HA RI VA N SA
• eofanl, c‘t cepenilanl il en a loul l’extérieur et il en aime tou.s le^ jeux.
■ En .songeant aux travaux de ce jeune pasteur, il y a de tpioi elFraver « l’ânie de Késin et la mienne. Je .suppose que c’est un être qui, poumi d'un
• corps, dans une de mes naissances précédentes, a déjà causé ma mort,
• et qui vient encore m’attaquer maintenant, et me provoquer au combat.
• Tantôt cet ennemi n’est qu’un berger, un sin)j)le et pauvre mortel ; tantôt
• il semble SC jouer, dans mes pâturages, avec toute la puissance d’un dieu. " Mais quel est-il donc ce dieu, qui se c.acbe sons une appai-ence vulgaire,
• et qui par des jeux prélude à son œuvre de destruction, semblable au leu
• qui s’attache au bûcher funèbre.^ On dit qu’autrefois Viebnou, pour se-
• courir les Sotiras, vint prendre posse.ssion de cette terre .sous la l'orme
• d’un nain. Il .se revêtit aussi de celle d’un lion pour aciabler de sa piiis-
• sance Iliranvacasipou, l’un des Dânavas. Quand il détruisit Tripoura, il
• adopta la forme singidièrc d’une roche blanche, et tomba sur la tête des
■ Dêtyas(|ui en furent écrasés. Loi'squ’il nacjuil dans la famille deRlirigon *,
• tourmenté par Angirasa “, lils de son Gourou , il se changea en montagne
• et intercepta la pluie. Il est aussi l’immortel Ananta aux mille têtes : c'est « lui <[ui sous la forme d’un sanglier a relevé la terre submergée. Jadis, à la
• naissance de l’ambroi.sie, Viebnou .s’est métamoiqilio.sé en femme ", et a
• su.scilé une grande querelle entre les dieux et les Asouras. C’e.st encore " |)our cette même ambroisie, qu’au moment où les dieux et les Dêtvas
• étaient réunis, il se changea, dit-on, en tortue et souleva le Vlandara. Sous
• l’extérieur d’un pauvre nain, il s’empira en trois |>as des trois mondes,
• dont il lit le séjour de sa gloire. 11 divisa aussi son essence divine en
• quatre [Kiitics ", lorsqu’il descendit dans la maison de Dasaratba, et que
■ sous le nom de Itàma, il fut vainqueur de Râvana. C’est ainsi que ce dieu « revêt tantôt une fonne, tantôt une autre, et travaille à faire triompher la
■ cause des Soiiras.
> E.st-ce donc aujourd’hui ce V ichnou que nous avons pour ennemi? Ou
• bien est-ce plutôt Indra ou le roi des Maroiits? Je vous avouerai que Nà-
' On daigne ici l'avatare connu »ou5 le nüni de P(ira<ouru//ia : nuis je n'ai aucun «leUil sur cette légende.
’ Il ne faut pas coufondre ce mot Ait/jirata \ojcz Iccl. lmii , note a3
8>er Anqiraut, qui signifierait fiU tfAtufiras. \ oyea lect. xu , note 63
mol (ianUoum Hllptov
gnific nuage ou montagne.
• raila est venu me faire «les révélations, et dans mes intérêts, il m’a forte-
• ment prévenu contre V’asoudeva. La science deccRichi est connue, et son
• discoure doit certes m’embarrasser et m’eirrayer. J'avais eu avec lui une
• première entrevue dans le bois de Kliatwènga il est venu une sts
• condc fois me parler : Can.sa, m’a-t-il dit, Vasoudéva a déjoue cette nuit
• les mesures que tu avais prises au sujet de l’enfant qui devait naître.
• C'est une bile d’Yasodà que tu as écrasée sur la pierre; le bis de \ a-
• .sou déva , c’est Cricbna. iMallicurà toi! l’échange a été opéré par ce même « \ asoudéva qui, sous l'ap|>arence d’un ami, cache un véritable ennemi pour
• toi. Or, celte enfant, bile d’5asodà, est celle qui , sur le mont Vindbya, a
> donné la mort aux deux Dànavas Soumbba et Nisoumbba : déesse bien-
■ laisante, elle a reçu le baptême royal “, et marche environnée d’une foule de
> génies qui l'escortent ; les brigands, fléau du voyageur, lui adressent leurs
• hommages; elle aime qu’on immole en son honneur des victimes choisies
• dans le grand bétail, et reçoit avec plaisir l'hommage de deux ha.ssins,
• remplis l'un de liqueur spiritueu.se et l’autre de chair palpitante. Ses « ornements divers sont formés <le plumes de paon. Elle habite une forêt » (|ue font retentir de leurs chants les coqs et les corbeaux, que IW--
• quentent les chèvres sauvages et les oiseaux au plumage varié : les échos
• V répètent les cris des lions, des tigres et des sangliers, et le sol y est « couvert d’aibres épais et de câniürus Son palais, fondé sur le Vin-
• dhya, est orné de fenêtres ” où s’agitent doucement, en forme de Icho-
• wri ”, de divins blinngâms et retentit des sons bamionicux que rendent
• mille instruments célestes. C'est laque ré.side sans cesse la tléesse, douce « pour ses favoris, terrible pour .scs ennemis, aimée et honorée des im-
■ mortels.
• Ainsi Nârada m’a désigné, comme devant attirer toute mon attention.
'* \ ovez la lecture lvi. Khaftniiiga cal le nom (|ue l'on donne à une arme de Siva , qui a la forme d*un pied de îil : c’e»l une cs|W*ce de iTiaft»ue.
** \ o\ez la lecture lvii , vers la Un.
Le nom général par lix|uel ou tlésigne loulc liqueur spiri(u<Misc est iourrL On a fait de S>urà une nymphe, sortie de la mer dans le temps que les dieux l'ont baratU'e.
'* Le cdniàra est une variété rouge de la
canne à sucre.
âihna.
Ou tcluiinara , énicmchoir formé <le la queue du builic appelé yarl.
** Ou bhnngaitUja , espèce de Lui:i»on traînant {tefipiu ou itrbcsina proitrata, ou piiit^H (>eut-élre vtrhesina scatuiens).
« ceCrichna, ce prétendu fds du [xisteur Nanda. Il m’a déclaré qu’il avait « reçu le jour de Vasoudéva, qu’il devait à raison de sa naissance s’appeler
• Vdsoudéi’a , cl que dans ma famille je trouverais de cette manière l'auteur
■ de ma mort. Oui, Vâsoudéva est mon parent par les lois de la nature,
• mais au fond du cœur il est mon ennemi mortel. De meme que le corbeau
• s’attache avec ses serres sur la tète de celui qu’il attaque, et avec son bec
• cherche à lui crever les yeux, ainsi Vasoudéva, avec son lils et toute sa « race , mine sourdement ma puissance. Il est possible d’expier la destruction
• d’un embryon, la mort d’une vache, celle meme d’une femme : mais dans < quel monde peut être admis un parent ingrat™? Il ne jouit pas longtemps « de la chute du malheureux qu’il a perdu, celui qui met .son bonheur à « prouver .son ingratitude. L’homme au cœur méchant qui agit mal envers
• celui qui ne l’a pas maltraité, prend la route qui mène au Naraca^'.
