MORT DE CALAYAVA.NA
Djanamédjaya dit :
Saint brahmane, je voudrais bien avoir quelques détails de plus sur cette partie de l'histoire du sage et vaillant chef des Yâdavas. Comment le fils de Vasoudéva, le vainqueur de Madhou, a-t-il pu se résoudre k quitter Mathourâ, cette capitale du Madhyadésa ' (pays du centre), qu'on aurait pu prendre pour la demeure meme de Lakchmi ’, la plus belle, la plus illustre, la plus opulente des villes, aussi riche en trésors qu’en vertus? Comment Crichna, doué de tant de force, abandonna-t-il cette ville sans combat? Quel fut le résultat de cette attaque de Câlayavana contre Crichna? Après avoir mis les Yàdavas à couvert dans Dwâravati, que fit l’intrépide et sage Djanàrddana? D’où venait la force de Câlayavana? A qui devait-il le jour, ce héros dont Crichna ne pouvait soutenir les efforts, et devant lequel il se retirait ?
Vésampâyana répondit :
Le gourou des Vrichnis et des Andhacas, Gârgya, avait voulu rester dans l'état de Brahmatchârin \ et il n’avait pas pris de femme. Sa pieuse continence * avait provoqué de la part de Syàla * une réüexion maligne : celui-ci
* Il ne fau( pas confondre ce nom avec celui du pa^s dont nous avons donné les boniC'i , pag. 54 > nol. "J. Le pays de Mathourà se trouve ainsi appelé À cause de sa position centrale : mais une pareille position est toujours relative. Le Madliyadësa des fils dTkchwàcou, ayant Ayodhya pour capitale, devait être situé bien plus à Test.
* Lakchmi est la même que Sri, déesse de la prospérité.
* C’est-à-dire qu’il n’avait pas voulu pren* dre l'clat de Grihastha ou chef de famille.
* Cette idée est exprimée par le mot oârddharètas.
* Le manuscrit de M. Tod porte Sâla. Syàla signifie aussi frère de la femme- 11 serait possible que Girgya eût été marié, et que par esprit de religion il eût négligé sa femme. Le reproche eût été en effet bien placé dans la bouche d’un beau-frere.
avait osé l’accuser d’impuissance. Outré de ce reproche insultant, qui lui était fait à la face de Mathourâ, Gârgya souhaita d’avoir un fils invincible dans les combats. Il se livra aussitôt à une pénitence horrible, constamment étendu sur le sol hérissé de pointes de fer. Cette pénitence dura douze ans, et disposa favorablement le grand dieu dont l’arme est un trident. Roudra lui promit qu’il aurait un iils, puissant sur les champs de bataille, et vainqueur des Vrichnis et des Andhacas. Le souverain des Yavanas apprit quel était le fds que l’oracle du dieu annonçait à Gârgya : lui-même n’avait pas d’enfant, et il en désirait un. 11 sut par scs prévenances gagner le saint Brahmane, et l’attira dans ses états. Il l’établit dans un pays de pâturages, au milieu des femmes de bergers. Une Apsarû, épouse du roi Y'avana, vint dans cette contrée .sous le dégui.scment d’une simple bergère. Elle se fit aimer de Gârgya, et conçut de lui un fils, qui fut ce Câlayavana, héros puissant, né par l’effet de la protection de Siva. Cet enfant fut élevé dans le gynécée du prince, qui mourut sans postérité, et lui laissa son trône *■. Câlayavana, d’un caractère ardent et belliqueux, avait rassemblé autour de lui les hommes les plus distingués, instruit par Nârada des triomphes que lui préparait sa destinée sur les Vrichnis et les Andhacas. Le même Nârada avait également prévenu Crichna, qui avait vu avec inquiétude croître le fils adoptif du prince Yavana.
Enfin Câlayavana était dans toute la force de l’<âge et de la puissance, et il allait accomplir sa destinée. Les rois Mlétchtchhas ’ étaient accourus en foule auprès de lui : les Sacas ', les Touchâras, les Daradas *, les Pâradas, les Tanganas les Khasas, les Pahlavas et les autres barbares, habitants des montagnes glacées s’étaient réunis en foule sous ses drapeaux. Entouré
* Je suppose qu’il pouvait lui succéder eu vertu de ia prescription des lois de Manou , lect. U, si. 167, qui permet à la femme d'un homme mort, impuissant ou malade, de susciter un enfant à son mari par le moyen d’un étranger, qui ordinairement est un parent. Ou bien l'Apsarâ . après avoir conçu de Gârgya , a pu épouser le prince Yavana, et lui apporter ainsi un heritier, suivant le sloca lyS, ibid. Mon incertitude est augmentée par les versions différentes des manuscrits qui donnent TTsI
rdftfa ou j^r^va
b/uJny<im.
’ Les Indiens désignent parce mot les étran
gers.
* Pour les mots iSacas, Toutfuirm, /Mrudas, Khasas et Pahlavas, voyez les lecl. kiti et XV.
• Voyez lecl. xr., note x3.
On dit que le pays des Tanganas est arrosé par le Tchakchous ou Oxus.
“ On les appelle pour cette raison les Hèmavotas.
MARIVANSA
<lo ces horilcs avides de pillage, et distinguées entre elles par leurs armes et leurs vêtements, le roi s'avancait vers Mathourà : comme une armée de sauterelles dévorantes, ces troupes se répandent dans le pays. La foule innombrable des éléphants, des cbevaux, des ânes, des chameaux, fait trembler la terre : la poussière qu’ils élèvent couvre la route du soleil. De l'urine et des immondices de tous ces animaux, et en particulier des cbevaux, se forme une rivière, nommée Aswasacrit
Le chef des Vricbnis et des Andliacas, apprenant la marche de cette armée, rassemble scs ]>arenls et scs alliés : «Voilà, dit Cricbna , un ennemi
■ redoutable qui s'est levé contre les Vricbnis et les Andliacas. Siva lui a
• donné pour privilège de ne pouvoir tomber sous nos coups. Il est inutile « d'essayer avec lui les moyens ordinaires, tels que la conciliation et les
• autres **. Enivré d’orgueil, et plein d’espoir en ses forces, il ne veut que
• le combat. Il est arrivé pour nous le moment prédit par Nârada. Sans
■ doute il serait bien à propos de tenter d'abord une négociation , mais Dja- > rùsandba persiste dans .ses sentiments de haine contre nous : les rois, dont
• les uns ont été brûlés par le tchacra des Vricbnis et dont les autres veu-
• lent venger la mort de Cansa, sont venus se joindre à Djaràsandha et cons-
• pireni avec lui notre ruine. Nous avons perdu dans les batailles beaucoup
• des nôtres : nous n’avons |ilus rien à espérer eu restant dans cette ville. ■
C’e.st alors que Cricbna forma le projet de cette retraite dont nous avons déjà vu le résultat. Mais auparavant il envoya à Câlayavana un émissaire chargé d’une unie scellée de son cachet, et dans laquelle il avait renfermé un grand serpent noir, terrible, venimeux, et semblable pour la couleur à ce liniment dont on teint les sourcils. L’intention de Govinda était, par ce message symbolique, d’eflVayer Câlayavana. L’envoyé ouvre l’urne, montre le serpent noir, et s’écrie : «Voilà Cricbna ■ Câlayavana, pour indiquer le cas qu’il faisait de cette menace des Yàdavas, prend l’urne et la remplit de fourmis, qui dévorent entièrement le serpent. Il met son propre sceau sur cette urne qu’il renvoie à Cricbna, lui annonçant ainsi le sort que lui préparaient ses innombrables gueixiers Le fils de Vasoudéva, voyant
Oconlc alMiiMe est fait ]>our rendre rai> du mot Anrasacrii, equi sontet.
“ Vovet loi» de Manou * ieel. vu . »!. 19H.
“ 1) faut SC rappeler que le mol Çrichna
signifie noir. Le scrpenl dont il est ici question est le Crichna-Mrpa ou Cohrû eapeïlo.
** t)e« correspondances symbolique» étaient rommunc» chez les aïKÎens : c'e»l ainsi que
CENT-TREIZIÈMK LECTURE. ^»83
iju’il ne pouvait rien contre Câlayavana, quitta promptement MatliourA, et lit sa retraite sur Dwàravali. Mais dans son sein couvait le ressentiment : après avoir établi les Vrielmis dans l’asile (|ii'il leur avait préparé, le héros, vainqueur de Madhou, le guerrier que la force de son bras n’a jamais trompé, ose se remontrer à Matbourâ. A sa vue, Câlayavana transporté de fureur s’élance pour le .saisir, mais Criclina a déjà di.sparu. Le roi des Yavanas se met à sa poursuite, et se lasse vainement à cbercber la trace d’un ennemi qui semble se jouer de lui.
la* glorieux prince Moutclioucounda fds de Màndhâtri, avait jadis secouru les dieux dans une de leurs guerres contre les A.souras. Il avait obtenu, pour récompense de ses services, le privilège de dormir paisiblement, et de brûler de son regard enflamme parla colère celui qui l’éveillerait. Tel était le veeu qu’il avait formé; Indra et les dieux avaient promis de l’exaucer. Comptant sur leur parole, cet antique roi se retira dans les montagnes ”, et entra dans une caverne pour s’y livrer au repos. 11 avait ainsi dormi jusqu’au temps de Crichna, à qui Nârada avait révélé l’iiistoirc de Moutchoucounda, et le privilège merveilleux qu’il avait reçu des dieux. Toujours poursuivi par le roi Mletchtcbha, le fils de Vasoudéva entre dans la caverne de Moutclioucounda, et va se placer derrière la tète de ce Uàdjarcbi, se mettant prudemment à l’abri de son regard. L’Yavana arrive après lui; il aperçoit le prince endormi dont le sommeil ressemblait à celui de la mort ,
IIÛU& Hsuns dam riiisloire ancienne que les 5icythe9 envoyèrent a Darius tin oiseau , une MHirU, une grenouille et cinq flcclies. Nuus n'avons pas besoin de rt*pcter l’explication connue de ce message allégorique. Les annales de Perse racontent que Dàr^ fit présenter à Sekander une raquette, une balle et un sac rempli de grains de sésame , voulant se moquer de la jeunesse du prince grec , et indiquer le» force» innombrables qu'il [xiuvait lui opjioser. Sekan- <ler prit la ratpietU!!, et dit qu'elle (Hait l'image de sa puissance qui jetterait au loin, comme une balle, le pouvoir do Dàrà. Puis, ü lit apporter une poule, en ajoutant qu'il allait iiwntrer ce que deviendrait l'armée du roi des rois. I-a poule mangea les grains de sésame.
