CO.MBAT DE TAR.ACA : ARMEMENT DES DÈTY.AS
V êsampâyana continua :
En apprenant la menace de Vichnou, les Dêtyas et les Dânavas résolurent de se préparer au combat et de faire l’épreuve de leurs forces. Maya avide de gloire, monte sur son char brillant et divin, qui le porte à travers les
plaines de l’air, et dont la force est long de douze cents coudées ^ porté
” Cest-à-dire iU font le pradakchina, cérémonie qui con5iste, comme nous l'avons dit, à tourner à droite autour de l'objet que l'on veut honorer.
*' Le lecteur pensera peut-être avec moi que ces trois voies sont le méridien, l'équateur et l'écliptique, \oyct, pour trois autres voies différentes de celles-là, l'Oupnék'liat, tom. II, pag. 98. Voye* encore la xii* lecture des lois de Manou , si. 3. qui désigne aussi trois
supérieure à tout. Ce char est d’or, sur quatre roues, héri.ssé, dans .son
voies , l'une supérieure , l'autre inférieure , et la troisième intermédiaire ou terrestre.
' Maya est l'ingénieur des Détyas. C'est lui qui construit leurs palais; il a dans ses attributions tous les objets d'art, et il exécute ses ouvrages avec un talent qui tient de la magie.
’ Le mot sanscrit qui exprime cette mesure est î=F3r nalwa. Un naîtra équivaut à 4oo coudées.
IIARIVANSA.
itnincDsc largeur, de toute espèce d’armes, garni de tous les côtés de bruyantes clochettes, recouvert de peaux de tigre, et orné d’or et de piei^ rcries : partout l’œil y rencontre de nombreuses figures de loups et d’oiseaux. L’essieu et le fond ’ de ce char sont d’une solidité remarquable : aussi haut qu’une montagne, il résonne comme mille nuages ou comme la mer en courroux. Il contient un carquois rempli de traits divins, des massues et des haches; des drapeaux, des bannières le couvrent en flottant à une gi-ande hauteur; à voir les filets d’or qui le décorent, son timon et ses roues* de meme métal, on dirait le palais du .soleil dans toute .sa splendeur. On le prendrait à sa masse , à sa couleur, pour le roi des éléphants, ou pour un nuage, ou pour la vaste crinière d’un lion. Mille ours le traînent, et Maya, qui le monte, ressemble au soleil s’élevant sur le mont Mérou.
Quant au char deTâra, long d’une lieue*, surmonté d’une bannière où brille la figure d’un corbeau, et dont les huit roues sont de fer ainsi que le timon, c’e.st une masse toute noire, qui res.scmblc à un monceau de rochers. Il luit de la clarté sombre d’un charbon qui brûle, et résonne (fun bruit sourd, comme le nuage. 11 e.st percé de larges meurtrières rondes * garnies d’un grillage de fer, et armées de haches d’armes, de tridents, de traits, de flèches, de nteuds coulants, de dards barbelés, de massues, de leviers et de cognées, dont l’horrible éclat effraye au loin les regards. Attelé de mille ânes vigoureux, ce char .s’élève au milieu des bataillons ennemis comme un autre Mandara.
V’irotebana, animé par la colère et brandissant sa massue, se distinguait au front de l’armée, et ressemblait à un volcan qui brûle par son sommet. Le Dânava Hayagrîva fait avancer au combat un char attelé de mille chevaux, et menace d’exterminer ses ennemis. Allongeant ses mille bras armés d’un grand arc, Varâha à la tête des combattants, paraît comme une haute montagne. Kcbara,dans sa colère orgueilleuse, verse des pleurs; ses dents, ses lèvres, sa bouche tremblent; il attend avec impatience le signal de l’attaque. Aricbla est nmnté sur un char traîné par douze chevaux, et ce
‘ C'est-à-dire, l’endroit où se place le guerrier , oupasthâna.
* .Ainsi ai-je rendu le mol ^Tfjêëf mandula.
‘ Ou d’un crosa “csure itini^raire
qu’on jKîut évaluer à a milles -ÿ.
* i|c(|T^ gavâkcha. littéralement œil de bamf.
vaillant chef parcourt les rangs des Dûnavas. Swéta, fils de Vipratchitti , remarquable par la blancheur de sa parure, et place sur le devant de l’armée, ressemble à une roche blanche. Arichta le plus cher des enfants de Rali, a pour armes des arbres ou des quartiers de rochers, et se tient à la tète des bataillons, prêt é combattre, et pareil k une montagne. Kisora, plein d'orgueil, brille au milieu des Dânavas comme le soleil à son lever. Laniba, orne d’un vêtement traînant, rappelle à la vue le nuage suspendu dans les airs : il traverse les rangs des Dêtyas, et brille comme le soleil entouré d’une couronne de frimas. Le terrible ’ Swarbhânou est redoutable dans le combat par ses mâchoires : ses dents, ses lèvres, ses yeux, voilà ses armes, et il se tient, en riant grossièrement, à la tête des Dânavas.
