‹ Harivansa, ou, Histoire de la famille de HariChapitre 52 sur 55 · c Sip|)erali. qui se jette dans la Tchar manvali · texte numérisé non relu

c Sip|)erali. qui se jette dans la Tchar manvali

** !.« Cliiimbul.

^ La .Mahî a sa source dans le Malaxa : elle coule vers l'ouest , et se jette dans le golfe de Cambaie.

•* Le IVetwah . c’est une des rivières regar- <hfs comme sacrées.

" et de Tchâpadasî, belle dès sa source, pure, majestueuse et ombragée

• d’arbres, la Prasthàvatî, la Lounthanadî, l’agréable et sainte Saraswatî ®', « la Miti'aghnâ, la Tchandramàlâ (Indoumâlâ), la Madhoumatî, l’Oumà- ■ gourounadi la Tûpî (Vâpî?) aux ondes limpides, la Maltagangâ dont le.s « eaux claires sont douces comme le lait, par ces rivières, et par les autres

• qui ne sont point nommées, et qui toutes coulent dans lu région occi- « dentale !

• Que le Prabhàsa le Prayàga le Nêmicha le Poucbcara le « Gangâtîrtha, le Couroukcbétra le Srîkchétra ®* ( Srîcantha? ), l’ermi- « tage de Gôtama ®®, le Ràmabrada, le Vinasana ’’®, le Rûmatîrtba, le Gan- « gâdwâra le Canakhala d’où est sorti Soma le Capillamotchana, le « Djamboûmàrga , le Canacapingala (Canakhalodaca?) appelé aussi Souvar-

• navindou, le Dasâswamédbica ” orné de saints ermitages, la Badarî

** C'csl un double emploi que la rùpiililion de ce mol.

*’ Oumdgourou est un nom de rHimàloyn : je ne sais quelle est la rivière que l’on désigne ici.

“ Voyei lect. i.xxxix, pag. .^Si , note 6.

** Lieu de |>èlcrinagc au confluent du Gange et de rVamonnà. Ce mot s'applique à d'autres confluents regardes aussi comme des lieux sacres : on les distingue par une expression qui précède alors le mot Prayàga. On en compte cinq principaux ; celui qui porte ce nom (>ar excellence. aujourd’hui .\llaliabnd ; le Dévaprayâga, au confluent de la Bhâgîratlii et de l'Alacanandâ, lieu où le Gange prend son nom ; le RoudrapravAga, au confluent de la Mandàkini et de r.Alacanandà ; le Carnaprayàga , au confluent de r.Alacanaiidâ et du Pindar; le Nandapiavàga , au confluent de l'Alacanandâ et de la Nandakinî : c’est le plus septentrional des cinq.

quelque distance du Dévaprayâga , il y a encore deux prayàgas moins im|>ortanls , l’un nommé Vichnouprayâga , au confluent de l'AlacanandA ou ViclinougangA , et de la Doli ; et l’autre , Ctuoûprayâga , au confluent de l'Alacanandà et de la Saraswatî. ou plutôt de la Saravali qui est la HàinagangA.

“ Forêt, où les Mounis assemblés firent un

sacrifice qui . suivant le MaliAbhàrata , dura douze ans . et mille . suivant le BliAgnvnia. Soûta y lut les ouvrages de Vyàsn A soixante mille sages réunis.

“ Voyez lect. i, pag. u. note U-

” Le Couroukcbétra est ordinairement le nom que l’on donne au pays qui fut le tliéâlre de la grande bataille que se livrèrent les (iûravas et les PAndavas : ce pays était piès de Dehli.

“ Les manuscrits dévandgaris poi-tent Sricanthu, lequel est au nord-ouest de Dcidi ou près de Tahneser.

** L’ermitage de Gôtama est placé en difl'èrents lieux, à Prayâga, dans une forêt de Mitliilà, et sur l'IIimAlaya.

^ On dit que le Vinasana est l’endroit où se |>crd la Saraswatî.

Il est possible que le GangAdwAra soit le lieu que l'on nomme Ilandwàra, lieu où le Gange entre dans les plaines de l'indostan.

^ Dans le i*' acte de Sacounlald il est question d'un tirtba, nommé Somalirlha, dans l'ouest de l'Inde : j’ignore si c’est le même que le Canakhala.

” Ce tirtba se trouvait à CAsi.

’* Le rocher de Badari, ou Badarîsêla, est

« riîti'aile de Nara et de Nâràyana, le Phalgoutîrtiia et le Bhadravata, leCo-

• râmoiikha distingué par sa pureté, le Gangâsàgara le Tapoda dans le

• ])ays de Magadha, le Gangodbhéda ”, que tous ces Tîrthas’* sacrés et fré-

• qucntés par les Maharchis, et ceux même que je n’ai pas nommés, me

• baignent de leurs ondes!

• l’uissé-je être sauvé, avec ma ramille, par les trois facultés ’’ du de-

• voir, de la richesse et du désir, par la gloire, la fortune, la tranquillité,

• fauslérilé, par V'arouna , Couvéra et Yama, par la mortification “, par ■ l’occasion et le contretemps par la modération, la colère, la dérai-

• son, la patience, la fermeté, par les éclairs, par les plantes dont le Jus

• salutaire arrête l’égarement de l'esprit, pr les Yakcbas, les Pisâtchas,

• les Gandharvas, les Kinnaras, les Siddhas, les Tcbàranas, par les vents " et les nuages, par les CalAs “, les Troutis“, les l^vas **, les Kchanas

• |)ar les constellations et les planètes “, les diflérentcs saisons, les mois, les

• jours et les nuits, le soleil et la lune, par le plaisir, le bonheur, la joie

• et le chagrin, le courroux, robscurité, la pénitence et la vérité, l’écri-

• ture sainte, la perfection, la mémoire, par Boudrânî, Bbadracâlî, Bha-

• dracbacbtî, Vârounî, BbAcbî (Bhâsî?), Câlicâ, Sândilî, Vryâ, Couhoû,

»ur le bord occidenUl de i*AUcan»Qdâ , aujour* d'hui Bliudriiiàlit.

^ \oye» lecl. xtv, pag 69. noie ao. Il a paru tleriiierement des leMres sur le gouverne* meut du pacha d j^lgvple, lesquelle» renfermeiil ile» détails qui |>ourraienl servir à e&pli* <juer la fable des enfants de Sngara. 11 y est dit que le p;K'lia, voulant nettover un canal qui (‘lait obstrue, fil rassembler une trentaine de mille huiumes. Ces uiaiheiireux, sans pelle, sans |mM-lic, sans broueUe, furent obligés de vider le limon avec leurs mains, il en périt la nioiti(>.

C'est |M‘ul-étre le même que le Tajiorala.

” Ce doit être le delta du Gange, l'endroit oh le fleuve »e partage en diverse» branche» |iour»e jeter dan» la mer.

liC» ouvrages «inscrit» célèbrent l’excel* len( e de ces U’rthas , ou étang» saci'é». A la suite du ünga*pouràna de la Bibliotla^fiue rmale. il y a une section qui traite de cet objet;

c'c»t une compilation de divers poèmes, faite par le pamlil Lakcbmidbaia. Le maim&cnt dé* vanâgari de Paris cite quelques Ürtbas de plus, tels que Soùcara dans l'Yogamarga, le 5«éta* dwipa, le BrabmaUrtlia, Gayà, le Vi'counUia- Léddra, etc.

C'est ce qu'on appelle le trimr^a.

" HmH niyama, obsenance religieuse et volontaire, comme le jeune, la prière, les pt*le* rinage», etc.

câlo nayah.