Sekander envoya en outre à Dàrâ une coloquinte, pour lui annoncer l’amertume du sort qui le menaçait.
“ Voycx la généalogie de ce prince, lect. xii, pag. 6i. Il est aussi question, lect. xciv , d'nn prince nommé Moutchoucounda et fils d'yiadou, et qui s'établit dans les moolagnes du Vindbya.
n parait que ces montagnes étaient la rliainc du Uévata. Cependant le texte porte odrirddjat mot qui signifie roi des monfr, et que l'on applique ordinairement k rHimélaya. En elTet, pour éloigner Câlayavana de Dwâravati , Cncima pouvait bien l'atUrer du câlé de I Himàlaya.
fl 80
et, ie preiuTiil pourCrichna, il le pousse avec le pied. L’imprudent! il est comme la sauterelle qui s’approche des cendres du foyer: il court à sa perte. Moulclioiicounda, réveillé par ses coups de pied, s’indigne que son sommeil soit interrompu, et s’oflense d’une pareille brutalité. Il se rappelle la promesse d’Indra, et lance un regard devant lui. Le malheureux Câlayavana, sur lequel e.st tombé son œil courroucé, est aussitôt dévoré par le feu de .sa colère, de même que l’arbre desséché est consumé par la foudre Le lils de \ asoudéva , délivré de son ennemi , adrc.ssa la parole à ce prince dont le sommeil avait duré si longtemps : • Roi, lui dit-il, c’est bien vous
• dont NArada m’avait raconté le sommeil miraculeux. Vous venez de me
• rendre un service important; grAces vous soient rendues. • En apercevant r.richna, Mouteboucounda jugea bientôt qu’une grande révolution de temps avait eu lieu depuis qu’il s’était endormi. Il dit à Govinda : • Qui e.s-tu?quel
> motif l’amène en ces lieux? Combien de temps a duré mon sommeil ? .Si tu
• le sais, n’-pond.s-moi. «Crichna lui répondit : • Un roi de la race lunaire,
> Yav-Ati , fils de Nahoucha, a eu cinq enfants, dont l'aîné était Yadou. Dans
• la famille d'Yadou est né Vasoudéva, dont je suis le fils. O roi, vous vous « êtes endormi dans l'.àge Trétà, d’après ce que m’a dif Nârada ; nous sommes
• maintenant dans l’.àge Cali. Qu'exigez-vous encore de moi? Par l’eflel du
• privilège que vous avaient accordé les dieux, vous venez de brôler mon
• ennemi , que j’aurais en vain combattu pendant cent années. »
.Yprés ce discours de Crichna, Moutchoucounda sortit de .sa cavenre, conduit par son jeune et sage comp.agnon. Il vit avec surprise la terre couverte d’hommes dont la taille était rapetissée, et la patience, le courage, la vigueur bien affaiblis Il trouva aussi son rovaume occupé par un autre. ;\lors, quittant le nouvel ami qu’il venait de faire, ce prince se
" (>n expliqua ce conte en iutp{Xiitant que Crichna attira le roi des Yavanas clans des gorges de montagtH'H habtlm par des tribus guerrières do|HiU longtemps négligée». I/armèo de Càlavavana, engagee au milieu de ces de rdi*s . fut délniite par ces barbares.
'* Telle est aussi 1a surprise qu éprouvé, dans Diogène Laêrce. liv. I. b^iménide sor* tant de la caverne, où il a dormi cinqnaote^sept ans. Il trouve tout change sur la terre, et sa
maison est occupée par un autre. Cette opinion que les anciens étaient d'une taille plus haute, d’une force plus gi'ande. est eiprimée dans tous les (x>ctes classiques. Juvenal s'ccrie: Terra ^miaes nuac a/arai afqutptuiUoê.
Homère, Iltail, liv. I, nous représente Nestor disant aux Grecs que les hommes des âges précnleiits étaient plus forts qu’eux:
HA ^nr* tya< xat afitwtr utMt
Ati ius» Âtii/Anra.
retira sans regret sur l'HimAlaya. Là, se livrant aux austérités de la pénitence, il se délivra des chaînes du corps, et monta dans le ciel ([u’il avait obtenu par ses œuvres. Quant au fds de Vasoudéva, toujours animé de l'amour du devoir, après avoir détruit .son ennemi par la prudence et la ruse , il vint attaquer son armée. Privées de leur général , ces troupes furent facilement vaincues, et Criclina s’empara d'une grande quantité de chars, d'éléphants, de chevaux, d’étendards, d’armes de toute espèce. Djanârddana revint triomphant à Dvvâravatî , fit hommage au roi Ougraséna de toutes ces dépouilles, et orna cette ville de toutes les richesses qu'il avait conquises.
EMBELLISSEMENTS DE D\V.tRAV.\TI.
Vésampàyana dit :
Au point du jour, dès que le soleil éclaira la terre, llrichîkésa, après avoir fait la prière d’usage, alla reconnaître le pays. Il parcourut cette contrée cherchant dans les bois et les montagnes l’endroit où l’on pourrait asseoir la forteresse. Les principaux Yàdavas l’accompagnaient. Dans un jour favorable, sous l’inlluence de Rohinî ‘, après avoir reçu les bénédictions des Brahmanes, au milieu de mille cris de fête, il jeta les fondements de cette citadelle. Ensuite le héros à l’œil de lotus dit aux Yâdavas, rassemblés autour de lui, comme les dieux autour du vainqueur de Vritra : • Je vous ai préparé, vous le voyex, un séjour .semblable aux
• demeures célestes : j'ai donné à cette ville un nom qui sera à jamais glo-
• rieux. Dvvâravatî , fondée par moi .sur la terre , sera aussi agréable qu’A-
• marâvatî, capitale d’Indra. Je vais y faire construire encore des temples et
• des gynécées, y faire tracer des rues et quatre avenues royales. Délivrés « de toute inquiétude, vainqueurs de vos ennemis, et soumis au sceptre ■ d’Ougraséna, abandonnez-vous à tous les plaisirs réservés aux dieux.
‘ GimteUalion; voyei leci. tvn, note 7.
/i88 HARIVANSA.
• Choisissez l’emplacement de vos maisons, dessinez vos carrefours, me-
• surez vos rues royales, et les avenues du palais. Appelez à votre aide le « laleni dos plus habiles architectes, et ne ménagez point pour les travaux
• les bras do vos serviteurs. ■
Il dit, et les Yâdavas se livrèrent avec empressement à tous les soins qu'exigeaient leurs constructions nouvelles. Le cordeau à la main, ils prenaient toutes les mesures, et traçaient les larges contours de leurs habitations. Us choisirent aussi un jour favorable pour commencer, selon les règles et après avoir honoré les brahmanes, les temples des divinités. Le sage Govinda dit encore aux ouvriers : ■ Je veux aussi pour moi
• un vaste |>alais, qui renferme des places et des rues’, et qui soit par « .sa beauté un véritable séjour de dieu. • Et les ouvTiers lui promirent tous leurs efforts. Les travaux avançaient avec activité de tout côté : la citadelle, les portes et les temples s’élevaient d’après les règles prescrites. Dans ces temples on déterminait la place du Brahman ’ et des autres officiers des sacrifices, celle des eaux, du feu, d’Indra, de la pierre cl du pilon pour nettoyer le riz. On établit quatre portes, consacrées chacune à une divinité, cl nommées Souddhâkclta , Kndra, Bhaltdla et Puachpadanla. Ces con.structions furent promptement achevées. A rempressement naturel que témoignaient les Vûdavas Crichna voulut ajouter les ressources d’une science divine qui abrégeât tous les retards prévînt tous les besoins et augmentât la gloire et le bonheur de ses amis. Hetirc à l’écart, il se recueillit un instant, et par la force de sa pensée il lit venir le dieu des artistes, ^ isvvacarman , fils d’un Pradjâpati *. Obéissant à cet appel, Visvvacarman se présente à Crichna, et lui
* En voyant ilans le 4* acte <lu Mritchtchkacafi In description de la demeure de Vasaiila* Mjnà, on c&l moin» surpris d'entendre Crichna commander im palais où doivent se trouver des nies et des places. Le nom donné à ce |MÜais est MantUra. Ward, lom. II, pag. isS, dit qu'un mandira est un édifice carre de bri' que ou de pierre, consacré ordinairement au
* Dans les sacrifice.» solennels un brahmane instruit fait les fonctions de Brahman ou prêtre Kiiriiitemlant- Dans les cas ordinaires un pa-
quet de cinquante brins de coasa le represeote. Rcch. Asiat. , tom. \ II, |>ag. 354-
* Voyei lect III , pag. 1 7 , où l'on fait naître Viswaearman du Vasou Prabhâsa. Cependant M. Wilson lui donne Brahnii pour père. On le connaît encore sous le nom de TwachtH. C'est ce personnage qui passe pour avoir révélé aux hommes le quatrième Oupavéda, intitulé Sthàpatya vfda , et contenant divers traité» sur soixante-quatre métiers et arts. Les livres sur celle sorte de matière portent en général le oom de Silfiumtra.
