‹ Harivansa, ou, Histoire de la famille de HariChapitre 25 sur 55 · COMBAT DE TARACA : MORT DE C.\L.\NÉMI · texte numérisé non relu

COMBAT DE TARACA : MORT DE C.\L.\NÉMI

Vêsampâyana dit :

Cependant Cûlanémi ne voit point autour de lui la Science, la Justice, la Modération, la Vertu et la Félicité, qui, fidèles à leur devoir, .sont restées toutes cinq auprès de Nûrâyana. Irrité de leur absence, le maître des Dânavas recherche les traces de Vichnou, et arrive en présence de ce dieu. Il le voit monté sur Garouda, tenant dans ses mains la conque guerrière, le disque et la massue, cette massue brillante qu’il brandit pour le malheur des Dêtvas. Vichnou ressemble au nuage azuré; son vêtement brille de la couleur de l’éclair, et l’oiseau, fils de Casyapa, qui lui sert de monture, agite ses ailes dorées. Ferme et intrépide, le dieu est prêt à combattre et à porter la mort dans les rangs des Dêtyas; et en le voyant, Câlanémi, sans se troubler, s’écrie : « Voilà donc l’ennemi qui, couché sur la mer, a immolé les antiques

’ Agni ou le feu est, suivaul les poêles, la gnifie que Câlancmi voulut qu'on fît des sabouche des dieux : car c'est lui qui dévore les criHces en son honneur,

holocaustes qu'on leur oiïre. Cette phrase si- ' Brahma, sumoininé Paramecàlài/i.

• Richis * Dânavas, Madhou et Kctabha! Le voilà, ce vainqueur iiréconci-

• liablc, qui aujourd'hui même a sacrifie à sa haine un grand nombre

• de Dânavas I Le voilà, ce guerrier sans pitié qui ne respecte ni les enfants « ni les femmes, et qui livre au déshonneur du veuvage * les épouses des

■ Détyas! C’est donc lui qu’on nomme Vichnou parmi les dieux et Vécoun-

• Ma’ parmi les habitants du ciel, Ananta parmi les serpents, Swayambhoa

• sur les eaux, Swâyambhouva parmi les hommes I Lui , qui est le maître des

■ dieux et notre ennemi juré, qui, dans sa colère, a donné la mort à Ilira- > nyacasipou! Lui qui, protégeant les dieux réfugiés à l'ombre de son bras,

■ leur fait manger* par le feu du sacrifice les trois holocaustes de beurre

• offerts |>ar les Maharchis ! Lui qui , envoyant le trépas dans les rangs des

• ennemis des dieux, moissonne nos bataillons avec son disque brûlànt! Lui

• qui, dans les combats, dévouant sa vie pour les Souras, lance au milieu

• de leurs adversaires ce disque aussi resplendissant que le soleil I C’est lui

• qui est la mort des Dêtyas; et moi aussi, je suis la mort, j’apporte à « cet insensé le prix de cette valeur invincible et meurtrière. Allons! que

• Vichnou paraisse devant moi, et ma flèche aujourd'hui va le percer et

• lui donner la mort. Oui, ce Nârâyana, l’épouvante des chefs Dêtyas, je

• veux aujourd’hui m’illustrer en lui ôtant la vie ; et son trépas sera bientôt

• suivi de celui des insensés qui ont mis en lui leur espoir. Dans ses diverses

• naissances, il a combattu les Dânavas ; ils tombèrent jadis sous les coups de

• cet immortel Ananta , alors que de son ombilic s'éleva le lotus. Au milieu

• des flots de la mer universelle , il terrassa , en les frappant au genou , les

• princes Dânavas, Madhou et Kétabha. Plus tard il revêtit la double forme « de lion et d’homme, et seul, donna la mort à mon père Hiranyacasipou.

• Mère des dieux, Aditi le conçut aussi dans son sein. Au moment du

' C'est un Dànavaqui parle, et par conséquent ce mot /tichî est emplové pour désigner les patriarches de sa race.