Parmi ceux-ci, les uns sont portés sur des clievaux ou sur des éléphants; les autres sur des lions, des léopards, des sangliers, des ours; quelquesuns sur des ânes et des chameaux, d’autres sur un nuage. Plusieurs s’avancent montés sur des oi.seaux de toute espèce, ou soutenus par les vents. Un grand nombre sont à pied, horribles à voir et difformes pour la plupart : les uns n’ont qu’un pied’, et cependant, comme ceux qui en ont deux, ils .sautent dans l’impatience du combat, criant et frappant leurs mains l’une contre l’autre. Mais les chefs surtout se faisaient remarquer par leurs clameurs qui ressemblaient aux rugissements des superbes léopards. Agitant leurs arcs et leurs massues de bois ou de fer, ils balançaient leurs bras tout armés, et provoquaient les dieux. Us élevaient, en se jouant, leurs dards, leurs noeuds coulants, leurs massues, leurs leviers, leurs traits, leurs instruments qui tuent cent hommes, et leurs masses au tranchant aflilé. Avec leurs poignards, leurs tridents, leurs massues de bois, leurs masses de 1er, leuis disques brillants, les nobles Dêtyas faisaient une espèce d’épreuve de leurs forces menaçantes, et ils appelaient le combat, comme s’il eiît dû leur apporter la victoire.
' Dans les noms de ces trois derniers personnages, U me semble qu'il y a un peu de confusion.
* Le texte porte jnonde phnète, î ■
On confond ce personnage de SwarbhàiK>u avec Riliou, qui est le nœud ascendant personnifié par les Indiens, et complétant avec
Kétou, lequel est le nœud descendant, le nombre de leurs aeufgrahas ou planètes Ràhoii. dit-on, dévore la lune cl le soleil au moment des écUpees, et la description ici donnée de Swarbh&noii semble se rapportera cette circonstance.
* Il y a bien dans le texte !
pddùk [unipctles).
fca-
MARIVANSA.
Telle était cette armée dcDénavas, fiérede sa force et de ses ressources; elle s’agitait vis-à-vis des Dévas, tumultueuse comme une armée de nuages : étonnant assemblage, où des milliers de Dêtyas viennent se heurter, et dans lequel l'œil ébloui trouve la confusion de tous les éléments, de l’air, du feu, de l’eau, des nuages et des roebers. Avant le combat leur ardeur est déjà si grande qu’on la prendrait pour cette ivresse qui suit la victoire.
COMBAT DE TARACA : ARMEMENT DE VICHNOC.
V'ésampàyana dit :
Je viens de te dépeindre, ô roi, l’armée des Délyas; maintenant je vais te donner la description de celle des Souras, commandée par Viclinou. Les Âdityas, lesVasous, les Roudras, et les deux vaillants Asvvins, accompagnés de leur suite, se placent à leur rang de bataille. A leur tête se présente Indra ', le prince des Souras, le gardien du monde, le roi aux mille yeux, monté sur son éléphant divin*. A la gauche de ce dieu est son char, aussi rapide que le vol de l’oiseau, porté sur des roues magnifiques, et orné d’un foudre d’or; il passe, accompagné d’une foule innombrable de dieux, de Gandliarvas et d’Yakchas, célébré par la voix des prêtres fervents et des Maharchis, et environné de nuages orageux , sillonnés par l’éclair, gonflés par le tonnerre et pareils à des montagnes volantes. Le dieu quitte ce cbar pour monter sur son éléphant, quand il parcourt les rangs de son armée. Partout, dans le ciel, à la suite d’Indra, des Brahmanes, placés devant un brasier, chantent des airs sacrés, et font les offrandes de beurre et de riz, au son d’une musique divine. Partout des troupes d’Apsarâs dansent en sa présence. Au-dessus de ce char, attelé de mille chevaux aussi prompts que la pensée, et conduit
' mol (iu texte est Poarouhoûla, qui signi- * Cet éléphant s'appelle t'nivala. Il est sorti
fie Jôrt honarr. de la mer lorsque les dieux l'ont baraloe.
par le fils de Matali, flotte l’étendard royal. En apercevant cette masse brillante, on croit voir le Mérou tout enveloppé de la splendeur du soleil.
