COURTE EXPOSITION DES AVATARES ‘ DE VICHNOU
Vèsampâyana répondit :
La demande que tu me fais est importante : tu veux connaître les actions du dieu qui porte l’arc Sdmga Je me conformerai à ton désir, ô prince, autant qu’il me sera possible, et je vais t’entretenir de la gloire «le
** Dans c« passage on rencontre le yptfjiia , avec le sens de collection, rianion , <usem- Uage, quoique M. WÜson semble exiger que pour avoir ce sens il soit en composition avec a n autre mot. La xlv** lecture le reproduit, mais en composition , dans et iRUFT
uuln/aÿrdma et bhodtagrâma.
' G; mot, qui signifie deteenie, indique l ap* parition d’uue divinité sous une forme mort^e. Il s agit spécialement ici des incarnations
de Vichnou, dont les principales sont au nom* bre de dix. Mais il parait que les auteurs ne s'accordent pas sur la nature de ces avatares. Le poète, dans cette lecture, ne fait aucune mention du Poisson et de U Tortue, regaiviés par quelques écrivains comme les deux pie* miers avatares; mais il en cite d'autres sur lesquels U donnera plus tard d'assez longs développements.
* iSdni^a est en général un arc de corne, et en particulier celui du dieu Vichnou.
Vicimou. Tu éprouves le désir de connaître les effets merveilleux de sa puissance. Kcoutc.jc te dirai et sa nature et ses oeuvres divines : dicuinlini, il a mille yeux, mille bouches, mille pieds, mille bras, mille mains, mille langues; seigneur généreux et resplendissant, ses mille tètes sont ornées de mille diadèmes: il possède toutes les perfections qui le rendent le premier des êtres. Il est l'ablution, l’offrande, l’holocauste et le sacrificateur, les vases consacrés, les purifications, l’autel les rites préparatoires*, l’oblation*, la cuiller, le soma , la corbeille , le pilon *, la victime , la promenade autour du foyer sacré ’, le prêtre instruit dans l’Yadjour*, le lecteur du Sâma , le Brahmane*, l’acolyte '*, le temple", rassemblée ", le poteau, l’aliment du feu, le cousu, la louche ", la coupe, le mortier, la chambre de famille", l’emplacement pour la cérémonie, l’officiant et l’auditoire ", tout objet enfin, petit ou grand, animé ou inanimé, les pénitences", farj/iya ", le terrain préparé pour le culte ", le gazon, la prière ", le feu qui dévore le
* CesI le mol ^ wfd , que j'«i rendu ici par autel.
feharou.
* Le pilon sert à émoniler le riz dans le cnorlicr.
’ MimUl da^c/ii/idYfinam. Nous avons <lêjà vu que dans les sacrtlices, il y avait une cérémonie qui consistait à tourner autour du feu sacre, en laissant toujours ce feu à sa droite.
at/htrarrrou ' vipra.
sadajjf'a .
juduna.
" Cest la traduction du mot danri,
qui désigne une espèce de cuiller '• CnrâüîT pMjvunsa.
“ Ce mot est la traduction de feha-
qui m'a fort embarrassé, parce que rien ne m'indiquait le sens de cette eipression technique. J'ai vu , dans le Dictionnaire de Wilson, que^^ tchaya, entre autres significations, voulait dire mahdade, coUccùon. J'ai |)ensé que jiounrait bien se prêter au
sens de rassemhJement.
'* p’^yatlchitta.
L'an/hya est la même chose que lari^Aa. Voyez Icci. aiv, note ai.
" pirfeFr îthandila, terrain uni et carré préparé pour le sacrifice. Nous avons vu ailleurs que cette idée était exprimée par le mot védi;cl quelques lignes plus haut, yadjnabhoûmi [champ du sacrifice) rappelle la même circonstance. Je ne saurais dire s'il existe quelque différence cntii* ces mots : ce passage d'ailleurs me semble contenir qudques autres répétitions.
montra
QUARANTE ET UNIÈME LECTURE, sacrifice , la portion résen^ée aux assistants , et les dévots qui la mangent. Voilà le portrait que donnent de Vichnou les Brahmanes savants dans les Vèdes; ils disent que le feu et le soma forment ses deux bras, que le beurre du sacrifice compose scs rayons , et que c’est un souverain éternel à l’arme toujours haute et menaçante. Il est le roi des Souras; sur sa poitrine est gravé le Srîvatsa Dans sa suprême sagesse , il s’est déjà mille fois manifesté , et sans doute il daignera encore se manifester au monde : c’est ce que nous a révélé le saint patriarche’*.
O grand roi, tu m’as demandé le récit d’une histoire mémorable et divine : tu as désiré savoir pour quelle raison le grand Vichnou , le maître des Dévas , le vainqueur de si puissants ennemis, quittant le séjour des dieux, est né dans la famille de Vasoudéva. Je vais donc te raconter en détail les hauts faits de fillustre Crichna.
Pour l’avantage des dieux et des mortels et le bien des mondes, celui (jui est l'âme de tous les êtres a plusieurs fois revêtu une forme extérieure. Je te dirai quelles furent ces saintes apjiaritions , et leurs caractères divins, ainsi que les célèbrent les poétiques récits de nos saints livres. D’un cœur pur, d’une âme recueillie, écoute, û Djanamédjaya , ces histoires antiques et révérées, dont les Vèdes aussi font mention. Voici ce que l’on raconte de Vichnou.
Fils de Bharata , quand l’amour pour les saints devoirs commence à s’afl'aiblir, pour rallumer le zèle qui s’éteint, le maître du monde naît sur la terre. Sa forme divine, et qui reste toujours dans le ciel, se livre à de rigoureuses austérités. Son autre forme , étendue sur sa couche, tombe dans le sommeil. L’âme supérieure [Adhyâtma) s’occupe en elle-même de la destruction et de la reproduction des créatures. Au bout d’un sommeil de mille ans, apparaît, pour accomplir son œuvre, le dieu des dieux, le père du monde. L’aïeul de la création “, Brahmâ, Capila “, le souverain dieu les gar-
** Srivalsa est un signe particulier en foime de rosace que forment les poils bouclés sur la (>oilnne de \'ichnou.
Le Ic&tc emploie d'une manière vague le mot pradjàpati, sans designer quel est le per> sonnage dont Ü est ici question.
/^fûimiAa.Ccst ordinairement
un nom que l’on donne ii Brahmâ, ainsi que le root Paramechthin. t qui vient un peu plus loin.