* Liltéralemenlf leur enlevant f'/tonneur du u'mantOt <{ui consiste a séparer les cheveux de chaque c<^té , laissant sur le haut de la télé une ligne distincte, quelquefois marquée en rouge. Cesl un soin que prennent surtout les femmes enceintes, le quatrième, le sixième ou le huitième mois de leur grossesse; cette cérémonie

s’appuie /(mantonnajrana. La femme se nomme d'une manière générale tfmantinf. Eo l'absence de son mari, elle se contente de tresser ses cheveux, sans y joindre aucun ornement: cette coÜTure est appelée prav^nî.

' Vovex lecture xui, note 2.

* Les Indiens considèrent le feu comme la bouche des dieux, |>arceque c'est lui qui dévore les sacrifices qui leur sont offerts. Une autre bouche des dieux , c'est celle des Brahmanes.

• sacriiice de Bali, il vint sous la forme d’un nain, et en trois pas s’empara « des trois mondes. Mais aujourd’hui, dans ce combat de Tàracâ, lui et les . dieux vont périr sous mes coups. ■ Ainsi parlait Càlanémi, par ses discours insolents provoquant Nàràyaua et le déliant au combat.

Insulté jwr le prince des Asouras, le dieu qui porte la massue netémoif^ne aucune colère. Fort par sa modération, il sourit et lui répond en ces ternies : • O Dêtya, elle est bien faible la force qui vient de l’orgueil: il

• n’y a de force solide que celle qui naît de la modération. Tu te perd.s

• avec ta présomption, toi qui, par tes discours, braves ma patience. Je < connais ton impiété. Malheureux I ta puissance n’est qu’en paroles. Je te

• vois engagé dans la même route que tes devanciers. Le père des êtres a « constroit pour chacun la chaussée ’ qu’il doit suivre dans ce monde. Est-ce

• donc en la coupant soi-même que l’on peut se sauver? Tu succomberas

• aujourd’hui sous mes coups, toi qui as outragé les dieux; et je les réta-

• blirai sur leurs trônes. •

Tel fut le langage de celui dont la poitrine est ornée du Srivalsa^. Le Dânava a souri de rage et s’est jeté sur scs armes. Il élève ses cent bras chargés de cent instruments meurtriers : ses yeux sont rouges de colère , et il frappe Vichnou à la poitrine. A cette vue, les Dânavas conduits par Maya et par Târa brandissent leurs lances et leurs glaives, et attaquent aussi le dieu. Assailli par ces robustes Octyas, frappé par toutes leurs armes k la fois. Mari n’a point été ébranlé : il est resté ferme comme une montagne.

l.,e grand Asoura, Càlanémi, engage le combat avec Garouda, dont le souille est si puissant: de ses bras il élève sa lourde massue, et il la laisse tomber, terrible, foudroyante, sur son ennemi. Vichnou lui-même admire le coup que vient de porter le Dêtya furieux. La massue a frappé la tète de Souparna, et l’oiseau, tout meurtri, est venu se reposer sur notre globe. Cependant avec des mottes de terre , des glaives , des pierres et des foudres, les Detyas harcelaient le grand Vichnou: celui-ci paraissait ému, incertain , et les dieux l’encourageaient par leurs louanges : • La victoire est à toi ,

• ô dieu puissant, vainqueur de Madhou et de Kctabha, ô toi qui jadis de . ton ongle aigu as déchiré la poitrine d’Hiranyacasipou. • Leurs voix firent

sf/ou. Voy« Iccl. xL,p. i8i,miie45.

* Voyei lecture xii, pag. i85. note ao

sortir Vichnou de sa tranquillité. Déjà les conques desDânavas proclamaient sa défaite : déjà leurs tambours avaient battu trois fois, et frappant leurs mains Tune contre l’autre, les Dètyas sautaient dans l’ivresse de leur joie.

