HISTOIRE DE L.\ F.\.MILLE DE CAKCHÉYOU
Djanamédjaya dit ;
Cependant je voudrais bien, ô saint Brahmane, entendre séparément l’histoire de la race de Poûrou, de Drouhya \ d’Anou, d’Yadou et de Tourvasou. Avant d’arriver à la famille de Vrichni, donne-moi, en remon-
'* Le diamètre de la lune est divisé en seize parties que Ton appelle calâs. Ce |>assage fait illusion à cette division.
' Dans le texte de cette lecture on trouve Drouhyou au lieu de Drouhya que |K)rte In lecture précédente.
Unt vers la première source, quelques détails préliminaires sur ma propre généalogie.
Vèsampâyana reprit :
0 grand roi, écoute en détail l’histoire de la race de Poûrou, si féconde en héros, et de laquelle tu es sorti. Je te parlerai d'abord de la noble famille de Poûrou, et ensuite de celles de Drouhya, d’Ânou, d’Yadou et de Tourvasou.
Le fils de Poûrou fut le généreux Djanamédjaya : il donna le jour à Pratchinwftn, qui soumit l'orient; Pratchinwân, à Pravira; Pravira,à Manasyou; Manasyou, au roi Abhayada; Abhayada, à Soudhanwan; Soudhanwan, à Vahougava ; Vahougava , à Samyàti; Samyâti, à Ahamyâti; et Ahamyâti, à Rôdrâswa ^
Rôdrâswa eut de l'Apsarà Ghritâkchî dix fils, savoir: Ritchéyou, Cricanéyou, Cakchéyou, Sthandiléyou, Sannatéyou, Dasâméyou, Djaléyou, le glorieux Sthaléyou, Dhanéyou, et Vanéyou. Il eut aussi dix filles, Bhadrâ, Soûdrà, Madrà, Sàladâ, Màladâ, Khalà, Tchalà, Baladâ, Sourasâ, et Gotchapalâ, qui fut la perle des femmes.
Un Richi de la race d’Atri, nommé Prabhâcara, épousa ces princesses. Il eut de Bhadrâ un fils célèbre qui s’appela Soma C'est lui qui, dans un
* Cette partie est» sur les manuscrits d^vanàgaris, incomplète : plusieurs princes y sont omis. J'ai suivi le manuscrit bengali, qui donne plus de détails.
* Ce nom est celui <le la lune : mais le per sonnage dont il s'agit dans cet endroit , n'est pas le dieu Soma, fils d’Atri, puisqu'on y dit qu’il n en est que le descendant. On prétend que des yeux d’Alri sortit un rayon, suivant d'autres une humeur blanche, qui fut recueillie par la mer. et qui donna naissance à U lune, ap|ielée •Soima. Mais 1a légende rapportée ici. quoique un peu obscure, ne me parait pas devoir s'appliquer au dieu, régent de la lune. 11 me semble plutôt qu'il s'agit d’un astronome qui expliqua les éclipsés du soleil Au reste . le texte est aasex |«u clair pour qu'il me soit pemns de douter
si le fait dont on parle doit ètrealtribiié à Soma ou à son père Prabliicara. Par les dix princesses qu’on donne pour épouses à celui-ci. il semble qu'on désigne les disas ou points cardinaux, qu'on a en elTet représenté» ailleurs Lomme dix déesses. Je trouve dans le dictionnaire de M. Wilson , que Bhadrti est le nom de l'une de ces périodes astronomiques, nommf*es CdnamU. Il sei-ait possible que ce conte allégorique iiuliquât l'invention d'un système céleste sur lequel le [>oélc ne donne ici aucun détail. Ce|)endant. d'un autre cùlé, il est question de ces Câranâs , tom. IX . pag. 3G6 de» Recherches asiatiques. On en compte onze, dont sept variables et quatre invariables. Mats leurs noms ne re|x»Ddeut pas a ceux des clix Tilies de R<'*dràswa. Cest encore là un de ces
moment où le soleil frappe par Swarbhânou ^ tombait du ciel , et où le monde était couvert de ténèbres, lit apparaître la lumière; lui qui bénit* ce soleil, et par ses paroles l’arrêta dans sa funeste chute; lui qui, fameux par ses austérités' a enrichi la famille d’Atri de ses plus beaux rejetons; qui dans les sacrifices a reçu des dieux les avantages ® d’Atri. Prabbâcara, adonné aux rigueurs de la pénitence, eut de ces dix épouses dix nobles fils qui portèrent les mêmes noms que leurs mères : pieux Ricins , attachés aux préceptes des Vèdes, ils furent chefs d’une race nombreuse, et connus sous le nom de Swaslyâtréyas ; mais ils n’héritèrent point des prérogatives d’Atri.
