‹ Harivansa, ou, Histoire de la famille de HariChapitre 16 sur 55 · HISTOIRE DE LA FAMILLE DE VRICHM · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA FAMILLE DE VRICHM

Vêsampâyana dit

Crochtou eut deux épouses, Gândhârî et Mâdrî : la première lui donna le puissant Anamitra, la seconde Youdhâdjita, et un autre fils nommé Dévamidhoucha. Ces princes formèrent trois familles, désignées par le nom général de Vrichnis

De Tun des fils de Mâdrî (Youdhâdjita) naquirent deux enfants, Vrichni et Andliaca. Vrichni eut deux fils, Swaphalca et Tchitraca. Swaphalca , anime d'un espnt juste et pieux, eut, dit-on, ô grand roi, le privilège de chasser de devant lui la maladie et la sécheresse. Pendant trois ans, India avait refusé la pluie aux états du roi de Câsi celui-ci lit venir le vénérable Swaphalca, et partout où ce Mouni paraissait, le dieu du cieP envoyait la pluie. Swaphalca obtint pour épouse la fille du roi de Câsi, nommée Gàndin(. Cette princesse avait l'habitude de faire aux Brahmanes des cadeaux en vaches. Elle était restée pendant de longues années dans le sein de .sa mère. Son père lui dit : > Nais promptement à la lumière, nous t'attendons

' Pour pouvoir so rendre compte de celle lecture, U faut supposer que le nom de Vrichni riait un surnom de Crochtou, et que par conséquent les trois branches de sa famille ont dû prendre ce nom. Si on l’attribue uniquement h son petit-fils, dont U va être question dans la phrase suivante, alors on ne sait plus pourquoi l'on dit que Crichna est né dans la famille de Vrichni, puisque de fait il ne descend pas ü'Youdhàdjita, mais bien de Dévamldboucha : on ne s'explique pas davantage pour quelle raison il est dit ci-après qu*Anamitra fut le plus jeune des fils de Vrichni. Je conclus que CrochlouetV'richnisont unméme personnage, lequel

eut pour fils un second Vrichni, qui fut frère d'Andhaca et père de Swaphalca. Le nom de famille. Vnr^ni, a donc un sens plus ou moins étendu. Dans la lecture xxxvii, iJ est question d'un autre Vrichni et d’un autre Andbaca , fils do Sàtwata.

' C'est Bérânasi ou Bénarès-

' Le texte donne l'épiUicte de Harivâhana. Par ce mot on désigne ordinairement Garouda, qui est la monture de Vichnou, autrement de HaH. Ici, c'est un surnom d'Indra, appelé de même Haryaswa, parce qu'on le représente porté sur un char que traînent deux chevaux d'une certaine couleur, laquelle se nomme

• avec amour et inquiétude; pourquoi tardes-tu? » L’enfant lui répondit des entrailles de sa mère : « Si vous me promettez me vache par jour* ■ [gândiné], je naîtrai aussitôt. » Son père fit cette promesse et lui tint parole.

Swaphalca eut pour fils Acroûra, prince généreux, aimant les sacrifices, vaillant, instruit dans la science sacrée, hospitalier et magnifique en présents. Il lui donna des frères, comme Oupamadgou, Madgou, Mrldoura, Arimédjaya, Arikchipa, Oupékcha, Satroughna, Arimardana, Dharmadhrlk, Yatidharma , Grlghramodja , Andhaka , Âvâha , Prativûha , et une sœur nommée Soundarî.

D’ Acroûra et de la Ijelle Ougrasénâ , ô fils de Gourou , naquirent Praséna et Oupadéva semblables à des dieux.

Les fils de Tchltraca furent Pritbou, Viprithou, Aswagrîva, Aswabâhou, Soupârswaca, Gavécbin, Arichtanémi, Aswa, Soudharman, Dbarmabhrit, Soubâhou, Vahoubâbou, et deux filles, Sravichthâ et Sravanhâ.

De Dévamîdhoucha et d'Asmakî, Soûra reçut le jour. 11 eut de Bhodjî dix enfants, dont l’aîné fut le puissant Vasoudéva, nommé aussi Anacadoandoublii *, parce qu’à sa naissance les tambours retentirent dans le ciel et sur la terre. Une grande pluie de fleurs tomba sur la maison de Soûra. Dans ce monde mortel , rien n’était comparable à lui pour la beauté ; c’était le plus distingué, le plus aimable d’entre les hommes, et son doux éclat était pareil à celui de la lune.

