‹ Harivansa, ou, Histoire de la famille de HariChapitre 15 sur 55 · HISTOIRE DE LA FAMILLE DE GOUROU · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA FAMILLE DE GOUROU

Ritchéyou , respectable RÂdjarchi , fut distingué par le titre d'Écardt (souverain unique). Il eut pour femme Djwalanâ, fille de Takchaca. Elle donna le jour au saint roi Matinâra, qui fut le père de trois fils, renommés pour leur piété, Tansou *, Pratiratha, et le sage Soubâhou, tous savants dans les Vèdes, possédant la science sacrée, et professant la vérité dans

** Le manuscrit dévanâgari de Paris Tap pelle Satwf.

” Le mot^oB/a, qui signifie coruiacieur ds char, est regardé par M. Wilson comme synonyme de Soârja, c'est-à-dire le soleil, dont Carna était fils iilégilime.

' Le manuscrit bengali et celui de M. Tod portent TaofoiiroijAa. J'ai pris la Ic^n du ms«. dévanâgari de Paris, parce que plus bas on nomme ce prince simplement Taajou. Sur le» tables de Fr. Hamilton, on lit Taasaraia , que ce savant confond avec le prince Soimiati.

leurs discours, tous exercés au métier des armes, courageux ci guerriers ex]>ériincntés. Matinâra eut aussi une Kllc nommée Gôri, qui fut la mère de Mândliâtri

Le rds de Pratiratlia se nomma Canwa. Il régna, et eut pour (ils Médhâtitlii, saint Dwidja ’ qui est aussi appelé Cdnwa. O Djanamédjaya, MédhItithi donna le jour à une fdle habile dans la science de Brahma; elle se nommait //d. Elle fut l'honneur de son sexe, et devint l'épouse de Tansou.

Tansou eut pour fds Sourodha, roi pieux et illustre, qu’on nomme aussi Dbarmanélra * (œil de la justice). Celui-ci fut invincible et habile dans la science des saints. 11 eut pour épouse Oupdânavî *, qui le rendit père de quatre fds, Douchmanta Souchmanta ’, Pravîra et Anagha.

Douchmanta donna le jour au vaillant Bharata, qui eut la force de dix mille éléphants *, et fut surnommé Santadamana C’est à ce grand roi Bharata, fds du magnanime Douchmanta et de Sacountalâ, que tu dois, ô prince, ton surnom de Bhârala

* G* prince est celui qu’on a surnommé Yâvanâstca, c*est‘à*<lire fils d'YouvanAswa, et dont il a été question lect. xii , p. 6i . Ce passage ren- Terme un synchronisme précieux pour Thistoire des deux races des rois indiens ; synchro* nistne observé dans les tables de Jones et de Bentley » mois non dans celle de Wilfbrd.

* Canwa était Kchatriya: ainsi le moi dwidja ne |ieut signifier un Brahmanet quoique Médb&litlu soit regardé comme un Mouni. Dans le drame de SacoanMld, le solitaire k qui se trouve confiée cette princesse, sc nomme aussi (ann a. Mais je ne pense pas que ce puisse être ce |>ersonnagc, quoique ce fut alors un usage, pour les rois, de se retirer dans les bois, et de s'y livrer aux exercices de la piété.

* Ailleurs il est apside DAarmaimTro.

* Ce passage prouve que les rois indiens, malgré leur pieté, ne se faisaient point un scrupule de s'allier aux familles étrangères qui (leut-élre professaient d'autres sentiments religieux. Car Oupadanavi, comme nous l'avons vu , lect. , était fille du Dânava Vrichaparwan. Fr. Hamillon appelle son époux 5oa9Aora au lieu de Sourodha

* Le manuscrit bengali porte Douchmanta . et les autres Douchyanta, qui est, k ce qu’il parait, la le^on 1a plus usitée; car, sur ce même manuscrit, par surcharge, on a écrit Donchyanta. Dans le drame de Sacountalà, on lit Douchmanta,

* On peut lire également Souchyanta.

* Le texte peut se prêter à un autre sens : • qui eut une armée de dix mille éléphants. >

• nâgâyoatavalah.

' Voy. au septième acte du drame de Sacounialâ, la scène où le jeune Sanvadamsna joue avec un lion. Je saisis celte occasion pour recommander k mes lecteurs la traduction de ce drame, qu'a donnée quelque temps avant sa mort mon savant maître, M. deChéxy, traduction qu'un de ses confrères k l'Académie a si justement appelée U chant du cygne.

'* Le manuscrit dévanigtri de Paris contient ici cinq vers empruntés (lect. vi, si. 107) k l'épisode du Mahâbbàrata où est racontée Thistoire de Sacountalâ, épisode qui se trouve a la suite de la belle édition du drame dont je viens de (>arler. Ces cinq vers d<mnent l'étymologie

Je t'ai déjà raconté comment " les (ils du roi Bharata périrent par la jalousie de scs épouses. O roi, le grand Mouni Bharadwâdja, lils de Vriliaspati et petit-lils d'Angiras, fut, par la vertu de grands sacrifices et l'invocation aux vents transféré dans la famille de ce prince, et appelé, diton, à perpétuer sa race. Ce sage indiqua au roi les cérémonies qu’il avait à remplir dans cette circonstance. C'est ainsi qu’il naquit à ce prince un lils qu’il n’avait pas engendré , et qui reçut en conséquence le nom de Fitatha Après cette naissance de Vitatha, Bharata alla au ciel : Bharadwâdja donna au nouveau prince le baptême royal, et se retira ensuite dans la forêt.

Ce roi Vitatha eut cinq enfants, Souhotra, Soiihotri, Gaya, Garga et le grand Capila.

Souhotra donna le jour à deux lils, le pieux Câsica et Gritsamati.

Gritsamati eut des enfants qui furent Brahmanes, Kchatriyas etVêsyas'*.

