‹ Harivansa ou Histoire de la famille de Hari ouvrage formant un appendice du Mahabharata et traduit sur l'original sanscritChapitre 11 sur 140 · DERNIER JOUR DU JEUNE · texte numérisé non relu

DERNIER JOUR DU JEUNE

Oumâ dit :

L’épouse qui regarde son mari comme un dieu doit accomplir toutes ces cérémonies pendant un ou six mois, ou un an. Vers la fin de sa pénitence, comme par exemple au onzième mois, elle réunira des femmes vertueuses: c’est encore là une des pratiques que j’ai appris à connaître par suite de mes mortiiications. La pénitente, qui n*a vécu que de végétaux \ fera à ces femmes l’oblation de l’eau, et pour les payer de leur peine, leur présentera un cadeau conforme au temps et au lieu. Quand viendra le neuvième jour de la moitié blanche ’ du mois, sa pénitence sera complète, et elle mettra un terme à ses privations. Mais toutefois de même quelle aura commencé par un jeûne d’un jour et d'une nuit ( ahordtra ), elle finira aussi par la même cérémonie.

A cette époque elle réclamera pour elle-même et pour son mari le service du rasoir * : elle se baignera et pourra se parfumer *. Comme au jour

1 Le leste porte de racines, moula, L* suite semble prouver qu’il faut étendre la signification de ce mot, Cette espèce de mortification s’appelle nKwIacrùcAfcÀAra.

1 C’est-à-dire le wucla-pahKa. Voyez à c* su-

jet ce que dit le tomel, lecture vin, page 44. ’ hlujunuurma { notât utu o/hu).

* Cette opération s’appelle ouli^‘

du nu, ou bien 3?TtT*T osuharttana.

HÀR1VANSÀ.

de son mariage, il lui sera permis de se purifier, de se parer, de se couvrir de guirlandes. En répandant sur elle i eau de la jarre , après avoir adoré les pieds de son mari, elle dira de vive voix ou mentalement ce montra :

■ Ondes, épouses des Richis, gardiennes universelles, source de plaisir, « trésor de bonheur et de justice \ vous qui brillez de la couleur de for et

• qui purifiez tout , de votre liqueur fortunée ornez-moi pour ma félicité. • Tel est le montra que Ton conseille. Mais il en est encore d’autres; voici ceux que recommandent les Pourânas :

« Puissé-jc conserver mes attraits, mes bonnes qualités, mon attachement « à mes devoirs ! Puissé-je vivre toujours distinguée par mon époux ! Puisse je

• éviter de l’offenser en action , en pensée ou en parole , et lui prouver cons- « tamment ma soumission !

« Que je sois toujours au-dessus de mes compagnes 1 Que j’aie des en- « fants! Que je sois heureuse et belle! Que mes mains soient pures! Que

• ma bouche ne dise rien contre un être quelconque! Que je ne connaisse

• pas la pauvreté !

■ Que mon mari soit toujours beau, toujours rempli d’alfection pour moi !

■ Constamment honorée par lui, que j’occupe sa pensée et son cœur! Qu’il

■ soit toutes mes amours! Et si je ressemble au tendre tchacravàka ", que,

• pour notre bonheur commun, il réponde à mes sentiments!

• Que j'arrive un jour aux demeures de ces femmes pieuses dont la vertu

- conserve l'ordre du monde , qui soutiennent glorieusement les deux fa-

• milles de leur père et de leur mari, riches de leur amour pour leur époux !

• Que la terre, l’air, Peau, l’éther, le feu, l’âme intérieure, la nature, le

• Mahân \ la conscience * universelle soient tous mes témoins; qu’ils se rap- » pellent et attestent ma pénitence !

« Que les auteurs de cet ordre divin qui unit les âmes aux corps, et qui

- mêle â la vie l’influence du Satwa, du Radjas et du Tainas *, soient autour

Le texte porte «floanîrfkar-

mraui. J'aurais peut-être dû considérer ce mot comme composé de deux noms propres, San cara ou Stva et Dharma . unis en vertu de la réglé io<p de la grammaire de Wilkins.

* Oiseau aquatique qui doit être I'ojuij ca- Mirra , et qui est renommé chei les poêles comme modelé dafleclion conjugale. Pour mieux com

prendre ce passage, voyez dans la traduction de SacounUli par M. «le Qiézy la note 6ü, pag. 220.

* C’est le génie du Mahat. Voyes tom. I. tecL i, note îa.

' Voyez ibid.

* Ce sont U les trois 900*102 dont les effet' sont décrits lect. xvii du IMiagavad gità.

" de moi des témoins partout présents à mes Œuvres de dévotion pour les

■ certifier un jour!

• Que Tchandra et Àditya, juges de tout ce qui est pur, qu’Yama, les

■ dix régions du ciel, le souffle même que je respire, soient tous aujour- • d’hui les témoins de ma pénitence, et répondent un jour pour moi! »

Après la récitation de ces montras, il est d'autres pratiques que les Pourânas indiquent aussi : ils nous apprennent comment on doit poursuivre le cours de toutes ces cérémonies.

Quand l’aLlution dont j'ai parlé sera finie, l’épouse donnera à son mari un vêtement complet 10 qui sera son propre ouvrage , à moins qu’il n’y ait eu quelque empêchement. Elle lui fera encore cadeau d’un autre vêtement blanc et neuf, formé d’une trame qu’elle-même aura filée.

Elle invitera un Brahmane de mœurs pures, d’un esprit modeste, d’une science et d’une sagesse reconnues; et, suivant ses moyens, elle lui servira à manger avec son mari. Elle donnera à ce Brahmane le double vêtement, un lit, un char, une maison, du blé, des esclaves mâles et femelles, des parures selon sa fortune, une montagne de pierres précieuses, des grains de toute espèce, et particulièrement du sésame, des éléphants, des chevaux, des chèvres, des brebis et surtout des vaches. Elle lui présentera differentes figures de sel , de beurre, de miel , de sucre , d’or et d’argent , des ouvrages d’adresse qui rappelleront toutes les odeurs et tous les goilts, des peintures sur bois de tous les fruits, de tous les costumes, des représentations de rochers faites avec le beurre, le caillé, le lait et le gazon doûncé u, enfin toutes les formes diverses que le Brahmane peut désirer. Ces cadeaux seront calculés selon la fortune de la femme, suivant le temps et le lieu, et, quelle qu’en soit la quantité, clic se conformera en tout à l’avis de son mari. Les présents les plus essentiels sont une mesure de sésame , et surtout une vache , qui doit être jeune et noire, une peau noire qui enveloppe ce sésame, un vêtement, un miroir et une époussette ,s.