En voyant la chute de Souparna , en se sentant lui-même blessé, Vêcountha, les yeux rouges de colère, a saisi son disque. Il s’élance, et sa rapidité est égale à celle de Garouda. Ses bras s’étendent et touchent les dix régions. II grandit et remplit tous les points du ciel, l’air et la terre : il grandit encore, et les mondes sont pleins de lui. A l’aspect de ce dieu qui s’élève et grossit, apportant la victoire auxSouras, les Richis et les Gandbarvas font retentir les louanges du vainqueur de Madhou. Son aigrette touche au firmament, ses vêtements flottent dans les airs, ses pieds mesurent la terre, .ses bras couvrent l’horizon. Il élève son disque éclatant, connu .sous le nom de Soadarsana: arme terrible, incomparable, et brûlante comme le feu; roue’ fatale aux bataillons ennemis, brillante par ses mille rayons, et semblable au soleil par son éclat; .sa circonférence est d’or et tranchante comme un rasoir; son centre est le siège de la foudre; la terreur l’accompagne; épouvantable instrument de mort, couvert de la moelle, des débris d’os, de la graisse, du sang desDânavas, orné de larges guirlandes de fleurs, intelligent et docile dans la main de son maître, création immortelle de Swayambhou , exécuteur redoutable et superbe de la sentence des Maharebis irrités; en le voyant briller, les êtres animés et inanimés frémissent, et tous ceux qui se nourrissent de la chair des cadavres pou.ssent des cris de joie en attendant les eflets des œuvres merveilleuses de ce disque, rival du soleil.

Enflammé de colère, le dieu orné du Srivatsa et armé de la massue montre de loin son tcliacra, qui consume de son éclat immense l’éclat de ses ennemis. Il le lance, et abat de ce coup les bras de Câlanémi et ses cent tètes qui vomissent des torrents de flammes. Le Dânava, dont les bras et les têtes viennent d’être abattus, reste sans mouvement sur le champ de bataille, et son cadavre mutilé ressemble à un arbre sans branches. Volant avec la rapidité du vent, Garouda, les ailes étendues, foule la poitrine de Câlanémi. Ce grand corps, sans tête, sans bras, tombe du ciel à travers les airs, et vient frapper la terre qui se trouble, ^u bruit

■ Ollc arme s'appelle T|9b fehacra, et le Ichacra est aussi une rom*.

de sa chute, les Richis et les dieux applaudissent à Vècountha, et tous d’une même voix célèbrent sa gloire.

Les autres Dètyas, témoins de cette catastrophe, restèrent tous interdits: leurs bras furent comme enchaînés. Hari les prend les uns par les cheveux, les autres à la gorge, frappe ceux-ci au visage, ceux-là au milieu du corps, les brise à coups de massue, les brûle de son disque: sans respiration, sans vie, le corps tout rompu, ils tombent du ciel sur la terre. Vainqueur de tous les Détyas, glorieux et triomphant, Vichnou vient auprès d’Indra pour le complimenter.

Le combat de Târacâ était terminé : le maître des mondes, Brahmâ, arriva dans ces lieux avec tous les Brahmarchis, les Gandhanas et les Apsarâs, et saluant le grand Hari, le dieu des dieux lui dit: • O Vichnou, tu

• viens d’accomplir une grande œuxTe : par la mort des Détyas tu as sauvé I les Souras et ramené le bonheur parmi nous. Toi seul as pu vaincre le « terrible Càlanémi; à toi seul appartient cette gloire. Ce contempteur des

■ dieux, bravant tous les êtres animés et inanimés, attaquant les Richis,

• osait m’outrager moi-même. Je dois donc aussi me réjouir de ce noble

• exploit, par lequel tu as terrassé Càlanémi, l’émule de Câla. Reçois mes

• félicitations, et daigne m’accompagner au plus haut des deux. Là, les « Maharchis rassemblés célébreront tes louanges. Je me joindrai à eux,

• et nos voix s’élèveront de concert pour te chanter. Et par quel présent « digne de toi puis-je reconnaître tes bontés, ô toi, généreux bienfaiteur, « qui étends tes faveurs sur les Souras et même sûr les Détyas, toi qui viens

• aujourd’hui , dans ce combat , de rendre au grand Indra l’empire des trois

• mondes libre et florissant? •

Ainsi parla le divin Brahmâ; le noble Hari répondit, s'adressant aux dieux et à Indra leur chef :

• Ecoutez, ô dieux qui êtes ici rassemblés avec Indra, et qui, la tête

• baissée devant moi, me donnez en cet instant les preuves du respect le « plus religieux. Dans la bataille qui vient de se livrer, les puissants Dâna- « vas, plus forts qu’lndra lui-même, ont tous .succombé avec leur héros

