‹ Harivansa, ou, Histoire de la famille de HariChapitre 4 sur 55 · CRÉATION DF. DAKCHA; NAISSANCE DES VENTS · texte numérisé non relu

CRÉATION DF. DAKCHA; NAISSANCE DES VENTS

Djanamédjaya dit :

O Vêsampâyana, raconte-moi, je te prie, en détail la naissance des Dévas et des Dânavas, des Gandharvas, des Râkchasas.

Vêsampâyana dit :

Svvayambhou ' d’abord commandant à Dakcha : « Procède, lui dit-il, à la « création des êtres [pradjd). • O maître de la teiTe, écoute comment ce patriarche s’acquitta de cette fonction. Par la puissance de son esprit , il produisit d'abord les Richis, les Dévas et les Asouras les honiines, les Râk-

' Swayambhou, romme nous Lavons vu ' Di^vas ou dieux portcnl aussi le nom dans la première lecture, esl le nom du créa* de iSourai leurs ennemis se nomment par opleur, né spontanément. position Asouras.

chasas ^ les Yakchas, les Bhoûtas *, les Pisâtchas*, les oiseaux, les quadrupèdes, les serpents. Ces êtres issus de sa pensée ne prenaient aucun développement : alors le pieux Pradjâpati *, réfléchissant au moyen de produire au dehors ces créatures diverses, se soumit au devoir matrimonial, et prit pour épouse Asikni, fdlc du Pradjâpati Virana, noble et sainte pénitente, qui est devenue le soutien du monde. D’ Asikni, fille de Virana, le grand patriarche Dakcha eut cinq mille enfants.

Nârada ’, ce Dévarchi au doux langage, vit cette illustre race possédée du désir de s’étendre et de se développer : il osa leur donner un conseil qui causa leur mort, et qui devait lui attirer à lui-même l’imprécation de Dakcha’. Le Mouni Casyapa, craignant pour Nârada la colère de ce patriarche, s’entremit pour que l’imprudent conseiller devint dans une seconde nais- .sance fds de Brahmâ et d’une fille de Dakcha. Nârada était déjà une fois né de Brahmâ : le Dévarchi Dakcha, éjwux d’ Asikni, fille de Virana, futraïeiil de cet illustre Mouni, ainsi régénéré. On avait dit à Dakcha : « Vos fds, les

• Haryaswas, viennent de périr, égarés par leurs idées de vertu et de devoir; > tous, ils sont morts, il n’en faut point douter, et c’est Nârada qui en est

• cause. •

Le puissant Dakcha demandait la mort du coupable : il se présenta devant les Maharchis, mais se laissa fléchir pr Brahmâ, à qui il fit cette condition :

* Lei Rikcba&as sont de mauvais génies, ennemis des dieux , avec lesquels ils sont en gnerre continuelle. Ds viennent troubler et souiller les sacriHces. Rs prennent toutes les ibnnes, et l'on croit surtout que sous celle d'oiseaux ils se tiennent à quelque distance de ceux qui sacrifient ; pour les apaiser, on leur jette alors leur portion de rix. Les Rôkchasas sont encore, comme les Yakchas, une classe de divinités inférieures, qui accompagnent le dieu Couvéra.

* Les Bhoùtas sont aussi des cires malins et impurs, qui trompent les hommes et quelquefois les dévorent-

* Les Fisâtehas sont des êtres méchants , des démons qui tourmentent les hommes. Gjinme les précédents , on les donne pour compagnons au dieu des richesses, Couvéra. Les Orientaux

pensent que les trésors cachés au sein <le la terre, y sont gardés par des génies méchants. Cependant les Yokchaus n'ont pas ce caractère, et ils semblent aimer les hommes.

* Ce mol pradjâpati signifie pèrt ou maUrtdes êtres. Je le traduis aus.si pàr patriarche.

* Dans la mythologie indienne, quand il y a une malice à faire, une indiscrétion à commettre, c'est toujours Nârada qui s'en trouve chaîné.

* Toutes les fob qu'une imprécation {sapa) est lancée par une personne irritée, J'c0et en est certain, serail-cHo même injuste. Voyci dans le drame de Sacountalà la malédiction de Doun’èsas. Tout ce que peut faire un dieu protecteur, ou celui même qui a prononcé cette malédiction, c'est d'en éluder l'accomplissement, en changeant le sens des mots.

« Que Nârada renaisse de vous et d*unc de mes fdles. » Brahiuâ y consentit, et l'une des üllcs de Dakcha lui fut donnée. De cette union naquit le RIchi Nârada, qui échappa de cette manière à la malédiction de Dakcha.

Djanamédjaya dit :

Comment le Maharclii Nârada fut-il cause de la mort des enfants de ce patriarche P Sage Brahmane, instruis-moi de la vérité.

