‹ Harivansa, ou, Histoire de la famille de HariChapitre 21 sur 55 · DÉSIR DE CONNAITRE LA GRANDE MERVEILLE · texte numérisé non relu

DÉSIR DE CONNAITRE LA GRANDE MERVEILLE

Djanamédjaya ' dit :

Les Pourânas rapportent la manifestation du tout-puissant Vichnou sous la forme d'un sanglier * : elle y est racontée par les sages. C'est une histoire dont je ne connais point les détails. Quels furent les motifs et le but de l’apparition de cet être merveilleux ? scs œuvres et ses qualités? sa nature, sa forme, son essence divine, sa grandeur, sa vie enfin et scs actions? L’n jour que les Brahmanes, rassemblés pour le sacrifice, se livraient à des disputes de rivalité, Crichna-Dwcpâyana ’ leur raconta les aventures du grand .sanglier, et leur dit comment Nàrâyana , sous cette forme , éleva sur une de ses défenses la terre plongée dans les eaux de la mer.

” (i; paragraphe ne se trouve que sur le maniiKrit (lovanigari de Paris.

' I/inten’ention de Djanamcdjaya dans cette lecture est une faute de goût : car il y parie comme un mniire « et non plus comme un disciple <pii a besoin de s'instmire. Au reste, son discours est formé de morceaux que l'on retrouvera en différents endroits des lectures subséquentes.

* Le mot sanscrit pourrait aussi se traduire rorfton ou ^tourteau. Sur les monuments ccvpliens , le coclton joue un rôle particulier:

à la suite des inondations, il aime k se plonger dans le limon ; et il est devenu , par oette raison . le symbole de la nature qui renaît à la suite des pluies ou des déluges. Quoi de plus conforme aux idées des mythologues, que de choisir, pour relever la terre submergée, un animal accoutumé à se vautrer dans les eaux immondes et bourbeuses ?

' Même |>ersoiinage que Vy&sa,fdsde Parâsara et de SatyavaÜ. C'est lui que l'on regarde comme l'auteur du Mahàbh&rala; c'est aussi à lui que Ton attribue les Pourânas.

0 saint Brahmane, je désire aussi connaître en détail toutes les œuvres de Hari, revêtu de la forme du sage Crichna et terrassant tous ses ennemis. Reprenant, dès l’origine, l’iiisloire de scs actions, fais-moi connaître quelles furent ses diverses manifestations, quelle e.st sa nature, et comment le dieu Vichnou, maître des Souras et vainqueur de ses adversaires, jugea convenable de devenir le fils de Vasoudéva. Quittant le monde des Dévas, habité par les immortels et les âmes vertueuses, il descendit dans ce monde mortel. Comment celui qui est le maître des dieux et des hommes, qui est la majesté souveraine remplissant le ciel et la terre, a-t-il uni sa nature divine à la nature humaine? Celui qui, seul, fait tourner ce disque*, espoir et salut de la terre , comment est-il venu parmi les hommes manier le disque des combats? Celui qui est le pasteur universel du monde, ce divin Vichnou, comment est-il descendu sur la terre pour s’y faire pasteur? Celui qui, âme de tous les êtres, porte en son sein et enfante les éléments, comment est-il né au sein d’une femme môrtelle?

C’est lui qui , cédant aux désirs des dieux , et devenu en trois pas maître des trois mondes établit les trois voies de l’univers, les trois qualités supérieures qui font l’essence de la nature®; lui qui, à la fin des âge.s, dévorant la terre sous la forme de l’eau, produit un monde qui n’est plus qu’une vaste mer où il circule par des routes visibles et invisibles; qui, anciennement, âme des temps antiques ’, sous l’apparence d’un .sanglier terrible pour ses ennemis , a soulevé la terre sur le bout d’une de ses défenses ; qui , le premier parmi les Souras, n’a jadis vaincu les Asouras que pour donner aux dieux les trois mondes, source inépuisable de biens pour toutes les créatures; qui, devenu moitié homme et moitié lion*, a mis autrefois â

* C'est le mot tchacra , qui signifie

roue et dttque et peut désigner ici le soleil, auquel on compare le disque de guerre qui est ordinairement l'arme de Crichna. Dans l'Onpnék'hal, l. II, pag. 97, il y a une comparaison détaillée du monde avec la roue d'un char.

