Celui-ci eut également un grand nombre de gendres, qui portèrent aussi le nom de Cosicas, entre autres les Vâdarâyanis La race de Pourou et celle du Brahmane-Kcbatriya, descendant de Cousica, s’unirent par des liens de parenté.

L’aîné des fils de Viswâmitra avait été auparavant Sounah-sépha^'. Cet

'* Nous avons dvjà va plusieurs fois le nom de ce persoonage. 11 était , par sa naissance* de la caste des Kchatri^as ; il obtint d'ôtre Brahmane, c'esl-à-dire qu'il usurpa les fonctions sacerdotales. Émule de Vasichtha qui était prêtre et Saptarchi, il partagea avec lui l'bonoeur de ces deux titres. J'ai dit aussi que l'on pouvait reganler le nom de rmedmirra et celui de Voiichiha comme des noms de dignité, et par conséquent reconnoitre plusieurs personnages ainsi nommés. Cette explication peut rendre la chronologie des enfants de Vintâmitra bien moins incertaine.

J'ai traduit ce vers en le comparant au 55* floca de la xxxii* lecture.

La XXXII* lecture, au lieu de ce mot, |M>ne celui de Sotrtnsu.

'* Au lieu de ce mot, celte même lecture donne ï ; de maniéré à signifier : il y

a (taatra Câsicas appelés SéndkavâYaRos.

'* Ce mot est |>eut-être une épitliéte. Le manuscrit bengali donne i4ê^ic/mdaa.

** Le même manuscrit l>engali, au lieu de ce mol, porte les noms de Xâréyana et de JVflra.

Plus haut il est dit qu'un fds de Satyavati se nommait Sounak-sépha. U parait qu'il y eut un second personnage de ce nom, iils de Viswàmitra : et pour expliquer celte ressemi6.

Ulustrn Mouni, après avoir paru dans la famille de Bhrigou, voulut naître aussi dans celle de Cousica : il se lit enfant de Viswâmitra. Dam une autre existence, il avait été un des coursiers attelés au char du soleil les dieux le donnèrent à V iswàinitra, et, par cette raison, il fut ensuite appelé Dèvanila. Li mère de Dévaràta donna sept enfants à Viswâmitra.

Celle d’Aclitaca se nommait Dmat/iea/i ; Aciitaca eut un fils appelé /xlAi. Telle fut la postérité de Djahnou : je vais te dire maintenant quelle fut la famille du grand Ayons.

CHUTE ET RESTAUHATION d’iADRA.

Vésampâyana dit :

Ayons eut cinq fils, tous courageux et habiles à conduire un char. Leur mère fut Prahhâ, fille de Swarhhànou. L’aîné fut Nahoucha, et les autres, Vriddhasarman, Ramhha, Radji, et Anénas, fameux dans les trois mondes.

Radji eut cinq cents enfants; cette famille de Kchatriyas, appelée de son nom RâJJéya, inspirait une juste crainte à Indra. Une guerre cruelle avait éclaté entre les Dévas et les Asouras. Les deux partis se présentèrent devant le père commun, et lui dirent : « O dieu, qui de nous sera vainqueur ■ dans cette lutte? O maître souverain de tous les êtres, daigne nous le faire « connaître, nous attendons ta réponse. •

Brahmâ leur dit : > Ceux-là obtiendront la victoire, qui auront pour auxi-

• liaire le belliqueux Radji : telle est la vérité. Où est Radji, là est la force;

• où est la force, là sont les richesses; où sont la force et les richesses, là « sont le droit ' et la victoire. •

blaiice de mol, on suppose que c’est U mbne personiK* qui revient à la vie.

** On lit ilûD» le Icvtc IlariJastra, qui c&l un nom du soleil « dont le char est attelé de sept chevaux verts, dit-on. Le manuscrit bengali

porte le nom de Harûtehandra, prince qui habile une ville suspendue au milieu des airs. Voy. la XII* lecture.

* J‘ai ainsi traduit le mot qui désigne

ici le droit de rendre la justice, inhérent à la

Les Dévas et les DAnavas , contents de la réponse du dieu qui leur montrait la victoire dans l'assistance de lladji, se rendirent auprès de lui, pour gagner l'amitié de ce roi puissant, petit-fils de Swarbliànou ’ par Prabhâ .sa fille, et descendant de Soma. Ils lui dirent avec empressement: • Charge- « toi de nous donner la victoire. • Radji, en prince babile et prudent, déclara aux Dévas et aux Détyas quelles étaient les conditions et les honneurs qu’il exigeait. «Vous, leur dit-il, qui suivez les drapeaux de Vâsava si je

■ consens à vous donner la victoire sur les Détyas, je veux avoir le titre

• d'Indra * : c’est à cette condition que je combattrai pour vous. • Les Dévas aussitôt lui répondirent avec joie : • Prince, qu’il soit fait ainsi que vous le

• désirez. • Radji, après avoir entendu le discours des Asouras, leur fit aussi la même demande. Les Dânavas pleins de présomption, et ne voulant rien céder de leurs droits, répondirent orgueilleusement au grand Radji : « Notre

■ Indra, à nous, c’est Prahlâda : c’est pour lui que nous voulons vaincre. « Mais nous pouvons consentir à te regarder comme un autre Indra. > Radji, d’après cette réponse, préféra la condition que lui offraient les Dévas : se fiant i la parole qu’ils lui avaient donnée de le prendre pour Indra après la victoire, il extermina tous les Dânavas que le maître du tonnerre n’avait pu Crapper, et, puissant, chargé de dépouilles, il se rendit maître des richesses que ceux-ci avaient enlevées aux Dévas. Alors le roi du Swarga vint avec ses sujets complimenter le vaillant Radji, et lui dit : « Je ne suis plus que te