** l'ne catâ équivaut à huit secondes ** l’ne hvuii est une petite division du temps, dont 1a valeur n'est pas indiquée.

** Il y a deux espèces de lavas, l'un qui est la soixanlicine partie d'un clin d'œil, l'autre qui vaut prt^sqiie une demi-seconde.

“ Mesure de temps qui vaut quatre minutes ^ Sakchaira est une constellation, Gnafta une planete.

• SinLbâli, Bhimâ, Vétravatî, Rati, Ecânansâ, Couchniândi, la divine Câ-

• lyâyani, Lôhityà, Ayanamâtri, el les autres vierges divines et Gonandâ « elle-même, épouse de Siva!

■ Que mon fils soit toujours protégé, avec une afi'cetion de mère, jiar « les Mâtris“, que distinguent des ornements, des gestes, des armes, des

■ physionomies diverses; errant dans tous les pays; avides de moelle et

• de graisse, de liqueurs et de chair; portant des tètes de cliat, de tigre,

• d'éléphant, de lion, de héron, de corbeau, de vautour, de courlis; « ceintes de serpents en guise de cordon consacré; portant une peau pour « vêtement supérieur; ayant le visage baigné de sang, et la voix retenti.s-

• santé comme un tandtour; pleines d'envie et de colère; habitant de

• superbes palais; tantôt ivres de fureur et d'emportement, tantôt agitant « leurs armes en silence; ayant les yeux rouges, les clieveux ou coupés

• ou hérissés, d'une couleur rouge ou blanche ou noire; fortes comme des

• milliers d'éléphants; rapides et violentes comme le vent; quelquefois

• n'ayant qu'une main, un pied, un oeil; entourées de beaucoup, de peu,

• ou bien de trois enfants; folles de parures; par ces Mêtris enfin, tpie

• l'on nomme Moukhamandi, Vidâlî, Poûtanâ , Candhapoiîtanà, Sîtavâtâ,

■ Oucbnavétàli, et Révat! alliée avec les Grahas”; êtres aimables dont le

■ sourire, la colère, le vêtement et la parole sont agréables, qui portent

• la douceur empreinte sur leur visage, bienfaisants, toujours amis des

" Tous ces noms sont dej épiihéles allribiiOes à la dtesse Doiirga , femme de Siva. Le mol CouAoû veut dire Avure/fe fuM , et xSiVii'Mli le joar la précède. L'auUMir a l’air de considérer ce» mots comme indiquant autant d'étn?» diiïérent», formel de )a substance de la déesse, el qui sont en quelque sorte scs filles.

“ Une est fénerçie peisonnificc d'un dieu, ou sa femme, et, dans un sons figuni, la mère des dieux et des hommes. On en compte huit, quelquefois sept: on en }x>rte même le nombre jtisqu'à seixe. noms qu’on leur donne ordinairement ne sont pas ceux sous lesquels elles sont ici désignées. Ce sont quel* quefois des formes de Dourgà , que Ton représente, comme dans le L>évî-inahêtiDya . avec

des costumes, des armes, des chars particuliers. On fait plus bas allusion au cordon brahmanique qu elles doivent aussi porter, car il existe une cérémonie, appelée Parttrârohann, dans laquelle on met ce cordon sur les statues de DourgÂ. On honore les Mâtiis de U même manière que les Pitri», en leur présentant le reste de l'offrande, la face tournée vei*s le sud.

*• Nous allons voir tout à l'heure que les Grahas forment une classe de génies, qui, comme les Mâtris, sont répandus par toute la nature, effrayant l'imagination de l'horomc, qui semble les créer à volonté. Ce sont des sylpltea, des farfadets ou des lutins; et c*est ainsi que dans l’esprit de l'Indien : Toat prend un corpj, une âme, un esprit , an visage.

■ Dwidjas, errant pendant la nuit, amenant avec eux le bonheur, mais

• toujours redoutables au jour appelé Parwan!

• Puissé-je aussi ctrcloujours protégé par ces Grabas terribles, nés de la

• bouche de Brabmà, et formés du corps de Roudra; par ces maladies [djwa-

■ ra) nées de Scanda, de Viclinou et d’autres; fantômes vigoureux, mena-

■ çants, superbes, nés de la colère, et pleins eux-mêmes de colère, cruels,

• attaquant les Souras, errant la nuit sous la forme de lions; monstres armés

• de dents, au regard caressant, au ventre pendant, aux yeux rouges, re-

• marquables par leur nudité indécente prenant toutes les formes; tenant « è leur main des épées, des lances, des tridents, des haches, des dards,

• des boucliers, des cimeterres; ayant à leur disposition l’arc de Siva

• la foudre, la massue divine, et l’arme de l’imprécation; portant le bâ-

• ton et le vase de l’anachorète la djâlâ ” du pénitent, ou bien l’ai- « grotte du héros; savants dans les Vèdes et les Védàngas; toujours parés

• de leur cordon; tantôt ornés de serpents en forme de guirlandes, tantôt

■ parés de pendants d’oreille, de bracelets, de vêtements précieux et de

• tresses de fleurs; ayant des têtes d’éléphant, de cheval, de chameau,

■ d’ours, de chat, de lion, de léopard, de porc, de hibou, de loup, de

• cerf, do souris, de buffle; nains, contrefaits, bossus, les cheveux mal

• coupés; s’élançant par troupes innombrables, les uns redressant leurs

• cheveux en djdtâ, les autres pareils au blanc Kclêsa, ou éblouissants « comme le soleil, d’autres semblables à la nuée, ou bien k une masse de « couleurnoire; n’ayant qu’un pied, portant deux têtes; dépourvus de chair; « montés sur un jwlmier qui leur sert de jambe; malades, objets de terreur,

• habitant les lacs, les puits, les étangs, les mers, les fleuves, les cimetières,

• les rochers, les arbres et les maisons vides!

• Que j’aie pour gardiens continuels les divers ordres de génies célestes

• et leurs chefs, Nandin, maître dos grandes tribus divines, le robuste

• Mahâcâla les deux fièvres (djwara) qui sont la terreur du monde, et

• issues, l’une de Mahésvvara et l’autre de Vichnou, Grâmanî, Gopâla,

** Nandin et Mah&c&la, chclâ des ordres célestes, sont les deux chambellans du séjour de Siva.

** Nom de Sivt. Voyes lect. clxxviii. Tous les noms qui vont suivre sont des épithètes du

(Ijaghaninah.

Appelé Pinàca.

** Voyes le» lois de Manou , lecl. ii , si. 64» et aillcurs-

** Voyex ibid., si- 319*

« Bhringarîti, Ganéswara, le divin Vâmadéva, Ghantâcarna, Cabandhama,

• Swétamoda, Capâlin, Djambhaca, Satroutâpana , Madjdjana et Ounma-

• djdjana, Santiipana et Vilâpana, Nidjagbàsa, Ghasa, Slhoûnâcarna , Pra- « sochana, Oulcâmàlin, Dhamadhama , Djwûlàdjihwa, Pramarddana , Sang- « hattana, Sancoutchana, Câchtabhoûta (Câchtalakcba) , Sivancara, Coutn- « bhânda, Coumbbannoûrddhan, Rotchana, Vêcrita, Graha, Anikéta, Sou->

• ràvighna, Siva, Asiva, Kcbéinaca, Pisitâsin, Sourâri, Harilotcliana, Bbî-

• maca, Grâhaca , Agramaya, Oupagraha, Aryaca, le grand Scandagraba, « Tchapala, Lomayétâla, Tâmasa, Souinabâcapi, Hridayodvarttana,Tchanda, " Coundàsin, Cancanapriya, Ilarismasrou , tous génies ailes, aussi rapides

