‹ Harivansa, ou, Histoire de la famille de HariChapitre 38 sur 55 · S.VCIUFICE DE LA COLLINE · texte numérisé non relu

S.VCIUFICE DE LA COLLINE

Vésampâyana dit:

Ainsi parlait sans crainte Dâmodara : les pasteurs l’écoutaient avec plaisir, et recueillaient avidement l’ambroisie de .ses paroles. Ils lui répondirent : . Enfant , ta vue fait le bonheur de nos compagnes ; nous aussi , nous sommes

• heureux de ta prudence à laquelle nous devons l’accroissement de nos < troupeaux. Tu es notre voie, nos délices, notre science, notre guide : tu

• nous ra.ssures dans nos alarmes, et tu sais répondre à notre amitié. Par toi,

■ Crichna, le bonheur règne dans ce hameau, la paix dans ces pâturages : tout

• en ces lieux est ennemi de l’indifférence ', et nous vivons comme si nous

■ étions dans le paradis. En songeant à ta naissance et à tes œmxcs que les « dieux ne pourraient exécuter, nos esprits restent frappés d’admiration et de

• respect. Ta force extraordinaire, ta gloire, tes triomphes te distinguent « parmi les mortels, comme Indra est distingué parmi les dieux. Ton ardeur

■ brûlante, ton éclat et ta splendeur, font de toi au milieu de nous ce que le

• soleil est au milieu des êtres divins. Par ta grâce, ton aimable gaieté, ta

• douceur, la beauté de ta face et ton doux sourire , tu es sur la terre ce que la

• lune est au ciel. Enfin, pour le courage et la beauté, pour tant de glorieuses « actions dans un âge si tondre, Cârtikéya lui-méincne peut t'être comparé :

' Cette idée est rendue |>ar le mol ordinairement c*c»l le résultat d'une grande

idnMn. Ix! sénta est un éiat d'indifférence dévotion , et de l’habitude de la méditation re> pour toutes les sensations de peine et de plaisir: ligieusc.

HAKIVANSA.

« et quel mortel oserait se dire semblable à toi? Quel est rbomme capable ■ de nous tenir un discours comme celui que nous venons d'entendre sur le

• sacrilicc de la colline? C'est avec une force pareille à celle de tes paroles « que l’Océan roule ses Ilots. Ainsi, mon cher enfant, plus de fête d’Indra;

• ne songeons qu’à ce grand sacrifice de la colline que tu nous conseilles

• pour l’avantage des pasteurs et de leurs troupeaux. Allons, que l’on prépare

• les vases * les plus beaux et les plus brillants, dans lesquels on met le lait

• ou l’eau. Que l’on remplisse de lait les vais.scaux les plus larges et les plus

• longs \ Qu’on ajipréte les mets et les boissons de toute espece, et qu’on

• transporte et les plats de viande et les jarres d’eau. Que pendant trois nuits

• toute la population du hameau soit occupée : que l’on tue les animaux

• dont on peut manger la chair *, tels que les bullles et les autres, et que ce « sacriiiee soit célébré par tous les pa.steurs réunis. ■

la joie régnait donc de tous côtés: le bonheur des hahitants éclatait par le son des instruments, et par des chants auxquels se mêlait le mugissement des taureaux et des veaux. C’étaient des lacs de caillé, des torrents de crème, des ruisseaux de lait, des monceaux de viande, des montagnes de riz. Le sacrilice de la colline s’accomplissait; les vaches étaient rassemblées; de tous côtés apparais.saient des troupes joyeuses de pasteui-s, et leurs coni|vigncs emhclli.ssaiont encore la fête. Tout se trouvait préparé d’une manière convenable; un jour propice avait été choisi, et les p,Atres, accompagnés des Brahmanes, avaient observé les rites sacrés. Des mets variés étaient drc.ssés çà et là avec profusion ; dos guirlandes de fleurs et des parfums de mille espèces répandaient au loin leurs odeurs suaves. Vei's la fin du sacrifice, par l’eflet d’une magie divine, Crichna devient la colline *, et c’est à lui qu’est présentée cette ollrandede riz, de lait, de caillé et de viande. LesBrahmanes, après avoir reçu une part abondante de toutes

* H bhùttjaka et conmbha (cym-

Inam ) .

‘ Ces vases |wrlent le nom de ^ 1| ijf (iront lU sont de bois ou de pierre > d'une forme ovale, eIseiiibUblo» à un bateau. Le leste |Hjrte un autre mol qui aig-nüic prupionicnt m-irre, cl qui doil designer ici une espèce d'auge ; c'estlc

mot nadt. Ce sens n'est pas donné par

M. W ilson.

* \'0YCz. â la fin de la ni* lerlurc des lois de Manou, ta liste des animaux dont on |iouviul manger la chair {tendant les Srnddhos,

‘ Je ne me charge |>as d'expliquer celte espèce de transsubstantiation singulière, accom* pagiiec d'ubiquité : je traduis seulement

ces nourritures, se levèrent pénétrés de joie, et donnèrent à l’assemblée leur bénédiction *. Au moment du sacrifice supplémentaire Crichna ayant mangé et bu du lait à sa fantaisie, s’écria : • Je suis satisfait, » cl sourit aux bergers sous sa forme divine. En le voyant, pareil à une montagne , orné d'une guirlande mencilleuse, élevé sur le haut de la colline, les principaux bergers s’approclièrent. O merxeillel parmi eux se trouvait Cricbna, sous sa forme ordinaire, qui allait ainsi se rendre hommage à lui-méme. Les pasteurs, remplis d'admiration, dirent au dieu delà colline : « O seigneur, nous sommes

• en ton pouvoir: que devons-nous faire pour te prouver notre obéissance? •

colline prit la -parole, et dit aux bergers : • C’est moi que vous dever. « aujourd’hui honorer dans vos vaches, si vous vous aimez vous-mêmes: je

• serai pour vous le plus grand des dieux, j'exaucerai tous vos vœux, par

• ma puissance vous obtiendrez des milliers de vaches, et je protégerai

■ tous ceux qui m’adoreront dans les bois. Je serai au milieu de vous, » votre ami, le compagnon de vos jeux; ces lieux me plairont autant que

• le ciel. Ceux d’entre les pasteuis qui, à commencer par Nanda, auront été

• appréciés par moi, obtiendront en échange de leur amitié la prospérité

■ la plus grande. Nous allons nous voir bientôt entourés d’une immense « quantité de vaches et de veaux : tel sera pour vous l'heureux fruit de

• mon attachement. •

Alors les troupeaux de vaches se rassemblèrent pour être passés en revue, et environnèrent la colline, accompagnés des taureaux. Elles arrivaient, joyeuses, couvertes de guirlandes et de bouquets, les cornes ornées de couronnes, tous les membres parés de mille et mille fleurs. 1-es pasteurs s’approchent aussi pour compter leurs richesses; iis portent les marques diverses que la dévotion a empreintes sur leur corps’: leurs vêtements sont rouges, jaunes ou blancs. Leurs bras sont chargés des instruments do leur profession : des plumes de paon forment leurs bracelets, et servent aussi à lier leurs cheveux. Le spectacle de ces pa.steurs réunis était une chose éton-

* terme» de cette (lénédiction m>iiI sira$ù {benè est).