• fils de Radji. O prince, vous êtes Indra, le chef de tous les êtres; je le « reconnais , et celui qui était votre maître est maintenant votre fils : je sou- « tiendrai ce nom par mes œuvres. • C’était de la part du dieu une flatterie trompeuse. Radji accepta cet hommage avec affection.

souveraineté. Ce mot est d'une signification bien étendue : il se dit du devoir imjiosé à chacun par la loi; et comme cette loi est divine, le devoir devient religieux. Le devoir des rois est 1a justice ; mais comme un roi juste ne peut l'ètre que par esprit de piété , il en résulte que iharma s'entend pour le mérite moral et religieux, et même pour l'acte par lequel on prouve sou obéissance à la loi sacrée. Je n'ai |ias cru devoir m'astreindre é rendre ce mot d'une manière unilbrme , et je l'ai traduit par piété, jiit-

tkt, verla, attachement aux iois, ne cherchant qu'à varier mon expression.

’ Sa'arbtiànou (vo^ex lit* lecture) était Dànava. Ainsi lladji tenait par sa mère à la race des Dânavas, et par son père, descendant de Soma , à la race des Dévas.

' Nom du dieu Indra.

* Le mot /nr/ra, dans sa signification générale, veut dire roi; dans sa signification spéciale, il s'applique au roi des Devas, dont le régne est de cent années divines.

Quand ce prince, scmblalilc à un dieu, fut parti pour le cieP, ses enfants vinrent demander à Indra sa succession : ils étaient cinq cents, qui envahirent de tous côtés le Swarga *, demeure de cette divinité qu’ils dépouillaient. Un long temps s'était déjà écoulé, quand le puissant Indra, ainsi privé de son royaume et de ses honneurs, dit i Vrihaspati ’’ : • Saint

• Brahmarchi , daignez au moins m'accorder une offrande ' de fruits du ba-

• dari\ pour que je puisse reprendre et soutenir mes forces : faible , éperdu , ■ privé de ma royauté, de mon ancienne splendeur, de ma nourriture

• même, je suis, par les fils de Radji, réduit à la dernière extrémité, et

• l’excès de la misère m'a presque ôté la raison. »

• O Sacra lui répondit Vrihaspati, si tu m'avais plus tôt appelé à ton

• secours, mon amitié pour toi ne serait pas restée oisive. Roi des dieux, < compte sur les efforts que je vais faire pour te servir ; avant peu tu auras

• recouvré tes honneurs et ton royaume. Oui, je vais agir pour toi; que ton

• âme ne soit point abattue. •

C’est alors que Vrihaspati conçut et exécuta un projet qui devait rendre à Indra toute sa splendeur, en privant scs spoliateurs de leur raison. 11 fit un livre “ où l’athéisme était enseigné, où l’on conseillait la haine des devoirs sacrés, où par une suite de récits et de raisonnements on engageait les hommes à s’attacher plutôt aux doctrines des livres impies qu'aux enseignements d’une religion divine. Les enfants de Radji écoutèrent la lecture de ce livre : faibles de raison, ils conçurent du mépris pour les livres qui jus-

* Cci^l à-dire, quand il fut mort.

* LcS\targa eat le paradis, royaume du dieu Indra . On le place vers l'est : mais Ü semble quel' quefoisqucce n*est qu'un royaume allcgorique, et qu«* Ton désijçne par ce mol U part d’honneurs et d'autorité accordée À une espèce de roi des sacriiiees. Indra est un chef spirituel , dont quelques princes temporels usurpèrent les prérogatives.

* Maître spirituel des dieux. Cest lui qui, dans leurs palais, leur explique les Vèdes et Mcomplit les rites religieux.

* Le mot employé ici est poaro'

(iâM.

' Zizyj>htu jujüha ou icandens.

Nom du dieu Indra.

" (>} moyen de séduction est employé souvent dans les livres indiens : c'est ainsi qu'ou explique l’origine des socles. Le Bouddhisme lui-méme, suivant les légendes brahmaniques, a été prêché par Vichnou pour faire perdre à des iXHyas vertueux le fhiil de leurs bonnes œuvres. Il est aisé de reconnaître ici Thistoire d’une famille qui. parvenue au pouvoir spirituel, quitta les principes orthodoxes, et se trouva hieiiUU dix'hue du rang qu'elle avait usurpé. Voyez Hech. asial. t. XVI, p. S, où un VriJiaspati est le chef d'une secte d'aüiées.

qu’alon avaient dirigé leur conduite. Us oublièrent les règles d’une saine logique (n^d^a), et se prêtèrent ainsi au dessein de Vrihaspati. Leur impiété les conduisit au péché, et le péché à la mort. Par le secours du saint Richi , Indra recouvra l’empire des trois mondes qu’il est si difficile d’acquérir, et rentra dans toutes ses prérogatives. Ses adversaires, persistant dans leur folie, poussés par les passions, dégagés des liens du devoir, se rendirent les ennemis de Brahmi, et perdirent leur force et leur puissance. Indra, les vopnt livrés à la colère et à tous les désirs, leur donna facilement la mort, et se trouva de nouveau prince souverain des Souras.