* Ce passage fait allusion à Thistoire de Bali, à qui Vichnou, sous la forme d*un Brahmane nain, vint demander qu'on lui donnât autant de terre qu'il en pouvait mesurer en trois pas.

Bali le lui accorda, et le nain, grandissant tout à coup, remplit les trois inondes. Voilà pour qiielle raisonVichnou fut surnoinméTrtvicram».

* Ce sont le iatwa, le ratijas et le tamaf. Voy. la avii* lect. du Bhagavad-gilâ. Quant aux trois voies, voyez les lois de Manou, xii* Iccl.

* On pourrait traduire aussi : dans les PoarânaSt dme des Pourânas,

* C'est l'avatare appelé Sârasinha.

mort le puissant Dètya Hiranyacasipou ; qui, placé dans le Pâtàla sous la forme d’un volcan nommé Onra‘°, a desséché l’eau de la mer; lui, que d'âge en âge on a célébré comme un dieu à mille têtes, à mille yeux, à mille dents, à mille pieds; sur l’ombilic duquel naquit le lotus, demeure de Brahmâ, quand tous les êtres, animés et inanimés, étaient ensevelissons les flots de la mer universelle.

C’est lui qui, dans le combat de Târacâ ", terrassa les Dêtyas, en se présentant sous une forme qui renfermait tons les dieux et se servait de toutes les armes; qui , monté sur Garouda, terra.ssa le Détya Câlanémi , et vainquit Târaca, terrible et grand Asoura; qui, dans le nord, sur les flots de l’Océan de lait, de la mer d’ambroisie, dort au milieu des ténèbres profondes, plongé dans une pieuse méditation"; lui, dont Aditi, par la force de sa pénitence , obtint d’être mère", heureuse d’enfanter celui qui est la source divine de tous les Souras; lui, qui délivra Sacra ", pressé par les Dêtyas, en brisant le sein qui le contenait"; qui créa, pour être les pieds du monde, les Dêtyas , habitants des eaux ", fit les Dévas pour être les habitants du ciel, et donna â ceux-ci un roi qui fut Indra.

C’est lui qui inventa les vases sacrés ", les présents pieux ", les cérémonies ", la coupe pour boire le 5oma le mortier " pour nettoyer le rix,

* Le Pàtila est l’eiifer où habitent tes Nàgas ou serpents.

** Nous verrons plus tard l’histoire de cet ôrwa, mais sans y retrouver un avaUrc de Vichnou.

" Combat fameux entre les Dêtyas et les dieux, auquel le poète fait souvent allusioo, et dont la description se trouvera plus loin.

'* Le terme qui ex])rime celte idée est yoga.

Aditi fut la mère des douxe Âdiiyas, au nombre desquels on met Vichnou.

'* Nom du dieu Indra.

** Je crois que l’on indique ici une légende qui se rapporte à celle qui est racontée é 1a fin delà III* lecture; quoiqu’elles diflérent l'une de l’autre, je su|^K»e que toutes les deux ont le même objet en vue : U faut y voir un conte allégorique sur l'origine de l'aire des vents.

** La terre s'élève au-dessus de la mer, qu’ha-

bitent les grands serpents « lesquels servent de base et en quelque sorte de pieds à cette terre.

■’ qr^TfllI pd/rdni. Cest le mot qui exprime en général les ustensiles nécessaires au sacrifice, comme plats, coupes , cuillers, etc.

“ Nous avons d^à vu que dans tous les sacribees on laisail aux Brahmanes des présents, qu'on appelle ^Ull dakchinà.

'* J’ai rendu ainsi le mot dOtchâ ,

qui veut dire en général une cérémonie quelconque, et en particulier certains rites ou certaines prières qui précédent le sacrifice.

** Le foma est le jus de l'asclépias; cette coupe se nomme ichamasa.

ouloûJskala^ mortier de bois dans lequel on nettoie le ria. Parmi les péni-

le feu domestique et peqtétuel les rites funéraires le feu sacré l'emplacement destiné au culte le gazon et la cuiller du sacrifice ”, la victime, le vase appelé dAroavd”, et les offrandes supplémentaires”; lui qui , par un triple effet de sa sagesse , nous a créés tous deux, nous Dwidjas, pour offrir le havya et le cavya^, en même temps qu’il créait les Souras pour recevoir le havya, et les Pitris pour profiter du cavya; qui enfin , poulie bonheur des êtres, imagina, avec les pjûères, les poteaux et les anneaux ” où l’on attache les victimes , les matières qui servent à entretenir le feu, la cuiller sacrée, le toma, les ablutions, les objets des sacrifices, les sacrifices mêmes et les différents feux, les sacrificateurs, les assistants ”, les offrandes et les cérémonies les plus efficaces.