CENT-OLATORZIÈME LECTURE. 489
(Ut : • Indra m'envoie auprès de vous, divin Vichnou. Je me mets à votre
• disposition, que dois-je faire? Seigneur, je vous respecte autant que
• le roi des dieux, mon maître, autant que l’cternel Tryambaca je ne
■ mets ]K)int de différence entre eux et vous. Daignez me faire entendre « cette voix qui retentit dans les trois mondes : qu’elle nie donne ses
• instructions, je suis prêt k m’y conformer. •
ce langage soumis de Viswaearman , Késava, le grand ennemi de Cansa, répondit ; «Je vais te confier, ô dieu, mes intentions secrètes:
• écoute quels sont mes désirs. Je veux établir ici ma demeure. Il faut
• donc que cette ville soit embellie par tes soins, et que ses édifices par
■ leur magnilicence rappellent ma grandeur. 11 faut que cette cité soit la
• plus belle du monde, et brille sur la terre, comme Amarâvatî dans le
• ciel. Emploie ta science et ton habileté à remplir mon voeu, et que ma de- « meure terrestre soit digne de ma demeure céleste. Que les mortels se trou-
• vent éblouis de ma puissance, en voyant la prospérité de Dwâravatî et
■ de la famille d’Yadou. •
Visvvacarinan reprit la parole, et dit au puissant Criclina, au protecteur des dieux : • Seigneur, j’exécuterai tout ce qui pourra vous plaire. Je vais
■ faire de cette ville un séjour magnifique et convenable pour une nom- « breuse population. Dwâravatî verra autour d’elle quatre mers lui appor-
■ ter le tribut de leurs ondes. Si le dieu des eaux consent à retirer ses flots,
• la ville n’en aura que plus de grandeur et d’agrément. • Il dit, et aussitirt Criclina, qui avait déjà con(:u cette pensée, s’adresse à l’Océan, l’époux des rivières: • O Samoudra, si tu as pour moi quelque considération, que tesflots,
• rentrant dans le lit de la mer, découvrent une étendue de douze jo(/yanar. « Cet espace, que tu nous auras laissé, donnera à la ville que je fonde la
■ facilité de .s’étendre et de s’environner d’un charmant pays. • D’après le vii-u de Criclina, l’Océan donne ses ordres au vent, qui repousse les flots et laisse à sec une partie du lit de la mer. \ isvvacarman ne peut retenir sa joie en voyant ce large terrain que l’Océan vient de céder pour la ville de Criclina; il dit à celui-ci : « O Govinda, que tout maintenant .s’élève et grandisse sur
■ cet heureux sol. Bientôt va se développer le plan cpie j’ai conçu : vous allez
• voir une ville couronnée de maisons magnifiques, de portes et d’arcs de
’ .Nom de Siva . Inocuhs.
• trioiiipliL', entourée de remparts et de tours, digne |>ar sa beauté d'être
• la capitale du monde. • Le dieu n’oublia pas aussi de construire pour Cricbna un vaste gynécée dans un quartier de la ville honoré par les dieux.
Alors ap]>araît dans toute sa .splendeur cette ville de Dvvâravati, ouvrage de la pensée de Viswacarinan, véritablement digne de Vichnou. Elle dresse scs larges portes et ses brillants remparts; forte de ses fossés et de ses retranchements, parée de ses tours, de ses murailles, de ses arcades, remplie d’une belle popul.ation en hommes et en femmo.s, et fréquentée par les marchands; le grand nombre de ses élégants belvédères lui donne l’extérieur d’une ville aérienne qui viendrait se reposer sur la terre. Elle renfenne de vastes bassins d’une eau linq>idc, des jardins délicieux; |>arcille à une belle aux longs yeux dont tous les membres sont chargés de parures. Couverte de larges carrefours, d’édifices immenses, de mille et mille rues, de routes royales, elle est l’ornement des mère comme la ville d'Indra est l’ornement du ciel. 11 semble que toutes les pierres précieuses de la terre s’y trouvent ama.ssées : elle est un objet d’admiration pour les dieux, de terreur pour ses voisins. La masse de scs édifices dérobe aux regards des curieux la vue du ciel , et le bruit de ses habitants se répand au loin sur la terre, domaine de l’ancien Pritbou. Toujours rafraîchie par le vent (|ui s’élève de l'océan, elle présente encore en perspective il fieil enchanté les bois lointains de l’Aroûpa. En voyant DwAravati, on dirait le firmament couvert d’astres étincelants : l’or remplit toutes les maisons, où retentissent des accents de bonheur; ses portes, colorées jwr un enduit jaune ressemblent pour leur couleur au nu.agc doré par la lumière. Enfui tous les biens sont réunis dans cette ville où le chef des Yàdavas a fixé son séjour, ouvrage divin de Visvvacarman , étincelant de mille pierres précieu.ses. üi, comme la lune éclaire le ciel, Crichna de son doux éclat charme les yeux de ce peuple fortuné. Visvvacarman, après avoir exécuté son plan, et fait de D\vâr.ivati une seconde Amaràvatî, retourna au ciel , honoré jwr la reconnaissance de Govinda.
Le sage Crichna ayant ainsi donné une patrie à ses concitoyens, voulut encore leur donner des ricbes.ses. Pendant la nuit il appela dans son palais un des compagnons de Couvéra, Sankha, le plus grand des Nidhis,
iodha. Voyez lert. cxi , note 5.
Celui-ci, reconnaissant la voix «rOupendra, accourut auprès du maître de Dwàravatî. 11 se prosterna devant lui , et lui dit avec le même respect qu’il parle à Couvera : « Seigneur, je suis prêt A servir les projets
• des dieux : maître puissant des Yàdavas, j’attends vos ordres. ■ llrirhikésa dit au chef des Gouhyacas ’ : « Répands tes richesses sur les pauvres de
• celte ville. Je ne veux voir en ces lieux aucun miscrahlc, aucun infor- « tuné : exauce la prière de tout malheureux qui viendra s’adresser à toi. • En recevant cet ordre, le grand Nidhi baissa la tète; et dans Dwàravatî on lit savoir de mai.son en maison que des flots de riche.sses coulaient pour ceux qui en avaient besoin. A l’instant tons les pauvres allèrent puiser A cette source merveilleuse.
Crichna manda ensuite le dieu du vent; et aussitôt celui par qui tous les êtres respirent vint se présenter devant le trône solitaire du maître divin , qu’il reconnais.sait sous sa forme humaine. Disposé A servir les Vâdavas, il dit A Crichna : ■ Seigneur, que peut faire pour vous mon souille
• rapide? Je suis le messager des dieux, aussi Lien que le vôtre.» Ilari donna cet ordre secret A Mârouta, esprit du monde, apparaissant devant lui .sous une forme visible : • Maître des vents, va .saluer le roi des dieux et > les immortels; enlève leur salle d'assemblée *, et apporte-la. Je veux que
• tous les héros YAdavas, braves et vertueux comme ils sont, ne soient
• pas reçus dans un édifice humain et imité par l’art des ouvriers; je dé-
• sire qu’ils soient tous admis, comme des dieux, dans cette .salle immor-
• telle , descendue sur la terre sous une forme apparente. • Obéissant A l’ordre qu’il a reçu, le vent léger se transporte au séjour des dieux, salue tous les Souras, les instruit de la volonté de Crichna, prend la salle divine, revient sur la terre, la présente A Crichna et disparait. Dans cette salle, sanctuaire de la justice, placée par le juste Késava au centre de Dwàravatî, siègent les princes Yàdavas avec la même majesté que les dieux siègent dans le ciel.
Ce fut ainsi que l’immortel Ilari réunit tous les avantages du ciel, de la terre et de l’eau pour en parer sa ville chérie , comme un mari pare son épouse. Il établit des barrières, des coqioralions, des ordres dans l’état,
’ On tlwiiw cc num. qui signilie mj'5/cneiuc, * 1* nom par lequel on daigne nns^mliUblc
aux Génies de la cour de Couvéra. édilice itl ÏPTT Sftbhfi.
HAIUVANSA.
«les chefs dans l’arnicc ° et dans l'administration Ougrast-na fut le roi, Câsya le pontife ", Anàdhrichti le gi-in-ral , et Vicadrou le fjremicr conseiller. Parmi les chefs de liimillc ce sage législateur choisit dix vieillards pour juger tous les différends. Le fds de Satyaka, D.irouca, guerrier di,slinguc, et écuyer de Crichna, fut charge du commandement des chars de guerre. .Après avoir achevé cette création d’une ville toute nouvelle, le fondateur de Dwâravatî ne songea plus qu’à se livTer aux plaisirs avec les Yàdavas. lîaladéva , par le conseil de Crichna, épousa la vertueuse Révatî, fille de Hèvata
KM.KVE.ME\T DE ROUv.MIM.