Celui qui écoute et garde en sa mémoire le récit de la chute et de la restauration d’Indra ne connaîtra point les décadences de la fortune.

DESCENDANTS DE KCHATRAVRIDDHA.

VêsampAyana dit :

Rambha n’eut pas d’enfants: je te parlerai de la famille d’Anénas, dont le fils fut l’illustre roi Pratikebatra. Celui-ci donna le jour à Srindjaya; Srindjaya, à Djaya; Djaya, à Vidjaya; Vidjaya, à Criti; Criti, à Haiyaswata; llaryaswata, au grand roi Sahadéva; Sabadéva, au pieux Nadina; Nadîna, à Djayatséna; Djayatséna, è Sancriti; et Sancriti, au juste et fameux Kchatradharma.

Tels furent les enfants d’Anénas : voici ceux de Kchatravriddba

Kchatravriddha eut pour fils l’illustre Sounahotra de celui-ci naquirent

' Ce9t le prÎDceque, dans le chapitre précédent, l'auteur a Dommé VnJdhasarman. Noua avons dqà vu plus d'un eiiemple de oette confusion de noms: ou le poète a oublié d’avertir qu’un prince avait plusieurs épithétee, ou bien œs chapitres, réunis par un compilateur, appartenaient à des auteurs diflerenla.

* Dans la xxxii* lecture où se retrouvent plusieurs passages de celle-ci , ce prince est Souhotra , fils de Vitatha. Il y a dans l'histoire de ces dynasties une confusion qu'il est difficile, surtout ici , de débrouiller. On y voit plusieurs anachronismes choquants. Cette matière exige un examen particulier, que nous ne pouvons faire ici ,

trois nis, distingues surtout par leur attachement aux lois:Càsya, Sala et le puissant Gritsamada ^ Gritsamada fut le père de Sounaca, qui donna naissance aux Sônacas parmi lesquels on compte des Brahmanes, des Kchatriyas, des Vêsyas et des Soûdras.

Archtichena dut le jour à Sala; et Câsyaca, h Archtichéna.

De Câsya naquit Casyaya de Casyaya, Dîrghatapas; de Dîrghatapas, le savant Dhanwantari. Le sage Dîrghatapas était déjà vieux , quand à la suite d'une longue pénitence il obtint que le dieu Dhanwantari ° descendit ici-bas sous une forme humaine.

Djanamédjaya dit :

Comment le dieu Dhanw'antari s’cst-il fait homme? Ce sont là des détails que je désire avoir de toi.

Vêsampâyana reprit :

O chef des Bharatas, je vais te raconter la naissance de Dhanwantari. Il était déjà né de la mer quand elle fut barattée pour produire l’ambroisie : il sortit aussi ’ jadis d’un de ces vases de terre où l’on met l’eau ; de brillantes parures le couvraient. Non loin de là était Vichnou qui regardait le travail : « Tu es Abdja', » s’écria-t-il, et ce nom resta à Dhanwantari. Abdja dit donc à Vichnou : • Seigneur, je suis votre fils*. Maître desSouras, indiquez-moi

et qui a été tenté par Fr. Ilamiltoo dans l'inlroductioD de son ouvrage sur les gcncalo* gtes des Hindous.

* Dans la xxxii* lecture, c'est Gritsainati.

* Le personnage à qui se raconte le Hari* >ansa est précisément de cette race. Voy. la i" lecture.

* On peut lire aussi Casyapa. Ce vers est un peu ol>scur; il serait possible que ce mot ne fût qu'une épithète, et que Dîrghatapas fût le (ils de Casya. Lect. xxxii , on lit Càsèyâ au lieu de Casyaya.

' Dhanwantari est le dieu de la médecine : il sortit de la mer, quand elle fut barattée, tenant

à sa main la fiole où était l'amn/a, breuvage d'immortalité. Voyez ce récit dans les notes que M. Wilkins a mises à la suite de sa traduction du Bliagavad-gltil.

* Jesupposequel'auteurparleicid'unenaissance de Dhanwantari pareille a celle d'Agastya, surnommé par cette raison CalasUoata et Ghatodbhava.

* Abdja signi&e né de Veau.

* Os mots ne me paraissent être qu'une formule de respect. Ils se trouvent dans la précédente lecture; Indra s'en sert pour flatter Radji. Cest ainsi que le mot latin puer signilie également enfant et lerritaor.

• la part que je dois avoir aux sacrifices, et la place que je puis occuper dans

• ce monde. ■ \'iclinou lui répondit en ces termes : • Depuis longtemps les

• Souras ont pris dans les sacrifices la part qui leur est réservée. Les Ma-

• harchis ont déterminé les cérémonies et les holocaustes par lesquels on

• peut honorer les dieux. Il n’est point possible d'y faire pour toi aucune

• addition. Tu es venu après les autres dieux, dont tu es l’enfant et non le

• maitre. Mais tu naîtras une seconde fois dans le monde, et tu obtiendras

• de la célébrité. Tu posséderas dans cette naissance la faculté de te

• rendre invisible et les autres privilèges des êtres surnaturels. Dans ton

• corps mortel tu obtiendras la condition des dieux, et les Brahmanes t'ho- ■ mireront par des offrandes, des invocations et des prières. Ensuite tu

• donneras huit divisions à l’Àyour-Véda Tel est le sort qui t’est destiné « par celui qui est né du sein du lotus ”. Tu apparaîtras dans la seconde

• partie du DwApara ” : tu peux compter sur ma proie. • Vichnou, après avoir rendu cet oracle, disparut.