Le lils de Câsica fut Câséya : Ciséya fut le père de Dirghatapas, qui eut lui-même pour fils le sage Dhanwantari. Le fils de Dhamvantari se nomma Kélouniân : celui-ci donna le jour au sage Bhîmaratha; Bhimaratha, à Divodâsa , roi de Bârânasi “, qui extermina les Rékchasas.

du mot Bharata, que le poète dérive de la racine ij, porter, laquelle fait au présent îqiH J'ai déjà indiqué que Vd, comme dan» Bbàrata, marquait la (lescendance.

“ Il c&t probable que cette histoire est dans le Maliâbbàrata. Cependant \\ ard « qui a donné Tanaivse de ce poème « n*cn parle point.

" J'ai traduit littéralement le mot

Comme il s’agit ici d'une cérémonie qui doit smir à continuer une famille, peut-être on in* voque le vent, {>arce qu'il «est le souille vital. • la vigueur, l'énergie, U force. » (Bhàgavata, liv. II.) J’avais cru d'abord que, Bharadwâdja étant un Angiras,cl les Marouts se trouvant associés auxAngiras dans la cérémonie du sacre de lîjanamédjaya . rapporté* dans les Vèdes . et mentionnée par M- Colcbrookc (Recherches asiatiques , t. VIII), il fallait regarder cette céré* monie comme un sacKfice de famille. Je pense maiulenant qu'il faut y voir une adoption par les vents, comme dans la xxxiv* lecture il y

en a une autre |>ar les eaux. L'enfant ainsi adopté est nommé Critrima par les lois de Manou, lect. IX, si. 169.

Vitatha sigiiiüe faus. On voit par ce passage que ce prince fut un fils adoplifdcRbarala- Quelques-uns pensent qu'on doit cotisidiVer Vilatha cl Bharadwâdja comme la même }»er> sonne. Le texte indique , cependant , qu'en effet Bharadwâdja fut adopté, mais qu'il ne régna point, et que le trône passa à son propre fils qui reçut le nom de I WaMu, et qui n'était que le petit-fils adoptif de Bharata. I.* pocle ap|)elle

sancramana «îbHH cet acte de translation, dont Manou ne parle |ioinl.

“ Ce n’est pas la première fois que nous remarquons une pareille circonslame, qui indique la confusion des castes, et par conséquent l'oubli des lois divines. Pour ce passage cl pour le nom de Gritsamati, comparez la le<'turc XXIX*.

“ C'csl Bénaré». Ce passage se trouve déjà

Uid

HAHIVANSA.

F^n ce temps, un prince Hûkchasa, nommé Kchcmaca, occupa la ville de BérAnasî, qui devait rester déserte pendant mille ans, par suite d’une malédiction prononcée contre elle par le sage et grand Nicoumbha. Voyant sa capitale sous le coup de cette imprécation, le roi Divodâsa iiabita , non loin de là, une ville charmante sur les rives de la Gomatî. Bàrânasî avait auparavant appartenu à Bbadrasrénya, prince de la famille d’Yadou,qui trouvait son bonheur dans les œuvres de pénitence 11 eut cent lils habiles à tirer de l’arc : le roi Divodâsa les avait tués, et s’était emparé de leur capitale.

Le fils de Divodâsa fut un héros ; on l’appela Pratardana. Il eut deux lils, Vatsa et Bharga. Le lils de Vatsa fut Alarca, prince qui sut se faire respecter sur la terre ”,

(Cependant il était resté un fils de Bbadrasrénya, nommé Dourdama, que Divodâsa avait épargné parce qu’il était encore enfant. Maître de tout l’héritage d’Hchaya, ce prince céda à Divodâsa les domaines de son père. Bhîmaratha avait au.ssi laissé un autre fils, nommé Àclitâratha : généreux Kchatriya, ce souverain jaloux de mettre un terme à toutes les inimitiés, rendit à Dourdama la partie de .son héritage qu’il po.ssédait et qui lui avait été enlevée dans .son enfance par Divodâsa '*.)

Alarca, roi de Câsi, fut attaché à la loi divine et ami de la vérité. Il régna .soixante-six mille ans ; son royaume avait une grande étendue. Noble rejeton de la mai.son de Câsi, il fut beau de .sa personne, et conserva toujours sa jeunesse, par un privilège particulier que lui donna Lopâmoudrà Il obtint aussi de cette sainte la faveur d’une longue vie. Quand le temps de l’imprécation fut terminé, le vaillant Alarca donna la mort au Bâkchasa Kchémaca, et vint habiter la belle ville de Bârânasî.

Le fils d’Alarca fut le prince Sounîtha : Sounîtba donna le jour à l’illii.stre Kcbémya; Kcbémya, à Kétoumân; Kétoumân, à Varchakétou; Varebakétou,

ilnii» In XXIX* le<-t. : il y a .seulement ici quelques vers (le plus, qui servent à expliquer plusieurs endroits trop concis de l’autre lecture. '* Cette phrase manque sur le man. bengali. ” Cette |K'riplirase est la traduction du mol

Hs=lf^*TR Sannalimân, épithète donnée

ici au roi /Uarca. Dans la xxix* lecture, le fils de ce prince se nomme irtnnnh'.

'* J’ai traduit ce passage sans être bien assuré du sens. Il y a confusion dans les phrases, et transpiosition dans les vers. J’en ai tiré ce que j’ai pu , et j'en avertis le lecteur.

'* Exagération plus que poétique, que le lecteur réduira peut-être à soixante-six ans.

** Lo|)àmoudrâ était la femme du saint Moiini .Agastya.

TRENTE-DELXIÈME LECTURE. 147

à Vibhou; le roi Vibhou, à Ànartla; Anartta, à Soucouniâra; Soucoumâra, au belliqueux Satyakélou”.

De ce prince naquit un fils qui, du nom de son aïeul Vatsa, fut appelé Vatsabhoûmi, et du nom de Rharga, Bliargabhoûmi ^.XatsabUoùm'i fut un roi puissant et juste.

Ces enfants d’Angiras contractèrent des alliances avec la race de Rhrigou, ô fils de Bharata : dans ces familles on trouve des Brahmanes, des Kcbatriyas , des Vèsyas et des Soûdras.