La femme qui a fait ces cadeaux à un Brahmane obtient tout ce qu’elle désire, la supériorité sur ses rivales, des enfants, le bonheur, la beauté; ses

“ C'est-à-dire le vêtement inferieur et le vêtement de dessus.

11 Pankam dactylo*. On nomme communément ce gaion Dab.

“# cvûrtchicla ; c’est une espèce de plu-

meau ou de petit balai, formé d’une touffe de gaion ou d’autre matière, lequel doit servir pour la propreté.

mains seront toujours pures, elle sera riche; si elle veut des filles, elle en aura do belles et vertueuses : ainsi , plaisir, piété, satisfaction d’amour-propre, famille nombreuse, richesses, vertus, elle pourra tout posséder.

O Aroundhati, ce sont là les grandes épreuves par lesquelles j'ai passé, et qui sont connues dans le monde sous le nom de pénitence <TOumd. (Test par ces mortifications et ces libéralités qu’une femme se rend digne des faveurs quelle demande. C’est à ces saintes cérémonies que s’est autrefois associé le souverain créateur, le dieu des dieux, celui dont un taureau est le symbole : c’est à ces pieuses ablutions qu’il daigna se prêter pour l’amour de moi.

Après ces actes de générosité, il faut poursuivre le cours des autres cérémonies. La conclusion est toujours un repas. Les femmes invitées à la fête reçoivent ce qu’elles peuvent souhaiter, suivant les lieux et les circonstances.

A chacun des Brahmanes présents on donnera, selon son désir, de la nourriture et des présents. Mais dans ces cérémonies le lait, et non une autre substance, est le fondement des repas; on ne doit y tuer aucun être animé 1S : telle est la loi dictée par les Pourànas.

Il faut distinguer de ces pratiques d’un ordre supérieur d’autres rites d’un genre secondaire, que la faveur de Mahâdéva, ô fille de Sonia, m’a fait connaître également.

Les anciens sages ont indiqué une cérémonie particulière pour la femme enceinte, et qui consiste à offrir un vase 11 rempli de feu, ou deux fois, pendant les beaux mois de Djvechtha 15 et d’Achâdha l®, ou une seule fois pendant l’un ou l’autre de ces deux mois. Au bout d’un mois ou deux de grossesse, une femme offrira ce vase rempli de fruits, de beurre, de lait, de caillé et de miel. Qu’elle remplisse ce même vase d’eau, et qu’elle le présente au Brahmane qu’elle préférera, vieilli par la science, éprouvé par la pénitence et vainqueur de scs passions.

Si elle désire une fille, qu’elle prenne le moyen (et il en est un) de

" Ce*t en cela que diffèrent celte cérémonie et celle du Sràddha. Voyez, vers la fin de U ni* lecture des loi* de Manou, les viandes qu’il est permis de mauger en cette dernière circonstance.

u Le vase dont il va être question porte le

nom particulier de tapoutraca-

racA. Le motcorocd est id du féminin , quoique M. Wilson n’indique pas ce genre dans son dictionnaire.

u Mai-juin.

w Juin-juillet.

faire exaucer son vœu , et elle obtiendra infailliblement cc qu’elle souhaite. Qu’elle sache ce qui peut faire envie à un Brahmane, et qu’elle lui fasse présent d’une vache, d’une somme d’or, d’un vêtement. Epouse fidèle et livrée aux exercices de la dévotion, qu’elle finisse par lui donner le cordon particulier à sa caste n.

Ce sont U les règles qui intéressent la femme enceinte : quand elle est devenue mère, elle a pendant un an des devoirs à remplir envers les Brahmanes, à qui elle fera encore des offrandes de vases, telles que celles que j’ai décrites Toujours vertueuse en ses discours, d’après les directions de son mari, au jour appelé Cômoadî ,9, elle donnera à un Brahmane un cordon d’or.

Quel que soit le vœu d’une femme en se livrant à une œuvre de pénitence, cette espèce d’offrandes, ce présent d'un cordon brahmanique, et des cadeaux proportionnés à sa fortune , voilà les moyens d’arriver heureusement à son but. Cependant, durant le cours de ses mortifications, elle ne mangera rien de nouveau en grains, en fruits ou en fleurs. Quand viendra le jour de fête, clic offrira un seul plat de riz bouilli 30 aux Brahmanes, et aussitôt après à son mari. Une femme qui s’est ainsi conduite pendant un an sera heureuse, belle et riche, et elle ne connaîtra pas le veuvage.

Celle qui, durant une année, renoncera à manger des vârttdcas 2\ ne verra point la mort de son enfant.

Celle qui s'abstient de la chair du lièvre et des autres bêtes fauves ne tombera point dans la mort : elle partagera le destin de son époux.

Celle qui se prive d'aldboa M, d 'oapodied M, de calambicd u, obtient le bonheur qu'elle désire.

Celle qui , pendant un an, ne donne au Brahmane que d’une seule plante

17 Appelé yadjnopavUa. Voyex â c* sujet les lois de Manou. lecL u, si. 44-

** ^ } ! cararah, du genre masculin.

11 C'est le jour de la pleine lune dans le mois d'Àswina (septembre-octobre), ou dans celui de Cârtica (octobre-novembre). On donne surtout ce nom 4 une fêle en l'honneur du dieu Càrtikéya , célébrée A la pleine lune de Cârtica : de là vient que ce mois s'appelle Cémoada.

** (Test le mot embkakta que j'ai

rendu ainsi.

n Solanum melongena [eyrf -plant). On appelle aussi cette plante Sdcnlahca , parce qu'elle est parmi les légumes ce que le Mua est parmi les arbres, ou Ractavarddana , à cause de son influence sur le sang.

** Cucurbita latjenam,

“ B ose! la rvbna ou lucida.

** Convobulut reperu

potagère à la fois, mais y ajoute un cadeau, aura des enfants et le premier rang dans le ménage.

Celle qui aura constamment fait des ablutions de pieds volontaires aura toujours la prééminence, et ne sera jamais contrariée.