’ Nous avem» dfjà parié plusieurs fois de ce sacrifice par lequel on rachète les fautes commises dans le sacrifice principal, et qui se nomme avnbntha.

' Chaque Indien porte une marque distino live, suivant la secte à iafiucllc il appartient. Ce signe est tracé avec une espèce de Uniment dans lequel il entre quelque terre colon^. Voy. lect. Lxx, note i. On donne à ce genre de signe le nom general de tiiaca.

IIARIVANSA.

nante : les uns montés sur des taureaux, les autres sautant de joie, quelquesuns portés sur des vaches au pas rapide Quand la cérémonie de cette revue pastorale eut été terminée, cette forme de colline disparut aussitôt. Crichna rentra au hameau avec les bergers, qui, tout étonnes du miracle arrivé au sacrifice de la colline, jeunes et vieux, chantaient les louanges du dieu qui tua autrefois Madhou.

LE GOVAUDDHA>A SOLLEVÉ PAH CRICHNA.

Vcsampâyana dit :

Le sacrifice était achevé; le roi des dieux, enflammé de colère, s’adressa à cette troupe de nuages qui portent le nom de Samvartiaca, et leur dit :

• Princes ' des nuages , écoutez mon discours , si vous voulez rendre à votre

• roi l’obéissance que vous lui devez. Nanda et les autres pasteurs, qui ont

• suivi Dâmodara dans le Vrindâvana, viennent de négliger ma fête. Que

• CCS vaches, dont ils tirent leur existence, soient, pendant sept nuits, « tourmentées par des vents pluvieux. Pour moi, monté sur Érûvata, j’exci-

• terai l’orage qui vomit feau et retentit du bruit de la foudre. Que l’in-

• fluence de ces pluies cbaudes et des vents déchaînés par vous cause la mort

• de ces vaches et de leurs fruits. »

Tel fut Tordre que donna aux nuages le dieu vainqueur de Pâca, irrité de voir son autorité détruite par Crichna. Alors ces nuages sombres, terribles, retentissants, couvrirent l’horizon de tous côtés : pareils à des montagnes, enfantant féclair et la foudre, ornés de l’arc d’Indra, ils avaient jeté sur le ciel un vêtement noir. Ils s’amassaient dans l’air, semblables les uns à des

’ Cependant les lois de Manou. Icct. 1v.sl.71, rléfendent expres&émcot de œonler sur uoe vache ou un taureau. Dam la lecture cxxxvt du Harivaosa, il cat question d'un char traîné par

des vacbea ou des bœufs, imR ^yànam.

' L'épithete employée ici par Tauteur signifie éléphants, màfanya. Les portes sont

habitués à comparer les nuages à des éléphants.

éléphants, les autres h <lcs jMjissons ou à de.s serpents : ils formaient comme une suite de troupeaux attachés ensemble, obscurcissant le jour, encombrant l’atmosphère, d’où ils tombaient ensuite sous la forme fantastique de bras d’homme, de trompes d’éléphant ou de roseaux. L’œil pouvait croire que l’Océan était monté au ciel, profond, immense, agité, ténébreux. Les oiseaux avaient cessé de voler, les quadrupèdes de courir, effrayés du fracas de ces montagnes de nuages, qui cachaient la vue du soleil, de la lune et des étoiles, et sous les déluges qu’elles vomissaient, enlevaient au monde .sa beauté. Le ciel avait perdu le splendide ornement de tous ses flambeaux lumineux; et la terre, inondée sans relâche par ces cataractes intari.ssables , semblait être convertie en eau. Les paons faisaient seuls entendre leurs cris, les autres oiseaux gardaient un triste silence. Les rivières gonflées se précipitaient en torrents impétueux. Lesgazonsctles arbres tremblaient, comme s’ils eussent été alarmés de ce bruit horrible. Les pasteurs, frappés de crainte, se di.saient: « La fin des temps est arrivée, la terre n’est plus que la mer uni- « verselle. • Les vaches, fatiguées par le tonnerre et la pluie, demeuraient interdites, remplissant l’air de leurs mugissements plaintifs. jambe engourdie, le sabot roide, la tète immobile, le poil hérissé, la peau humide, le ventre maigre, la mamelle de,sséchée, les unes perdaient la vie de lassitude, les autres s’abattaient de faible.sse. Quelques-unes étaient, avec leurs veaux, terrassées par la violence de la pluie : d’autres se tenaient encore debout , allaitant leurs petits, mais la tète baissée, la jambe afl'aiblie, épuisées par le défaut «le nourriture. Enfin elles tombaient, tremblantes, accablées .sons le poids de la .souffrance, et leurs pauvres petits veaux levaient la tète vers Dâmodara. Ils semblaient lui dire d’un air timide et inallieurcux : « Sois notre sauveur! • Crichna, témoin de l’horrible dé.sastreque le mauvais temps «-ausait parmi les vaches, ne put retenir sa colère en voyant que les pasteurs perdaient toutes leurs richesses. Il réfléchit. « Oui, .se dit-il à lui-mème, je l’ai trouvé,

• le moyen de les tirer d’embarras. C’est d’arracher de ses racines cette

• colline avec scs bois et ses forêts, et de former pour les vaches une retraite « où la pluie ne puisse pénétrer. Cette montagne, soutenue par moi dans

• les airs, deviendra comme un itnmense abri, sous lequel les vaches et leurs

• veaux vivront trantjuilles, tant que je le voudrai. • Telle fut la pensée de ce Crichna dont la puissance était fondée sur la vérité. Décidé à montrer en cette circonstance la force de ses bras, il s’approche de celte colline, l’ar-

514 IIARIVANSA.

radie de ses fondements, et non moins solide qu’une immense colonne, de sa main gauche il l'élève jusqu’aux nues. L’espace laissé entre le sol et le corps de la colline forme une espèce de vaste maison.

Cependant des quartiers de terre s’éboulaient çà et là , et quelques rochers, manquant de ba.sc, se détachaient et tombaient avec leurs arbres. Cette colline, auparavant immobile, allait .se dressant vers le ciel, avec ses cimes agitées et branlantes. Elle tremblait encore sous l’impétuosité des torrents qui découlaient, le long de ses flancs déchirés, de ces nuages avec lesquels elle se trouvait confondue. Mais les protégés de Crichna ne sentaient ni la violence de la pluie, ni la chute des pierres, ni la fureur du vent. La montagne, ainsi mêlée aux nuages noirs qui la couronnent et qui se fondent en ruis.seaux et en cascades, ressemble à la ([ueue d’un paon lièremeiit élevée. • Voyez cette montagne qui a retrouvé ses ailes • s’écrient les Vidyàdharas \ les serpents céle.stes, les Gandharvas et les ApsarAs. Arrachée du sein de la terre où elle poussait .ses racines à plus de mille palmes *, elle montre à découvert les veines de ses mines d’or, d’argent et d’antimoine. Les crêtes de ses rochers s’enfoncent au milieu de son sol à pré.sent sans lien et sans consistance, ou se trouvent brisées par la moitié. Les secou.sscs données à la montagne avalent ébranlé les arbres, dont les diflerentes fleurs tombent • et se dessèchent. Les serpents à la large tête, au corps marqué d’un demi swastica^, sortent de leurs retraites, furieux, agitant leur double langue, et s’élancent de tous côtés dans l’air : les ol.scaux toumicntés par la pluie, effrayés, éperdus, volent çà et là, et tombent bientôt étourdis de ce désordre. Les lions courroucés chancellent comme le nuage flottant, et le frémissement des tigres ressemble au son des rlbots dans la baratte. A voir sur cette colline les hauteurs abaissées, les plaines élevce.s, il est impossible de la reconnaître. Telle qu’elle est, confondue dans les nuages, on la prendrait pour Tripoura ® fixé dans les airs par Roudra. On pourrait la comparer à un

’ 1.CS montagnes, suivant les poètes, ont eu des ailes dans l’origine. Elles volaient , obscurcissant l’air de leur corps épais , et allaient .s’abattre inconsidéreuicnt au milieu des champs. Indra leur brûla les ailes avec sa foudre : depuis ce temps elles sont rcsU’ïe» en place.

