‹ Harivansa ou Histoire de la famille de Hari ouvrage formant un appendice du Mahabharata et traduit sur l'original sanscritChapitre 19 sur 140 · V IM. IM · texte numérisé non relu

V IM. IM

• de la lune, si froids de leur nature, si doux pour les mortels, qui allu-

• nieraient en moi ce feu qui me dévore? La brise du soir, fraîche et chargée

• du parfum des fleurs, est aujourd'hui telle qu’une flamme qui me brûle. « C'est lui, lui seul qui occupe ma pensée; il est comme le maître de ma

• volonté. Toute remplie de son image, mon âme est sans force, sans

• énergie. Interdite, éperdue, je frémis, ma vue se trouble, je sens que je

• me meure n. •

AMOURS DE PRABHAVATI.

Yêsampâyana dit :

* 11 est temps de me montrer, ■ dit le iils de Crichna à Soutchimoukhi en voyant l’expression d’un amour aussi tendre. « O fille de Yadjranâbha,

• s’écrie-t-il, apprends que je suis près de toi; j'étais une de ces abeilles qui

■ couvraient cette guirlande. Je ne puis résister à l'ardeur de mon désir

■ passionné. » 11 dit, et apparaît dans toute sa beauté. L’appartement est éclairé d’une vive lumière, et la clarté de 1a lune est effacée par la splendeur qui environne Pradyoumna. A sa vue, cette mer d’amour qui remplit le cœur de Prabhâvati se soulève , comme les flots de l’océan au lever de la lune. La vierge, aux yeux de lotus, reste immobile. Elle rougit, elle baisse les yeux quelle relève ensuite avec timidité. Pradyoumna prend sa main chargée de parures brillantes, et sent qu’elle frissonne : « Beauté céleste,

• objet des plus tendres désirs, pourquoi baisser ce front brillant comme

• l’astre des nuits? pourquoi garder ce silence cruel? ne m’enviez pas la

• vue de votre charmant visage. O femme adoréel allons, ne dédaignez pas

• votre serviteur, acceptez l'hommage qu’il vous fait de sa liberté. Vous n’avez

” KcJ'f* *1704 ■ T£p!/U K Jl y o My>\> Jtaiffu. ,

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« rien à craindre, repoussez cette timidité : soumis et respectueux je « vous adresse ma prière; dites que j'ai su toucher votre cœur, ô femme « incomparable, et le rite Gândharva 8, conforme au temps et au lieu où • nous sommes, va consacrer notre union. »

Alors Pradyoumna lève sa main sur le feu sacré qui brille dans un vase il offre des fleurs en sacrifice, récite des montras, et prononce le serment d'amour. Aussitôt après il prend la main de sa nouvelle épouse, et fait le tour du brasier par le côté droit. Par honneur pour le fils de Crichna, le feu, témoin divin de tout ce qui arrive dans le monde en bien ou en mal, brille en ce moment d’un éclat merveilleux. Pradyoumna désigne les cadeaux qu’il réserve aux Brahmanes, et dit à Soutchimoukhî daller veiller à la porte. Le génie ailé baisse la tète avec respect et se retire; alors Pradyoumna saisit la main de sa bien-aimée, et l’entraîne vers la couche nuptiale; son genou presse tendrement le sien, sa voix calme ses frayeurs; il dépose sur sa joue un long baiser, et respire lentement sa douce haleine; il s’enivre des trésors de son visage, comme l'abeille de ceux du lotus. 11 la serre dans ses bras, il prépare doucement son dernier triomphe, et, savant dans l’art des voluptés, il arrive au comble du bonheur. Cependant Arouna 1 * * 4 avait ramené le jour ; le fils de Crichna quitte le séjour du plaisir, et va rejoindre ses compagnons. C’est à regret que Prabhâvati voit partir son charmant époux, et lui, emporte dans son âme l'image de sa belle amie.

Ainsi les Yâdavas, fidèles à leur plan d'attaque, continuaient à portei l'habit de comédiens, et attendaient les ordres d’Indra et de Késava, disposés en secret à surprendre Vadjranâblia , dès l’instant qu’il se lèverait pour la conquête des trois mondes. Tant que dura le sacrifice du Mouni Casyapa, les hostilités restèrent suspendues entre les Dévas et les Asouras. Pendant que les Yâdavas, prêts à combattre pour l’empire des trois mon-

1 Cest-à-dirc fait-an t VaiuJjali. Voycx lect. V,

noie 5.