Un fils “ de Souhotra fut Vriban **, qui eut trois fils, Adjamîdha, Dwimîdha , et le vaillant Pouroumîdha Adjamidlia avait trois épouses célèbres pour leur beauté, ISilinî, Kesinî et Dhoùminî. Késini devint mère de l'illustre Djabnou Ce prince faisait un jour un grand et magnifique sacrifice. Gangâ se présenta à lui pour être son épouse. 11 la refusa : celleci, pour.se venger, submergea le champ du sacrifice. En voyant ces désastres, Djabnou irrité dit à Gangâ : • Je boirai tes eaux qui arrosent les ■ trois mondes; voilà la récompense de ton oigueil. » Alors les Maharchis s'apercevant qu'il avait bu Gangâ, décidèrent qu'elle serait sa fille, .sous le nom de Djâlinavi.

Djabnou eut pour épouse Câvér! , fille d'Youvanâswa , laquelle , de la moitié de son corps, qui fut doublé par suite d'une imprécation de Gangâ, a formé une rivière ” de son nom. Le fils bien-aimé de Djabnou fut le vaillant Adjaca; Adjaca eut pour fils le roi Balâcâswa, prince chasseur; celui-ci donna le jour à Cousica qui augmenta sa pui.ssanre de l'alliance des Pahlavas et se plut à parcourir les forêts.

*' 11 y a ici quelque dilTèrence avec le» nom» cité» dans la xxii' lect.. et^lusieiirs omissioiia. ” Le le\le porte HTJTSTTiJ Je traduis

l'ommc s'il y avait ou plutôt

On a vu un peu plu» liaul que VaL»a et Bharga •Haient deux lils du roi I^alardana. Voy- la note 3o de la xxix* lecture.

” Voy. lecl. XX.

Fr. Ilamilton pense que Vrihan est le même que Vrihntkcheira

Ces trois princes, dans la xx* lect.. sont

rds de Hastin ; llaslin . de Souhotra ; et Soiiho* tra.deVrihatkchétra. Voy. laxxix'lect., noie a.

** Vov- la xxvii* lecture, où cette histoire est déjà racontée. Djahnoii s'y trouve indiqué comme lîls de Souhotra.

Voyeilect. xxvii, note 6. I4i Câvérî sort du mont Sahya. L'auteur fait sans doute ici allusion à répilhéle Arddha-Ganÿâ.

** Voy. la XXVII* lecture; Cousica y est fil» de Cousa , et Adjaca de Sounaha.

” Ici le manuscrit de M. Tod porte le nom des Pahlava». Voy. lect. xxvii, note 7.

Cousica fit unn pénitence austère pour avoir un fils pareil à Indra. Celuici, par crainte, devint son fils, et fut le roi Gidiii c'est par cette raison (pi’on siirnonime Indra Côsica.

Gâdlii donna le jour à Viswâinitra, à Viswaratha, à Viswakrit et à Salyavati.

Satyavat! épousa Hitcliica et mit au monde Djamadagni.

Viswàmitra eut pour fils Dévarâta et d'autres dont la gloire est répandue dans les trois mondes. Voici leurs noms : Dàvasravas ; Cali, qui donna son nom aux Gâtyâyanas; lliranyakcha , fils de Sélâvati; Rénoa, qui fut père de Rénoucâ Gûlava, fils de Sâneriti; et Moudgala.

Voici maintenant les noms des familles dont les membres portèrent le surnom de Ciisica ; les Pânins, les liablirvus, dévoués à la méditation et à la jirière; et parmi les princes, les Dévarûtas, les Sülancüyanas, les Sôsravas, les Lohilyas, les Yümadoûlas, les Cdrickis. Parmi les Cosicas, on cite encore les Sândhavûyanas. Le Riclii Vi.swâmitra eut aussi un grand nombre de gendres qui portèrent ce nom de Côsica. La race de Poùrou et celle du Brabmane-Kchatriya, descendant de Cousica, s'unirent par des liens de parenté.

L'aîné des fils de Viswàmitra eut au.ssi le nom de Sounah-sepha. Ce Mouni, après avoir appartenu à la famille de Bbrigou, voulut encore paraître dans celle de Cousica.

Ainsi Dévarata et les autres sont les fils de Viswàmitra.

Achtaca fut fils do Viswàmitra et de Drisadwati.

Lôhi dut le jour à Achtaca : telle fut la po.stérité de Djahnou

Je te dirai maintenant, ô fils de Bharata, quelle fut d’un autre côté la noble race d'Adjaniîdlia. Ce monarque eut deNilini le prince Sousanti : celui-ci donna le jour à Pouroudjàti, et Pouroudjàti à Vàliyâswa. Vàhyâswa eut cinq fils, semblables à des immortels : Moudgala, le roi Srindjaya, Vribadicliou, ^avînara l’invincible, et Crimilâswa. • Ces cinq princes sont, di.sait-on, suffi- • sants pour la défense des provinces [panlcba alam). ■ Telle est l’origine de

nVlüit pas cei'taincment la personne dont ü s'agit ilans ce |>a»Aage.

** (k'tle phrase |iciit vouloir dire aussi : • J'a- « vais plus haut expliqué la généalogie de U • famille de Djahnou. >

** Encore une lacune ; on passe le roi fiadhi, pour ne citer que son Uls (tàtlhi. Cest (îadhi qui était Indra incarné. Vov- la ixvii* lecture.

*' Voy. la xxvii' lecture; la femme de Djamadagni s'appelait aussi Iténouoà, mais ce

cc nom (le Pântchâla , donne à cinq princes puissants, qu'environnaient de nombreux vassaux.

Le rds de Moudgala fut le glorieux Môdgalya.

Tous ces Kchatriya.s furent généreux et pleins de qualités dignes de leur caste. Les enfants de Moudgala, et ceux de Canwa, reçurent aussi le surnom d’Angiras, et s'unirent entre eux par des alliances.