’ E.spère de sylphes qui habitent les airs, avec le privilège de rester invisibles, et de se

trans|>orter partout avec la rapidité de la pensée. Ce privil(-ge est accordé aussi à ceux qui tiennent dans leur bouche une l>oulc magique, appelée vidyù.

* rTtrf

‘ Esj)éce de figure mystique.

* Cest le nom d’un pays, à l’est de l’inde.

vaste parasol’ dont le dessus est formé d’un noir tissu de nuages, et dont la canne est le bras même de Crichna. Le sein de la nue creuse et enlr’ouverte est, pour ainsi dire, une large couche où la montagne semble s'endormir dans le ciel, bercée parDâmodara.

Les bois , quoique remplis d’oiseaux , sont devenus muets *, parce qu’on n’entend plus leurs chants, et qxio les paons gardent le silence. A voir le mouvement et l’agitation des forêts et des rochers, on dirait qu’ils ont le frisson de la fièvre. Les nuages portés par le vent et poussés par Indra viennent couronner le faîte de la colline, et se fondent en torrents inépuisables. Toute cette énorme masse, portée sur le bras de Crichna, ressemble à une troupe innombrable de canards sauvages qui s’élève d’un pays qu’un roi vient de ravager, et le cercle de nuages qui l’entoure est comjjarable à une assemblée nombreuse qui environne le sacrifice.

Le bras tendu pour soutenir cette charge pesante, le sauveur des bergers, .semblable ici-bas k un Pradjâpati, dit aux pasteurs : « Je viens, par une « œuvre divine, dont les dieux cependant sont incapables, de vous créer un

■ abri où vos vaches se trouveront à couvert du vent. Que vos troupeaux s’y

■ réfugient promptement pour leur salut, et qu’ils y restent éloignés de la ' tempête. Partagez-vous le terrain , selon vos convenances et votre commo- « dite. Vous n’avez plus rien k craindre de la pluie. Cette colline, que ma • puissance vient d’élever, pourrait mettre k couvert les trois mondes. Ne

■ sufTira-t-^lle pias pour vous? »

• Oui, oui, » s’écrièrent les pasteurs, et ce cri de joie était accompagné des mugis.scments de leurs vaches et de la musique effrayante des nuages. Les vaches, di.spo.sées en troupes, vont çà et là se placer sous le large toit formé par la colline hospitalière que d’une seule main soutient Crichna, ferme comme un pilier. Après les vaches, on range aussi dans cette maison d’une forme nouvelle tous les u.stensiles et les chars que la pluie pouvait gâter.

Ije maître de la foudre, en voyant cette œuvre miraculeuse de Crichna,

aujourd'hui le Tipperab. Ceat aussi une ville attribut^ï à Virhnoii. métamorphos*^ en pierre, détruite |>ar le dieu Siva , parce (lu’ellc avait ichhatra.

quitté son culte pour embrasser celui de Boud- * J*aî rendu ainsi le mol mrd

dha.DanslalectureLxxviii.cettecatastrophecst idm6a, U racine signiGant résonner

ko .

IIARIVANSA.

reconnut sa méprise, et rappela les nuages. Les sept nuits étaient passées, et en inènic temps sa fête : le dieu vainqueur de Vritra ’ rentra dans le SvN'arga avec les nuages qui l’escortaient. L’épreuve des sept nuits ainsi terminée à la honte d’Indra, le ciel redevint pur, l’air calme, et le jour resplendissant des feux du soleil. Les vaches, délivrées de toute inquiétude, reprirent leurs anciens pâturages, et les pasteurs retournèrent dans leurs demeures. Crichna, après avoir donné cette preuve de sa force, remit la colline à sa place, disposé â combler encore ses amis de nouveaux bienfaits.

SACRE DE GOVIADA.

V'csampâyana dit :

A la vue du Govarddhana ’ élevé dans l’air, et du miracle opéré par Crichna jwur sauver les vaches, Indra était resté interdit. Il monte sur l’éléphant Erâvata, dont le corps est enveloppé d’un nuage léger, et le front mouillé d’une humeur odorante. Il arrive sur la terre, et aperçoit tranquillement assis sur le Govarddhana ce Crichna aux œuvres merveilleuses. Il considère cet enfant resplendissant de tant de gloire, et reconnaît avec joie sous l’hahit d’un berger l’immortel et tout-puissant Vichnou. En fixant ses mille yeux sur ce Crichna dont la couleur est celle d’un sombre nuage, et dont la poitrine c.st ornée du Srivatsa; en le voyant, dans ce simple appareil et au milieu de ce monde mortel, semblable à une divinité. Sacra ne put s’empêcher de rougir. Lejeune berger reposait, mollement étendu sur le rocher; et le prince des oiseaux, l’ennemi des .serpents, Garouda, quoique invisible, lui formait de ses ailes un parasol. Retire dans la forêt solitaire, Crichna pensait au bonheur du monde : le dieu, vainqueur de Bala s’approche et arrête son éléphant. Il apparaît dans toute sa splendeur royale , couvert de

’ Vritra est un Asouraqui fut vaincu et tué rf« mehei. Le Bralmiànda-pourâna place un autrefois par Indra. niont Govarddhana dans le Décan.

' Le mot ÿovartUhami sîgnihe cuxroiuement ' Asoura tué par Indra.

guirlandes divines; sa main c.st remplie par la foudre; son aigrette rayonne comme le soleil et lance des éclairs; de mngniliques pendants d'oreilles tombent sur ses épaules; sur sa poitrine descend un collier à cinq rangs de perles, entremêlées de lotus qui relèvent la beauté de son corps : dans ses mille yeux brille une aimable vivacité. Il adoucit le son de sa voix qui commande aux dieux et retentit comme la tempête, et il s’adresse à son rival :

• Puissant Cricbna, lui dit-il, ô toi qui fais le bonheur de ta famille, par

■ intérêt pour les vaches, tu viens d’exécuter une œuvre divine. Je suis t content de voir que tu les as sauvées de ces orages que j’avais suscités et qui

■ ressemblaient aux tempêtes de la lin des âges.Qui n’admirerait pas cet effort « surnaturel et digne du souverain créateur, par lequel tu as élevé dans l’air « cette haute montagne et en as formé une espèce de toit? Irrité de ce que

