NAISSANCE DE DAKCHA
Vèsampâyana dit :
Grand prince, quand Apava, père des êtres, eut achevé sa création, Pouroucha Manou prit pour épouse Sataroûpâ, qui n’avait point eu de mère, mais qui était née de la volonté pieuse * du Créateur, dans le temps
re> deux maltrex, je dirais que ce mot indique la présence duCréaleur au milieu de son
ouvrage ; et. ces mots de mon texte
, j« les reiuiroi» eu latiu par
ceux-ci ; magnitadine penetram commoratur.
" Je dois cette explication & un commentaire iDcapéré que m‘a fourni un de mes manuscrits.
** Voyez la note i6.
Ce paaaage me seniUe incomplet. Un manuscrit porte mànata au lieu à’âpat'a. Bha- ^avad-glU dit que quatre Manou» »ont appela
Mânasat , parce qu‘Us sortent de l'esprit de Dieu , lect. x, si. 6.
‘ Iæ texte porte J'ai d'abord cm
que ce pouvait être un nom propre. De plus , leSànkliya admet une création première de» étrea abstrait! , appelée hhAvatarga. Mais enbu , j'ai regardé comme un nom commun,
qui signifie devoir pieux, rempli par le Créateur occupé de son œuvre. , lect- ni.
si. 5, signifie devoir matrimonial
que le Dieu, enveloppant tout le ciel de sa grandeur, laniinait par sa présence. Sataroiipâ, après s'être livrée pendant dix mille ans à de pénibles austérités, obtint pour époux ce Pouroucha Manou, brillant de vertu et de piété ^ C'est lui qui est connu sous le surnom de Sufâyambkouva (fils de Swayambhou). Son règne fut de soixante et onze yoagas.
Ce Pouroucha, fils de Virâdj, engendra Vira de Sataroûpâ. Celui-ci eut de Càmyâ , Priyavi-ata et Outtânapada \
O noble guerrier, il y eut aussi une Câmyâ \ fille du Pradjâpati Cardama. Elle c|>ousa Priyavrata, et lui donna quatre fils, Samradj , Coukchi, Virâdj et Prabhou.
Le patriarche Atri adopta Outtânapada, qui de la belle Soûnritâ, fille de Dharina, eut aussi quatre enfants, Dhrouva, Kirtimân, Âyouchmân et Vasou. La naissance de Dhrouva fut brillante et célébrée par un sacrifice de cheval. Pendant trois mille années divines, ô noble fils de Bharata, il s'adonna aux exercices de la pénitence, et se prépara un trésor de gloire et de mérites. Père et maître de la nature, Brahma, satisfait de sa piété, lui donna une demeure pareille à la sienne, demeure inébranlable, en face des Saptarchis \ C'est en voyant sa grandeur et sa glorieuse élévation, « qti'Oiisanas, instituteur des dieux et des Asouras, a fait ce sloka : ■ O puis- •• sance de l'austérité! ô force de la science sacrée ! ô prodige ! Voilà les Sap- « tarchis qui se placent à la suite de Dhrouva. »
Sambhou, femme de Dhrouva, enfanta Slichti et Bhavya. Slichti eut de Soutchhâyâ cinq fils, modèles de pureté : Ripou, Ripoundjaya, Pouchpa®, Vricala cl Vricatédjas.
* \oyei dans rOupnék'lial, 1. 1, p. I2â« la description des diverses meUmorphoses de Sa* tamùpü {cenf^or/nû) fécondée par Manou sous Imites scs formes dilTcrentcs.
* OiitUoapada est, dans la sphère indienne, le nom de rétoilc de la Petite Ourse.
" Le texte ici ne s'explique pas clairement sur le nom de la femme de Priyavrata, qu'ailleursuti nomme rarà(c/ima/f, Tdlo deVUwacar* man. IjC nom du Pradjâpati Cardama signifie hmon, terre.
' J'ai déjà prévenu le lecteur que ces antiques histoire» n'étaient souvent que des al-
lusions astronomiques. Dhrouva est l'étoile po laire; Bralimà demeure au mont Mérou, pèle des Indiens. Non pas que je croie que tout est fiction dans ces anciennes légendes; mais je pense que ceux qui ont arrangé la sphère indienne, y ont introduit ces nomsdepalriarclies. et que les poêles ont ensuite confondu Thistoire et la fable. \'oyez I hisloiro des sept Hichis et de Dhrouva dans le Câsi-Uianda, section du Scanda-pourâna.
* I.4S manuscrits ne sont pas d'accord sur c e mot. Au lieu de Pouch|>a, fun porte f ipra , et l'autre Kchipra.
Ripou épousa Vriliatî, qui lui donna le brillant Tcliâkchoucha. Celui-ci eut pour renime Pouchcarinî, fille du grand patriarche Virana, et devint père d’un Manou.