• Je crois avoir des titres au respect de ma famille; ton fds en a-t-il plus
• que moi , ô Vasoudéva? Tes actes de pénitence te donnent-ils des qualités
• qui doivent le faire préférer par nos parents?Quand les éléphants se livrent « des combats, ils arrachent, ils écrasent ces mêmes plantes dont ils font
• ensemble leurs repas dans la foret, leurs débats une fois terminés; ainsi,
• lorsc|u’une division éclate dans une famille, malheur à quiconque se trouve « sur votre chemin, qu’il soit ou non de votre racel il faut qu’il meure. Et moi,
• cependant, je t’ai ménagé, Vasoudéva, sachant bien que tu étais comme le
• dieu de la mort, toujours menaçant, toujours armé contre ma maison. « Plein de re.ssentiment, de haine, de méchanceté, tu n’as de .sagesse que
• pour le mal. Oui, lu perdras la race d’Vadou, insensé, (irâces à ma
■ bonté, Vasoudéva, tu as vieilli, mais sans profil pour toi. Malgré ses
• cheveux blancs et scs cent années, un homme peut n’etre pas vieux. Il l’est
• bien plus que lui, celui dont l’intelligence a baissé. Pour toi, violent de « caractère, ignorant d’esprit, tu es réellement vieux, lourd comme le nuage « d’automne. Et quelle grande pensée as-lu donc conçue dans ta malheureuse
• démence? Tu l’es dit : Après la mort de Gansa, mon fds régnera dans Ma-
• thourâ. Vieillard stupide, ton espérance sera déçue, tu t’es trompé dans
” L*C).pr<^sioii sanscrite est plus l>elle, et critagbna {qui lac h bienfait)^ el compaix' par ellc SC trouve mieun en rapport avec la ]>cns^‘C coiisifjucnt à un assassin,
qui précède : car un ingrat est appelé \ovct plus haut, note 7.
SOIXANTE ET DIX-HlilTIÈME LECTURE.
• tes calculs : il faut aimer bien peu la vie pour oser me résister. Tu as eu
• l'imprudente hardics.se de menacer mes jours; ce que tu avais, dans ta mé- « clianceté, médité contre moi, je l'exécuterai, et sous tes yeux, contre tes
• deux lils. Je n'ai point jusqu’à présent à me reprocher la mort d'un vicil-
• lard , d'un Brahmane ou d'une femme; mais tu m'auras donné l'exemple, « si j’attaque un des membres de ma famille. C’est ici que lu reçus la naissance
■ et l'éducation : tu fus le compagnon d’enfance de mon père; tu es devenu
■ l’époux de sa sceur: tu es le chef spirituel des Yàdavas; et dans cette grande
• et noble famille, composée de souverains, tu jouis de quelque estime : « ces hommes si sages, si pieux, si instruits, t’honorent comme leur maître.
• Mais pourquoi t’adresser un discours qui ne conviendrait qu’à un homme « vertueux, lorsque tu t’avilis par un pareil projet, toi le premier des Yâda-
• vas? Par suite des intrigues de Vasoudéva, il faut que je meure ou que je
■ remporte la victoire. Mais il est certain que les Yàdavas, qu’il déshonore, « ne se rangeront que du bon côté. Oui, en cherchant à me donner la mort,
• tu commettais un acte d’imprudence, mais en même temps tu flétrissais « le beau nom des Y âdavas. L'inimitié allumée entre moi et Crichna n’admet
• aucun tempérament. Les Y âdavas ne peuvent trouver de repos que dans la « mort de l’un de nous deux.
« Vous, maître du trésor royal, rendex-vous promptement dans le Vradja,
• et, d’après mon ordre, amenez ici les deux enfants, Nanda, et les pas- « teurs mes vassaux Dites à Nanda qu’il ait à recueillir le tribut de
• l’année et à venir aussitôt à la ville, accompagné des hei-gers. Vous ajou-
• terez que Can.sa, avec sa cour et scs prêtres, a le désir do voiries deux lils
• de Vasoudéva, Crichna elSancarchana. On prétend que ce sont deuxadroits
• et vigoureux athlètes, habiles dans ces jeux où, sur un théâtre, on se di.s- « pute, dans des combats simulés, une victoire souvent ensanglantée. Nous
• avons aussi deux lutteurs, renommés par leur habileté à manier les armes, . Tchànoûra et Mouchtica. Nous ferons cond)atlre ces deux couples l’un > contre l'autre. J’éprouve l’envie de voir ces deux enfants que l'on compare < aux immortels, ces deux héros, mes cousins, qui ju.squ'à présent ont ha-
• bité les forêts. Que l’on annonce de plus dans ce pâturage et aux environs
■ que le roi va faire célébrer une grande fête de l’arc Les habitants de la
” \oya lecl. u, note a. caraJa. — “ dhanoarmaha.
HARlVAiNSA.
" cani|)agne pourront en toute sûreté apporter ici Icui's denrées, aiin qu'il y « ait une grande quantité de lait, de beurre et d’excellent caillé, pour l’agré- « ment et la commodité des pcisonnes invitées. Partez donc, Acroûra, ame- « nez-moi promptement ces deux enfants, Sancarchana et Crichna, que j’ai " hâte de voir. Leur arrivée me causera le plus grand plaisir, et je déciderai « alors de ce que j’aurai â faire. Si en recevant mes ordres ils refusaient d’v « obéir, je saurais bien les y contraindre par la foi-ce. Mais avec des enfants « il faut employer d’abord la douceur. Tachez de les gagner par la bonté et <■ de faire en sorte qu’ils viennent ici d’eux-mèmes. J'attends' de vous, • Acroûra, cet important service. A moins que \asoudéva ne vous donne « quelques mauvais conseils, ce sont là les moyens que vous mettrez eu « (euvre pour nous amener ces enfants. »
l'elle fut l’accusation portée par Gansa contre celui (jue l’on com])arait à un Va.sou ; Vasoudéva soutint cette attaque avec le calme d’un océan profond et tranquille. Fi'appé de ces traits que lui lançait la voix de l'imprudent Gan.sa, il se revêtit de patience, et ne lui lit aucune réponse. Les assistants, (|ui le voyaient amsl provoqué , s’écrièrent plus d’une fois : • Fi! ü! » en détournant doucement la tête. Cependant le brillant Acroûra , qui voyait les choses avec l’œil divin mit à accepter cette- mission l’empressement de l’homme altéré qui aperçoit de l’eau. A l’heure même il .sortit de Mathourà, rempli de joie, et entraîné par le désir de contempler l’enfant à l’œil de lotus
SOIXANTE I:T dix-neuvième LECTURE.
DISCOLUS DANDHACA.
