‹ Harivansa, ou, Histoire de la famille de HariChapitre 8 sur 55 · DIVISION DES M.V->W.\NT.\R,\S · texte numérisé non relu

DIVISION DES M.V->W.\NT.\R,\S

Djanamédjaya dit :

Savant Mouni , daigne me dire comment on compte un Manwantara et ses âges (yoiiga), et quelle est la mesure d’un jour de Brahmâ.

Vêsampâyana répondit :

Un distingue trois espèces de jours ; jour humain (lâkica), jour de Manou (miînaca), jour supérieur ou divin {para) ‘. Ecoute, 6 prince, les détails et les calculs que je vais te donner à ce sujet. Quinze Niméchas ’ font une Câchthâ; trente Càchthâs, une Calâ; trente Calâs, une heure (moahoùrtta) ; trente Mouhoûrttas, un jour (ahoràtra) ’ mesuré par le cours de la lune et du soleil; mais c’est surtout la marche du soleil qu’il faut observer ici. Quinze jours forment un Pakcha; deux Pakchas, un mois; deux mois, une

‘ Le manuscrit de M. Tod ne pnrie que des jours humains et divins

les seuls dont il soit également fait mention dans les lois de Manou , lect. i , si. 55.

* Nimécha est l'espace de temps mesuré par

un clin d'œil. Les lois de Manou, lect. i, $1. 55. disent qu'il faut dîx-huit Niméchas pour une CâchlhÂ.

* L’aAord^ra est le jour astronomique, le jour et la nuit.

saison {ritoa) *. Une année renferme deux semestres appelés ayanas un Ayana, trois saisons (ritou). Des deux Ayanas, l’un est méridional et l’autre septentrional.

Le mois ainsi composé de deux Pakcfaas est reconnu par les savants pour être un jour entier des Pitris, dont le Pakcha noir* est le jour, et le Pakcha blanc la nuit. C’est pendant le Pakcha noir, qui est le jour des Pitris, qu’on célèbre le sràddha ’ en leur honneur.

Ce qui, suivant le calcul humain, est une révolution annuelle (sonivatsara), est un jour entier des dieux : l’Ayana septentrional est leur jour, l’Ayana méridional est leur nuit. C’est là ce que nous ont enseigné les sages et les savants.

Dix années des dieux font un jour de Manou; dix jours des dieux font un Pakcha de Manou; dix Pakchas des dieux , un mois de Manou; douze mois des dieux, une saison {ritou) de Manou : tel est le secret des hommes instniits.

Quatre mille années [varcha) composent l’âge (yoaga) appelé Crila. Le Sandhyâ et le Sandhyânsa * de cef âge sont chacun de quatre cents ans.

Le Trétâ est formé de trois mille ans; son Sandhyâ et son Sandhyânsa, de trois cents chacun.

* Les Indiens comptcul six saisons dont

voici les noms; Wilra* vasanta (printemps), grichma (été) , idnida (autoaiuo),

manta (hiver).

* Ayana signifie route : c*est une moitié de l'écliptique coupée par l'équateur.

* Le mois lunaire est partagé en deux moitiés: le Pakcha noir est celui qui court de la pleine lune à la nouvelle; le Pakcha blanc va de la nouvelle à la pleine lune. Les Pitris ou mânes habitent le côté non éclairé de la lune, qui est divisée en seize parties appelées calâs ; et comme on croit que la lune est le réservoir de l'ambroisie, on suppose que, chaque jour de son déclin , les Pitris cl les dieux prennent une de ces parties.

' On appelle srâdJha les cérémonies funèbres célébrées en l'honneur des mânes. Vo)'es les Lois de Manou. Voyez aussi les Recherches asiatiques, tome VU.

' Le Sandhyâ est une période de temps qui s'écoule au commencement de chaque âge. Ce

mot signifie crépuscule. Ou distingue le crépuscule du matin « qui précède l'Yonga , et le crépuscule qui le suit : cVst ce crépuscule du soir qu’on appelle aussi <SandAvr!/ua, ou partie du Sandhyâ. Au lieu de Sendliyâ, on dit encore Sandhi t qui signifie nœud, conjonction. On peut remarquer, sur l’emploi du mot yoii^a, que c'est un âge simple, comme le Oila ou le Trétâ, etc., ou bien la réunion des quatre âges : dans ce dernier sons on l'apitelle encore mahâyoaga ou grand Youga. Voici le calcul pour retrouver les douze mille années divines.

Crépuscule du matin, ou Sondliyâ du

CnU /joo

Crita-ymiga. ô.ooo

Crépuscule du soir, ou Sandhyânsa. . 4oo Crépuscule du malin ou Saodhyâ du

Trétâ 3oo

Trélâyouga 3,ooo

Sandhyânsa 3oo

Sandliyâ du Dwâpara 900

A reporter 8,600

Le Dwâpara renferme deux mille ans; son Sandhyâ et son Sandhyànsa, chacun deux cents.

Les sages assignent mille ans auCali, et cent ans à son Sandhyâ, comme i son Sandhyânsa.

Telle est la division des (juatre âges [youga) appelés Crila, Trétd, Dvàpara et Cali, en douze mille années divines. Or nos maîtres nous ont appris que soixante et onze périodes de quatre âges forment un Manwantara. Le régne d'un Manou se partage aussi en deux Ayanas, l'un méridional, l’autre sep* tentrional. Lorsque les deux Ayanas d'un Manou sont finis, un autre Manou survient, et subsiste autant de temps que ceux qui l’ont précédé. Quand un de ces régnes est terminé , l'année (samvalsara) de Manou est finie. Voilà aussi la révolution de temps que le Mouni, qui voit la vérité, appelle un jour de Brahmà, et qu'on désigne sous le nom de Calpa ’.

Les savants donnent encore le nom de nuit de Brahmâ à une période de mille âges (youga) ‘®, pendant lesquels la terre est submergée avec ses montagnes, ses bois et ses forets. Au bout de ces mille âges, le jour complet

Le calcul do qualone Manwantaraa , en y comprenant un SnndhyA, donne réoorme somme de 4>3ao/>oo.ooo d'années. Voyet dans !e Mémoire de Bentley , la manière dont il duit tous ces calculs exagérés , et commenl un Mahiiyouga peut n'ètrc plus qu'une période de cinq ans.

' Je ferai remarquer qu’il faut aussi distinguer deux espèces de Gilpa ; il y a les Calpas particuliers , composés de la somme des yt MahÂyougas; il y a encore le grand Calpa, composé des i4 Manwantaras. Il n'est ici question que d'un Calpa particulier.

'• Qtielle est respccc de ces Yougas ? Comment les suppute-t-oo ? car ce mot a une acception spéciale, comme il a aussi une signification vague et indéterminée. Je dirai que Tusage, pour ce complément du Calpa,

est de le compter comme le Salyayouga. Ce ccmiplémenl du Calpa porte auasi le nom de Sandhyâ ou de Sandhi : car il sert à joindre les deux périodes ; il sert de crépuscule de nuit k l’une , et do crépuscule de jour k Tau-

Report 8,600

DwÂpara-youga. 3.000

SandhyAnsa 300

Sandhyd du Cali 100

Caii-youga.. 1,000

Saadbyansa 100

Une note écrite en sanscrit en roai^c du manuscrit bengali , et qui s'accorde avec les calculs de Bentley, estime ces années divines en années communes, de cette manière :

Crita, ou Sat\a-youga. . 1,738.000

Trétà 1,396,000

Dwàpara 864«ooo

Cali 433,000

En multipliant ce nombre 4t330,ooo

par 71 Mabnyougas qui compo- 2^

sent le Manwantara, on obtient. 306,730,000 On y ajoute le Sandhyâ JrJ «

Ce qui porte le total d'un Manwantara 4 3o8,443,ooo

«le brahmà est terminé; ce complément est appelé la fin du Calpa. Ces soixante et onze périodes renfermant chacune, comme nous l’avons dit. les quatre âges Crita, Trétà, Dwâpara et Cali, et de plus cette dernière addition, composent un Manwantara.

Il y a quatorze Manous, dont les Vèdes et tous les Pourânas célèbrent la gloire. Brillant d’un éclat racbeux, ils sont les pères de tous les êtres; et publier leurs mérites, c’est pour nous une source de prospérités. A la fin de chaque Manwantara surx ient une destruction générale (samAûra); après cette destruction arrive une nouvelle création. Je parlerais cent ans, «|u’il ne me serait pas possible de décrire ces règnes successifs des Manous, ramenant tour â tour la naissance et la fin des êtres. O fils de Bharata, le moment de la destruction arrive, quand les dieux du Manwantara et lesSaptarchis, tous d’une pénitence, d’une dévotion, d’une science accomplie, s’arrêtent et cessent enfin d’agir : c’est-à-dire à l’époque où les mille âges de la fin du Calpa sont achevés.

Cependant tous les êtres brûlés par l’ardeur du soleil, précédés de Brahmâ et des .4dityas, sont entrés en Nârâyana, qui est llari, vénérable maître de la dévotion , dieu qui n’est point né et qui s’unit à la matière ( kchétradjna ), qui à la fin de tous les Calpas devient le créateur de la nature entière, dieu éternel et spirituel [avyacta), de qui dépend tout ce monde. “ Sur Punivers règne une nuit profonde : tout n’est qu’une mer au sein de laquelle est Nârâyana. Cette nuit est celle «le Brahmà; comme on l’a dit, elle dure mille âges (yoii^a), pendant lestpicls le dieu est livré au sommeil. Enfin l’aïeul des mondes se réveille : alors il songe à la création, et s’occupe aussitôt du grand œuvre. Ainsi le racontent les Pourânas : ce monde est produit , formé

tre. Voilà aussi pour quelle raison on l’appelle la nuit de Brnlimâ.

*' Depuis cet endroit jusqu’à ralinén suivant, ce passage n'est que sur le manuscrit dtl’TaoA* gari de la Bibliothèque royale.

" J'ai déjà dit (|uc la poésie s'ôtait emparée de rUIôc de celle périotle des Manous pour représenter la révolution annuelle. I/automnc des Indiens amène des inondations que l’exagération po<'lique dé|)oint comme une vaste mer : la nature alors est en quelque sorte assoupie . et

elle se rc\eille ensuite au printemps, qui est comme l'époque d'une nouvelle création. C'est à peu prés depuis juillet jii.s<|u*à novembre que dure celte saison des pluies.Voycx, dans le troisième acte du Moudrâ-Bâkcbasa, le chant de la scène de Tcbandragoupta et de Tch«inakya. Quant au Mahàyoïiga, on ne peut douter qu'il ne représente l'année, puisqu'il est dit que le Satya commence au troisième jour de la lune de Visàkha (avni), et le Cali au quinzième de 1a lune de Màglia (janvier).

par lui. Partout il rétablit l’ordre; les sièges où doivent se placer les dieu.x sont relevés; les êtres bnilés par les rayons du soleil, les Dévarchis, les Yakchas, IcsGandbarvas, lesPisàtcbas, les serpents, les Hâkcliasas , renaissent successivement. Comme on voit au printemps les divers bourgeons des plantes, ainsi à la fin de la nuit de Brabmâ apparaît de nouveau toute la création. Au moment où l’auteur de la nature se manifeste lui-même au dehors, les Manous, les dieux et les Mabarchis qui étaient en lui se montrent aussi ]K)ur se remettre à leur travail éternel, toujours saints, toujours vigilants. A cette nuit de mille âges {yoaga), le dieu, qui connaît le compte du temps, fiiit ainsi succéder le jour; ainsi ce dieu des dieux, Nârâyana, Ilari, invisible de sa nature, visible par sa création (ryactdwyacta), produit alternativement et détruit le monde.