Ce puissant Manou, ô fils de Bharata, eut de Nadwalà, fille du patriarche Vèràdja (fils de Virâdj ) dix fils, nommés Oûroa, Pouroa, Satadjoumna, Tapaswin, Satyavàk, Cavi , Aynichlou, Alirâlra , Soudyaumna et Abhimanyoa.
Agnéyî (fille d'Agni) donna à Oiirou six fils, resplendissants de gloire: Anga, .Soumanas, Swàli, Cratou, Angiras et Caya.
Anga, uni à Soiinllhà, eut un fils unique, nommé Uc'nn. Ce Véna par son impiété excita contre lui une grande colère. (On le prit :) pour lui donner un succc.sseur, les Ricins battirent les humeurs de son bras droit \ et il en naquit un prince, qui fut le grand Prilhou. Les Mounis, en le voyant, s’écrièrent :• 11 fera la joie des peuples, son nom sera illustre, et il ac- « querra une grande gloire. » Ainsi parut au monde Prithou, fils de Véna, habile à tirer de l’arc et à porter l’armure éclatante, pareil à un feu brillant, et de son bras protégeant la terre, vache nourricière du genre humain Ce roi fut l’aine des Kchatriyas, le premier de ceux que baptise l’eau du Ràdjasoiiya. Ogrand prince, ce fut lui qui, |H>ur l’avantage des hommes, sut traire la vache (mystérieuse) avec les dieux, les Richis, les Pitris, les Dânavas, les Gandharvas, les Apsarâs, les ser|)cnts, les saints, les plantes et les montagnes. Le lait que donne la terre fut recueilli dans des vases ° différents suivant la nature différente des êtres, et le prince le leur présenta, pour qu’ils pussent soutenir leur exi.stcnce.
* ht: lecteur ne verra »ans doute dam ce conte qu une allégorie. 11 poosem que Véna n’ayant point lais»é d'héritier direct, le.*» sages du royaume choisirent pour lui succi'der un prince d’une branche collatéTale. (Voy. p. i<j.) li'hiatoire de ce prince est dans le Padma*pourina racontée en détail , maÎ5 diiïéreinment ' Le mot ifT (jfd) aigni&e vache et (errû; et le» poètes n'oot pas manqué de bâtir plu» d'une fable sur la double signification de ce mot. Pour ce qui est de I hi^toire de Prithou , on dit qu’il épouaa Lakchrol. qui est en luètne temp»
la Terre. Cclle<'i ayant refusé ses secours aux hommes, fut battue et blessée par »on mari. fUlc prit alors la forme d’une vache , et »e rendit au mont Mirou , [wur s'y plaindre aux dieux, qui ne voulurent point l'entendre- Ainsi replacée sous la puissance de Prithou . elle fut obligée de SC soumettre et à lui , et à ses descendants qui la déchirent avec toutes sortes d’instruments. Du nom de Prithou elle est appelée Priûiivî ou Prilhici Voycx Iccl. iv, v et vi.
* L’Oiipiiék'liat, t. I, p- 307, donne U définition de ce mol vase.
Prithou eut deux lils, qui furent vertueux, et jouirent du pouvoir de se rendre invisibles (antardhipâlin).
L’un des deux, Antardhâna, eut de SiLliandini un fds nommé Havirdhàna.
Drichanà, fille tfAgni et femme de Havirdliàna, devint mère de six enfants, Prâtcliinavarliis, Soucia, Gava, Cricbna, Vradja et Adjina.
I,e fils aîné de Havirdliàna fut un grand Pradjâpati, un saint qui favorisa la propagation de l’espèce humaine. O Djanamcdjaya, quand il marchait sur la terre, les pointes de coasa étaient courhées vers l’orient; de la son nom de Pràtchînavarhis 11 é|K)usa une fille de l’Océan [Samoudra), nommée Savarnd , qu’il mérita par l’épreuve d’une longue pénitence. Celle-ci eut de lui dix enfants, a|>pclés Pralchétas, tous habiles à tirer de l’arc, tous scrupuleux observateurs de la loi divine et fidèles à leurs devoira. Pendant dix mille ans, ils se livrèrent aux plus rigoureux exercices de la pénitence au milieu des flots de l’Océan. Cependant la terre, sans protection et sans défense, se couvrait d’arbres, et les bommes dépérissaient; tel fut l’état du monde sous le règne du Manou Tchâkcboucha. Les vents ne pouvaient plus souiller, le ciel était caché par l’ombre des arbres. Pendant dix mille ans, le genre humain se trouva réduit à l’impuissance la plus complète. A cette nouvelle <|ui vint les suq>rendre au milieu de leurs pieuses occuj>alions, tous les Pratchétas irrités souillèrent de leurs bouches le vent et le feu. Le vent déracinait les arbres, les desséchait, et le feu les consumait. Cette destruction prenait un cours elTravant, quand Sonia, apprenant ces désastres, voulut sauver le reste des arbres. Il vint et dit à ces patriarches : • Modérei votre
• colère, princes fils de Pràtchînavarhis. Apaises le vent et le feu. Ces arbres « vous donneront une femme, véritable miracle de beauté. Remplie, dès le
• sein de .sa mère, de mon influence divine, elle enfantera pour le monde la « science et la vérité. Le nom de cette fille des bois est Mârichâ Que cette
'* Le cottM est une espvce de gazon sacre (poa c)rnoiiirD(dei); le mot tarkis a le mt^me signification. Je »uppose que ce prince avait tourne «e» pensée» et (>oric .va domination vers l’est. Il »enible que son empire {K)uvait s’étendre jusqu’à rOcéan, dont il est dit qu’il épousa la fille. (1 est possible aussi que ce ne soit qu'un personnage du zodiaque indien.