Vêsampâyana dit :
Les chefs \ûdavas, témoins de la colère du roi, se frottaient les oreilles avec leurs mains, et regardaient Vasoudéva comme perdu. Mais Andhaca,
“ Voy. IfCl. i.viii , noie a8. — l'oundarlcdkcha.
SOIXANTK KT DIX-XEUVIÉMK LIXTL’RE.
conservant toute sa fermeté, répondit aussitôt à Gansa avec éloquence et coni-age • • Mon fils, le discours que tu viens de tenir mérite d’être relevé : " il est inconvenant; et les honnêtes gens ne saturaient approuver de sem- " blahles paroles, adressées surtout à un prent. Ecoute tout ce que j’ai k te
• dire : si l'on ne savait que tu ns Yàdava, eu vérité les Y’âdavas ne pourraient ' te reconnaître pour tel ; car tu ne respectes pas les fils de Vricimi, dont
• tu es le chef. Que penser d’un roi de la famille d’IkchwAcou *, qui Ini- ' même .se jette de la houe ? Que l’on .soit Bhodja , Yâdava ou Gansa , peu ini-
• |K)i1e; on doit respect à sa propre tête, qu’elle soit chauve ou couverte de
• cheveux. Je plains Ongraséna d’avoir appartenu à une famille si niêpri-
• .sahie, et de t’avoir donné de tels parents, à toi tel que tu es. .Mon ariii , ' les sages ne se louent ps eux-mêmes, et les Vèdes n’approuvent que les
• qualités qu’un autre peut vanter en vous. Quelle est donc l'idée que les
• princes de la terre vont avoir de la race d’\adou, qu’un enfant menace de " ilétruire et qui a pour chef un imprudent comme toi? I.e discours impie « dans lequel tu te complaisais tout A l’heure n'a rien terminé, et seulc-
• ment a prouvé ton mauvais esprit. Qui pourrait approuver l’attaque dirigée
• contre un maître respectahle, que les plus grands d’entre nous doivent
• honorer? Cette insulte est un crime égal A la mort d’un Brahmane. De " plus, une de nos premières obligations est d’avoir toute espèce d’égards « pour les vieillards, qu’il faut considérer comme ces feux, objet de nos " hommages : la llamnie de leur colère peut consumer les mondes. Le sage, > humble et toujours vigilant, recherche le devoir comme le poi.s.son re-
• cherche l’eau, son élément. De ta voix orgueilleuse tu frappes les oreilles « de ces vieillards au.ssi respectables que le feu : mais tu sais que le sacrifice « (pie n’accompagnent jias les muntras, ne sert qu’A fatiguer le corps sans
• produire aucun effet.
• Je te blâme des reproches injustes et grossiers que tu as faits A Vasou-
• déva à cause de .son fils. Si le fils t’inspire des craintes, le père est-il dans « le même cas? Les pères sont déjà asscï malheureux des fautes de leurs « enfants. Vasondéva, diras-tu, a sauvé son fils de ta colère. Si tu rélléchis- « sais bien , tu verrais qu’il ne pouvait faire autrement , et je t’invite là-dessus
• à consulter ton père. Tes attaques contre Vasoudéva, tes outrages envers
' Cesl un p;o\'erbe, on une erreur de Tau- wâcou , qui fut le [>cre de la race solaire. Voyez
leur ; car le«V>idavas ne descendent pas d'Tkch- cependant plus bas la lecture xciii.
FIARIVANSA.
• toute la famille (l'Yadou .sont bien plutôt faits pour envenimer la haine
• qui divise les 3âdavas. Si Vasoudéva est coupable |)our n’avoir pas laissé
• sacrilier son (ils, comment Ougraséna serait-il excusable de t’avoir au.ssi
• conservé la vie? Un enfant se nomme poutm, parce qu’il sauve son père « du Poun-naraca Voilé ce que disent les bommes instruits dans celte
• partie de la science.
« Par leur naissance Cricbna et le jeune Sancarchana sont Yâdavas; et
• c’est toi qui le premier les as poursuivis de toute la haine d’un ennemi.
• Toutes nos âmes se sont tout à l'heure soulevées, en entendant les injures . que tu adressais à Vasoudéva et les expressions de la fureur contre son iils. ■ fin examinant bien les motifs de ta haine contre Cricbna, d’après les re- « proches mêmes que tu as faits à Vasoudéva, on voit seulement que tu as « peur. Mais les serpents ne mordent les gens endormis que quand la nuit
• p.st passée. C'est par les elfels que nous apprécions les phénomènes regar-
• dés comme terribles Quand le redoutable Gralia*va dans le ciel toucher
• Svvâti * de ses rayons, l’eflrayant Angâraca ‘ entame Tchitrâ Quand Bou-
• dba* éclaire d’une sinistre lueur le crépuscule occidental, Soucra * s’avance « dans la région de Vêswânara Lorsque Dhoiiniakétou " traverse les treize
, • constellations, Bbarani et les autres, celles-ci voient s’éloigner l’astre . des nuits. Loi-scpie le crépuscule oriental, privé du disque lumineux
’ Voye* lois de Manou. Icct. ix.sl. i38.
* Tout cc pawage, rempli d'alhision» a»tronomiqtieüi. a irtc traduit aussi liltcralcment qu'il m’a éb* possible. Je ne me flatlc pa^ d'en avoir toujours saisi le sens. Mais comme ces détails ne sont pas techniques, le.« erreurs que j'aurai pu < üiumetlre ne seront pas bien tlaii^'ereuses. Voyez dans le Moudrd-Jiâkikaw , act. 4 vers ia tin . un exemple des const^|iicnces que Ion lire des conjoDclions des étoiles.
* Graka est en péiuîral le nom des plantâtes,
et en particulier le nom du iirrud ascendant, que Ton [>ersûnnilie, et que l'on compte au nombre des plaiièU^s. Si graka conserve ici son acception on peut croire que ce mot
désigné la planète Saul ou Saturne, leganloe comme terrible cl de sinistre augure
* S\*âli est le i5* aslérlsrae lunaire, cotres- |>on<lant à l'Arclure.
* \om de la planète de Mars.
^ 1 4* aslérisino lunaire : ou y Inmve l'étoile a de l'épi de la Vierge.
* Mercure.
* \ émis.
*• Vèswànura est un nom du dieu Agni. re* gcnt du sud est.
“ Nom du nœud descendant f»crsonndié Bbarani est une des vingt-sept constellations lunaires : r'esl le astéiisine, compose de trois étoiles (moxen).