• tu avais fait abandonner mon sacrifice , j’ai pendant sept nuits versé sur les

• vaches des torrents de pluie. Tu les as garanties de ce fléau terrible, que

• les dieux, unis aux Dênavas, auraient eu de la peine  combattre. Je dois

• te remercier, Cricbna, si, dédaignant d’employer toute la force de Vich-

• nou, que tu conserves sous cette apparence humaine, tu as négligé de te

■ venger. Oui , je reconnais que la cause immortelle des dieux est gagnée :

• en toi, ainsi fait homme et doué d’une si haute puissance, se réunissent

• toutes les qualités qui assurent le succès. Car tu es le prince des dieux et

• le chef de toute action. De tous les êtres, tu es le seul qui subsiste éter-

• nellcment. Aucun autre que toi no peut supporter le fardeau que tu t’es « imposé. De même qu’on attelle le plus robu.stc des taureaux au char qui « est embourbé, ainsi c’est toi, illustre maître de Carouda, c’est toi que les

• dieux attendent pour libérateur au milieu de leur détresse. Le service que

• tu rends au monde en prenant un corps mortel, a été reconnu par « Rrahinà : tu as parmi nous la inême prééminence que l’or jiarmi les mé-

• taux. Le divin Swavambhou lui-même, pour la science et la force, est

• près de toi comme le boiteux près du coureur le plus léger. L’Himâlaya

• est la première des montagnes, la mer le premier des lacs, Garouda le > premier des oiseaux, et toi le premier des dieux.

• Le monde des eaux est dans la partie inférieure ; au-dessus des eaux sont

• les pieds des montagnes; au-dessus des montagnes est la teiTC; sur la terre

• sont les hommes. Au-dessus du monde humain est l'air, domaine des «oiseaux: au-dessus de l’air est le soleil resplendissant, porte sublime

« du Swarga. Au-dessus du soleil est le monde des dieux, couvert de chars

• brillants qui transportent les bienheureux : c’est là mon royaume. Au-des-

• sus du Swarga est le monde de Brahma, rempli d’une foule de Brahmar-

• chis, et traversé par la lune * et les astres les plus renommés. Au-dessus « du monde de Brahmâ est le monde des vaches* (Go/ocu), habité par les « Sâdhyas, monde élevé au-dessus de tout, au-dessus du grand éther*. La

• région qui est encore supérieure à ce dernier monde, c’est la tienne, ré-

• gion de tapas^, que personne d’entre nous ne peut connaître, malgré les « prières que nous adressons au père souverain des mondes. Les régions in-

• férieures sont le séjour de ceux qui ont mal agi; en remontant, se trouve le « monde terrible des serpents’. La terre est la demeure des êtres engagés dans

• les liens de l’action. Le ciel * est le domaine de tout ce qui a la légèreté, « la rapidité du vent. Le Swarga est l'habitation de ceux qui ont bien agi, et « qui ont amassé des trésors de bonnes œuvres et de pénitence. Le monde de

• Brahmâ appartient à ceux (pii se sont assen is à des austérités agréables à

• Brahmâ. Enfin, le Goloca est le séjour des vaches®, et c’est avec peine que « l’on arrive jusque-là.

« Or, ce monde, descendu avec toi sur la terre doit son salut à

• ta force , et tu as éloigné des vaches le fléau qui les menaçait. Attiré pr

• leurs accents, cédant au re.spect que je te dois, à toi et à Brahmâ, je viens « vers toi, moi le maître des génies ” et le roi des dieux, moi qui suis ton

• aîné comme fils d’Aditi ‘®. Sous le nuage dont tu t’es enveloppé, j’ai dé-

’ L«3 Inilicns croyaient, comme on le voit ici , que lu lune était plus élevée que le soleil.

' Ce monde mystique se trouve particulièrement décrit dans le Bralimovévartta-pouràna , 4' section. I.cs j)oëles sup|K>sciit qu'il est de.scendu sur la terre avec Crichna. On peut consulter l'épiso<le de n.âdhà, publié par M. Stenz- 1er, et extrait du Pourâna que nous venons de citer.

‘ Mahâcdia. t'oyez. Nouveau Jouni. asiat. 11° 63, pag. ao6, l'explication que M. le baron d'Eckstein donne de ce mot.

* léC mot lapas signifie ardeur, pénilencc. Voy. encore , dans l'ouvrage que nous venons d’in-

diquer, p. 3 1 a, l'opinion de M. le baron d'Eckstein sur le tapas.

’ Nùgaloca.

* kham.

* On conçoit bien que ce mol ne peut être que mystique, comme celui deGovInda qui va devenir un des noms de Crichna : c'est ainsi que nous employons, dans le langage religieux, les mots pasteur et brebis.

Je crois avoir bien rendu ainsi le sens du

mot sxdamûnah [lapsus).

! bhoùtapatih.

" Indra considéré comme un Aditya est frère

• rouvert la puissance : daigne me pardonner, ô mon seigneur; montre-moi

• celte cliMiience qui est <lans ta nature, ô toi qui unis ia force à la douceur.

• Ecoute le discours que je te transmets au nom de Brahmà et que l'adres-

• sent par ma bouche ces vaches célestes heureuses de les œuvres divines ■ et des miracles que tu opères pour leur salut. Par loi ont été sauvés les

• mondes et ce grand Goioca. C’est à toi que nous devons l’état prospère où

• nous vivons avec nos taureaux et nos veaux : c’est par toi que nous poui^

• rons fournir aux laboureurs des taureaux vigoureux, aux dieux l’offrande

• d’un beurre pur, et à la déesse de l’abondance '* un engrais favorable.

• .Ainsi tu es notre maître, notre libérateur : sois donc aujourd’hui notre

> roi, notre Indra.

• Et c'est moi ipii vais te donner le baptême royal, et de ma main vider

• sur ta tête ces vases d’or remplis d’un lait divin. Je reste roi des dieux; tu

• es le roi des vaches, et sur la terre on te célébrera sous le nom de Govinda

• Comme les vaches t’ont reconnu pour Indra “, supérieur à moi-ménie, « les dieux dans le ciel, 6 Crichna, chanteront tes louanges en t’ap|>elant

• Oupendra Des quatre mois de pluie qui me sont consacrés, je t’en cède

• la moitié : les deux derniers t’appartiendront, et formeront l’automne

> {sarad). J’aurai pour moi d’abord deux mois pendant le.squeLs flottera mon

• drapeau : ce temps expiré, tes honneurs commenceront. Alors les paons

• perdront cette vivacité que leur donne l’arrivée de mes nuages : les autres

• oi.seaux que la pluie avait éveillés n’auront plus autant de voix et d'ardeur. « Tous les êtres, qui , durant ma saison, avaient repris leur activité, aspire- « ront au repos. Agastya parcourra la région assignée à Trisancou, et .\di-

• tya de ses mille rayons échaull'era la terre. Dans celle partie de l’année,

• appelée l’automne, les paons aimeront la solitude; les oiseaux recherche-

aine de \ ichnoii , racln^ sont la forme de (irichna. Voye* la Icctorc ix. pap. 5l .

'* ÎTT^TÎTTrT* àcfisa^àh (ff/àere ennf»]. Oh vaches sont maintenanl sur la lerre : mais elles appartiennent au monde céleste descendu avecr.richiia du Goioca, et formant une espece de Goioca terrestre et mystiTicux.

