CÉRÉMONIES DU JEUNE
Ou mil dit :
Belle Aroundhati, la faveur de mon époux m’a donné la science que je possède; et c’est par un effet de sa bonté que j’ai appris à connaître ces moyens de purification, saints, étemels, que l’œil de la sagesse peut seul distinguer. Oui, je le répète, c’est la divine prudence de mon époux qui m’a enseigné ces œuvres que les Pourànas révèlent, mais qui ne sont méritoires que pour la femme constamment attachée à son devoir. Il est bien de faire l’aumône et de jeûner, mais ces actes ne produisent aucun fruit pour les femmes infidèles. Une épouse mauvaise et corrompue, qui trompe son mari, parle fait de son désordre perd le fruit de sa dévotion, et tombe en enfer. Mais celle qui , parfaite en ses actions, considère son époux comme un dieu, ne s'écarte jamais de scs devoirs, et suit la voie d’une femme honnête, celle-là devient l’honneur et le soutien du monde : oui, le monde est conservé 1 par ces femmes modestes dans leur langage, pures dans leurs habitudes, fermes dans la vertu, constantes dans leur piété, et toujours sages dans leurs discours.
Qu’un époux soit malade, déchu ou pauvre, une femme ne doit jamais l'abandonner : c'est là un devoir éternel. L’époux inconsidéré dans ses
dans la partie un peu arquée du timon. A côté est une petite «'toile que l'on (oit passer pour Aroundhati. L'auteur du Ilarivansa regarde comme fille de Soma l'Aroundhati dont il est ici question.
1 Ces mots veulent dire sans doute que la perpétuité « omme la pureté des castes est assurée par la liddilé des épouses.
ourse. Leurs épouses demeuraient autrefois près d’en* dans le ciel : A gui en devint amoureux, et elles furent sensibles à sa tendresse , à l'exception d’Aroundhatl. Les six Rictus outragés chassèrent leurs femmes hors du cercle arctique . et elles devinrent plus Uni les Pléiades , qui. suivant les Indiens, ne sont qu'au nombre de six. Vasichlha est l’étoile qui parait la seconde
actions, déchu ou vicieux, est sauvé par sa femme, qui se sauve 1 * * en même temps que lui. Il n’est point d’expiation pour l'infidélité d’une épouse : c’est une femme morte a. Mais quand elle n’a péché qu’en paroles, il est alors une pénitence que les sages indiquent dans les Pourânas.
Toutes les œuvres de la femme doivent dépendre de la volonté du mari : mais surtout, si elle désire suivre la bonne voie, qu’elle sache que la véritable mortification est dans la vertu.
L’épouse infidèle reste des milliers de calpas 4 avant de redevenir femme, et elle expie sa faute par des milliers de transmigrations dans des êtres inférieurs. Si la malheureuse renaît à l’humanité , c’est pour être la fille d’une Tchandâlâ 5 * *, et se nourrir de la chair de chien.
Les sages nous apprennent qu'un mari est un dieu pour sa femme : celle qui fait le bonheur de son mari a rempli son devoir et mérite le nom de Sati 8. Quel que soit le zèle de ces femmes que j’ai dites mortes, le monde n’en reçoit aucun éclat. Mais celles qui par l’effet de leur bonne nature sont toutes en leur mari, qui ne voudraient l'offenser ni en actions, ni en pensées, ni en paroles, celles-là peuvent s'attendre à recueillir le fruit de leurs actes religieux. Ecoutez donc toutes avec attention ; je vais vous dire quelles sont les règles de purification dont j’ai obtenu la connaissance par le mérite de mes mortifications.
L’épouse, après s’être levée le matin et avoir fait ses ablutions, déclarera à son mari le motif de son jeûne (oupavâsa) 1 ou de tout acte religieux {vrataca) 8 qu'elle voudra faire. Elle ira se prosterner devant les pieds de son beau-père et de sa belle-mère, puis, prenant une coupe de cuivre*
1 L expression sanscrite »l mÎtJ Mmyat i, c'est-à-dire quelle le fait passer sain et
sauf a travers ce monde jusqu'au bonheur cé-
leste. H y a dans le Bhagavad-gitâ . loti, iv , si.
.16 . une image semblable : le poêle dit que la
««gesse dirige l'homme à travers le pêché , dont elle lui fait heureusement passer le courant
1 Cette condamnation n'est pas portée par les lois de Manou : car elles indiquent , lect. xi , si. 177, un moyen de purification.
1 Voyet tom. I , lect. vin . pag. 45
1 Noyez tom i. lect. xil, note 6-
* Ce mol signifie femmt vertueuse : dans le* temps modernes on a donné ce nom à la femme qui se brûle sur le corps de son mari.
1 Voyez lect. cxxii , note 3-
* Le mot vra/aca ou y rata s'entend de tout acte de dévotion ou de pénitence, volontaire ou imposé, comme jeûne, continence, résolution de s'exposer au froid ou à la chaleur, etc.
* L’expression sanscrite est
■Mbumbara. Ce mot peut signifier encore fait du bois du fiyuitr otuloumbam [ficus ybmeruta).