‹ Harivansa, ou, Histoire de la famille de HariChapitre 49 sur 55 · Go · texte numérisé non relu

Go

hl!i

IIARIVANSA.

• cliar tout resplenilissanl d'or : faites porter près de vous le tchâmara ,

• l'cvcntail, le parasol et l’étendard : ceignez votre front d'un riche dia-

■ dème, brillant comme le soleil, et montrez-vous en souverain de Ma-

• thourâ. Puissiez-vous la gouverner longtemps, entoure de vos enfanta

• et de vos petits-enfants, vainqueur de vos ennemis, et perpétuer la

• race des Bhodjas! •

Le héros qui porte le soc, le divin Ananta ", reçut du roi des dieux, dont la main est armée du tonnerre, un vêtement couvert d’ornements magniiiques. On donna chaque habitant de Mathourà dix bhàgas de dinâras, mille à chacun des Soùtas, des Màgadhas et des panégyristes; on en distribua par centaines parmi le peuple, aux vieillards, aux femmes, aux courtisanes. Ouff'l seigneurs qui accompagnaient le roi, tels que Vicadrou et les autres, le tré.sorier leur compta à chacun dix mille bhdgas.

Ces honneurs rendus par Crichna au roi de Mathourà à la vue de toute l’armée furent le signal de la fête. Ornée de guirlandes magniliques, tapissée d’étoffes précieuses, la ville brillait comme un ciel couvert de mille gi'oupes divins. Le son des tambours, des timbales, des tamtams et des conques, le frémissement des éléphants, le bennissement des chevaux, les cris de lion des guerriei-s, et le fracas des roues formaient un bruit ten-ible pareil à la voix de la tempête. Le peuple célébrait les louanges de Crichna, et répétait les chants des panégyristes. « llari, s’écriait-il, malgré ses immenses bien-

■ faits, n’a point d’orgueil. Par l’excellence de ses qualités il s’élève chaque «jour de plus en plus, et cependant il est toujours simple et modeste.» Les femmes de Mathourà, en le voyant brillant do beauté et resplendissant l'omme le soleil, lui adressent aussi leurs hommages et disent avec les poètes : «Oui, c’est Nârâyana, c’est le dieu <|ui habite la mer de lait " : il a > (piilté sa couche divine, formée du corps du grand serpent, et il est venu

• dans la ville de Mathourà. Le puissant Bail ne pouvait être vaincu par les

• dieux : c’est llari qui l’a enchainé, et qui a donné au maître du tonnerre

• l’empire des trois mondes. C’e.st lui qui a mis à mort mille Dêtvas, et sur-

" Nous avon» vu que Balardma {>our

être une incarnation du ^and i^eqicnt Ananta On diviao quelquefois le momie en aept fivîptu , bonu*» par des mers de nature dUîcrenie : outre 1a mer salée, il y a la mer de su-

cre, celles de liqueur spiritueuse, de beurre . de |>elit*lait, de lait, et enfin la mer d’eau douce. La mer de lait environne le Saca-dw{|)a, et c'est là que se trouve la demeure du dieu Viebnou.

• tout Késin et le redoutable Causa, lui qui a rendu au roi Bhodja le trône

■ de Mathourà. Il n'était pas roi; mais sans posséder de couronne, il était

• digne du titre de roi des rois, car il a protégé Matbouril contre ses

• ennemis. »

Tels étaient les discours du peuple : les chefs desSoûtas, des Mâgadhas et des panégyristes ajoutaient encore : ■ Quelle est celle de tes vertus que

• nous pourrions le mieux célébrer, ô toi qui es une mer de vertus? Nous

• n’avons qu’une seule langue, faibles humains que nous sommes, et tes > vertus sont divines. Avec peine il pourrait te chanteravcc ses deux mille lan-

• gués, le sage Vâsoiiki ce roi des serpents, doué de mille tètes. Quels sont

■ donc ces prodiges qui viennent d'être accomplis sur la terre dans l’assem-

• bléc dos rois? Sacra t’a envoyé un trône tel qu’on n’en a point vu encore,

• tel qu’on n’en verra plus : les Nidhis ont apparu eux-mêmes avec leurs

• trésors. Jamais miracle pareil n’avait eu lieu dans le monde. Heureuse

• Dévaki , tu es bénie entre les femmes, toi qui as porté dans ton sein Késava,

• le plus grand des dieux I •

Au milieu de ce concert de louanges, Rânia et Késava s’avançaient précédés d’Ougraséna. Quand ils approchèrent de la porte des remparts, ce prince, malgré leur défense, voulut les honorer, et leur présenta Vnrgha et l’eau pour la bouche et les pieds. Il inclina sa tète avec respect devant Crichna , et remonta ensuite sur son char. Le héros prit le chemin du palais de son père, et sur toute sa route il fai.sait tomber une pluie d'or abondante. I.e roi de Mathourà dit au vainqueur de Madhou : • Maintenant que vous êtes