*• Le nom de cette déesse est Srt, d’où est vemi.dil-on, le nom de Ccrès. Sn est un des uoens de la dresse Lakclimi , épouse de Vich-

nou , laquelle est r|ueiquefois la terre divinisée.

** Govinda signifie pasteur. Un chant célèbre en l’honneur deCrirhna.du poète Djayadt'ra, est inltlulé GHa-^ovinda.

'* Le mol indru signifie roi.

” Ce»l-9'dire, associé à Indra.

“ i'je passage désigne une circonstance as* tronomique : Agastya est l’étoile Canopus. Nous avons vu , lect. xiii , pag. 65, rhistoue de Trisancou montant au ciel.

S20 HARIVAXSA.

• ront l'eau; les divers animaus se li>Teront à de joyeux ébats : les îles des

• rivières seront couvertes de cygnes et de canards sauvages: l'écho répétera

• les cris des hérons et les imigissenicnls des taureaux, tous ivres de plaisir;

• les vaches, heureuses de leur sort, donneront un lait abondant ; les nuages « cesseront d'envover leurs ondes à la terre; l'air sera sillonné de troupes de

• evgnes, pareilles è une longue flèche; les lacs aux ondes pures et les fleuves

■ seront couverts de lotus épanouis; les champs humides oHriront les tiges

• de riz doucement inclinées; les rivières ramèneront leurs eaux dans leur

• lit accoutumé; la campagne sera parée de moissons, de manière à ravir

■ l'âme même d'un Mouni; les vastes contrées de cette terre brilleront de " mille beautés à la lin de la saison des pluies; la richesse dans tous les

• sillons, la fertilité dans toutes les prairies; de tous côtés s’élèvera la canne

• à sucre. C’e.st alors que des sacrifices seront offerts en ton honneur; au

• moment où tu te réveilleras de ton sommeil d'automne, on t'invoquera

• et dans le ciel et sur la terre. Les hommes, arborant nos drapeaux, nous

• adoreront tous deux, moi sous le nom de Mahcndra, et toi .sous celui

• (VOupcnilra. Heureux les mortels qui nous auront constamment honorés

• sous ces deux noms ! »

Alors Sacra, prenant les vases remplis d’un lait divin, les ré|>andit, suivant le rite accoutumé, sur la tète de Govinda. Les vaches, accompagnées de leurs pasteurs, assistaient à cette cérémonie, et elles le baptisèrent aussi de leur lait. Les nuages, du haut du ciel, firent tomber sur lui leur onde mêlée d’ambroisie; de tous les arbres, en son honneur, un lait découla, an.ssi blanc que le rayon de la lune, et des fleurs tombèrent en forme de pluie. Des instruments de musique résonnèrent dans le ciel; et les Mounis, de leurs voix habituées à réciter les saintes prières, chantèrent ses louanges. La terre commença à se dégager du déluge qui la couvrait entièrement : les mers s’apaisèrent, les vents soufllèrent doucement : le soleil poursuivit .sa route lumineuse; la lune .s’avança, accompagnée des constellations. Les divers fléaux cessèrent d’attaquer les hommes, et les rois mirent un terme à leurs inimitiés. Les arbres se parèrent de bourgeons, de feuilles et de fleurs. Les éléphants se livrèrent â l’ivresse de la joie, et les habitants des bois partagèrent le bonheur général. Les montagnes elles- mêmes étalèrent avec orgueil les tré.sors resplendissants de leurs métaux. Ce monde mortel fut, comme le monde des dieux, inondé, pour ainsi dire, d’ambroisie.

Tel était l'cITet du sacre divin de Criclina, haplisc avec l'eau du Swarga.

Govinda venait de recevoir l’aspersion sacrée que lui donnaient les vaches: il était orné de guirlandes toutes divines. Le roi des dieux lui dit : • O

• Crichna, tu as d’abord es.sayé ta puissance ici-bas en faveur des vaches.

■ Moi aussi, je suis venu sur la terre, et ma présence y a porté un fruit

■ dont j’ose me vanter, 6 Crichna. Hàle-loi de faire tomber sous tes coups

• Causa, Ké.sin qui, par la partie inférieure de son corps, ressemble à un

• cheval, et .\riebta, terrible sous quelque forme qu’il se présente : ces vic-

• toires te vaudront la première place parmi les rois. Je recommanderai alors

■ à ta protection, à tes soins attentifs, à ton amitié même, un des fils de la

■ sœur de ton père, c’est une émanation do ma personne, un autre moi-

• même. Dévoué à tes intérêts, soumis à tes volontés, soutenu par ta puis-

• sance, il obtiendra une grande gloire. De tous les enfants de Bharata, c’est

• lui qui portera le mieux l’arc du guerrier; il sera juste et vertueux comme

• toi, et l’amour couronnera scs vœux. C’est sur toi et sur lui que retom-

• bera tout le fardeau de la guerre des descendants de Bharata. Tous deux,

• au milieu des combats, vous donnerez la mort à un grand nombre de

• princes. Oui, je le proclame, ô Crichna, au milieu des Riebis et devant

• les Souras : le fils de Counti, nommé Ardjoma, est né de moi. 11 se dis-

• tinguera dans la science des armes et dans l’art de la guerre. Les rois

• les plus habiles sur un champ de bataille reconnaîtront son talent. Fidèle « à son devoir de Kcliatriya , seul, il détruira les armées de princes aussi

• vaillants héros que généraux expérimentés. Aucun roi, aucun dieu, excepté

• toi, ne pourra suivre la voie tracée par son trait rapide ou sa flèche légère.

■ Déjà ton parent, il sera encore ton compagnon dans les combats. O Go-

• vinda , en ma faveur, daigne entretenir avec lui cette douce liaison. .le

• désire qu’en lui tu me voies toujours moi-mème. Tu auras .sans cesse pré-

• sents devant tes yeux tous les hommes, mais surtout Ardjouna, qu’il te

• sera facile de protéger dans les batailles. Si tu daignes prendre sa défense,

• la mort ne saurait le toucher. O Crichna, sache que je suis Ardjouna,

■ qu’Ardjouna e.st un second moi-mème. Enfin si je vis en toi, c’est aussi en

• toi qu’Ardjouna doit vivrc“. C’est toi qui m’as donné le titre que je possède

” W: ansah. Iiii-mrinc est Indra parmi les dieux, et

** Ces mots peuvent être une allusion à ceux Ardjouna parmi les fils de Pàndoii. Voy. U lec*

du Bhapavnd - çîlà , lcd x. où Crichna dit turc un, pag. a47* uole i3.

• niainlenanl de roi des dieux; je fus l’objel de ta préférence ” lorsque, par « ta victoire sur Bali, tu conquis les trois mondes en trois pas. Quand ils

• veulent perdre leurs ennemis, c’est ton secours que les dieux implorent:

• appuyés sur la vérité, ils .sont invincibles, et ils savent que lu n’es puissant

• que par elle, que lu es son désiré, que tu es la vérité elle-même. .Ainsi,

■ qu’Ardjouna, mon lils et ton cousin, devienne ton compagnon et ton ami.

