‹ Harivansa, ou, Histoire de la famille de HariChapitre 5 sur 55 · HISTOIRE DE PRITHOU : PROMOTION ROYALE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE PRITHOU : PROMOTION ROYALE

Vêsampâyana dit :

Le maître de la création éleva à la royauté terrestre Prithou fils de Véna. Il donna ensuite des chefs aux différents ordres des êtres créés. Soma fut consacré roi des Brahmanes» des plantes, des constellations, des astres, des sacrifices et des austérités. Varouna fut souverain des eaux; Vésravana dos rois; Vichnou, des Adityas; Pâvaca, des Vasous; Dakcha, des Pradjâ-

rique» dont les poètes indiens ne sont pas ava< r^. Ces poètes aiment aussi à donner des étymologies, quelquefois assex mauvaises ; en voici un exemple : ils font venir marout de md roti/h ^ î ) • oubliant que d’une syl-

labe où se trouve un d long , on ne peut en dériver une où se trouve un a bref.

** Autre nom du dieu Indra.

* Voyez 1a deuxième lecture, où il a déjà été question de Prithou.

* Vésravana, c'est-à-dire, le fils de V'isravas, edt Couvéra, le dieu des ricliesses. Est-ce à cause de l'opulence qui accompagne ordinairement les rois, que le poète les met ici sous l'inspection do Couvéra ? An reste , il y a dans cette lecture des répétitions et des inexactitudes que nous relèverons.

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patis; \'àsava, des Marouts*; Praliràda, le fort et le puissant, des Dètyaset des Dànavas; Nàrâyana, des Sàdliyas; Vrichabliadhwndja *, des Roudras; Vipratchitti , des Dânavas Yania , fd.s de Vivaswân , des Pitris “ ; Siva , armé du trident [soûla), des Màtris des observances religieuses (vrala)*, des prières (mantra), des vacbes, des Yakebas, des Ràkcbasas, des êtres terrestres’, des mauvais génies de toute espece et des Pisâtebas; Ilimavân ", des montagnes ; Sâgara", des fleuves ; Vàyou , fort et vigoureux, des odeurs, des vents, des êtres sans corps, doues du son, et vivant dans l’étbcr. Le chef des GandbarvasfutTcbilraratba; Sécba, celui des dragons ;Vâsouki, desserpenls; Takcbaca, de tous les reptiles; Érâvata, desélépbants; Outcbtcbêbsravas, des chevaux; Garouda, des oiseaux; le tigre [sàrdoùla) , des quadrupèdes des bois (mriga); le taureau, des vacbes le plakcha ", des arbres; Pardjanya, des mers et des fleuves, des nuages, de la pluie et des Adityas"; Câmadèva ", des divers cbœurs d’Apsarâs, et Samvatsara ”, des saisons, des journées, des demimois, des jours lunaires, des époques mensuelles appelées parwan ", des

' Vâsava signifie JtU tU Vatou : c‘est ordinairement un nom d'Indra, considère ici comme )e mailre des vents (rnerout^) , auxquels on donne cependant, un peu plus bas, le dieu Và}'Ou pour souverain.

' VrichabhaSwadja est une épithète de Siva. lequel a pour monture un taureau, et pour SYoïbole le même animal peint sur son drapeau; le nom de Siva revient encore plus )>as.

* Tout à l'beurcon a dit que Prnhrida était le chef des Dèlyas et des Dànavas.

* Les l^tris sont les mânes, les âmes des ancêtres déifiés, qui, dit-on, habitent la lune, ^ama, leur prince, est en général le dieu des morts.

’ Une Mâtri est considérée comme l'énergie personnifiée d‘un dieu. ou comme sa femme. On en compte huit : quelques auteurs n’en reconnaissent que sept, d'autres en admettent jusqu'à seixe. On les honore comme les Pitris, en leur présentant les restes des offrandes , la face tournée vers le sud. Le Dévi-mahàtmya les représente avec un costume . des chars et des armes.

' Actes de mortification , comme le jeûne, la continence, la patience à souffrir le chaud et le froid : en général c'est la pratique des devoirs d'un état considéré comme religieux.

* Ce mot pourrait signiüer aussi princt

'* Ce sont les Bhoûtas, dont nous avons parlé dans la lecture précédente , note û-

" Le mont Imaùs ou Eîmodus.

" C'est le nom qu'on donne à la mer , eu mémoire tlu roi 5agara.

'* Tou^à l’heure, c'était Siva : c'est que Siva peut être confondu avec le taureau, son symbole

Cest un des noms que l'on donne ficas reU^iosa.