J'ai iviidii ainsi le mot îHTPTf^ ÿrojtaparigha. D'un autre cdti, M. Wilaon dit que le Parigha est le 19* yo^a astronomique. Mais il
• vient à obstruer la voie du soleil, Sivà s’élevant des cimetières, vomit
• les noires vapeurs de son haleine. Quand la ville aérienne ” passe avec un « bruit terrible de l’un i l’autre crépuscule, le météore brûlant détone « avec fracas et tombe sur la terre. Dans le temps appelé Aparn'an “, la terre
• trendtle , les cimes des collines s’agitent ; les cerfs et les oiseaux, en |>ous-
■ sant des cris de détresse, reculent épouvantés. Dès <jue SwarbliAnou ”
• saisit Soûrya, la nuit obscurcit le ciel , les régions célestes se couvrent de
• sombres voiles, et le tonnerre retentit sans nuages. Enfin, quand du sein « de la nue, où résonne le bruit sourd de la foudre, coulent des ruisseaux « de sang, les dieux sont ébranlés sur leurs sièges, et les oiseaux aban-
• donnent les montagnes. Tels sont les signes qui, dit-on, présagent la mort
• d’un roi : nous les voyons, du moins, et nous pouvons en tirer les consé-
• quenccs. Mais loi, ennemi de ta famille, méprisant les devoirs de la > royauté, tu t’abandonnes sans motif à la colère, tu te laisses dominer par < la crainte. Malbeureux insensé, tu outrages un vieillard que nous pouvons
• comjKirer aux dieux, que nous regardons comme un Vasou. Quelle ga-
• ranlie jieux-tu désormais nous olfrir? Dès aujourd'hui nous renonçons à
• cette amitié que nous avions pour toi : nous ne voulons plus avoir de rap-
■ port avec un homme qui déshonore notre famille. Heureux Acroûra, qui
• va contempler dans ses forêts ce merveilleux Crichna à l'œil de lotus ! « G’e.st toi qui perds la race des.Yàdavas. Mais Crichna ne verra en nous que
■ des parents, et il nous sera facile de nous entendre avec lui. Même par
• l’entremise du sage Vasoudéva, tu peux l’apaiser; profite de cette beu-
me semble qu'icî le mot parujha signifie Jùque , solaire, \oyei lecture CLXil , note lo» cl lecture r.Lxxii . note 27.
Sivâ est un nom de IVpousc du dieu Siva, plus connue, sous le nom de Dourgâ. Veuves, dans le drame de Mâlatiei Mâtibava. le commencement du acte ; la scène est dans un cimetière, près du temple de cette déesse , qui me semble ici représenU'-e comme formant les brouillards oycc les vapeurs des bûchers funèbres. Un cimetière s'apiHîlIc roudrâcrtda.
Les indiens pensent que les aérolillies se détachent de villes qui, suivant eux, existent dans fair. Les Gaiidharvas se promènent quel-
quefois dans des cités aériennes. La légende dit que le roi Haristchaiidra fut élevé avec sa capiUde au milieu de i’atmosplièrc. et le peuple croit que de temps en temps on aperçoit celle ville dans les nuages.
** J'ignore ce que l'on entend par le mot aparfran . voyet, Iccl. iv. note 18, |>ag. a 5, ce que signifie le mot pariran. Dans la lecture clxxii , on retrouve le mol apanran employé pour désigner une è}K>que où les éclipses ne doivent pas arriver.
Siearhhânou et Bâhou sont deux mots synonymes par lesquels on pcrsonniûe le nœud ascendant. Soûrya est le soleil.
IIAIUVANSA.
• rousc circonstance, et qu’il sache de toi ce que tu peux désirer. Oui, « Causa, fort de l'aniitic deVasoudéva, reuds-toi auprès de Crichna , et tâche
• de te réconcilier avec lui. •
QUATRE-\ INCTIÈME LECTURE.
ÏIOUT DE KiLsI.N.
\ èsanipàyana dit :
,\ ce discours d’Andhaca, Causa, rouge de colère, ne rc|>oiulit rien, et rentra dans ses apparteiucnts. Tous les \àdavas, présents à ces débats, retournèrent aussi chez eux, l’esprit troublé, et blâmant Causa. Cependant Acroùra, obéissant à l’ordre qu’il avait reçu et en même temps au désir qu’il éprouvait de voir Crichna, était monté sur son char aussi rapide que la pensée et poursuivait sa route. Il pensait qu’à des signes extérieurs et naturels il reconnailrait un jeune prent qui devait ressembler à son père.
Le matin même, le roi de Matliourâ, liLs d’Ougraséna, envoya un courrier à Késin : maison l’excitant contre Oupendra, il l’envoyait à la mort. Le terrible Késin, obéissant à scs injonctions, se rend dans le Vrindàvana, et attaque les psteurs. Ce Détya, sous la forme d’un cheval indompté, violent et furieux, porte çà et là le ravage et la mort, mas.sacrant les vaches et les hci^ers, dévorant leur chair ', et ne reconnaissant aucun frein. l.a forêt se liouve bientôt semblable à un cimetière, couvert d’ossements bumains, partout où l’borrible coursier dirige .ses jias. De son sabot il fend la terre : .son choc impétueux abat les arbres; son heimissement est aussi fort que le bruit du vent, et de ses bonds il touche le ciel. Poussé par une rage qui croît à chaque instant, ivre de .sang et de carnage, il parcourt la forêt, remplissant la funeste mission qu’il a reçue de Gansa, dres.sant avec orgueil sa crinière hérissée. Les pasteurs qu’il menace fuient devant lui, et ces bois .sont abandonnés par les hommes et les troupeaux qui les fréquentaient.
' Dan.i la légende de l'Mcrcule grec . il y a aussi des chevaiii qui maiigein de la chair humaine, et dont le inailre »e nomme Diomède.
QUATIiF-VINGTIÈME LECTURE. 359
Tous les environs deviennent d«!scrts : on craint de rencontrer le monstre sanguinaire, qui erre çà et là dans l’e.spoir de trouver une proie.
Un jour, au lever du soleil, attiré par la voix Iniinaine, il arrive en fureur jusqu'au liaineau pour y accomplir son teuvre de mort. A sa vue les bergers, leurs femmes, leurs enfants, prennent la fuite, appelant à leur secours Cricbna, maître du monde. Crichna, en entendant les gémissements des femmes et les cris des pasteurs, accourt pour les rassurer, et se dirige du côté de Késin. Celui-ci, le col élevé, les yeux étincelants, grince les dents, hennit , .s’élance et arrive sur Govinda, qui le voit venir, et s’avance vers lui, comme le nuage vers la lune.
