‹ Harivansa, ou, Histoire de la famille de HariChapitre 31 sur 55 · ENFANCE DE CRICHNA : LE CHARIOT RENVERSÉ · texte numérisé non relu

ENFANCE DE CRICHNA : LE CHARIOT RENVERSÉ

Vè.sampàyana dit :

Cependant un temps déjà assez long s’était écoulé, et Nauda', fixé dans le Vradja, exerçait toujours l'état de pasteur. Les deux enfants croissaient

■ int^ ÿargaru '• dadht.

“ ïRïR mantkâna. I.^ corde s’appelle

l'olaya; c'est comme une espèce de bracelet passé autour du poteau, lequel $e

nomme daiulavichcambha ,

mantijim, ou couthara

** GîUe 0010*011: se nomme câcapakcha {atle de ror6eau), ou tikhandaca. La première ibi» qu’on rase la tète aux enfants , on leur laisse trois ou cinq mèches de chaque c6té.

* Le nom de ce personnage est écrit tou* jours Nandayopa : ^opa veut dire pasteur.

heureusement: des noms leur avaient etc imposés®; Taîné s’appelait Sa;icarchana, et le plus jeune Cricima. Or, Criclina était Hari incarné, Hari revêtu d’un nuage noir*: il grandissait au milieu des vaches, comme le nuage au-dessus de la mer.

Un jour Yasodâ, occupée de ses affaires, l’avait placé tout endormi sous un chariot, et s’était rendue sur les bords de l’Yamounâ. (L’enfant se réveille): il agite en jouant ses mains et ses pieds, et crie doucement. Tout à coup, avec un de .ses pieds qu’il dresse, il pousse le chariot et le renverse; il se retourne ensuite, cherche à se lever ‘ et pleure comme pour appeler sa nourrice. Celle-ci arrive tremblante de peur, toute mouillée , inquiète comme la vache qui a perdu son veau. Elle apercevait le chariot qui avait été renversé : le vent n’avait point soufflé , et elle ne savait comment s’expliquer cet événement. • Hélas I hélas! » disait-elle en accourant. Elle prend son fils : heureuse et tremblante encore, elle s’écrie: « Mon « enfant est sauvé! Pauvre petit, que va dire ton père? Quelle sera sa « colère quand il saura que je t’ai placé pour dormir sous ce chariot , et » qu’il a été renversé subitement! O mallieureuse idée d’avoir voulu des- « cendre à la rivière! Voilà le chariot jeté par terre, en désordre, et je te « retrouve, cher enfant, perdu dans cette confusion! »

* Cest là une des cérémonies du saruaîra, appelée ndmacârana : elle se fait le lo*, le 1 1*, le la' ou le loi' jour après la naissance de l’enfant.

' Crichna signifie noir ou bleu foncé. On dit que c'était la couleur de ce {icrsonnagc; mais cependant celte phrase semble indiquer la raison mystérieuse qui avait fait donner ce nom au nourrisson de Nanda. A ce sujet, qu’il me soit permis d'emprunter au savant M. Haughton l’explication ingénieuse qu’il a bien voulu me donner de la triade indienne, cl qui jettera quelque lumière sur cette épitliètc. M. llaiighton regarde cette triade comme une personnification de la nature , où Brahma est la matière, Vichnou l’espace, et Siva le temps. Dans ce système, Brahm.î naissant de l’ombilic de Vichnou est la matière produite au centre de l’espace. En regardant ainsi Vichnou comme

l’espace personnifié, on comprend le sens de ce nom symbolique de Crichna , donné à l’avatarc dont il est ici question ; et comme de l’idée philosophique de l'espace les poètes passent facilement à la signification bornée et toute physique de l’étendue céleste, on voit pour quelle raison Hari est environné par eux d'un nuage noir : image que l'on |>cut à la fois entendre au propre et au figuré, ténèbres profondes et mystère dans le sens métaphysique, vapeurs humides ob.scurcissant le ciel dans le sens grossier et littéral.

' Je me suis peut-être trompé en rendant

ainsi le mot «-tlsç! nroubdjam , qui exprime

une position où le corps est courbé. Je me représente en cette circonstance l’enfant appuyé sur ses mains, et le dos courlié et arrondi (crooked) , cherchant à se dresser. Ce mot est

Dans le même moment, Nanda, revenant du bois avec les vaches, arriva sur les lieux. Les deux pièces de son vêtement * étaient de couleur brune*. 11 aperçoit le chariot’ tout bouleversé, les différents vases et ustensiles qu’il contenait brisés, les bagages jetés au loin, l’es.sieu enfoncé dans le sol et une roue en l’air. A cet aspect, effrayé, il accourt : des larmes sont dans ses yeux. « Grâce pour mon enfant ! » s’écriait-il, et bientôt il est rassuré en le voyant au sein de sa nourrice. Il dit alors : ■ Qui « donc a pu renverser ce chariot, sinon les taureaux en se jouant? ■ Yasodâ lui répondit en tremblant et d’une voix agitée : • J’ignore comment ce

• chariot a été jeté par terre. J’étais descendue au fleuve pour y laver mon

• linge*. En revenant, j’ai trouvé tout ce désordre. • Ils causaient ensemble, quand de jeunes enfants leur dirent : « C’est votre nourrisson lui-même

• qui, avec son pied, a renversé le chariot. Nous sommes accourus et nous

• avons vu la chose. > En entendant ces mots, Nanda fut saisi d’admiration. Son cœur se livrait à la joie, et cependant il tremblait. «Que veut dire « ceci? • pensait-il en lui-même. Cependant les autres pasteurs, dont l’intelligence ne s’élevait pas au-dessus des choses humaines, ne pouvaient retenir leurs larmes. • Quel prodige! • se disaient-ils; et ils ouvraient les yeux d’étonnement. Ils relevèrent le chariot’, et le fixèrent en place en attachant les roues.

employiï Hans U io3' lecture, pour exprimer la posture de gens prosternés à terre.

* 1.6 vêtement indien se compose de deux pièces principales, l’une inférieure qui enveloppe les reins et les cuisses comme un pagne, l’autre supérieure qui est jetée sur les épaules et retombe par devant.

‘ Cette couleur est ap|ielée aichàya . et formée du rouge et du jaune.

* n parait que ce chariot servait d’habitation pour le pasteur, qui menait une esjrèce de vie nomade, et se transportait à volonté dans les meilleurs pâturages.

tchéla. Gï mol vient de Ichila

(s'habiUer]. Je Tai traduit par linge. Ce doit être une espèce de ceinture ou de mouchoir, car je trouve dans le Bbâgavata un endroit où

Gichna attache Boiikipin avec cette pièce de son vêtement, . L'auteur des lois de

Manou (lecl. xi , sloc. a«5) parle d’un vêlement avec lequel on peut atlarher, mais sans le désigner. Dans la cvi* lecture du Harivansa, le col des urnes des Nidbis est représenté comme couvert d un linge appelé *e|^.

• Il y a sans doute dans cette légende une allusion astronomique. La conslellition de Ro« hini est figurée par un chariot, et, pour cette raison, surnommée •SacuMAti'd. Crichna,qu'è la fin du chapitre précédent on a dépeint comme un petit soleil, traverse la région de Rohini. Car cette action de briser le char (laca* tiüthèila) exprime, k ce qu’il parait, le pas* sage d'un astre dans cette constellation. Cest au moins oe que j'infère d'un passage des Re*

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