• que la pensée, nés de la colère de Pûrwatî par troupes innombrables, « armés de lances, brillants, attachés à la science divine et à la vérité, « accoutumés à satisfaire à tous leurs désirs, et vainqueurs de leurs enne-

• mis, errant et la nuit et le jour dans les lieux inaccessibles et solitaires, « et possédant des qualités que la renommée célèbre, ou que l'ignorance

• laisse ensevelis dans l’oubli I

« Que la paix de l’àme me soit assurée par Nârada et Parv\'ata, par les <■ chœurs des Gandharvas et des Apsarâs, par les Pitris, par les motifs de - mes actions et mes actions elles-mêmes, par les désastres et les mala- « dies, par ces Mounis justes, humbles et pacifiques, tels qu’Agastya, Gâ- « lava, Gârgya, Sakti, Dromya, Parâsara, le divin Crichnûtréya, Asita Dé- " vala, Anala, Vrihaspati, Outathya, Màrcandéya, Sroutasravas, Dwcpâyana, « Vidarbha, Djcmini, Màthara, Catha, Viswâmitra , Vasichtha, le grand » Richi Lomasa, Oultanca, Rèbhya, Pôloma, Dwita, Trita, Vècàlavrikchîya, ■ Médhàtithi, Sâraswata, Yavacrîti, Cousica, Gôlama, Samvaiita, Richyas- « ringa, Swastyàtréya, Vibhàndaca, Ritchîca, Djamadagni, le grand péni-

• tent Orva, Bharadwàdja, Sthoûlasiras, Casyapa, Poulaha, Cratou, Vriha-

• dagni, Ilarismasrou, Vidjaya, Canwa, Vêtandin, Dîrghatapas, Véda, Ansou- « mân, Siva, Achtûvacra ***, Swétakélou, Ouddâlaca, Kchârapàla (Kchî-

dicu Siva , et i'orraent ici une classe de génies inférieurs, nés de Pârwati, sa femme.

'* Aciilâvacra était né contrefait , par suite d'une malédiction de son père, à qui il avait voulu donner des avis . étant encore dans le sein de sa mère. A l'âge de doiir.e ans il fut vain-

queur dans une espèce de combat d'esprit, où son père avait été vaincu. Celui-ci le fit baigner dans une rivière dont les eaux lui donnèrent la beanté qn'il n'avail pas eue en naissant. Les noms cités dans cette liste de Mounis sont sans ordre chronologique. Je n’en donnerai qu'un

• rapani), Dadhîtchi Sringin, Gôrarnoukha, Agnivèsya, Saniica, Pra-

• moutchou, Moumoulchou, par ces Richis, et beaucoup d’autres encore, ■ modèles de perfection, qui n’ont point été nommés!

« Puissent, pendant longtemps, m’être favorables et contribuer à la per- « fection de mes œuvres, les trois feux, les trois Vèdes, le Trivêdva la

• pierre Côstoubha **, le cheval Outcbtchèhsravas le médecin Dhan-

• wantari, llari, l’Ainrita, la vache, l’or, le petit lait, la moutarde blan- « cbe les brillantes et sages vierges le parasol blanc, l’orge moulu,

• la doürbâ l’argent, les parfums, l’émouclioir, l’éventail, l’invincible

• tchacra, le bœuf au large flanc, le sandal, le poison, le taureau blanc, « l’éléphant furieux, le lion, le tigre, le cheval, la montagne, la terre,

• l’oblation de grains frits dans le bourre (Iddjdit), les brahmanes, l’of-

• frande de miel et de lait, les figures mystiques appelées Swaslica, Vard-

• dhamdna et Nandyâvarita , les grains de moutarde noire, le fruit du « bUwa [Sriphala), la bouse {gomaya), le poisson, le son des tambours,

• les épouses des Richis et leurs filles le trône brillant, l’arc, le cosmé-

• tique Ilotchand le Roatchaca l’eau du confluent des fleuves, les « lotus dorés, les perdrix, les faisans, le paon, heureux habitant du jar-

exemple : AchUvacni j est nommé avant QuellUUca, son maître. Pour le mol triya , voyez la lecture xxxi « pag. 1 4o.

” Cest le sage, dont le* os servirent d’armes aux dieux contre Ica Asouras.

** Pratique de dévotion, dont il est question dans la il* lixture des lois do Manou, si. a8. Je ne sais en quoi elle consiste.

** Pierre précieuse, qui sortit de la mer barattée par les dieux, et que Gichna porte sur sa poitrine.

*** Ou tchlclièbsravas est un cheval blanc , qui sortit aussi de la mer à la même époque, avec Dhanwanlan, médecin des dieux, qui tenait dans sa main la fiole de l’Amnla.

*** G^rutarchapa : ces graines sont considérées comme mesure de poids. Plus bas il est question des grains de moutarde noire, appelée priyan^ou , et que l'on regarde c<Mnmc un parfum.

'** Je crois qu’il est ici question des Pantchacanyàs, ou cinq vierges, auxquelles les Brahmanes adressent des prières chaque jour.

Graminée, appelée communément Ücab [panicum dactylon). Voye* la note 78 de U traduction de Âieonm/a/d par .M. de Chézy.

^ On leur fait des cadeaux dans les sacrifices.

Appelé aussi gorotchand : c’est une leinlurc d'un jaune brillant, préparée avec Turine de la vache, ou avec une matière quelle vomit quelquefois. On einploiecette substance et dans 1a médecine , et pour la toilette ; elle sert particuliérement à tracer sur le front de chaque personne la marque distinctive de la secte h laquelle elle appartient.

'** Le mot routrAacâ signifie, quand il est masculin , comme ici, ri/roa ou ornement de tête. Quand il est du neutre, il a la même signification que ro/cA^ind.

• din d’Indra, le diamant, les perles, les pierres précieuses, les étendards! >

Telle est la piiére sainte, propice et féconde en félicites, que récitait jadis Râma désirant de longs jours, des richesses, la victoire. L'homme sage qui, après l'ablution et dans les jours appelés Parwan, fera prononcer ou qui prononcera cette prière, source fortunée de huit cents bienfaits, se trouvera délivré des craintes de la mort, des ennuis de la maladie et des douleurs; il rencontrera le bonheur dans ce monde et dans l’autre; il obtiendra des richesses, de la gloire, une longue vie, la pureté et la connaissance des Vèdes, les plaisirs du Swarga, une sainteté inaltérable, une heureuse lignée d’enfants, l’accomplissement de tous les vœux que peuvent former les hommes, la guérison de toutes ses maladies, l’accroissement de sa gloire et de sa famille. Pourvu que, plein de foi et de charité, il dise cette prière avec ferveur, aurait-il commis toute espèce de péché, il entrera dans la voie du ciel.

EXPLOITS DE BjVLADÉVA.

Djanamédjaya dit ;

Pieux brahmane, j’ai le plus grand désir d’entendre raconter le récit des hauts faits du sage Baladéva, glorieux avatarc de Sécha qui supporte la terre. Les personnes qui ont étudié les Pourûnas racontent tant de choses de cet invincible héros, si brillant, si magnanime! Dis-moi quelles furent toutes les œuvres de celui qui était le serpent Ananta et le premier des dieux.