Les bergers, en apercevant Cricbna placé à quelque distance de Késin, tremblèrent pour lui , et , dans leur pensée toute bumaine , ils lui crièrent :
• Cricbna , ce n’est pas un cheval ordinaire que tu as provoqué. O notre ami ,
» ne vois-tu pas que tu n’es (ju’un enfant, et que ce monstre n’a pas jusqu’à < présent connu de vainqueur? C’e.st un frère de Cansa : on ne peut con- ■ server sa vie qu’en l’évitant. Il est le premier parmi les coursiers, pareil
• à un Dànava dans le combat, la terreur des plus grandes armées, le plus
• fort entre les êtres malfaisants; personne n’a le pouvoir de le tuer. •
Ces paroles des [xisteurs donnèrent au vainqueur de Madliou le désir de combattix; Késin. Le coursier furieux, traçant dillérents cercles à droite et à gauche, du choc de ses pieds abattait les arbres. Sur son col et son épaule Hotte son épaisse crinière; et de tout son corps découle, comme la pluie découle du nuage, une sueur abondante, produite par l’emportement de la colère. De sa bouche tondient des flots d’écume mêlés de poussière, .semblables à ces frimas dont la lune couvre le ciel en hiver. En hennissant il lance sur Govinda une vapeur Immidc et légère, chargée d’écume. La poussière (pt’il élève autour de lui, confondue avec la dépouille des arbres dont le ]>rintenq)s jonche la terre, donne une teinte jaunâtre aux cheveux de Crichna. Késin s’approche, caracolant, creusant le sol de ses pieds, et relevant scs lèvres. Le combat s’engage, et le coursier, de ses pieds de devant, fia|>pe Crichna à la poitrine : puis, redoublant ses coups terribles, il lui meurtrit le flanc à plusieurs reprise.s. Sa bouche formidable, armée de dents aiguës, s’ouvre pour mordre avec fureur l’épaule de Crichna. Késin, les crins héris.sés, aux prises avec son ennemi, ressemblait au .soleil, entouré de ravons et engagé dans un nuage. Usant de toute sa force que la colère a dou-
blce, (le son poitrail H cherche à heurter violemment la poitrine du fils de Vasoudéva. Au moment où il se trouve ainsi élevé, le tout-puissant Crichna étend le hras, et lui assène sur le front un coup qui pénètre dans la tète. En vain le monstre voudrait mordre et déchirer ce hras : ses dents sont ébranlées dans leurs racines; il vomit un sang mêlé d’écume; les tempes désunies se détachent des deux côtés; les yeux sortent de leur orbite, et pendent sur les bajoues. mâchoire brisée, le chanfrein fendu, tout sanglant, aveugle, les oreilles pendantes, l'esprit éperdu, Késin se donnait de grands mouvements, battant le sol de ses pieds, lâchant tous scs excréments; couvert de sueur, accablé, harassé, il s’affaiblit peu à peu. Le hras de Crichna, enfoncé dans la tête de Késin, ressemblait au nuage, qui à la lin de l’été disparaît dans les rayons de la lune ou du soleil. Le féroce coursier, dont les membres fatigués fléchissaient dans le combat, était alors tel que la lune, quand le matin elle descend, toute défigurée, vers le Mérou où elle va se reposer. Les dents de Ké.sin, ébranlées par le bras de Crichna, tombaient de .sa bouche, comme on voit, en automne, se détacher les dilfércntes parties du nuage épuisé d’eau. Ce bras vainqueur, pesant de toute sa force sur le corps de Késin, s'abaisse peu â peu en le divisant dans toute sa longueur; d’abord le Dànava, la tête fendue, pousse des sons horribles en vomissant le sang: il s’agite et se tourne sous cette masse qui de.scend et séjwre .ses membres en deux parts : ainsi l’on voit un rocher éclater en deux moitiés. Cet Asoura si terrible se débat longtemps, et sa face, se détachant en deux portions, re.sscmble au .serpent qui vient d’être écrasé par le milieu du corps: le bras de Crichna continue de le pourfendre, et alore Késin offre le .spectacle que présente un buffle déchiré par Siva : il gît par terre en deux moitiés, composées chacune de deux pieds, d’une portion de dos et de queue, d’une oreille, d’un œil et d’un naseau. Le bras ihi vainqueur, portant les empreintes des dents de Késin, est comme un vieux plmier de la forêt marqué par les défenses du superbe éléphant.
Quand Crichna a vaincu Késin et l’a étendu par terre , il s’arrête et .sourit. Alors les pasteurs et leurs femmes, délivrés (finquiétude et de crainte, .se livrent aux transports de la joie la plus vive. De tous côtés, dans toutes les bouches retentissent les louanges du grand Dâmodara; on l’honore avec une tendresse re.speclueuse. «(3 notre ami, s’écrie-t-on, ô Crichna, quel triom- • plie ! Tu as terrassé le terrible Détya , venu sur la terre sous la forme d’un
• cheval. Le bonheur va revenir dans le Vrindâvana, qui pourra désormais être « habité par les humains, les cerfs et les oiseaux, puisque ce méchant Dânava < est tombé sous tes coups. Nous avons perdu beaucoup de bergers; bien des « vaches ont à regretter leurs veaux. Ce monstre avait déjà immolé un grand
• nombre de mortels, et disposé à poursuivre son œuvre de destruction, il
• voulait anéantir la race des hommes. Personne ne pouvait lui résister, « meme parmi les dieux. Que pouvaient faire les habitants de la terre? »
En ce moment le saint Mouni Nârada *, invisible au milieu des airs, s’écria : « O Crichna, en toi je reconnais le dieu Vichnou : je suis content de « t’avoir v'u accomplir, par la mort de Késin, une œuvre difficile. Tout dans
■ le ciel repose sur toi et surSiva. Je suis venu du Svvarga, curieux de con-
• templer le combat qui allait avoir lieu entre un homme et un cheval. « Tavais déjà vu la mort de Poûtanâ et tes autres œuvres. Mais, Govinda, ce
■ dernier exploit surpasse les autres. Le vainqueur de Bala , Indra , tremblait « devant ce cheval , dont la fureur et la vue seule l’épouvantaient. De ton bras « vigoureux tu as frappé ce terrible cor[)s, et tu as mis un terme à ses ravages « et à la crainte qu’il inspirait. Tu es la .source immortelle de toutes choses. « Daigne écouter mes paroles. Parce que tu as tué Késin, tu seras désormais
■ connu dans le monde sous le nom de Késam Gloire à toi I bonheur aux
• hommes! Mais je te quitte. Tu peux maintenant accomplir le reste de ta
• mi.ssion. Ne tarde pas à te montrer tel que tu dois être. Quand tu prends « la défense des humains, ils sont aussi heureux que les habitants du ciel,
• et s’abandonnent à de joyeux ébats. Voici le temps qui arrive, que la guerre
• de Rhârata va commencer. Les princes, qui vont dans le ciel visiter Indra,
« paraissent déjà dispo.sés à en venir aux mains : les routes de l’air* sont ou-
• vertes à leurs chars, qui s’élanceront bientôt aux combats : dans le palais
* Il faut avouer que Nàraüa joue dans la mythologie indienne tin rôle bien équivoque. Le voilà qui complimente Crichna , et l’on se rappelle les conseils qu’il a donnés à Causa dans la LVi* locluK* : personnage vraiment odieux, existant peut être dans les cours dns princes; mais il est toujours singulier qu’un attribue un semblable caractère à un .saint Brahmane.
* Le mol késin signifie chevelü, et le mol késava a le même sens. Cependant M. VVîlsoo
donne une autre étymologie de ce mot iésava. Voyex son Dictionnaire. Une autre légende rapporte que Vichnou prit deux de scs cheveux, un blanc et un noir, dont il ibrma les deux fils de Dcvakl, Balaràma cl Crichna : de là vint, dit-on , le nom de Kesava donné à ce dernier.