Le fds aîné de Môdgalya ” fut un illustre Brahmarchi, qui épousa Indrasénâ et donna le jour i Badhryaswa. Badhryaswa eut, dit-on, de Ménaeâ deux enfants jumeaux, le Râdjarchi Divodâsa et la glorieuse Abalyâ. Alialyà fut l'épouse de Saradwân et lui donna pour fds le grand Richi Satànanda. Satânanda fut le père du fameux Satyadhriti, aussi habile à tirer de l'arc qu'à expliquer les Vèdes. Un jour, à la vue d'une Apsarà, il laissa échapper .sa liqueur séminale, qui tomba sur un faisceau de ces ro.seaux appelés Sara : il en naquit deux jumeaux, que le roi Sàntanou rencontra à la chasse, et qu'il prit par compassion [cripa); de là vient que le garçon fut appelé Cripa, et la jeune fille Cripi; on la nomme aussi Gôlami^. Ceux qu'on distingue par le surnom de Sâradvalas , sont les mêmes que ceux qu'on appelle Gâlamas.

Je reprends la suite de la famille du Râdjarchi Divodâsa. Son fils fut le Brahmarchi Mitrayou, qui a donné naissance à la branche des Métréyas. Kchatriyas distingués, ils se multiplièrent, unis entre eux par des alliances, et connus quelquefois par f épithète de Bhùrgavas ou enfants de Bhrigou.

Le noble Srindjaya ” eut pour fds Pantchadjana ; celui-ci fut le père du roi Somadatta; Somadatla, de l'illustre Sahadéva; Sahadéva, du prince Somaca, lecpiel donna son nom à cette famille, qui portait aupravant celui d'Adjamîdha. De lui naquit Djantou, qui eut cent fds. L’aîné fut Prichata, père de Droupada : Droiipada donna le jour à Dhrichtadyoumna, et Dlirichtadyoumna à Dhrichtakétou.

Voilà pour (pielle raison les généreux Adjamîdhas furent dès lors appelés Somacas, parce qu’une prtie d’entre eux sont les fds de Somaca.

La troisième épouse d’Adjamîdha était Dhoùmini : c’est elle <jui fut, ô

” Lc9 deux manuscrits devanâgaris disent

** &iradtrdn est sans doute ici un surnom de GoUma, IVpoux d'Ahalyù.

C'est-à-dire, petite-fille de Golama.

** L'auteur a oublié de dire que Srindjaya L’Iait fils de Mitrayou, que l'on donne pour un Brahmarchi , et qui engendra <lcs Kcbalriya«.

roi, la mère de tes ancêtres. Elle n’avait point d'enfants, et elle en désirait vivement. Livrée à tous le.s exercices de la piété, elle se soumit pendant dix mille ans ” à une pénitence sévère, entretenant le feu du sacrifice selon l’u.sage, ne mangeant qu’une nourriture légère et purifiée, dormant “ sur le gazon sacré qui avait servi pour les offrandes. Enfin Adjamîdha, usant avec elle des droits d'époux, engendra Rikcha, Dlioumravama et Soudarsana. Ilikclia fut le père de Samvarana; Samvarana, de Gourou, qui soumit le pays au-dessus de Prayâga, et le nomma Coaroakchétra **, terre sacrée, agréable, et habitée par des hommes vertueux. La postérité de Gourou fut nombreuse, et ses descendants s’appelèrent Câravas.

Les fils de ce roi furent au nombre de quatre, Soudbanwan, Soudhanous, le puissant Parîkcbit et le vaillant Arimédjaya. Soudbanwan donna le jour au sage Souliotra; Soubotra, à Tcbyavana, prince ami de la justice; Tchyavana, à Gritayadjna, qui aux soins qu’il prit des sacrifices, joignit la connais.sance des lois; Gritayadjna, à un prince fameux aimé d’Indra, héros s'élevant dans les plaines de l'air et planant au-dessus du pays de Tchédi, d’où lui est venu le surnom de Tchédjouparitchara. Son nom était Vasou; il eut *' de Giricà sept enfants : Vribadratha, qui fut un roi célèbre de Magadba, habile à conduire le char de bataille; Pratya- ,

Kxagératinn pcM'’tiqnc |K>iir exprimer un temps furt lotl^^

** J'ai traduit ainsi litUTalement le verbe

grjïïT voy.

son. le mot

, dans le dictionnaire de M, W’ü-

rap|>elo à celle occasion lea vers de Virgile, Knêid. 1. vil

(Vinru/n orium, tub noclesUenti, f*eUibus inru^it ttratis somnosque pettvit.

Au reste, celle expression se trouve dans Té* pisode cxlmit du llraliroavt^vartaqvourâna. dont M. Stenxler a donné une édition. Mais il U traduit par mcidi^ in marorem. lecl. f, si. 3i.

'* C'est la contrée qui environne Dehli.

** J’ai traduit par une épithète le mot

Kûrooïu , que quelques-uns regardent

comme le nom de ce prince. 1) est dit, lect. xxx.

que Vasou reçut un char volant. On conçoit aisément pour quelle raison on a feint que ce monarque avait le privilège de voler dans l'air : occupant les hautes montagnes d’un pays, il semblait avoir des ailes. Ainsi les Sogdiens, en voyant les soldats d'Alexandre maîtres de leurs rochers, |Kmvaient croire qu'ils y avaient volé. Alexandre disait à leur chef : Se ejf 'ectanim ut crttleret Macetiones etiam volare.,. Pennas ait habejv milites Aiexandri. Qiiint. Cure. I. vi^ Voyez plus loin la lecture cxv.

Les grammairiens regardent le verbe comme n'ayant qu'un sens neutre. Je le trouve dans celte phrase avec un sens actif :

. M. Wilson, au

mut sTH. traduit sR |>ar aattre ou porter

graha; Cousa appelé aus.si Manivâhana; Sâcala Yadou, Matsya, et Câlî.

Le 01s de Vrihadratha porta le nom de Cousâgra : il donna le jour au sage et vaillant Richabha; Richabha, (au pieux Pouchpavân; Pouchpavân*^), à l’invincible Satyabita; Satyabita, à Oiîrdja, animé de l’esprit de justice. D’Oûrdja naquit un 01s, rempli de valeur, qui se trouva formé de deux parties séparées , unies par Djarà; de là lui vint son nom de Djardsandha Ce monarque puissant fut le vainqueur de tous les Kcbatriyas.