• roi des rois, vous iic pouvez. , seigneur, placer dans la maison de votre père « le trône que vous a donné le souverain des dieux. La salle d’audience de

• Gansa, que vous avez conquise par la force de votre bras, est préparée

• pour vous. Accordez-nioi la faveur do vous y conduire, et daignez me re-

• garder toujours d'un œil favorable. •

Dévaki, Vasoudéva et Rohini, dans l’excès de leur joie, étaient restés immobiles. La mère elle-même de Gansa vint rendre ses hommages à Késava. On déposa aux pieds de celui-ci les trésors venus de toutes les parties de la terre, et amassés par Gansa : on avait rangé ces riches.ses par ordre de pays et de temps. Grichna, après les avoir considérées, appela Ougra-

V'àsouki , souverain fies serpents . est confondu ici avec le ser|ient Sécha.

séna, et lui dit avec douceur: ■ Je n’ai jamais eu ni l’ambition de devenir « maître de Matbourâ, ni le désir de posséder des richesses; et si vos deux

• (ils sont morts, c’est le temps seul qu’il faut en accuser. Offrez aux dieux « de nombreux sacrifices, faites des libéralités, et restez vainqueur de vos

• ennemis avec l’aide de mon bras. Quittez cette inquiétude que vous a « laissée la mort de Gansa, et emportez pour vous ces monceaux de ri- « ebosses. • Après ces paroles, Crirlina avec Rima se présenta devant son père et sa mère; ces deux héros, le coeur plein de joie, tombèrent aux pieds de leurs parents, et les saluèrent avec respect. En ce moment la ville de Matboui-â était Amarâvati descendue descieux sur la terre; et les habitants, en contemplant la maison de Vasoudéva, .se croyaient non plus sur la terre, mais dans le séjour des dieux.

Bala et Késava, ayant quitté le roi de Matbourâ et la reine, étaient entrés dans la maison de Vasoudéva. Ils avaient dé|>osé leurs armes et laissé leur cortège. Après avoir fait la prière appelée àhnica ils causaient tranquillement, quand arriva une circonstance merveilleuse : les nuages sont agités ilans le ciel, les montagnes tremblent sur la terre, les mers frémissent, les serpents fuient épouvantés. Tous les \âdavas cfl'rayés se prosternent la face contre terre. Ràma et Késava, qui les voient en cet état, demeurent immobiles : ils ont reconnu le roi des oiseaux au vent de son aile. En effet Garoiidu apparaît bientôt , orné d’une guirlande divine. Il salue les deux héros, prend la forme d’un beau jeune homme, et s’assied à leurs côtés. Le vainqueur de Madhou, voyant près de lui l’ami courageux, le compagnon ailé, l’être merveilleux qui partage tous scs dangers, lui dit d’une voix forte :

• Bonne arrivée, noble oiseau, ennemi redoutable des Asouras, enfant de

• Vinatâ ! Bonne arrivée, ami de Késava ! Nous allons nous rendre au gynécée

• du Bbodja, et là nous nous consulterons tranquillement avec ce prince

• sur le parti que nous avons à prendre <

Ainsi les deux héros, Baladéva et Djanàrddana, accompagnés du fils de

" cneiànioi. M Vtilson nous

apprenti que peut traduire par

food. Je pense que ce mot signifie en cct en* droit priert qnottfhenne. On trouve celle priere à la lecture cxviii.

Le passage qu'on vient de lire se trouve déjà à peu près avec les mêmes termes dans 1a cm* lecture. Il y a dans la lecture que je tra> duis en ce moment quelques autres répétitions moins importantes que je me suis abstenu de signaler.