O grand roi , je te raconterai maintenant la naissance du Manou Véva.swata, qui est le présent Manou. C’est de sa race que sont descendus les Vrichnis, dans la famille desquels est né le puissant Hari pour la perte dos A.souras et le salut du monde.

MAISSANCK Dl) MANOl! VÉVASWVTA.

Vésampâyana dit :

() prince invincible, deCasyapa et d’une fille de Dakcha naquit Vivaswàn ‘ :

‘ Nous avons vu« lect. iil, que Vivaswàn t'Uiit le nom de l'un des doute Âdityas, qui re* présentent les doute mois de l'année : c'est donc le soleil présidant À l'un des mots. Mais ici c’est un des noms du soleil , qui s'appelle ordinairement Soûrya, et qu'on surnomme encore Vhatwdn, Aditya, Màriàiuia, Vibkàvtuoa, etc. Pour plus de clarté , je n'ai employé que le mol VminMn. Le lecteur va trouver dans ce cha-

pitre une histoire aili'gorMiiie, et je laisse à sa sagacité à en expliquer tous les détails. Qu’il se rappelle seulement qu'Yama est le regent tlii midi. Qu'il sache aussi que la première des constellations lunaires est Aswini. re))résent(‘e |»ar une tète de cItevaU et que Ton retrouve dans trois étoiles de la tète du Relier : on appelle encore cette constellation Baihtyi . n>oi qui signifie jument.

il épousa Sandjnft, fille de Twachtri, que l’on connaît encore dans les trois mondes sous le nom de Sourénoa. Sandjnâ, jeune, belle et pieuse, devint donc la femme du dieu qui est surnomme Màrtànda : mais elle ne pouvait se faire à la forme de son époux, Aditya brûlant, qui, sortant de l’œuf du monde, avait le corps tout rouge de flammes, et fort peu attrayant. Cependant Ca.syapa, ignorant reflet de ces feux, beureux de revoir son fils, s'écriait avec amour : « Il n’est pas mort, mon poussin ! • C’est de ce mot que Vivaswân a été nommé Màrlünda Mais sa chaleur extrême et continuelle accablait les trois mondes. Ce dieu puissant cul de .Sandjnâ trois enfants, une fille et deux fils, qui devinrent, ô fils de Courou, d’illustres patriarches: ce fut le Manou Vévaswata d’abord ; puis deux jumeaux, le dieu qui préside aux Srâddbas, Varna, et sa sœur Vamounâ.

.Sandjnâ , voyant les traits noirs et défigurés de son epoux, ne put supporter plus longtemps la douleur qu’elle éprouvait. Klle forma une figure qui portait sa propre ressemblance et sa couleur (iarornd). C’était précisément son ombre [tclihâjd), devenue par un pouvoir magique une autre elle-même. Tclibâyâ, saluant .Sandjnâ avec respect, lui parla en ces tenues : • O la plus

• belle et la plus aimable des femmes, que dois-je faire ?Commandex, je suis

• prête â obéir à vos ordres. »

" C’est bien, lui dit Sandjnâ, écoute-moi. Je vais me retirer dans la de-

• meure de mon père. Reste ici sans crainte à ma place : prends soin pour

• moi de ces deux garçons, et de cette jeune et charmante fille. Et surtout

• sois discrète. "«Allez, déesse, lui répondit Tchhâvâ; un jour peut-être,

• m’échappant du lieu où je suis confinée pour me diriger do votre côté ,

• j’irai vous raconter toute l’aventure. Allez, et soyez heureuse. • Sandjnâ, après avoir donné toutes scs instructions à Tchhâvâ, qu’on appelle aujourd’hui Savarnâ, se rendit auprès de son père, confuse et cependant toujours vertueuse. Twachtri lui fit des reproches en la voyant. • Retourne auprès

• de ton mari, • lui dit-il plusieurs fois. Alors cachant sa forme sous celle

' C« pusage e»l fort concis , cl j'ai éU' obligé de recourir à quelques conjeclurcs. On donne au soleil l'épilbète de Ü ■ c’esl-à-dire

fui se tient dans Vteaf; je suppose que cet (ruf est relui qui représenle le monde J'ai donc

traduit ce mol parpoosiia. Œuf mort se dit mn. tdadu ; d'après la règle déjà citée, sur 1a manière d'indiquer la fdiation , la voyelle de la première syllabe est allongée ; ainsi Afdrldnda signifie Jils de Mritdnda . c'est-t-dire . sorti de cet maf fur Ton avait cru mort

d’une cavale, cette épouse fugitive et excusable se rendit dans les régions septentrionales, où tranquillement elle errait sur le gazon.

Cependant V'ivasvvân, trompe par l’apparence de l’autre Sandjné, eut d’elle un fils qui fut tout le portrait de son père, et qui ressemblait au Manou Vêvaswata son aîné. Or, ce lils fut le Manou que l’on a nommé Sdvama. Tebhâyâ donna encore le jour à celui qui porta le nom de Sanéslchara. C’étaient lÀ les propres enfants de la terrestre ’Sandjnâ: aussi leur témoignait-elle une grande tendresse, et elle semblait négliger les aînés. Le Manou Vèvaswata supportait cette préférence avec tranquillité : il n’en était pas de même d’Yania. Un jour, dans sa colère, sans trop savoir ce qu’il faisait, celui-ci menaça Tebhâyâ d’un coup de pied. La mère de Sâvama, irritée, maudit Y ama : > Que ton pied se

• détache et tombe I » s’écria-t-clle avec emportement. Yama se présenta avec respect devant son père, et lui raconta tout ce qui s’était passé. Les paroles de la fausse Sandjnâ le tourmentaient, et il craignait l’elfet de son imprécation. • Détournez de moi sa malédiction, disait-il â Vivaswân. Une mère doit

• traiter tous ses enfants avec une égale tendresse; et elle, elle nous repousse « et n’aime que nos jeunes frères. Oui, j’ai levé le pied contre elle; mais je

• ne l’ai pas touchée *. J’ai été inconsidéré, insensé ; daignez me pardonner,

• ô Seigneur, puissant maître du monde ! Ma mère m’a maudit ; mais empé-

■ chez, par votre protection, que je ne perde le pied. • « Mon enfant, lui ré-

• pondit Vivaswân, ce sera sans doute une chose difficile. Tu connaissais les

• règles du devoir, tu savais en quoi consistait le bien; et cependant tu t’es

• livré à l’emportement. 11 n’est pas possible d’échapper à la malédiction de ta

• mère. Pour qu’elle soit accomplie, je veux au moins que des vers, formés

■ dans ta jambe par ma chaleur, s’en détachent et tombent à terre. Ainsi sa « parole sera éludée, et ton pied sera sauvé. »

Cependant Vivaswân dit à celle qu’il croyait Sandjnâ : • Entre des enfants

• qui se ressemblent, quel est le motif de votre préférence? » Tebhâyâ s’abstint de répondre à Vivaswân. Alors le dieu, se recueillant en lui-même, pr

* J’ai

traduit littéralement CfTf^fôïT • Je i

veux Taire perdre à mon lecteur aucun de cex petits détaüs, qui |)CMvent mener à quelque éclaircissemeDt. Dans d’autres livres, on appelle

encore cette femme

{XikkchoMà),

ÙMiohilê.

* Je me figure dans une sphère céleste un personnage, la jambe levée, k quelque distance d'un autre; et le ridicule de ce conte s’évanouit. Cette jaïubct qui est sur le poiut de tomber, ne désignerait-elle pas une étoile particulière, descendant vers l'horizon )

ia force de la dévotion (yoga ) vit toute la vérité : il voulait maudire cette femme, ô fils de Gourou; mais il se retint. Tehliâyâ s’arrachait les cheveux de douleur; elle .sentit qu'il était temps de parier, et révéla à VivassvAn tout ce qui s’était passé. A ce récit, le dieu irrité se rendit auprès de Twachtri. Celui-ci accueillant son gendre avec les honneurs accoutumés, chercha à calmer ses feux que la colère rendait encore plus ardents.

" Tes traits, lui dit-il, défigurés par l’excès de ton ardeur, ne brillent plus

• du même éclat. SandjnA n'a pu supporter ta chaleur : retirée dans un bois,

• elle se promène sur un gazon verdoyant. Tu peux la revoir aujourd’hui

• même, cette épouse toujours vertueuse, toujours occupée d’exercices pieux.

• Mais elle est cachée sous la forme d’une cavale, se nourrissant de feuillage, « maigre, et souffrante. Sa crinière est relevée et nouée à la manière des

• pénitents^. Son esprit n’est rempli que de saintes pensées, et son corps trem- ■ blant est comme le lac qui vient d’être agité par la trompe des éléphants. « Elle mérite nos respects aussi bien que nos éloges, pour l’ardeur de sa

• piété. Cependant, ô dieu fort et puissant, écoute, et suis mon conseil, s’il

• peut te convenir. Je veux te donner aujourd’hui une forme plus aimable. • Et en effet la figure de V ivaswàn était singulièrement élargie par scs rayons, dont la déesse, quand elle habitait avec lui, s’était vue entièrement enveloppée. Vivaswàn réfléchit beaucoup au discours de Twachtri , et à la fin consentit au changement qu’on lui proposait. Alors s’approchant de son gendre, Twachtri fit mouvoir une meule qui émoussa ses rayons aigus. Une fois privée de cet éclat importun, la figure du dieu devint de plus en plus brillante, et recouvra sa beauté ordinaire. Son visage fut d’abord couvert de sang; mais bientôt de sa face naquirent douze dieux’, Dhâtri, Aryaman, Mitra, Varouna,

' La médiUtion rclipeusc tlonne à l'homme, suivant les Indiens, un pouvoir surnaturel. Le dévot jouit dans co moment d'une espèce de vision intérieure GimmenI nous étonner de cette opinion , quand près de nous , en Ecosse , on croit à la seconde vue ?

* Cette espèce de coilTure s'appelle djalâ.