\ ('■sanipàyana dit:
Cependant le grand Djarà.sandha cherchait à former une coalition de princes en faveur du roi de Tchédi, Sisoupàla, à qui il voulait faire épouser la fille de Bhîchmaca, Roukmini, toute brillante de parures d’or '. .Ainsi SC trouvaient rassemblés le puissant Souvaktra, fils de Dantavaktia, |>areil dans les combats au dieu qui a mille yeux, et .savant dans fart «le la m.igic; le vaillant et robuste Soudéva, chef d'une armée redoutable , fils du roi de Péindra et petit-fils de Vasoudéva ; le noble et courageux fils d’Kcalavya, le fils du roi Pàndya le souverain de Calinga, l’invincible Ansoumân, Sroutanvan, le (iàlinga Ninoûrttasatrou’, le roi de (iàndhûra, Patousa *, célèbre par sa force, le prince de Câ.si, tous les
mtni, |M)iir en donner la sif^nlficatîon. mukrna vcul dire or.
* l.<e5 deux maniiMrilA dévanàgaris portent l^àndra.
* Je sup{K»K? qu*ti y a deux princes de ce nom : plus loin on en verra un qui soutiendra le parti de Crichna. Voyei lect. xxxiv«pag. 161.
' IjC nis. dévanAgari do Paris donne Pragitasa.
baliitihYakrha.
-afrfm prukntisa.
" poarohtiaA'Ànya axailvAéVius-
liliilenr de Crichna. Voycxlect. ijixxu.
** \ oyez. lect. 1 . pag. 56.
' Os mots sniil ajouU*» au nom de Jlou/l-
CENT-QLINZIÈME LECTURE.
vaillants fils de Dhritarâclitra, Binda et Anoubinda, princes d’Avanti; le roi de Bâhlîca, Bhagadatta, et Bboûrisravas, redoutables jvar leurs troupes nombreuses; Sâlwa, Sàlya, et le vaillant Countibbodja. Leurs .suites réunies auraient pu former soixante-dix-sept armées complètes et ils étaient rassemblés eux-mêmes dans le palais du priuce Bliodja attendant que Roukminî se décidât à faire un choix.
Djanamédjaya dit ;
Savant brahmane, dans quel pays était né Roukmin? A quelle famille devait-il sa naissance, ce prince instruit dans nos saintes écritures?
Vêsampâyana reprit :
Vidarbha avait été jadis le fils de l’Yàdava DJyâmagha c’est lui ipii fonda ^'idarbbâ au midi du Vindhya. 11 eut plusieurs lils célèbres par leur valeur et chefs de races royales, entre autres Gratba , Kêsica et Bliima. Bhîma fut la souche d’une famille de rois Vriclmis. De Cratha descendit Ansoumân, et de Ké.sica, Bbîcbmaca, souverain des pays du Dakchina *. Ce Bbîcbmaca s'établit à Coundina, d’où il gouvernait ces provinces placées sous la protection d’Agastya *. Il eut un lils nommé Ihukmin et une fille nommée lioukmini. Roukmin fut un héros qui reçut de Ràma *°, fds de Djamadagni , des armes divines, présent de Brahmâ, et qui prétendit rivaliser avec Crichna en prodiges de courage. Quant à Rniikmini, c’était la beauté du monde la plus remarquable. Le fils de
* Ce sont ces smiees qui portent le nom de
ll«ÇUll akchâhinî.
* Ce mot toujours un nom de famille : il Rapplique ici au roi Bhichmaca.
^ Voyez lecl. xxzvi, pag. i65.
* Le Dakchina, aujourd'hui le D«‘kan.
* Agasiva contribua beaucoup à introduire dans la presqu'île la religion indienne. Le mont Vtiidhva, dans la mythologie, est le disciple de ce saint. Pour expliquer |Htiirquoi le Vindhya
est moins élevé que I Himàlaya, on rap|iorte que s'étant un jour prosterné devant son maître, Agastya lui ordonna de rester dans cette posture afin de le punir de l'orgueil qui l'avait [x>rté à vouloir cacher le soleil à une partie du monde. On ajoute que le saint ne lui ayant pas dit de »e relever, le Vindhya attend encore qu’il revienne |xjtir le lui commander.
“ Ce Bàma, comme on l'a vu, lecU xcv, avait fixé son séjour dans la presqu'île occidentale de rinde
HAIUVANSA.
Vasoudéva en entendit parler, et la désira pour épouse : Roiikminî, instruite aussi par la renommée de la puissance et de la valeur de Crichna, souhaita de l’avoir pour époux. Cependant le vaillant Roukmin ne voulait pas qu’elle fût accordée à Crichna, malgré tout le mérite qu’il lui reconnaissait, parce qu’il avait i lui reprocher la mort de Gansa. Le roi Djarûsandha proposa et fit agréer pour gendre au puissant Bhîchmaca le prince de Tchédi, Sisoupâla, é qui ses bonnes qualités avaient valu le nom de Sounîtlia ". Un ancien roi de Tchédi , nommé Vasoii et qui, dans le pays des Mâgadhas, forma l'établissement de Girivradja ”, avait eu pour fils Vrihadratha. De Vasou descendait par ce Vrihadratha le puissant Djarâ.sandha; un autre de scs descendants était Damaghocha, roi de Tchédi. Ce Damaghoclia avait eu de Sroulasravas, sœur de Vasoudéva, cinq fils ardents et belliqueux, Si.soupâla, Dasagrîva, Rêbhya, Oupadi.sa et Balin, tous forts, courageux et habiles à manier les armes. Sisoupâla fut confié aux soins paternels de son parent Djarâsandha , qui le regarda comme son fils, et devint son protecteur. Celui-ci, acharné contre les Vrichnis, engagea le prince de Tchédi, son pupille, dans sa querelle avec CCS mêmes Vrichnis, qui n’auraient pas mieux demandé que de l’avoir pour ami. Djarâsandha avait eu Gansa pour gendre, et la mort de ce prince était le motif de la haine qu’il portait à Crichna, et jiar contre-coup aux Vrichnis. Il agit auprès de Bbichmaca, et obtint de lui qu’il donnerait Roukmini à Sisoupâla. Lui-même, il conduisit à Vidarhhâ ** le prince de Tchédi : il fut joint dans cette ville par Dantavaktra, par le sage Pondra , fils de Vasoudéva , et par les rois d’Anga , de Banga et de Calinga. Aussitôt que Roukmin avait appris leur arrivée, il .s’était présenté pour les recevoir, et les avait introduits dans la ville avec les plus grands honneurs.
Par amitié pour leur tante, Râma et Crichna étaient aussi venus, accompagnés des guerriers Vrichnis les plus distingues. Des chars magnifiques
Il »rmb!é que le« nom» de Swap/ila et de Sountiha devaient ^Irc altnbué» à la même personne, et que l'aiilcur employait indistinctement ces deux mol». ,Souni*//id veut dire benè momtas.
'• Voywloti. xxxii, pag. i5o.
PaiTui les montagnes qui appartiennent k
la chaîne du \ indhya est le Gridhracoùla ou le pic du vautour : entre ce pic et le Sona sont les monts connus sous le nom de I\âi!Jagnha,où Djarâsandha avait établi sa demeure : on dit qu’on le» appelle aussi Giri-vradja.
** Le mot Vitiarhhâ est employé ici an lien de Coaniiina.
CENT-OL'INZIKME LECTURE. /i‘J5
les avaient amenés; ils avaient été traités avec lionncar par l’intendant de Ci-atha et de Kcsica, mais ils n’avaient pas logé dans la ville.
Im veille de son mariage, Roukmini, portée sur un cliar à quatre chevaux, se rendit en cérémonie au temple d'Indra, qui était hors îles murailles Elle allait, dans tout l'éclat de sa parure et de sa beauté, et environnée de soldats, adresser sa prière à Indrânî Crichna la vit: brillante de mille attraits, éblouissante comme la llammc d’Agni, douce comme la lumière de la lune, c’est Lakchmi, c’est Mâjâ ”, c’est la divine Prithivî apparaissant aux mortels sous la forme d’une femme, c’est Sri, quittant son siège de lotus, et amenant avec elle le bonheur sur la terre; c’est enfin la beauté que Crichna voit des jeux de l'âme, et que les Souras ne sauraient apercevoir. Elle séduit les yeux par les grâces et la fraîcheur de la jeunesse. Ses beaux yeux sont larges et allongés; ses lèvres et les angles de ses yeux sont teints de la poudre du .sandal; tous .ses membres sont doucement potelés, et un aimable embonpoint ajoute encore à l’agrément de scs charmes “. Sa face brille comme celle de la lune : ses ongles sont colorés avec le luunga ”, son sourcil est élégant et ses cheveux noirs. Tout en elle est ravissant, un dos voluptueux, une gorge enchanteresse, des dents fines, blanches, rangées avec symétrie: rien n’égale dans le monde la beauté, la gloire, la magnificence de la divine Roukmini, se montrant aux regards d’une foule curieu.se, sous un vêtement de lin jaune.
Crichna la contemple, et son amour s’enllamiiie, comme le feu du sacrifice sur lequel on jette l’offrande de beurre : toute son âme est concentrée en elle. Aussitôt il concerte avec Râma et les Vriclinis les moyens
“ Au nombre des épisodes sanscrits dont j'ai inséré la Iradtiction dans l'ouvrage que j*ai publié sous le nom de Monuments UUemires de rinde, il s'cn trouve un « extrait du Rhagavata- |»oiiràna, et qui a pour titre ^fana^e de fioukmim.
Le lecteur |»ourra le consulter pour juger de la manière diiïérenle des deux {>oêtes qui ont traité le même sujet.