Vcsampâyana répondit :

Les Pourànas nous disent en effet que Baladéva était le grand serpent Sécba qui porte la terre sur une de ses têtes, auguste foyer de lumière, être puissant et inébranlable, maître dans la science de l’Yoga, distingué par sa figure, instruit dans les Yèdes et les Mantras. Vainqueur de Djarâsandha par la force de sa massue, ce héros épargna les jours de son en-

IIAIUVANSA.

ncmi. beaucoup d’autres rois avaient suivi le roi de Magadha et furent aussi vaincus par Baladéva. Le terrible et robuste Bbinia, qui avait la force de dis mille ser])enls fut plus d’une fois obligé de reconnaître dans le combat la supériorité de ce rival.

Le fds de Djambavati Sémba, étant venu jusque dans Hastinépoura ’ enlever la lille de Douryodhana *, fut cerné par les rois et fait prisonnier malgré sa valeur. A cette nouvelle, Bâma accourut pour le délivrer, et ne put le reprendre. .Alors transporté d’indignation, ce héros fit une action merveilleuse, inconi|>arablc, divine, contre laquelle il était impossible de .se défendre. Prenant son soc guerrier, et accompagnant son action de la puissance d’une imprécation ^ il ouvrit une large tranchée avec le dessein de renverser dans le Gange la ville des Côravas. Le prince Douryodhana, prévoyant le sort qui menaçait sa capitale, donna la liberté à Sàmba et à son épouse, cl voulut devenir lui-même le disciple du grand BalarAma : le chef des Gourous prit ce héros pour maître dans l’art de manier la massue. G’est ain.si que la ville d'FIa.stinâpoura fut arrachée de scs fondements, et voilà pourquoi elle paraît à demi penchée vers le Gange.

Tu connais encore, ô roi, l’exploit étonnant, si vanté par toute la terre, et que fit Râma de concert avec Crichna près de l’arbre Bbàndîra, lorsque d’un coup de poing il tua Pralamba *, et qu’il lança sur le sommet de la montagne le géant Dhénouca ’, qui avait pris la forme d’un àne, imprudent Délya qui expira en retombant à terre.

’ Bhiiiia est un des PÂndAvas : il était dans sa jeunesse la terreur <ics priiKCS O^ravas qu’il battait dans scs jeux. Ils rempoisoniièrenl cl le jetèrent dans le (iange. Il tomba dans la n'‘gion lies Nâgas ou scr|)ents, qui le piquèrent ; et leur |K>ison guérit l'autre poison qu'on luiavait donné. Il se réveilla et lex battit. Ceiivci se plaignirent 4 leur roi VàsouLi, qui vint le visiter : parmi le» |.»ersonnes de sa suite était Aryaca, trisaïeul maternel de Bbinia ; Aryaca obtint pour reluici, du roi des sorpenU, un breuvage qui eonteuait la force de lo.ooo Nàgas. Bliinia but ce breuvage en buil fois, et revint ensuite dans sa famille. On peut se rendre raison de cctfc fable en )>enMiil que les Nàgas sont un peuple à

l’occident de l'Inde, sur les bords du Sindboii , crhcx lesquels Bhima a pu sc réfugier.

' Djambavati était une des sept femmes de C^ricbna.

* I.«e texte porte : la ville yiu a pns son nom fie Vèlrphant. \ji mol hastin veut dire èlépkant.

* Dûurvodhaiia était l'ainé des cent ÛU du roi Dhritaràcbtra : ü exerçait l'autorité à la place de son |>ére. qui était aveugle.

* t ue imprécation est ap|>clée ici bmhmadatuia , comme si elle était le biton du brahmane.

* Voye» lect. iju

* Voyez lect. txix.

La grande rivière, sœur d’Yama, infaniounâ roulait ses ondes rapides vers l’océan : le soc de Baladéva la détourna de son cours pour l’amener k travers le Vradja *. Je t’ai déjà raconté ces derniers hauts faits du héros incomparable, qui est le serpent éternel descendu sur la terre : je t’ai cité aujourd’hui le premier, que tu ne connaissais pas , et que les Pourânas rapportent entre autres actions mémorables de ce guerrier au soc destructeur.

MORT DE NARACA.

Djanamédjaya dit :

Que üt le grand Vichnou quand il fut revenu à Dwàravati après la mort de Roukmin? Illustre Mouni, c'est une circonstance sur laquelle je te prie de t'expliquer.

Vêsampâyana dit :

Envirannés des Yâdavas, dont il était la gloire, Vichnou rentra dans Dwàravati avec toute la majesté d'un dieu ; il enrichît cette ville, qui devint le dépôt des pierres les plus précieuses et des marchandises les plus rares : il aiTéta avec vigueur les brigandages des Râkchasas, nommés AVrritas Les Dêlyas et les Dânavas, fiers des privilèges qu'ils avaient reçus

* Voyet !eci. eu.

' On distingue des Râkcliasas de plusieurs espèces. M. Wilson les divise en trois classes: la première est composée de demwlieux , qui ordinairement accompagnent Couvéra; la se* coode comprend des spectres, des lutins, des ogres, habitant les cimetières, aimant les cadavres , troublant les sacrifices et dévorant les hommes ; dans la troisième on range ces êtres ennemis des dieux, qui sont les Titans de la mythologie indienne, et sont confondus sous ce rap port avec les Asouras . les Dètyas et les Déna*

vas. Les Ràkchasas sont regardés tantôl comme fiU de Casyapa (voyez pag. 33) , tantôt comme enfants de Poulastya. Le brahmane Nirriti, demi-dieu et régent du sud-ouest, doit être considéré comme le père des Nérritas. Si par le mot Rdkcka$a on désigne quelquefois, ainsi que je le suppose, des peuples sauvages et vivant de rapine , il semble que ceux qu'on distingue par le nom de Nérritas devaient être placés au sudouest de l'Inde , et par conséquent ils étaient les voisins deCrk-hna, établi en ce moment a Dwâravati.

du père des dieux, voulurent troubler son bonheur : le héros leur lit sentir la force de son bras. Parmi les ennemis qui s'élevèrent contre lui, on distingue un Dânava, souverain de Prâgdjyoticha *, qui était la terreur des Souras, et l’adversaire déclaré de leur roi : il se nommait Naraca. Conservant toutes les formes extérieures, il dépossédait les dieux et les Richis pour les remplacer par ses créatures, qu’il façonnait à leur image. Ce Dânava, fils de la Terre (Bhoûmi), et par* cette raison connu sous le surnom de Bhôma, se rendit dans le Caserou \ et là, sous la figure d’un éléphant, il enleva une fille de Viswaearman, belle et âgée de quatorze ans. Naraca, dans l’égarement de la passion qui lui ôtait tout sentiment de crainte ou de regret, pour faire oublier à son amante la violence qu’il commettait, lui disait avec orgueil : « Toutes les pierres précieuses que « possèdent les dieux et les hommes, que produisent la terre et l’océan, • aujourd’hui même, les Nerritas, les Dêtyas et les Dânavas vont venir « m’en faire hommage. > 11 dit, et en effet, Bhôma vit bientôt à ses pieds des monceaux de pierreries et d’étoffes précieuses. Ce prince , abusant toujours de sa force, prit parmi les filles des Gandharvas, des dieux et des hommes, et les sept ordres des Apsarâs, seize mille cent femmes dont il fit ses épouses, et dont les cheveux artistement unis en tresses retombaient en une seule touffe sur le derrière de leur tête \ 11 leur fit préparer une habitation magnifique , appelée Maniparwata : il en fit une seconde dans Alacà ® qui se trouvait non loin du quartier de Mourou C’est là que.