Djarâsandba fut le père de l’illusti'e Sabadéva; Sabadéva, de l’augu.ste et glorieux Oudâpi et Oudâpi, du pieux Sroutasarman.

Le 01s de Courou, nommé Parikchit ou Parikchit, engendra le juste Djanamédjaya. Celui-ci eut trois 01s, babiles à conduire un cbar, Sroutaséna, Agraséna et Bbimaséna, tous trois pleins de hautes qualités, de force et de valeur. Sroutaséna donna la naissance à deux 01s, Souratba et Matiraân; Souratba, à l’invincible Vidoûratba; Vidoiiratha, à Rikcba, prince babile à diriger un char, et qui fut le second de ce nom. Il y eut dans ta famille deux Rikcba, deux Paritcbit, trois Bbimaséna, et deux Djanamédjaya.

Bbimaséna dut le jour à Rikcba; Pratipa, à Bbimaséna; Sântanou, à Pratipa. Sântanou eut deux frères, Dévâpi et Bâblic.a; tous trois ils furent fameux dans l’art de conduire un cbar de guerre. O prince, c’est de Sântanou que tu es descendu.

Le royaume de Bâblica fut Saptabâbli. Ce prince eut pour 01s le célèbre Somadatta, qui fut le père deBboûri, de Bboûrisravas et de Sala.

Dévâpi fut un Mouni , précepteur spirituel des Dévas.

Pour Sântanou, il fut roi et ancêtre des Côravas. O prince, je te dirai la généalogie de cette famille qui est la tienne. Sântanou eut de Gangà un 01s nommé Dévavrata, et qui est le même que Bluebma, aïeul ** des CA-

“ Le manuscrit de M. Tod a|>|>clle ce prince Cralha.

** Le manuscrit bengali, au Heu de Sâcala, porte Mâroata.

“ Ce vers ne se trouve que sur le manuscrit dévanàgari de Paris.

" Djarà est le nom d'un démon femelle qui réunit les deux parties dont fut formé ce prince. iSamAa signifie union , jonction. On raconte, à ce sujet, qu’un saint solitaire ayant partagé une grenade entre deux femmes d'Oi'irdja, elles

com^urenl ctiaï une une moitié d'ciifanl, et que Djarà réunit les deux moitiés. De là ce prince est surnommé Dtccmâloura {qui a deux mères).

** Les deux manuscrits dévanâgaris portent Oudâyou.

*’ Le texte dit Djanamédjaya: mais c'est une faute, et d'ailleurs le vers aurait une syllabe de trop.

“ Dlilchma n'était |K>int, comme le dit le texte, l'aleul ( I ) des (iciravas , mais

ravaü. Câlî lui donna aussi un autre fils bien-aimé, Vitcliitravirya, nionanpic ami de la justice et pur de tout péché.

L’épouse de Vitchitravîrya conçut de Crichna-Dwcpâyana *’ trois fils, Dliritarâchtra, Pândou et Vidoura.

Dhritarâchtra eut de Gândliârî cent fils, dont faîne fut le prince Douryodliana.

De Pândou naquit Ardjouna, surnommé Dhanandjaya : le fils d’Ardjouna fut Abliimanyou, surnommé Sôbhadra, du nom de sa mère Soubhadrd : le (ils d’Abhimanyou fut Parikchit ton père, û Djanamédjaya.

Telle est fhistoire de la race de Poilrou, dont tu es sorti Je vais te parler maintenant des familles de Tourvasoii, de Droubya, d’Anou et d'\adou.

Tourvasou donna le jour à Vahni; Valini, à Gobhânou; Gobhânou, à l’invincible monarque Tré.sânou; Trésânou, à Carandhama; Carandbama, à Maroutta. Je fai déjà parlé d'un roi Maroutta, fils d’Avikebita.

Maroutta n’avait point d’enfants : par ses sacrifices et ses présents magnifiques, il obtint une fille, nommée Sammalâ, qu’il accorda, comme cadeau de sacrifice au grand Samvartta. Il adopta aussi pour fils un prince de la race de Poùrou, le vertueux Douchmanta C’est ainsi que par suite d’une imprécation d’Yayâti, la famille de Tourvasou s’éteignit, et fut remplacée par celle de Poùrou.

De Douchmanta naquit le roi Caroiithama, et de Carouthama naquit

leur grand oncle. H n’eul jioint d'enfants, et nous avons déjà dit que les Indiens font une fois par an des lilwitions funéraires en Kin honneur, alin de remplir envers lui lede%’oirdefds.

** Iæs uns disent que ces trois princes furent fils de Vitcliitravirya; les autres, que ce roi étant mort sans enfants, son frère de mère, nommé . autrement Criclina-Dwt’pàvana, épousa sBveuve dont il eut Dhritarâchtra et Pâiidou,et, de plus, l'esclave de cette princesse, qui lui donna Vidoura. Qiei les Juifs, c'était aussi Tusage que les Crt'res suscitassent de môme des enfants à la veuve de leur frère. Cette espece d'enfant chex les Indiens s'appelait 7^3(5^ fschètradja. Voy. lois de Manou, lect. ix.

si. 167. Il est |)ermis aussi de ne voir dans celle paternité de Vyàsa qu'une palemilc toute spirituelle : il n'a peut-ôtre clé que le tuteur de ces jeunes princes cl leur gourou.

** Le manuscrit de M. Tod termine ici la ixxii* lecture. Ce qui suit forme la xxxiii*; celle qui porte ici le n** 35 est sur ce manti.scril 1a XXXIV*, et ainsi de suite.

" A la fin des sacrifices , on fait des cadeaux aux Brahmanes présents : ces cadeaux

portent le nom de ^^ÎTÏÏT dakckinâ.