Vésamj>âyana reprit :

Les llaryaswas ^ enfants de Dakcha, témoignaient l'envie de croître et de s'étendre. Un jour que cette famille forte et courageuse était rassemblée, Nârada leur dit : « Enfants que vous êtes, vous ne connaissez donc pas l'im- ■ nicnsité de cette terre? Vous voulez propager votre race, petits-fds des « Pratchétas. Sur la terre, aiinlessus, au-clessous, comme vous pourriez satis-

• faire vos désirs! » Après avoir entendu ces mots, les malheureux s'éloignèrent de tous côtés ; mais l'air seul ne pouvait les nourrir. Ils succombèrent, du moins ils ne sont pas revenus; ils ont été reçus dans l’espace comme les fleuves dans la mer.

Après la mort des Haryaswas, Dakclia , liis des Pratchétas, eut encore de la fdle de Vîrana mille enfants, qui se nommèrent Sa6a/d5U’05. Nârada les engagea à se mettre à la recherche de leurs frères. Les Sabalâswas se dirent tous mutuellement : « Le grand Mouni a raison, il faut voir ce que sont de-

• venus nos frères. Plus d'hésitation ; c’c.st en connaissant l'étendue de la terre

* Fr Hamillon (Geocaîogies of ihc Hindus) penM; que les Haryaswas, romme leurs frères les Sabalâswas, furent des ordres de moines insii* tues parDakcha. Il me semblequ'U est un moyen plus naturel d'expliquer cette histoire. Le devoir pieux que voulaient remplir les Haryaswas nVtait pas une obligation religieuse de célibataires dévots, mais robligatioii, tout aussi sainte, d'hommes appelés à propager leur espèce, et qui se trouvant trop resserrés sur un point, s'aventurent dans des contrées, d'où iis ne reviennent pas. Comme tout ce chapitre est

une allégorie astronomique , on pourrait y voir ta création de ces étoiles fixes, dont le nombre est iafini : le mot hari signifie janne, doré, rtiren de iamière , le mot sabala signifie vorie, et tous deux peuvent s'appliquer aux étoiles que le poète considérerait comme de^ coursiers (a/ira) lancés dans les plaines de l'air. Mais J'aime mieux la première explication. Au reste , on serait aussi peu fondé à voir de l'histoire dans tous les détails de ce chapitre qu'à en chercher dans les aventures de Cœlus et de Tellus.

TKOISIÈME LECTURE. 15

• que nous multiplierons heureusement notre race. •Attaches à cette idée, fermes dans leur résolution, ils suivirent les traces de leurs aînés, et se dispersèrent de tous côtés : comme leurs frères ils ne sont pas revenus, et sans doute ils ont trouvé la mort dans des répons lointaines.

Alors le grand Dakcha , irrité de la mort des Salxilâswas , dit à Nârada : « Meurs maintenant, et va te renfermer dans le sein d'une femme. «C'est ainsi , ô roi , qu’un frère , en courant témérairement sur les pas de son frère , trouve bientôt la mort : le sage sait éviter cette destinée.

Le patriarche Dakcha, après la mort de ses lils, rendit la fille de Virana mère de soixante filles; c'est ce que dit la tradition. Ces filles eurent pour époux le grand Casyapa, Soma, Dharma, et d’autres Maharchis. Dakcha en donna dix à Dharma, treize à Casyapa, vingt-sept à Soma quatre à Arichtanémi, deux à Vahoupoutra ", deux aussi à Angiras, deux au docte Crisàswa O fils de Courou , voici maintenant des détails sur quelques-unes d’entre elles.

Aroundhati, Vasou,Yâmi,Lambhâ, Bhànou, Maroutwalî , Sancalpà, Mouhoôrttâ, Sâdhyâ et Viswâ, ce sont là les dix épouses de Dharma. Je vais te dire quels furent leurs enfants.

Les Viswadévas naquirent de Viswâ, les Sàdhyas ’* de Sâdhyâ, les Ma-

'* 11 est à regretter que la sphère indienoe oeoous soit pas coonue: je suis persuadéqu'on y trouverait l'expUcaÜoo de toutes ces allègo> ries : car ces nombreuses épouses , données à des patriarches, ne sont, selon moi, que des divisions d'une région du ciel placée sous leur influence. Ainsi l'on sait que les vingt-sept épouses de Soma ne sont que les constellations qui partageaient la route céleste de la lune. Soma pourrait donc représenter la région de l'écliptique, dont il serait le régent, comme Casvapa présiderait À une portion de riiémisphcre septentrional , et Dharma à une portion de Thémisphere méridional. En elTet Dbarma-ràdja est un des noms d'Yama, r^cni du midi. Je prie encore une fois le lecteur de me pardonner mes conjectures, qu'au reste je ne lui donne que comme telles, faute de renseignements certains. Je veux seulement appeler son attention sur ces idées. Angiras est une des étoiles qui composent la Grande Ourse.

l^e manuscrit de M. Tod porte Ü^rt^oupoutra.