** CapUa n’est pas ici le nom du philosophe, fondateur du système sânkhya. Cest un avalare de Siva ou de Vichnou, par lequel on désigne un des principes actifs du monde.
** Poi^fnechthin (in primo stans).
IIARIVANSA.
dicns de la terre le soleil, la lune, le feu, les Dévas, les Saptarcliis, le glorieux Tryambaca “, l’air, les mers et les montagnes, sont tous renfermes dans son corps, avec le puissant SanatcoumAra et le grand Manou, divins fondateurs de la race humaine. L’ancien des dieux travaillait ainsi à la reproduction des mondes ”, et brillait comme le feu le plus éclatant. Toute la nature, animée et inanimée, avait péri ; les dieux, les Asouras, les hommes, les serpents, les Râkcbasas n’existaient plus. S’élevant du milieu de la mer, deux Dânavas, Madhou et Kétabba, fiers de leur force et de leur courage, demandaient le combat. Us succombèrent sous les coups de ce dieu pui.ssant, qui daigna les consoler en leur accordant la faveur de revivre un jour.
Celui sur l’ombilic duquel s’éleva un lotus’*, dormait au milieu des flots de la mer. De ce lotus naquirent les dieux, et les divers ordres de Richis. Dans le Pourâna qui célèbre la gloire de ce dieu, cette manifestation porte le nom de Pâcheara
Vient ensuite l’apparition de Vichnou, le premier des Souras, sous la forme d’un .sanglier, être mystique qui a pour face l’écriture sainte, pour pieds les Vèdes, pour défenses les poteaux du sacrifice , pour bras les sacrifices mêmes, pour bouche le bûcher sacré, pour langue le feu, pour soies le darbha *®, pour tête la science divine ; il est habile dans les exercices de la pénitence ; le jour et la nuit sont ses deux yeux ; les Védângas sont sa
" Le nom Mnscril est locapéla : on en* terni par ce mot les dieux ou gi^nies chargés spécialement de garder les différents points du ciel et les diverses parties de la création.
** Nom du dieu Siva, que nous avons déjà vu.
*’ Ce passage, qui m'a pani interpolé, renferme un mot qu'il m'a été im|>ossible de rendre littéralement: c'est le mot pouréni»
qui signifie viUe. Je ne conçois pas que Vichnou, dans la position où le place le poète, puisse fonder des villes. J’avais essayé de faire rap|x>rter cette idée à Manou : mais la diHicuité était toujours la même. J’avais pensé ensuite que ce mot signifiait collection, datte if êtres. J'ai mieux aimé le regarder, dans ce passage, comme synonyme de loca ( momfe) , c'est à^lire ,
rtceptadct habitation des diverses créatures. Cestdans ce sens que, par métaphore, pottra signifie calice d’une fleur, et corps. Le Bhagavad-gità appelle le corps humain la ville atuc neuf portes.
** n s'agit ici de Vichnou, sur l’ombilic duquel s'éleva le lotus mystique d'où sortit Brahmâi fiction qui a donné lieu à plusieurs épithètes par lesquelles ces deux divinités sont désignées.
’* Un des noms du lotus {nymphmu ne- /omào), est poucheara. Voyez le tome VIII des Recherches asiatiques; Wilford y donne une carte indienne qui représente la terre sous la forme d'une fleur de lotus.
** Le mol Jarbha est synonyme de corm , le gazon sacré.
parure, le beurre est son nez, la cuiller son boutoir, les airs du Sâma son gn^nement : grand, terrible, vénérable, il est la loi et la vérité même ; les saintes pratiques ’’ sont sa démarclie et son pas; les œuvres de pénitence ses ongles, les victimes “ ses genoux, l’holocauste son pénis; les plantes employées dans les sacrifices sont les autres organes de la génération ; le souffle des instruments est son âme, les prières sont ses reins, le soma son sang, le védi “ ses épaules : il a pour odeur celle du beurre clarifié ; sa force est celle du havya et ducai;ya’*; le prdgvansa^^ est son corps, lumineux et orné de mille cérémonies; les donations pieuses forment son cœur; occupé des exercices de Yyoga, il est le grand sacrifice personnifié: la lecture desVèdes est l’opiat qui embellit ses lèvres les tourbillons du feu l’entourent comme un vêtement; les vers des livres sacrés ” sont une jonchée que foulent ses pas, et les mystérieux Oupanichats ” forment ses aliments ordinaires. Il s’élance avec la majesté du dieu qui occupe le sommet du Mérou et qui s’avance accompagné de son épouse Tchhâyâ *. Iji terre, entourée de mers.
** Ce passage m'a embarrassé i U contieni cet hémistiche t ï cnoma-
vicron%asatcnyah. Je trouve dans Wilson que crama est un précepte divin , ou une pratique prescrite par les V'cdes. M. Colcbrooke nous avertit que crama est une des |)etites divisions des Vèdes. Mais cette expression signifie aussi foret , poavoir, ainsi que rrerama. Il m'a semblé que ces deux mots devaient avoir entre eux un rapport et non une opposition de signification; que par conséquent je ne pouvais pas traduire U poavoir des cramas ; que je devais aussi rejeter un sens éloigné, tel que force et poaruir, et prendre le sens propre qui indique marche et mouvement.
“ Cest le mot pasou (peciu) que j’ai rendu par vichme. 11 désigne en général un être vivant, et en particulier une chèvre. Ce mol signifie aussi sacrifett offrande.
* Le comme nous l'avons déjà dit,
est le terrain sur lequel on sacrifie. VoTez note i8, et lect. uxtii, note 5.
Nous avons dit, p. 179, que le Lit^a est le sacrifice en l'honneur des dieux , et le caryu le sacrifice en l'honneur <les mènes.
Le prdÿvansa ( voyez note 1 4} est une pièce située vis-à-vis de la salle qui contient les ustensiles du sacrifice; c'est là que s'assemblent la famille et les amis de la personne par qui le sacrifice est offert.
** Cet opiat porte le nom de routcAara , et plus communément de rotchanà ou ^orotchanà. C’est une substance jaune et brillante, préparée avec l'urine de la vache ou avec des matières que cet animal a vomies. lüle sert à marquer sur le front des dévots les signes de secte, appelés tilacas. On l'emploie aussi dans la peinture, 1a teinture et la médecine.
** tchhaïuhts.
** Ce sont des traités sur la théologie des Vèdes; quelques-uns de ces traités, traduits en persan, ont été reproduits en latin par .\nquetii Duperroo, et forment l'ouvrage connu sous le nom d'Oupnèk'hat.