Celle qui, durant un an, prend ses repas A la clarté d’un soleil purifiant, et le soir s'abstient de manger, ne perdra pas scs enfants; elle sera heureuse, et surpassera toutes scs compagnes. Au bout de l’an, remplie de gloire, parfaite en sa pénitence, qu'elle donne un beau soleil d’or à un Brahmane pauvre et savant, et, avant le départ de l'astre du jour, qu'elle lui serve des fruits, des fleurs, et des friandises épicées (bhakchya)

La femme pénitente, qui ne mange qu’après le coucher du soleil des mets (bhodjya) purifiés par la clarté de la lune et des étoiles, donnera A un Brahmane savant une lune, des étoiles, des planètes d’or, et un vêtement brillant. Elle deviendra belle et fraîche comme la lune, heureuse, digne de fixer tous les regards, et elle aura beaucoup d'enfants.

A l'époque de la pleine lune et au lever de cet astre , la femme , l’Ame dévotement disposée, offrira l’an/Aa avec le causa et l 'akchata *, et fera le bali ** d’orge (yduaca) et de caillé. Constante dans cette pratique, elle obtiendra tous les objets de ses désirs.

Si la femme qui fait ces dévotions à la clarté du soleil est privée de la vue de l’astre par le mauvais temps ou par tout autre inconvénient , elle y suppléera en donnant au Brahmane de l'or, suivant sa fortune, et elle obtiendra le bonheur et la considération.

*v Le commentateur des lois de Mnnou, CoulloAca Bhatln, au sloca 337 de la lit* lectine , établit une différence entre les deux esl»tces de mets appelés bhakchya et bhodjya. Il semble que les bhakchya* sont des meta épicés.

kharawadam; les bhodjya* sont de» met» formés de laitage.

t&di.

** Voyez lecture précédente, note »o.

” La cérémonie appelée bali est proprement la présentation de la nourriture, faite à l'intention de tous les êtres crées : ce qui est un de» cinq sacrements chez les Indiens. Elle consiste à jeter, au montent du ss»crifice, une petite portiou de l'offrande en plein air derrière 1b

maison.

PRATIQUES PARTICULIÈRES DE DEVOTION \ üumâ dit :

Maintenant, Àroundhatî, je vais te dire par quelles cérémonies pieuses on obtient les avantages extérieurs du corps.

Si une femme, attachée à son mari comme à une divinité, célèbre le huitième jour du pakcha noir, et ne mange que des racines et des fruits, si elle présente chaque jour à un Brahmane une seule espèce de nourriture, si, vêtue de blanc et réglée en ses habitudes, elle honore par des offrandes son gourou et les dieux, si , après s’être ainsi conduite pendant un an, elle donne alors à un Brahmane un éventail, et un tchdmara formé de la queue d’une vache, si , d’ailleurs , flattant son époux par quelque cadeau, clic s’est assurée de son assentiment, cette femme sage et fidèle acquerra une chevelure longue , flottante et descendant jusque sur ses reins.

Celle qui désire que sa tête soit garantie de tout mal doit, après l’avoir peignée soigneusement, la baigner avec du lait et le jus du fruit du bilua : à son ablution elle mêlera de l’urine de vache s. Elle choisira pour cette cérémonie le quatorzième jour du pakcha noir, et elle obtiendra la faveur de conserver son mari, d’être heureuse, bien portante et de n’avoir jamais de maux de tête.

L’épouse pieuse qui désire être remarquée pour la beauté de son front doit , le premier jour 5 du pakcha , commencer à ne manger que d’un seul

1 Quelque ridicule», quelque absurdes que loi» difficile à comprendre, parce que le texte • «oient toute» ce» prescription» , je n'ai pas dû est assez concis per lui-même et que souvent il priver le lecteur de ce» détails. Tout en déplo- lait allusion à des usages peu connus, rant {‘excès de la superstition indienne, j ‘ai 1 L'urine de vache est une de» cinq cbo»e* pensé que de semblable* passage» n'étaient pas sacrées qui proviennent de cet animai , pantchusmis utilité pour l'hisloire des rotcur» et pour gavy a , et qui ont la vertu de purifier,

l'étude de» antiquités. La matière a été par* * Ce jour s'appelle pmtipaJ.

64 ' ’ * HAR1VAKSÀ. -x

meU. Ainsi, qu’elle ne prenne que du lait toute l'année : à la fin, qu’elle donne à un Brahmane un vêtement 4 tout brillant d’or, et elle aura un front distingué par sa forme gracieuse.

Veut-elle obtenir de beaux sourcils; elle commencera sa pénitence le second jôur du pakcha, et, constante dans son jeune, elle ne mangera que des légumes 5 et du ri* bouilli *. Au bout de l’an elle honorera les Brahmanes en leur offrant des fruits mûrs, des haricots \ du sel et du beurre *.

La femme qui désire des oreilles élégantes doit, au moment où brille la constellation Sruvana \ se mettre k manger de forge. A la fin de l’année, dans le beurre et le lait qu’elle donnera à un Brahmane elle mettra une paire de boucles d’oreilles d'or.

Celle qui a l'envie d’avoir un nez qui, prenant avec grâce k la chute du front, partage agréablement son visage, et soit exempt de toute incommodité, aura soin, en commençant son jeune, de choisir une touffe de tilaw en fleurs, qu’elle arrosera d’une oude pure : elle finira par cueillir ces fleurs, qu elle mettra dans du beurre, et présentera à manger k un Brahmane.

O fille deSoma, une femme a-t-elle le désir d’avoir de beaux yeux; il faut qu’elle se mette à ne prendre que du lait et du beurre, et qu’au bout de fan elle jette des feuilles de lotus noir dans le lait qu’elle donnera au Brahmane qui pour elle récitera les montras En agissant ainsi elle acquerra des yeux comparables au lotus noir.

Si une femme, d’ailleurs sage et vertueuse, veut des lèvres charmantes, pendant un an elle boira de l'eau dans un vase de terre ts, et le huitième

* Ce vêtement est désigné par le mut pata.

’ srra» •**

4 kkakta.

* AfÜcfo [pkastotüi vadiahu).

4 U* manuscrit dévanâgari de Paris ajoute ici un ver* qui contient une comparaison que je n'ai pu comprendre. U indique une similitude entre le sourcil et le musc, mriganAbhi.

* Cet ta constellation cal le a 3* Nakchatra lunaire. contenant trois étoile* a, C et y de l'Aigle. La prescription dont ii s'agit ici est

fondée sur un jeu de mots . mroona signifiant aussi oreille.

“ Le fila est le wsamwn orienta/e.

u C'est ainsi que je rends le mot •

plavamdrtah . M. \\ ilson dit que plava est le son prolongé des voyelles dans la récitation des V celés. et l'accentuation continue et marquée.