’ Le poète oublie que ces dieux sont dcjànès d' Aditi , et qu'il nous a raconté leur naissance, n faut nous accoutumer à ces récits contradictoires. Voyes, en effet, ici même Vivaswàn et

Twachtri , c'est-à-dire le gendre et le beau-père, au nombre de ces dieux qu'ils viennent de créer. Nil fuit atujaàm lie impar ubi. Cette opération de Twachtri donne lieu encore à un autre conte. La face du soleil était si douloureuse, que Twachtri fut obligé de la lui frolter avec les drogues qu'on emploie pour les contusions, et de l'envelopper : ce qui donnait à cet astre une figure large et pâle. Cette allégorie s'explique par le séjour du soleil dans le nord pendant six mois , du solstice d'biver au solstice

An sa, Bhaga, Indra, Vivaswân, Poilchan, Pardjanya.Twachtri ctVichnou, qui n’est pas le moindre, quoiqu’il soit ne le dernier. Vivaswân ne put retenir sa joie, en voyant ces Adityas qui venaient de naitre de lui-même. Twachtri lui présenta aussi des fleurs, des parfums, des bracelets, une aigrette brillante, et lui dit : • Maître des dieux, va maintenant rejoindre ton épouse, qui, chan-

• gée en cavale, dans les régions du nord, étale sur le gazon des forêts ses

• formes g^cieuses. > Le dieu l’aperçoit en effet, par l’effet de sa dévotion, telle que Twachtri la lui dépeignait; par l’éclat de sa pénitence * elle surpassait tous les êtres, et se promenait sans crainte sous la forme qu’elle avait choisie. Alors Vivaswân lui-même se change en cheval : il accourt, la déesse l’attend, tous deux sont ivres d'amour : le cheval impatient s’élance, et c'est dans la bouche de la cavale que s’accomplit le mystère de cet hymen merveilleux®. Celle-ci renifle, et sa narine devient le dépôt d'un germe divin, d’où naissent les deux Aswins, Nâsatya ctDasra, dieux qui président à la médecine, et fils du huitième Pradjâpati

Vivaswân se montra bientôt après sous sa forme aimable et gracieuse à Sandjnâ, qui la vit et s’en réjouit. Varna, qui dans cette circonstance avait eu le plus à souffrir, devint Dharmarâdja, c'est-à-dire juge souverain, chargé de contenir les humains dans les règles du devoir " : dans cet emploi bril-

d'élé , c’est-à-dire du mois de Màgha au mois de Sràvana. C'est au moins ce que raconte le Bliavich)’at-poiirAna.

* Nous avons d^jà dit que ce mol pénitence n'eiprimait que le lèle avec lequel on remplit ses fonctions. Dans cette situation , Sandjnâ est devenue une constellation , Atteint, et elle a par conscient un devoir à remplir : c'est ce sens qu'il faudra toujours donner, dans le même cas, ans mots pénitence et auttérités.

* Je n’aurais point reproduit ces infamies, si elles n’indiquaient la forme et la position relative de quelques constellations. Aswiui |)orte aussi le nom de A^dncd, qui signifie luirtne. 11 y a dans la mythologie grecque une métamorphose du dieu Saturne , cl une autre de Neptune en cheval. Gérés se change en cavale , Neptune en cheval, et ils donnent le jour au cheval Ahoo. Saturne prit aussi cette forme, et eut de

Philyro le centaure Ghiron. Toutes ces fables ne sont que des allégories du même genre.

*• Qu‘esl-ce que ce huitième Pradjâpati ? En comptant le nombre des douze Adityas , je trouve que Vivaswân est le huitième. (Cependant à la troisième lecture, dieux

sont nommés clans un autre ordre.

Dkarmarâtlja signifie roi de la jastice. On donne encore à ce mol une autre étymologie, comme s’il voulait dire brillant par la justice. Ce passage semble foire allusion à cette étymologie, car il signifie lilliTalement : celut qui brille par la justice, fait briller les humains par la jastice. Yaroa est le roi des morts, chargé de surveiller la conduite des hommes pendant leur vie, de prononcer sur leur suri, de les punir ou de les récompenser. Le poêle a peut-être eu tort d'employer ici le mot Pitris ; les Pitris sont les âmes des ancêtres habitant la lune , qui

lant, il est le roi des Pitris, cl l'un des gardiens du monde. Un des fils de Tclihâyâ fut le Manou Sâvarna, qui doit régner dans le Manwantara prochain, et qui en attendant se livre sur le mont Mérou aux exercices d’une longue pénitence. Son frère Sanèstchara fut élevé au rang de planète [graha], et il reçoit les hommages du monde entier Les deux enfants de Sandjnâ Aswinî, appelés les Ndsalyas, sont les médecins du ciel De ces rayons que Twachtri avait enlevés à Vivaswân, il forma le Icliacra “ de Vichnou , que rien ne peut surmonter dans les combats, et qui fut inventé pour la mort des Dânavas. La jeune smur de ces dieux, la glorieuse viciée \ami, devint sur la terre la célèbre rivière nomnicc Yamound

Celui qui écoute et conserve en sa mémoire le récit de la naissance de ces divinités, sera délivré des malheurs qui pourraient fondre sur lui, et il obtiendra une gloire sans tache.

N.\ISS.\NCE DU FILS

Vèsampâyana dit :

Le Manou Vèvaswata eut neuf' fils qui lui ressemblèrent: Ikchwâcou , Nâbhâga, Dhrichta, Saryâti, Narichyanta, Prânsou, Nâbhâgârichta, Caroùcha et

est sous 1a d/'pcndance de Soroa et oon d' Varna. Celui-ci est encore . comme nous Tavods dit , régent du midi.

** Sanéstebara ou Sani est le régent de la planète de Saturne. Les Indiens honorent les planètes* cl surtout Sani, dont Tinfluence est redoutée. Son regard , dit-on , brûle et dévore : il fait périr les moissons, il envoie la séclioresse , et ne se plait qti'au mal. On le représente habillé de noir, et porté sur un vautour.

Ce sont U les Dioscures indiens. Cependant leurs attributions sont dÜTcrcntes de celles des Dioscures grecs.

Un tchacra&l un instrument en forme de (Üsque ou de roue. Le bord en est aiguisé et tranchant : on lance cette arme au milieu des bataillons armés , et on la ramène par le moyen d’une courroie. Le dieu Vichnou, dans une de ses ({ualre mains, tient un /cAucm, qui représente aussi le soleil.

'* L'Yamotinà est le Jumna qui descend de rilim&lava , et va se jeter dans le Gange, audessous d'.\llahal>ad.

' La septième lecture, p. 3q, lui donne dix fils, parce qu'clloy comprend sa ülle Ilâ, qui est regardée comme un garçon.

Prichadlira. Ce patriarche, ô fils de Bharata, fai.salt un sacrifice pour obtenir un enfant, sous l’influence céleste de Mitra et de Varouna Ses neuf fils n’étaient pas encore nés. Pendant ce sacrifice, et sous l'influence que je viens de désigner, Vêvaswata présenta son offrande, qui réjouit les dieux, les Gandharvas, les humains et les saints Moiinis. C’est alors que naquit, suivant la tradition, Ilâ, jeune viciée dont le corps, la robe, les ornements sont tout divins. • Viens (i7o) lui dit le puissant Manou, suis-moi, ô vierge brillante. » lift, sachant ce que le devoir exigeait d’elle, i-épondit au patriarche heureux d’avoir obtenu une fille : • Tes paroles me charment; mais je suis née sous

• f influence de Mitra et de Varouna : je vais jiaraître en leur présence , car je

• ne suis point dégagée des liens qui m’attachent à eux. » Ainsi parla la belle viei^e, et se présentant devant Mitra et Varouna, elle leur dit avec respect: • Je

• suis née sous votre influence, d dieux. Que m’ordonnez-vous? Vêvaswata m’a

■ déjà dit : Viens , suis-moi. • Mitra et Varouna répondirent à la pieuse lift, qui venait avec dévotion se soumettre à son devoir : « Sache que nous sommes

• charmés, aimable vierge, de ton zèle, de ton attachement religieux, de ta

■ vertu. Par nous tu obtiendras une beurcu.se célébrité. O femme, un jour

• tu deviendras un homme fameux dans les trois mondes sous le nom de

• Sottdyoumna, et tu contribueras à étendre la race de Manou. ■

A ces mots, elle les quitta, et retourna auprès de son père. Cependant par ses ordres elle épousa Boudha *, fils de Soma, dont elle eut Pouroûra-

Mitra. Qu'on se rappelle la signification ordinaire du mot sacrifice; ce n*cst pas seulement un acte de religion , c'est l’ensemble de la conduite d*un homme dirigé par l’amour de ses devoirs. C'est donc du côté de TcKcident que sacrifie ce Manou, fils du soleil : c’est aussi des ré'genls de celle contrée qu'lié sa fille se recunnail dépendante. Faible preuve sans doute de l’origine persane ou baclrienne de ce Manou ; mais toutefois elle peut venir à l'appui des conjectures déjà hasanit-cs sur ce |x>int.

' Le poêle rend compte de l'eiymologie du mot Ilâ, qui ressemble singulièrement au nom de la mère de Homulus , Ilia. Au lieu d'Ilâ , on dit aussi IdA et même Inî.

* Boudha est le régent delà planète de Mer-

* Mitra et V'arouna sont deux Àdityas ou deux des doute formes du soleil , qui représentent les mois derannoc.Comnierordredes Adityas n’est pas bien fixé, il n'est pas possible de dire à quel mois chacun d’eux correspond : il en c.nt deux cependant qui ont de plus les fonctions de régents des points de l'est et do l'ouest ; ce sont Indra et Varouna ; ce qui conduirait à supposer qu’ils présidaient aux mois ou arrivaient les équinoxes. Ou je me trompe, ou ce passage que nous traduisons peut être important : car un sacrifice fait dans la région du génie de l'ouest

et de son collègue Mitra {Mitrâearounayoransé) t me semble indiquer le pays où se serait trouvé alors ce Manou , pays à l’occident de riode, et dans lequel on honorait

vas. C’est après avoir mis au monde cet enfant, qu'llâ devint Soudyoumna. Ce Soudyoumna eut trois fils, distingués par leur vertu : Outcala, Gaya, et le vaillant Vinatâswa. Outcala habita le pys qui porte son nom Vinatâswa se fixa vers l’occident, et Gaya vers l’orient à Gayftpouri

Quand Vcvaswata eut quitté le monde pour aller habiter le soleil, les Kchatriyas partagèrent cette terre en dix pailies. La région du centre ’, remai^ quable par les poteaux où l’on attache les victimes des sacrifices ', et ornée parla piété de ses habitants, fut le royaume d'ikchwâcou, l’ainé de la famille. Car, en sa qualité de fille, Soudyoumna ne put avoir cette portion : mais d'après l'avis de Vasichlha, il s’établit, ô fils de Gourou, àPratichthâna où il régna par lui-même et par sa justice et sa puissance il fonda un glorieux empire, qu’il transmit à Pouroûravas.

Il donna encore en cet endroit nai.ssance à trois enfants, Dbrichtaca , Ambarîcha et Dandaca Ce fut ce Dandaca qui disposa la foret, appelée de son nom Dandacâranya , si connue dans le monde par la célébrité de ses péni-

cure. Ou le fait naître deSoma, qui est la lune, et par son mariage avec Uà» il devînt l'auteur de la race royale appelée la dynastia lunaire. IkchwAcou est le père de la dynastie solaire.

* Le manuscrit dèvaoâgari de U Bibliothèque royale ne parle point du pays d'Outcala : il dit qu'Outcala s'établit dans le nord « ce qui est fort |>eu probable; car le pays d'Outcala est, dil-on , la province d'Orissa , qui se trouve au contraire dans le midi de l'Inde.

* On croit que le pays de Gaya est celui qui plus tarri a été appelé Ma^adha. C'est atijourd'bui le IVhar, dont un district porte le nom de Gaya. La ville deGayi existe encore, et c'est un lieu célèbre de ptderinage. Fr. Ilamilton dit que Gaya a régné dans le midi : mes textes disent unanimement, Vorient.

' Les bornes de ce pays, surnommé Madbyadésa. sont données dans les lois de Manou, lect. U , si. ao et a 1 . II s'étendait depuis la contrée de V^inasana à l'occident jiisqu'k Prayâga à l'orient, depuis THimâlaya au nord jusqu’au Vindiiya au midi. Le N'inasana était au nordouest de Dehli , et Prayàga est .Vllahabad.