** Voyez la lecture ix*.
avec scs montagnes et scs forêts, ne présentait plus que l’apparence d'un immense Océan, et elle était plongée dans les vastes flots. Le dieu quia mille tètes, le maître de la nature, pour le bien des mondes, prit cette forme de sanglier du sacrifice, forme puissante et miraculeuse : sur une de scs défenses, il souleva la terre submergée sous l’eau de la mer. Telle est l’apparition que l’on appelle l’apparition du sanglier ( Vdràha).
Voici maintenant celle où il se montra sous la forme d’un homme-lion, et donna la mort à Hiranyacasipou. Ce fut dans l'âge appelé Crila ; cet ennemi des dieux, ce héros Dètva, fier de sa force, se livra à une rigoureuse pénitence pendant onze mille cinq cents ans “, s’abstenant de boire de i’eau, restant avec constance silencieux et immobile dans la même place. Par sa mortification, son abstinence et son application aux saintes études, par sa pénitence et scs austérités, il gagna la faveur du divin Swayambhou , du grand Brahmà, qui lui apparut sur un char aussi brillant que le soleil et traîné par des cygnes entouré des Adityas, des Vasoiis, des Sâdliyas, des vents et des autres dieux, des Roudras, des Viswas, des^akebas, des Râkchasas, des Kinnaras “, des points principaux de fborizon et des points intermédiaires “, des fleuves, des mers, des constellations, des heures, des oiseaux, des poissons, des Dévarchis, riches de leur pénitence, desSiddhas, des Saptarebis, des saints Râdjarchis, des Gandharvas et des Apsarâs. Le maître des êtres animés et inanimé‘s, le sage Rrahmâ, environné de tous les Souras, dit an Dêtya : «Je suis satisfait de ta dévotion et de ta fencur. Je
• viens fen féliciter: demande-mol un don, je promets d’accomplir ton
■ Je demande, répondit Hiranyacasipou, que les dieux, les Asouras, les
• Yakchas, les serpents, les Râkchasas, les hommes et les Pisâtehas ne puis- « sent me donner la mort. O père du monde, je demande que les Richis
“Coimiic j'ai averti que U m(''tliO(lc indienne jwur compter te» années me paraissait incertaine, je donne ici le vers qui contient le nombre que^’ai adopté :
?TrnH ^ qra ?r
10,000 -i-loox »o-fr-ioox5=i is5oo.
L oifK^au consacré à Brakmi est appelé en sanscrit iiama {atutrl.
Les Kinnaras étaient des demi-dieux, que Ton représentait avec une tête do cheva]. Ils étaient attachés au sentice de (kuivéra, comme musiciens.
Outre les dix points cardinaux reconnus chet les Indiens et dont on faisait des divinités, sous le nom de Duos, il y avait encore des points intermi^iaires appelés rufisai, et d’autres nommés pratÜMU et apadtMS.
• puissants par leur pénitence, ne puissent dans leur colère me nuire par
• leurs imprécations. Tel est le don que je choisis. Qu’invulnérable à toute
• espèce d’arme, je ne puisse mourir ni par le coup d’une pierre ou d’un
• arbre, ni par reffet du sec ou de rbumidc, ni d'aucune autre manière;
■ que je ne succombe que sous la puissance de celui qui de sa main seule > me terrassera au milieu de mes serviteurs , de mes soldats et des animaux
■ qui me servent de monture; que je sois aussi le soleil, la lune, l'air, le a feu, l’eau, le firmament, les constellations, les dix points cardinaux, la
• colère, le désir, Varouna, les Vasous, Yama, le dieu dispensateur des a richesses, roi des Yakchas et des Kimpourouchas **. •
Ainsi parla le Dctya au divin Swayambhou, qui lui répondit en riant : a Mon ami, je t’accorde tous ces dons merveilleux : tu jouiras, sans aucun a doute, de l’objet de tes désirs. » 11 dit, et disparut dans les airs pour retourner dans sa brillante demeure qu’habite la troupe des Brahmarchis. En apprenant quel privilège venait d’être accordé à Hiranyacasipou par le dieu qui est sorti du sein de fonde les dieux avec Indra à leur tète, et les serpents, les Gandharvas et les Mounis, vinrent remontrer à Brahmâ le danger d’une pareille concession. • Grand Dieu, lui dirent-ils, fort de ce a privilège, l’Asoura nous donnera la mort. Ayez pitié de nous, et trouvez a le moyen de le détruire lui-même. • Le divin Swayambbou, père et souverain de tous les êtres, fondateur des kavyas et des cavyas esprit invisible et matière organisée, maître étemel, en entendant ce discours des dieux, prononcé dans f intérêt du monde, leur répondit : « O dieux, il doit a jouir du fruit de sa pénitence; mais à la fin, le divin Vichnou lui don-
• nera la mort. » A ces mots du dieu né du sein d’un lotus, tous les Souras retournèrent avec joie dans leurs demeures.
Cependant le Dêtya Hiranyacasipou, orgueilleux du privilège qu’il avait obtenu, tyrannisait tous les êtres. 11 allait, jusque dans leurs ermitages, tourmenter les saints Mounis, occupés d’œuvres jiieuscs et de mortifications, et ne connaissant d’autre plaisir que celui que donnent le devoir et la vérité. Vainqueur des Dévas habitants des trois mondes, et souverain de
“ Ce mol est syDonyme de Kinnara. Voyez U noie 4o-
Cette idée rappelle le moment de la créa-
tion où Brahmâ, dans l'iruf d'or, apparut sur la mer universelle.
“ Voyez la noie 34-
IIARIVANSA.
ce triple empire , le puissant Asoura avait établi son séjour dans le ciel. Sa grandeur l'avait comme enivré : il n'admettait plus aux sacrifices que les Détyas, et en avait exclu tous les dieux. C'est alors que les Àdityas, les Roudras, les Viswas, les Vasous, demandèrent la protection du dieu des dieux, puissant et sauveur, de Viclinou, maître des sacrifices, seigneur adoré |iar le monde, de Nârâyana qui est le passé, le présent et l'avenir.