La deuxième prtie du Dwàpara était arrivée : le roi de Câsi, Dîrghatapas, petit-fils de Sounahotra, voulant avoir un fils, se livra aux exercices de la pénitence. Il adressait ses vœux à Dhanwantari, à ce même dieu qui porte le nom A'AhJja : il le priait et lui demandait un fils. Satisfait de son hommage, Dhanwantari lui dit : « Pieux pénitent, parie, que désires-tu?

• je te l’accorderai. » • O dieu, répondit le roi , s’il est vrai que j’aie pu vous

• plaire, devenez mon fils, et rendez votre nom célèbre. • • Ainsi soit fait, » répliqua le dieu, et il disparut.

C’est ainsi que le dieu Dhanwantari naquit dans la maison do Dîrghataps, et devint roi de Càsi, aussi habile à gouverner les homme.s qu'à les guérir de toutes les maladies. Il reçut do Bharadwâdja l’Ayour-Véda, ouvrage qui contient les préceptes de la médecine. Il le divisa en buit prties, et le donna à .ses di.sciplcs.

" L’Ajour-Véda «l celui de» quatre (Hi|iavMaaqui cal consacni à la mcdeciue. Ce livre, di|.on, eat perdu. L'Agni.pour,ina en conlicnl un abrégé.

" C'est Brahmé, né du lotus qui est sorti de l'ombilic de Vichnou.

" Voy. plus haut la note 1 3 de la xviii' lecture.

** Cette f&cultc 8'ap|>el]e : c'eit

U propriéU'r de »e réduire à un atome imperceptible. Il y a huit facultcs de ce genre, regardées comme »urnatureUes. et que les humains peuvent obtenir par la voie de la pénitence. On en peut voir le détail dans iedictionnairc de M. Wilson, au mot

IIARIVANSA.

Dlianwantari lut père do Ketoumân ; Kétoumàn, du vaillant Uhîinai-atha; Bhîmaratha, du grand Divodâaa, qui fut animé de l’amour des lois, et fut roi de Bàrânasî

Or dans ce temps **, cette ville de Bàrânasî, devenue déserte, fut occupée par un Bùkchasa, nommé Kchcmaca. Elle avait été maudite par le sage et magnanime Nicoumbha, qui l’avait condamnée à rester déserte pendant mille ans. Tandis quelle subissait les effets de celte imprécation, le roi Divadâsa habita, à quelque distance, une ville charmante sur les bords de la Gomatî ville de Bànlnasî avait auparavant appartenu à Bhadrasrénya , qui avait cent lils, tous excellents archers. Divodàsa leur avait donné la mort, s’était emparé de Bàrânasî, et le royaume de Bhadrasrénya était devenu la proie du plus fort.

Djanamédjaya dit:

Pour quelle raison Nicomnbha ” avait-il maudit Bàrânasî.^ Comment un

** Cesl B^'Dan’s, mot form*'* IWrànasî par lran:>|Ki»itiün de IcUres. Fr. HamtUon fait venir le nom de BénaréA de Banar-UAdja, prince moderne. M. Wilson donne deux étymoiojçies du mot ilârûmit ou VilMnas(, qu'on écrit aussi Vuranasi. Il dit que Varanà est un petit ruisseau, aujourd'hui le Renia, qui passe au non! de Rt'nww et va se jeter dans le Gange ; et Asî, un autre ruisseau qui coule au midi : de là le nom de Varanasi. Mais dans ce cas, ce serait Varanàt!. Ailleurs il dérive ce mol de raru, qui signifie trf*-hon, et d'onaj, qui veut dire eaa, parce que la ville est située sur les bonis du Gange, fleuve sacré par exrelicnce.

” Voy. la leclua' xxxii*, où ce passage est répété. 11 est singulier que Ràrànasl, qui avait dis|>aru, soit cependant occupée par les Râkchasas. Mais comme lesRàkchasas représentent des peuples sauvages et pillards, on doit supposer que ce pays livré à Siva, c'est-à-dire à 1a destruction , |>ar suite d'une guerre qui semble avoir eu la religion pour objet, devint le séjour de bandes errantes et barbares , qui ne furent

rlia.ssécsque plus Uni. Au reste, l'histoire de Divudàsa est asset importante à étudier : elle est ru conli^ diversement suivant les opinions religieu ses des écrivains : dans les livres des Brahmanes, elle sert a expliquer comment le Bouddhisme s'est établi. Les Recherches asiatiques, t. III, pag, /|O0, donnent une légende extraite du 5ancara-j>ràdourhhâvo. Celle légende est moderne; rellequi est racontée ici indique également quelque intrigue religieuse, mais elle ne parle point du réformateur Bouddha , que les Brahmanes plos tard ont représenté comme un mia/arede V^ichnou, destiné à tromper lesDétyas pour leur ravir leurs mérites. C'est , je crois , uue preuve de l'arUiquilé de celle j>artie du Harivansa.

'* l.^ Gomatî est aujourd'hui leGoumti. VVii> Tord dit que les ruines de la ville habitée par Divodàsa subsistent encore à Qianwoc . à quatorze milles au-dessus du confluent du Goumti et du Gange, et à vingt milles de Bénarès.

Ce Nicoumblia est un génie de la cour du dieu Siva, chef d'une de ces classes de divinités qui composaient sa suite

personnage pieux avait-il pu lancer une imprécation sur une terre sainte, sur le champ de perfection?