C’est lui qui, autrefois, remplissant les fonctions de créateur suprême

tenu de divers genres» il y en a qu'on nomme dantoloûkhalxcai , et qui s'astreignent à manger leur rii sans le monder.

** Ce feu domestique, appelé ^Arkapatya^ est transmis de père en fiU aux cbels de maison, qui doivent l’entretenir è perpétuité.

** cérémonies funèbres portent le nom général de sradJha : l'expression employée ici est anieâhârya. Cette cérémonie

consiste en un repas célébré en l’honneur des mânes , le jour de la nouvelle lune.

** Ce feu est nommé dAora-

atya. H est pris au feu domestique perpétuel, et sert aux sacrifices.

** Le mot sanscrit est vêdi. C'est une place carrée, destinée au sacrifice.

'* cousu [poa eynosuroides).

jroiini. C'est une cuiller de bois, avec laquelle on verse dans le feu du sacrifice

le beurre clarifié. On dit aussi

*' La dhroaw est un vase qui a la forme de !• feuille de figuier indien : il est fait du bois du jlacoarria tapida. (Voyes Wilson.)

** Nous avons déjà parlé plusieurs ibis de ce

sacrifice, qui se nomme Avabkri-

thya.

** Le havya et le cavya sont deux sacrifices, l'un en l'honneur des dieux , l'autre en l'honneur des mânes.

'* Ces poteaux se nomment yoùpa : ils sont faits ordinairement de bambous ou de bois de tchadinit tchayar (mtmêwa catecha). Ou attache , selon quelques auteurs, un anneau de bois à la partie supérieure, ou, suivant d'autres, un anneau de fer à la partie inférieure de ces poteaux, qui sont plantés avec certaines cérémonies, et consacrés par une libation de beurre. Le mot que j'ai rendu par aa/teaux esl ^ paridhi. M. Wilson dit que c'est la branche d'arbre à laquelle on attache la vk-

rv

time. La préposition m'a paru présenter l’idée de cercle, d'anneau : je vois là une espèce de hart fixée au poteau sacré.

" Celte idée est exprimée par le mot tadasya, qui s'entend d'un prêtre chargé d'assisler l'officiant , et de lui faire remarquer les fautes qu'il peut commettre dans le cours du sacrifice.

en formant la révolution des mondes, divisa le temps en âges successifs, et distingua les Kclianas, les Ijivas, les Câchthâs, les Calâs ”, les trois temps, les heures les jours , les mois , les Pakclias ”, les années , les saisons ” et les Yogas” chroniques, voulant que ces diverses mesures fussent multiples du nombre trois ”, fondant les ternaires du temps, de l’espace et de la matière”, de l’attribut, de la forme et du sujet”, établissant trois castes”, trois mondes, trois Vèdes, trois feux, trois temps, trois œuvres, trois résultats de l’action”, trois qualités, créant enfin, dans son étemelle action, ces trois mondes éternels avec les êtres de toute espèce, et toutes les qualités qui les distinguent.

C’est lui qui se joue dans les merveilles de l’organisation humaine , maître du passé et de l’avenir et souverain du monde, voie suprême des hommes vertueux, fermée aux pécheurs, principe des quatre castes , con-

'* Un kchana est composé de trente calâs et forme 4 minutes. Un ïava est un soixantième de nimécha ou clin d’œtl ; quelquefois c’est une division de temps plus grande renfermant trentesix nimrcAos ou deux câchthâs, autrement seconde. Une câchthâ est un trentième de cald ou dix-huit nimtchas. Une calâ est trente câchthâs ou 8 secondes.

^ On compte trente heures ou moahoârttas par jour, de 48 minutes chacune.

** Un pakcha est une moitié de mois lu* nairc : il y a le pakcha noir et le pakcha blanc, suivant les phases de la lune. Voyez lect viii.