• Maître des dieux, lui dirent-ils, secourer-nous aujourd'hui contre Hi-
• ranyarasipou. Vous êtes notre dieu, notre protecteur, notre conseil; vous « êtes pour nous bien au-dessus de Brahmft et de tous les Souras. O vous,
• dont l'œil ressemble à la feuille du lotus, vous qui pouvez détruire les
• armées de vos ennemis, sauvez-nous aujourd'hui des fureurs de la race ■ de Diti. > Viclinou leur répondit ; • Dieux immortels, soyez sans crainte;
• croyez-en ma ]iarole, avant peu vous rentrerez au ciel. Ce Détya, en-
• touré de sa cour et fier d'un privilège usurpé, ce roi des Dânavas, qu’au-
• cun immortel ne peut mettre à mort , ne saura me résister. •
Ainsi parle le grand llari, et il quitte les dieux pour se rendre au conseil d'Hiranyacasipou. Il prend cette forme que l'on appelle Ndminha; la moitié de son corps est d'un homme, l'autre moitié d'un lion. 11 est brillant, fort, retentissant et rapide comme le nuage orageux. Il frappe ses deux mains l'une contre l'autre, et d'une seule il va saisir et tuer le Détya vigoureux et superbe, comparable au tigre pour la force, et protégé par la foule de ses orgueilleux compagnons. Tel fut fhomme-lion : Vichnou apparut aussi sous la forme d'un nain pour le malheur des Détyas.
Le puissant Bali faisait un sacrilice : le puissant Viclinou, en trois pas, renversa ces grands Asouras, qu'il semblait que rien ne pouvait renverser. Là se trouvaient assemblés Vipratcliitti, Sivi, Sancou, Ayassancou, Ayassiras, Aswasii-as le courageux Hayagrîva, le rapide Kétoumln Ougra, le grand Ougravyagra , Poucheara, Pouclicala, Aswa *®, Aswapati, Prahrflda, Coumblia, Sambrâda, Gaganapriya , Anouhràda , Hari, Hara, VarAha, Samhara, Abara, Sarablia °°, Salabha, Coupatha, Copana, Cratha, Vriliatlirtti , Maliâdjihxva, Sancoucaima, Mahâswana, Dîi^hadjihvsa, Arcanayana, Mri-
” Ce Dom e»t répété deux fois dans celle " Le manuscrit de M.Tod l'appelle 5âfràe. liste. '* Le même manuscrit de M. Tod porte ici
“ Même observation. Sarala.
doutchâpa Mridoupriya, Vâyou, Djavichtha, Namoutchi, Sambara, le grand Vikchara, Tchandrahantri, Crodhahantri , Crodliavarddliaiia , Câlaca, Câlakéya, Vritra, Crodha, Virotchana, Garichtha, Varichtha Pralamba, Naraca, IndratApana, Vfltâpin, Asiloman, Pouloman, Yâchcala, Pramada, Mada, Khasoûma^ Câlavadana, Carâla, Côsica, Sara, Ëcâkcha, Tchandrabâhou, SamhAra, et Bhidouraswana Leurs mains sont armées des instruments qui tuent cent hommes de disques, de massues, de machines qui lancent les pierres, de traits “, de mortiers “ garnis de dards, de haches, de nœuds coulants de larges marteaux , de pilons, de quartiers de rocher et de tridents. L’extérieur de ces guerriers , terribles et impétueux, est aussi varié que leurs armes. A voir leurs tètes , on les prendrait pour des tètes de tortues, de coqs, de corbeaux, de hiboux, d'ânes, de chameaux, de porcs, de poissons, de chakals, de rats, de grenouilles, de loups, de chats, de lièvres, de crocodiles, de béliers, de vaches, de chèvres, de brebis, de buffles, d'alligators, de hérissons, de hérons, de sarabhas^, de rhinocéros et de paons. Ils sont couverts de peaux d'éléphants ou d'antilopes noires, ou bien d’écorces d’arbres. Ces Asouras sont magnifiquement ornés de turbans, de diadèmes, de pendants d'oreille, d’aigrettes, de panaches, de colliers. Tel est le costume varié de cesDétyas, parés aussi de mille et mille guirlandes. Ils saisissent leurs armes qui semblent lancer des flammes. Ils environnent Hrichîkesa ; mais celui-ci marche, et de ses pieds, de ses mains, il renverse lesDôtyas. Sa forme devient terrible, et du premier pas, il est
*' Le même manuscrit donne Mridoavâkya.
** Ce nunuscrit, au lieu de ce personnage, met Tckacrahaita.
** Je me suis permis ici ui>e correction , ne pouvant me résoudre à adopter Mridouratwûna, qui ne me paraissait pas un mol sanscrit.
“ Le nom de cette ume est SfïïTïïT $ata^knf. On a voulu la faire passer pour une espèce d'arme à feu, connue des anciens Indiens; mais U paraîtrait que cVtail une pierre garnie de piquants de fer.
** Mes trois manuscrits appellent celte arme PrfewT IthinMpâla. M. Wilson donne
AAindapdia. Il dit que c‘est une petite flèche lancée à la main , ou par le moyen d'un tube.
^ Je ne sais |>as trop quelle espèce d'arme peut être un mortier. Je suppose que cette arme ressemble à la description que l’on donne de la sataghnt. Voyex note 5à.
** Le mro6Aa est un anima] fabuleux , qui habite les Montagnes de r>eige et è qui l'on donne huit jambes. Le manuscrit dévanâgari de Paris, au lien de iarahhaf porte ^aroatia, qui est le nom d’un oiseau fabnleus , compagnon de Vichnou.
maître de la terre : la lune et le soleil sont à la hauteur de sa poitrine. Du second pas il s’empare du ciel, et ces astres sont à son ombilic. Il va plus haut, et ils ne lui viennent plus qu’au genou. Tel est le récit des saints Brahmanes Maître de la terre et vainqueur des Asouras, le toutpuissant Vichnou rendit le ciel à Indra. C’est ainsi que les sages, instruits dans les Vèdes, racontent à la gloire de Vichnou l’apparition du nain, qu’ils appellent Vdmana.
Ce dieu, âme de tous les êtres, se montra encore sous le nom de Dattâlrcya modèle de patience et de miséricorde. Les dieux n’existaient plus; les cérémonies et les sacrifices avaient cessé; les obligations des quatre castes étaient confondues; l’amour du devoir était affaibli; le vice croissait en force; la vérité avait perdu son influence; l’injustice régnait avec audace, les êtres dépérissaient, et toute distinction entre les familles était méconnue. C’est le sage Datlâtréya qui rétablit les sacrifices, les cérémonies, les Vèdes; lui, qui arrêta la confusion des castes. C’est lui aussi qui donna au roi des Ilêhayas, au prudent Ardjouna ®*, fils de Critavîrya, un heureux privilège. « Je t’accorde, lui dit-il, que tes deux bras s’augmentent « au nombre de mille. Tu régneras sur toute la terre, vainqueur de tes en- « nemis, et fidèle à toutes les règles du devoir. »
Grand roi, après t’avoir parlé de cotte noble et biillante manifestation de Vichnou, je te raconterai son apparition comme fils de Djamadagni, quand il vint sous le nom de Râma, prince et guerrier, donner la mort sur le champ de bataille à cet Ardjouna, fort de ses mille bras. En vain celui-ci, élevé sur son char, menaçait en grondant comme la nuée chargée d’orages : le petit-fils de Bhrigou le terrassa, le frappa à plusieurs reprises, lui et sa famille, et lui coupa ses mille bras avec sa hache brillante comme le feu.