Crisàsv»B est un Mouni fameux par $ts écrits sur l'art dramatique ; de U vient le nom de Crisâiwin qu'on donne aux acteurs. Non pas que l'art dramatique puisse être considéré comme aussi ancien que ce Crisàswa : mais des ouvrages modernes sont, chez les Indiens, fréquemment attribués à de saints personnages de l’antiquité, soit que les auteurs aient voulu de cette manière donner plus d'autorité à leurs écrits, soit qu'ils aient en effet porté le même nom que ces anciens personnages, avec lesquels ils sont maintenant confondus.

" Les N’iswas ou Viswadcvas sont au nombre de dix, savoir. Vasou,SatYa, Dakcha, Câla, Càma , Dhriti, Couroa , Poarourava et Madrava. On les honore dans les trddtüuu, cérémonies funèbres où ils reçoivent une offrande de beurre.

Les Sàdhyas sont aussi des divinités, astronomiques scion moi , au nombre de doute.

IIARIVANSA.

roiits ‘‘ (le Maroutwatî, les Vasous de Vasoii, les Bhànous de Bhânou, les Moiilioùrltas de Moulioûrtlù. Lamhhà donna le jour à Ghocha Vinii à Nà^avîtliî Aroundliali à tous ces êtres dépendants de la terre et Sancalpâ à Sancalpa , qui est l’ànie de tout'*. Nàgavîthî, fdle d’Yâmî, enfanta V'richala.

O roi, les épouses que le fils des Pratcliétas, Dakclia, accorda à Soma, sont célèBres dans les livres astronomiques et connues sous le nom de \akchalras

Je te donnerai quelques éclaircissements sur les huit fameux Dévas, qui s’appellent V asoui. et qui marchent devant la lumière*'. On les nomme Apa, Ührouia, Soma. Dham, Attila , Anala, Pratyoûcha et Prabhàsa.

D'Ajki naquit Srama , saint pénitent et Mouni irréprochahie de Dhrouva , le divin Càla, qui compte le nombre des vivants de Soma, le pieux Vartchas, père de \’artchas\vin ; de Dhara, Dravina, saintement occupé d’olfrandes et de sacriüccs Dhara ont encore de Manoharà Sisira, Prâna et Bamana. Sivà fut réponse d'Anila : elle en eut deux fils, Manodjava et Avidj-

'* Voici un exemple de l'inconséquence des iiivüiologuc». Le« Marout», ce sont le» venu ; elà U iiii de cette Dicme lecture, leur naiasaoce est atlrihiK’e à Dili.

“ Cêhtcha signiüc le bruit du tonnerre, et le mot lambha veut dire sajpeiuln. l^e bruit <lu luimerre vient en edet du nuage su&pcndu dans l'air.

'* \dgartth( signibe le chemtn de l’elèphant, H c’eut le nom que Von donne à la voie larUV. Le mot Vrichala .qui est le nom du lils de Nà* gavîtlii, signilie cheval ou toùdra, homme de la quatrième caste.

Ce passage obscur est traduit littoralement , {pnthîmichavam

Voyei lecture xLVii . note 6.

'■ Nous avons vu dans le chapitre précédent la cn'-alion atlribui-e au Sancalpa, que pcuU'Ire on {>ersonutlie dan» cet cndnnt-oi.

** \ oYex, pour ces NaLchalras ou constellation», les details que donnent les Recherches asiatiques, tom. III et IX.

Qu'est-ce que les Vasous? J'avoue qu'à cel égard je ne puis former que des conjec-

tures. Ce sont peut-être les génie» qui président aux divisions de l'horizon ver» l'orient : car j'ai traduit littiTalemcnt

marchant devant la lumière. Cependant voyez rOupnék’hat, t. I, p. 307; U donne une explication diirércnte. Oo compte aussi huit points cardinaux à l'horizon ; mais les nom.s de ces points ne ressemblent pas à ceux des V^asoiis.

** Je ne suis pas ici d'accord avec Fr. üamilton , qui donne à Apa une postérité que je ne trouve point dans le texte : Rahhrya, fils d'Apa. est, suivant lui, père de ^ama, Srama de Srànta. et Srânta de Mouni. Ces quatre noms sont au nominatif, et ne semblent pas indiquer une généalogie.