• Dans la guerre que tu soutiendras pour l’iionneur de son empire et de sa fa-

• mille royale, on te verra toujours au front de bataille : c'est toi qui , comme « le taureau robuste, sujjporteras tout le fardeau. Car tu n’ignores pas

• l’avenir, ô Cricbna : lu sais que, lor.sqne Gansa aura succombé .sous tes

• coups, une lutte terrible s’engagera entre les rois de la terre. Parmi tous ces

• princes, agissant d’après les règles de la prudence humaine, .Ardjouna,

• gritre à toi, obtiendra le triomphe. O Cricbna, daigne accéder à ma de- « mande, si tu as quelque amitié pour moi et pour les Souras, et si tu es

• attaché à la vérité. •

A ce discours de Sacra, Cricbna devenu Govinda, répondit avec douceur et alTection : ■ Sacra , époux de .Satebî je suis heureux de te voir. Je ne

• négligerai rien de tout ce qui peut te convenir. Je connais ta conduite, et « la naissance d’.Ardjouna. Je sais que la soeur de mon père a épousé le grand

• Pàndou : je sais comment ses autres fds, Voudbicbtbira et Bbimaséna “, " doivent le jour l’un à Dbarma, et l’autre à A âyou; comment deux autres

• Piliulavas, Nacoula et Sabadéva, ayant Mèdrî pour mère, sont nés des > Aswins; comment ma tante, avant son mariage, a eu ilu Soleil un premier " (ils nommé Cama. Je sais encore que tous les fds de Dbrilaricbtra sont

■ belliqueux, et que Pândou, par suite d’une imprécation dont il a été

■ frappé comme d’un coup do fondre, a résigné les fonctions royales. Ainsi,

• Sacra, tu peux retourner tran(|uillenient au ciel pour le bonheur de ses

• habitants. Devant moi tomberont tous les ennemis d’Ardjouna : en sa fa-

• veur et de concert avec Countl, je ne cesserai de protéger, et pendant et » après la guerre de Bharata, les Pândavas ses frères. Tout ce que ton fds

• Ardjouna pourra me dentandor, ô .Sacra, pour l’amour de toi, je l’exécu-

• terai comme un fidèle serviteur. •

” N'ichnmi prédit k Bali f|u‘U serait un jour ** Voyot la iccliire iii , pag. 30 cl ti i .

Indra , et en allendani il lui donna 1« souverat- *’ Le nom le pins ordinaire de ce prince est

ncte du Pâlàla ou région infernale Bhîma.

■Après avoir entendu ce discoui-s de Criclina, sincère dans ses attachements et vrai dans ses paroles, le roi du ciel reprit le chemin de son empire.

JELX DK CniClIXA AVKC KKS BERGKHKS ‘.

\ êsamp.î>ana dit :

Indra venait de partir : Criclina , honoré par les bergers témoins du miracle du Govarddhana, revint dans le Vradja. Les vieillards le louaient ; ses parents et leurs épouses s’empressaient autour de lui. «C’est à toi, lui ■ disaient-ils, c’est à ta force que nous devons notre salut et notre bonheur.

• Nos vaches et nou.s-mémes, nous avons été délivrés par toi des craintes « que nous causait la tempête. O (îovinda , ta puissance est celle d'un dieu. « Tes œuvres ne nous |iaraissent pas les œuvres d’un homme : ô Criclina,

• en soulevant ce rocher tu as prouvé que tu étais un dieu. O pasteur éton- « nant , à ([uelle race appartiens-tu? A celle des Roudras, des Marouts ou

• des Vasous? Comment aurais-tu Va.sondéva’ pour père? Dès ton enfance tu

• t’es montré fort; tu joues au milieu de nous, ta naissance est commune,

• ô Criclina , et tes actions sont divines. Notre pensée se confond. Comment,

• sous l'habit d’un pasteur, préfères-tu parmi nous une condition vulgaire ?

• Comparable aux maîtres du monde, pouripioi gardes-tu les vaches? Bien

• que tu paraisses notre parent, nous reconnaissons que tu dois être un dieu,

• un Diinava.un Yakclia ou un Gandharva. .Salut et adoration ! Quel que soit

• le motif qui te retient parmi nous, nous te sommes ilévoués, et nous « voyons en toi un protecteur. •

' O mol brrgerrs est la traduction du mot imr qui est devenu célèbre dans î’Iiis- (uirede (^vhna. On repr^iitcce dieu funnant avec doute Gopis unedanse circulaire, notunui* rti*a. laC Râsa est aussi une fèlc pastorale , accoinivagnèo de danses et de chants. La plus

célèbre dc*s Gopîa est Ràdlié. maitre^se de Crichna. Voyexlecl. prccétl. noie il.

* lao poc'te s’oublie en ce momenl, Criclina n’a pu jusqu'à présent èire conswiéré que comme fils de Namla. et sa véritable naissance doit être ignorée des bergers.

Criclina, à l’œil de lotus écoutait le discours de ses parents assemblés ; il leur répondit en souriant : • Je ne suis que votre parent, cessez de me « croire tel que me représente à vos esprits la crainte qui vous domine. S’il

■ y a quelque mystère dans mon existence, le temps vous l’apprendra : vous

• me connaîtrez alors, vous me verrez comme je suis. Moi, votre parent, je

• vous apparais comme un dieu ! qu’avez-vous besoin d’en savoir da\antage, si

■ l’effet est toujours pour vous aussi favorable? ■ Ainsi parla aux pasteurs le fils de Vasoudéva : ceux-ci, gardant le silence, adressèrent successivement leurs hommages respectueux aux divinités qui président aux points de l’horizon *.

Crichna, apercevant l’éclat de la nouvelle lune et la beauté des nuits d’automne, ne pensa plus qu’au plaisir. Sur les routes du Vradja couvertes de bouse, il disposait des combats de taureaux superbes ou des luttes de pasteurs vigoureux, ou bien il s’amusait dans le boisé surprendre les vaches, comme font les crocodiles *. \ ers le soir, au moment qu’il savait le plus favorable aux plaisirs, il rassemblait les jeunes bergères, et se livrait avec elles aux jeux de leur âge. Dans l’ombre de la nuit, ces folâtres beautés attachaient leurs regards avides * sur la face gracieuse de Crichna, qui resplendissait comme la lune au firmament. Lui , vêtu d’une robe de soie ’ que l’orpiment avait teinte en jaune, n’en brillait que d’un plus doux éclat. Scs bras et sa tète étaient ornés de guirlandes de fleurs sauvages, et de .sa beauté d embellissait tout le Vradja. «Voilà Dâmodara, » disaient les bergères en voyant ses mouvements divers dans le pâturage. Elles le poursuivaient, le sein tendu et haletant, lisant sur lui des regards animés. Loin de leurs pères, de leurs frères, de leurs mères, elles suivaient Crichna, entraînées par le plaisir, et légères comme des biches. Partagées en diflérents chœurs, elles s’amusent

' Je me sers <le celle locution , de la racnie manière que l'on dit en français rduroreauje Joints (le rose.

* Nous avons deqi vu que les (aiiiils de l'Iiorizori portent le nom de diras.