■ Càlanémi. Dans ce même combat, deux autres de leurs chefs sont aussi

• tombés, le fils de Virotchana et le grand Swarbhànou. Indra peut donc < reprendre son poste accoutumé, ainsi que Varouna. Qu’Yama retourne « gouverner le midi, et Couvéra le septentrion. Que Soma revienne avec son

• cortège de constellations, et les visite successivement. Que le soleil, repre-

• nant ses deux voies’, ramène tour à tour les saisons. Que les prêtres, « honorant les dieux, leur présentent la part qui leur est due dans le

• beurre sacré. Que les Brahmanes allument les feux que prescrivent les

• Vèdes. Que les dieux reçoivent le saint hommage de l’holocauste *, les

t Maharchis celui de la prière les Pitris celui du Srâddha. Que Vâyou

• suive sa route; qu’Agni bnile de trois manières", et que les trois cas- « tes" fassent le bonheur des trois mondes par les œuvres qui leur sont

• attribuées. Que les sacrifices soient célébrés par les saints Brahmanes,

• les présents offerts, suivant l'usage, par la générosité dos fidèles. Que par « leurs heureuses et douces influences, le soleil favorise les vaches, Soma

• les fluides, et Vâyou les divers souffles des êtres animés. Que les rivières,

• formées de l’eau qui vient des grandes montagnes, mères fécondes des ■ trois mondes, continuent de se rendre à l’Océan. Enfin, que, délivrés de « la crainte des Dêtyas, les dieux vivent désormais en sécurité. Soyez heu-

• reux, je m’en vais dans le monde étemel de Brahmâ. Cependant au soin

• de vos demeures particulières, dans le ciel ou dans les combats, ne vous

• laissez point aller à une confiance téméraire : les Dânavas sont bumiliés,

• mais ils sont toujours en armes dans leurs sombres retraites, et ils ne

• resteront pas constamment en repos. Ils pourront abuser de votre droi- . ture et de votre franchise. Mais je saurai déjouer les projets de cette

• race perverse, acharnée contre vous et forte par sa déloyauté; et s’ils

• vous donnaient encore quelque crainte fondée, je viendrais â votre se-

• cours , et je vous aurais bientôt rendu la paix. •

Tel fut le discours qu’adressa aux dieux celui dont la vérité est toute la force. Comblé de gloire , Viebnou suivit Brabmâ dans son séjour immortel.

O prince, voilà le récit que tu m’avais demandé du combat merveilleux deTâracâ, livré par les Dânavas contre Vichnou.

* Le mot est ayana ; ce sont les deux parties de l'teliptiqiic coupée par l'équateur.

baUhoma.

'* su'dJhyâya.

“ L'auteur désigne les trois espèces de feu » le trétâgnii ce sont, dit-on. le feu du midi, le feu domestique et le feu du sacrifice.

’* n ne parle que des trois castes de dwidjas ou régénérés. 11 ne compte pas les Soùdras.

HAKIVANSA

Ql ARANTE-NEL1V1ËME LECTURE.

ARRIVÉE DE VICHNOli DANS l.E MOADE DE BRAHMA.

Djananiédjaya dit ;

Que lit Vècountha après son départ pour le monde de Hrahinâ, où il accompagna ce souverain des dieux qui jadis naquit au sein des ondes? Pourquoi fut-il conduit dans ce séjour après avoir aclievé la défaite des Dètyas et reçu les hommages des dieux? Quelle place y occupe-t-ii? A quel exercice * s’y est-il livré? A quelle pénitence s’est soumis ce maître suprême, essence de tous les êtres? Pendant ce temps, comment l'univers jouissait-il de cette félicité enviée des Souras et des AsourasJ Comment se fait-il qu’il dorme à la lin de l’été, qu’il s’éveille à la lin des pluies? Comment, placé dans le monde de Brahmâ , tient-il le timon des mondes? O saint Brahmane, j’ai le désir de connaître, dans tous ses détails, dans toute sa vérité, l’histoire divine de Vichnou dans le ciel.