** Càla est ordinairement le dieu du temps

** Fr. IlajuUlon fait encore ici des noms propres de ce que je regarde comme une iq»!théte de Dravina, hûutahavvavaha, D dit que Houta est rds de Dravina, et Havyavaha (ils de Houta : il croit, quant au vers suivant, que Sisira est lîls de Havyavaha, et Prana fds de Sisira. Je n'ai pu voir en cct endroit une pareille IdialioD

nâtagati. Anala donna le jour à Couniâra , qui parut à sa naissance environne des tiges brillantes du gazon sara qui, surnommé Sâkha et Visâkha, est représenté dans les livres sacrés .sortant du sein de la flamme étincelante; et qui, élevé comme un fils par les Criticâs, est pour cette raison appelé Câtiikèya, surnom qu’il honore aussi bien que les noms de Scanda et de Sanalcoamdra. Quant à Pratyoûcha, il eut pour fils, comme on sait, le Ricin Dévala , père de deux enfants célèbres par leur patience et leurs austérités. Le huitième Vasou, Phabhâsa, prit pour épouse une soeur de Vrihaspati, qui connaissait la science divine, et qui purifiée par la dévotion, traversait le monde sans s’y attacher : elle se nommait Varasiri. Elle fut la mère du grand Pradjâpati Viswaearman, inventeur des arts, ouvrier céleste , dont la main industrieuse façonne tous les ornements, et fabrique les chars des Dévas, et dont les mortels intelligents imitent fheiireiise adresse jKuir l’avantage et l'agrément de leur vie.

O fils de Bharata, Sourabhi, sanctifiée par sa pénitence et la faveur de Mabâdéva, épousa Casyapa, à qui elle donna les onze Roudras; savoir, Adjécapâd, Ahirvradhna, Pinâkin, Uara, Vahoaroûpa, Tryambaca, Aparâdjita , Vrichâcapi , Sambhou, Caparddhin et Révata “. Voilà ceux que l’on appelle les onze Roudras, maîtres des trois mondes; mais il existe encore cent autres Roudras tout-puissants.

Apprends que Casyapa est le père d’une infinité d’enfants que les livres antiques nous représentent comme répandus jiar toute la nature, et attachés à tous les êtres animés ou inanimés. \'oici les noms de ses femmes : Adili,

** lae tara est uoe esp^e de gaxoD ou de roseau (McrAAr-um sara). CoumAra, CdrtikèYa et Scanda sont des noms du dieu de ia guerre , fils de Siva : la naissance de ce dieu est uoe histoire assez obscène, qui ne peut être qu'allégorique. Le germe d'un enfant fut jeté par Siva dans le feu {anala) \ il en sortit un garçon , qui eiposè d abord sur une couche de sara, fut ensuite élevé par les Criticâs. constellation de sia étoiles qui correspond aux Pléiades. I<e motsanalcoirmdra qui accompagne le mot scanda me semble ici un autre nom de ce dieu. (Voyez cependant la première lecture, où ces deux mots se trouvent de même réunis.) Pour expliquer

l'épithète de Visâkha, le docte Wilson dit que ce dieu fut nourri par la constellation Vis&khâ : ce qui n'est guère possible, puisque celte constellation est la seizième, quand Criticâ est la troisième. Ne serait-ce pas Visâkha ? Si j'osais , j'expliquerais ces deux épithètes en considérant ce dieu comme une branche (sdAM) s'élevant sur te foyer : roniiu rarnii privafus ou ramosas, isfnis dorso natas,

** Mes différcDlsmanoscrits ne sont d’accord ni sur les noms ni sur le nombre des Koudras ; à ces onze noms que l'on vient de lire, quelquesuns ajoutent ceux de Capâlin et de Sorpa

IH

IIARIVANSA.

Dili , Danon . Arichtd, Soarasâ, Sourabhi, Vinald, Tdmrd, Crodhavasd , Irâ, Cadrou, Khasd et Mouni. Je vais te dire, A roi, quelle fut leur jKtstéritc.

Pendant le premier Manwantara, il y avait eu douze grands Souras : on les appelait Touchilas Quand ils virent arriver le règne du Manou Vêvaswata , ils se dirent mutuellement ; • La splendeur du Manou Tchàkehourha

• va finir. Pour le bien de tous les êtres, il faut nous réunir; allons nous

• renfermer dans le sein d'Aditi. Qu’elle soit notre mère pour le Manwantara

• prochain ; c’est le meilleur parti que nous ayons à prendre. » Ainsi parlèrent ces Dévas du temps du Manou Tchàkchoucha, et ils consentirent à renaître deCasyapa, fils de Marîtehi, et d’Aditi, fille de Dakelia. Voici les noms des douze fils d’Aditi : Sacra, Viebnou, Aryaman, Dlidiri, Twachtri. Poàckan, Vivasu'ân, Saviiri, Mitra, Varoana, Ansa, et le brillant lihaga. Kt c’est ainsi que les dieux qu’on avait appelés Touchilas, sous le règne de Tchâkchoucba , prirent le nom â'Adilyas ”, sous celui de Vèva.swata.