Cakchéyou eut trois fils habiles à conduire un char de guerre, et nommés Sabhânara, Tchâkclioucha et Paramanyou. Sabhânara donna le jour au sage Cêlànala; CÂlânala, à Srindjaya renommé pour sa connaissance des lois; Srindjaya,au vaillant Pourandjaya; Pourandjaya, à Djanamédjaya ; le Râdjarchi Djanamédjaya, à Mabàsûla estimé parmi les dieux et célèbre parmi les hommes; et Mabâsâla, au juste Mabàmanas honoré par les Souras euxmêmes. Mabâmanas fut le père de deux enfants, d’Ousinara instruit dans la science du devoir, et du puissant Titikebou.
Ousînara eut cinq épouses, filles de RAdjarebis et nommées Nrigâ, Crimi, Navâ, Darbâ et Driclmlwati. Elles lui donnèrent cinq fds qui, enfants de sa vieillesse, furent une récompense accordée à ses œuvres de pénitence. Nrigâ fut mère de Nriga; Crimî, de Crimi; NavA, de Nava; DarbA, de Souvrata; et Drichadwatî , du roi Sivi, surnommé Ôsinara.
Sivi donna naissance aux Sivis’, Nriga aux Youdliéyas. Le pays de Na-
pclils problèmes que j'indique, mais sans pouvoir les explûpicr.
* C'est un Asoura , ennemi des dieux, et par conséquent de Soûrvn, le soleil. Il joue un rôle dans tous les combats allégoriques des Dètyas contre les habitants du ciel.
' Littéralement, U lui dit svasti (benè est). Cette parole était une bénédiction, ou une expression de bon augure, ou un terme d'approbation.
* Le mot employé ici est^Tf (/Aana, qui signifie richesses , propriété. Je suppose qu'il désigne les privilèges que pouvait avoir Atri
daus les sacrifices, les offrandes qu'on lui faisait comme à l'un des patriarches.
’ Ces diiïércnts princes ont donné leurs noms à des peuples ou à des provinces. La description do l'Inde que Ward a insérée dans le commencement de son premier volume, pag. 9, range Sivi parmi les provinces de l'est, et Youdhéya parmi celles du nord. Au nombre des régions du nord-est, je vois Vanarâclitra; c'est probablement NavarâcliU'a. Je ne me rappelle rien sur Crimilâ. Quant aux Ambachtlias , Wilford(t. VIII des Recherches asiatiques) croit que ce sont les Ambastœ d'Anien : ils babi-
TRENTE ET UNIÈME LECTURE. Vil
varâcktra fut ainsi appelé du nom de Nava, et la ville de Crimilâ de celui de Crinii. De Souvrata sont descendus les Anïbachthas.
Je te dirai quels furent les lils de Sivi; il en eut quatre, dont la renommée s'étendit dans le monde : Vrichadarbha , Souvira, Kékéya et Madraca. Leurs sujets furent nombreux: on les connaît sous les noms de Kéfiéyas, de Madracas, de Vrichadarbhas et de Souviras
Voici maintenant, ô descendant de Bharata, la famille de Titikebou. Son fils, nommé Oachadratka, régna dans l'orient. 11 donna le jour à Phéna; Pbéna, à Soutapas; Soutapas, à Bali. Ce dernier prince, au carquois d’or, était l’ancien roi Bali, connu par sa haute dévotion®, et qui se soumit à naître de nouveau paimi les hommes. 11 eut cinq fils dont la race s’étendit sur la terre. Anga fut l’aîné : les autres étaient Banga, Souhma, Poundra et Caiinga Ces enfants de Bali sont connus comme Kchatriyas : il en eut d’autres qui furent Brahmanes et chefs de familles nombreuses.
Brahmâ, satisfait de la piété de Bali, lui avait accordé, pour récompense, d’être un dévot parfait, de vivre un calpa ** entier, d’être victorieux dans les combats, d’être le premier dans l’accompli.sscment de scs devoirs royaux, de voir les trois mondes d’avoir une nombreuse postérité , de jouir d’une force incomparable , et de connaître les principes de la sagesse et de la vertu. Brahmâ lui avait dit : « Tu seras sur la terre l’auteur et le chef de quatre « castes “ d’hommes soumis au joug d’une pieuse obéissance. » Cette assu-
taient dans Test de Vlnde. Cest au moins ce qu'indique la liste ci-dessus indiquée.
* Je trouve encore là trois noms de pays ci’ tés sur la même liste : Kékéya et Mndm , placés parmi les provinces du nord, et Souvira parmi celles du sud-ouest Le Tàrâ-tanlra appelle le Souvira le pire des pays, et le place à l'est du Soûraséna; quant au Madra,Ü le met entre la province de Virâta et celle de Pàndya. U ne dit rien sur le Vrichadarbha.
' C’était un Nous
verrons plus tard Thistoire de cet ancien Bali, dans Vawitare de Vàroana: par sa piété il avait obtenu l'empire du ciel et de la terre; il en fut dépossédé par Vichnou, et envoyé, comme souverain, dans l'enfer ou PâtAla. La ressem-
blance des noms a donné lieu à la fable de sa renaissance.