* Ces poteaux s'appeUent yoûpas. C’est aussi quelquefois un trophée, une colonne élevée à la suite d'une victoire.

* Pratichthina était sur la rive gauche du Gange . vis-à-vis d'Allababad. On en voit encore lia ruines à Jliousi. Son nom signifie irsidence , ce que le poète fait entendre, en

[prattchlhà iSaadyYHUiiAa,i^a).

Voilà rexplication do la fable d'üà; voilà sans doute pourquoi on a prétendu qu elle avait été cliaugée en homme : c'est qu'en effet elle avait régné en véritable roi. Ainsi se conduisit St'miraniis , gouvernant sous le nom de son (ils Ninus.

** Le manuscrit bengali porte en note que ce prince fut aussi ap|ielé Coasa. Fr. Ifamiiton dit que ce roi. et par conséquent ses freres , étaient tils d'ikcliwàcou. Il me semble que leur place même dans cette généalc^ie indique qu'ils sont fils de SoudYOumna. Le même Fr. Hamilton place le Dandacà au bas de rilimàlaya: M. Wilson le met sur la côte nord-est de la péninsule.

lents, et dans laquelle il suffit d’entrer pour être délivré de tout péché. Laissant le trône à son fils Pouroûravas, surnommé Ela Soudyoumna se retira dans le ciel: cet enfant de Vévasvi'ata avait été un grand roi, aussi distingué comme femme que comme homme, autant sous le nom d'//d que sous celui de Soudyoumna.

Narichyan ’’ eut pour fils Saca ; et N&bhAga fut père d'Ambaricha , le meilleur des princes.

Ohrichta “donna nais.sance aux Dhârchtacas, race de Kchatriyas audacieux.

De Caroùcha descendirent les Càroûchas'*, Kchatriyas nombreux et tei^ riblcs dans les combats.

Les fils de Nâbhâgârichta , Kchatriyas d’origine, devinrent Vêsyas

Prânsou n’eut qu’un fils nommé Saryâli

Narichyanta donna le jour à Dama, prince juste et sévère.

Pour Saryâti, il eut deux jumeaux, un fils et une fille. Le fils se nomma ,Inar//a , et la fille, Soucanyâ; elle épousa Tchyavana. Le fils d’Anartta fut un prince illustre, appelé Réva. Il habita le pays d’Ànartta et sa capitale fut Cousastbali. Rêvata, surnommé Cacoudmin, fut l’ainé des cent enfants de Réva, et lui succéda sur le trône de Cousasthaiî.

Ce prince, accompagné de sa fille Révati, se rendit un jour à la demeure de Brahmâ, où pendant plusieurs âges humains qui ne sont qu’un instant'*

Nom patronymique qui sigtiirie Jils (Tlld.

** n y a ici une petite difliculté : on lit Narichyan en cet endroit, et plus bas Narichyanta. C'est le même personnage cité deux fois, et avec une descendance différente. U doit y avoir une erreur : l’auteur ne serait pas revenu deux ibis , à cette distance , sur le même objet. Le manuscrit de M. Tod s'accorde sur ce point avec les autres; seulement au lieu de Saca au singulier . il dit que les Sacas sont les enfants de Narichyan : le nom de Sacas [Sacw) a été connu des auteurs de l'Occident.

“ Lee manuscrits ne donnent pas ce nom de la même manière. Les uns portent Dhrichtoa; ceini de M. Tod, Dhriehnoa et DhArchnaea; mak de même que les autres , il a d'abord ap< pdé ce fila de Manou , DhricKta.

" Jjc» Câroûchas habitaient près du MaJwa , peut-être dans le Bundelcund.

'* LesVèsyasformentla caste des marchands et des cultivateurs : ce passage indique que ces gens do guerre se livrèrent au commerce.

Le manuscrit de M. Tod l'appelle Pradjé^

pati.

" Le pays d'Anartta était au nord de la côte de Malabar. G>usasthali était, À ce qu’il parait, le nom de sa capitale; et il ne faut pas confondre ce mot avec celui qui dtkigne le pays de Canouge. DwôracA ou Dwàravali, fondée par Gichna, était dans une lie du pays d'Ànartta . au fond du golfe de Cuteb.

Le texte porte : tuie htan; mais d'après les détails donnés dans la huitième lecture, une heure divine ne ferait pas plusieurs yoa-

pour ce dieu, il assista à un concert de Gandharvas Quand il s’en retourna, il trouva sa capitale occupée par les Yâdavas. Elle avait pris le nom de Dwâravati, à cause de ses nombreuses portes, et elle se trouvait embellie par le séjour des Bliodjas, des Vricbnis et des Andhacas, à la tête desquels brillait le fds de Vasoudéva. A cette vue, Révata prit un parti fort convenable; il donna sa fdle en mariage à Baladéva, connu aussi sous le nom de lidma. Pour lui, il se retira sur le mont Mérou, pour s'y livrer aux exercices de la pénitence, confiant le bonheur de Révati à l'amour de Balaràma.

MORT DE DHOUNDHOt.

Djanamédjaya dit :

Vénéi-able Brahmane , comment se fait-il qu’au bout de tant de siècles Révatî et Révata Cacoudmin ne se trouvassent point accablés par la vieillesse? Quand celui-ci fut parti pour le mont Mérou, que devint sur la terre la postérité de Saryâti? Voilà des choses que je désire apprendre de toi.

Vésanipàyana répondit :

Dans le monde de Brabmâ, les saisons se succèdent, ô pieux enfant de Bharata, et scs habitants n’éprouvent ni les ennuis de la vicilics.se, ni les tourments de la toux et de la soif, ni l’horreur de la mort. Pendant que Révata Cacoudmin séjournait dans ce monde, Cou.sastbali fut ravagée par les Hàkcbasas impies. Les cent frères de ce prince religieux étaient pleins de courage : mais attaqués, poursuivis par les Ràkcliasas, ils se dis|>ersèrent de

dynastie, le poète fait vi>Te le dernier jusqd’au temps (le Cricbna. Les |Hnnces de cette maison portèrent peut-éti’e tous te nom de Bévata, c'est-à-dire descendant de Réva; et alors la licence du poi'te s'explique encore mieux.

gtu. J’ai donc traduit le root (moa/io4r-

tta) d'une manière gènc^alc.

“ Voilà une manière tix^s-commode d’expliquer une lacune dans une table gèiK^alogiquc. Comme on ne cite que deux princes de celte

tous côtés : la crainte pous,sa ces Kchatriyas çà et li dans diverses contrées, où leur race se multiplia. Ils se réfugièrent au milieu des montagnes, où la plupart con.servèrent la pureté de leur caste. Ainsi les C.iroûchas soutinrent l’honneur de l'ordre des Kchatnyas. Deux des lils de Nâbhigâriclita , tombés au rang des Vésyas, s’élevèrent ensuite à la dignité de Brahmane.

Pour Prichadhra ‘, ayant blessé la vache de .son Gourou ô Djanamédjaya, il fut, par suite de l’imprécation de celui-ci, réduit à la condition de Soùdra ; tel fut le sort des neuf lils du Manou Vévaswata.

IkchwJcou, son fils aîné*, eut cent enfanLs, riches et magnifiques en pré- .sents. L’aîné fut nommé Vicoukchi*, à cause de son embonpoint; et cette raison l’empêchant d’aller faire la guerre, il habita AyodhyA, où il remplit avec honneur tous scs devoirs de prince. Cinquante * de ses frères, à la tète desquels était Sacouni, furent chargés de la défense des provinces septentrionales; et quarante-huit autres, ayant pour chef Vasâti, furent préposés à la garde du midi. Ikchwâcou avait un jour invité Yicoukchi à f une des cérémonies du Srâddha, appelée achlacâ ®; les animaux de la forêt avaient été immolés, et leur chair préparée pour le moment du sacrifice. Mais le prince.

' Deux iDMiuscriU donnent t'ncAotttra d'après celui de M. Tod j'ai mis Prichadhra.

* Gouroa, en lalin gracu, csl le nom que l'on donne au uiallrc de qui on a reçu t'é* ducation apiritucllc. Hicn ne peut égaler le respect qui lui est dû, et ce passage montre quelle pouvait être la punilioii d'un outrage fait k la sainteté d'un Gourou ; car les Sotidras étaient les serviteurs des trois autres castes supérieures.

* J'ai passé ici une epiüiètc donnée au Manou Vévaswata : c’est un mot qui signifie éternuant.

^kchoui'an). J'ignore quelle a pu être

l'intention de l'auteur, à moins qu'il n’ait trouvé un rapport entre ce mot et le mot Ikchwàcaa ,

que cependant M. Wilson dérive de

{ikcfu>u)^ canne à sucre. L'élemumeiit semble être un signe de mauvais présage. Quand une personne éternue . on lui dit : • Vis : • et elle répond î • Avec vous. •

* Le mot [coakchi) signifie t'entre :

vicoukchi veut dire également on Aonime qui a du tentre ou qui est privé de ventre. J'ai choisi la première idée. J’avais eu la pensée de donner à ce mot un sens figuré; j'avais cm que vicaukchi s'appliquait à un homme qui vivait au sein , au centre d'un royaume , les autres eufants d’iichwàcou se trouvant placés aux extrémités. J'ai à la fin rejeté cette explication, quoiqu'il me fût |X)ssible de l'appuyer sur celle que M. W'üson donne de Cüracoukchiya. Outre cela , il y a (Uns la phrase un jeu de mots qui roule sur l'état où était le prince, ayodha (noa rom* battant), et le nom do la ville d'Ayodhyà ; toutefois M. Wilson traduit ce dernier mot connue signifiant uae ville contre laquelle on ne combat point. Ayodhya est U ville d'üude.

' J'ai adopté la leçon du manuscrit dévanàgari de la Bibliothèque royale. Les deux autres poiient cinq cents.

* Vachlacâ se célébrait le Imiliénie jour de

HAIUVANSA.

avant que ce sacrifice fût achevé, se mit à iiiangcr un lièvre, et partit pour la chasse. 11 reçut pour cette raison le nom de Sasâda D’après l’avis de Va.sichtha, il fut exilé: cependant après la mort d’Ikclnvâcou , illui succéda’.

Le fils de Sasâda fut plein de vaillance, et se nomma Cacoulslha. Dans une guerre des Asouras contre les Dévas ’, il vainquit les Asouras, porté sur le dos d’Indra change en taureau : de là lui vint son nom de Cacoatslha

Il eut pourfiis Aliénas : Aliénas donna le jour àPrithou; Prithou, àVichtaràswa Vichtarâsvva, à Ardra; Ardra, à Youvanâsvva; Youvanâswa, à Srâvasta, qui fut le fondateur de Sràvasti Srâvasla, à l’illustre Vrihadasvia; Vrihadaswa, à Couvalàswa, prince accompli, qui, pour avoir causé la mort de Dhoundhou, prit le nom de Dhoundlioumàra.

Djanamédja^a dit :

O Brahmane, je voudrais bien entendre le récit de la mort de Dhoundhou. Comment celui qui avait été Couvalàswa devint-il Dhoundhoumâra?