Les vingt-.sept pieuses épouses de Sonia, dont nous avons parlé plus haut, eurent des enfants qui les égalèrent en éclat et en splendeur.

Les femmes d’Ariclitanémi lui donnèrent seize fils.

Le sage Valioujxmtra eut quatre filles, appelées les Vidynuls Angiras produisit les Ritebas “, .si distinguées, et honorées par les Brahma rcliis.

Crisàswa le Dévarclii fut père de ces tiaits animés et vivants, appelés Armes des dieux”.

Tous ces ordres de Dévas, au nombre de ti-ente-trois ”, au bout d’une

” Wiljon en compte trenle-siv : c’esl [iculêtre une autre manière de diviser l'année indienne, qui étant composée anriennemont de 36o jours, contenait trente-six dixaiucs.

** Aditya est devenu un nom du soleil; et l'on voit que cette classe de dieux représente les douce mois de Tannée. Il serait à désirer que les fonctions des autres divinités dont nous venons de parler fussent aussi distinctes ” Le mot v{d>ottt signiBe éc/oir.

** Ritchas est le pluriel de ou Rik, et même , l'un des trois Vèdes contenant des prières, qui sont ici personnifiées. G)mme cependant les Védes passent pour être venus de

Brahnié, les Ritchas ne seraient en cet endroit que des man/n», des invocations pieuses particuliérement coiD|X)sees par Angiras.

Dans le Ràméyana, res personnages jouent un rôle : ces armes sont vivantes, elles ont un corps, elles partent et demandent les ordres de Rdma. Quand il n'a plus besoin d’elles, elles le saluent avec respect et se retirent. Elles servent à paralyser un ennemi ou à l'endormir, ou bien amènent la tempête, la pluie ou le feu. Elles sont au nombre de ceot. Voyex ausai la pièce d'Outtara Rima • tchari Ira, actes i, .h et 6-

” Le texte porte bien trtnte-trx)is ordres de

révolution de mille yougas, meurent pour renaître quand leur devoir les rappelle. O roi Gis de Gourou, leur disparition (nirodha) et leur retour ressemblent à ce que nous voyons ici-bas pour le couclier et le lever du soleil. Telle est, dans la suite des âges, l'action de ces dieux qui viennent tour à tour revêtir des corps.

On dit que Casyap eut de Diti deux lils, Hiranyacasipou et le vaillant Hiranyâkcha , dont les descendants reçurent le nom de Délyas. (De Danou il eut entre autres)” \ipratcbitti, qui épousa Sinbikâ”, et dont les courageux enfants ont porté le nom particulier de Sénhikàyas.

Cette race fut innombrable, ô roi : c'est par dix mille, par cent mille qu’on les compte.

Hiranyacasipou eut quatre Gis renommes, Anoubràda, Ilràda, le vaillant Prabrâda ” et Samhràda. Hràda eut |>our Gis llrada : Hrada donna le jour k Ayou, à Sivi ctàCàla. Pi-abràda fut père de Virotchana; Virotebana, de Bali; Bali,de cent Gis, dont l'aîné était Bâna. Parmi les autres on distingue Dhritaràchtra, Soùrya, Tchandramas ”, Indratàpana, Coumbhanâbha, Gardabbâkcba, Coukchi. Bâna, le plus âgé et le plus vaillant, fut aimé du dieu

kiietLX ^cUIUlI : slNtj^RairJ Cc|Wn-

clant eu lisant rOupnéL'hot, t I, p. 207. Ü ^etn ble que ce »oît plutôt trente-trois personnes: savoir, 8 Vasous« 11 Houdras, 13 AdiWas, Indra et Pradjâpati. M. Haiighton, savant aussi recommandable par la bonté de sou caractère que par l etendue de se» cunnaissaDces, a bien voulu attirer mun attention sur ce passage qui SC répète plusieurs fois, et qui offre diverses variantes. Tantôt on y voit l'épilbcte tantcit celle de ; d’autres fois le mot

: Ce dernier mot renverse l explicalioii de l'OupDék'hat (^ant aux épiüicle». il me semble qu elles expnment la naissance successive de ces dieux dans les düTérents âges , à mesure que la marche du temps lea appelle à agir. Ces âges se nomment youga. Les astronomes en ont, dans leurs calculs, exagéré la longueur : je crois bien que quelquefois les

poètes nenicndent parce mot qu'une révolution anDiieUc, et non pas une révolution de plusieurs siècles. La durée du monde est partagi^e en quatre yoa^ai, Crita, TréU, Dwàpara et Cali, qui fonnent douze mille ans [varcha]. Cest là un âge des dieux : mille âges des dieux font un jour de Brakmi. Soixante et orne âges des dieux font un Manwantara ; les Manwantaras sont au nombte de quatorze et constituent un calpa. \oyet lect. viii.