Vinatâ, arrivèrent auprès d’Ougraséna, et tinrent avec lui un conseil secret. « Prince, lui ditCrichna, un ennemi s’avance, qui a le privilège de ne point « succomber sous nos coups : il vient, suivi d’une grande armée et accom- « pagné de rois puissants. Nous le reconnaissons : cent années ne suffiraient « pas pour détruire ses forces innombrables; il nous est impos.siblc d’anéau- « tir les armées toujours renaissantes de DJarâsandha. J’ai donc fait part au

• fds de Vinatâ de l’opinion où je suis que le bonheur n’est point fait pour « nous tant que nous habiterons la ville de Mathourâ. »

Garouda prit alors la parole, et raconta quel avait été l’objet de son voyage. « Roi des dieux, après vous avoir salué, je vous ai quitté, et j’ai « visité cette terre de Cousasthalî où vous avez le dessein de vous établir. « Du haut des airs je l’ai examinée dans toutes ses parties. J’ai remarqué « un emplacement magnifique entre l’océan et le pays d’Aroûpa, baigné « par les flots du côté de l’orient et du nord, et s’élevant au sein de cette « mer qu’on appelle la mer de la montagne J’y vois déjà en esprit appa- « raître une ville que les dieux eux-mêmes ne sauraient détruire. Les yeux <■ sont charmés du spectacle varié qu’y présentent les pierres précieuses, les « arbres, les fruits, les fleurs de toute espèce. Cette place réunit tous les « avantages désirables; chaque ordre ” y peut exercer ses actes de piété;

• le pays se couvre d’une population nouvelle en hommes et en femmes, et « produit d’abondantes provisions en tout genre. La ville s’entoure de rem- " parts et de fossés, ornée de portes, d’arcades et de tourelles, coupée de « rues et de carrefours, défendue par de fortes machines et de larges ver-

• roux; ses murailles sont toutes brillantes d’or; dans ses rues s’agite une « foule d'hommes, d’éléphants et de chevaux; le bruit des chars y retentit « sans cesse, les étrangers y affluent de tous les pays. On y admire de « grandes habitations, et l’œil y voit flotter de toute part des drapeaux,

• des étendards, des guirlandes. C’est enfin la plus belle des villes, re- « doutable pour ses ennemis, agréable pour ses amis, digne de recevoir

• des rois. Le mont Rêvala, séjour des dieux. Heu comparable au Nan-

• dana, sera, si tu le veux, ôCricbna, le premier ornement de la jiorle

'* J'ai traduit littéralement

pancatodaJhi. J’ai |>eiiaé que c'était le nom particulier que l'on donnait au golfe de Cutcli , ou

à la mer aux rivages de laquelle venait aboutir le mont Révata.

" àframa.

hlS

• principale C’est là que tu pourras trouver pour toi une campagne déli- « cieuse et embaumée ”, et pour les jeunes compagnons un but d’excursions « agréables. Cette ville, connue dans les trois inondes sous le nom de Dird-

• ravati, sera sur la terre comme la divine Amarâvatî dans le ciel. Ainsi, « l’océan défendra de tout côté ce séjour, et Viswaearman l'embellira de

• ses chefs-d’œuvre. Par tes ordres les pierres précieuses, les perles, le

• corail, les diamants, le lapis-lazuli, coque l’imagination peut souhaiter

• dans les trois mondes, s’y trouveront réunis. Des palais s’y élèveront

• portés sur cent colonnes, pareils aux demeures célestes, brillants d’or et ■ de pierreries, ornés de drapeaux et d'étendards merveilleux, resplen-

• dissants comme le .soleil et la lune, et dignes d’étre visités par les dieux

• et les Kinnaras. •

Ainsi parla le fils de Vinatâ dans cette conférence secrète. Ensuite il salua les deux héros, et se rassit. Crichna et Ràma se mirent à réfléchir sur ce discours. Le premier, voulant déclarer toute sa pensée devant le conseil, congédia le fils de \ inatâ , après l’avoir honoré , selon l’usage , d’un présent consistant en parures magnifiques. Les deux frères étaient toujours calmes, et non moins tranquilles que les immortels dans le séjour des dieux Le prince Rhudj.!, encore tout ému du discours qu’il venait d’entendre, dit à Crichna d’une voix douce et aflectueuse : «O Crichna, héros magnanime, unique

• espoir des Yâdavas, daigne prêter l’oreille à mes paroles. Sans toi, maître

• pui.ssant, nous ne pouvons être heureux ni dans cette ville, ni par toute la

• province : sans loi, nous ressemblons à de fidèles épouses privées de leur

• seigneur. Protégés par toi, et couverts de ton bras, nous ne craignons

• aucun roi, eût-il même pour lui l'appui d’Indra. O toi qui es f orgueil

• et le chef des YAdavas, en quelque lieu que tu ailles pour y chercher la < victoire, nous te suivrons avec conliance. • Le fils de Devakî accueillit d’un sourire le discours du roi : • N’en doutez pas, lui dit-il, j’accomplirai tout ce

• que vous désirez. »

“ L'fluleur semble indiquer clans phrase J'ai voulu par ceUc périphrase rendre les

que le R.V«U .era comme une porte avancée jg,,. mol • l"'

de la ville , tkml U fera le principal ornemen» .

Page 1