” Le texte ne porte que sqr-tqtjrf mnnmaytma , sans ajouter aucun substantif. Je n'ai pas cru que l'auteur prescrivit de mêler à sa boisson quelque substance terreuse; j'ai sousentendu le mol vuje.

jour du pakcha mangera de ïayâtchifa 13. A la fin de Tannée clic donnera à un Brahmane du corail, et ses lèvres deviendront aussi rouges que le fruit du bunba u,

La femme fortunée, heureuse en enfants et riche en grains et en vaches, si elle désire avoir de belles dents, doit, le huitième jour du pakcha blanc, manger deux plats de riz bouilli ( bhakta ), et au bout de Tannée mettre dans le lait qu’elle donne au Brahmane des dents d’argent. C’est ainsi quelle obtiendra des dents pareilles aux fleurs du tila, et de plus le bonheur et une nombreuse famille.

Celle qui veut être distinguée pour l’ensemble d’un visage agréable aura soin , le jour de la pleine lune et peu avant le lever de cet astre, de donner à un Brahmane et de manger elle-même de l'orge [ydvaca ) cuite au lait : à la fin de Tannée elle présentera ses hommages au même Brahmane en lui offrant dans une fleur de lotus une lune d'or. Ce don lui procurera un visage comparable à une pleine lune.

La femme qui désire deux seins semblables aux fruits du palmier, le dixième jour du pakcha, mangera silencieusement deux ayâtehitas. À la fin de Tannée elle donnera en présent à un sage Brahmane deux fruits de biltca d’or pur, et elle obtiendra une grande prospérité, une nombreuse lignée, et une belle poitrine.

Celle qui veut éviter le gonflement du ventre doit se soumettre à ne manger que du riz bouilli, et le cinquième jour du pakcha s’abstenir de toute nourriture cuite à l’eau. Au bout de Tannée elle donnera à un pieux Brahmane des fleurs de tila accompagnées de présents.

La femme quia l’envie d’avoir de belles mains devra, le douzième jour du pakcha, user de toute espèce d’herbes potagères, et au bout de Tan donner à un savant Brahmane deux lotus d’or.

Voici la pratique convenable pour celle qui désire de larges reins ,5 : le treizième jour du pakcha elle ne mangera que du riz bouilli et de l 'ayâtchita. A l’expiration de Tannée, qu’elle offre du sel à un Brahmane, dont elle ornera la face comme celle d’un PradjÂpati lfi, la teignant de poudres

“ Ou atijâirhita. J’ignore quelle est cette plante.

'* Momordica monadelpha.

11 Nous avons déjà vu que c’est là un des

traits distinctifs de la beauté chez les femmes indiennes.

“ Le texte est osse» obscur pour me laisser douter si c’est le visage même du Brahmane

noires et onctueuses r, lui prodiguant l’or et les pierreries, et lui donnant toute espèce de présents et un vêtement rouge. Tel est le moyen pour une femme d’obtenir une largeur de reins dont elle pourra être fière.

Veut-elle une voix douce et agréable; qu’elle renonce au sel pour ellemême, et qu'elle en donne pendant un an ou un mois à un Brahmane avec d’autres présents, et elle possédera une voix qui charmera les oreilles par ses cent qualités.

Celle qui a le désir d’être remarquée pour la finesse des chevilles de ses pieds doit, chaque sixième jour du pakcha, manger du riz cuit à l’eau : elle se gardera de toucher avec son pied ou le feu, ou un Brahmane: si jamais elle touche un Brahmane, qu’elle le salue avec respect. Qu'elle ait soin, au moment du bain, de ne pas frotter un pied contre l’autre. Après avoir rempli toutes ces conditions, que cette femme, fidèle à son époux comme s’il était un dieu, donne à un Brahmane deux tortues d’or placées dans du beurre, ou deux lotus inclinés et marqués détachés rouges

Enfin celle qui veut réunir toutes les beautés du corps doit dans la saison des fleurs célébrer une fête de trois jours. Au moment de la C6moudî w, à la pleine lune d’Âchàdha 20, de Mâgha aI, et d’Àswina **, elle honorera son père, sa mère et le souverain créateur; elle donnera aux Brahmanes du beurre et du sel; elle fera chez elle des ablutions; elle se frottera de bouse et fera la cérémonie du bali 3i. Qu’elle soit toujours sage en ses paroles, réglée en ses désirs, modeste en ses actions, et de toutes les plantes potagères qu'elle mangera, qu’elle en jette autour d’elle une portion comme une offrande faite à tous les êtres.

L'épouse qui désire avoir de bons parents doit, chaque septième jour du pakcha, ne manger que du riz bouilli. Au bout de l’année elle donnera à un Brahmane, entre autres présents, un taureau d’or, et elle obtiendra l’objet de son vœu.

** Voyca I pelure précédente . note 19.

w Voyez lecture précédente . note 16 M Janvier-février.

8 Voyez lecture précédente , note 1 9.

'• Voyez plu» haut la note î- * Cette cérémonie est indiquée dans la

auquel elle donne l'apparence d'un Pradjâpati ou de Brahma, ou »i ce n'e»t pas plutôt une idole quelle arrange de cette manière.

n C est-à-dire avec la substance qu'on appelle andjona.

11 Sens douteux :

Celle qui entretient une lampe sur un carandja **, et qui à la fin de l'année donne à un Brahmane une lampe d'or, brillera elle-même comme un flambeau; elle sera aimée de son mari, elle aura beaucoup d’enfants et l'emportera sur ses rivales.

La femme qui mange les restes des offrandes sera exempte de péché t dévouée à son mari, douce en ses discours, égale en son humeur, toujours pure et soumise à son beau-père et 4 sa belle-mère.

J'ai dit quelles devaient être les œuvres pieuses et les pénitences de la femme qui , amie de la vérité et du devoir, honore son mari comme une divinité présente; je vais t’apprendre quelles sont les règles que les Pourânas indiquent pour l'épouse veuve, toujours unie de cœur à celui qu'elle a perdu. Elle formera de terre une image de son mari, à laquelle elle présentera des offrandes M; elle se rappellera les devoirs pieux qu’il a remplis, et, l'âme toujours dévouée à son souvenir, elle semblera n'agir qu’avec son assentiment pour ses œuvres de religion, pour scs jeûnes et le choix de ses mets : pour prix de sa fidélité , elle arrivera un jour dans le monde où vit encore son époux. C’est par ces moyens que Sândilî r, qui avait toujours fait son dieu de son mari, brille maintenant comme le soleil.