' Les poclea supposent que les chars des princes traversent les plaines de l'air; c’est une hyperbole qui peint l’extréiiie rapidité de leur course
« même de Sacra, ils forment deux camps ennemis. Quand le fds d’Ou^- « scna aura .succombé, 6 Késava, alors sous tes yeux commencera ce grand
• combat de princes. Les Pêndavas imploreront le secours de ton bras invin- « cible, et dans cette querelle royale tu seras leur allié. Élevé sur le trône
• des souverains, tu t’empareras de leurs richesses; et ta force te livrera leur « puissance. Cet avenir que je t’annonce, ô Crlchna, sera glorieusement « réalisé, et deviendra l’objet des entretiens du ciel et de la terre.-O maître « du monde, à tes œuvres je t’ai reconnu. Je te reverrai, quand tu auras « triomphé de Gansa. Adieu, je te laisse. »
Ainsi parla NArada, et il reprit le chemin du ciel. Les pasteurs, qui avaient entendu le discours de NArada, .se rendirent l’écbo des louanges qu’il donnait à leur héros; et formant un cortège d’honneur à Crichna, ils rentrèrent dans le hameau.
ARRIVÉE d’aCROURA.
VesampAyana dit :
Le soleil, amortissant l’ardeur de ses rayons, était descendu vers l’occident; le ciel se rougissait des feux du crépuscule; la. lune élevait son di.sque jaunissant; les oLseaux étaient tranquilles dans leurs nids; les étoiles commençaient à briller; tous les points de l’horizon se couvraient de légères ténèbres : tandis que les hôtes allés du hameau s’endormaient au sein des vâsanlis * fleuries, les oiseaux de nuit s’agitaient en cherchant leur proie. Le .soir, mettant lin aux travaux des hommes, appelait vers les flambeaux la troupe légère des papillons le soleil venait de se plonger, pour ainsi dire, au sein du crépuscule; les chefs de famille rentraient dans leui's foyers; on récitait pour honorer le feu les mantras usités parmi les gens qui habitent
‘ Liane touITuc, Gœrlnera racemosa.
la i.xvi' lecture, note a.
' Ce .V)nt les sacragopat , dont il a été question dans
g ü AT U K- VT N GT-U N 1 È ME LE CT ü l\ E.
les forets et vivent de racines^; on s'occupait à traire les vaches qui venaient de rentrer; on entendait les nnigissenients répétés de celles d'entre elles qui étaient mères, et près desquelles par une longe étaient attachés leurs jeunes veaux; les pasteurs, les épaules chargées de cordes, appelaient les vaches, faisant éclater leurs voix, et comptant les troupeaux; on entassait la house, et les feux s’allumaient de tous côtés; d’autres bergers arrivaient courbés sous une charge de branches; la lune, qui montait peu à peu, brillait d’un éclat moins pâle; la nuit apparaissait, le jour était fini; le soleil allait se reposer de ses travaux, et la lune lui succédait, escortée des ténèbres; les feux ardents de l'un étaient reiiijilacés par la lumière tempérée de l’autre; c’était le moment où brillent de toutes parts les feux perpétuels du sacrifice, où s’opère dans le monde l’union * mystérieuse d’Agni et de Sonia, où l’occident est encore enflammé de quelques lueurs, où l’orient perd ses dernières teintes, où le ciel, couvert d’étoiles, semble s’enflammer en partie; les jeunes bergers, réunis en famille, célébraient le bonheur de leur séjour; en cet instant sur son char rapide arriva le trésorier Acroûra.
Aussitôt il demanda où était la demeure de Crichna, du fils de Hohini, et du pasteur Nanda; et, descendant de son char magnifique, il vint à celuici pour lui demander l’hospitalité. 11 entra, le visage rayonnant, l’œil mouillé de pleurs; il regarda à l’endroit où l’on était occupé à traire les vaches, et au milieu des autres enfants il aperçut Crichna , aussi facile à distinguer que le taureau au milieu des jeunes veaux. Alors d’une voix altérée par le plai.sir, le bon Acroûra s’écria : » Viens, ô mon cher Résava 1 ■ Mais en même temps dans cet enfant pauvre il reconnaissait celui qui e.st le maître de toutes riche.sses, ce Crichna toujours jeune dans son essence spirituelle. « Je ne puis
* J’ai chorcho par cette p<!'riphrase à rendre le mot que j ai regar-
dé (’omnic un adjectif en rapport avec mantrth. Pour la traduction dere mot, j’ai suivi l'explication qu’en donne M. Wilson. (Voyet aussi dan» son dictionnaire le mol )•
t'^epcmlaiit comme cette expression a |M>ur ra cine içf khana [creuser], n'iiidiqucrait-eile pas plutôt U cérémonie du vifànas qui consiste a
prendre du feu dan» le trou creusé pour le feu dit ^àrhaptitYa» et à le porter dans les deux trous creuM'S pour Ica feux ap(>e!ès tikavanîya et tiakchina ? \ oyez la traduction française des loi» de Manou, par M. Loiseleur Dcslongchamp» , p. 196, note. J’avoue cependant qu’en adoptant ce sens, je serai» embarrasse |)uur rendre le mot tMinvé^^qui accompagne aussi mantréh.
uimihi.
• en douter, se disait-il; cet enfant à l'œil de lotus, aussi fort que le lion et
• le léopard, pareil à une nuée grosse d’orages, ou à une haute montagne,
• ce héros terrible dans les combats , dont la poitrine est marquée du Sri-
• valsa, dont les bras sont faits pour frapper de mort ses ennemis, c’est
• Viclmou, l’aine du grand mystère, aujourd’hui revêtu de formes eité-
• rieures : c’est celui qui contient le monde c’est Vichnou sous le vete- > ment d’un pasteur. 11 porte .ses cheveux simplement relevés en pointe,
■ lui dont le front est orné d’un diadème, la tête ombragée d’un parasol mer-
• veillcux, la poitrine couverte d'un large collier de perles, et les deux bras
• chaigés de parures brillantes; sa beauté charme des milliers de femmes
• qu’il entraîne sur ses pas, et un vêtement jaune entoure ses formes. « C’est bien l’éternel Vichnou. Vainipieur de scs ennemis, il voit la terre se « réfugier à l’abri de scs pieds, lui qui en trois pas a autrefois parcouru les
• trois mondes. L'une de ses mains est année du Ichacra, l’autre éléve la
• massue pour engager le combat. Descendu .sur la terre, il a fait de ces lieux
• .sa première demeure; et il vient pour soulager les maux de l’humanité,
• lui qui est le plus grand des dieux. Les Hrahinanes, qui voient l’avenir, < savent que ce berger étendra la race affaiblie d’Vadou. Aidés de sa puis- « .sance, d'innondirables rejetons augmenteront la famille des Yédavas,
• comme les fleuves augmentent l’Océan. Le monde, à sa vue, reprendra sa
■ stabilité; les inimitiés une fois éteintes dans le sang, les peuples vivront « en paix avec leurs voisins et se multiplieront, comme dans leCrita-yotiga.