** Les Indiens comptent six saisons.

Ces yogas sont au nombre de vingt-sept. Un y-oja est ^ des 36o degrés de riV:liptiquc, et sert à mesurer les longitudes du soleil et de la lune. C'est aussi une période astronomique.

** Tels sont les mots du texte : CRTTÎT

** Ainsi ai-je rendu le mol ici la double idée d'accumulation et d'agrégation de molécules, ce qui me semble expliqué par le mot mabère.

“ Le texte porte :

J’ai vu dans formé de , et dérivé

de ^ et de {6cnè ifere), l'idée de la substance siipj)ortant la modification de la forme et de l’aUribut qui la distingue particubérement. /loupa signifie aussi coutear.

*' L'auteur, par esprit de système, supprime la quatrième caste, dont les membres en eCTel ne portaient pas le nom de dtriJjas ou régénérés. Tout à l'heure il U rétablira, quand U voudra parler de la division par quatre. U en est de même des Vèdes, dont le quatrième, l'Atliarva, passe pour plus moderne. Quant à ce que l’auteur entend par les trois temps, il nous semble que c'est le passé, le présent et l'avcuir. Tel est au moins l'avis de M. Wilson, dans son Dictionnaire, au mot THcâiadjna. Voy. cependant dans l’Oupnék'hat, 1. 1, p. 6t, t. II, p. 167, et alibi, une autre explication moins naturelle.

” Voyez lois de Manou, lect. xii, si. 3 et suif. I.Æ mol apâya {résultat de taction)

est peut-être synonyme de ÏT^ gati.

scrvateur des quatre holocaustes*’, savant dans les quatre Vèdes, protecteur des quatre ordres de dévots, horison **, atmosphère, terre, eau, air et feu, splendeur du soleil et de la lune, précepteur des Yogins; lui, qui dissipe les ténèbres de la nuit, et que l’on célèbre comme étant la suprême lumière, la suprême pénitence, l’étrc supérieur qui ne voit rien au-dessus de lui, l’âme sublime et universelle, Nârâyana, plus grand que les Védes, les cérémonies du culte, les saints devoirs, la voie du salut, la vérité, la pénitence , la délivrance finale *’, enfin , plus grand que ce qui est vraiment grand. C’est lui qui est le divin Aditya et ses frères, et la mort pour les Dètyas, la mort pour le monde à la fin de chaque âge, la mort pour celui même qui a tué le monde; lui, qui est le salut de ceux qui sont le salut du monde “, l’offrande du sacrificateur, le docteur des hommes savants dans les Vèdes, le principe des principes actifs, Sonia *’ pour tout ce qui est sous l’influence de la lune, le feu des objets brûlants, l’intelligence des êtres intelligents, la pénitence des pénitents, la modestie des gen.s modestes**, la vigueur des hommes vigoureux, la force des forts, la voie de ceux qui suivent la voie suprême, le créateur des créations diverses, la cause première du monde. C’est lui enfin qui est fauteur de fétber, l’air qui est l’âme de l’air, le feu qui est l'âme du feu, les dieux *’ qui sont le souffle de ce même feu, et le vainqueur de Madhou.

** Ces quatre holocaustes sont sans doute les quatre sacrifices que les lois de Manou , lect. il , si. 86. désignent sous le nom de paca^ai^nas. Plus bas. les quatre ordres de dévots sont les quatre drramoi. dont nous avons déjà parlé plusieurs fois.

ïïïrIJ' diÿaniarah. Cesl l'espace compris entre les divers points du ciel.

mckcha. Voyez xxx* lect. note a.

** Le texte porte

Le mot sétoa désigne ces chaussées qui séparent les champs, et qui servent, pendant les inondations, pour le lissage des voyageurs. Je n'oi pas trouvé d'expression française qui rendit ce mot, dont l'inlerprétatioa devient £scüe si l'on

suppose que les hommes sont jetés dans ce monde comme dans une mer, et que les bons, par leurs exemples comme par leurs mérites, sont des cs|iéccs de sr/oui ou chaussées, qui sencot de communication entre la terre et le ciel. Celte pensée me |Mroit contenue dans le passage suivant de rOupnék'hat, t. I,p, 386: £t ille âtma pons ad mokcham et Uberationent {falutem) ett.