** Ces mots sont ajoutés au texte : ce passage est déplacé et semble intercalé ; plus bas il est répété.

** Sinhikâ était fille du Dètya Hrada. et devint la femme d'un Dânava

*• ÜD dit aussi IVahlâda.

** Cest à-dire le soleil et la lune. Ce passage me rappelle que la Théogonie d'Hésiode cite parmi les Titans Hypérion et Phebé.

Siva. Ayant autrefois rencontre le puissant epoux d’Oumâ ”, il lui avait demandé le privilège de marcher à ses côtés.

Les fils d'Hiranyàkcha furent au noml)rc de cinq, remplis de sagesse et de force : c’étaient Djhardjhara, Sacouni, Bhoûtasantàpana, l'invincible Mahânâbha et Câlancàbha.

Danou eut cent enfants, tous célèbres par leur force, leurs austérités et leur puissance : je n’en citerai que les principaux , tels que Dvvimoûrddban ”, Sacouni, le grand Sancousiras, Sancoucarna, V ivàda, Gaveclithin, Doundoubhi, Ayomoiiklia, Samlxira, Capila, Vàmana (Marîtchi, Magbavân, llv\ala, Swasrima”), Vikchobana, Kétoii, Kétouvîi-ya, Satahrada, Indradjit, Satyadjit, Vadjranàbha, l'invincible Mabànàbba, Càlanàbba, Ecatchacra au bras puissant, le vaillant Tàraca “, Véswànara, Pouloman, Vidrâvana, Mabâsoura, Swarbliùnou, Vricliajwrwan, llounda, grand parmi ses frères, Soûkchma, Nitchandra, Oumanâbha, Mahàgiri, /ksiloman, Késin, Satba, Balaca, Mada, Gaganamoûrddlian . Coumbhanibba, Pramada, Maya, Coupatha, le robuste Hayagrîva, Visripa, Viroûpàkcha, Soupatha, Hara, Aliara, lliranyacasipou, Sambara aux cent formes magiques, Sarabha, Salabba, et le fameux Vipratcliitti. Tous ces béros furent fds de Casyapa et de Danou, et appelés par cette raison Dânavas*' -, tous furent courageux et forts, mais Vipratcliitti était le premier parmi eux. Ils eurent une infinité de fils et de petits-fils, ô prince, et il est impossible de compter le nombre de leurs descendants.

Prabiià fut iille de Swarbliânou; Satciiî, de Pouloman; Oupadànavî, Hayasiras et Sarmiclitliiï, de Vrichaparwan ; Poulomâ et Câlaeâ, de Véswànara.

L’épouse du fils de Marîtchi lui donna une postérité nombreuse. De ce saint pénitent et d’elle sortirent soixante mille Dànavas, dont quatorze cents habitèrent à lliranyapoura “.

" Cc»t-à-dire Siv», dont la femme s'appelle Oumâ ou Pdntali.

“ Fr. Hamillon, dans un moment de préoccupation , a mis BimoûnUhan, en confondant la syllabe sanss^rite dwi avec le mot latin bis.

** Fr- llamilton dit Sasnma. Le manuscrit de M. Tod ne donne pas ces quatre noms, dont les deux derniers sont cités plus bas parmi ceux des lils de Vipratebitti. Maritcbi est un Saptarebi, et Magliavân un nom du dieu Indra.

** Tdmca est aussi le nom d'un ancien roi d'Egypte.

*' Ce mot ressemble trop à celui de Danai, les Grecs, pour que le rapproebement n'en ait pas été fait. Voyez Hcch. asiat. t. Vllt, p. 36a.

“ Ce fds de Maritcbi , est-ce Casyapa ? Ou bien est-il question d'un fils de Danou, cité plus baul? Je suppose que c'est Casyapa.

" Je eberebe à m'abstenir de tout rapprochement frivole et indiscret. Je crois ce-

Les fils de Poulomâ et de Càlacà furent des Dânavas doués d'un grand courage; ils demeuraient à Hiranyapoura , et avaient obtenu de Brabmà le privilège de n’être jamais détruits par les Dévas : ils périrent plus tard sous les coups d'Ardjouna.

Nahoucha fut fils de Prabhà; Djayanta, de Satebî**; Sarmiclithà fut mère de Pourou; Oupiadânavî, de Douchmanta

Une famille de Dânavas courageux et intrépides sortit de Vipratchitti et de Sinbicâ, dont le mariage unit les deux races des Dêtyas et des Dânavas, et produisit treize enfants, distingués par le surnom de Sénliikéyas. Voici les noms de ces enfants : les vaillants Vyansa et Salya, le robuste Nabha, Vâfàpin, Namottichi, Uwala , Swasrima, Andjica, Naraca, Câlanàbha, Saramâna, Soaracalpa*^, et RdAoa, qui était l'aîné, ZidAoa, le fléau du soleil et de la lune.