* On place cette ville à l'orient <le rinde, dans le pays d'Asam. Suivant Wilford, c'est aujourd'hui Gohati , au delà de Gwal|K>ur. La contrée où elle se trouvait se nommait aussi Càmaroûpa. Si Naraca était roi des N'érritas, je ne conçois pas bien comment sa capitale se trouvait placée à une distance aussi éloignée dons l'est. Il est possible aussi que tout ce récit ne soit en quelques parties qu'une allégorie, représentant un des phénomènes physiques qui se passent au lever du soleil : car le mot Prâg~ (ijyoticha signifiant lumièrt de l'orient, le poète aura pu se laisser aller au plaisir des allusions dans un sujet ou Crichna était le héros. Le lecteur va lui-méroe en juger.

’ La Caserou est une des neuf divisions du E^ambou-dwipa. La carte 6 du Mémoire de Wilford inséré dans le VIII' vol. des Recherches asiatiques, place cette contrée à l'orient.

* Ce genre de coiffure porte le nom de véni. ‘ Ce mot signifie montagne de pierrot pré-

cieases; le palais du régent du sud-ouest se nomme aussi Manimandapa , maison de pierres précieuses. Voyez la clv* lecture , vers la fin.

* Ainsi se nomme la capitale du dieu des richesses , Couvéra ; elle est placée sur le mont Kélàsa.

^ Je serais tenté de substituer à ce mot le nom du mont Mérou. Ce passage est obscur. M. Wilson , dans ses notes de l'Essai sur l'his-

près du roi de Prâgdjyoticha , siègent sur des trônes brillants ces épouses, les dix fils de Mourou, et les principaux Nêrritas. Le prince lui-même, placé aux confins de l'empire des ténèbres se montre lier du privilège qu’il a reçu de Brahmâ.

Jamais les forces réunies des Asouras ne présentèrent rien de plus terrible que la puissance de Naraca. Cet enfant de la Terre, ce monarque de Prâgdjyoticha, osa insulter Aditi et lui arracha ses pendants d’oreilles’. Son royaume avait quatre gardiens invincibles dans les combats, Hayagrîva, Nisounda, Pantchanada et Mourou. L’orgueilleux Asoura, entouré de scs nombreux enfants, couvrait au loin la voie des dieux, et portait l’effroi dans l’âme des dévots en leur montrant les formes hideuses des Râkchasas. Mais pour sa perte était né parmi les Vrichnis, de Dévaki et de Vasoudéva, le grand Djanârddana, portant dans ses quatre mains le disque, la conque, la massue et l’èpée. Ce héros puissant, dont la gloire était répandue par tout le monde, habitait alors Dwâravatî, embellie souvent de la présence des dieux. Cependant cette ville , entourée de l’océan , ornée du voisinage de cinq montagnes, brillait aux dépens d’Indra; et dans cette cité pareille à celle des immortels, s’étendait, de la largeur d’un yodjana, la fameuse salle d’audience aux portiques d’or, que l’on appelait Dàsârhi " et qui avait été enlevée aux habitants du ciel. C’était de là que les Vrichnis et les Andhacas, présidés par Crichna et Râma, gouvernaient toute cette partie de la terre.

Un jour qu’ils étaient en conseil, tout à coup le vent leur apporta un parfum divin; une pluie de fleurs tomba sur la terre. L’air était inondé de lumière, et des acclamations bruyantes, partant du ciel, semblaient s’ap-

loire du Cacbemir, semble confondre ,^oun>tt avec ^farou , le Marwar d'aujourd'hui , ou avec le Marouca de Ptolémée dans la Sogdxaoe , ce qui complique 1a diflicullé « car ainsi \araca aurait eu trois résidences, l'une à l'est, l'autre dans AlacA, au nord, et la troisième à l’ouest

' FRIT! tamasah pâri.

* Je ne sais pas ce que le |x>6te, dans son langage allégorique, pourrait désigner par ces deux pendants d'oreilles d'Aditi , mère des Àdi-

tyas, ou formes du soleil. Voudrait-il indiquer par cette expression rorieni et l'occident, dont Naraca se serait rendu maître ^

** Ainsi sont dépeints ces Râkchasas, qui plus d'une fois se trouvent dans cette lecture désignés pffr les épithètes rin>u/Mi. e(

werito,

ht mot Dâsârhi est une épithète par laquelle on indique ce qui appartient aux Yèdavas, dont le pays portait le nom de Dasârha.

prochcr du séjour des humains. Enfin , au milieu d'une auréole lumineuse apparut Indra , monté sur un éléphant jaune et entouré des diverses classes de divinités. Râma, Crichna, et le roi Ougraséna avec les autres Vrichnis et Andhacas, s’avancèrent vers le prince des Souras, et lui adressèrent leurs hommages. Le dieu descendant aussitôt de son éléphant, emlirassa Crichna, Baladéva et le roi fils d’Ahouca ; il reçut avec reconnaissance les honneurs que lui rendaient Râma et Crichna, et entra dans la salle d’audience qu’il cmhellit en ce moment de sa splendeur divine. Il s’assit sur un trône, où, suivant l’usage, on lui présenta i'argha et l’eau pour la bouche et les pieds.

.\lors élevant sa main vers le visage de son jeune frère ” pour le disposer en sa faveur, le brillant Indra lui dit : • Fils de Dévaki , puissant vainqueur

• de Madhou, écoute pour quel motif je me rends aujourd’hui près de

• toi. Un Nérrita, nommé Naraca, fier de la protection de Rrahmâ, a, dans

• sa folle présomption, enlevé les deux pendants d’oreilles d’Aditi, et pour- > suit d'une haine implacable les dieux et les Richis. Considère aussi le

• danger qui te menace toi-même, et donne la mort à ce pécheur obstiné. Le

• vaillant fils de Vinatâ, Garouda, soumis à tes ordres, te transportera par ■ la route des airs vers cet Asoura, enfant de la Terre, qu’aucun autre « être que toi ne saurait vaincre. Viens, par la mort de cet ennemi des

• dieux, te donner à toi-même un facile triomphe. »

Ainsi parla le prince céleste au grand Késava, qui lui promit la mort de Naraca. Aussitôt chargé de son disque, de sa conque, de sa massue et de son épée, il monta sur Garouda accompagné de Satyabhâmâ “, et partit avec Indra, qui, porté sur son éléphant, remonta les sept mondes supérieurs à la vue des chefs Yàdavas. De loin ils hrillaient tous deux comme le soleil et la lune; au milieu des chants dont les Gandharvas et les Apsarâs faisaient retentir les airs, le roi des dieux disparaissait peu k peu. Enfin il rentra dans son palais, et Crichna se dirigea vers Prâgdjyoticha. Le souille du vent, combattu par le mouvement des ailes de Garouda, prenait une direction contraire : les oiseaux erraient çà et là , effrayés des sons terribles

" fTTÜJT pknJoam.