^ C'est l'épouse du dieu Indra , autrement nommée Satcht
” On personnifie sous le nom de .Vdvd [magia] l'illusion des sens trompes par une
création qui n’est pa.s réelle, mais qui n'est qu'un jeu du |)Ouvoir créateur, changeant cuiilinuellement les formes apparentes. Mây est considérée comme la femme de Rrahmà , et U cause active et immédiate de U production des êtres.
■•yHl^sltlH4rHl pînoroudjaffhatuiS' tant.
'* Hottlerm tinctona, arbre connu aussi sous le nom de pounnâga , et dont les Heurs «Inm nent une couleur jaune
de l’enlever. Houlcmini venait d’achever sa prière, et sortait du temple; Crichna la saisit et la porte sur son char. On accourt pour la délivrer : Râma arrache un arbre, dont il frappe les assaillants. Ses compagnons prévenus prennent leurs armes, accourent de tout côté, et bientôt un rempart l’environne, formé de chevaux, d’éléphants et de chars magniiiques que surmontent de brillants étendards. Crichna prend le chemin de Dvvéravatî avec la beauté qu’il vient de ravir, et cependant il conGc la défense de sa cause à Râma, que secondent Youyoudhàna, Acroûra, Viprithou, Gada, Critavarman, Tchacradéva “, Soudéva, le vaillant Sârana, l’invincible Mnoûrttasatrou , Vidoûratlia, habile à briser les rangs ennemis; Canca, fils d’Ougraséna; Satadyoumna, Râdjàdhidéva Mridoura, Praséna, Tchitraca, Atidànta ®, Vrihaddoui^ Swaplialca, Salyaca, Prithou, enfin tous les premiers d’entre les Vrichnis et les Andhacas. Djaràsandha , Dantavaktra et le vaillant Sisoupâla, transportés de colère, avaient d’abord essayé d’arrêter Djanârddana par la force des armes. Le prince de Tchédi et ses frères, avec les rois d’Anga, de Ranga, de Calinga et l’intrépide Pondra, s’étaient précipités sur leur ennemi. Ils avaient été reçus par les héros Vrichnis, à la tête desquels brillait Balaràiiia, comme Indra à la tête des génies qui président aux vents. Djarâsandha s’élançait avec ardeur : Youyoudhflna le frappa de six flèches. Acroûra adressa à Dantavaktra neuf traits, auxquels le roi de Caroûclia répondit par dix flèches rapides. Viprithou perça Sisoupêla de sept dards et en reçut huit lancés par la main de ce héros. Le prince de Tchédi eut encore à essuyer six flèches de Gavéchin, huit d’Atidànta, et cinq de Vrihaddourga. 11 riposta k chacun de ces guerriers par cinq traits : quatre de ses flèches tuèrent les quatre chevaux de Viprithou; d’un coup ” il abattit la tête de V'rihaddourga, et d’un autre, il blessa à la gorge l’écuyer de Gavéchin. Viprithou, dont les chevaux venaient d’être tués, monta rapidement sur le cliar de Vrihaddourga, et son écuyer alla remplacer celui de Gavéchin, dont il se mit à diriger les chevaux rapides. Les deux
** Le manuM:rit bengali |K>rle Vuktratiéva. *' Voye* leti. xxxviii, |>ag. 169.
11 me semble que c'esl le iii<>oic pei*son* nage que celui que lo lecture xxxviii* appelle Abhûkinta.
** Le manuscrit bengali jK>rte Vrihaàvakira. ** L'arme dont il est ici question est appelée bhalla. M. Wilson dit que c'est une es- |)êce de Hèclie particulière; il ajoute que bhallt est une Quelle dont la tète est en demi-cercle.
CENT-OÜINZIÉME LECTURE. 497
héros, outrés de colère, saisissent leur arc et couvrent d’une grêle de flèches Sisoupâla dont le char voltige çà et là.
Tchacradéva frappa de sa flèche la poitrine de Dantavaktra, et perça Patousa de cinq traits : ceux-ci lui renvoyèrent dix flèches acérées. Balin aussi lui lança dix traits, et en décocha de loin cinq à Vidoûratha. A son tour Vidoûratha lui envoya six flèches aiguës , dont le vaillant Balin se vengea par trente autres. Trois flèche.s furent lancées par Critavarman ; l’une frappa le jeune prince, l’autre tua son écuyer, la troisième abattit son drapeau. Pondra, animé d’un juste courroux, atteignit Critavarman de six traits, et d’une flèche décochée d’une main sûre brisa son arc. Ninoûrttasatrou attaqua le roi de Calinga et le frappa de neuf flèches : celui-ci de sa masse de fer” le blessa à l’épaule. Canca avec son éléphant vint assaillir l’éléphant du roi d’Anga, et toucha de sa massue le prince, qui lui-même, à son tour, le blessa de .ses flèches. Tchitraca, Swaphalca, Satyaca, montés sur leurs cliars de bataille, faisaient pleuvoir une grêle de traits sur les troupes du roi de Calinga. Râma, furieux, lançant un arbre entier au milieu des rangs ennemis, tua l’éléphant du roi de Banga et le roi lui-même. Après cet exploit , il monta sur un char, prit son arc et perça de ses flèches un grand nombre des compagnons de Kê.sica. Six Càroûchas, adroits à tirer de l'arc, et cent Mâgadhas tombèrent sous ses coups. Poursuivant sa victoire, il s’approcha de Djaràsandha. Le roi Mâgaflha le frappa de trois flèches; Râma, toujours excité par la colère, lui décocha huit traits, et d’une flèche encore plus sûre coupa son étendard doré.
Ce fut là un combat terrible, pareil à ceux que se livrent les dieux et les Asouras. Une grêle de traits tombait de tout côté : les guerrière s’envoyaient mutuellement la mort : on voyait pr milliers les éléphants s’abattre sur les éléphants, les chars sur les chars, les cavaliers sur les cavaliers, les fantassins sur les fantassins. Armés de boucliers, de lances, ou d’épées, les soldats couraient les uns sur les autres; les têtes roulaient sur le champ de bataille. On entendait avec effroi le bruit des cimeterres qui tombaient sur les cuirasses, le sifflement des flèches qui volaient dans l’air, l’horrible concert des tambours, des conques, des
“ Celle amie porte le nom de rTFT^ tomara.
M8 IIARIVANSA.
timbales et des flûtes, le froissement des armes, et les vibrations menaçantes de la corde des arcs.
M.tni\GE DE nOLKMIM.
Vcsainpâyana dit :
Cependant Cricbna emmenait Rotikminî. Houkmin, en apprenant l'enlèvenient de sa sœur, avait, dans sa colère, déclaré devant Bliîclimaca que, si son bras manquait de punir le ravi.sseur, .s’il ne ramenait pas Boukminî, jamais il ne reverrait Coundina. Aussitôt s’élançant sur son char, élevant son arme et son drapeau, il était parti, suivi d’une troupe nombreuse. Quelques princes du midi l'accompagnaient, tels que Cratha, Kêsica ', Ausoumân, Sroutarvvan, le vaillant Vénoudâri, et les autres fils de Bliîclimaca, tous habiles à diriger un char de bataille. Après une longue route, non loin de la rivière de la Narmadà, ils aperçurent Govinda avec la beauté qu’il enlevait. Roukmin, transporté de joie, fait arrêter son armée; il s’a[>proche du vainqueur de Madhou, et engage de dessus son char un combat singulier. 11 frappe Govinda de soixante-quatre flèches, auxquelles celui-ci répond par soixante-dix; le dieu fait plus, il abat le drapeau de son ennemi, et coupe la tête de son écuyer. En voyant le danger que court le prince on ce moment, tous les rois du midi entourent Cricbna et aspirent à le fra|>pcr. Le courageux An.soumân lui lance dix flèches, SroutaTOan cinq, et Vénoudân sept. Govinda perce à la poitrine Ansoumân, qui tombe sur le derrière de son char; il tue de quatre flèches les quatre chevaux de Srou-
' n c»t singulier de voir au nombre des ennemis de G-ichna les princes qui lui onl monlrc un si grand dévouement, lect. cvi. Mais, d'al)ord , ces mots désignent une famille dont tous les membres pouvaient ne pas avoir les mêmes sentiments; ensuite le lecteur a dû s'aperce-
voir que l’ouvrage que nous traduisons semble composé de passages extraits de differenU auteurs et liés avec plus ou moins d'adresse De là vicunent certaines rc'pétitions et même certaines contradictions qu'il serait autrement (Uniciie d'expliquer.
CENT-SEIZIÈME LECTUHE.
tarwai); il abat l’ctendard de Vcnoudâri, et le blesse lui-méme au bras droit. Sroularwan est atteint de cinq flèclies, et, embrassant son étendard, il tombe alTaibli par la crainte. Cependant Cratha, Kcsica et les autres, du haut de leurs chars, font pleuvoir sur le fils de Vasoudéva une grêle de traits. Djanttrddana brise leurs flèclies avec ses jiropres flèches, et frappe ceux qui parmi ces guerriers se distinguent le plus. D’autres arrivent en courroux pour les seconder : soixante-quatre flèches du héros les mettent hors de combat.
iloukmin, voyant son année en déroute, ne se |>ossède plus de colère: cinq de ses flèches aiguës frappent Késava à la poitrine; trois autres bles- .sent son écuyer. Alors Crichna, d’un coup vigoureux, abat l’étendard de Roukmin, le touche lui-même de soixante traits, et brise son arc entre ses mains. Roukmin, toujours acharné contre Crichna, prend un autre arc, et prouve par ses hauts faits que ses armes sont vraiment divines. Mai.s celles de Crichna ne .sont pas moins merveilleu.ses : le héros repousse les attaques de son ennemi, et à la lin lui brise avec trois flèches son arc et le limon de son cliar. Roukmin, dont l’arc et le char sont rompus, prend son poignard et son bouclier, descend avec la rapidité de l’oiseau, et .s’approche de Késava ; mais celui-ci , qui de fœil suit tous ses mouvements, lui brise sou poignard entre les mains, et le frappe lui-même de trois flèches dans la poitrine. Le prince a perdu connaissance : il tombe, et sous son poids fait résonner la terre, comme le rocher qui vient d’être atteint de la foudre. Les flèches de Crichna vont ensuite percer les autres rois, qui, témoins de la chute de Roukmin, prennent la fuite.