Aux premiers rangs de l'armée des Souras apparaît Yama \ élevant sa terrible verge et sa massue qu’accompagne la mort : par ses cris il épouvante les Détyas.
Au milieu des Dévas se montre \ arouna *, entouré des quatre Océans, et de serpents qui le caressent de leurs langues. Dieu des eaux, il en a la fonne : il porte des bracelets formés de coquillages, de coraux et de perles : il tient dans sa main un nœud qui serre l’ennemi et donne la mort : ses chevaux, pareils pour la couleur aux rayons de la lune, soufflent l’eau avec violence et se livrent à mille ébats joyeux. Le dieu est couvert d’un vêtement jaune, et orné de pierres précieuses du noir le plus brillant; des colliers de perles descendent jusqu'au bas de sa poitrine. 11 attend le moment du combat avec la fureur de la mer dont le vent vient de fendre la vague.
Couvéra brille à la tète des Yakebas, des Râkcbasas et des Goubyacas ce dieu, roi des rois, maître des richesses, dispensateur de la fortune, est paré de pierres du plus beau jais, et entouré de la troupe des Trésore*, Sankba, Padma et les autres, qui obéissent à ses ordres. Ordinairement il se fait porter sur les épaules des hommes mais dans un jour de bataille.
* Yama eal k dieu qui Juge les morts; il csl en an>me temps le régent du midi. Cette verge qu'il porte se nomme danda, cl sert de marque distinctive an magistrat chargé de la Justice: voilà pourquoi Yama a re<;u le nom de Dharma. On le confond quehjuefois avec le Temps ou (jàla et la Mort.
* Varouna est le dieu de la mer et le régent fie l'ouest. En voyant que les Indiens avaient pris pour présider à l'occident le dieu de la mer. J'ai pensé quelquefois qu'il ne fallait pas rapporter l'origine de celte idée mytliologique à rindv, mais à un pays plus septentrional, par e&enipk aux contrées bornées à l'ouest par la mer d'Aral ou par la mer Caspienne.
* Les Goubyacas , comme on le voit, sont des demi-dieux de la suite de Couvéra , dieu des richesses, et ks gardiens de ses trésors. Leur nom
dérive d'une racine qui signifie garder, auher.
* LesTrésew^ ( nidhi) sont personni-
fiés dans U mythologie indienne, et forment une partie du cortège de (iouvéra. On les représente avec une corbeille qui renferme des substances diverses, mais dont la nature n’est pas bien déterminée. lies poètes en comptent neuf, savoir : Padma, Mahâpadma, Sankha, ^fa^arat Catchtchapa , A/oucoandia . \anda , S Ha et Kharha.
’ Les auteurs indiens donnent à Couvéra l'épithète de , qui signifie porté snr
unhomme. Je ne sais si cette épithète fait allusion à une légende particulière. J'ai penséqu'appliquée au dieu des richesses , elle était caractéristique , et indiquait l'habitude des gens riches et voluptueux de se faire porter en palanquin.
FIAHIVANSA.
cesi sur un cliar, sur le ciiar Pouchpaca * qu’il apparaît plein de majesté et d’ardeur. Ami de Siva, on le prendrait pour Siva lui-même.
L’aiic de l’orient est commandée par Indra; celle du midi par \ama, roi des Pitris; celle de l’occident par Varouna, et celle du nord par Couvera. Ces quatre régents du monde , aux quatre postes confiés à leur zèle et à leur courage, combattent sous les ordres du souverain des dieux, appuyés par leurs quatre autres collègues
Parmi les dieux s’avance Soûrva (le soleil), l'âme des douze mois, le père du jour, illuminant le monde de ses mille rayons. Son char aérien est traîné |)ar sept chevaux; riche, éblouissant de lumière, il a pour roues la porte Orientale et la porte occidentale du ciel; il tourne autour du Mérou*®, échaunant Punivers de ses ardeurs inépuisables.
Sonia (la lune), aux rayons glacés ", brille sur un char attelé de chevaux lilancs, baignant le monde de ses spicndcui’s humides et gelées. Ce dieu, (')icf des Brahmanes, accompagné de la troupe des constellations, portant sur son corps les taches de l'ombre d’un lièvre ennemi mortel des ténèbres de la nuit, ce prince des astres, maître et dispensateur des fluides conservateur des planètes, dépositaire de l’ambroisie, premier partage " des hommes, fluide élémentaire et glacé, ap|>araît aux yeux des Dànavas, ayant le froid pour arme.