Vésampàyana répliqua :

Le R&djarchi Divodà.sa, maître de Rùrânasî, habita quelque temps avec gloire cette ville agréable. C’était à l’époque où Siva venait de se marier, et où, toujours épris de sa femme, il demeurait auprès de son beau-père. D’après l’ordre du dieu, les doctes pénitents qui formaient sa suite, charmaient Pârwatî'* par la représentation de pièces anciennes La déesse était dans l’enchantement : mais Ménâ, sa mère, ne partageait point ses transports; elle blâmait sa fille qui recevait de pareils hommages, elle blâmait aussi son gendre. « Siva ton mari, dit-elle à Pârwati, entouré de tous ces baladins et ne ■ suivant aucune règle de conduite, sera toujours pauvre. Je ne lui vois au-

• cune qualité solide. » En entendant ce discours de sa mère, la bienfaisante déesse éprouva du cbagrin : cependant elle sourit, et alla retrouver son époux. Elle était pâle et aliattue, et elle dit à Mahàdéva “ : « 0 dieu, je ne

• veux plus rester ici : conduisez-moi dans votre demeure. • Pour complaire à ses désirs, Mahàdéva regarda tous les mondes, et se déterminant à se üxer sur la terre, ce dieu embellit de tout l’éclat de sa puissance, â Bârânasî, le champ de perfection [Siddhikchéira). Mais comme cette ville était occupée par Divodâsa, il appela Nicoumbha, un de ses officiers ordinaires, et lui dit : ■ Chef de ma cour divine rends-toi à Bârânasî, et que cette ville

et Cri»Âswa, pour les auteurs des préceptes de l'art mimique; et le Mouoi TsikIou, pour le premier maître d\ine danse de caractère nommée tândava , accompa^ée de gestes violents , et en usage parmi les sectateurs de Siva. Dans rOtttfara-/ldm4Z'/c^ntm> lo vénérable Valmiki donne ses soins à la représenlatiou d’une pièce Les directeurs des troupes de comi'f<Uen5 sont des Brahmanes. Voyez les prologues des différentes pièces contenues dans le rec ueil du docte Wilson.

** MahAdéva est une épillièledc 6iva, signifiant grand dieu.

*' Le mot sanscrit est

** Cest un des noms de réjxmse de Siva, ainsi appelée parce qu’elle était la fille du mont llimilaya : parwUa veut dire

montagne.

Le mot employé pour exprimer cette idée OU indique une suite

d'entrées et de sorties formant des scènes, ou bien ta pompe des costumes et des décoratîous. Le manuscrit bengali donne bon, avertissement. D ne faut pas s'étonner de voir des pénitents occupés de pareils divertissements : le Monni Bharata passe pour l'inventeur do drame; les Mounis Süélin ou Siloûcha

« devienne déserte. Par des moyens de douceur , enlève à Divodâsa la puis-

• sance qu’il y exerce. • Nicoumblia exécute cet ordre : il arrive à Bârânasi, et apparaît en songe i Divodâsa sous la forme d’un barbier nommé Cantaca. « Je suis disposé k te faire du bien, pieux monarque, lui dit-il;

• fais-moi construire, dans le faubourg de la ville, une cbapelle “ où je me « trouverai .sous la forme que j’ai dans ce moment. » Le roi suivit les indications qui lui avaient été données en songe : il lit faire à la porte de la ville les proclamations d’usage : ■ Que des offrandes nombreuses se suc- « cèdent en ce lieu. > Et en effet c’était merveille de voir les parfums, l’encens, les guirlandes, les victimes, les gâteaux et les liqueurs que les dévots apportaient; et l’officier de la cour céleste ne cessait de recevoir ces marques de re.spect. En revanche, il accordait aux habitants tout ce qu’ils lui demandaient, des enfants, de for, de la santé : il accédait k tous leurs vœux. La première des femmes du roi , nommée Soayasd , d’après l’avis de son époux, vint aussi k la cbapelle pour y demander un fils : elle ne ménagea pas les dons et les offrandes. Elle s’y rendit bien .souvent, toujours dans la même intention, et Nicoumbba n’accomplit point le juste désir de la reine. Il avait son motif. • Le roi , se disait-il , se mettra on colère , et mon

• but sera rempli. » En effet, à la fin, le prince se fâcha. • Comment, s’écria-

■ t-il, celui dont j’ai fait proclamer la puissance k la porte de ma ville, « accorde aux habitants, et avec profusion, tous les bienfaits qu’ils de-

■ mandent! Pourquoi ne fait-il rien jiour moi? Il est par mes sujets entouré

• de toute espèce d’hommages. 11 a été supplié par moi et par la reine mon « épouse de nous accorder un fils, et il se refuse à notre désir. Pour quelle

• raison manque-t-il à la reconnaissance? Il est évident qu’il repousse les « vœux que je lui adresse. Je ferai détruire la chapelle de cet ingrat. » Telle fut la résolution du roi, et, suivant fliabitudc des princes, emporté par sa passion, il l’exécuta : la cbapelle du chef des chœurs célestes fut abattue, et, en voyant son autel renversé, celui-ci maudit le roi. • Je ne t’ai point offensé,

• dit-il, et cependant tu as détruit ma chapelle. En punition de ta faute.

” C’e»l une singulière idée que cette mètsmorphosed'un deuiielieu en un homme d'une profession vile et peu respectée ; mais tel est le texte, *ili^rl ' 1** barlilere ont partout une réputa-

tion de gens adroits. Dans la légende citée note i5, Ganèia (mot qui a la mémesiguiBcation que Ganéjicanx) se déguise en astrologue.