Roukmini, voyant son frère étendu, immobile, sur la poussière, se jette aux pieds de son amant, et demande gr.fce pour un ennemi vaincu. Késava la relève, l'eqibrasse et calme ses frayeurs : il accorde la vie à Roukmin et reprend le chemin de Dvvàravatî, où arrivent bientôt les autres \ richnis et Ràma, vainqueurs de Djarêsandha et de ses alliés.
.Après le départ de Crichna, Sroutarvvan revint sur le champ de bataille, porta Roukmin sur son char, et se rendit avec lui dans sa capitale; mais Roukmin, constant dans scs .sentiments d’orgueil, accomplit la résolution qu’il avait annoncée, s’il ne ramenait pas sa sœur, et il ne voulut pas rentrer dans Couudina. Il fonda dans le pays de Vidarbha une autre ville
considérable, fjui fut nommée Bliodjacata’, d’où il exerça une grande autorité sur le Dakcliina. Le roi Bhiclimaca continua de résider à Coundina.
Quand Bàma fut rentré à Dwâravatî avec l’armée des Vrichnis, Késava épousa * solennellement Roukminî, et trouva dans l’amour de son épouse le bonliciir dont Réma * a joui avec Sitâ, et Indra avec la fille de Poulonian Roukminî fut une épouse digne de Cricbna, soumise à ses devoirs, remplie de vertu et de beauté. Elle eut dix fils, tous guerriers distingués, Tcbâroudecbna, Soudecbna, le vaillant Pradyoumna, Souchéna, Tcbârougoupta, Tchâroubâbou, Tcbâroubinda, Soutcliârou, Bhadratchàrou , et le brave Tcliârou; elle eut aussi une fille, nommée Tcbârouniatî. Les fils de Cricbna furent instruits dans la science du devoir, habiles dans l’art de la guerre, et terribles dans les combats.
Le vainqueur de .Madbou eut encore sept autres épouses distinguées par leurs qualités et leur naissance, la fille de Calinda Mitrabindâ, la vertueuse .Nàgnadjiti, la fille du roi Djâmbavàn la belle Rohinî *, la fille du roi de Madra, Sousilâ, aux yeux cbarmants, la fille de Satrâdjit Satyablu^ini, la douce et riante I..akcbmanà, et la petite-fille de Sivi ’, Tanwî, belle comme une Apsard *. L’incomparable liriebikésa épousa encore seize mille autres femmes, qu’il satisfit toutes également ; parées de robes superbes, elles voyaient chacun do leurs vœux accompli. Elles lui donnèrent des milliers de fils, qui furent tous des héros habiles dans la science des livres et dans celle des armes, courageux, adroits à diriger les cbars de bataille, pieux dans leurs actions, magnifiques dans leurs sacrifices, doués de vertus et de force.
’ M. U iison croit que c’cât aujourd'hui Bhojpur, li ctnel une autre hypothcîie qui est contredite par le texte, quand ii |>ensG que Bhodjacata j»ouvait ^tre dans le voisinage de Patiia et de Bliâga)|>our.
' La céréiuonic principale indiquf^e dans le texte est celle qui consiste à prendre la main de la fianc4*e. et qui s'appelle Pdmgraha. Voy. lois de Manou, lect. ni . si. 43-
* C'est Bàmatcliandra, le fils de Dasaralha, le roi d'Ayodhyà.
* .Appelée Sateki.
* Je suppr>se que c'est celle qu’on nomme ordinairement DjdmbaraU.
’ Les maïuiscrits dévanâgarîs disent ; Jtlle Je St n'a, ou Séxya, et le manuscrit bengali, ^Ue Je Séna.
* I.es épouses de Criclina sont encore nommées dans la lecture clx, et quelques-uns de ieun noms y sont dUTérents : on lit Soabhima au lieu de Sotuila, et SouJattd au lieu de Tan VI.
MORT DE ROLKMIN.
Vêsampiyana dit :
Un long temps s’était déjà écoulé : le vaillant Roukmin voulut que sa lillc se choisît un époux. A l’appel de ce monarque répondirent aussitôt beaucoup de rois et de princes, distingués par leur courage et leurs riches-scs : ils arrivaient de toutes les provinces. On vit paraître à cette fête Pradyoumna, entouré d’une élite de jeunes guerriers. La fdle de Roukmin SC nommait Soubhângî : au sang des rois de Vidarbba qui coulait dans ses veines elle joignait une beauté renommée par toute la terre. Elle vit Pradyoumna et l’aima : Pradyoumna fut également cbarmé par ses doux regards. Quand tous les princes furent réunis, Soubbângî choisit pour son époux le vaillant Pradyoumna, jeune, habile dans tous les genres de combats, superbe comme un lion, incomparable pour la beauté, et, pour dernier titre, fds de Kesava. Elle aussi, jeune, belle et vertueuse, comme autrefois Nârâyanî ‘ au milieu d’une pompeuse a$.semblée de rois, elle se .sentit entraînée vers ce jeune héros. Le mariage se lit, et tous les princes reprirent le chemin de leurs capitales. Pradyoumna emmena son épouse à Dvvâravatî : il en eut un fds, nommé Anirouddlia, comparable à un dieu, et renommé entre tous les mortels pour ses hauts faits, son instruction dans la science des Védes, et les arts de la guerre ’ et de la politique *. Quand Anirouddlia fut devenu homme, Roukmin songea à lui donner pour épouse une de ses petites-filles, aussi distinguée parmi les femmes que l’or parmi les métaux, et pour cette raison appelée lioukmavati *. Ce monarque expérimenté connaissait par lui-même les qualités d'Anirouddha : d'ailleurs il
' Je »uppo»e que l'on désigne par ce mot nfft ; c’est l'art de se bien conduire,
Rou/rmmf, épouse de Crichna qui est A'drdvana. morale
• C'est ce qu'on appeUe te Dhamur-Ma. . Voyeilecl. cxv, note i.
Voyez la lecture lxxxix , noie 3.
était mû par son amitié pour Pradyoumna et par son attachement à I\oukminî. Il était bien encore le rival de Crichna, mais il n’était plus son ennemi. Il avait donc, dans .sa .sagesse paternelle, regardé cette union comme fort convenable. Késava se rendit à VIdarbhà ® avec une suite nombreuse, accompagné de Roukminî, de ses enfants, de Balaràma et des autres Vrichnis. Les rois, parents et amis de Roukmin, furent invités à cette fête; et dans un jour propice, .sous l’influence d’une constellation favorable, le mariage d’/Vnirouddha fut célébré avec une pompe extraordinaire. L’union de ce |)rince avec Roukmavatî fut le signal d’une grande joie parmi les Védarbhas et les Yâdavas. Les Vrichnis, honorés comme les immortels, se livrèrent à tous les plaisirs de cette fête, ainsi que le magnifique Vénoudâri, roi des .\smacas®, Akcha, Sroutarvvan, TchAnoûra, le fils de Cratha Ansouinàn, le courageux Djayatséna , le roi de Calinga, le roi de Pândya et celui de Richica
Ces princes du Dakchina, au cœur haut et fier, vinrent donner un conseil perfide à Roukmin, et lui dirent en secret : « Tu es habile au jeu de « dés *; nous avons un grand désir de jouer. Ràina aime aussi ce jeu, sans « être fort adroit. Nous voulons le gagner avec toi : tout nous promet le « succès, nous avons pour nous notre expérience et sa maladresse. « Tel fut le conseil de ces rois. Roukmin proposa une partie, et fit ouvrir une .sidle magnifique, ornée de colonnes et de guirlandes. Les princes, parfumés de l’eau de sandal , et parés de fleurs, vinrent se placer sur des sièges d’or, et se disposèrent à jouer. Baladéva fut défié par eux : • Volontiers, dit-il « avec joie, nous allons tenter la fortune. » Les rois du Dakchina, poursuivant leur méchant dessein, étalaient des monceaux d’or, de perles, de pieries précieuses. Alors commence un jeu, qui est le tombeau du plaisir.
‘ Ce mol e.st ici pour lîhodjacala.
* Le Br.ilimàii(la-|>our.iiia met le pays d’Asmaca nu nombre des provinces de l’est ; ce pays devait être dans les montagnes, car le mot
asman signiGe rocher, montagne. Le
\'arà-sanliitn place un autre Asin.aea dans le nord-ouest de l’Inde.
’ On met le pays des Iticliicns parmi les provinces arrosées i)ar la ilr.idini ou Brahma- |xiutrn. Le Varâ-sanhita cite une province.
(]ui s'ap|>ellc Dévdrchica , parmi celles du midi.