^ Crichna eut confondu avec Vîchnou, lequel, en qualité d'Adilya, e&l frere d'Indra V oyei iecl. u . pag. 5 1 -

Ce»t une de »es épou»es, comme nou»

l'avons vu Iccl. cxvi.

fopttucandha. Nous avons déjà renu’ontré celte expression, lecl. xuv, pag. 307

que rendaient les nuages. Le héros , en un instant , eut traversé les airs sur sa monture ailée , et vint s’arrêter à la porte , où de loin il avait aperçu une armée immense formée d’éléphants, de chevaux et de chars. Il voyait, entre autres, les six mille guerriers de Mourou armés de nœuds coulants que terminait le tranchant d’un rasoir Monté sur Garouda, il apparaissait, portant dans chacune de ses quatre mains son disque, sa con([ue, sa massue et son épée, vêtu d’une rohe jaune, entouré d’un nuage noir, étalant sur sa poitrine sa guirlande de fleurs sauvages et le signe du Srîvatsa, aussi brillant que la lune, paré d’un diadème, semblable au soleil ou à Tchandramas ” environné d'éclairs. A sa vue, un bruit s’élève, pareil à celui du tonnerre:» C’est Vichnou! » et soudain le Dânava Mourou, terrible et fort comme Céla, accourt, les yeux rouges de colère. Il lance un long javelot qui brille autant que l’or et la pierre précieuse, et traverse l’air avec l’éclat d’un météore enflammé. Avec une flèche '* dont la tête est formée en demi-cercle, le iils de Ya.soiidéva, étincelant comme l'éclair, coupe en deux morceaux ce trait qui arrive, [>orté sur ses ailes dorées. Mourou, que la rage transporte, brandit sa massue, et son courroux s’exhale en accents aussi bruyants que la foudre lancée par Indra. D’une autre flèche que chasse la corde de l’arc ramenée juscpi’à son oreille, Crichna frappe par le milieu cette massue tout ornée d’or, et d’une troisième “ il abat la tête du Dânava. Vainqueur de Mourou, il brise tous les lacets de ses soldats, tue ses enfants, et terrasse les Ràkchasas furieux, défenseurs de Naraca.

Je traduis aussi exactement qu’îl m est possible. fTT5T Icïioumnia pâtti.

L'arme appck'e pàsa est fort ancienne. Dans ies antiques traditions de Perse ou dit qn'un ange la donna a TlicimouraU. Certains |K;iiple5 de rinde actuelle, de même que les Kirglm, et les indigènes des Pampas de Buenos A) rcs , ont une extrême habileté à sc servir de ces lacets, avec lesquels ils arrêtent les animaux sauvage* et leurs ennemis. Les poètes donnent le pâta pour arme à Varotma , dieu de In mer : le Ilot poussé* vers le rivage ressemble, en e0el , à un lacet lancé, et ramené ensuite par celui qui l'aurait envoyé. Les Bechcrchcs asiatiques,

\IP vol- . pag. a 7$ , fournissent quelques détails

sur le pûsa, et font remarquer que deux auln.« dieux, Yama cl Cala, sont aussi représentés avec celte arme. Ici le mot ArcWrtfAfa semble désigner une espece de lame tranchante, atta* chée à la corde du lacet*

” Nom de la lune.

'* Celte flèche s’appelle ou

kchoarapm ou khoarapra. M. \^ ilsOn dit que ces mots indiquent une flèche dont la tète ressemble à un fer à clieval.

** Cest une flèche

dont la tète est en croissant.

** Celte troisième flèche se nomme Hëî bhalla. Vovex pag. 496, note 34-

Le fils de Dévakî, s’approchant ensuite des remparts, vit le corps d’armée des Dinavas, commandé par le vaillant Nisounda, et le Dctya Hayagrîva; tous ces guerriers portaient des armes différentes. Monté sur un char rapide, Nisounda avec ses troupes défendait le passage. De son arc divin, tout brillant d'or, il décocha sur le vainqueur de Madhou dix flèches que celui-ci brisa en l'air, avant qu'elles arrivassent à leur but, répondant à son ennemi par soixante-dix traits acérés. Alors tous les Dânavas environnèrent Crichna , et leur général remplit l'air d’une grêle de flèches. Djanirddana, outré de les voir tous réunis contre lui, se servit contre eux de l'arme divine appelée Pânljanya^', et accabla cette armée d'une nuée de cette espèce de traits. Chacun de scs ennemis en reçut cinq: affaiblis, effrayés, brisés par la douleur, ils s’enfuyaient. Le Dânava, voyant la déroute de .ses troupes, s'élança en avant, et couvrit Késava d'une pluie de traits. On ne distinguait plus le soleil, ni les dix régions du ciel. Crichna etGarouda, qui lui sert de drapeau, sont environnés do ces flèches, que le premier combat par une arme divine, nommée Süvitra Cette arme lui fournit autant de traits qu’il en faut pour repousser et rompre chacun des traits ennemis. Il lance avec succès une flèche contre le parasol de son adversaire, trois contre le timon de son char, quatre contre ses quatre chevaux, cinq contre son écuyer, une contre son drapeau; enfin d’une dernière flèche, heureusement ajustée, il abat la tête de Nisounda lui-même.

Le superbe Hayagriva, voyant tomber ce Nisounda, qui pendant mille ans avait seul lutté contre tous les dieux, saisit une large pierre, et, pareil lui-même à un vaste rocher, il la lance contre son ennemi. Vichnou prend encore en main l'arme Pûrdjanya, qui brille de sept rayons, et il brise cette pierre, qui va couvrir le sol de ses éclats. Sous les traits qui partent ensuite de son arc, et qui reluisent de mille couleurs, le combat s’engage terrible et acharné, comme ceux que se livrent les dieux et les Asouras. Porté sur Garouda, il frappe à grands coups les Dânavas, qui tombent dans l’air, les uns coupés par le tranchant du soc guerrier et du cimeterre, ou percés par la pointe de la lance, les autres brûlés par le tthacra. Quelques-uns venaient avec courage affronter de près leur ennemi, et, monstres effroyables à voir, ils lançaient leure traits, qui s’abattaient sur lui

*' Celle expression signilie qtu a la forme tf un nnaqe. “ Ce mol vcul dire solaire.

comme une pluie orageuse : pressés par ses coups, couverts de sang, ils ressemblaient aux Kinsoacas ” au moment de la floraison. En vain ils opposaient leurs differentes armes aux attaques de Crichna : ils les voyaient aussitôt fracassées, et eux-mémes ils fuyaient à l’aspect du soc meurtrier. C’est alors que, les yeux enflammés par la colère, Hayagriva, s’élance avec la rapidité du vent, déracine un Vanaspaii^* haut de dix brasses le soulève et le lance d’une force que seconde l’adresse. L’arbre vole et siffle avec im son effroyable. Djanftrddana, d’un millier de flèches, le coupe, le rompt en mille morceaux ; ensuite d’un trait brûlant il atteint Hayagriva et le frappe au milieu de la poitrine. Le trait pénètre avec rapidité et ressort en perçant le coeur du robuste, du formidable Hayagriva, qui expira ainsi sous les coups d’un adversaire invincible. Le héros Yâdava, fils de Dévaki, sur ce théâtre inondé de flots de sang ”, immola huit cent mille Dftnavas.

Enfin, après avoir livré un quatrième combat, où périt Pantchanada, à l’œil difforme, à l’âme coupable, il s’approche de la brillante ville de Frâgdjyoticha. Là il fait résonner sa conque Pântchadjanya , dont les accents terribles annoncent la mort, et retentissent au loin dans les trois mondes. L’oreille de Naraca en est frappée ; les yeux rouges de colère, ce prince apparait sur son char, comme un soleil. Ce char attelé de mille chevaux est porté sur huit roues de fer, long de trois nalwas ”, enrichi d’or et de pierres précieuses; large et d’un champ” vaste, il se trouve surmonté d’un grand drapeau, que couvrent l’or ” et les diamants, et dont la hampe est d’or; le timon est chargé de pierreries et de lapis-lazuli : ouvrage incomparable , garni de grilles ” de fer, orné de peintures, rempli d’armes de diverses espèces. La cuirasse de Naraca est toute de diamants, laige, resplendis-

** Ceât l'arbre appelé auau palàsa {hutea fronikua)^ et dont les (leurs soot d'un rouge éclatant.

** Ce mot signifie maître de la Jàrét , et s'ap> plique à plusieurs especes du figuier, au jacquier, etc.

vydma.