Cest le Douchmanta que nous avons vu tout à l'heure, le père de Bharata et l'époux de SacountaU. Il parait qu'il cul deux (Us, Bliarata et Carouthama

Acrida, qui eut quatre fils, Pândya, Kérala, Cola, et le vaillant Tchola : d’eux est descendue la nombreuse population des Pândyas, des Tcholas et des Kéralas

Drouliya eut pour fils Babhrousétou, qui donna le jour k Angârasétou, comparable pour sa force aux Marouts. Ce vaillant prince périt dans une guerre terrible qu’il soutint contre Yùvanâswa (lils d’Y'ouvanâswa), et qui dura quatorze mo’is. Angârasétou fut père du prince Gândhâra, qui donna son nom k la grande province de Gândhâra où nai.ssent les meilleurs chevaux.

Anou donna le jour à Gharma; Gharma, à Glirila; Glirita, k Doudouba; Doudouha, à Pratcbétas; Pratcliétas, k Soutchétas. Voilà les Anavas ou fils d’,\nou.

Je vais actuellement ajouter quelques détails .sur la race de l'illustre et grand Yadou. Écoute les éclaircissements que tu désires.

N.MSSANCE DE CARTAVIRYA.

Y'êsampâyana dit :

Yadou eut cinq fils, pareils aux enfants des dieux ; Sahasrada, Payoda, Croclitou, Nila et Andjaca.

Sahasrada fut père de trois fils, renommés |>ar leur justice : Iléliaya, Haya et Vénouliaya.

Iléhaya donna le jour à Dharmanétra; Dharmanétra, à Cârtti; Càrtti, à Sàliandja, qui bâtit la ville de Sâhandjanî. Le fils de Sàliandja fut le prince Mahicliinàn, fondateur de la ville de Mâliicbmati *, lequel donna le jour au

“ Le l’ândya est le pays de Maduré ; le kérala, te Malabar; et le Tchola, le Tanjorc.

** U parait que le Gândhâra est leCandaliar d'aujourd'hui.

‘ Celte ville était située dans la partie occi-

dentale de l'Inde iW ilibrd la place sur les bo^d^ de la Narmadâ. En eflet nous verrons tout à riieure le prince Ardjoima prendre ses ébaU dans les eaux de cette rivière. Cependant l'Hèhaya est un pays que les tables géographique!^

superbe Bhadrasrénya , qui , comme je l’ai dit plus haut , régna sur Bàrânasi. Bliadrasi'énya eut pour fdsDourdama; et Dourdama , le sage Canaca. Canaca fut le père de quatre lils célèbres dans le monde, Critavîrya, Crilôdjas, Critadhamvan et Critâgni. Critavirj'a eut pour bis Ardjouna, qui, armé de mille bras devint le maître des sept dwipas *, et seul parcourut le monde en vainqueur sur un char brillant comme le soleil. Après dix mille ans d’une pénitence rigoureuse, il avait obtenu de la bonté d’Atri quatre dons merveilleux : c’étaient d’abord mille bras forts et vigoureux *; c’était la faculté de prévenir avec l’aide des gens de bien les mauvaises pensées des impies, de s'illustrer par ses victoires et sa terrible justice sur la terre, et de terminer sa vie après mille combats heureusement soutenus, après mille ennemis terrassés, an milieu d’une bataille qui couronnerait sa carrière glorieuse.

Par la vertu de la piété du saint Bicbi, les mille bras de ce prince, A bis de Bharata, apparais-saient, dit-on, au moment du combat. C’était une espèce de magic : et la terre avec ses sept dwipas, avec ses montagnes, ses mers et ses villes, ressentit la force terrible d’un semblable vainqueur. On dit, ô Djanamcdjaya, que dans les sept dwipas ce roi bt sept cents sacribees, suivis de cent mille présents: les poteaux où se trouvaient attachées les victimes, ainsi que les tabernacles’, étaient d’or. Ces sacrifices étaient honorés de la présence des dieux assis sur leurs chars divins ’, et toujours embellis par les chants des Gandharvas et des Apsaràs.

Dans une de ces solennités, un sage Ghandharva’, Nârada, bis de Varid.1sa, frappé de la grandeur de ce prince, célébra ainsi sa gloire : - Aucun

mettenl plus haut parmi les provinces de l'ouesl; le confondant avec le Kêkaya, elle prenant |iour le Caboul. \'oy. la scix' lecture.

’ On loi donne pour cette raison l’épithète de Sahiurabdhoa.

' Les Indiens |>artagent la terre en sept provinces , ou pluUU en sept îles [du-tpai] séparées les unes des autres par un océan particulier. Le l^anibhou-dwipa , qui est l'Indc, occupe le centre. Voyei pour ces notions le tome V III des Itecherches asiatiques.

' Le lecteur comprend que ces mille bras désignent les nombreuses armées de ce puissant monarque.

’ J'ai rendu ainsi le mot C| rédi. Tantôt

c'est une place carrée dans la cour d'un temple ou d'un palais, contenant une es|H>ce d'estrade, et couverte d'un toit que soutiennent des colonnes. Tantôt c'est un simple autel . qui peut avoir düTéicntcs formes , et sur lequel on place les vases du sacrifice, on allume le feu sacré, on attache la victime. Ainsi s'explique .M. Wilson. J'ai suivi le premier sens.

* Ces chars s'appelient mn ' La pi^emière partie du Bralirnav^varta-pouràna raconte comment le Richi Nârada, fils de Brahma, futcondamnéâ renaîtrecomme Gan-

« héros n’égalera Cârtavîrya (le fils de Critavîrya) pour la magnificence de.s

• sacrifices, pour sa générosité, sa pénitence, sa force et son instruction. « Ceint du cimeterre, couvert do la cuirasse, armé de son arc, porté sur son

• char, il parcourt les sept dwipas, et apparaît aux yeux des mortels, recom-

• mandé par .sa piété. Tout prospère; il n’est plus ni trouble ni chagrin « dans le monde : la puissance et la justice du grand roi protègent ses sujets.