représenté sur une jonchée de coiuoit dont la pointe est tournée vert l’est. Dans les Lois de Manou, lecl. ii, si. 76* il est indiqué qu'au moment de la prière, on est assis sur un paquet de cotuas dont les pointes sont tournées vers l’orient.
" Ailleurs on dit que Màrirhà était fille du Mouni Candou
« illustre \iergc soit votre épouse ; elle est destinée à propager la race de « Sonia. Par la vertu de votre influence et de la mienne, agissant chacune
• également, elle aura pour fds un Pradjâpati, nommé Dakcha. Celui-ci appa- « raîtra comme une flamme brillante, et cette terre <jue vous avez consumée
• de vos feux, il la couvrira d'habitants. • Soumis aux conseils de Soma, les Pratchétas épargnèrent les arbres, et, suivant les rites sacrés, prirent pour épouse Màrichà. Son sein fut fécondé par leur esprit et des dix Pratchétas, ô fils de Bharata, naquit l’illustre Dakcha, issu d'un avalare partiel de Soma.
Dakcha donna naissance à des fils qni augmentèrent la race de Soma, êtres animés et inanimés, bipèdes et quadrupèdes. Par la puissance de son esprit, il créa un certain nombre de filles, dont dix furent données àDharma, treize è Casyapa, et les autres au roi Soma : ce sont celles-ci que l’on nomme Nakchatms (constellations). Ces filles de Dakcha sont devenues mères des dieux, des oiseaux, des vaches, des serpents, des Dêtyas, des Dânavas, des Gandharvas, des Apsarâs, et de beaucoup d’autres êtres.
O roi, depuis cette époque, les familles diverses durent la vie au mélange des deux sexes : la naissance des premiers êtres fut le résultat d’une volonté créatrice [sancalpa)'^, d’une force intuitive (danana), ou du toucher (spana).
Djanamédjaya dit :
On m’a déjà parlé d’une naissance plus ancienne des Dévas, des Dânavas, des Gandharvas, des serpents, des Ràkchasas, et du grand Dakcha luimême. O saint Mouni, celui-ci, m’a-t-on dit, était né du pouce droit de Brahmà , et sa femme du pouce gauche. Comment donc ce pieux personnage devint-il le fils des Pratchétas? C’est pour moi une chose obscure que
" Il est impossible de ne pas regarder comme allégorique le récit qui donne dix époux k Marichâ. Le texte porte qu'elle dut son fruit au mafuu des Pratchétas. comme Dakclia fut père par son manas [menU tuA ) . ainsi qu'il sera dit plus bas. Selon moi , Dakcha n'est qu'un savant astronome , inventant un système du
monde, divisant la sphere céleste, donnant des noms aux constellations , et regardé par les poètes, toujours menteurs, comme le père de tous ces êtres fabuleux que son imagination avait créés.
“ Voyez dans rOupnék’hat, t. I, p. 67. U déhnilion do celte iaculté appelée sancalpa.
je te prie de m’expliquer. Issu d’une fille de Soroa, comment fut-il aussi son beau-père ?
Vêsampâyana reprend ;
O prince, il y a dans les êtres une succession continuelle de naissance et de mort : c’est une vérité que connaissent les Bicliis et les savants. Dans chaque âge existent tous ces rois et saints personnages, tels que Dakcha et les autres : ils y reviennent habiter un nouveau corps. L'homme instruit ne doute |K)int de ce fait. Ils n’en sont ni plus jeunes, ni plus vieux, et croissent cependant en pénitence, en grandeur, en mérites.
Roi de la terre , quiconque connaîtra cette création d’êtres animés et inanimés produits par Dakcha, obtienditt une famille nombreuse, et, après cette vie, un long séjour dans le Swarga.