** Ici se trouve un mot que je n'ai pas compris . ou bien

Un aalva est une distance de quatre cents coudées.

" J'ai rendu ainsi le mot

” hémadojuia. Voyet lect clxii ,

note 5.

" sTTFT <ÿd(o. Ce sont peut-être des espèces de meurtrières : le mot ^'dla signifie croiièe. 4»il de hwf.

HAIUVANSA.

«ante comme la lune, lumineuse comme un météore. Sur la tête du prince étincelle un diadème non moins radieux que le soleil; à ses oreilles pendent des brillants magnifiques. Autour de lui s’agitent les Detyas, les Dànavas, les IlAkcliasas, aussi noirs que la fumée, au corps gigantesque, aux yeux rouges, à la tète dilforme, portant des armes diverses, les uns des poignards et des boucliers, les autres des carquois, quelques-uns des lances ou des tridents. Ébranlant le sol sous la multitude de Ictire éléphants, de leurs chevaux et de leurs chars, ces guerriers sortent do la ville, disposés à combattre, entourant de leurs bataillons ISaraca, qui ressemble au dieu du Teni| >s. Au bruit des timbales, des conques, des tambours, des tamtams, qui grondent comme le nuage chargé de tempêtes, ils vont au-devant de Cricbna. Ils environnent Garouda, et commencent fattaque. L’air est obscurci d’une pluie de traits : les lances, les tridents, les massues, les épées, les haches, les flèches s’agitent et se croisent en éblouissant la vue.

Cricbna, enveloppé d’un nuage noir, prend l’arc Sirnga, tend la corde retentissante, et lance sur les Dânavas une grêle de flèches. Cette armée en est accablée et recule avec eflroi. C’était un combat é|>ouvantable que celui de Cricbna et de rhorrible HAkchasa. Les rangs de tout côté se trouvaient entamés par les flèches du dieu : les Dànavas tombaient par milliers; les uns ont les bras, le coi ou la tête coupés; les autres sont partagés en deux par le Icliacra; d’autres ont reçu dans la poitrine des flèches qui les ont transpercés; ceux-ci ont été par un coup de lance séparés en deux morceaux avec leurs éléphants, leurs chevaux, leurs chars ou leurs montures; ceux-là ont été assommés par la tiômodakî ou déchirés par des traits. Ainsi fut anéantie cette immense réunion d’éléphants, de chevaux et de chars.

NaracÆ Ht un dernier eflbrt pour se défendre : ce combat fut affreux, et je ne veux feu raconter que quelques détails. Cet ennemi des dieux, attaquant Cricbna, ressemblait à l’antique Madliou attaquant Vichnou son vainqueur. Ses yeux, son vi.sage étaient rouges de fureur : aussi terrible apparaît le dieu de la Mort. Cricbna prit son arc, pareil à celui d'Indra, et ajusta une flèche appelée Arcakinina (ravon du soleil). Ce trait divin remplit tout le char de Naraca. Celui-ci, à son tour, lança un trait merveilleux, nommé Makipdta ”, retentissant comme le tonnerre ; mais Késava cou]>a ce trait avec

“ Nom lie U roajsui' de Criehna. — ” Pcul-cIrc aussi Makùpûla

son tchacra; d’une flèche il tua ensuite l’ècuyer du prince, et frappa de dix autres flèches son char, son drapeau et scs chevaux. D'une autre eniin il coupa la cuirasse de Naraca, qui se détacha de son corps, ainsi que la peau du serpent qui se dépouille. Le Dânava, qui a perdu ses chevaux, sou char, sa cuirasse, se saisit d’un lourd trident de fer poli, orné d’or, et hrif lant comme la foudre d’Indra. Crichna voit l’arme terrible qui le menace; il prévient le coup, et d’un fer tranchant il coupe le trident. Bientôt Naraca est mis hors de combat : de son tchacra brûlant Késava tranche en deux parties le corps de son ennemi qui tombe à terre, pareil au rocher que la scie vient de séparer de la montagne. Le malheureux avait osé attaquer Crichna, qui fut pour lui ce que la montagne de l’occident “ est pour le soleil. Sa tête abattue par le tchacra roula comme la crête du mont frappé par la foudre.

La Terre, voyant la chute de son fils, prit les pendants d’oreilles qu’il avait dérobés, et vint se présenter à Crichna en lui disant : « O Govinda, la

• vie des êtres et leur perte dépendent de toi : tu te joues avec leurs des-

• tinées comme l'enfant s’amuse avec ses jouets. Voici les pendants d’oreilles « d’Aditi. Je te recommande maintenant les sujets de Naraca. >

VOYAGE DE CRICHNA .AU DÉVALOCA

Vésampâyana dit :

Le fils de la Terre, rival d'Indra, Naraca venait d’expirer : Vichnou entra dans la capitale du roi vaincu. En visitant son tré.sor, il trouva des richesses immenses, des pierreries de toute espèce , des monceaux de perles, de coiaux , de lapis-laiuli, d’émeraudes, de cristaux et de diamants. Il admira ses divans, ses trônes , son sceptre d’or, brillants comme le feu ou comme la lune aux

” Asta est le uom de celle montagne, soleil sc couche. Il en sera question, lect oexx. •ierricTe laquelle les Indiens supposent que le ' CesUÀ dire le monde des dieux.

rayons de glace, son lai^e parasol, pareil à un nuage d'où jaillissent par milliers les vagues d’une onde dorée, chef-d’œuvre que Naraca avait, dit-on, autrefois enlevé à Varouna. Tels étaient les trésors amassés par ce Naraca, que jamais Couvéra , Indra ou Yama n'en avaient possédé d’aussi merveilleux, d’aussi riches surtout en pierres précieuses. Après la mort de Naraca, de Nisounda et d’Hayagrîva, les Dânavas préposés i la garde du trésor vinrent mettre à la disposition de Késava tout ce qui pouvait lui convenir dans l’enceinte réservée du palais : « Voici, lui dirent-ils, des pierres

• précieuses de toutes les espèces; des éléphants guerriers dirigés par des

• crocs aux manches de corail, ornés de fils d’or, et de lai^s colliers, en-

• tourés d'arcs et de dards, parés de drapeaux magnifiques, d’étoffes et de

• tapis, montant au nombre de vingt mille éléphants mftles, de quarante « mille éléphants femelles; voici huit cent mille chevaux excellents et nés < dans le piays; nous nous engageons è conduire dans la contrée des Vrichnis

• et des Andhacas autant de vaches que vous pouves le désirer. Voici

• encore des étoffes de laine, des tissus de lin, des divans, des sièges, des

• oiseaux agréables et parleurs, des bois de sandal, d'aloês, de câltyaca^.

• Toutes ces richesses des trois mondes sont maintenant à vous par le droit

• de la guerre : nous les transporterons dans votre royaume. Le palais de

• Naraca offre 1a réunion de tous les biens qui ont appartenu aux dieux,

• aux Gandharvas et aux serpents. •

Hrichîkésa passa en revue tous ses trésors devenus sa conquête, et les fit sur-le-champ transporter par les Dinavas dans la ville de Dwiravat!. Elevant lui-même au-dessus de sa tête le parasol de Varouna surlequel semblent couler les ondes d’une pluie d’or, il monta sur l’oiseau Garouda , que l’on aurait pu prendre pour un lai^e nuage, et il arriva sur le mont Maniparwata : 1â souillait un vent paisible ; des pierres de la couleur de l’or y jetaient un vif éclat pareil è la clarté du soleil ; là les portes et les pointes des édifices étaient formées de lapis-lazuli; les arcades étaient parées de drapeaux. Les toiles ’ brochées d’or et suspendues au-dessus des cours des palais de Manipanvata ressemblaient à des nuages sillonnés par des éclairs.