• Dans son trésor il a rassemblé toutes les pierres précieuses; maître univer-

• sel, il a les rois pour vassaux*. Depuis cinquante mille ans, ce prince appa- « raît comme un génie qui veille sur les bestiaux et la campagne ®, ou comme « le nuage qui répand la pluie, et tel est f heureux fruit de sa dévotion

• {yoga). Avec ses mille bras armés de l’arc formidable, il brille comme le

• soleil d’automne resplendissant de mille rayons. Vainqueur des fils de Car- « cotaca, des Nâgas habitant sur la terre, il est venu orner de sa présence ■ la ville de Mâhichmatî. Ses yeux ressemblent aux fleurs du lotus; et dans « la saison des pluies, de scs bras il fend, comme en se jouant, les vagues « de cette mer qui couvre la plaine, et les fait reculer devant lui. La Nar- « madà“, troublée par ses jeux, se couronne d’écume, et roule ses flots nom-

• breux, agités et tremblants. L’Océan lui-même est ému par le balancement

• de ses bras, et la terreur va glacer les grands Asouras jusqu’au fond du

• Pâtàla Les flots .sont réduits en poussière humide , les monstres marins

• tremblent dans leurs retraites : on dirait une tempête soulevant, du fond

• des abîmes, les ondes écumeuses , et excitée par le souffle du dieu des

dliar% a ou musicien cclesic. Ce Mouni passe pour avoir inventé la rfnâ , qui est le luth indien. Ce luth est composé d'une longue tablette sur laquelle sont tendues les cordes, ordinairement au nombre de sept (on dit même de cent) , et dont les deux extrémités |X)rtenl deux calebasses qui donnent le son.

‘ Ces idées sont exprimées par les mots

et samràt et tchacravart-

lin. Le Samràt est un prince suzerain , qui o célébré le sacrifice nommé rddjasouya. Le Tcliacravartlin est le souverain qui régne sur un Ichacra, contrée s'étendant d'une mer à l'autre, ou pour mieux dire, qui régne sur le ^îo6e ; car Ichacra signifie cercle.

* J'ai traduit ainsi les mots î C*

** Voyez la iii* lecture, note 48. Ce passage indique bien une race humaine . et non une famille de demi-dieux.

“ !.« Narmadà , aujourd'hui le Nerbudda , est une rivière qui sort du mont Vindhya, coule à roucsl-el se jette dans le golfe de Cambaye. Il parait qu'elle coulait dans les états des princes de Mâhichmatî. C'était une des rivières regardées comme sacrées par les Indiens.

'* Ucgions inférieures, séjour ordinaire des serpents , que l'on confond avec les .Asouras ou les ennemis des Dévas. C'est là que régne Bali, en attendant qu'il devienne Indra dans le ciel.

IIARIVANSA.

■ vents. De scs mille Lras le roi agite les flots, comme jadis le mont Man-

• dara, ébranlé par les dieux et le.s A.souras, battait la mer de lait **. Al’as- « pect de ce roi terrible, les grands serjwnts tremblent, comme s’ils allaient

• voir renaître le jour où, effrayés par le mouvement du Mandara, ils assis-

• tèrent à la naissance de l’Amrita : ils .se lèvent, et restent le front baissé,

• la tète immobile. Tourmentés par le vent que forment scs bras, vers la fin

• du jour, les bananiers en frémissent encore. »

Ardjouna, après avoir percé de cinq llècbes Râvana, tyran de Lancâ “, le vainquit, malgré les troupes qui l'environnaient, et le chargeant de chaînes, le conduisit à Mâhicbmatl. En apprenant que son fils était prisonnier d'Ardjouna, Poulastya vint auprès de lui, et sur sa demande, IcRâkcbasa'^ fut mis en liberté. Enfin, le bruit de la corde des arcs qui armaient ces mille bras était pareil à celui de la foudre qui , vers la fin de l’année , déchire le nuage. Mais hélas! la force du fils de Bhrigou “ abattit ces mille bras tout brillants d’or; ils tombèrent sous ses coups comme une forêt de palmiers. Le dieu qu’on honore sous les noms de Tchitrabhânoa et de Vihhâvasou ”, vint un jour demander l’aumône “ à ce héros, qui lui donna les sept

Evénement fameux dans les fables indiennes , et qui forme le sujet d*un épisode du MahÂbhàraUi, Le célèbre Wilkins a traduit cet épisode. Voyez ses notes sur le Bhagavad*gitâ.

** Nom de l’ile de Ceylnn.

'* Par ce mot on désigne Rdvana , qui * quoique (ils ou petit-fds d'iin saint Richi.n'cn était pas moins flétri de cette qualification , par laquelle on semble designer des peuples barbares adonnés au vol on k la piraterie.

Cette qualité qui convient à beaucoup de personnages, comme nous l'avons vu, s'applique ici a Parasou-Uâma, l'extenuinateur des Kchatnyas. Ce personnage de race sacerdotale a quelques traits de ressemblance avec Samuel. Il semble avoir été susciti* par les Brahmanes pour punir les princes qui paraissaient s'éloigner de la pureté de la foi , autant qu'il est possible de le conjecturer par Thistoirc qui suit.

Ce sont là deux épithètes du feu ou du soleil • dont elles rappellent la splendeur.