* Je crois que le jeu dont il est ici question n'était pas seulement un jeu de hasard : la science eût été inutile , s’il n'avait pas été possible »le corriger les chances de la fortune par certaines combinaisons savantes. Ce devait être une espèce de trictrac : les dés se nommaient
akcha , et il y en avait , comme nous le
verrons tout à l’heure, de noirs et de rouges. Voyez, le VU* vol. des Bech. asial. , pag. 4g5.
qui produit le trouble, les querelles, la folie, les combats et la mort. Baladéva dépose pour son enjeu dix mille nichcas^ d’or et plus. Malgré scs cITorts, c’est Roukmin qui gagne la partie, son adversaire n’étant pas de force k lui résister. 1^ frère de Késava se hasarde encore une seconde et une troisième fois, et perd dix millions"* de souvamas. Emporté par le succès, Roukmin s’enorgueillit; l'imprudent raille et gourmande le héros au soc homicide : « Tout cet or, s’écrie-t-il, est à moi. L’invincible Baladéva a
• été vaincu au jeu. • En entendant ces mots, le roi de Calinga se mit à rire, mais d’un rire indécent dans lequel il montrait toutes scs dents. Ràma était indigné de la plaisanterie de Roukmin, qui augmentait pour lui le chagrin de la perte. Cependant, par polites.se il sut se contenir, et renferma la colère que lui donnait le procédé de son adversaire. Le fils de Rohini, calmant l’agitation de son âme: • Prince, dit-il, je parie l’énorme somme
• de cent milliards**: la tenex-vous? Allons, faites tomber les dés noirs et
• rouges sur ce brillant échiquier. • Ainsi parle le vaillant Balaràma k Roukmin, qui, sans répondre qu’il acceptait ou qu’il refusait, jeta les dés. La fortune, pour ce coup, se déclara contre lui *’ : Balai-âma avait gagné loyalement • Je refuse, • dit alors Roukmin. Son adversaire contenait encore son ressentiment, et gardait toujours le silence. Comme pour le provoquer, le prince répétait en riant : « J’ai vaincu Baladéva. • Et Baladéva, k ces mots, sentait croître sa colère, et cependant s’abstenait de répondi-e. Mais son courroux ne connaît plus de bornes, dès qu’une voix forte et céleste eut fait entendre ces paroles au milieu des airs : • Baladéva
• a raison , il a loyalement gagné : qui ne dit mot consent • A ces accents d’une voix divine qui l’approuve, Sancarchana se lève; sa colère longtemps contenue éclate : il oublie que la personne qui l’a offensé c.st
* M. \Vil»on dit que c’est un poids auquel on donne des évaluations diverses. On le confond avec le ilînam de 3a rettis ; avec le carcha ou souutma de 1 6 mtkhat ; ou le pala de 4 ou 5 fOHvûrttas; ou le grand p*ila de io8 ou i5o souvamai, Vojei lect. cxi , note a.
*" Ce nombre exagéré s*ap|ielle coti.
“ C’est-à-<lirc i o.ooo colu.
” Il y a ici un mot qui désigne le coup que
fait Balansma ; c’est khiUoumkcha ,
qui signifie la qaalre ilà. Voyet au a‘ acte du
yfntcktfkacati le moitologue du joueur.
" Ce proverbe est trivial ; mais il me semble qu’il rend bien ce sloca :
Cfïïft Hrri^ I WTT
?TrT II
frère de Houkininî; il saisit le large échiquier** d’or, en frappe Hoiikmiii et le renverse à terre. 11 poursuit le cours de sa vengeance ; d’un autre coup il brise les dents du roi de Calinga : dans sa fureur il rugit comme le lion. Son poignard à la main, il effraie les autres princes; aussi vigoureux qu’un éléphant, il arrache une des colonnes d’or de la salle, et la brandissant en forme de massue, il sort du palais, laissant glacés de terreur Cratha , Késica et leurs compagnons.
Après avoir donné la mort au perfide Roukmin, et porté dans l’ame de scs ennemis la crainte que le lion inspire aux faibles habitants des bois, Râma se retira, entouré de tous les siens, sous les tentes des Yâdavas, et déclara à Crichna ce qui venait de lui arriver. Crichna ne put rien lui répondre; mais Roukmini, en apprenant la mort de son frère bicn-aimé, déplora son malheur, et .s’écria les larmes aux yeux : • Il est
• donc mort de la main de Ràma, au milieu d’un jeu, et sous le coup
• d'un échiquier, le plus vaillant des liéros, vainqueur des plus nobles
• guerriers, comparable au dieu du tonnerre, ce prince qui n’avait pas
• succombé sous la valeur de Criclina! •
Les Vrichnis et les Andbaens furent consternés de la catastrophe dont venait d’être victime le vaillant fils de Bhîchmaca, instruit parle petit-fils de Bhrigou lui-même à manier l’arme terrible de ce héros, habile dans l’art des combats et constant dans le culte qu’il rendait aux dieux.
O roi, je viens de te raconter la fin tragique de Roukmin, source nouvelle de haine contre les Vrichnis, qui, rassemblant alors tous leurs bagages, jirirent le chemin de Dwâravatî, protégés par Crichna et Baladéva.
Cet échiquier s'appelle dy y |qq achlipada , sans doute à cause des huit cases qu'il présente de chaque côté.
CEM-DIX-HÜITIEME LECTURE.
PniKHF. QUOTIDIENNE DE HM.ADÉVA.
Vôsampâyana dit :
O prince, voici la prière merveilleuse (pie doit dire chaque soir celui qui veut rester pur, prière que fai.saient Raladcva, Crichna, et tous les saints Richis (jui aimaient à remplir leurs devoirs.
• Que je sois gardé par Rrahmè, maître des Souras et des Asouras, sou- « verain de la terre!
« Que je sois gardé par les trois pratiques (jui consistent à prononcer ■ Aum, Vachat ’ et la Sâvitrî ^ par les prières du Rig, de l’Yadjour, du « Sàma, par les pieux cantiques* de l’Athanva, par les cpiatre Vèdes, avec
• leurs compilations, leurs my.stères *, leurs histoires “, les antiques récits ’,
• les légendes *, les commeiilaircs et additions *, les Angas et üupAngas ",
• et les glo-scs "I
• Que je sois gardé par les cinq cléments, la terre, l’air, l’éther, l’eau
' Cest \k cette prière dont d a été question dans lacxi* lecture, note iâ> manuscrit bcDgaii Ta insérée deux fois, ici d'nbord, et plus loin à la suite de lacLXV* lecture. I^es manuscrits di'*>anàgaris Tout mise à cette dernière place.
(^tlc pièce n*cst qu'une espèce de litanie; mais elle ()eut être curieuse, et pour sa forme ellemi*me et |>our lesdi>ers détaüsqu'elle renferme.
J‘ai mis entre parenthèse les variantes que les manuscrits pouvaient m’offrir pour les noms propres.
’ Exclamation prononcée en jetant le beurre dans le feu.
* I>a Sâvttri est une strophe d’un hymne extrait du Kig-Véda. Voyex k ce sujet 1a note que M. Loiseleur-DcsIongchamjYS a insérée dans sa traduction des lois de Manou, pag. ài-
' Appelés ichhanHas-
‘ roAa^a.
rif/ara.
’5{ïïiï pourrina.
■ i Ph^ih
ttihâsa.
* oupakhiltt.
" Voycilect. vi, pag. 36, note i5.
“ Il y a quatre Oupàngas, i* la collection des i8 Pourânas; a* le Nyâya, comprenant principalement les ouvrages de Gotama et de Canada; 5* le Miniûnsa, contenant les écrits de divers sages, tels que Djèmini, Sàndilya, Vyâsa, etc. ; 4* le Dharma-sAstra, ou livre des lois. Voyes vol. U’’ des Rech. asiat., pag. 3éo.
■ et la lumière; par les sens, rintelligcucc et la raison par la vérité, la
• pssion et l'obscurité '*; par les cinq souilles, le Vyâna, l'OudAna, le Sa-
• mâna, le Prâna et l’Apàna **; par les sept vents *“ et les autres qui régnent
• sur le nioiule, par les Maliarchis, Marîtchi, Aiigiras, Atri, Poulastya,
• Poulaha, Cratou, lilirigou et le divin Vasiclithal
• Que je sois garde par Casyapa et les autres Mounis au nombre de qua-
• torze, par les dix régions, par les divins Nara et Nârâyana ” avec les « diverses classes de dieux, les onze Poudras, les douze Adityas, les huit
• Vasous, et les deux célébrés Asvvinsl
> Que je sois gardé par Hrî Sri Lakchmi Svvadhâ Médbâ
• Touchti Pouchti Smriti Dbriti par Aditi, par Diti, Danou, « Sinhicà, mères des Détyas, par l'Himavân rilémacoùta le Nicliadba,
• le Swétaparvvata , le Richabha, le Pàripâtra le Vindbya, le Vêdoûrya-
• parvvata, le Saliya, le Malaya le Mérou, le Mandara, le Dartioura ”, le
• Crôntcha, le Kélâsa, le Ménâca”!
matuu et STIC bouddht.
Ce »oot là les trois gounas ou qualités qui se trouvent mêlées dans toute la nature |)Our la modifier. V. lect. xiv du Bliagavad-gità.
” Voyez lect. xl, pag. i8o.
** Voyez la naissance des vents, lect. ni. pag. aS. Le fœtus renfermé dans le sein de Diti est coupé d’al)ord en sept parties , et ensuite chaoinc de ces parties en sept autres.