” C'esl celle avenlure qui a fail donner à Viclmou le surnom de Trivicrama [le dieu aux Iroii pai). he mol irivicrama csl aussi employé pour désigner la personne qui possède les Irois degrés de la science magique, appelés âcrama, pracrama el vicrama.
** Ce mol signiiie Datta, JiUd'Atri. La légende raconle que la Trimoûrlti indienne s'incarna dons le sein d'Anousoûyâ, femme d'.\lri : Sonia fut l'avalare de Bralimà ; Dalla , l'avnlare
de Vichnou ; el Doun-ésas , l'avalare de Siva. VVilford veul que Dalla soil le Tliolh égyplien.
“ Voyesla lecture xxxin*.
“ Celte hache s'ap^ielle panuou ; de là vient que ce Ilània ( car il y a trois Râmas ) est nommé Parasourâma (le Râma à la hache). Cette légende a cela de singulier, que Vichnou vient, sous le nom de Râma , défaire ce qu'il a fail sous le personnage de Dalla. Pour la naissance de Parasourâma, voyei la xxvn* lecture.
La lene, couronnée des monts Mérou et Maiidara, futdix-sept fois couverte du sang des Kchatriyas, qu’il nias.sacra par milliers. Quand il eut détruit cette race guerrière, consacrant ses victoires par la pénitence, pour cflacer la trace de tous ses péchés, il célébra le sacrifice du cheval. C’est dans ce sacriQce magnifique, que, satisfait de Casyapa, fils de Marîtchi, il lui donna la terre en présent. \ aillant guerrier, sage et glorieux vainqueur, il profita de cette circonstance solennelle pour distribuer à scs compagnons d’armes des armures, des chevaux, des chars, de l’or, des vaches et des éléphants. Aujourd’hui retiré sur le mont Mahendra et livré, pour la félicité des mondes, aux ferveurs de la pénitence, il brille d’un éclat tout divin. C’est ainsi que le sage Vichnou, chef des Souras, le dieu marqué du signe Srivalsa, se manifesta comme fils de Djamadagni.
Dans le -itC youga celui dont l’œil ressemble à la feuille du lotus, naquit comme fils de Dasaratha et disciple de Viswàmitra. Pareil à un soleil resplendissant, il apparut dans le monde sous le nom d’un guenàer puissant, de Râma, partagé en une quadruple forme “. 11 vint, plein de gloire et de majesté, terminer les soun’ranccs du monde, confondre les Râkchasas, et ranimer faniour du devoir. Ce prince mortel fut une incarnation du souverain des êtres.
D’abord il reçut du sage Viswàmitra des armes que les Souras eux-mêmes devaient redouter, et destinées à la mort de leurs ennemis. Orgueilleux de leur force, Mârîtcha et Soubâhou troublaient les sacrifices des pieux Mounis. Le vaillant Ràma les attaqua et leur donna la mort. Pendant les cérémonies du sacrifice du grand Djanaca, il rompit en se jouant l'arc de Siva.
Le Mahendra est une rhaine de montagnes que l’on regarde comme la partie septentrionale des Gates.
*' ije mot youÿa présente une idée trop vague pour que je puisse expliquer ce chiffre a.V Il y a quatre yoa^as ; mais ils sont subdiv isés en un certain nombre de parties qu'on iioinine bitàÿat. Vouyu serait-il ici un mot synonyme de cette dernière expression ? Dana ce cas , l'atitçiir désignerait la partie de l'âge Trétà, vers la fin duquel naquit ce second Ràma, que l’on appelle Râmatchaiulra. Voyex pag. 8i-
** Ce passage est obscur : il dit que te maître aux grautts bras se jit gaafiraple, |e-Hi^
î . J'avai»
d'abord pense que l'auteur fai»ait ici allusion aux quatre bros avec Ie5quels on représente Vichnou. J'ai sou|>^Dné ensuite qu'il voulait dire que Vichnou était venu animer à la foi» Kània et ses trois fi-ére». Celte dernière explication, que j'ûi adoptée, ne me satisfait |K)urUnl pas. Les mêmes expressions se retrouvent ailleurs : vo^ei la Lxxvm* lecture.
Durant quatorze ans, ce petit-fils <le Ragliou, fidèle observateur de toutes les lois, séjourna dans la forêt, et s'y soumit aux rigueurs de la pénitence: son frère Lakchmana n’avait point voulu le quitter; et là, heureux du bonheur de tous les êtres, Râma avait encore pour compagne celle que les hommes ont appelée la belle Sitâ, et qui n’était autre que l^kchmi, descendue sur la terre avec son divin époux. Habitant du séjour des mortels, il y accomplit l’œuvre des dieux.
Poursuivant les traces du ravisseur de Sîtâ, ce héros donna la mort à deux Ràkchasas terribles et puissants, Virodba ctCabandha, qui se trouvaient sous le coup d’une imprécation des Gandliarvas. 11 perça leurs corps de ses traits aussi brillants que les rayons du feu et du soleil, de ses traits dont la tête était ornée d’un or éblouissant, et dont la force égalait celle de la foudre d’Indra.
11 combattit et tua Bâlin, roi des singes, et fit sacrer à sa place Sougrîva dont il avait embrassé la cause.
Le roi des Ràkchasas, Râvana, avait obtenu la faveur de pouvoir braver tous les coups des Dévas, des Asouras, des Yakebas et des Ràkchasas leurs alliés. Entouré d’une troupe innombrable, pareil à un nuage noir et menaçant ce monarque, puissant et cruel, se rendait redoutable aux trois mondes. Fier d’un privilège qui le protégeait contre les Souras, terrible et semblable au tigre pour la force du corps, cet impie furieux, cet invincible (ils de Poulastya, vint, malgré son courage, sa grande taille, scs clameurs retentissantes et l’armée qui l’environnait , tomber sous la main de Ràma , maître divin de tous les êtres, et entraîna dans sa ruine son frère, scs enfants, ses amis et tous ses guerriers.