‘ n y a dans celle plirase une circonslancc que je ne connais ps. Oicluia saisit les vaches.

yruhavat (romme un l'n

grAha est un crocodile ou un hi{>|K>poUme. La méthode qiiVmidovait Crichna pour saisir les

vaches avait quelque rapjxtrl, |>eiil-ètre, avec celle des crocodiles, qui les prennent par le muHc au moment où elles Ixiivenl sur le bord des fleuves. Mais celte explication encon* trop vague pour me satisfaire.

* L'expression sanscrite est plus pillores<|uc, cl »e trouve nqieU’c vers la fin de cette même lecture. On ne |»eul la reproduire litkTaleroent qu'en latin , avidis ora btbcbanl /ummi5ai.

à reproduire dans leurs chants les actions de Crichna : elles imitent ses manières,ses regards, sa démarche, et. Frappant leurs mains en mesure*, elles forment une espèce de ballet dont Crichna est le héros. Elles représentent sa danse , son chant, scs gestes aimables , son sourire , la douce langueur de son regard. Leur joie éclate avec transport, leurs accents sont tendres et pénétrants, et elles parcourent tout le Vradja à la .suite de Dâmodara. Leurs membres sont légèrement couverts d’une poussière de bouse *; et elles s’attachent, en fühttrant, sur les pas de Crichna ; ainsi l’éléphant, courant à travers les bois, est escorté de ses jeunes femelles Les bergères, au visage riant , à l’œil épanoui par le plaisir et tendre comme celui de l’antilope noire, dévorent de leurs regards, sans en être rassasiées, les ebarmes de leur aimable compagnon; et leur soir d’amour, pendant la nuit, se désaltère à la source du bonheur que leur donne la vue de sa face pareille à une lune brillante. ■ Ail! ah! » s’écrie en riant Dâmodara, pour les surprendre ou les effrayer; et ses exclamations avidement recueillies les ravissent d’amour et de joie; fatiguées de plaisir, elles laissent tomber en désordre leurs cheveux qui viennent avec grâce inonder leur sein. C’est ainsi que pendant ces nuits d’automne éclairées par la lune, Crichna poursuivait le cours de ses jeux, entouré des chœurs formés par les bergères.

MOllT d’aR1CHT.\.

Vèsampâyana dit :

Un soir Crichna s’abandonnait à ses ébats joyeux. On aperçut Arichta accourant en fureur, et la terreur .se répandit dans le pays. Pareil à l’un de ces

* Je croîs bien que lel est le sens du mot Hld«èWIU tûlahastâgra. Le mot tàla désigne en général raefion débattre la nesure, et en particulier celle de /rapper les mains fane contre f autre, OB contre les hns. La mesure de la danse

se marquaîl en frappant des mains, ou au moyen d'un instrument, lel par exemple que les castagnettes. Cette opération s'appelait caratâli, ècavarni ou caacamdl».

* Voyci lecl. lx, note 7.

IIAHIVANSA.

nuagc's noii'si|iii pèsent sur 1 atmosphère, aussi terrible que le sombre génie de la mort, il s’avance : sa corne est menaçante; ses yeux brillent comme le soleil; son pied fourcbu creuse la terre; tantèt ses dents se froissent en passant l’une sur l’autre, tantôt sa langue vient Icclier ses lèvres; sa queue se recourbe avec orgueil ; sa croupe se roiclil ; la bosse qui surmonte son dos ‘ se hérisse; toutes ses formes sont larges et elfrayantes; ses membres sont empreints de bouse, ses reins épais, sa houebe grande, son genou fernte, son ventre énorme; il court la corne baissée, les fanons pendants, s’élançant sur les vaches qu’il tourmente de ses horribles amours : sa face porte la trace des blessures que lui ont faites les brandies des arbres; et toujours prêt à livrer combat, île l’arme terrible qui garnit son front il donne la mort à ses rivaux. Tel est Aricbta, Dètya redoutable qui a pris la forme d’un taureau, forme de sinistre présage’ pour les vaches. (]ar, parcourant le pays, il leur prodigue à contre-temps ses dangereuses caresses : les unes avaient déjà conçu, et elles avortent; lus autres étaient mères, et elles cessent de [louvoir allaiter leurs veaux. Mâle indomptable et maitre par la violence, il régne seul dans le pâturage , excédant de ses tendresses furieuses les épouses cpi’il a conquises, et les tuant à force de plaisirs. On ne voyait plus d’autres taureaux, plus déjeunes élèves.

Aloi’s les vaches se nqiprochèrent de Crichna pour trouver en lui secours et protection. Ce taureau, cruel ministre de la mort les effrayait d'un bruit pared à celui de la nue tpii renferme le tonnerre d’Indra. Cricbna, frappant scs deux mains* rune contre l’autre, et poussant un cri de lion, accourut vers ce Détya métamorphosé en taureau. Celui-ci, à la vue de son

' Olle bus&e (|tii ilUltiigue le bœuf nu1ÎL*ii Ne nomme

* Cr*3 mois sont une nlluNion au nom iïA-

ricb/tt, ÈÏy'uiiie si^ne tU ntamais augure ,

pitênomcnr uniiire.

* J'ai rendu ainsi ces mots

fm: IVroifraMm» (ÏVrajirafrt' in

potestaiepùsiius). CjC Vévaswola ou liU de \ ivnswàn , est Yama , dieu de la mort ou régent du midi. J’ai pensé qu'il fallait ici supposer qit'Anclita, par le mal qu’il faisait, était comme un

sersiteur de la Mort Cependant la pliraie pour rait avoir mi autre sens, si celte hUtoii*e étail rcganl<*e comme tinc légende astronomique- Cricbna, symbole du soleil, est encore enfant ; ce qui veut dii*e que le soleil n'a pas encore passé la ligne |>our entrer dans les latitudes septenlrioiiales : et le taureau Aricbta, qui at* taque Cricbna, doit étit» une constellation du midi, auquel pix'side Yaina

tâfas*ibda. Voyea la Icslure

preccvlcnte. noie 8

ennemi, s'irrite du hruit qu’il entend : sa queue se dres.se, scs yeux étincellent, il .s’élance au combat en mu^ssant. Crichna, immobile comme un roeber, attend paisiblement le monstre furieux qui s’avance. Aricbta arrivait rapidement, l’œil fixé sur le ventre de Cricbna. 11 va le percer : le dieu, comparable alors lui-même à un taureau vigoureux, oppose à son noir et imprudent adversaire une force, une adresse égale à la sienne. Tous les deux ils se défient, ils se pressent, ils se beurtent : Aricbta, avec un bruit terrible, rend par ses narines une écume sanglante. Les deux rivaux, serrés l’un contre l’autre, ressemblent à ces nuages qui, dans l’automne, apparaissent comme enebainés ensemble. Enlin Cricbna, abattant son superbe ennemi, lui met le pied entre les deux cornes, et lui presse la goi-ge, ainsi que l’on presse un vêlement mouillé. Ensuite il lui arrache la corne gauche*, qui brillait comme la verge * d’^ ama , et s’en sert jiour le frapper à la tête. Le Dânava tombe et expire : sa corne est arrachée, sa tête mutilée, son épaule brisée; de sa bouche coule le sang, comme l’eau jaillit de la nue qui la contient. En voyant le fier Dênava terrassé par Govinda, tous les êtres font entendre leurs acclamations. • Bien! bien! • s’écrient-ils, et ils vantent le courage du vainqueur. Oupendra, semblable à la lune, aimable llambeau des nuits, reprend le cours de scs jeux : ses yeux brillent tels que la Heur du lotus. Les jKisteurs, heureux de sa protection, viennent le saluer avec respect, et l’honorent comme les immortels honorent Indra dans le ciel.