C'est ce qu'on appelle hhikckâ. Le

Dhikchou ou mendiant suit le quatrième genre de vie religieuse âsrama]. Je ne puis

ra’empécbcr de voir dons ce récit l'histoire de l'apostasie d'Ardjouna. Ce prince quitte le culte des Brahmanes pour celui du soleÜ ou du feu , à qui il consacre tous ses états ; il |K>usse même le lèlc jusqu'à la persécution , et l'asile du chef de l'orthodoxie, de Vasichüia, n'est point res|>ecté par lui. C'est ainsi que je m'explique la colère du Bralunane Parasou-Bâma. Une autre légende dit qu' Ardjouna visitant la forêt où vivait le père de Parasou Bàma, Djamadagni, fut défrayé. lui cl sa suite, d'une manière très-libérale; qu'étonné de celte générosité de la part d'un solitaire qui ne possédait qu'une vache, il apprit que cet animal était la fameuse vache d'abondance, qui foiimissail tout ce qu'on pouvait désirer. Il la demanda : le solitaire la lui refusa. En vain Ardjouna en échange offrit

dwipas; et Tchitrahhânou, dans son vif désir de les po.sscder, brûla tout, villages, cités, campagnes et provinces. Abusant de la générosité du noble fds de Critavîrj'a, du descendant d’Hêbaya, il incendia même les rochers et les forêts. Bien plus, il dévora l'ermitage solitaire et agréable du fils de Varouna, de l’illustre et vertueux Vasicbtlia. Ce Mouni, qui portait le surnom d’Apara'®, transporté de colère , maudit Ardjoiina. « O fils d’Hêhaya,

• lui dit-il, parce que tu n’as pas protégé ma demeure, cet édifice qui fa

• coûté tant de peines à élever, sera détruit par un héros nommé Rdma, Gis

• redoutable de Djamadagni. Ce descendant de Bbrigou, pénitent et Brah-

• mane, rempli de force et de promptitude, tranchera tes mille bras et te ■ donnera le coup de la mort. •

Ainsi , le prince qui par sa puissance avait maintenu la prospérité dans son royaume et protégé ses sujets par sa justice, par l’cflct de la malédiction du saint Mouni, succomba sous le bras de Ràma, et trouva, o fils de Courou, la mort qu’il avait lui-même souhaitée. Il avait eu cent fils; il lui en restait cinq, héros magnanimes, guerriers pleins de force et de courage, couverts de gloire et amis de la justice; c’étaient Soûraséna, Soûra, Dhrichtokta, Criclina, et le grand Djayadhwadja, roi d’Avanti

Djayadhwadja eut |>our fils le vaillant Tâladjangha, qui donna le jour à cent enfants appelés de son nom les Tâladjanghas.

Ainsi dans la famille des grands Hêliayas, on distingua les Vitihotras, les Bhodjas d’Avanti, les Tôndikéras et les Tâladjanghas; on y compta même des Bharatas ” ; famille immense dont il est im|K)ssible d’évaluer le nombre.

Vricha et d’autres encore, ô roi, furent de pieux Yâdavas. Vricha fut chef de race: son fils fut Madbou; celui-ci eut cent enfants, et entre autres Vrichana, qui étendit cette famille. De Vrichana“ vinrent les Vrichnis; de

son rovaume. La guerre éclata entre le prince et le Mouni, qui, malgré les soldats fournis par la vache, fut vaincu et tué. Parasou*Réma le vengea par la mort d'Ardjouna et l'extermination des Kchatriyaa. Cette dernière légende me présente encore les traces d'une guerre religieuse- Je ferai aussi la remarque que Càrtavlrya est un des Tchacravarttins reconnus par les pjénas.

'* Dans une de ses naissances. Vasichtha

avait été fils de Varouna, dieu de la mer II n'est pas étonnant qu'il ait eu le surnom d'.dpru'u [aquatiqué).

** C'est le nom ancien de la ville d'Oudjdjayanî, aujourd'hui Oudgein.

*' Le manuscrit l>engali corrige ce mot par celui de Toumboara, Le Bralimânda pla< e derrière le Vindhya des contrées appelées Toundi- Ikéra et Vitihotra.

** Oci est peu exact : car. dans la lecture

158 UARIVANSA.

Madhou, les MAdhavas; d'Yadou, les Yâdavas, et, comme nous l'avons dit plus haut , les Hêhayas.

De cette race sont aussi sortis les Soûras, les Soûravîras et lesSoûrasénas; le grand roi Soùraséna a donne son nom au pays sur lequel il a régné

Celui qui se plaira ici-bas au récit de la naissance de Cârtavîrya, ne perdra point sa fortune, et recouvrera celle qu’il aura perdue.

Telles sont, ô prince, les cinq familles que formèrent les enfants d’Yayâti”, héros nobles soutiens du monde. De même qu’il y a cinq éléments qui formèrent les diverses classes d’êtres animés ou inanimés, il sortit aussi de ces cinq fils comme cinq créations; et le prince pieux et instruit qui se pénètre de ce récit, obtient cinq avantages difficiles à acquérir ici-bas sur la terre, une longue vie, de la gloire, des enfants, de l’autorité et une puissance surnaturelle tel est le résultat du soin qu’il met à écouter et à retenir dans sa mémoire les détails de l'histoire de ces cinq familles.

O fils de Bharata, apprends maintenant ce qui concerne la famille de Crochtou, famille féconde en héros. Crochtou fut un prince pieux et attaché aux pratiques du culte; et il augmenta le nombre des enfants d'Yadou. Quiconque écoute l’histoire de cette race , est délivré de tous ses péchés : c’est dans cette famille, dans la maison des Vrichnis, qu’est né Vichnou que l’on nomme llari.

suivante, l’auteur va parler des Vriebois, qui proviennent d’une autre souche. L'étymologie est même ici forcée , car il est diflicile do croire que le mot vrichni soit formé de rricAaiM.

” Ce passage ne se trouveque sur te maniiS' cril dcvanàgari de Paris.

Je ferai remarquer qu’en comparant les généalogies des Yadavas avec celles des races collatérales, on les trouve fort abrégeas, fl est probable qu’un certain nombre de noms en auront été élimines, ou que la ménKiire en aura été elTacée. Une autre observation plus importante encore, c’est que plus tard.lecl. xciii, nous trouverons une généalogie toute difle-

rentc de cette famille, qui, au lieu d’être issue de U race lunaire, serait descendue des princes de la dynastie solaire.

” J’ai ainsi rendu le mot iAou/i,qui au reste veut dire aussi prospérité, saccès. On entend par une puissance surnaturelle qui s'obtient par les austérités de la pénitence et les secrets de la magie. Cette puissance consiste en huit facultés merveilleuses, par lesquelles on peut se rendre invisible , changer le cours de la nature, etc. M. Wilson, comme nous Pavons dit plus haut, les détaille dans ton Dictionnaire,

au mot mi?r

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