Soùca et Sounda furent tous deux fils de Hrada et Mârîtcha, fils de Sounda et de Tâdacâ. Us augmentèrent la race de Danou, ainsi que leur propre gloire, et leurs rejetons furent innombrables.

Le Dêtya Samhrâda eut des fils aussi fameux par leur adresse à porter l'armure guerrière que par leurs pieuses austérités. On en comptait trois millions , habitant Manimatî : les Dévas ne pouvaient les vaincre ; mais Ardjouna finit par les détniire.

L'épouse de Casyapa, nommée Tâmrâ, lui donna, dit-on, six filles d'une grande sagesse : Câkî, Syénî, Rhâsî, Sougrîvî, Soutchi et Gridhrî. Câkî fut la mère des corbeaux et des chouettes; Syénî, des faucons; Bhâsî, des éperviers; Gridhrî, des vautours; Soutchi , des oiseaux aquatiques; et Sougrîvî, des chevaux, des ânes, des chameaux : telle fut la race de Tâmrâ.

pendant devoir faire remanjuer à mon lecteur que quelques livres indiens placent vers l'ouest le pays d'Iliranmaya , dont Hiranya-poura pourrait être la capitale, et que précisément à l'ouest de l'Inde est la contrée appelée Irin, ou la Perae. (Tabl. histor. de M. Klaprotli, p. a.)

“ Satch! épousa le dieu Indra. Sin^lière mythologie où les dieui épousent ainsi les filles de lenrs ennemis I

“ n y a en plusieut» princes appelés Doachmania ; celui-ci est l'époux de Secountalâ. Voyet plus bas, â ce sujet, la lecture xxxii.

** .âinsi dit le manuscrit de M. Tod. Les autres portent trois noms de plus , savoir, Sara , Potarana et Vadjranibha , ce qui donne soi» nums au lieu de treize.

*’ lia été question plus haut de Hrada , et de ses enfanta, qui ne sont pas les mêmes que ceux qu'on lui donne ici. De plus, ce Hrada descendait de Diti , et par conséijuent scs deux fils .Souci et Sounda n'ont pu augmenter la race de Danou. C'est tout au plus ce qu'il serait permis de dire de Sounda seul , qui avait épousé TAdaci, fille du Dinava Maritchi.

Viiiatà eut deux üls, Arouna etOarouda, autrement appelé 6'oa/)arna . roi des oiseaux et terrible dans scs œuvres.

Sourasâ enfanta mille dragons puissants et courageux, ornés de têtes innombrables, et parcourant les plaines de l’air.

Cadrou fut mère de mille serpents, forts et brillants, fiers de leurs têtes nombreuses, et cependant soumis à l’empire de Garouda.

Je dirai les noms des principaux parmi ces dragons et ces serpents ** : ce sont Sécha, Vûsouki, Takcliaca, Éravala, Mahàpadma, Cambala, Aswatara, Elâpatra, Sankha, Carcotaca, Dlianandjaya, Mahânila, Mabâcarna, Dhritaràcbtra, Balàhaca, Couhara , Pouchpadanchtra, Dourmoukha, Soumouklia, Sankhapâla, Capila, Vùmana, Naboueba, Sankbaroman, Mani. Leurs fils et leurs petits-llls ont été détruits par Garouda, servi dans sa colère par les quatorae mille enfants de Crodbavasà ”, tous armés d’un long bec, et qui ont fait de ces serpents leur sanglante pâture.

Les montagnes ”, et sur la terre et dans les eaux, furent les enfants de Dbarà

Sourabhi produisit les vacbes et les buffles; Ira, les arbres, les plantes, et les gazons qui couvrent la terre; Kba.sâ, les Yakchas et les Ràkchasas; \founi, les Apsarûs; Ariclità, les pieux et brillants Gandharvas

Tels furent les enfants de Casyapa, parmi les êtres soit vivants, soit inanimés : leur race s’est multipliée à l’iniini.

Le Manou Swàrotchicha ” avait cessé de régner, quand cette création eut lieu : c’était sous l’empire du Manou Vévaswata, le sacrifice “ de Va-

“ üa a supposé que sous le nom de Nàgas, sci'iHMits à face humaine, on désignait un peuple sauvage, vivant dans les bois ou peut-être dans les mines : d'autres ont cru que c'était le nom d'une nation qui adorait les ser{>ents. Dans le catalogue des provinces du Dhârata-klianda , on en trouve une nommée NAqa-khanda , laquelle est arrosée par le Sindhou ou Indus.