Vèsampûyana reprit :

Couvalàswa, du vivant même de son père, avait eu cent fils, tous excellents archers, tous savants, courageux, invincibles, pieux et magnifiques. Vrihadaswa prit jiour collègue son fils Couvalàswa. Ce prince, entouré de ses

chacun des trois mois pendant Ies<|ue1s on honorait les mânes.

' Le mot sasâda signifie mangeur de Uèvre. Vasichtba . qui semble avoir été lechef religieux en (>ermanence sous la race solaire, fut fâché de l'irréligion du |unnre et le fit punir. On peut voir, à la fin de la troisième lecture des lois de Manou, quelles étaient les viandes permises dans ces sacrifices , et dans quels mois on pouvait en manger. On y trouve sur ce sujet des détails minutieux, mais |>ropres â piquer la eurit^ité de l'homme philosophe qui prend en pitié les petitesses de l'esprit humain.

* Le manuscrit dévanàgari de Paris dit ; il habita Sasâdapoum.

* J'ai encore pris cette lei^n dans le même

niamisc:rit : les deux autres contiennent un mol qui m'a semblé être un nom propre, le combat ttAdtvaca.

'• Cacoiitstha signifie placé sar les épaules. BaJi allait, eu cuiisommant le centième Aswarnédha, devenir le maître du ciel. Indra demanda le secours deCiacoutstha. qui consentit à combattru pour lui. à coiidilton que le dieu le porterait sur ses épaules.

" Je ne discute point ici sur les noms de ces princes, et sur les diOerences que présentent d'autres listes. Je traduis, et je n'examinerai pas avec Fr. Hamilton si ce prince est le même que Viswagandbin et Trisancou, et si Ardra doit être confondu avec Tcbandra , etc.

'* Le docte Wilson, dans son dictionnaire.

ONZI^ÎMK LECTURE.

enfants qui étalent sa force et sa riche.s.se, entra dans une forêt, où le reçut le saint Richi Outtanca. ■ Prince, lui dit ce solitaire, vous nous dcvei secours

• et pi-otection , et je compte sur votre pouvoir. Il m’est impossible de suivre « tranquillement les exercices de la pénitence. Près de mon ermitage, vers

• ces lieux plats et arides, s’étend une mer couvcrlc de bancs de .sable, et

• appelée Oadjdjânaca. Au .sein de la terre, sous le sable, habite un Asoura,

• géant énorme et robuste, qui résiste à la puissance des dieux. 11 est fds du

• Rékcbasa ’’ Madbou, et se nomme Dhoundlinn. Il se livre aussi à de rudes « pénitences, mais c’e.st pour la perte du monde. A la fin de l’année quand

• le monstre respire, alors la terre tremble avec ses montagnes et ses forêts. ■ I..e vent de son souffle soulève une grande pous.sière qui couvre la route du

• soleil : pendant sept jours le sol s’agite, l’air est chargé d’une fumée noire, > étouffante et mêlée d’étincelles. Voilà ce qui m’empêche de re.ster dans ma

• solitude. Pour le bien du monde, o roi, donne la mort à ce géant. Que

• cet Asoura disprais.se, et que la confiance renaisse .sur la terre. Toi seul

donne 6'rdvaR/i , qu'il appelle aussi Dharmapattana. J'ignore si c'est la ville que5rdt<rii/i, |)0H6e ('‘gaiement sur les trots niamiscrlls.

'* Le lecteur doit s'accoutumer à voir eiiiployt^ indistinctement les mots Asoura et BâkciuiM . et même ceux de Déh'a et de Diinaw. Ce sont les noms des ennemis des dieux. Au commencement de ce chapitre, oti a vu figurer les Râkchasas : je s(ip(>osc qu'on (h'sîgnait par ce nom des [>euplades sauvages, mi des pirates, qui forcèrent le» habitants à se retirer sur tes montagne» pour se mettre à couvert de leurs déprédations. Mais ici il me semble que le Ràkchasa Dhotindhou est un être allégorique, servant à désigner un lieu aride, marécageux et malsain, où peut-être même était le si^ d'un volcan, soit que ce phénomène fût accidentel ou permanent. Nos journaux racontent quelquefois des faits , sur lesquels les Indiens bàliraicnl des contes mytliologiqucs. Ainsi on lit «lans le Courrier français du 5 octobre i8a8 , qu’en Murcie, entre Tottc Laguna et Vieda, il existe un petit étang dont les eaux stagnantes rendent en tout temps le pays très - malsain.

L'o jour, la chaleur du soleil enflanuna les miasmes qui s'cxltalenl de cet èlang. Les flammes, enveloppées d’un tourbillon de fumée, mirent le feu au chaume des guérels, d'où il se communiqua k une montagne voisine, et détruisit toute la végétation. Cet iiK:eiulic douna lieu à mille explications su|ierstiticuscs. ()n lit aussi dans leConsiiliitionnel du 1 5 avril iSuq, qu'à Bcniftisar. il s’est formé quatre ouvertures, dont deux lancent de la love , et les autres des vapeurs sulfureuses qu'on sentàplus d'une lieue de distance, et que les ouvertures formit*s sur l'emplncemetil de Torre Vieja jettent des lorrcnLs d'eau fétide. Je n’ai cité ces faits que pour chercher à rendre raison d’une iklion nserveilleitse.qiii {>eul être expliquée par une cause naturelle.

'* En le faisant fils dcMadliou, le |>oéle a voulu pr()l>ablement nous indiquer le moment où le phénomène avait eu lieu. C'était aux approches du printemps : j\/odàou ( j signifie doux, et s'emploie pour désigner le mois de Tchêtra, mars-avril.

60 HAKIV.ANSA.

• CS capablo de cet exploit. Dans un âge antérieur, Vichnou m’a accordé la

• mort de cet Asoiira terrible; et c’est à toi que je donne la gloire de le

• détruire. 11 ne faut pas un faible bras pour dompter ce robuste géant : on

• l’essayerait en vain pendant cent ans : telle est la force de Dboundbou, que « les dieux eux-mémes ne peuvent triompher de lui. »

Ainsi parla le grand Outtanca au pieux monarque Vribadaswa. Celui-ci lui oflVit pour cette expédition son iils Couvalâswa. • Divin Mouni, lui dit-il, ■ j’ai renoncé aux armes; mais voici mon fils qui saura, je n'en doute point,

• conquérir le nom de Dhuundhoumâra. > Après lui avoir ain.si désigné son fds pour ce glorieux exploit, le Richi royal .se rendit sur la montagne “ pour s’y perfectionner par la pénitence. Cependant Couvalâswa avec ses cent fils marcha, accompagné d’Outtanca, pour aller attaquer Dlioundbou : Vichnou lui-même vint l'environner de .sa puissance. Au moment où le héros s’avançait au combat par l’ordre d'Outtanca et pour le salut des trois mondes, une grande voix se fit entendre dans le ciel : • Oui, ce noble prince, cet au-

• guste monarque sera Dhoundhoumâra. » En même temps les dieux lui jetèrent de tous côtés de magnifiques guirlandes. Les tambours célestes retentirent , ô fils de liharata. Le vaillant prince et .ses enfants firent des tranchées dans les .sables do cette mer profonde. La force de Nârâyana lui-même vint augmenter celle du roi , qui redoubla d'activité. Ses enfants continuaient à creuser des canaux : Dhoundhou, attaqué par eux dans sa retraite souterraine, s’enfuit du côté de l’occident : .sa bouche vomis-sait des flammes, et dans sa colère, il sendilait vouloir détruire les monde.s. Les eaux qu’il soulève .s'élancent avec la rapidité d’un torrent : on dirait l’Océan qui se gonfle à l'apparition de la lune : ce sont des pluies orageuses, ce sont des vagues menaçante.s. Les feux du Ràkcha.sa dévorèrent les cent enfants du roi, â l'exception de trois. Alors le prince, avec plus d’acharnement encore, vient assaillir son puissant ennemi. Par la force de .sa dévotion, il dessèche les flots impétueux ou éteint les flammes dévorantes, et finit par donner la mort au géant, malgré le feu et l’onde qu’il emploie pour se défendre. Vainqticur et triomphant, il montre â Outtanca son ennemi terrassé; et celui-ci, pour récompenser ce prince généreux, lui accorda le don d'une

** 11 Ôtait d'u»agG dans ces anciens temps sacres ou sur les saintes monUigiies, pour ne

que les rois, fatiguôs des aflaires. cédassent le plus penser qu'à leur salut. Voy. Lois de

trdne à leurs fils^ et se reliressent dans les bois Manou, Icct. vi.

puissance à l’épreuve du temps et des attaques de scs voisins, et d’une sagesse qui ne devait jamais se démentir. 11 lui promit une place éternelle dans le séjour céleste, à lui et à scs enfants qui avaient été tués par le Râkchasa.

HISTOIRE DE TRISANCOl).

Vésampâyana dit :

Les trois fds qui restaient à Dhoundlioumâra étaient Dridhâswa, l’aîné, et les deux plus jeunes, Tcliandra et Capilâswa. Dridhéswa eut pour fils Harj'aswa; ilar^asvva fut père de Nicoumbha *, vaillant et zélé Kchatriya; Nicoumblia, de Samhatâswa, habile dans les combats; Sambatâswa, d’Acrisâsvva et de Crisàswa. Acriséswa eut une ûlle nommée llémavali; il avait épousé Drisadwatî , renommée dans les trois mondes. Son fils fut Prasénadjit. Celui-ci eut pour épouse une femme vertueuse, nommée Gôri; par l’elfet d’une imprécation de son mari , elle devint la rivière Béhoud Son fils fut le grand roi Youvanâswa, qui lui-méme donna le jour à Méndliétri, vainqueur des trois mondes. Màndbâtri épousa une fille de Sasivindou *, petitefille de Tchitraratba , nommée Vindoumali , femme pieuse, attachée à son mari , et dont la beauté n’avait point d’égale sur la terre. Elle avait dix mille frères*, dont elle était l’ainée. Elle donna é Mândbâtri deux fils : Pouroucoutsa, fidèle observateur des lois, et le vaillant Moutcboucounda *. Le fils de Pouroucoutsa fut Trasadasyou , qui fut puissant sur la terre. Celui-ci eut ,

‘ Fr. Hamilton , cherchant encore à concilia les listes, voudrait faire de Sicoambha et de Samhatâswa un seul et même personnage. 11 donne aussi à Samhatîswa le nom de Vor^nâswa « qui ne sc trouve pas ici.

' Ceat la rivière appelée aujourd'hui U Dji ienij et nommée par les Grecs tllydaspe.

' Prince de la race lunaire ; son nom SasaauidDa ou tScmvindloa désigne des marques natu-

relles qui représentent ou un lièvre, ou les taches de la lune. Sasa veut dire lièvre; et sasin, la lane. Les Indiens voient des lièvres dans les taches de la lune.

* Ce nombre est sans doute exagéré. Au reste,

l'expression sanscrite désigne quelque-

fois un nombre indéterminé très-considérable.

* Nous retrouverons ce Moutcboucoiinda dans Thistoire de Càla-yavana.

IIARIVANSA.

de NarmadA, Samhhoûta, qui donna le jour à Soudhanwan, redoutable à ses ennemis. Soudhanwan fut père du grand Tridhanwan , et Tridhanwan du sage Trayyârouna.