• Maître de la terre .soumise à sa puissance, il sera au-dessus des rois, et ne
• sera pas roi lul-méme. Comme jadis, après avoir en trois pas réduit les
• mondes sous son pouvoir, il dédaigna l’empire, et fit Indra roi des dieux et
• souverain du ciel, de mémo aujourd’hui vainqueur de cette terre, qu’au-
• trefols il avait déjà conquise, il la cédera sans doute au roi Ougraséna dont il
■ affermira l’autorité. Bon et clément, accessible à la prière, c’est lui que les
• Brahmanes instruits ont chanté comme le plus ancien des êtres. Késava
■ deviendra le désiré des nations, tant sera grande sa prudence dans les affaires « de la vie humaine. Pour moi, j’honorerai aujourd’hui avec des signes ex-
• térieurs de respect sa demeure mortelle; mais au fond de mon Ame, je le
• prierai aussi comme étant Vichnou ; et bien que je le reconnaisse pour mon
^ Mut à mot l'Oi mundit bfiâdjanam.
• parent, bien qu’il soit homme au milieu des hommes, moi, et ceux qui « ont Tfeil divin, nous savons que ce n’est pas un simple mortel. Cette
■ nuit, j’aurai une conférence avec ce dieu que Je connais en mon âme, et,
■ s’il le veut bien, je me fixerai avec lui dans le Vradja. » Par la force de sa raison, Acroùra avait vu Crichna sous .ses diverses formes, et avec lui il entra dans la maison de Nanda.
VISION DU NAGALOCA*.
Vêsampûvana dit:
.\croûra entra donc avec Késava dans la maison de Nanda ; et assemblant les pasteurs, le trésorier adressa en leur présence ce discours à Crichna et au fils de Rohinî : > Mes amis, demain nous devons nous rendre à .Mathourâ
• pour notre satisfaction commune ; les habitants de tous les pâturages pour- « ront nous y accompagner avec leurs familles. Dès que j’aurai touché, au
• nom de Cansa, le tribut annuel, alors remontant sur mon char, je ne ferai « que marcher à la tête du cortège. Le roi prépare dans Mathourâ une fête « de l’arc : vous assisterez à cette fête, et en même temps vous vous présen-
• terez devant vos parents. Vous verrez votre père, le vieux Vasoudéva, trop
• longtemps victime du malheur, et pleurant sur le destin de son fils, .sans " cesse exposé aux fureurs de Cansa, accablé par le chagrin plus encore
• que par les années, desséché par la douleur, succombant sous les craintes
• que lui inspire Cansa, privé de votre vue, et consumé nuit et jour des
• regrets qu’il nourrit intérieurement. O Govinda, tu verras Dévakî , sem-
• blable à une déesse, Dévakî, abattue pr la douleur; elle dont ses enfants
• n’ont jamais pressé le sein, triste et morne, elle pleure la perte de son fils; " elle veut te voir, et ne jicut supporter le chagrin de ton absence, sem- . blable à la vache que l’on a séparée de son veau : elle lève les yeux vers le
' Monde des serpents.
MARIVANSA.
ciel en soupirant, et porte constamment des vêtements noirs : telle apparaît la lumière de la lune dévorée par Swarbhànou. Mlle t’appelle, elle te demande sans cesse, consumée du chagrin que tu lui causes, dévorée de ses désirs maternels, lieureusesi elle avait pu t’entendre bégayer tes premières paroles, te voir essayer tes premiers pas : hélas! elle ne connaît pas la beauté de son (ils, l’éclat de ce visage comparable à la lune. Si Dévakî, qui t’a donné le jour, est aussi malheureuse, qu’est-cc donc que le bonheur d’être mère? mieux vaut n’avoir point d’enfants. C’est sans doute un chagrin pour les femmes d’être stériles. Mais être mère et ne point connaître les douceurs de la maternité, c’est un malheur bien plus grand. Quel regret pour un fils qui cause une telle douleur à sa mère! Elle ne mérite point d’être afUigée celle à qui tu dois ta naissance, toi qui es égal à Indra, toi qui brilles de qualités incomparables, toi qui fais le bonheur et la sécurité des étrangers. Tes parents sont vieux; ils ont .soulfert la contrainte d’un long esclavage, et à cau.se de toi ils supportent encore aujourd’hui les outrages de l’insensé Gansa. Si Dévakî mérite les mêmes respects que la terre qui te porto, délivre-la dé cet état de deuil et d’affliction. Console ce bon vieillard, Vasoudéva, qui porte à son fils une si grande affection. Rend.slui ce fils qu’il regrette, ô Crichna, et tu auras rempli ton devoir. Tu as bien pu dompter le redoutable serpent du lac d’\amoiinâ, .soulever une montagne pour sauver les vaches, terrasser l’orgueilleux et robuste Arichta, donner la mort au superbe et méchant coursier, nommé Késin; mais si tu ne fais rien pour ces deux malheureux vieillards, 6 Crichna, peut-on dire que ton devoir a été rempli? Naguère, en entendant les repi-oches que Cansa adressait à ton père , tous les assistants ont versé des larmes de chagrin. Le sein de Dévakî, ta mère, ô Crichna, a été violemment déchiré : elle a été .soumi.se à bien d’autres épreuves de la part de Cansa, et elle les a toutes supportées avec résignation. Tout enfant a contracté envers son père et sa mère une dette qu’il doit payer, quand l’occasion s’en présente. O Crichna, jette sur tes parents un regard de bienveillance; ils sortiront de leur affliction, et tu te seras conformé aux règles du devoir. ■
Crichna, après avoir entendu ce discours, lui répondit aussitôt : «Je le veux bien, • et il ne se fâcha point de ces observations. Suivant les ordres le Cansa, les jiasteurs s’a.s.semblèrent, dirigés par Nanda : l’agitation régnait fans le hameau, dont les hahitants se disposaient à partir. Les vieillards
QUATHE-VINGT-DELXIKME LECTURE.
arrivèrent, apportant leur cadeau’ et le tribut, qui consistaient en boeufs, en buflles servant aux attelages, en troupeaux, en lait, en crème, en caillé, en beurre. Le tribut et les présents une fois recueillis, les chefs des pasteurs n'attendaient plus que le signal du départ. Acroùra pas.sa toute la nuit k causer avec Criclina et le fils de Roliini.