Un Dànava superbe , fils de .Madhou et nomme Lavana , avait aussi reçu un privilège dont il abusait pour répandre au loin la terreur. Ce grand ,4sotira fut tué par Ràma dans le bois de Madhou (Madhouvana).
Ràma, le plus instruit des hommes dans la science du devoir, après avoir accompli toutes ces œuvres, offrit sans obstacle dix sacrifices sanglants *’
** Je n'ai pa» rendu un mot qui se présente quelquefois, et qui signifie matte i^on^aent norr, anàjana. est un onguent dont on se sert dans l'Onent pour noircir les sourcils.
” Le texte sanscrit porte sTT^ #ÿWro«tha , qui signifie cAamr/ : les autres sacrifices n éuienl que des offrandes de fleurs et de fruits présentés aux dieux, ou du beurre j^té dans le feu.
de cheval. Sous le règne de RAnia, on n’entendit aucune mauvaise parole, le vent ne transmit aucune indigne rumeur"; on respectait les propriétés; les veuves ne se livraient point aux plaisirs, et elles n’avaient point perdu, en perdant leurs époux, toute espèce de protection. Sous le règne de Râma, tout le monde aima la vertu; les mortels n’avaient à redouter ni l’eau ni le vent, et les vieillards ne se voyaient point obligés de célébrer les funérailles des enfants. Les Kcliatriyas étaient soumis aux Brahmanes, les Yê- .syas aux Kchatriyas, et les Soûdras aux trois autres castes. Le mari ne négligeait point .sa femme; la femme respectait .son mari. Les hommes pratiquaient la vertu, et la terre n’était point irritée. Râma, souverain des mortels, se montrait aussi leur protecteur. vie humaine durait alors mille ans; et les hommes, pères de mille enfants, ne connaissaient point les maladies. Sous le règne de Râma, les dieux, les Richis et les hommes habitaient ensendrle sur la terre. Tels sont les récits que font sur ce grand et sage monarque les hommes qui connaissent nos antiques annales, et qui savent la vérité sur son histoire. Ce prince avait le corps noirci par le soleil ", les yeux rouges, le visage enflammé, les bras longs ™, les épaules d’un lion; il possédait les formes et la beauté de la jeunes.se et l'éloquence la plus variée. 11 régna sur Ayodhyà pendant onze mille ans Durant tout ce temps, on ne cessa d’entendre le son religieux du Rig, de l’Yadjour et du Sâma, ou le son guerrier de la corde de l’arc: c’étaient des libéralités, des sacrifices continuels. Ami de la vérité, orné de mille vertus, Râma, fds de Dasaratha, brilla, comme le soleil et la lune, de son propre éclat. Après avoir fait des centaines de sacrifices accompagnés des plus riches présents, cet illustre petit-fils de Raghou, ce noble descendant d’Ikchwâcoii, fameux
10,000 -H lO » 100= 11,000. En prenant CCS années |H)tir des jours, on trouve que le règne de Rdma aurait été de 3o ans. Uailly dit dans son Astronomie, tom. I. p. 1 54 : «On |>eul ■ soupçonner que dans les deux premiers âges t on a compte par des Jours : ce que l'on a fait • par continuation dans les âges suivants, t Lt dans le même tome, pag. 97: «36o anmt^ « d'homme forment une année divine. •
** J’ai pensé que le mol rndrou/n
[vrntai) devait être pris ki dans un sens figuré: j'ai cru cependant , en traduisant ce passage.
pouvoir réunir les deux sens.r^l'^^s-ll^^ j
5WT
" Î^TFT tyàma.
** Le texte dit que ses bras descendaient jusqu'à ses genoux.
Quant à ce nombre, voki le vers du texte:
par la mort de Râvana et la destruction de son armée, quitta Ayodhyâ pour monter au ciel.
Une autre manifestation de Vichnou eut Heu à l’époque de la catasiroplie ” de Matliourâ : ce dieu vint, pour l’avantage du monde entier, combattre et tuer Sâlwa, Monda, Dwivida’\ Cansa, Ariclita, \ ricliablia Kcsi , la prostituée Poûtanà, l’éléphant Couvalayâpîda, Tcluînoùra et Mouchtica, tous Dètyas revêtus d’une forme mortelle. 11 coupa les mille bras de l’enchanteur Bâna; il donna la mort sur un champ de bataille à Naraca et au puissant Càlayavana : il dépouilla les rois de leurs riebesses et de leurs pierres précieuses, et frappa tous les princes que l’on regardait sur la terre comme invincibles.
neuvième manifestation do Vichnou arriva dans la a 8' section du Dvvâpara : il naquit alors sous le nom de Vèdavydsa , disciple de Carna. Védav'yâsa divisa les Vèdes en quatre parties; ce fut d’un fils de Satyavatî sa mère que sortit la famille de Bharata.
Telles sont les manifestations passées du grand Vichnou né autrefois pour le bien du monde : on parle aussi de manifestations futures. C’est encore pour l’intérêt de tous les êtres que, dans sa dixiéme manifestation, il viendra sous la forme de Calkin , surnommé Vichnoayasas, Brahmane sorti de Sambalagrâma ”, et disciple d’\âdjnavalkya Réunissant tous ceux qui devront participer à .sa mission , il s’établira avec sa suite dans le jiays situé entre le Gange et l’Yamounâ , et les temps se trouvant alors accomplis , il n’y aura plus sur la terre que des gens armés; les rois seront tués, les peuples resteront sans lois et sans protecteurs. Les hommes se massacreront dans les batailles, se volant mutuellement, accablés de maux et sans
^ Cest ainsi que j'ai rendu ca^.
Ce mot semble indiquer que le temps pendant lequel a fleuri la ville de Malhourà , forme une ère , une époque-
Au lieu de DiriviJa, qui est un personnage de riiistoire de Uàmatchamlra , le monus* cht dévanâgari de Paris porte le mot àivivifiha, qui signifie t{ouhie,cl qui, appliqué à Cansa , rappellerait que ce personnage est un Asoura incarné.
Autrement dit te laareau.
Voye* la xvni» lecture, note i3.
J'tgDM'e si par ces mots j ai bien rendu ISîT ! • l-e mol uimbalagnima décomposé signifie iounj de prostttaées.