Ainsi tes épouses de tous les dieux ont appris aujourd'hui les antiques et éternelles ceremonies par lesquelles on conserve la pureté. Le Mouni Nârada vient aussi d'entendre dire quelles sont les règles prescrites pour le jeûne et les autres actes de pénitence. Aditi, Indràni, et toi, pieuse Allé de Soma, vous connaissez maintenant tous ces rites précieux qui vous procureront la pureté , et qui vous donneront une grande renommée parmi les femmes. Les nobles épouses de Yichnou, dans toutes les incarnations, seront également instruites dans ces saintes pratiques de purification. J'ai fini de vous expliquer quels étaient, parmi les devoirs, ceux qui concernaient les femmes, comment celles-ci étaient obligées d’honorer leur époux, de régler leur conduite, et de veiller sur leurs paroles.

Voye* lecL cxvm , lom. I. pag. 5io. Cependant, lect. exux, c'est edui d’une pénitente, amie de cette déesse. Agni , dans une de ses naissances , est né de Sàndili , fille de Sandila : de U vient que ce dieu est surnommé Sândilya

phrase qui suit. Voyez la lecture précédente, note *7.

** Galedupa arboroa.

- TiTT v°i¥

” Sàndili est unde» nom» d'Oumà elle-même.

HAR1VANSÀ.

Vèsampàyana dit :

Nârada, continuant à parler à Roukminî, lui dit : «Les déesses, péné- « trées de l’esprit de pénitence, après ce discours de l’épouse de Mahâdéva, « la saluèrent et se retirèrent pleines de joie. Aditi commença scs mortifi-

• cations suivant les règles détaillées par OumA. Toutes les vertus de ses

• purifications furent réunies dans le Pàridjâta : une guirlande formée de « ses fleurs fut remise pour moi à Casyapa. C’est précisément cette pénitence d’Aditi, dont Satyahhàmâ ressent les précieux effets.

• 11 est quelques pratiques particulières suivies par la pieuse Sâvitri, et

■ qui donnèrent un prix nouveau à ses mortifications : par exemple, au

■ moment du crépuscule, et sur le lieu convenable, on fait l’offrande aB, « l'adoration 29 et la double prière w. I.a femme qui à la pénitence de Sâvi-

• tri joint celle d'Àditi sauve la famille de son père, de son époux et elle-

• même.

« Indrànî se soumit aussi aux mortifications d’Oumâ : dans le genre de « pénitence qu’elle pratique, le vêtement est rouge, la cliair est permise « pour nourriture J1, le jeûne est d’un jour entier («Aord/ra) , et le présent

• est de cent coambhas M de grain.

• Gangâ eut aussi son genre particulier de pénitence, qui consiste à faire « dès le matin ses ablutions dans l’eau ou autrement, mais toujours dans l’eau « au moment du pakcha blanc de Màgha. C’est là ce que l’on nomme la mor - « tification Je Gangâ, laquelle procure l’accomplissement de tous les désirs; « et la femme qui remplit ces conditions sauve vingt-et-une familles. On

■ doit, à la suite de cette dévotion, donner mille coumbhas de grain, un

• bateau et un repas w qui rompe le jeûne.

« L’épouse d’Yama se livra au genre de mortification nommé Ydmara-

• tha , lequel a lieu en hiver et en plein air. Après avoir fait ses ablutions et « honoré son mari, une femme, dûment purifiée, doit dire ces paroles:

** Poûdjana. ««aux. A 1* fin des sacrifices on présente ira

M \'anuucara. prêtre un vase, appelé podrnapdtra , qui est »up-

14 Djapa. posé contenir deux «ni cinquante-su poignées

** tâmuha . ^ derix.

* Celle mesure contient plus de trois bois- ” pdnaivm.

le

■ Je me tiens dans ri'dmaratba 14 : que le froid soit derrière moi. Fidèle à mon

• époux,, que je conserve mes enfants et ma considération; que je surpasse mes

• compagnes, et que je ne voie pas Yuma M. Que je vive longtemps , conservant

• ma beauté, mon époux, mes enfants. Qu'à la fin f arrive au monde x de mon

• époux. Que tel soit le Jrait de ma pénitence. Le cœur et les mains toujours parcs,

• aimée de ma famille , que je sois ornée de bonnes qualités. Après cette céré- « monie, elle honorera un Brahmane, et lui donnera à manger du miel, du

• sésame noir et du lait.

• Telles furent les pénitences accomplies par les déesses d'après l'indica-

• lion de l'épouse de Mahâdéva. Beautés chéries de Ilari, écoutez bien mes « paroles. Avez soin de suivre ces saintes pratiques, et vous serez toutes « purifiées. Songez que je n’ai fait que vous rappeler ce qu'avait jadis révélé

• Oumâ elle-même sur l’efficacité de ces cérémonies, source féconde de

■ vertu et de sainteté. »

Instruite par ce discours, Roukininî suivit ces règles de mortification, et Oumâ daigna lui donner, pourvoir la vérité, l’œil divin. L’épouse deCrichna, en se soumettant à toutes ces pratiques de dévotion, ne manqua pas d’y ajouter le don d’un taureau, de pierreries, de guirlandes et de mets de toute espèce. DjAmhavati imita l’antique pénitence d’Oumâ, et fit aussi le présent d’un taureau et de pierreries. Satyabhàmâ marcha également sur les traces de l’épouse de Siva.

Rohini , Phâlgouni et Maghâ 57 se livrèrent aussi jadis à ces mêmes œuvres de pénitence. Satahhichâ 38 se distingua de celle manière entre les femmes de Sonia, et mérita le premier rang parmi les Nakchatras.

•* Ce passage est obscur, l-e mot Yàmaratha signifie appartenant aa ckar tfïama. Je suppose que dans cet acte de dévotion U femme se tourne vers le midi, qui est la région d'Yama . et par conséquent elle a derrière elle les montagnes de Hlimnlnya . doù viennent les froids.

11 Elle souhaite de ne pns mourir. Yamo étant le dieu de* enfers.

** Au monde où sou époux aura été accueilli après sa mort

” Épouses de Son» a : Rohini est le 4* asté-

risme lunaire, contenant cinq étoiles du Taureau , «, C , y , L, i. Le nom de Phâlgouni convient â deux constellations , la n* et la iae, distinguées pur les épithètes poânra et ouitaru, et renfermant plusieurs étoiles du Lion. Maghâ est le io* astérisme, et contient cinq étoiles du Lion, «, y, ( , a et ».