Cependant l’aurore apparaissait dans toute sa pureté; les oiseaux recoueiiiencaient leui-s chants; les rayons glacés de la lune s’éteignaient avec la nuit; le ciel se couvrait de teintes rougeâtres; les étoiles descendaient vers le couchant; la terre était rafraîchie par le souille des vents du matin; les astres per<laient de leur éclat, et leurs feux s'amortissaient. Enfin la nuit disparut, et le soleil s'éleva à l'horizon. La lune, pâle et sans lumière, continuait sa course; on voyait d’un côté l’un de ces astres languir et s’effacer, de l’autre son rival grandir et s’accroître. Alors les vastes pâturages se couvrent de vaches; les barattes résonnent sous les coups du ribot retenu par son collier; les jeunes veaux sont attachés à leurs mères par des longes, et toutes les routes sont remplies de pasteurs. Les ustensiles les plus lourds sont placés sur les chariots; par derrière viennent sur des voitures les maîtres eux-mèmes. Crichna, le fils de Holiinî et le riche Acroùra s’avançaient sur le même char, pareils aux gardiens des trois mondes. Arrivé sur la rive de rVamounâ, Acroùra dit à Crichna :• Garde un instant le char, et veille
• sur les chevaux. On va leur donner â manger dans le vase qui leur e.st
• destiné’. Pourtoi, reste sur ce charque j’abandonne â tes soins, et attends-
• moi qucl(|ues moments. Je vais descendre au lacd’\amounâ, où je réciterai
• en l’honneur du roi des serpents les/nan/raj divins, consacrés au maître du
• monde. J’adorerai l’être mystérieux et souverain, e.s.sencc de funivers, le
• serpent marqué de l’augu.ste swastica*, le grand Ananta ’à mille tètes, vêtu
’ Ce genre de codeau « appelle oapdvaïui. Alors, comme aujoiinriiui, on ne «e prcsenlait |ia« le» mains vides devant les grands. hayaù/iàniia.
* Voye* let t. lx*iv, noie 5.
* l.e serpent Ananta ou est le même
(|uc cetuî qu'ftn appelle Sécha : on lui donne mille têtes . dont l’iine soutient le monde. Ce serpent sert de couche à Vichnou dans le temps
de sou sommeil mystérieux, et scs tètes qu li redresse ruruienl au-<lessu8 du dieu une espex-e de dais. Qiiel({ues*iins pensent que c'est lui (pli s'etst incarné en Sancarcliana ou Ratarâma: il n'est donc |»as étonnant de le trouver ici dans celte transfiguration de Crichna et de son frère. BaUrâma est onlinnircmenl représenté aver la tête blanche ou jaune, et un vêlement noir, cl Crichna avec une tête noire et un vêtement jaune. Voy. Rech. asiat. t. \ 111, pag. 6a*
■ de noir. Tout le venin de ce dieu, saint et juste, je le prendrai comme
• l’ambroisie des iinniorteLs. Là, je verrai la troupe des serpents venant cher- « cher la paix 'de celui qui se distingue entre eux par la largeur de scs taches', « la vivacité de sa double langue et la richesse de ses ornements. Restez en-
• .semble en attendant que je revienne du lac du serpent. » Crichna lui dit en riant : • .Allez, homme pieux, ne soyez pas longtemps. Ne pouvons-nous pas « bien rester ici quelques in.slants sans vous? • Acroûra alla donc se plonger dans le lac d’Aamounû : il y aperçut le monde des serpents tel qu’il est dans le Rasàtala : dans le milieu apparaît le dieu à mille tètes, qui a pour symbole un palmier d’or ’, dont la main tient un soc, dont le ventre est couvert d’une massue', et le corps enveloppe d’un vêtement noir; la couleur de sa peau est jaune; ce dieu ne porte qu’un pendant d’oreille; son œil, semblable au lotus, se ferme, appesanti par le sommeil de l’ivTesso; son siège est forme de cols de serpents, qui sont une partie de son propre corps ’. Maître souverain et paré de deux swasticas précieux, il porte la terre; sa chevelure, soutenue par des ornements d’or, penche un peu sur le côté gauche; sa poitrine est ornée de guirlandes et de lotus dorés; son corps, teint de la poussière rouge du sandal; ses bras, allongés. Aucun ennemi ne peut résister à sa force. De son ombilic s’élève un lotus, conqiarable au camphre pour la blancheur et brillant de mille rayons. Tel Acroûra voit le maître des serpents, le souverain de la mer universelle; il recevait les hommages des rois de cette race dont Vàsouki est le chef. Les deux serpents Cambala et A.swatara lui servaient de Ichdmara : ils éventaient le dieu, siégeant sur son lit de justice; près de lui se tenait Vàsouki, dans un cercle formé par les autres reptiles, à la tête desquels est Carcotaca. Avec des vases d’or, vases divins sur le haut desquels s’élève un lotus, ils arrosaient leur prince qui sortait des eaux de la mer universelle. Acroûra aperçut encore Vichnou noir comme le nuage, avec sa poitrine marquée du Srivalsa, cl son vêtement jaune, Vichnou assis sur le dos du grand serpent.
* Cesl-à-diro de »es mailicas.
^ Nous avons vu ailleurs que c'esl là le symbole <lc Balaràuia , qui pour arme porte une e8pt*ce tle soc.
* Ces mois nous rtprésentent la massue du dieu comme suspendue en travers sur son
ventre, quand il se repose de ses travaux ou qu'il SC sert d'une autre arme.
* Cette descnptiou est un mélange un peu confus des formes du serpent .Priante et de celles de Balaràma, considéré comme homme.
*♦ Emoueboir.
A la vue de cet être souverain et incomparable, à l’aspect du dieu dont le corp.s ressemble à la lune, et qui, pareil â Sancarchana, n’a point d’autre sitige que lui-même, Acroûra voulut aussitôt appeler Cricbna ; mais l’éclat qui environnait ce personnage arrêta sa voix : alors comprenant ce que c’était que cette mystérieuse apparition, il sortit de l’eau tout frappé d’étonnement. Bala et Késava étaient toujours sur le char, ,se regardant mutuellement et revêtus d’une forme merveilleuse. Acroûra acheva donc .ses ablutions avec un pieux empressement. Il adora le maître des dieux, dont le vêtement e.st noir et la face blanche , et celui qui assis sur le dos du .serpent à mille tètes n’est autre que Crichna '* lui-même. Il sortit une seconde fois de l’eau en récitant le mantra convenable, et revint auprès du char. Il avait l’air satisfait, et Késava lui dit : t Comment avez-vous trouvé le monde des
• serpents dans ce lac divin? Vous êtes resté bien longtemps en conteinpla- « tion. Vous avez sans doute vu des choses merveilleuses : car votre cœur
• est tout tremblant de joie. • Acroûra répondit à Crichna : «Qu’y a-t-il,
• hors de toi, d’admirable parmi les êtres animés et inanimés? Oui , Crichna,
• je viens de voir une cho.se merveilleuse , que l’on ne .saurait rencontrer sur ■ la terre. Mais cette merveille, je la retrouve ici même et je m’en réjouis. Je
• suis ici dans la compagnie de celui qui est le grand miracle des mondes et
• qui a daigné revêtir une forme humaine. O Crichna, puis-je rien contem-
• pler de plus grand, de plus étonnant? Mais continuons notre route; il faut « que nous arrivions à la ville du roi Cansa avant la fin du jour, avant que
• le .soleil soit descendu à l’occident. •
QUATRE-VINCxT-TROISIÈME LECTURE.