J'ai rendu ainsi le mot

« ta ville deviendra déserte. « Par suite de cette imprécation, Bàrânasi cessa d’être habitée : elle disparut dans les airs. Nicoumbha retourna auprès de Siva, après avoir lancé cette malédiction puissante. Le dieu établit sa demeure dans ces lieux et s’y livra aux plaisirs, aimé de la fdle d’Himâlaya, et la rendant heureuse de son amour. Cependant la dée.sse était distraite |iar l’admiration que lui causait ce séjour. « C’est ici , ilit-elle à Siva , c’e.st ici

• que je veux demeurer, et non dans une ville. • « Oui , répond le dieu, je ne

• quitterai point cette demeure : elle sera toujours habitée par nous ( avi~

• moukta). Je n’irai point ailleurs, o déesse, ce palais sera votre séjour. » Ainsi parlait en riant le dieu qui vainquit Tripoura et que l’on surnomme Tryambaca Ces mots de Siva ont fait donner à Bàrânasi, soumise à l’imprécation de Nicoumbha , le nom à'yivimoakia Mahâdéva y demeura avec la déesse pendant trois âges, animé par le sentiment du devoir, et honoré de tous les dieux. Dans le Cali-youga, l'habitation du grand Siva a disparu; alors l’ancienne ville s’est rétablie, et Bàrânasî autrefois maudite a été habitée de nouveau.

(Un fils de Bbadrasrénya , nommé Dourdama, avait été épai^né par Divodàsa, à cause de son enfance. S’étant emparé de l’héritage d’Hêhaya, ce prince céda les domaines que Divodâsa lui avait enlevés, voulant, Kchatriya généreux, mettre fin à toutes les inimitiés.

Divodâsa eut de Drichadwatî un fils qui fut le belliqueux Pratardana, et qui était encore enfant quand il recueillit l’héritage de son père Pratardana donna le jour à deux fils, Vatsa et Bharga. De Vatsa naquit Alarca; et d’Alarca, Sannati “.

Alarca, roi de Càsi, fut dévoué au culte divin et ami de la vérité. Les Pourânas chantent dans leurs vers la gloire du Ràdjarchl Alarca. Illustre

** Noin d'un pays situé k l'est de l'Inde, aujourd'hui le Tipperah, ainsi appeli' à cause de trois villes qui le défendaient. Ce pays fut subjugué par Siva.

** Ce mot Tryambaca rappelle l'épithète « donnée à Bacchus ; on a dit de même que le nom de Bacchus nVlail autre chose que le mot sanscrit /ihu^otdn. Tryambaca signifie triocalas. M. Wilson donne cependant de ce terme une autre explication.

** M. Wilson assigne à ce mot une étymologie diilérenlc. Voyez son Dictionnaire.

” Ce passage, dans cette lecture comme dan.« la est d'une concision presque incor-

recte, cl j'avoue qucj'at deviné plutôt que je n ni trouvé le sens de ces phrases. Les vers d'ailleurs ne sont paa identiques dans les deux lectures.

** Dans la xxxn* lecture, ce prince est omis, et à sa place se trouve une épithète qui se rapporte à Alarca.

rejeton de la maison de Càsi, il resta jeune pendant soixante-six mille ans, et dut ce privilège à la faveur de Lopâmoudrâ, qui lui accorda de régner aussi longtemps, toujours remarquable par sa jeunesse et sa beauté. La fin de l'imprécation étant arrivée, ce vaillant prince donna la mort au Râkchasa Kchémaca, et revint habiter la belle ville de Bâr&nasî.

Sannati fut père du pieux Sounîlha; Soimitha, de l’illustre Kchémya; Krbémya, de Kétoumân; Kéloumân, de Soukétou; Soukétou, de Dharmakétou Dbarmaketou, de Satyakétou, habile à conduire un char; Satya kétou , du roi Vibhou; Vibhou, d’Anartta ; Anartta, de Soucoumâra; Soucouniàra, de Dhricbtakétou, renomme pour sa justice; Drichtakétou , du prince Vénouhotra ; et Venouhotra, du roi Bharga.

L« fils de ce prince fut appelé Vatsahkoàmi, du nom de son aïeul Vatsa, et Bhargabhoümi , du nom de Bhai^

Tous ces princes étaient de la race d’Angiras, et ils s’allièrent à celle de Bhrigou : il sortit d’eux un nombre infini d’hommes puissants, appartenant aux castes des Brahmanes, des Kchatriyas et des Vêsyas.

Je viens de te parler de la famille des rois de Câsi; je vais t’entretenir de celle de Nahouclia.

HISTOIRE d’yaYATI.