Ce dernier prince eut pour fils un vaillant héros, nommé Salyavraia. Un habitant de la ville, où il demeurait, avait une fille dont ce prince devint éperdument amoureux. Elle venait d’être mariée ; déjà les mains des deux époux avaient clé unies, et les saints mantras prononcés sur eux. Alors Salyavrata, par ignorance ou par passion, que sa raison fût aveugle ou égarée, osa enlever celle qu’il aimait. Le roi Trayyârouna exila un fils souillé d’une .semblable faute. ■ Fuis loin de moi! » lui dit-il à plusieurs reprises dans son indignation. « Où dois-je me retirer? » demanda aussi plusieurs fois à son père le prince banni. « Malheureux, lui répondit le roi, va vivre avec lesSwa- « pâcas*. J’aime mieux perdre mon fils que de déshonorer ma race. • D'après l’ordre de .son père, Satyavrata sortit de la ville, et le saint Richi Vasichtha* ne vint point à .son secours. Le héros alla donc demeurer près de l’endroit où se tenaient les Swapâca.s. Four son père, il se retira dans la forêt afin d’y vivre dans la méditation. Par suite de cette impiété, ô roi, tout le pays fut pendant douze ans privé de pluie : Indra resta sourd à tous les vœux. Dans ce même temps, le grand pénitent Viswâmitra s’était retiré dans un lieu voisin de la mer pour .s’y livrer à de terribles austérités; il avait renoncé à tout, même à sa femme. Celle-ci, pour subvenir à la nourriture de scs autres enfants, se trouvait obligée de vendre pour cent vaches l’aîné de ses fils, qu’elle-même avait lié d’une corde {gala) par le milieu du corps. Satyavrata, malgré sa faute, toujours pénétré de bons sentiments, vit l’enfant du grand Richi ainsi exposé en vente. 11 l’accueillit, lui donna la liberté, et l’éleva autant par pitié que pour plaire à V^i.swâniitra. Ce fils de Vi.swâmitra, délivré

* Le mot Swapâca indique une classe d'hommes impurs, vivant avec les chiens et même se nourrissant de leur chair. Ils demeurent hors des villes, jwrtent [tour vêtements les dc|>ouilIes des morts, mangent dans des vases hrisés,et ne peuvent posséder que des Anes et des chiens. On ne les emploie que comme exécuteurs [>itblics ; ils sont aussi chaînés d'emporter les cadavres de ceux qui meurent sans parents. \oy. les Lois de Manou , Icct. x, si. 19,51 et suiv. On

les confond assez souvent avec les Tchandàlas.

’ Vasichtha . comme nous l'avons dc^à vu, était le maître spirituel des rois de la roce soloire. On retrouve ce [tersonnage à toutes les épo<[ues; ce qui me fait sou|>yonner que le mot do voiichtha est aussi un nom de dignité. On verra plus bas qu'il s’éleva une querelle entre Vasichtha et Viswâmitra. Il est probable que ce fut une division sacerdotale : Viswâmitra , issu do la caste des Kchatriyas, devint Brahmane.

par Satyavrata et, à cause de la corde qui l’avait lié, nommé Gâlava, devint dans la suite un Maharchi célèbre par sa piété.

SUITE DE u’hISTOIRE DE TRIS.WCOU.

Vêsampâyana dit :

Satyavrata ne se contenta pas d’élever le fils de V'isvvâmitra ; par attachement pour celui-ci autant que par humanité, il nourrit aussi sa femme, et sut toujours conserver avec elle les lois de la décence. Il allait dans la forêt tuer des cerfs, des sangliers et des hufiles, et venait en suspendre la chair è un arbre dans le voisinage de l’ermitage de V'iswâmitrd. D’après la sentence de son père, il était depuis onze ans dans cet état de retraite et de pénitence *. Le roi, comme nous l’avons dit, .s’était retiré dans une forêt, et pendant ce temps, ce fut le MoiiniVasichtha qui gouverna la ville d’.\yodhyâ, le royaume et même l’intérieur du palais joignant ces fonctions à celles de prêtre et de précepteur spirituel. Satyavrata, dans son ressentiment irréfléchi , nourrissait toujours contre Vasichtha une colère extrême, et reprochait au Mouni de n’avoir rien fait pour empêcher un père d’exiler son fils. Le mariage, dit la loi, n'e.st accompli qu’au septième pas que font lesépoux; et, lors de l’attentat de Satyavrata, ce septième pas n’avait pas encore été fait Ainsi, prétendant que Vasichtha, qui connaissait les lois, ne voulait point le protéger, il

' Le texte porte ki deux mots dont le sens n’est pas Miinsaninicnt indiqué dans le dictionnaire de M. Wilson : ce sont lott) et ((/tkcÂà). Oapânua me semble

si^ifier une pénitence imposée dans la vue d’éclairer l’esprit d'une personne des rayons de U science; dîkchd est l’expiation d'une faute* qui doit initier le pénitent k une vie nouvelle.

' C’est U trftduction du mot \ tTT

[antah poura}* qui veut dire la ville infènearr ou le harem du prince.

* Voyex le» Lois de Manou, lect. Mil, si. aay. Tel est le sens queM. LoiselenrDe.dongchamps, habile traducteur des loi» de Manou et disciple distingué de M. deQiézy, a conservé dans sa version française, sur la fui de Jones cl de M. Colebrooke. Cependant il pense, et c'est aussi l’idée que j’avais eue, qu'il sc pourrait que signifijit aussi bien le septième ver-

avait conru contre lui une violente animo.sité. « Soyer, sage, instruisei-vous, « lui avait dit le Mouni, et rcvener k la raison, t Mais SatvavTata s’était montré insensible à sa pénitence : ce qui avait c,ausé un profond chagrin à son père. Indra, partageant la colère de celui-ci, n’envoya point de pluie pendant douze ans. Ce n’étaii pas assez d’avoir à supporter cette terrible punition, Satyavrata fut encore dégradé des honneurs de sa famille et de sa caste; et, loin de défendre ce prince banni par son père, l’intention deVasicbtha était d’en appeler le fdsau trône, et de lui conférer le baptême royal.

Il y avait douze ans qu’il expiait sa faute et subissait sa peine avec courage , quand, un jour, ne pouvant trouver de gibier, il aperçut la vache nourricière * de Vasicbtba, cette vache merveilleuse qui suffisait à tous les désirs. Poussé par la colère qui l’aveuglait, par la fatigue et la faim dont il était accablé, ce prince, dominé en cet instant par la passion tua la vache de V asicbtba , et lit manger de sa chair aux enfants de Vi.swâmitra A cette non-

âcl tic» matifras rc<*ilé» en celUr cii’constance. Si je o'avti» pa» autant île respect pour Topi* nion des savants anglais qui nous ont pr^flan» la carrière, j'aurai» préféré ro dernier sens. Voy.dans le» Reclierche» asiatiques, loin. VII , le Mciuoire de Colebnwilxc »ur les cérémonies des Indiens. Il y parle, à la vérité, des sept po» nécessaires à l’accomplissenient du mariage , mais U y fait aussi mention des sept invcK'ations qui les accompagnent.

* Je croîs qu'U faut entendre par 1a vache de VasicliUia le» domaines affectés à son litre de pn^lrc , domaines que Satyavrata , qui était en hostilité diTlaréc ave<^ lui, ne songea |K>inl à rc»|K*cter. Ce n'était [>os seulement du lait qu’elle fournissait à \asichllia, cette vache miraculeuse : dan» la querelle qu’il eut avec Viswâmi- Ira, elle lui fournit des soldats MIetchhas ou liarivircs. qui lui procuri’rentla vw:toire. Je crois donc que l'on désigne par ce mot une partie fertile de l'Inde qui était l’apunage «le \'asichtha, ou des prince» auxquels il prêtait son ap pui sacerdotal.

' L'auteur semble indiquer ici que dans cet étal de passion, on eslcapabledemanqucr à dix

devoirs. Veut-il faire allusion aux dix devoir» désignés par les lois de Manou , lect. vi, si. ou bien aux dix vices mentionnés dans ce» mêmes lois, lect. VII, si. 47, et cités |»r le savant Wilson, aux mots

Je l'ignore. D’un autre c«‘>lé, le manuscrit dévanagari de Paris a inséré deux vers que je n'ai pas traduits, parce qu'ils m ont pani déplacés; ils indiquent dix états «lans lesquels un lioinme peut se trouver, quand il commet une faute; l ivresse, la folie, la fureur, la fatigue, la colère, la faim, la préiipitalion, la peur, l'avidité, la passion.

* Comme ce |)crsormagc, ainsi que N'asichiha , apparaît à diversi» é|K»que» fort éloignées le» unes des autre» . iic jKiurrail-on pas regartler le mot de rùtcfimiéra, qui signifie ami de tous, comme un nom général donné à quelques sectaires ennemis des Brahmanes? L'histoire de Trisancou semblerait appuyer ma conjecture : ce prince exconimunié se jeta dans les bras d'un herelique, qui lui promit le ciel, lutta contre les Dévas. et eut la puissance de sacrer luimème son protégé. V iswàmitraesl, â mes yeux.

velle, Vasichtiia irrité dit au fils du roi : • Misérable! j’aurais pu te délivrer

• de ton premier péché, si tu ne l'avais pas aggravé de deux autres. Tu as

• alDigé ton père, tu as tué la noumce de ton Gourou, et par ces crimes irré-

• missiblcs,tu as complété le nombre de trois péchés. O homme trois fois « coupable (Trisancou) ! » Ainsi dit le saint pénitent; de là vient le nom de Trisancoa donné à ce prince.

Viswâmitra revint chez lui, et apprenant que Trisancou avait nourri sa famille, il voulut lui témoigner sa reconnaissance. 11 lui donna le choix d'une récompense. • Je demande, dit le prince, le privilège de pouvoir avec ce corps

• mortel entrer au séjour céleste. • Cependant la sécheresse des douze années avait cessé; le Mouni (Viswâmitra) le sacra dans un Srâddha ’ royal, et l’admit aux .sacrifices. Malgré les dieux et Vasichtiia, il le fit monter au ciel', comme il le lui avait promis.

Trisancou éjiousa Satyarathâ, de la famille de Kckéya. Il en eut un fils, nommé Harislchandra^, qui sut se garantir de toute faute. Celui-ci accomplit

le representanl permanent du proletlanlisme indien.cotniucVaskhlha est celui de l’ortliodoiie. On voit dans riiisloirc de Ràma que ce prince devient le disciple de Viswâmitra , quoique \'asichlha soit tout*puissant à la cour. Dans l'OuU tara-Rama-tcliaritra, Viswâmitra intervient dans le sacriltce du mariage de Rama, et de plus on y trouve Vasichtiia et son rival Satânanda bé* nissant ensemble cette union. J'avais déjà développe cette idée dans une des notes que mon digne et excellent maître, M. de Chézy, avait bien voulu insérer dans sa belle édition de Sacounlalà. V'oyez pag. iqq.

’ Le mol est pitrya ou pétrya.Voy. les lois de Manou, lect. ni. oéi les cérémonies du Sràddlia sont détaillées d'uno manière très-minutieuse. Je suppose qu'il est ici question du sacrifice fait en l'honneur deTrayyârouna qui venait de mourir. Cettehistoire de Trisancou est très-curieuse, et nous montre l'empire fort ancien exerce au nom de la religion jusque sur les princes, l'interdit lancé sur tout un royaume, et l’ administration tombant entre les mains d’un prêtre, le ciel lui-méme fermé et devenu d'airain : mais

d'un autre côté, le prince persécuté lutte contre l’excommunication , il élève autel contre autel . et règne à la faveur du schisme qu'il introduit. Cest là de l’histoire ancienne, dont les temps modernes offrent également des exemples.