Les neuf autres fils de Soûra furent Dévabhâga, Dévasravas, Anâdhrichti, Canavaca, Vatsavân, Grindjima, Syâma, Samîca et Gandoûcha. Soûra eul encore cinq filles, Prithoukîrtti, Prithâ, Sroutadévâ, Sroutasravâ et Râdjâdhidévî. Elles devinrent mères de nobles héros.

Counti, connu sous le nom de Countibhodja ®, voulut adopter Prithâ. Soûra la remit entre les mains de ce vieux et respectable prince : de là vient

nonyme du mot rot. CounlibhoJja veut dire ou le roi de Counti , ou le Bhodja distingué par le nom de Counti. Les Bhudjas descendent de Drouhya, fils d'Yayâti : leur ville, Bhodjapoura , était au sud du Gange. M. Wilson la retrouve dans Bhàgolpore. Toutefois la filiation de ces Bhodjas n'est pas bien claire.

' L'auteur, comme on le voit, ne résiste jamais au désir de donner do mauvaises étymologies des noms propres.

‘ Mot composé de et de^»|^jéj;

ces mots signifient an grand et large tambour.

' Le mot Bhodja, qui est le nom d'une famille de princes , semble aussi quelquefois sy-

qu’elle passe pour sa lille et est appelée Counli. Elle donna le jour à trois des héros Pândavas, qu’elle dut, dit-on, à trois dieux.

Sroutadévâ fut la mère du vaillant Sisoupàla, roi dcTehédi’, qui, dans une naissance précédente, avait été Iliranyacasipon , roi des Délyas. De Prithoukirtti et de Vriddhasarinan naquit un puis.sant héros, Dantavaktra, souverain de Caroueha *. Prithi, devenue fille de Counti, épousa Pândou. Elle eut de Dhamia (dieu de la justice) Youdhichthira, roi juste et habile dans la science des lois. Du dieu des vents elle eut Rhîniaséna ; et d’Indra , Ardjouna surnommé Dhanandjaya , héros fumeux dans le monde et doué d’une force égaie à celle du prince céleste.

D’Anamitra, le plus jeune des fils de Vrichni naquit Sini. Sini donna le jour à Satyaca; Satvaca, à Youyoudhâna; Youyoudhûna, à Asanga ; Asanga. à Bhoûmi; Bhoùmi, à Yougandhara : telle fut la postérité d’.Ynamitra.

Dévahhéga eut pour fils fillustre Ouddhava : un autre Ouddhava, fils de Dévasravas, passa pour le plus fameux des Pandits. Anàdhrichti épousa Asmakî, dont il eut le glorieux Ninoürttasatrou. Sroutadévâ lui donna Satroughna, connu sous le nom de î^’cchàdi; de Néchâdi, ô grand roi, naquit Écalavya. Vatsavân n'avait point d'enfants; fillustre fils de Soilra, Vasoudéva, son père, lui fit adopter, par l’invocation aux eaux ", un héros de la famille de Cousica. Gandoûcha aussi manquait de fils: Viclnvakséna lui donna pour enfants Tchâroudechna, Soutchârou, Pantchàla et Critalakchana.

Il y eut plus tard un autre Tchâroudechna, vaillant héros, fils de Rouk-

’ M. Wilson croit que le Tclièdi (»1 le Cliau dail.

' Le même savant reconnaît le Caroiiclia dans le pays qu'on nonimait VnliaH^nha , cl qu'on leprèsente comme situé derrière les monts Vindhyas, près de la province <lc Malwa : c'est |)Cul-èlre le Bundelcund.

’ Voyei la note i de cette lecture.

'* Le manuscrit dévanagari de Paris lui donne le nom de /lêrvisrord. Ce vers retiferme encore un esemplcdc la signification active du verbe

" Je suis ici en conlracliclion avec W, Jone» et ie commenUire des lois de Manou .

icet. IX, si. 1 68. lia supposent une libation d'eau au Heu d'une invocation. Mai.t j'ai prérêré mon sens, après avoir comparé l'adop* lion par les venU dont il est qtiostioii dans la xxxii* lecture, avec cellc-d qui doit se faire par Ica eaux. L’enraot adopté de cette dernière manière SC nomme datrima. Je présume que dans la cérémonie religieuse de celte adoption, il y a une invocation aux eaux, comme dans Taii- Irc il y a des mantnu adj'cssés aux vents. L'eau est la première des choses créées: l'air et l'eau sont deux des huit formes sous lesquelles on invoque la Divinité. Voyex le prologue du drame de tSacounta/d.

ininî, qui ne vécut que pour les combats, et que des milliers de corbeaux suivaient sans cesse, comptant sur la riche curée de cadavres que Tchâroudechna leur promettait.