" Ainsi se nomme le a 5* Nakchalra. renfermant cent étoiles, dont uue est le a du Verseau. Voyez dans Wilson l’étymologie de ce mot.

HARIYÀNSA.

ORIGINE DE CHATPOURA.

Djananicdjaya dit :

Pieux Ycsampâyana , saint pénitent élève «le VyAsa, dans l’histoire de l'enlèvement du P&ridjàta tu m’as parlé de Chalpoura *, séjour de princes Asouras. Sage Mouni, raconte-moi la mort de ces redoutables ennemis, et celle d’Andhaca.

Yésampâyana reprit :

Quand le héros de Tripoura 3 * périt sous les coups du puissant Roudra, ce pays était peuplé de guerriers Asouras. Plus de cent soixante mille habitants de cette province de Tripoura furent brilles par les feux des flèches divines. Ceux qui avaient échappé, affligés de la mort de leurs parents, se livrèrent aux exercices de la pénitence dans le Djamboûmârga 5, pays aimé des hommes vertueux et habité par les Maharchis. La face tournée vers le soleil et ne se nourrissant que d’air, ces héros, au nombre de près de cent mille, adressaient leurs hommages au dieu qui est sorti du lotus Y Les uns réfugiés à l’ombre d’un oudoumbara * habitaient sous cet arbre; les autres avaient choisi pour demeure un capittha •; d’autres s’étaient retirés dans l’enclos du chacal (srigaiavâti *)1; quelques-uns, fixés aux pieds d'un maje.v

1 \ oyez la locUire cxxxi . tm U fin.

’ Le mol Tripoura Mditduprinoc.de U ville et du pays de Tripoura. Voyez lect. cxxix,

nota 27. Voyez aimi lect ceux.

* Ce mot signiüc chemin du Djambou. Voyez pour ce mot Djambou U lecture CXU, note 5.

Le Djamboûmârga , lect. cm , est cité comme un ttrtha renommé : il est sans doute voisin du Djambou-dwîpa , et situé au pied du Pàripàtra, où demeurent ce* Asouras.

* C’est-à-dire à Brahma

1 Fu us glomeraia.

* Feronia elep hantum.

1 Je traduis littéralement le mot trigAlaviti. Il est i» présumer que le* noms d'arbres qui précédent désignent, comme ce mot-ci, des lieux particuliers , qu'une légende , assez obscure d'ailleurs , a rendus célèbres. Le poète cherche ici à rendre compte de l'origine de ces mots , et il me semble qu'il n'a pas su exprimer tes idées

tueux vata (r atamoula) B, d'un figuier de Brahmâ (brahmavata) f, lisaient lea saintes écritures, et tous poursuivaient avec ferveur le cours des pénitences les plus austères.

L’aïeul du monde, le dieu créateur de tous les êtres, satisfait de leur pénitence, se présenta devant eux, et leur laissa le choix d’une récompense. Malgré l'offre gracieuse que leur faisait le dieu né du sein d'un lotus, ils refusaient toute espèce de faveur, conservant leur haine contre Tryambaca, et voulant venger leurs frères. Brahmâ, dont la science embrasse tout, leur dit : • Qui peut se flatter de triompher de celui qui crée et détruit l'univers?

• Ne perdez pas ainsi le fruit de votre pénitence. Le dieu époux d’Oumâ 10 « est tout-puissant : il n’a ni commencement, ni milieu, ni fin. » Quelques-uns de ces Asouras, connaissant mieux la vérité, demandèrent à habiter dans le Swarga 11 la partie ténébreuse. Les autres furent assez insensés pour persister dans leur refus. Brahmâ les engagea de nouveau & choisir autre chose que la colère de Houdra. Alors ils lui répondirent : « Nous demandons le privi-

• lége d’être à l'abri des coups de tous les dieux. Accorde-nous de posséder

• six villes dans l'intérieur des terres; que par cette raison le lieu de notre « habitation se nomme Chalpoura; et puissions-nous y trouver le bonheur

• et l’accomplissement de tous nos désirs ! Instruits par le triste sort de Tri- « poura, nous avons tout sujet de trembler. O toi qui es le trésor de toute

• pénitence, fais que nous n'ayons rien à craindre de ce Roudra , qui a donné ■ la mort à nos parents. »

Brahmâ leur dit : « Asouras, vous n’aurez rien À redouter des dieux, ni de

• Siva lui-méme, mais à condition que vous ne maltraiterez point les Brah-

• mânes qui marchent dans la voie de la vérité, et qui sont les amis des « gens de bien. Si vous êtes jamais assez fous pour les insulter, votre bon-

d une manière assex claire. Le Vari-tanhita , parmi le* province» du Madhyadésa, en cite une nommée OJoumbara, et noua avons vu, Int CXTIII, au nombre de» rivières du midi, l’OudoumbaràvaÜ. Les Odoumbara* sont aussi une famille issue de Viswàmitrn , comme le dit la lecture uvii, p. ia3.

1 F te tu indien .

* C’est peut-être plutôt IrrahmatAia ; car l’adjectif formé de ce mol est écrit plus bas bmh-

mavdlSya. Ce mol signifierait alors enceinte de BrakmA.

w Je rends ainsi l'épithète Sonia appliquée au dieu Siva.

11 S'il y a dans cette légende quelque vérité historique, on peut regarder le Swarga comme la partie orientale de flnde : c'est précisément le pays d'où sortaient ces Asouras , chassés de Tripoura, et ils demanderaient par conséquent à y rentrer.