Les Adityas, plus haut, ont pour prince Vichnou.

“ Qmadéva est le dieu de l’Amour.

Samvatsara est l'année ainsi penK)nniliée.

'* Parwan est le nom que l'on donne à certaines époques du mois ^ comme par exemple à la pleine lune, au changement de lune; c'est encore par ce nom que l'on désigne le 6*, le 8*

minutes , des secondes , des deux portions de la roule céleste cl de Vyoga *** astronomique. Le grand maître du monde, Taîeul de la nature, après cette consécration royale et la distribution de ces divers empires, établit encore, à fils de Bharata, des gardiens particuliers pour chaque région céleste ( dis )’*: il donna la garde de Torienl à Soudhanwan, fils du patriarche Vérâdja; celle du midi au généreux Sankhapada, fils du patriarche Cardama; celle de Toccident au grand Kétoumân, vénérable fils de Hadjas; enfin celle du nord au fils du Pradjàpati Pardjanya, à l’invincible Hiranyaroman. C’est à eux qu’est confiée la charge de veiller sur cette terre, couverte de villes, et divisée en sept continents (dwtpa) : chacun d’eux est au poste que je viens d’indiquer.

Ces princes furent réunis pour le sacrifice royal (rad/aiouya), où Prithou fut sacré roi des rois, selon le mode indiqué par les Vèdes. Quand le brillant Manwantara de Tchàkchoucha fut terminé, alors commença à régner .sur la terre le Manou, fils de Vivaswân : c’est son histoire, ô prince, que je te raconterai, s! tu as le désir de l’entendre. Mais j’ai cru devoir te parler de cette solennelle inauguration des rois, que célèbrent les Pourânas, inauguration sainte et glorieuse, dont le récit procure le bonheur, une longue vie et la posscs.sion du ciel.

Djanamcdjaya dit :

Vésampàyana, donne-moi quelques détails auparavant sur la naissance de Prithou : dis-moi comment la terre devint une vache nourricière pour ce

«t le lo* jour de chaque mois, dans lesquels on célèbre des Tètes appelées aussi panpan.

On nomme ayana les deux parties de récliptique, l'une au nord, Tautre au midi de Téqualeur.

“ Un est la vingt-seplième partie des trois cent soixante degrés d'un grand cercle mesure sur récliptique, et servant è calculer les longitudes du soleil et de la lune. Chaque yo^a a un nom particulier. Les astronomes distinguent encore de ces vingt-huit autres yoÿcii diflérommpnt nommés , et qui correspondent aux vingt-huit Nakchatras, mais en variant selon le jour de la semaine. (Dictionnaire de Wilson. )

*’ On appelle chacun des points cardinaux, lesquels sont au nombre de dix, y compris le zénith et le nadir. Ici le poète n‘en désigne que quatre. Les régents des huit points sont ailleurs différemment nommés : Couvera est au nord, Indra à Test , Yama au midi , et Varouna à l'ouest. Pour les points intermédiaires, ce soûl Agni, Vâyou, Nèrrita et Isina. Dans la représentation du pied de Bouddha , que je regarde comme un zodiaque (Transactions oT tbe Boyal asiatic Society of Great Britain , t. III, p. 57}, je vois aux quatre coins quatre personnages qui pourraient bien être les quatre régents ici mentionnés.

prince magnanime, pour les Pitris, les Dévas et les Richis, pour les Dètyas, les serpents, les Yakchas, les arbres, les montagnes, les Pisâtehas, les Gandharvas, les Brahmanes, et même les Ràkchasas qui peuvent avoir de la piété. Explique-moi la différence du vase qu’ils emploient , du veau “ qu’ils sèvrent, du lait qu’ils sont appelés à boire. Mais avant tout, ô mon vertueux ami , raconte-moi comment autrefois les Maharchis irrités battirent les humeurs du bras de Véna.

Vêsampâyana reprit :

Eh bien, je vais te dire la naissance de Prithou, fils de Véna. O Djanamédjaya! purifié par la pénitence, écoute ce récit avec attention et piété. Il ne saurait être confié à l’homme d’une âme impure et basse , d’un esprit orgueilleux et impénitent, qui , négligeant de se préparer, détruit lui-même le fruit de son œuvre. Je te raconterai en toute vérité un secret que les Richis ont jadis révélé : c’est une histoire dont parlent les Vèdes, et qui donne le ciel, la gloire, de longs jours et du bonheur. Quiconque se fait raconter cette naissance de Prithou, fils de Véna, après avoir rendu aux Brahmanes l’hommage qui leur est dû, n’aura jamais à se repentir de ses œuvres, ni même de ses omissions.

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