Ce fut là que le vainqueur de Madhou trouva ces charmantes hiles des Gandharvas et des Souras, que Naraca avait enlevées, et qu’il retenait en-

’ Espèce de boisde sandal noir. — * (olriM vitàna.

fermées sur cette montagne. Toutes brillantes d’or et de beauté, elles habi* talent ces lieux comparables au séjour du ciel; exemptes de désirs, charmées de leur demeure , elles se trouvaient heureuses comme des déesses. Ces femmes, leurs cheveux relevés et réunis en une seule touffe *, vêtues de robes rouges °, saintement recueillies, affaiblies par la pénitence et le jeûne, éprouvaient le vif désir do contempler Criefana. En apprenant la lin de Naraca, de Mourou, d'Hayagrîva et de Nisounda, elles vinrent se présenter devant le chef des Yâdavas, et l'honorèrent par un profond salut *. Les vieillards Dânavas, chargés de les surveiller, firent aussi comme elles. Ces beautés, en voyant le vainqueur à l'oeil de taureau ^ conçurent toutes à la fois le désir de l’avoir pour époux. Elles contemplaient sa face brillante comme celle de la lune, et leurs sens se trouvaient doucement agités; dans leur trouble elles dirent au héros : • Le dévarchi Nftrada, qui con-

• naît les secrets de tous les êtres et les mystères de l’antiquité nous a

• révélé que celui qui est Vichnou et Nirâyana, que le dieu qui porte le

• disque, la conque, la massue et l’épée, donnerait la mort à Naraca, fils I de la Terre, et deviendrait ensuite notre époux. Nous sommes bien heu-

• reuses de voir le vainqueur qui nous a été annoncé : c’est une félicité

• qui comble tous nos vœux. ■

Crichna calma leur tendre inquiétude , et leur parla à toutes suivant leur mérite. Ensuite il les fit placer sur des litières portées par des milliers d’esclaves Râkchasas, qui , aussi rapides que le vent, emmenèrent avec un grand bruit les nouvelles épouses du vainqueur. Celui-ci ne voulut point laisser cette magnifique montagne, comparable en éclat au soleil et à la lune, ornée d’arcades tontes d’or et de pierres précieuses, couverte d’oiseaux, d'éléphants, de cerfs, de serpents, d’arbres, de rochers, de gazelles , de sangliers, d’antilopes, offrant de superbes cascades, des plaines étendues, des collines variées, admirable séjour des cerfs, des faisans et des paons; Vichnou, de ses bras vigoureux, déracina de ses fondements le sommet du Maniparwata et le plaça sur le dos de Garouda. L’oiseau emporta, comme en se jouant, et la montagne et Crichna accompagné de Satyabhâmâ. Toutes

^ Cette coiffure s'appelle vénf. ^ Cett la traduction littérale du mot

’ WïFTffT ciehi^ imïïüT rickabhâJccha : ce qui rappdle le

* Cest>à-dire en pcenaut U postun du en* mot par lequel Homère distingue ordi*

lânJjuU. nairement Junon.

les régions de l’air retentissaient sous les coups d’ailes de Garouda, qui apparaissait aux yeux comme un des pics de l’IIimâlaya. Les sommets de la montagne ainsi transportés s’agitaient, les arbres s’ébranlaient, les nuages dans leur course se trouvaient entraînés ou fendus.

L’oiseau de Vicbnou, avec la rapidité du vent, arriva dans le voisinage du soleil et de la lune; bientôt le Mérou, séjour des dieux et des Gandharvas, s’offrit aux regards de Crichna, qui put contempler toutes ces habitations divines, celles des Viswas, des vents, des Sâdhyas et des brillants Aswins. Enfin il découvrit le monde de toute pureté, le Dévaloca, et entra dans la demeure d’Indra. Il descendit de dessus Garouda ®, et s’avança vers le roi des dieux, qui lui rendit son salut avec empressement. Crichna, accompagné de son épouse, adressa ses hommages à Indra, et lui remit les pendants d’oreilles d’Aditi. Il reçut les éloges du souverain du ciel, et un beau présent de pierres précieuses : SatyabhAmâ fut aussi honorée convenablement par la fille de Pouloman ®. Ensuite Indra et Crichna se rendirent ensemble au palais merveilleux d’Aditi , mère des dieux. Ils aperçurent cette déesse, trésor de vertu et de pénitence, assise au milieu des Apsarùs qui l’environnaient. L’époux de Satchî, Indra, appelé aussi Pourandara salua sa mère et lui rendit ses pendants d’oreilles. Il lui présenta Crichna en faisant l’éloge de ses exploits. Aditi serra dans ses bras se.s deux enfants ", et leur adressa les paroles les plus flatteuses et les j)lus amicales. Satchî et SatyabhAmâ, unies déjà par le plus tendre sentiment, touchèrent respectueusement les pi^s de la vénérable déesse. Celle-ci leur parla avec bonté , et se tournant ensuite vers Crichna, elle lui dit : « Tu « es fait pour avoir la supériorité sur tous les êtres : nul ne pourra te vaincre. • Le monde t’honorera autant qu’il honore Indra lui-même, le souverain « des dieux. O Crichna, tant que tu .seras homme, ta charmante épouse, Sa- « tyabhAmâ, .sera la première des femmes ; toujours belle, toujours agréable, « exhalant un parfum divin, brillante, pleine de force et de jeunes.se, elle n sera célébrée dans tous les mondes et ne connaîtra point la vieillesse. »

Crichna, après avoir été honoré par la mère des dieux, reçut encore des

* (iarouila esl id désigné par le mol Târkchya , nom pali-onymique formé de Tàrkclia, qui esl une épillicle de Gisyapa.

* Salchi, épousé d'Indra.

'* Epilhèle d'Indra , nubium conlrilor.

" II faul se rappeler qu'.\dili , comme mère des .Âdilyas, a donné le jour à Indra cl à \ icbnou.

rcinercimenU et des présents d'Indra. Il remonta sur Garouda avec Satyabliâmâ et parcourut le jardin des dieux, où il fut accueilli avec respect par le.s Souras et les Richis. Il remarqua dans ce jardin un arbre divin, que vénèrent les dieux, et qu’on nomme Pdritÿd (a ”, arbre charmant qui porte sans cesse des fleurs, qui répand une odeur pure et suave, et qui a |K)ur privilège de rappeler au mortel qui le rencontre ses naissances antécédentes. Les dieux le gardaient avec soin : Crichna usa de sa toute-puissance pour le prendre. Il l’arracha avec ses racines, le mit sur Garouda, et avec Satyabhâmft, objet d’admiration pour les ApsarAs elles-mêmes, il reprit par la route des airs le chemin de Dwâravati. Quand le roi des dieux apprit cette action de Crichna, il n’eut pas le courage de la désapprouver. Honoré par les dieux, loué par les Saptarchis, le jeune frère d’Indra quitta le Dévaloca pour retourner à Dwâravati, et acheva en peu de temps la longue route qu’il avait à faire. Enfin , porté sur Garouda et illustre par un nouvel exploit, Crichna revit la ville des Yâdavas.

“ L'auteiirett ici en contradiction avec lui- conquête qui fut précédée d'uoe longue lutte

même; car les lectures suivantes vont être em- avec Indra, et coûta plus de peine que no

ployées à raconter la conquête de ce Péridjâla. semble l'indiquer ce passage.

FIN Dt' TOME PaEMlEK.

Page 1