Celui qui, âme de tous les êtres, dans l'homme se divise en cinq parties, qui va parcourant en maitre les sept étages des trois mondes, qui excite
* Ce char »e lueul de lui-même au grc de celui (|ut le monte.
* Nous avons di^à vu que les Indiens recoiinsissaicut dix points cardinaux: en retranchant le li'nilh et te nadir, ü en reste huit à l'horiion. Les quatre régents que le poète ne nomme pas unit Vâyou, .\giii. Isa et Nêrrita.
I.,e mont Mérou est considéré comme placé au centre des sept continents, et le soleil parait exécuter autour de lui sa révolution.
" On ne doit pas s'étonner que passant de la chaleur excessive des jours à la fraiclieur des nuits, l'Indien s*exagére riiiHueiKC de la lune, dont les rayons lui semblent tenir de la nature de la glace. Il suppose qu'une pierre |>articu<
herc (peut-être le cristal) , appelée tckaïuirarda/a.est formée des rayons congelés de la lune-
'* Les taches de la lune passent chez les Indiens pour être des lièvres; de là répithète de Mim qu'on donne à cet astre.
'* Princi|w»lement des fluides du corps humain, que i on désigne par le mot rata. Vovez la XL* lecture, pag. 183.
Les Pitris, ou âmes des hommes, vont d'abord dans la lune, et s'y nourrissent de l'ambroisie dont elle est le réservoir ; voilà vraisemblablement pour quelle raison on appelle Soma le premier partage des hommes.
J’ai ainsi rendu le mot «v-
QÜARANTK-QIJATRIÈME LKCTLHE.
et anime le feu source suprême de la nature, qui dans la voix humaine se produit par les sept tons de la gamme ”, qui est le premier entre les éléments, et qu’on surnomme ^incorporel, qui, léger dans sa course, a l’éther pour voie et le son “ pour essence , Vâyou enfin , qui donne la vie à tout ce qui existe , se lève avec toute sa force , et de son souille trouble les Détyas : il les prend en face comme de revers , et amène avec lui les nuages.
Les Marouts, les Dévas, les Gandharvas et les Vidyâdharas ” se jouaient avec leurs brillantes épées qui ressemblaient à des serpents déchaînés. Les princes des dragons célestes, tels que les flèches des Souras, lançaient, dans leur colère, un poison brûlant, et couraient par les airs la gueule ouverte. Les montagnes et les rochers ®, avec leurs pointes aiguës et leura arbres aux cent branches, se rangeaient du côté des dieux pour abattre la puissance des Dânavas.
Cependant le divin Ilrichikésa, sur l'ombilic duquel s’éleva le grand lotus, qui en trois pas a parcouru les trois mondes, qui à la fin des âges brille sous la forme du feu aux noires empreintes”, le maître de funiversqui a eu la mer pour berceau, le vainqueur de Madhou, honoré par les sacrifices et qui dévore f holocauste, qui est à la fois la terre, l'eau et le ciel.
tasran^ha. J'ai pensé que par ce mot, qui littéralement signifie ffpt épaales, Tauteur désignait les sept mondes ou locas, lesquels existent dans ces autres mondes qui sont au nombre de trois. \byez à ce sujet le Dictionnaire de M. Wilson,
au mot rfTRî loca.
'* Sans doute fauteur fait allusion à i'instrament qui sert à souiller le feu; rexpression qu'il emploie est agneryantri. Je sais
que fou pourrait aussi bien i'inlerpréter par Cf lui qui arréie et rompnme le feu. J'aime mieux y voir celai qui agit sur le feu par le moyen et une
machine.
L'échelle musicale porte le nom de sitaragrâma. Les Indiens font des notes de la gamme autant de nymphes. Voyex a ce sujet les Recherches asiatiques, tom. 111, pag. 64 « et lom. IX, pag. 446.
'* Le son est la propriclé particulière de
fclher; de féUier naquit le vent, quia deux propriétés , le tact et le son ; la lumière , formi^ du vent, a trois propriétés, la forme, le tact et le son. etc. ; chaque éic'>ment [lossédant ainsi toutes les qualitc's de ceux qui le precedent. Voyez le nhâgavata*f>ouràna , üv. ti.
Nom d’une cia.sse de demi-dieux, qui vivent au milieu des airs, avec le pouvoir de rester invisibles. Le mot vitlyâ s'entend d’une espèce de boulette magique qui, placée dans la bouche d'une personne , lui donne la puissance de s’élever dans le ciel.
** Autrefois les montagnes avaient des ailes et se transportaient par les airs de place en place. Ce fut Indra qui. avec sa foudre, leur brûla ces ailes.