J'ai ici un |>eu forcé le sens : tous les manuscrits portent ShN-MH = j’a* traduit comme

s'il y avait

** On crojait que les montagnes, dans l'ori-

gine, avaient des ailes et s'élevaient dans les airs. Indra avec sa foudre les leur a coupées. Ix! texte, au lieu de montagnes, dit les oiseattjr nés de la terre et de l’eau.

“ Le nom de Dhard n'est pas compris plus haut parmi ceux des femmes de Casyapa. C'est un des noms de la Terre.

“ Les Apsarâs sont les bayaderes célestes , et les Gandharvas , les musiciens de la cour des dieux.

” Ce Manou Swàrotchicha est le second : Vévaswata est le septième.

" Quand un dieu remplit ses fonctions , ou

rouna avait commencé. La première création fut celle tle Rrahmâ, quand il jugea qu’il était temps de procéder à son sacrifice, et que, souverain aïeul du monde, il forma lui-même dans sa pensée et enfanta les sept Brahmarchis.

O fils de Bharata, par suite de l’inimitié qui s’était établie entre les Üévas et les Dànavas “, Diti voyait périr tous ses enfants. Elle se plaignit à Casyapa, qui , touché de sa douleur, tâcha de la consoler, et lui donna le choix d’une faveur (para). ■ Je veux, dit-elle, un fils puissant, qui soit un jour le vain- « queur d’Indra. • Le saint patriarche, fils de Maritchi, lui accorda le don qu’elle demandait, et ajouta aussitôt : • Oui, tel sera ton fils, puisque tu veux

• être mère : il sera le vainqueur d’Indra, si tu peux, durant cent automnes

• qu’il restera dans ton sein, te conserver toi-même pure de toute souillure ,

• et suivre fidèlement les règles de la dévotion. » • J’y consens , » dit la déesse au vertueux pénitent. Épouse heureuse et sainte, dans les embrassements de Casyapa , elle conçut un fils. Après avoir déposé dans son sein un germe fécond , d’oïl devait sortir un ordre de dieux forts et pui.ssants et que les autres immortels ne sauraient détruire, le Mouni se rendit à la montagne pour y suivre les exercices de la pénitence. Cependant le vainqueur de Pàca vint visiter Diti; il voyait que le terme des cent automnes allait expirer. Par malheur Diti , avant de se mettre au lit, oublia l’ablution des pieds. Indra profita de son sommeil pour se glisser dans son sein, armé de sa foudre, et y coupa son fruit en sept parties. Le fœtus, taillé par la foudre, gémissait. • Ne gémis pas (md rodih), » lui disait de temps en temps Sacra ”. Cependant le terrible Indra, assurant sa vengeance, coupa encore en sept parties chacun des sept premiers fragments. O fils de Bharata, ce sont lâ les dieux qu’on a appelés Marouts ils étaient au nombre de quarante-neuf.

dit qu'il ucriric : car l'action par laquelle on s'acquitte de son devoir est un aacriüce. Varouna est le régent de l'ouest : le poète veut-il par ces mots, tacrijia de VonHUie, désigner une position des corps célestes pour déterminer une époque ï Je ne saurais l'aiEnner. Je crois plutôt que Varouna étant aussi un des Àdilyas, on üiit ici allusion au mois de l'année auquel il préside. Vojrei lecture x.

“ On remarquera que le mot Dinava est ici

général et comprend l'idée de Détya ; dans d'autres circonstances, ce sera réciproque.

^ Surnom du dieu Indra, vainqueur d'un géant de ce nom.

” Autre nom du dieu Indra.

" Manml (au pluriel Manulas) est le dieu du vent, appelé aussi rdroa, Aitila, Pavana. U naquit avec quarante-neuf formes , parce que l'aire des vents indienne a quarante-neuf divisions. Voilé encore un de ces contes allégo-

2 fl

et Magliavân ”, ce même dieu qui porte la foudre, leur accorda d’être ses compagnons. Ils grandirent, et devinrent un ordre de divinités puissantes et redoutables.

C’est ainsi que les divers patriarches contribuèrent à la propagation des êtres, dont les chefs reçurent ensuite, en commençant par Prithou, une espece d'investiture royale. Mais le souverain auteur de ces créations , c’est Hari, qui plus tard fut Crichna; c’est Pouroucha, l'homme par excellence (l'ira), toujours vainqueur, et le premier des patriarches : il est dans la nature le nuage et le soleil : il est invisible , et tout ce monde est une partie de lui-même.

O fils de Bharata, quiconque aura connu cette création des êtres, quiconque aura lu et entendu le récit de la naissance des vents, ne manquera de rien ici-bas, et n’aura aucune crainte pour l’autre monde.

Page 1