” \ara et Nârayana sont deux saints que l'on a regardés comme des avatares d'Ardjouna et de Crichna : iis étaient lUs de Dharma et d'AhinsÀ. Nârâyana est le |>ère de VApsarâ Ourvasî. On ne fit jamais un tel méjiris de la chronologie. Si Nârâyana est un avatare de Oichna, comment aurait-il été le boau-péredu second roi de la dynastie lunaire. lequel fut fépoux d'Ourvasi ?
•• La Pudeur.
La Bichesse.
•* La Fortune.
Su'OfihA est la nourriture offerte aux mânes; on la personnifie comme une nymphe f|)oiise d'Agui ou du feu.
” La Bédexion.
“ Le Plaisir.
’* La Parure.
** La Mémoire.
** I41 0>nstance.
” Nom de l'Himàlaya.
** On suppose le monde partage en sept (heipoj séparés entre eux (>ar des chaînes de muntagnes , parmi lesquelles sont l'Hcmacoûta. an nord de rilinmlaya, et. en remontant, le Nicliadlia, le Mérou, le Nîl parwata ou Mont Noir qui sans doute est le même que le Védoùrya, le Swélaparwata ou Mont Blanc. V'oyez (vol. Vlll des Bech. asial.) le Mémoire de Wilford , pag. a45, et les cartes qui l'accompagnent. Voyez aussi le XIV* vol. , pag, 387.
** Le Pàri|)âtra ou Pàriyàtra est le bras méridional de la partie centrale et occidentale du Viitdhya. Le mol Viadhya s’applique particu lièioment à la partie méridionale de cette grande chaîne de montagnes.
** Le Sahya et le Malaya sont les Ghales occidentales.
*' Le Dardoura est une montagne du Dckan ; j'ignore où elle est située.
” Deux de ces trois dernières montagnes
• Que je sois gardé par Sécha, ^’âsouki, Visâlâkcha, Elâpatra, Soukti-
• carna , Canibalàswa, Tara , Hastibliadra, Pitbaraca, Carcotaca, Dhanan- « djaya, Poiirânaca, Caravîraca, Soumanâsya, Dadhinioukha, SringArapan-
• daca, le divin 5faninâga connu dans les trois mondes, le roi des serpents > Dadhicama, llAridraca, par ceux-ci et par tous les autres serpents, sou-
• tiens de la terre, pieux et justes, même ceux qui ne sont pas nommés!
• Que je sois puriliée par les quatre mers, par la Gangâ ”, la plus belle
• des rivières, |>ar la Saraswatî **, la Tchandrabhâgâ ”, la Satadrou ”, la
• Dévicâ, la Sivâ, l'IrAvatî ”, la VipAsA ”, la Sarayou ”, l’Yamounâ, la « CoulmAcbî, la Ratbocbmà, la BAhoudA “, l’IliranyadA ”, la PlakcliA,
apparlienncnl à la chaîne de l'ilîmàlaya. Le Kctâ»a est au nord du Mâimsarovara, el le Krôntrha, au nord deTAsam. Quant au Menaça. M. Wilson . dans la a* édîtiou de son Dictionnaire t le place dans la mer entre 1a pointe méridionale de la pi'‘iiifisule et Laiirà ou G?ylan. Ijc Rrahmi'uKla-|)ouraua le cite parmi les montagnes du sud.
** 1^ noms des rivières, à l'exceplion d’un [»elit nombre comme leSoiia, le Brahmapoii- Ira et le Sindhou, sont féminins.
** La Sarjiswatl, aujourerhui Sarsouti, vient des liaiitciirs à l'ouest de rVamounà, passe pK‘S de Tahneser , et se |>erd ensuite dans les sables. Une source sort à Hrayàga, aujourd'hui Allaliabad, de dessous unç des tours du fort: on prétend que c'est la Saraswatî qui y est arrivée par un conduit souterrain. Elle va alors avec rYamounù se jeter dans le Gange au con* Huent ap|)clè Triveni; les trois rivières coulent ensuite, dit-^on, sans se confondre : les eau.t de la Saraswatî sont blanches, celles de rYamounâ bleues, et celles du Gange jaunes. Au sujet de la disparition de la Saraswati, on raconte que cette rivière est un avatare de Saraswatî. deesse de l'instruction , qui , traversant le pays , un livre à la main, entra, sans y prendre garde, dans le di'sert, où elle fut assaillie par des hrigaïul», aux outrages desquels elle ne se déroba qu'en s’enfonijant sous terre.
*• Le Chinab, une des cinq rivières de Penjab.
Le Sell^. Quant à la Dévicâ, il parait qu i! faut la distinguer de 1a Sarayou, avec laquelle on la confond. C'est un torrent, appelé aussi Ûèrâ, que vient joindre le Sarjou, au-dessus d'Ayodliyà. Voyc» le Mémoire de Wilford, Xl\* vol. des Uech. asiat.
” Le Uavi, l'ancien Ilydraolc. On dit aussi Erâvatt.
“ I.<e Heyah, l'ancien Ilypbasis.
” Le Saijou.
Nous avons vu , lect. xii , pag. 6i , que la rivière Bâboudà est le Djilem, ou le Behut. Je crois qu'il faut distinguer deux Bàhoudà : l'imc qui peut être le Djilem, l'autre qui se trouve bien plus à l'est, et qui avec le Sarjou et quelques autres forment le Gogra. U me $eni> ble que celte seconde Bàhoudà est celle dont parle W ilford dans son travail sur les rivières de rimle, voJ. XiV* des Becb. asiat. C’est elle que l'on appelle aussi MahoilA el Sétavâhinf, et qui se partage en deux brarvehes, nommées l'une Mahâjiada, l'autre Dhahatî fDhouli?). Je croirais assez que c'est aussi de celte I^houdà qu’il est question , lect. xii ; car elle se trouve dans les domaines de la race solaire, et le mot G6ri, qui est le nom de la princesse changée en rivière, est encore le nom moderne d'une rivière de ce |Miy$. Voyez vol. XMP des Rech. asiat. , pag. 3.
L'Iliranyadà pourrait bien être l'Hiranvai>àbou , qui est un bras du Sona.
508 IIARIVANSA.
• rikclioumali la TApal! (Avanlî?), la Vriliadnithâ , la fameuse Tcharmaii-
• valî, la saillie Badlioûsarâ, par ces rivières et par les autres qui ue sont
• pas noininées, et qui toutes coulent dans le nord!
• Que je sois purifié par la Vénâ la Godivari la Sîtà, la Càvcrî'’,
• la Concanlvatî la Criclinavénù la Soukliiiiatl la Taniasâ ”, la
• Pouchpavâliiuî, la Tâmraparni ”, la DJyotiratliA, l'Outpalâ, l'Oudoum-
• barèvati, la rivière sacrée de \’èlarani la Vidarbliâ, la belle Namiadé ”,
• la Vitasté, la Hluniaratbi, l’Élé (Tcliapalii), la Mahénadi ”, la Càlingi ”,
• la Gumati ” et le Sona ”, par ces rivières, et par les autres qui ne sont
• pas nommées, et qui toutes coulent dans le midi!
« Que mon coips soit arrosé par 1
• Mail! ”, la brillante Soubhravatî,
• djéntà, la VanamâlicÂ, la rivière
'* L lkrlioiimati ou TriMX)U» »c partage en troi» t>ranc'heft. La bram-he onontale. ap|>cU« aiijotmrhiii TVifa^pa^e an nonidc liung|K>ur et rejette dan» le Bfaimia|Miulra. Tâpali, ensuite citée, est {>eul-èlre la Tapi, aujour* d'hui Tapli oti rivière de Surate. Maisconimcnl une rivitre du midi se tixmve-l-elle menlionni’C pamii les rivières du nord ? Il eu est <lc |K>iir la Tcbamiaiivnti , ou Chumlml, qui se IriHive noiDim*e deun fois. Ne poiiiTait-on pas siipposeï* que dans le non! Ü esisie , en cHet , deux autres rivteres du même nom que relies du midi et de Tuurst ?
” Un des textes fwiie Ue«t*'d ; mais ce doit être In même rivière que celle qui est mentionnée lect- xriv , pag. 4oa , note lo.
” Cette rivière |)orte toujours ce nom.
” Connue encore aous ce mmi.
** (icUe rivière a sans doute pris son nom de celui du pays de (ù>ncan.
Vovpi lect XGiv , note lO.
^ La Souclimati M^rt du mont Itikcha et va se jeter dans la mer. Elle se nomme aussi } hranvarékhii ou SoiimmerrAAd.
** 1^1 Tamasà ou riviere noire se nomme aussi Parnasà ; c est aujourd'hui le Tonsa. qui se jette dans le (iange au-dessus de Mirzapour.
a Siprû la Tcharnianvalî la sainte le Sindbou, la Vélravatî ”, la Bhoconmie sous les noms de Tcbétravalî
Mais je crois que l'on désigne ici une autre ri> virre qui doit être dans le DtVan.
** Hivieredu Dravida, aitjouHl'hui leTiixmnelveli . sur la côte de (^romandcl.
** Cette rivière vient de Chuta Nagpour, et se jette dans la mer. U y a «leux rivières de ce nom, la graurle et la petite.
** Le Nerbudda.
Hivicre du Cuttack ; elle porte encore le même nom.
** pays de Calinga, où doit rouler la Câlingi. s'étend au-dessous du Cuttarh jusqu'à .Madras.
Il y a uuprixicre de ce nom, appeke aussi Vâsichthi, qui est le (iuroti; elle vient du Camami, passe à Liikitow et se jette dans le Gange, à ao milles au-dessous de Uènares : elle devrait être placée pai-mi les rivières du nord.
** I.Æ Sone ou Noane-