* Le lecteur croira avec moi que celle expression de monter au ciel indique la réhabilitation religieuse de Trisancou « qui fut imposée par Viswâmitra aux Brahmanes, lesquels se sont vengés de ccltecoolraintecniniaginant un conte sur ce prince. Us prétendent que dans le ciel ü a les pieds en haut et la tète en bas, et que de sa bouche coule une solive saugiante, qui tombe sur le V indhya et lui donne une teinte rougeâtre; cette salive souille et rend impures les eaux d'une rivière qui sort du Vindhya et qui s'appelle CarmanûtiL

* On dit aussi que Haristchandra demanda â monter au ciel : ce qui veut dire peut-être qu'il continua le schisme. U voulut même y monter avec ses sujets. Nârada , ahn de lui faire perdre quelque chose de ses mérites , l'inlerrogeait sur ses actions, que ce prince racontait avec la complaisance de l'orgueil. A chaque réponse, Haris-

le sacriiice royal du Ràdjasoùya, et cul le litre de iuonar((ue universel (Samràdj]. Son iils fut le vaillant Rohita, qui fonda Roliitapoura songeant à protéger ses sujets et i fortilier son royaume, ce saint roi entoura cette ville de murs et de défenses, et la confia aux Kclialriyas". Rohita eut pour Iils llarita; Harita donna le jour à Tchantchou qui eut deux fils, Vidjaya et Soudéva. V'idjaya est fameux pour avoir été le vainqueur de tous les Kcliatriyas. Son Iils fut Rourouca, prince liahile dans la science du devoir. A Rouroiica succéda Vrica son üls, qui laissa le trône à son fils Bâliou. Ce roi, dans un siècle où le devoir était respecté, donna l'exemple d'y manquer : il vit ses lois méprisées par IcsSacas, les Yavanas les Càmbliodjas les PIradas les Pahlavas les Hèliayas ” et lesTûladjanglias Le fils de Bâhou fut Sagara, c|ui naquit empoisonné '* : recueilli dans ferinitage d'Orva, il eut pour protecteur ce Iils de Bhrigou, qui lui donna une arme de feu, avec laquelle il vainquit la terre et frappa les TAladjanglias et les llèhayas. Rigoureux oIh servateur des lois, il priva de leur caste les Kcliatriyas Sacas, Pahlavas et Pdradas.

trhamlra descendait d’un étage; mais il s aper- \’ut à temps de sa faute; il rendît hommage aux dieux , et il obtint de rester avec sa capitale au milieu de l’air , où on le voit encore de temps en temps.

'• Rohita est aussi appelé Hohutsura. Fr. Hamilton croit que Roliitapoura est aujounllmi Rotas . sur le Sona.

" Le mol est fer dwidja , c'esl-a-dire, r^rnéré. Il s'applique aux trois premières castes: j’at pensé qu’il s’agissait ici de la seconde.

'* Fr. Hamüton le confond avec Tchampe , fomiateur de Tchampapouri. Il exprime , au reste, son indécision sur la descendance des difTèrents princes dont les noms vont suivre.

Ce nom est donné par les Indiens À <les nations venues de l'Occident, comme il l'a été, dans les temps modernes, aux Mahométans et ensuite aux Européens. Quelques auteurs otil cm que ce mot désignait les Grecs , à cause du rapport qui existe entre Fatviaa et Ionien. Mais

les tem|>s dont il est ici question sont trop anciens {H)ur que ce mut puisse être appliqué a des nations d’origine grecque : il désigne plutôt un (icuple placé sur les frontières occidentales ou seploulnoiialcs de riiide.

Ces peuples habitaient l'AracUosie, ou une province au nord de la Perse Le Tàrâ-lantra dé-signe les Càmbhodjas comme bons cavaliers.

" Ives Paradas étaient les liabitaiil.s de la Poropainise.

'* Pahlavos , dont le nom s’est consené dans le mot PcAIcri, étaient les anciens Perses.

*’ Les Iléhayas demeuraient peut-être dans le Caboul .

" I./6S Tàladjangbas ne devaient pas être éloignés fies Ilèhavas , car il y avait entre les princes de ces deux peuples alliance de parenté.

'* Le mot jyÇ gara signifie poison. Sagara veut dire nmal-venanaruj. Dans U lecture suivante on expliquera celte histoire.

NAISSANCE DE SAGARA.

Djanamcdjaya dit :

Comment Sagara naquit-il empoisonne? Comment dans sa colère priva-t-il du privilège de leur caste les |)uissants Kcbatriyas du pays des Sacas et des autres contrées? Saint anachorète, donne-moi quelques détails sur ces événements.

Vèsanipâyana reprit :

O roi, le royaume de Bâliou, prince vicieux, avait été envahi par les Hèhayas, les TAladjanghas et les Sacas. Cinq autres nations vinrent aussi appuyer les Hèhayas : c’etaient les \avanas, les Pàradas, IcsCâmhhodjas, les Pahlavas et les Khasas Bâhou, dépouillé de ses états, se retira dans une forêt, accompagné de son épouse, et là, il mourut dans la misère. Cette épouse était de la race d’Yadoii : elle était enceinte quand elle se décida à le suivre. Avant son départ, un poison lui avait été donné par une de scs rivales. Après la mort de son mari, elle éleva un hûcher dans la forêt, et monta dessus avec résignation. Le fils de Bhrigou, Orva, eut pitié d’elle et l’emmena dans son ermitage, où elle fut délivrée à la fois de son fruit et du ]K>ison qu’elle avait pris. Ainsi vint au monde le grand roi Sagara. Orva lui-inëmc lit pour cet enfant toutes les cérémonies ordonnées par la loi il lui servit de père, lui fit lire les Vèdes, et lui donna une arme de feu * redoutable, et que les

' O peuple habitait au nord de Plnde; peut être leur pays est-U aujounl hui le Cat hgar.

* Le poète désigne ki les dix ou douxe cé> rémonies indiquées au commencement de la II* lecture des lois de Manou , telles que le d/'dfaearma, qui a lieu quand l'enfant vient de naL tre; le nàmacarana ^ quand on lui donne un

nom; Vannaprdsana , quand on le sèvre. etc. Voy. le dictionnaire de Wilson, au motSanicdro.

* Nous verrons ailleurs l’Iiistoiro d'un être, appelé aussi Orva • et qui vomissait des flam* mes. Le poète n'aurait-il pas confondu les deux personnages? Pour qu'un saint puisse donner une arme de feu, il faut qu’il soit doué des qua*

dieux eux-mèmcs ne pouvaient supporter. Fort de celle nouvelle arme, et doué lui-méme d’une vigueur singulière, Sagara allaqua les Hêhayas, et les frappa rapidement, comme Uoudra * dans sa colère frappe les troupeaux. Il s’acquit dans le monde la plus grande gloire. 11 voulait anéantir entièrement les Sacas, lesYavanas, les Câmbhodjas, lesPâradas et les Palilavas, qu’il poursuivait avec acharnement. Ces peuples vinrent en suppliant demander la médiation du sage Vasichtha. Cet illustre solitaire, les voyant abattus, chercha à les rassurer, et leur ménagea un traité avec Sagara. Celui-ci consentit à les épargner, à la prière de son maître spirituel : mais il les dégrada, cl les força de prendre des vêtements qui devaient les faire distinguer. Il voulut encore que les Sacas eussent la moitié de la tète tondue, les Yavanas et les Càmbhodjas toute la tête rasée, que les Pâradas portassent les cheveux longs, que les Pahlavas laissassent croître leur barbe : il les priva aussi de toute lecture spirituelle et du droit de faire la prière avec la libation de beurre consacré Ainsi les Sacas, les Yavanas, les Câmbhodjas, les Pâradas, les Pahlavas, les Colas *, les Sarjias les Mahichas, les Dârbas *, les Tcholas ®, les Kéralas les Khasas, les Touchàras les Tchînas les Madras les Kicbkindlias

lilcs qu'on pK-le à Ôrva, fils du Mouni Ourva. Au reste , nous retrouverons encore celte orme de feu, qui parait être particulière à la famille de Dhrigou, aux Bhàrgavas. Il me semble aussi qu'ôrva est un nom du lUchi Angîras, qui fut, dans une de ses renaissances, fils dOuna, et par sa mère pctil-bls du dieu du feu, Agni.

* Roudra, autrement &va, est surnommé pasoupati, maître des lrou|>caux , des animaux en général.

* C'est la cérémonie qu'on appelle vachat.

* Les Colas habitaient sur la côte qui s'étend de Cuttack k Ma<b^. Dans leMcmoiredc M. Sterliogsur le Cuttack (Rech. asiat.t. XIV, p. ao3) U est parlé d'une tribu sauvage, nommée les Cotes.

' 11 est |)Ossible que ce root sarpa soit synonyme de nàga, l>e pays de Nâga est situé prés de rindus. Les manuscrits dévanàgaris portent A/riâjcAa ou â//iAjcAaca. LeRrahmânda-pourâua place les Màbichacas vers l'est.

* Les g(k>grapbics indiennes mettent les Dàrbas prés des Khasas.

' Les Tcholas se trouvaient dans la partie de rinde appelée aujourd'hui Tanjore.

** Le pays des Kéralas est le Malabar.

” Toachâra signifie netge ; les Touchàras (les Tockari de Pline) habitaient les montagnes qui sont vers le nord-ouest de flmle. Wüford les met dans le Turan. Un manuscrit porte Toait- Ailra,qui rappelle le mot Tokharttian.

'* Il ne faut pas confondre ce mol avec le nom des Chinois, qui n'exisla que poalérieurement : lesTcliinas étaient un peupteà l'ouest de l'Inde, quoique quelques personnes les placent vert la partie orientale, prés du pays d'Asam. Les lois de Manou en parlent, Iccl. x, si. 4â. l.es Mahàlclunas. ou grands Tchînas, ciaient près de la source de la Sarayou ou Saijou.

** Le pays des Madras s'étendait au nordouest de ITndostnn propre. Fr. Ilamüton croit que c'est le Bhoutan.

La contrée des Kichkindbas répondait à la partie septentrionale du Myiu>re. Dans le Râmâyana, c'est le royaume de Dâlin.

QliATORZlÉME LECTURE. 69

les Côntalas les Bangas les Sâlwas et les Concanas furent, d’après la decision de Vasichtlia, privés par le grand Sagara de leurs privilèges de Kchatriyas.

Apres avoir établi ainsi le règne des lois, vainqueur de la terre, il donna la liberté k un cheval destiné à être immolé Ce cheval, dans sa course vagabonde, arriva sur les bords de la mer méridionale : à quelque distance des flots , il dis|>arut sous terre. Le roi fit creuser ce terrain par ses fils. Après avoir creusé à une grande profondeur, ils y trouvèrent le premier des dieux, le grand Esprit, celui qu’on appelle //ari, Crichna, Vichnou, le père de tous les êtres, endormi sous la forme de Capila “. Ce dieu s’éveilla, frappé par la lumière, et les feux de ses regards brûlèrent tous les fils de Sagara, à l’excejition de quatre, savoir, Varhakétou, Soukétou, Dharmaratha, et le héros Pantchadjana, qui perpétua la race de Sagara. Le dieu Hari, le grand Nârâyana, pour consoler celui-ci, lui promit que la postérité d’Ikcbvvâcoii n’aurait point de fin, que sa gloire, à lui, ne serait jamais éclipsée, que Samoudra (l’Océan) serait son fils, et qu’enfin des demeures éternelles lui seraient don-

'* Les CônUlas aux longs cheveux ^laienl près des TcKinas.