Canavaca eut deux fils, Tantridja et Tantrip&la. Grindjima donna aussi le jour k deux héros. Vira et Aswahanou. Le fils de Syâma fut Soumitra. Quant à Samica, il devint roi; Use fit redouter, et en sa qualité de Bhodja’’, il offrit le sacrifice royal {râdjasoùja). Il eut pour fils Adjâtasatrou, fléau de ses ennemis.

Ecoute, je vais te parler des héros, fils de Vasoudéva.

Celui qui garde en sa mémoire l'histoire de ces trois familles deVrichnis, si fécondes en rejetons fameux, ne connaît jamais ici-bas les embarras de la pauvreté.

FAMILLE ET \AISSANCE DE CRICHN'A.

Vèsampâyana dit :

Vasoudéva eut quatorze épouses: Rohini delà famille de Pourou, l'illustre MadirA, Vêsâkhî, Bhadrâ, Sounâmni, Sahadévâ, Sântidévâ, Sridévâ, Dévarakchitâ, Vricadévi, Oupadévî, Dévaki, Soutanou et Badavâ : ces deux dernières étaient esclaves.

Rohini était, comme nous l'avons dit, de la famille de Pourou, et fille de BAlilica c’était la première épouse de Vasoudéva et la plus chérie. Elle eut dix enfants : Râma son aîné, Sârana, Satha, Dourdama, Damana, .Soubhra, PindAraca, Sousinara, la belle TchitrA et CoumArî. O fils de Gourou, TchitrA porta plus tard le nom de Soubhadrâ.

De Vasoudéva et de Dévaki on vit naître le glorieux Crichna, surnommé Sriri (ou petit-fils de Soûra).

'* \'oyet plus haut la note 6. Ràma, lila de Rohini, est le même que Bala-

' Je trouve ce mol écrit JSdAiira ou Bdhllca. ràma, ou Baladéva.

Râma eut de Révati un fils chéri, nommé Nisatha,

Soubhadrâ, unie à Ardjouna, surnommé Rathipàrtha, mit au jour Abhimanyou.

(D’Acroûra et de la fille du roi de Câsi, naquit Satyakétou^)

Sept des nobles épouses de Vasoudéva * eurent des enfants qui comptèrent parmi les héros : c est ainsi que Sântidévâ fut mère de Bhodja et de Vidjava ; Sounftmni, de Vricadéva et de Gada; et Vricadévî, d’Agâvaba*.

Une fille du roi de Trigartta* épousa Sisirâyana, et donna le jour à un fils nomme Gd/gja, qui, outré d\me parole injurieuse qu*on lui avait adressée *, obtint, au bout de douze années de pénitence, qu'il serait le père d'un héros pareil au dieu Scanda et rival de Cricbna lui-méme. Gârgya choisit pour femme une jeune bergère. Or, cette bergère était une Apsarâ qui avait pris ce déguisement: par la volonté du dieu qui porte pour arme le trident’, elle conçut de Gârgya un fils qui se nomma Càlayavana, et qui devint un roi très-puissant. Des chevaux qui avaient la tête et la moitié du corps d'un taureau, le traînaient dans les combats. Il avait été élevé dans le gynécée d'un prince Yavana qui n'avait point d'enfants : de là son nom de Ca7a-jarana *. Quand il cul succédé au roi (son père adoptif), il rassembla les Kchatriyas. Le divin Nârada avertit les Vriebnis et les Andbacas des préparatifs qu’on faisait pour les subjuguer par la force des armes. En effet , Càlayavana marcha contre Mathourâ et envoya un héraut à ses ennemis. Ceux-ci, se présentant devant le sage Crichna, délibérèrent ensemble sur les craintes que leur inspirait l’Yavana. Trouvant qu’ils n’étaient pas en état de lui résister, et cédant à la terreur que leur inspirait l’oracle de Siva, ils résolurent de se

* Ce pftSMgc o'est pas ici à sa place. 11 sembterait devoir epparteoir à la lecture précédeote.

' Ce sont les sept épouses, filles de Dévaca, dont il sera question dans la xxxvii* lecture.

* Ce passage me présente le verbe sfrf’ dans le sens actif et neutre. C’est un fait dont je ne parlerai plus.

* Le Trigartta est placé au nord-ouest de rinde. M. Wilson pense que ce peut être le pays a|^>elé aussi I^àlanMiartt,qui formait une

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