* heur cessera. Les Brahmanes sont à la tête de la création. Si vous oubliez

* leurs droits, c'est alors que vous aurez à craindre Xàràvana; car Xàràyana « est le gardien des privilèges de tous les êtres. •

Les Asouras, après avoir reçu de Brahinâ ce témoignage de faveur, se retirèrent. Quelques-uns d’entre eux, suivant les règles du devoir, adressèrent leurs hommages à Mahddéva, funeste auteur de la chute de Tripoura. Ce dieu protecteur de la piété se montra à eux monté sur un taureau blanc, et leur dit : «Asouras, abjurant toute haine, déposant votre

• orgueil et votre désir de vengeance, vous vous êtes adressés à moi. Je « veux vous en témoigner ma satisfaction par un don particulier. Je suis « content de vos œuvres; je vous accorde d’aller au Swarga en compagnie « avec les saints Mounis et les Brahmanes distingués par leur piété. Les

■ pénitents, instruits dans la science de Brahmâ, qui habiteront en ces lieux

■ sous l’arbre capiüha , se retrouveront dans des mondes semblables au " mien. Le mortel qui, se livrant ici même à de pénibles austérités, em- « h mssera la vie de Yanaprastha ”, qui observera la (in des pakchas et des « mois, et m’offrira ses hommages, celui-là obtiendra le fruit de mille « années de pénitence. S’il continue ses dévotions pendant trois nuits,

* suivant les prescriptions indiquées, il arrivera au but de ses désirs. Le

• mérite de celui qui demeurera dans le dwipa du soleil 13 et dans la région « inférieure 14 se trouvera doublé : tel est le privilège que je vous accorde. « Quiconque m’honorera sous le nom de Su e/avdAana 15 sera à l’abri de

■ toute crainte et entrera dans ma voie. Les mortels qui traiteront avec rcs- « pect les saints Mounis, les pieux Brahmanes habitant sous l’oudoum- « hara ,c, au pied du vata M, près du capitlha dans l'enclos du chacal

• ou près du figuier de Brahmâ **, ces mortels, dis-je, suivront toujours la « route que leur désir leur aura tracée. »

" Ainsi sc nomme celui qui vil relire dans la forêt : ce qui c»t le troisième (*lat ou âtnima du dévot indien. Voyez la lecture vi des lois de Manou.

■ m&n armtheîpa. Tout ce passage est d'une obscurité que je ne saurais éclaircir. Je me suis contenté d’en donner une traduction littérale, nécessairement incertaine.

nltcha ou ntmiui-

u Ce mot veut dire porté fur an* monture blanche.

M Cest-i-dire Odoumbartu.

n Vâtamoâhu- 11 Câpitlhacas u Srigdlavâtfytu.

** Brahmamllyas

Ainsi parla le dieu porté sur une monture blanche; et, accompagné de tous ces pénitents, il se rendit au Roudraloca *l. Là il forma le projet de se rendre et de s'établir dans le Djainbodmârga.

CENT-QUARANTIËME LECTURE.

SACRIFICE DE BRAHMADATTA.

Dans ce temps-là vivait un Brahmane, nommé Brahmadatta, savant dans les quatre Vèdes et les Védângas, disciple d’Yüdjnavalkya , zélé pour ses devoirs, et surtout instruit dans la partie de LYadjour appelée Vâdjasanéyi *. Le sage Vasoudéva l'avait chargé de célébrer un Aswamédha. Or, ce Brahmadatta habitait dans le pays de Chatpoura, sur les bords charmants de 1’Avarttî 2, aux ondes retentissantes et ornées de la présence des Mounis- Grand lecteur des Vèdes, ce Brahmane était l’ami, le directeur spirituel, le protecteur du noble Vasoudéva. 11 s’était préparé à ce sacrifice solennel qui exige le délai d’une année \ Enfin Vasoudéva, accompagné de Dévakî, vint le trouver à Chatpoura, comme Indra vient trouver Vrihaspati. Le sacrifice était remarquable par une grande profusion de mets et de présents : Brahmadatta y avait pour assistants les plus sages, les plus pieux d’entre

11 Ce qui signifie «le monde de Roudrn.»

' L’Yadjour est un des Ycdes; on le divise en deux parties principales, appelées blanche et aoj/vp, ou Vtuljuuinért et Téltirlya. La première est attribuée à Yâdjnavalkya , à qui elle fui révélée par le soleil , qui lai apparut sous la (orme H un cheval. La seconde portie doit son nom à Tittiri , qui la reçut d’ Yâsca , disciple de Yésampâyana, lequel, dans la recomposition des Vbdcs, avait été chargé par Vy&sa de donner ses soins à TYadjonr. Ce mot Tiltin signiûe perdrix, et a donné lieu à un^pnte inventé par les auteurs des Pour An as : ils disent que les textes

de l’Yndjour, avalés par Yâdjnavalkya, furent, au commandement de VêsampAyona . dégorges par lui et avalés ensuite par les disciples de ce même Vcsampâyana changes en perdrix. Tel est en général l’esprit des Pourâuas; leurs bis toriettes ne sont bien souvent que des contes allégoriques . bâtis sur un jeu de mots : aâ une duce omnet.

1 L’Avartti doit être in rivière que, dans la cxxxi* lecture, l’auteur désigne sous le nom du Gange. Il en sera question dans la lecture qui va suivre.

' Voyez lect xtv, note 19.

les Mounis, Vyâsa, Yâdjnavalkya4, Soumantou5, Djômini *, le juste Djâbali7, Dévala, bien d’autres encore, et moi-meme Vasoudeva n'avait rien oublie pour relever la pompe de cette cérémonie : la pieuse Dé valu, par un effet de la puissance de son fils, dieu suprême descendu sur la terre, se trouva en état de donner à ces nobles convives tout ce qu'ils pouvaient désirer.

Au moment du sacrifice, les Dèlyas qui habitaient à Cliatpoura, Nicourobha et les autres, fiers du privilège qu’ils avaient reçu de IlraluuA, se rassemblèrent et dirent à Brahmadatta : « Nous voulons participer h votre sa- « crifice et boire avec vous le soma. Nous voulons aussi que Brahmadatta • nous donne ses filles; elles sont belles, dit-on; qu'on les appelle, qu'on « les remette entre nos mains , ainsi que les plus précieuses de vos pierre-

■ ries. Autrement nous ne vous laisserons pas achever votre sacrifice. » A ces mots Brahmadatta répondit : « Illustres Asouras, les Pourùnas ne nous per- « mettent pas de vous admettre au sacrifice. Comment pourrais-je vous « donner à boire le soma ? Demandez à ces sages Mounis, qui connaissent

la lettre des Vides et leurs commentaires •. Pour celles de mes filles qui « sont en état d’être mariées, c’est dans l’Antarvédi 10 quelles doivent trou- « ver des époux de leur rang. Quant aux pierres précieuses que vous deman-

■ dez, je vous les céderai de mon plein gré. Mais pensez-y bien- ; par la

■ violence vous n’obtiendrez rien de moi, et j’aurai recours au fils de Dévaki. ■

Nicoumbba et ses compagnons, dans l'emportement de leur coupable rage, brisèrent l'enceinte du sacrifice et enlevèrent les filles de Brahmadatta. Va soudé va, témoin de leur brutalité, appela par sa pensée son généreux fils Crichna, Balabhadra, et Gada. En apprenant cet horrible attentat, Crichna dit à Pradyoumna : «Pars, ô mon fils, et cours sans retard à la défense » de ces jeunes vierges : emploie pour les délivrer la magie, tandis que je « vais avec l’armée des YAdavas assiéger Cliatpoura. * Aussitôt le héros, fils

* Cest-â-dire VcMrapéyana. le narrateur de ce poème.