=t.W!Nr4l
rricAïuirarfmd. On donne au
feu cette épithète , parce qu'il est obscurci de fumée, ou parce qu'il noirrii tout sur sa route.
IIARIVANSA.
l’Ânie (le la nature, l'ètrc bon, magnanime et gén(?reux, qui donne la paix à ses amis, la mort à ses ennemis, matrice et semence du monde, précepteur des hommes, Vichnou, au milieu de l'armée des immortels, tient dans sa main droite son disque victorieux, brillant comme le disque du soleil armé de tous ses rayons; de sa main gauche il brandit sa large et terrible massue, qui porte le trépas dans les rangs de ses ennemis. Dans ses autres mains”, le maître divin et glorieux, qui a pour étendard l’oiseau destructeur des serpents ”, agite son arc ou d’autres armes éblouissantes de lumière.
Hari , au moment du combat, e.st monté sur cet oiseau, frère aîné d’Arouna’*et fils de Casyapa, ornement des airs qu’il parcourt avec orgueil et puissance. Garouda porte, comme collier”, un des rois des serpents ses ennemis. 11 enleva jadis l’astre qui est le réservoir de l’ambroisie”, et il garde encore la trace de la foudre d’Indra irrité contre le ravisseur, au([iiel Vichnou seul put reprendre sa proie. Sa hauteur égale celle du Mandara, et sa force a cent fois paru dans les disputes des Dévas et des Asouras. Une aigrette surmonte sa tête, ceinte d’un diadème et ornée de pendants d’oreilles magnifiques. Son plumage varié brille comme une montagne féconde en minéraux divers. Ses serres et son bec sont aigus ; un duvet blanc comme les rayons de la lune couvre sa gorge parée du trophée conquis sur les serpents, lequel est pour lui la plus brillante des pierres précieuses. Quand il s'amuse à déployer dans le ciel ses ailes peintes de riches couleurs, on dirait deux nuages, pareils à ceux que, vers la fm des temps ”, sillonne l’arc
Vichnou a ofdiiiaireiueut quatre brax.
*' Ces n>ots désignent Garouda, appela aussi Soapama, espèce de vautour qui est, par sa na> ture, l'ennenii naturel do la race des serpents. La mythologie dit que VinaU, mère de Garouda. et Cadrou, mère des serpents, toutes deux femmes de Casyapa, avaient eu ensemble une dispute, dont le résultat avait été de diviser k jamais leurs enfants.
Aroiina est le conducleui' du char du soleil. U Joue dans U mythologie indienne le perstinnagc de l'Aurore.
” Garouda voulut se marier: les serpents, déjà assez malheureux, se récrièrent. Il en fit un grand carnage. Un seul échappa, et toni-
hânl aux pieds de Garouda, U lui demanda grâce. Celui-ci le prit, et l'attacha fK)ur tre^hée autour de son col.
** Vinatà, mère de Garouda, étant devenue, à la suite d'une gageure, lesclavc de Cadroit, mère des serpents, ceux-ci, pour prix de sa délivrance, demandèrent à Garouda l'amrtla dont la lune est le réservoir. Garouda alla saisir la lune et la cacha sous son aile Indra l'attaqua ei fut vaincu. Vichnou eut de la peine à triompher de lui, et pour honorer son courage lui accorda l'immortalité, et l'honneur rie lui servir de monture et de drapeau.
C'est-à-dire vers la fm de l'année, dans la saison des pluies : nouvel exemple du rapport
OUARANTE-CINQUIÈME LECTURE. 209
d'Indra. Son grand corps est un étendard resplendissant, où se déploient les trois couleurs, le noir, le rouge et le jaune.
Vichnou lui-niéme, assis sur l’oiseau Sotiparna, entraîne à sa suite les divers ordres de dieux et les sages Mounis. Leurs voix saintes, accoutumées à la prière, célèbrent à l’envi celui qui porte la massue, celui qu’embrasse le fds de Visravas qui précède le lils de Yivaswân qu’entoure le roi des ondes, qui brille de l’éclat du prince des dieux, qu’embellissent les rayons de la lune, emporté par l’ardeur du combat, retentissant comme l’air, brûlant comme le feu, celui enfin qui est à la fois le pénétrant, le vainqueur, le patient et le resplendissant
Cependant les deux puissantes armées engagent le combat; les chefs ont donné le signal. En l’entendant : > Victoire soit aux Dévas! > a dit d’un côté Angiras. Üusanasa dit de l’autre : • Victoire soit aux Dêtyas! •