Vèsampâyana dit :

De Nahoucha et de Viradjâ, une des vierges des Pitris ', naquirent six fils, nobles et puissants, comparables à Indra, savoir :Yati, Yayâti, Sa-

** Husieurs de ces princes ne se trouvent point sur la liste donnée dans la xxxii* lecture.

** J’ai suivi la leçon de la xxxii* lecture et <^Ue du manuscrit bengali pour ce passage . en

me permettant toutefois de changer ^|é|C||ri

«ïtfrrT : iuu df ilAarya, au lieu de uro tir BkÀrgava. D est juste de dire que les deux ma> DUKrits dévanâgaris présentent une leçon qui donnerait ce dernier sens : « Vatsabhoâmi venant t de Vatsa , et likri^ubkoâmi de Bhârjava. »

' Voy. la ivm* lecture, pag. 86

niyàti, Àyâti, Yâti et Souyâli. Yati était l’ainé; niais ce fut Y'ayâti qui régna, bien supérieur en mérite à son frère. Y'ati, modèle de piété, épousa Gô, fille de Cacoutstha : occupé de la pensée de son salut ”, il devint un Mouni identifié avec Brahma. L’un des cinq antres fils, Y’ayâti, subjugua ce inonde terrestre; il prit pour épouses Dévàyanî, fille d’Oiisanas ’, et Sarmichthâ, fille de l'Asoura Vrichaparwan. Dévàyanî lui donna deux fils, Yadou et Tourvasou ; Sarmichthâ fut mère de Dronliya *, d'Anon et de Poûrou *.

Indra donna à ce prince, comme gage de satisfaction, un char divin, tout brillant d’or, incomparable pour sa légèreté , et traîné par des chevaux divins, superbes, et rapides comme la pensée. C’est sur ce char qu’il avait emmené son épouse °. C’est avec ce même char qu’en six nuits iî avait conquis la terre, et, toujours invincible, soumis les dieux eux-mêmes avec leur chef. Ce char appartint ensuite à tous les Pôravas, jusqu’à ce qu’il filt possédé par Vasou, et perdu pour Djanamédjaya, fils de Parîkcbit et petit-fils de Courou Ce prince avait encouru la malédiction du sage Gârgya, dont il avait par ses paroles outragé le jeune fils: il fut puni comme s’il eût donné la mort à un Brahmane. Ce Râdjarchi fut condamné à errer par le monde, portant partout avec lui une odeur de sang. Tous les hommes et ses propres sujets le fuyaient; il ne pouvait plus goûter aucun plaisir. Le malheureux, accablé de chagrin, ne recevait aucune consolation. Indra lui fit obtenir la protection de Sônaca : ce saint Brahmane, à ta prière du roi des dieux, fit célébrer à Djanamédjaya le sacrifice du cheval, pour le purifier de sa faute; et dès que la cérémonie supplémentaire ’ eut été achevée, l’odeur de sang disparut. Cependant, à prince, le char divin * fut

' Cette id^e est «iprimcc par le mol qui signifie délivrance. L'Âme arrivée à un certain degré de perfection, ne doit plus s'unir à la matière, et se trouve identifiée avec Dieu.

' Oxuanat est an nom de Soucra , régent de 1a planète de Vénus. Il était ûls de Bbrigou et précepteur des Détyas.

* Ce personnage est, dans cette lecture, ap pdé Droahya : dans la lecture suivante, c'est OrDaÂjDo.

* La première syllabe de ce mot est presque toujours longue : die n’est brève que dans quelques exemples.

* Telle est la leçon du inss. )>engaii. Les autres au lieu de donnent ;ce qui

pourrait s'expliquer par celte idée, que ce char lai avait servi à ejccuter ses exploits.

’ Ce sacrifice s'appelle avahntha

quand le aarnlice principal est achevé, on en fait un autre pour suppléer h tout ce qui a pu manquer dans le premier.

* n me semble que ce char est un symbole de la souveraineté ; il y a peut-être quelque rapport entre cette fiction et le mot tchacra' l'a rtrin, épithète donnée à certains souverains ;

donné par Indra à Vasou, roi de Tclicdi, en récompense de sa piété : après lui, \ rihadratlta le posséda, et le laissa en héritage à son propre fils. Après avoir tué Djarà.sandha, Rhima en lit présent au fils de Vasoudéva, à Criclina son aillé et son ami.

Le fils de Nalioiiclia, Yayftti, maître des .sept Dvvîpas et de leurs mers, divisa la terre en cinq parties pour scs enfants. Dans sa sagesse, il donna le sud-est à Tourvasou, l’occident et le septentrion à Drouhya et à Anou , le nord-est au fameux Yadou, et le milieu à Poûrou qu’il Ct sacrer roi. Ces princes gouvernèrent donc les sept Dvvîpas ct les villes qui en dépendent dans les limites que je viens de te dire, et se firent remarquer par leur justice. Noble rejeton de Gourou, je t’apprendrai quels ont été leurs enfants.

laissant à ces cinq fils le soin des affaires, Yayâti quitta l’arc ct les flèches; sa faiblesse ne lui permettait plus de jvorter le poids du gouvernement. L’invincible monarque , ainsi désarmé , contemplait avec plaisir la terre qu’il avait partagée à scs enfants. Il dit un jour à Yadou : « Mon fils, charge-toi

• de ma vieillesse ct de ses incommodités lais.se-moi revêtir ta jeunesse,

• que je puisse sous cotte forme parcourir encore la terre. • Yadou lui répondit : • Ce n’est point ici la charité “ que demande le Brahmane men- « diant, et (pi’on ne peut s’empêcher de lui accorder. O roi, je ne saurais

• prendre votre vicillcs.se avec tous scs inconvénients. La vieillesse est sujette ■ à mille souffrances que lui cause la nécessité de boire et de manger. Par « conséquent je ne puis accepter cette proposition. Vous avez d’autres fils

• qui vous sont plus chers que moi. Prince, choisissez parmi eux quelqu’un

• qui accède à vos dé.sirs. » Ainsi pria Yadou; et le puissant Yayâti, outré

toire a fourni le sujet d’un drame en sept actes , dont M. Wilson donne l'analyse dans son ouvrage sur le théâtre indien.