Soma est la lune, qui exerce une grande influence sur l'oi^anisalion humaine , comme nous le verrons un peu plus loin.

“ Voy. Bbagavad gitâ, lect. v, vers la fin ** Je crois que par ces dieux on entend les sept flammes ou langues {srptrm apices] que l'on donne au feu et que l’on a divinisées.

Le sang vient du fluide élémentaire (rasa) du sang vient la chair; de la chair , la matière séreuse ; de la matière séreuse , les os; des os, la moelle; de la moelle, le sperme; du sperme , l’embryon ; et cette suite de productions a pour fondement le rasa. La première influence est donc l'influence aqueuse, qu’on appelle lunaire [sômya) : la seconde est celle du feu, qui échauffe l’embryon. Ainsi le sperme est animé par la lune (soma); le sang menstruel, par le feu : or, ce feu et cette lune sont également animés par le rasa, comme le sperme lui-même. Celui-ci se convertit en flegme, le sang devient bile : le siège du flegme est le cœur; celui de la bile est l’ombilic. Au milieu du corps est placé le cœur, qui est aussi le siège de l’âme; entre l’ombilic et l’estomac est établi le dieu du feu; l’âme est Pradjâpati, le flegme est Soma, la bile est Agni et c’est ainsi que le monde est fondé sur l’union d’Agni et de Soma Le fœtus , une fois constitué, s’augmente comme le nuage : l’air s’y introduit et s’y confond avec le souffle suprême. Il forme, nourrit, agrandit les membres de ce corps où il est établi, et il poursuit ses accroissements, se divisant lui-même en cinq espèces d’air qu’on nomme prâna, apâna , samâna, oudàna et vyâna Le souffle appelé prâna augmente et fortifie le siège principal où réside l’air; Y apâna, les organes inférieurs du corps; Yoadâna, les oignes supérieurs; le vyâna, les parties intérieures où, avec le samâna, il exerce son action. Les cinq éléments, la terre, l’air, l’éther, l’eau et la lumière, s’unissent ensemble pour former les organes des sens, dont chacun s’accroît des molécules qui lui conviennent. De la terre vient le corps ; de l’air , le souffle vital; de l’éther, les parties creuses de l’eau, les humeurs; de la

“ Le ratu est la qualité particulière à l'eau formée de la lumière. Voyez lois de Manou , lect. I, si. 78. Voyez aussi le Dictionnaire de M. Wilson , pour ce mol qu'il croit signifier le chyle. J'ai traduit ce passage aussi exactement qu'il m'a été possible. Il est curieux de voir comment les Indiens entendaient la physiologie. Je ne défends pas leurs idées, et je ne veux pas non plus les déguiser. Voyez dans l'Oupnék'hat, t. II, p. a35, des détails sur la formation successive du fœtus.

’’ Je rends nftr rùsi par influence.

" Agni est le nom du dieu du feu, ignis.

“ Le mot qui rend celte idée est agntchoma- Voyez la Grammaire de Wilkins, n® 1095.

** Voyez à ce sujet l’Oupnék'hat , 1 1, p. 19 et 3oa. Le prâna est la respiration, le soulHe qui sort des poumons, h'apdna a son siège dans les intestins ; le samâna , dans l'estomac ; l'oudilna , dans la tête; et le vyâna, dans toutes les veines du corps.

” J'ai traduit littéralement le mot

lumière, la vivacité perçante de la vue. Enfin arrive l'intelligence, qui dirige lea sens, comme le cocher guide ses chevaux, et qui établit la communication entre eux et les objets extérieurs

C’est Vichnou, principe fécondant (poaroucha), qui a créé tous ces mondes étemels : comment donc est-il venu, dans ce monde périssable, se revêtir de l’humanité î* Saint Brahmane, voilà ce qui m'embarrasse et m’étonne. Comment celui qui est la voie suprême a-t-il pris une forme mortelle? Tu m’as appris la généalogie de ma propre famille : je désire connaître aussi l'histoire de Vichnou et la suite de celle des Vrichnis. Vichnou est pour les Dévas et les Dêtyas la grande merveille. Raconte-moi, ô savant Mouni, le miracle de ses naissances : récit étonnant, source d’une grande félicité, monument de gloire pour le tout-puissant Vichnou, célèbre par sa force et son courage, admirable par ses œuvres immortelles.

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