” Yùdjnavalkya est un fameux législateur, auteur supposé d’un co<le trés-cclèbre; on dit aussi qu’il enseigna le premier la partie de rYadJour-Vixla appelée blanche, que le soleil lui révéla eu lui apparaissant sous la forme d’un cheval. I^es traditions mytiiologi<|ues le font vivre à la cour du roi Djanaca, et par consixiticnl du temps du deuxième Rima, qui est Ràmatchaiidra.
pitié pour les maux des autres. Ils arriveront par cette suite de calamités à l’époque du crépuscule [Sandhyd) du Cali-youga, où tous les êtres cesseront d'exister. A cet âge succédera celui que l’on appelle Crila, âge de vertu et de perfection.
Ces manifestations divines que nous venons de citer, et beaucoup d’autres encore où différents dieux viennent aussi jouer un rôle, sont rapportées dans lesPourânas, par les maîtres de la science sacrée , pour exalter la gloire du souverain maître des mondes. En écoutant ces antiques histoires, consignées dans les Vèdes et les saintes écritures, les dieux éprouvent un vif sentiment d’admiration et les Pitris se livrent à des transports de joie. Quant au mortel qui, dans la posture du respect et de l’adoration'*, entend le récit de ces métamorphoses merveilleuses, il est délivré de tous ses péchés, et il obtient pour longtemps, par la faveur de Vichnou, la fortune, les richesses et les plaisirs.
QÜARANTE-DEl XIÈME LECTI RE.
COMBAT MERVEILLEUX DE TAB.tCA ' ; PROMESSE DE VICHNOU.
Vèsampâyana dit :
O roj, je te dirai comment V ichnou , dans le Crita-youga , fut Viclinou et Hari ; comment il est Vêcountha * parmi les dieux et Crichna parmi les hommes ; comment ici-bas il est isvvara *, voie secréte et impénétrable de
toutes les œuvres passées et futures.
Celui qui est à la fois l’ètre sim
* Cette posture c»l celle <lu critàtuîjuli. Voyez lecture v, pag. 219,
' Tdracti signifie étoile. Cette lecture et les suivantes renferment plusieurs fictions ali(*goriques ayant rapport à l'astronomie, ou du moins à la météorologie, et dans lesquelles les poètes puisent souvent des allusions.
* Nom patronymique formé du nom de Vi>
lie et matériel *, est aussi Nârâyana,
counthâ, femme de Soubhra et mère d'un ava* tare de\'iclmou. On donne de ce mot d'antres étymologies moins positives.
* Voyez lecture I, pag. 5. Ce mot signifie ordinairement seigneur.
* (jette épithète mérite d'attirer rattenti(>n du lecteur, parce qu'elle est composée d'un mot remarquable, qui rappelle tm symbr>le
dieu des dieux, âme de l'infini, source intarissable de créations. Ce Nàràyana, dans le Crita-youga, fut Hari : il fut meme aussi Bralimâ, Indra^ Soma, Dliarma, Soucra et Vriliaspati. C’est lui encore qui devint fils d’Aditi ^ et qui prit naissance dans la famille des Yâdavas. Comme fils d’Aditi, il porta le nom de Vichnou, et se trouva frère d’Indra et plus jeune que lui. Il naquit en cette qualité pour venger les Souras et donner la mort à leurs irréconciliables ennemis les Détyas, les Dânavas et les Râkchasas.
Esprit vivifiant de la nature, il a créé Rrabmâ; celui-ci fut le premier mâle, et pour la formation du monde, donna naissance aux Pradjâpatis'^, iesr|ucls, devenus chefs de sept races dont Brahmà est le premier auteur, ont par là étendu et perpétué l’œuvre éternelle du créateur.
Oui, \ ichnou mérite les louanges du monde; et je veux te faire le récit (le ses œuvres miraculeuses.
Le Crita-youga venait de s’ouvrir, et Vritra ’ avait déjà été tué, lorsque commença dans les trois mondes le combat de 'fàracâ. Les terribles Dànavas, tran.sportés d’une ardeur guerrière, terrassaient les Dévas, les Gandlianas, les Yakchas, les serpents et les Râkchasas. Abattus, le front baissé, n’ayant plus dans leui's mains que les tronçons de leurs armes brisées, ceux-ci vinrent trouver le grand Nârâyana dont ils Implorèrent le secours et la protection. Cependant des nuages, semblables à un noir charbon, couvraient le .soleil, la lune, les étoiles et le ciel entier; on les voyait déchirés par les éclairs, et iis s’annonçaient par un long et alî'reux murmure. S’attaquant mutuellement avec violence, les sept ordres de Marouts * ébranlaient tout de leur souffle. La pluie rougie par la foudre, les coups de tonnerre, le feu, le vent, formaient un horrible concert dont résonnait le ciel enflammé par des météores elFrayants. Mille feux traversaient l’air en forme de comètes: les chars des dieux®, détournés de leur route, s’égaraient çà et là.
laineux, vYaktalingah. Le tiiul
lingu exprime ici !a qualité extérieure et sensible que revêt l’Esprit universel.
* Voyci la III' lecture, pag. a5.
‘ Voyex la première lecture, pag. 6.
' IK'tya qui fut tué par Indra , lerpiel porte différents surnoms tirés de cette circonstance.
* l.a; texte |>orle simplement les sept Marouts. Je suppose que l'auteur veut désigner la première division septénaire de la rose des vents cliex les Indiens. Voy. lect. iii, pag. aS.
* Le mot qui exprime cette idée est fiFTR rimâna. (’a*s chars, qui transpoiienl les dieux à travers les aii-s. se meuvent, dit-on, d'eux-mé
OUAHANTE-DEUXIÈME LECTURE.
Le monde craignit la catastrophe qui doit arriver à la fin des quatre âges : telle était l'apparence épouvantable de ces phénomènes menaçants. Les ténèbres avaient tout enveloppé : une profonde obscurité voilait les dix régions célestes. Le jour, comme entouré d’un vêtement noir, ressemblait à la nuit : et dans cette horrible confusion on eût dit que le soleil n'existait plus.