“ De ce mot vient celui de Bengale. Les Bangas habitaient dans le voisinage de Docca.

La contrée des Sâlwas est placée au centre dcTIndo; cependant M. Wilson dit, au mol C4racoakchiYa,(fu“û faut la chercher au nord de rindoatau.

'* Les Concanas habitaient le pays qu*on nomme encore aujourxrhui le Concan.

Le cheval désigné pour r<ï/frame(/Aa était mis en liberté après quelques cérémonies particulières. n portait sur son front une inscription qui anfx>n^ait sa destination et menarail de U colère du roi quiconque l'arrêterait. U errait en liberté pendant douze mots, suivi de loin par des soldats. Au bout de l'an il était ramené, et lié à un poteau. Son corps, coupé en morceaux, était Msuite brûlé. La fumée et la cendre de la victime servaient à purifier le prince et sa royale épouse.

'* Nous devons croire que ce récit est une fiction par laquelle le poète a voulu représenter

les travaux opérés pour donner un écoulement aux eaux du Gange, dont les terres d’alluvion arrêtaient le cours, en formant des marais noirs et fangeux i car le mot capila veut dire noir. Capila est regardé comme le fils de Cardameswara, qui signifie maître da limon. On place son ermitage en différents lieux, comme au pas de Haridwüra. cl vers rcmboiichiire du Gange, à l'endroit a|q>e]c Gai^d-sd^ara (ou mer du Gange), et situé au sud de Calcutta, non loin de Fulta qui, à celte époque, était près de la mer. En général on met Capila à l’embouchure de toutes les rivières. Ce personnage est considéré comme un aratare do \'icbnoii résidant à Gangâ-sâgara. où dans sa colère il anéantit les ûls de Sagara : ce qui veut dire que les ouvriers périrent des suites d'une qiidémie causée par la chaleur qui avait échauffe ce limon fétide. Il est possible aussi qu’on appelle enfants de Sagara ces canaux mêmes qui furent creusés par ordre du prince, cl desséchés ensuite par la chaleur. Le nombre de soixante mille est cxagi'*ré.

nées dans le ciel, à lui et à scs enfants qui venaient de périr. Samoudra, prenant dans scs mains les présents qu'il destinait au maître de la terre le salua avec respect, et se soumit à devenir Sâgara (c’est-à-dire, fds de Sagara) Il lui rendit le cheval destiné au sacrifice, et le monarque glorieux célébra cent Aswamédhas. Ijt tradition rapporte qu’il avait eu soixante mille fils.

FIN DE I.'hISTOIRE DE L.\ FAMILLE SOLAIRE.

Djanamédjaya dit :

Comment ces héros, fils de Sagara, sont-ils nés? Sage Brahmane, comment ont-ils été vaincus, quoiqu'ils fussent au nombre de soixante mille?

V’ésampâyana répondit :

Sagara avait deux femmes renommées par leur piété et leur vertu. La plus âgée, lille de Vidarbba, se nommait Késini. La plus jeune, fille d’Arichtanémi, renommée pour sa conduite sage et ses sentiments élevés, n’avait point de rivale sur la terre pour la beauté. Ôrva, voulant par un don merveilleux les récompenser, leur dit un jour : « L’une de vous peut avoir soixante mille • fils, l’autre n’en aura qu’un. C’est à votre choix, voyez. ■ Aussitôt l’une demanda cette nombreuse lignée de héros, l’autre ne désira qu’un fils. • Vos « vœux seront accomplis, • dit le Mouni. Késini donna pour iils à Sagara le prince .Vsamandjas, qui fut connu dans la suite par sa vaillance sous le nom du roi Pantchadjana. Sa compagne accouclia d’une courge ' remplie de pe-

'' Le nom particulier (te ceUe offrande eti erjAd. Elle se com|>o>e (le fleurs, de rii, de (lia ortentaie)^ (le bois de sandal, et d'eau présentée dans un vase en forme de ba* teau. Quel(|uofois on n*of&e que de l'eau, comme ce pa^an persen qui ne fit que cette offrande à son roi Arlaterre Mnémon.

** Un dea noms de la mer, en sanscrit , est «fÿdrs : on explique l'étymoto^e de ce mot en disant que l'Océan devint fils de Sagan. La syllabe longue indkpie filiation.

' Je ne ckercberaî point à expliquer cette foble fondée sans doute sur quelque équiv<x|ue de mots.

pins : c’est là du moins ce que rapporte la tradition. Ce.s pépins étaient au nombre de soixante mille; ils formèrent autant d’embrj-ons, qui avec le temps reçurent la naissance, et prirent un accroissement successif. Sagara avait d'abord fait placer ces embryons dans des vases remplis de lait : ensuite ils eurent chacun une nourrice : au bout de dix mois, ils marchaient heureusement. Ces enfants, élevés avec soin parla tendresse de Sagara, grandirent , et formèrent ses soixante mille fils sortis, û roi, du sein d'une couine. Ils furent donc absorbés par les feux de Nârâyana; ce fut Pantchadjana qui succéda à son père.

Le fils de Pantchadjana fut le vaillant Ansoumân, qui donna le Jour à I)ilipa,. surnommé Khatwdnga *. Ce prince, venant du ciel sur la terre, n'ohtint la vie que pour une heure et, toutefois, il eut le temps de faire un seul faisceau des trois mondes par sa prudence et sa justice. 11 eut pour fds le grand roi Bhagîratha, qui lit descendre du ciel * la noble rivière du Gange et la conduisit à Samoudra (l'Océan) ‘ : prince glorieux , fortuné, puissant, pareil au dieu Indra. La déesse Gangâ devint iille de Bhagîratha ^ et pour cette raison elle est nommée Bhâgiralhi |>ar ceux qui connaissent l’histoire de cette royale famille.

Bhagîratha donna le jour au roi Srouta; Srouta à Nèbhâga'’, prince attaché à ses devoirs; Nàbhâga à Ambaricha; Ambaricha à Sindhoudvvîpa ; Sindhoudwipa au vaillant Ayoutâdjit; Ayoutâdjit au glorieux Ritaprna, connaissant à fond la science divine®, et puissant ami d’Anala ’. A Ritapama succéda le roi Soudâsa son fils, ami d'Indra, et du nom de son père surnommé Artapanu

’ kktthrânga est le nom que l'on donne à Tune des armes de Sîva. qui ressemble à un pied de lit.

* Cest un compliment poétique, comme quand nous disons que le ciel ne (ait que prêter les panels hommes à la terre.

N imiùm Romaïui propage

Visa poienSt taperi, propria k»c si dons faissent.

* La déesse du Gange prit une ibnne maté* rielle : aussi le texte dit-U quelle vint ici-bas comme avatar*.

* Bbagtratha ramenait sur la terre pour rappeler à la vie par ses eaux les ûls de Sagara. Ne sachant pas précisément où ils étaient . la

déesse se divisa en cent torrents pour cire plus sùredclesrenrontrer, Voy.lect. précéd.. not.ao.

* Nous savons ce que signifie, dans (e sens , dirveair le JiU oa la file d* an personnage : c'est prendre son nom modifie par une syllabe longue.

* Je ne parle que pour mémoire des peines que SC donne, ici et plus bas encore, Kr. Hamilton, pour concilier la table de Vàlmîki et les autres avec celles du Harivansa

* J'ai rendu ainsi le mot

non pourtant sans quelque scrupule.

* Anala est iemémequ'Agni , le feu.

'* Quelques personnes ibnt de ce nom p«-

Sou (lésa eut un (ils, surnommé Sôddra par la meme raison ; ce fut le vaillant Mitrasaha, autrement appelé Calmâchapdda. Sanvacarman reçut la naissance de Calinâchapéda; Anaranya, de Sarwaearman; Nighna, d’Anaranya. Nighna eut deux (ils, Anamitra et llagliou, renommés parmi les héros. Le filsd’Anainitra fut le sage Doulidouha, dont le fils Dilip fut le trisaïeul de Râma. De Dilipa naquit Dirghabâhou, autrement appelé Raghou ", qui régna avec force et puissance dans Ayodhyâ. Le (ils de Raghou fut Adja; Adja donna le jour à Dasaratha; et de Dasaratha naquit le glorieux Ràma, constamment animé par l’amour du devoir.

Ce dernier eut pour fds Cousa : Cotisa donna le jour à Atithi; Atithi à iNichada; Nichada à Nala; Nala à Nabha; Nabha i Poundarica, surnommé Kchémadlianwan; Kchémadhanwan au superbe Dévânica ; Dévânîca au puissant Alunagou; Ahinagou au noble Soudhanwan; Soudbanwan à Nala Nala à Ouetba, prince religieux; le généreux Ouctha à Vadjranâbba

De celui-ci" naquit le sage Sankba, surnommé Vyoachilàswa; Sankha fut père du sage et riche Pouchpa; Pouchpa, de Siddhi; Siddhi, de Soudarsana; Soudarsana, d’Agnivama; Agnivarna , de Sîghra; Sighra, de Marou, prince qui se livra à la dévotion et se retira à Calàpadwip Son (ils fut Vi.sroutavasou , qui donna le jour au roi Vrihadbala

O (ils de Bharata, il est à remarquer que les Pourânas citent deux ’’ princes du nom de Nala ", l'un (ils de Viraséna , et l’autre qui était de la race d’Ikchwâcou.

Je viens de te nommer les princes les plus remarquables, descendants d’Ikchwâcou, et issus de Vivaswân. Celui qui lit avec attention l’histoire de la famille de l’Àditya Vivaswân, de ce dieu qui préside aux Srâddhas "et qui

troiiymique le nom d'un prince particulier, I’iIa de Kilaparnn.

C'est de son nom que Rdma est appelé Râghata.

I.ie manuscrit de M. Tod porte Sala. I«e mamiscril bengali, par correction, met Gnya.

'* Le même manuscrit de M. T(kI donne l>our successeur à Vadjranâbba le prince Nala.

Je dois faire remarquer que tout cet alinéa ne se trouve que sur le manuscrit dévanagari de 1a Diblioüièque royale.

" Colapa est une lie de l'Alacanandâ.

** Ce Vrihadbala fut tué par Abhimanyou, 01s d'Artljouna. Je constate ce fait pour établir un synchronisme.

Il y a kt une inexactitude , car le poète vient deciter deux Nala de la race solaire- '* Ce Nala, de la race lunaire, est le héros de l'épisode raconté dans le Mahâbhârata, et dont nous devons une édition et une traduction latine au savant M. Bopp.

C'est plutôt Yama, tUs de Vivaswân, qui

SEIZIÈME LECTURE, donne raccroisscmcnt à tous les êtres, celui-là aura beaucoup d'enfants; il sera exempt de pêché et de passion, il vivra longtemps, et se trouvera un jour dans le monde de l'Àditya Vivaswàn.

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