Vèsampàyana répondit :

Je te donnerai d’abord quelques renseignements sur les saints plaisirs de Brahmâ et de Nârâyana dans le séjour où ils viennent de monter. Certes, la voie de Vichnou est imperceptible, et peut à peine être connue des dieux: écoute ce que je vais t’en révéler. Ce dieu est le monde; et les trois mondes, c’est lui-même ; il comprend aussi les dieux, et les dieux dans le ciel sont encore lui. C’est un fleuve dont la pensée la plus profonde n’aperçoit point l’autre rive; lui seul, Mâdhava, connaît les bornes suprêmes des mondes. Voici maintenant quelle fut la conduite autrefois suivie dans le .séjour de Brahmâ par cet être mystérieux, dont les dieux recherchent la trace. A son arrivée dans ces lieux, où réside le père de la nature entière, Vichnou salua

‘ fftlT yo9“

tous les Richis, suivant le rite qui leur est particulier. En apercevant le feu du sacriiice allumé à l’orient ^ par les Maharchis, ce dieu, éclatant de lumière, se joignit à eux pour la cérémonie pieuse du matin®. Il les vit honorer sa personne par les offrandes de beurre, lui donner une portion dans les sacrifices, et lui assigner la première place. Il s’établit un échange de politesses entre lui et ces Richis ressemblant à Brahma lui-même. Incompréhensible divinité, il parcourt ce monde éternel. Il voit les poteaux élevés dont le haut est orné d’un anneau * *, et qui sont illustrés par les innombrables sacrifices des Brahmarchis. 11 sent la fumée du beurre consacré, il entend les Vèdes récités par les Brahmanes: il poursuit sa visite et se mêle aux sacrifices. Les Richis, les dieux et les prêtres réunis lui adressent la parole , élevant leurs bras vers lui , et tenant dans leurs mains le vase * qui renferme l’offrande de l'argha.

Tout ce qui appartient aux dieux, dépend de Djanârddana : tout ce que font les dieux est l’ouvrage du vainqueur de Madhou. Le monde que les savants connaissent pour être celui d'Agni et de Soma, Brahma sait que c’est Vichnou; que Vichnou est Agni et Soma, Du lait vient la partie séreuse; de cette partie séreuse vient le beurre : de même c’est de Djanârddana que viennent les mondes où les êtres sont en quelque sorte baratés®. Les dieux, les Vèdes et les mondes reconnaissent Hari comme étant l’âme suprême revêtue de sens et entourée des éléments. C’est Vichnou qui se renferme dans les corps, qui vivifie sur la terre et la matière et les oiganes des sensations; comme c’est lui qui, dans le ciel, d’un souffle souverain pénètre et anime les dieux. C’est lui qui donne, à ceux qui sacrifient, le fruit de leur piété; lui qui est en même temps l’offrande sacrée : esprit suprême, il tient le fil qui fait mouvoir tout le monde, et, honoré par la prière, il est luimême la prière vivante.

Les Richis lui dirent : « Salut, ô toi le premier des Soums; dieu de lu- « mière, toi qui portes le lotus sur ton ombilic, sois en ces lieux le bien- « venu, et reçois avec nos prières les honneurs du sacrifice et de l’hospitalité.

vana.

pénvàhnicû criyâ.

* Voyez lecl. xl , pog. 1 79 , note 3 1 .

' Ce vase porte le nom de pavifra.

Nous avons vu ailleurs ce que c'était que l'argha, lect. xiv, pag. 70, note ai.

* Image familière à un peuple tel que les Indiens , chez qui la vache est particulii:rement honorée.

« Tu es la sainteté ’ dans le sacrificateur, la pureté dans l’eau de l’ablution « des pieds*; tu es l’hôte que célèbre la prière, l’ètre à jamais ferme dans « le bien. Dans le temps que tu t’occupais des combats , nos cérémonies se « trouvaient interrompues : il n’y a point de sacrifice, quand Vichnou est « absent. C’est de toi que doit venir le fruit de notre sacrifice qu’accom- « pagnent les présents de la reconnaissance. C’est à toi qu’aujourd’hui « s’adressent nos hommages. »

• Que vos vœux soient remplis, » dit le dieu en honorant à son tour ces Bi'ahinanes; et désormais habitant du séjour de Rrahmâ, il s’y livre aux plaisirs qu’y goûte ce souverain créateur.

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