De ses deux bras, le puissant llari déchirant cet amas d'épaisses vapeurs, montra sa forme divine et noire pareille à une masse impénétrable de nuages qui composeraient son corps. Cette forme s’étend comme une vaste montagne aux flancs éclairés d'une sombre lumière. Le teint du dieu est d’un pourpre foncé, et son vêtement d’un jaune brillant: sa parure étincelle d’un or pur. Tel paraîtra le feu qui doit tout consumer à la fin des âges. Ses huit membres sont larges et robustes, scs cheveux ornés d’un diadème, ses armes éblouissantes d’or. 11 brille des rayons du soleil et de la lune, et s’élève comme une colline orgueilleuse; portant dans ses mains son irréprochable Xandaca et dans son carquois ses flèches pareilles à des serpents ; armé en même temps de la lance , du tonnerre , du soc ”, de la conque “, du disque et de la massue; dieu puissant qui e.st le Vichnoaséla^^ (roc de Vichnou), la
mes , avec une espèce d'intelligence qui obéit aui désirs de ceux qui les montent
mr^a, que J’ai traduit par le mot
mNr. indique aussi la couleur bleu foncé, laquelle en effet convient & Ilari, qui est 1c ciel |)emonnifié : voiU pourquoi le même Haii reçut le nom de Cnchna, lorsqu’il descendît sur la terre pour naître do Vasoudéva.
*' Cest-À-dire les avant bra»et les bras, les jambes et les cuisses.
** On appelle ainsi le cimeterre de Vichnou Dans les poèmes sanscrits , les armes des héros ont des noms propres qui les distinguent.
'* Nous avons dgà vu que le soc et le disque étaient deux espèces d’armes employées dans les combats.
'* On représente ordinairement les guerriers indiens avec une cxmque marine qui leur sert de trompe.
'* Je ne sais s'il faut donner aux mois VicA* nouséla et Srivrikcha un sens propre ou un sens figuré. Je doute qu'ü soit ici question de cette piene de \ ichnou, appelée sâta^réma, objet d'une haute vénération chet les Indiens, cl de l'arbre consacré aussi à ce dieu, qu'on appelle toaiasi (ocymam sanc/am.) Au reste, voici l'bistoire de cette pierre et de cet arbre. Les légende.v rapportent qu'une femme, nommée Toalas(, après une longue pénitence, demanda à Vichnou de devenir son épouse. Lakchmi, qui l’avait entendue, la changea en plante. Alors Vichnou promit à Toulasi qu’il prendrait la forme du sdlagrâma et resterait sans cesse avec elle. En effet, les dévots conservent le sâh‘ ^rdma entre deux feuilles de touhif. Or, le $4lagràma est une pierre ou plutét un coquillage qu'on trouve dans la GandaU, et au sein duquel on prétend que Vichnou a séjourné. I^e
source de toute constance, le Snvrikcha (arbre de Sri ou de la félicité), le |)os.scsseiir de l’arc Sdm^a. Le char tjui le porte est attelé de chevaux verts fiarouda lui sert de bannière le soleil et la lune sont les roues, le Mandara l’ossicu “, et le Mérou le timon de ce char entouré de rayons incomparables, fjuc Treil ne peut soutenir. Les astres y brillent comme des fleurs dont un peintre l'aurait orné; les planètes et les constellations forment une espèce de guirlande qui l’environne. Monté sur ce char meneilleux, le dieu apparaît dans l’air aux Souras vaincus par les Dètyas : sa présence calme leurs terreurs. Tous, dans une posture re.spectueuse, implorent leur sauveur: Indra .s’avance à leur tête, et leur bouche a prononcé le mot qui témoigne de leur amour et pré.sage la victoire \ichuou, en entendant leurs voix, se sent touché d’une tendre compassion. Il pense au moyen de détruire les Ddnavas dans un grand combat. Au milieu des airs, le maître souverain de la nature fait aux dieux cette promesse : • Rassurez-vous, ô Marouts! que le « .salut soit avec vous, ne craignez rien. Je saurai vaincre les Dânavas, et je « vous rendrai les trois mondes. •
Heureux de l’assurance que leur donne Vichnou, source de toute vérité, les dieux sont remplis de joie, comme s'ils venaient d’acquérir l'eau d’im-
<loctc \V ilwn . dam sou Didionnairc , dit que le mvrikclitt est le figuier sum’^/îroi rr/ïyiMo).
'* Je traduis ainsi le mol han ; on
donne au soleil sept chevaux de celle couleur.
Gnrouda est un demi-dieu, qui a la tète et les ailes il'un oiseau. Il sert de monture à \ iclinou. 11 combattit un jour contre ce dieu NU sujet de ï’amrita qu‘il avait dérobé, et vaincu par son adversaire, obtint deiui d'avoir une place plus élevée que la sienne. De là vient que. quand Vichnou moule sur son char, Garouda se place au-dessus en forme de bannière lloltante.
** Le lecteur verra probablement comme moi dans ce passage une ollégaric cosmogonique. Mérou, que les {>oëles indiens prennent
orflinaireinenl pour le p(*>le Icn-estrc, me semble ici figun'r la longitude; et par rons<!'quenl le Mandara. qui, en qualité d'essieu, forme
avec le limon un angle droit, ne peut représenter que la latitude. En partant de celle sup- IKvsilion, on expliquerait aisément la fameuse fahic du barattement de 1a mer, dans lequel le Mzindara, servant de bâton, est tourné par le 8cr|icnt Sécha, qui est la figure de l’érliplique. Cette fable, où l'on a vu l'histoire dc^uisée du déluge universel, ne me semble qu'une description allégorique du phonomcnc annuel de l'inondation de l'Inde, commençant en juin et finissant en octobre. Le mot que j'ai traduit par essiea est uzd flîtràa, que M. Wilson donne seidement comme signifiant une partie du char Peut-être aussi me suis-je laissé trop séduire par 1a ressemblance d'akcha avec asis. Ce mot a pourtant celte signification d'esrira dans le agi* sloca de la lecture vni* des lois de Manou.
'* Le mot victoire est un cri d'acclamation ordinaire chci les Imliens.
mortalité. Lc.s ténèbres disparaissent, les nuages se fondent, les vents soufflent paisiblement, et les dix réglons célestes recouvrent leur tranquillité. Les astres reprennent leur clarté, et font autour de la lune leur révolution respectueuse Les rayons lumineux rendent un pareil hommage au soleil. Les planètes retrouvent leur cours, et les océans rentrent dans leur lit. Les trois voles célestes brillent de nouveau de tout leur éclat. Les fleuves roulent leurs ondes paisibles , et le tumulte des mers s’apaise. Les hommes, dont les sens sont rassurés^ respirent tranquillement. Les Maharchis, exempts d’inquiétude, lisent les Vèdes sans se troubler, et dans les sacrifices le feu consume heureusement l’ofirande pieuse. Fidèle à suivre la règle du devoir, chacun, dans le monde, se livre à la joie en entendant la promesse que vient de faire Vichnou d’exterminer l’ennemi commun.