Banga habita le Bengale ; Anga , le Bbàgalpore ou Bengale propre; Poundra, une partie du Qiandaîl; et Caiinga, le Bundelcund. Le pays de Souhma ou Soukcha devait se trou ver dans l’est de l’Inde.
Voilà une nouvelle preuve que la tUs* Unction des castes n'était pas déterminée darrs ces temps anciens comme elle le fut plus tanl. et qu elle s'établissait plus par la position sociale que par la naissance.
Voy. lect. VIII.
” Le ciel , la terre et les enfers.
'* Le mot qui exprime cette idée est snü i*ama, qui signiGe coaltar: ce qui a feit peo-
rance du dieu donna à Hall une tranquillité parfaite. Tous ses enfants reçurent d'un illustre Mouni une instruction solide, qui dissipa en eux les ténèbres de l’ignorance , et les lit briller de tout l’éclat du savoir. Ils détestèrent le vice. Baü les fit sacrer tous les cinq; alors heureux père et prince vénéré, animé de l’amour de la dévotion, il s’y livra entièrement. Enfin respecté de tous les êtres, il retourna près de Càia “ qu’il assiste dans ses fonctions, et rentra dans son royaume infernal.
Les peuples sur lesquels régnèrent ses cinq enfants sont les Angas, les Kangas, les Souhmacas, les Calingas et les Poundracas “.
Apprends quelle fut la postérité d’Anga. Il eut pour fils le grand roi Dadhivàbana. Dadiiivâhana fut le père du prince Diviratba; Diviratba, du sage Dbarmaratha , qui confondit ses ennemis par sa puissance; et Dbarniaratba, de Tchitraratha.
Dbarmaratha fit, sur le mont V'ichnoupada un sacrifice avec Indra, et ce grand prince y but le soma
De Tchitraratba naquit Dasaratha, surnommé Lomapada, dont la fille se nomma A’dntd. 11 eut pour fils un héros fameux, nommé Tchatouranga, qu’il dut à la protection de Richyasringa Tchatouranga donna le jour à Priihoulékcha; Prithoulâlicha, à l’illustre roi nommé Tchampa, qui habita la ville de Tchampft^, auparavant Màlinî, et qui, par la bienveillante intercession de Poûmabhadra obtint un fils appelé llaryanga. Celui-ci eut pour protecteur le fils de Vibhândaca, qui lui servit de bouclier contre ses ennemis, et qui par des montras particuliers fit descendre pour lui sur la terre un char men'cillfux.
Le fils de llaryanga se nomma hhudraralha. De Bbadraratha naquit le roi Vriliadcarman; de Vrihadearman , Vrihaddarblia; de Vrihaddarbha , Vrilianmanas; du grand roi Vrihanmanas, le vaillant Djayadratha; de Djayadratlia, Dridharatha; de Dridharatha, Viswadjit; de Viswadjit, Carna; et
serque ta distinction des castes provient do relie des couleurs de la peau humaine.
Càla est ici le même qu'Yama» juge des hommes et souv^aîn de l'enfer ou Adnaco.
V'oy ta note lo.
Sur te manuscrit dévanàgari de Paris, au lieu de VichnoufM^, on lit CâianJjara, le Cal> iinger. montagne du Bundetcund.
Jus de rasc/^pioi acida, qu*on buvait dans les sacrifices.
** Voy. dans les notes de 5acoon/a/d, p. aoi, l'épisode de Richyasringa, traduit du RàmÀynna.
** Ville du Bhâgalpore.
*' Je suppose que c'est une épithète de Ricbyasringa, ûls de Vibhindaca.
de Carna, Vicarna.qui eut cent fils, gloricui rejetons de la famille des Angas.
Le roi Vrihanmanas, filsdeVrihaddarbha, eut deux femmes, Yasodévî et Satyâ “, qui lui donnèrent deux fils. D’où il arriva que sa race se partagea en deux branches. Yasodévî fut mère de Djayadratha; et Satyâ, de Vidjaya qui fut accordé par Brahmâ à sa piété. Vidjaya donna le jouràDhriti; Dhriti, à Dhritavrata ; Dhritavrata , à Satyacarman, fameux par sa mortification; Satyacarman, à Adhiratha, surnommé Soûla, qui recueillit Carna; de là vient que celui-ci est appelé fih de Soûla “. Telle est la tradition qui court .sur le vaillant Carna, qui eut pour fils Vrichaséna : Vrichaséna fut père de Vricha.
Ce sont là les princes i.ssiis d’Anga, princes vertueux, magnanimes, habiles à diriger un char, et pères de nombreux enfants.
O roi, je vais te parler maintenant, comme je te l’ai annoncé, de la famille de Ritchéyou, fils de Rôdrâswa, famille dans laquelle tu es né.