* HF2T bhâchva.

” Le mol antamxh désigne un espace de terre compris entre deux rivières. On en compte plusieurs dans l'Inde ; celui dont il est ici question est le Doab ou pays placé entre le Gange et l’Yamounà.

* Ce Mouni est regardé comme 1‘autcur d*un rode renommé qui jMirte son nom.

* Rédacteur de l'Atharva-véda.

* Disciple de Vyâsa, rédacteur du Soma* véda, et nuteur d'une école de philosophie, appelée le .Uirndjua.

’ J’ai suivi pour ce mot l’autorité de M. Wilson : le manuscrit bengali me donne djdpati, et les deux dévanègaris djdâjaîi.

(U» Roukminî, exécutant l’ordre de son père, courut du côté de Chatpoura : par le secours de la magie il enleva les jeunes filles, et leur en substitua d’autres qui n’étaient que le produit de son art merveilleux. Il avait dit à Dévakî : «Vous n’avez rien à craindre. ■ Les Détyas, emmenant leur proie sans méfiance, entrèrent avec joie dans Chatpoura.

Cependant le sacrifice fut continué suivant les rites ordinaires, et rien ne fut omis de ce qui pouvait le faire distinguer entre tous. Dans l’intervalle étaient arrivés les princes invités d’avance par le sage Brahmadatta , savoir, Djarâsandha, Dantavaktra, Sisoupâla, les Pândavas, les fils de Dbritaràcbtra, les princes de Mâlava et de Tangana M, Roukmin, Acriti, Nfla, Nârmada, les deux princes d’ Avant! , Binda et Anoubinda, Salya, Sacouni, et d’autres héros, voisins de Chatpoura.

Le sage Nârada, en les voyant, se dit : ■ Les autres Kchatriyas vont se

• trouver rassemblés avec les Yâdavas. De celte réunion naîtra un sujet de

■ guerre : il faut que je me montre en cette affaire. ■ Aussitôt le Mouni se rendit au palais de Nicoumbha. Après avoir reçu les hommages et de ce prince et des autres Dônavas, Nârada s’assit et prit la parole : • Comment! - vous vous déclarez contre les Yâdavas, et vous reste* ainsi tranquilles!

• Brahmadatta est l’ami du père de Crichna, et il doit compter sur l'assis- « tance de ce héros. Ce Mouni a cinq cents femmes, qu’il a épousées par

• amitié pour le fils de Vasoudéva, deux cents appartenant à la classe des « Brahmanes, cent à celle des Kchatriyas, cent à celle des Vésyas, cent à

• celle des Soûdras. Le savant et sage Dourvâsas, honoré par ces femmes, « leur a accordé pour récompense que chacune aurait un fils et une fille, « tous remarquables par leur beauté. Les filles se distinguent par leur jeu-

• nesse; une fois mariées, elles sont dévouées À leur mari, et possèdent

■ l’heureux avantage d’embaumer la couche nuptiale du parfum de toutes » les Heurs. Le saint solitaire les a douées de tous les talents des Apsarâs : « elles savent avec gr$ce et chanter et danser. Les fils sont beaux, instruits « dans la science des livres sacrés, et attachés à tous les devoirs de leur

• ordre, sans exception. Les filles du sage Brahmadatta ont été mariées aux « principaux Yâdavas : il en restait encore cent que vous avez enlevées. Cet « incident va devenir la cause d’uuc guerre avec le chef de ces héros. 11 faut

" Voyez lect. cxm, ootc 10

« dès le commencement vous procurer des auxiliaires parmi les rois : tâcher , « par le don de pierres précieuses, de les gagner à votre cause dans cette « affaire qui intéresse les fdles de Brahmadatta, et recevez avec tous les hon- « neurs de l'hospitalité les princes qui viendront chez vous. • Ainsi parla Nârada, et les Asouras suivirent avec empressement ses recommandations. Une partie de ces jeunes vierges 13 et des pierreries fut offerte à ces rois suivant la distinction de leur rang; tous ces princes, à l'exception des Pândavas, amenés aussitôt par le grand Nârada, dirent aux Asouras dans l'effusion «le leur joie : ■ Nous sommes satisfaits des présents dont vous nous comblez, « vous qui avez le privilège de traverser les plaines de l’air n. Que peuvent « à leur tour vous donner les Kchatriyas?» L’ennemi desSouras, Nicoumbha, connaissant la force et la sagesse de ces héros, leur répondit, tout transporté de joie : « Nous allons avoir un combat à soutenir contre nos • ennemis. Nous demandons votre alliance. » ■ Soit fait comme vous le dé- « sirezl* s'écrièrent les Kchatriyas avec ardeur. C’est ainsi que tous ces princes, à l'exception des Pândavas, furent par l'adroit Nârada engagés dans la cause des Asouras.

Brahmadatta et ses épouses s’étaient rendus dans le champ du sacrifice. Crichna avec son armée marchait sur Chatpoura pour mettre à exécution la sentence de Mahâdéva1*. Il avait laissé à Dwàravatî le prince bis d’Ahouca *\ Avec son armée protectrice le héros, appelé par Vasoudéva, se rapprocha du champ du sacrifice, et campa dans un lieu favorable. Ayant, suivant l’usage , formé les divisions ,é de son armée, il envoya Pradyoumna à la découverte 17 pour assurer la marche de ses troupes.

11 Le telle dit : In cinq cmU jeune* Jilles. El cependant tout k l'heure it n’en restait que cent à marier.

’■* Les Asouras jouissent de ce privilège à raison de leur naissance ; ou bien , il faut croire qu'habitant des montagne* ils sont comparé» par le poète À des oiseau» , RfTf khaqa.

* Vojwlect. oui.

* Ougroéna.

** Lne division d'année porte le nom de goulma , el *e trouve composée de neuf éléphants , de neuf chariots, de vingt-sept chevaux et de quarante-cinq fantassins.

” Celte marche d' éclaireurs s'appelle ufarta

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