SOIXANTE ET ni\-Hl ITIÈME LECTURE.

MISSION D .yCROl n\.

\ êsampiivana dit :

(ian.sa, eu apprenant que Crichna, dans le Vradja, crois.sait comme un feu qui peut un jour tout dévorer, conçut aussitôt une grande ci-aintc. On

* Le lecteur mira sans doute reiiiarqut* le rapport qui existe entre cette legende et celle d'Hercule luttant contre Acliéloûs.

* Yama , comme roi des morts . chargé de

juger les actions des hoiitmcs. porte la verge du commandement nommée tlanda, qui est aussi le bâton avec liHpiei on punit les cri> mineU-

IIARIVANSA.

lui racontait comment Poùtanâ était morte, de quelle manière CAliv» avait été vaincu, Dliénouca tué, l’ralamba assommé, le Govarddhana élevé en l’air, l’autorité de Sacra méprisée, les vaches sauvées par un miracle étonnant, le taureau Arichta terrassé, les bergers délivrés de leurs terreurs et de la mort, et ramenés au bonheur et à la joie, les deux taureaux * attelés à un char tirés en arrière par la main d’un enfant surnaturel : telles étaient les œuvres incompréhensibles dont Gansa entendait le récit; il gémissait de l’accroissement de scs ennemis, et dans la mort d’Aricbta le maître de Matboui'A vovait sa propre perte. Cette pensée l’accablait: distrait, éperdu, il avait l’air <l’un homme dont les sens sont égarés. Alors terrible en scs commandements, au milieu de la nuit humide et .silencieuse , il assembla dans Malbourà scs parents, son père, le divin Va.soudéva, l’\ à<lava Canca, Satvaca, Dâroiica ’, le jeune frère de Canca, Bbodja, Vétarana, le vaillant Vicadrou , le prince Bhayésakba, l’opulent 5 ipritbou, son trésorier *, Hablirou, Salvavarman, l’intrépide Bboùritedjas, et Bboùrisravas. Le roi du Matbourâ, lils d’Ougraséna, prit la parole, et s’adressant à tous ces enfants d’Vadou, il leur dit :

• Keoutez, vous qui avez rcxpériencc des affaires : aussi bien instruits

• dans la science sacrée des Vèdes que dans la science profane de la poli-

• tique * humaine, vous possédez le trwarga ^ : féconds en ressources, vous

• êtes comme les dieux de la terre, et vous restez, dans l’accomplissement

• de vos grands devoirs, aussi fermes que des rocs. On vous a vus rigides ob- ■ sei'vateurs de la loi, humbles commensaux de votre chef spirituel , sages t dans vos conseils de prince, habiles à manier l’arc, glorieux flambeaux « des peuples, empruntant aux Vèdes la force de vos <liscours, connais.sant

' Celle h'gende ne sc trouve pa:» racontiîe dan« cel ouvrage : il n'y a que «elle du chariol rciiverM'. Voy« la lecture lxi.

* Je crois que Dârouca es! le m^’me jKTSon' nage qu’Yotijomihàna, qui porte le nom patronymique de Sâtyakî, et qui est le comlucleur du char de Crîchna.

* Le titre de cette dignité est (ùinapali. Nous verrons plus bas que le titulaire »e nommait Acroâra. Dànapati al peut-

être aussi un Miniom de ce personnage, signiliant rtche, libéral.

* J'ai rendu ainsi le mot nyâya, qui

est aussi le nom que Ton donne à l‘un des systèmes plidusophiques indiens.

* mol trivarga désigne la réunion de trois qualiU*» qui sont l'objet des désirs humains, savoir ; ramour, le devoir, la richesse. Vover dans M. Wilson les diverses applications de ce mol.

• bien la (listinction des dsramas^ et des castes, vrais dans vos discours,

• réservés dans vos manières, guides clairvoyants, abattant les rois les plus

• puissants et protégeant les faibles; oui, le ciel serait honoré de vous pos- " séder, vous, si vertueux, si savants : que sera-ce donc de la terre? Vous

• avez le mérite des Ricins, la force des Marouts, la puissance terrible des

• Roudras, l’éclat des Angiras. Votre gloire a illustré la grande famille " d'Yadou, qui s’élève soutenue sur vous comme la terre sur scs montagnes.

• L'union de vos lumières a fait jusqu’à présent prospérer mon pouvoir :

• comment donc aujourd'hui se trouve-t-il compromis? Voilà que l’on

• parle d’un certain Crichna, né dans le Vradja du pasteur Nanda, et qui,

> grandissant comme le nuage, menace notre trône jusqu’en ses fondements.

■ Aveugle, insensé que j’étais, seul, éloignant tout conseil, j’ai laissé croître « cet enfant dans la maison de Nanda. Comme la maladie que l’on néglige,

• comme la nue qui s’emplit peu à peu et qui gronde sourdement à la fin

• de l’été, son influence pernicieuse s’augmente chaque jour. Je ne sais quelle

> est la nature ou le pouvoir magique de cet être, né dans la maison de « Nanda et opérant de .semblables merveilles. Et comment pourrait-on s’em-

• pêcher de le regarder comme un enfant des dieux, si l'on voulait le juger

• d’après ses oeuvres surhumaines et toutes divines? Le monstre ailé, Poût tanà, lorsqu’il était encore enfant et au berceau, vint lui présenter la ma-

• mcllc : il la lui airacha et lui donna la mort. Dans un lac de rVamounâ, le

• serpent Càliya fut vaincu par lui : un instant ce Crichna descendit dans le

• Rasâtala ’, et disparut de dessus le lac : mais bientôt par reflet d’un pouvoir

• surnaturel il se montra de nouveau. Il a jeté Dhénouca sur le haut d’un

• palmier, d’ou celui-ci est retombé sans vie. Pralamba, que les dieux n’o- « saient combattre, fut, de meme qu’un ennemi ordinaire, assommé d’un seul

• coup de poing par un enfant. La fête d’Indra s’est trouvée interrompue par

■ lui : le dieu irrité a sinscité les tempêtes; Crichna les a vaincues, comme il a

• élevé dans les airs le Govarddhana, pour fournir un abri aux vaches. Le vi-

• goureux Ariclita a été tué, après avoir perdu une corne. Crichna n’est pas un

^ Mol déjà expliqué : la vie de l’Indien se IvirUige en quatre ésramas ou conditions.

’ l.,es r«.*gion» infen»ales sont au nombre <le sept; le Kasâlala est la plus basse de ces &opt di> visions où résûlenl \k* seq>culs. les Asouras,

les l>éiyas. et les autres êtres regardes comme monstrueux. Il ne Tant pas confondre ces lieux avec le Namca , sc>jour des hommes coupables 8|)n*8 leur mort. Voye* lois de Manou, lecl iv, si. 87 et suiv., et lecù. xii, si. 7b et suiv.

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