'* Le mot sanscrit qui désigne cette au mône, est ftzîll hhiic/ul. Il y O quatre ordres religieux appelés (bramas, dont

le quatrième est l'ordre des mendiants. Il tse faut pas refuser l'auméne à un mendiant; car sa malédiction est inévitable. Voyez, dans le drame de iSacoun/tild. reflfet de la malédiction de Doiirvâsas

car le mol tchacra signifie aussi roue (tan char.

’ On raconte que le père de Dévàyanî, irrité du mariage secret d Yayâti a>ec SarmichÜiâ, condamna ce prince à une vieillesse anticipée, cl lui permit ensuite, â lu prière deDévâyaiiielleiiiétiie, de faire passer celte vieillesse à l’un de ses enfants. On peut croire que ce conte a été fait |xmr désigner une inca|Micité légale. ou une esperc de captivité à laquelle ce prince aurait (Hé condamne, cl dont il se serait délivré en substituant à sa place un de ses fils. Cette his-

de colère, dit à son fiLs en l'accablant de reproches : ■ Et quelle est donc ta > condition"? quels sont tes devoirs, insensé, toi qui oses me manquer de

• respect, comme si j’étais un étranger pour toi? • Et dans son indignation il maudit Yadou : « Misérable ! que ta postérité soit privée du trône. » 11 s’adressa pareillement à Tourvasou , à Drouhya , à Anou, et il reçut d’eux la même réponse. L’invincible Y’ayâti, emporté par son courroux, prononça aussi contre eux la même imprécation. Après avoir maudit ses quatre fils aînés, il tint à Poûrou un semblable discours : « Poûrou, je voudrais, revêtu

• des formes de ta jeunesse , parcourir la terre. Consens-tu à te chaîner de

■ ma vieillesse? • Le généreux Poûrou accepta sa proposition, et Yayâti, prenant la jeunesse de son fils, se mit à parcourir la terre. Pour terminer dignement le cours de celte carrière de plaisirs, il séjourna dans le bois de Tchêtraratha ", occupé de ses amours avec la belle Viswâtchî Quand il fut rassasié de ce bonheur que donne le désir satisfait, ce prince revint trouver Poûrou , et reprit sa vieillesse.

Voici, ô grand roi, lils de Bharata, les vers que prononça alors Yayâti, et dans lesipiels il conseille à l’homme de concentrer en soi ses désirs ", comme la tortue retire ses membres dans son écaille. « Jamais, dit-il, la

• passion n’e.st contente des concessions qu’on lui fait : c’est ainsi que le feu « du sacrifice est alimenté par le beurre sacré qu’on y jette. En voyant que

• tous les biens de la terre ne suffisent pas aux désirs d’un seul homme, que

• le riz, l’orge, l’or, les bestiaux, les femmes, rien n’est assez pour lui, on

■ doit devenir raisonnable. Celui qui respecte tous les êtres et ne les outrage

■ ni en actions, ni en paroles, ni en pensées, obtient un jour le bonheur

■ de Brabmâ. Ce bonheur est résen'é à celui qui ne craint pas les autres et

• qui n'en est pas craint, qui n’éprouve aucun sentiment d’amour ni de

• haine. Heureux celui qui n’est point tourmenté de cette soif, funeste ma-

“ Il y a dans le telle < e* ce mol

renfcmie peut-être un reprorlie adressé à un prince dépendant de son père, et ne devant ce qu'il possède qu'i sa générosité. Yadou a fait entendre à Yayâti qu'il ressemble à un mendiant; et Yayâti, renvoyant le reproche à -son fds Yadou. lui demande s'il n'est pas un mendiant lui-ménic.

" Tchilraratba est un Gandbarva de 1a cour d'Indra, et de son nom le parc de plaisance de ce dieu est appelé Tchêtraratha.

” Cest le nom d'une Apsarâ ou nymphe céleste-

“ Celte pensée, et quelques-unes de celles qui viennent après, se trouvent dans le I^agavad-gità. Voy. lect. ti, si. 58 cl alibi.

■ iadic'qui tue l’àmc, difllcile à guérir dans les insensés qui en sont pos-

• sédés, maladie qui ne vieillit point dans l’homme, lors même qu’il vieillit 1 « Ses cheveux, ses dents vieillissent toujours; son désir de richesses, son < amour de la vie ne vieillissent point. Le bonheur que donne en ce monde

• la passion satisfaite, et la félicité supérieure que l’on govite dans le ciel, ne « valent pas la seizième partie du contentement que procure l’extinction

• de cette soif insatiable. »

Après avoir ainsi parlé, le RAdjarchi se retira dans la forêt avec sa femme, et pendant longtemps encore il s’y livra à une austère pénitence. Après avoir, sur la montagne de Bhrigou {Bhrigoutounga), subi tous les genres de mortifications, enfin ce glorieux monarque, s’abstenant de manger, quitta son corps mortel, et, avec .son épouse, alla au ciel. Les cinq Râdjarchis ses (ils ont rempli toute la terre de leurs enfants, comme le soleil la remplit de ses rayons.

Apprends quels furent les descendants du Ràdjarchi Yadou, objets de vénération pour les Râdjarchis , et parmi lesquels on compte Nâràyana, autrement Hari, né dans la maison de Vrichni.

Celui qui lit ou qui écoute l’histoire sacrée d’Yayâti, ô roi, obtiendra une juste confiance en soi-même, une famille nombreuse, une heureuse vieillesse et une grande gloire.

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