H A RIVA N S A
remplie d’eau, avec du cousa cl de» grains rôtis (akchala) l0, elle fera une libation sur la corne droite d’une vache. Ensuite recucillanl cette eau, elle en offrira à sou mari, déjà purifié par se» ablutions et son esprit de pénitence, et s’en versera aussi à elle-même sur la tête. Cette espèce d’ablution est recommandée dans les trois mondes; elle a lieu avec l’eau de toute espèce d’étang consacré ( tirtha ), et elle doit être faite dans tou» les jeûnes et autres actes religieux. Cette ablution est commune aux hommes et aux femmes, ô Àroundhatl; c’est un secret que m’a révélé la bonté de Ilara ", touché de ma pénitence.
On recommande que le lit et le siège de la femme ne soient formés que d’une simple jonchée 14 ; on lui prescrit de laver ses pieds. Les larmes, la colère, les disputes lui font perdre aussitôt une partie des mérites quelle devait recueillir d’un jeûne ou d'une autre œuvre pieuse. Pendant toute la durée de sa pénitence, ses deux vêtements, supérieur et inférieur, seront blanc» 13 : sa chaussure sera faite de gazon entrelacé : elle s’abstiendra d'employer les pommades, les cosmétiques, les odeurs et les fleurs. II lui est interdit de se frotter les dents u, de se nettoyer la tête et de se parfumer. Elle ne pourra se purifier qu’avec de la terre 14, mêlée au jus des fruits du bilwa l\ de Vamrita l7, et de celui qu'on appelle spécialement snphala IB. Elle ne se lavera la tête qu’avec une eau mêlée de terre. On lui défend expressément tous ces soins recherchés 19 que la coquetterie conseille pour la tête, les
'* J'ai traduit littéralement les expressions de M. Wilson au mol JJ 7^ rq . fried grain; ces
grain» se nomment aussi | Udjdk. On
appelle radon la farine du grain rôti d'abord et réduit ensuite en poussière.
11 Nom de Siva. époux d'Oumà.
" O passage m'a («ni fort obscur, et je n'ai rendu que d'une manière incertaine le mot atalyaviddhe. Je suppose que ce mot indique que leur lit ou leur siège ne doit pas être formé de roseaux entrelacés en nattes, mai» d'une simple jonchée d'herbes étendues sur le sol.
u Vojes lecl. c.xxiii, pag- 7.
'* I. 'instrument qui sert pour cette opération
est mi petit bâton de bois tendre appelé ici spnw tiantaaichtha . et ailleurs dantmihA MW.
“ L'auteur ne dit pas quelle est cette espèce de terre ou d'argile. Il en est une qui est odorante et qui sert a la toilette : on l'appelle pour cette raison mntâlaca , et clic vient du pays de Sourôchtra, aujourd'hui Surate.
" Voyea Icct. cxxxt, note a.
** Voyes toui. I, lect. xx. note aa.
** Le dictionnaire de M. Wilson confond ce fruit avec celui du bihra : le poète le» distingue
14 Ce» détails de toilette »niil désigné» par le mot abhyoA/JjiLna . lequel s'entend d une opération qui consiste à *• frotter le corp» avec de» substance* onctueuse»
piçds et le eorps. Elle ne doit pas monter sur un char traîné par des bœufs, des chameaux, ou des ânes. Elle ne se baignera pas nue, ô lille de Soma; elle peut choisir pour son bain ou l’eau courante d’une rivière, ou l’onde d’un beau lac, et d’un étang formé par les pluies. Si ces eaux lui manquent, quelle fasse son ablution avec de l’eau contenue dans une jarre ( g ha ta , toambha), qui, suivant les antiques prescriptions, doit être neuve. Mais surtout l’ablution de tète, faite comme je viens de le dire, porte des fruits certains de pénitence.