‘ D y a huit espèce* de mariages : le mariage suivant le rite Gândharva est permis aux Kchatri y as , et a lieu par consentement mutuel. Voy. à ce sujet ta m* lecture des lois de Manou , si. ao et suivants.

4 L'expression sanscrite est

nistha. M. Wilson donne le mot muni comme signifiant petit rase, qui contient de T eau. Ce passage prouve que ce même mot s'applique « tout autre vase.

* Arouna est le conducteur du char du toleil. On le représente comme privé de jambes. Il est , ainsi que Garouda , ül« de Casyapa et de Y mata

des, étaient dans l'attente du moment qui les appellerait aux armes, l'automne, était arrivée, aimable saison qui fait le bonheur de tous les êtres. Le jour et la nuit les génies ailés servaient de messagers entre Indra et Késava , et les héros généreux. Pradyoumna passait auprès de Prahhàvati des nuits délicieuses; la troupe des lidèles génies veillait pour protéger leurs amours, et, aveuglés par leur mauvais destin, les Asouras ne soupçonnaient ni ces oiseaux, émissaires d'Indra, ni ces faux comédiens. A la fin le lils de Roukminî ne peut sc résoudre à quitter pendant le jour le palais dti roi, et, par un prodige de son art magique, il double sa personne. Il se trouve à la fois dans la maison des comédiens, et auprès de Prabhâvatî. Les Asouras sont enchantés de la sagesse et de la modestie de leurs hôtes, non moins que de leurs talents et de leur habileté. Leurs femmes ellesmêmes admirent la beauté, les grâces, l’élégance5, l’esprit et surtout la décence des aimables étrangères.

Yadjranâbba avait un frère nommé Suunâbha , et ce Sounébha était père de deux filles distinguées par leurs attraits et leurs heureuses qualités. L'une s’appelait Tchandravati , l'autre Gounavati. Dans les visites qu’elles faisaient à leur cousine, elles surprirent le secret de scs amours : elles lui firent des questions, ces questions amenèrent des confidences. Prabhâvatî leur dit : « Je possède un talisman c merveilleux : celle qui le tient le » place dans sa bouche, et aussitôt elle voit arriver le mari quelle a désiré : « Déva ou DAnava, quel qu’il soit, celui-ci ne peut résister au charme, il vient « couronner les vieux de celle qui l’appelle par sa pensée. Mon choix est

• fait, et un sage enfant des dieux possède mon coeur. Vous allez voir un •» effet de nia puissance : voici Pradyoumna mon bien-aimé. * En voyant la beauté et la jeunesse de ce héros, les jeunes princesses restèrent dans l'étonnement. Prabhâvatî, reprenant la |>arolc, tint à ces cousines cet adroit discours : « Quelle différence entre un Déva et un Asoura, amis, l’un du de- ■ voir, l’autre de l’injustice, attachés l’un â la piété, l’autre au plaisir, l’un « à la vérité, l’autre au mensonge 1 N’en doutez pas; là où se trouvent le

• devoir, la piété, la vérité, là sera la victoire. Allons, choisissez toutes deux

' Le leite dit : • l'odeur et la propreté. • et à laquelle ou attribue des effets surnaturel» .

• U uiot que j'ai traduit un» «t f^JT dc lr*n,P0rtW lc* S™ »“ De U

... 1° nom de Wdy&fliiinu, donné à une classe

vitirà. Ge mot désigne une espece de petite , , . . , , .. ....

/ ^ r r dc genica, qui habitent 1 air.

pilule magique, que 1 on met dans sa boucue,

* des Dévas pour époux; je vous prête mon talisman. Par la vertu d’un pou-

• voir magique vous les verre* aussitôt apparaître devant vous. * * Essayons, » répondent les deux cousines transportées de joie. Prabhâvatî consulte son époux pour savoir ceux quelles doivent appeler : il désigne Gada , son oncle, et Sâmba, son frère, héros distingués par leur beauté, leur naissance et leur courage. « Voici, dit alors Prabhâvatî, ce talisman que m’a remis un jour

* Dourvàsas , satisfait de mes hommages , en m’assurant qu’il me procurerait

• le bonheur que j’aurais souhaité , et amènerait devant moi l'époux que « je voudrais, fut-il Déva, Dânava, ou bien Yakcha. Prenez ce talisman, et « le désiré de votre cœur va paraître. * De sa bouche elle tire le talisman et le remet à ses cousines : elles le prennent, et pensent à Gada et à Sâmba. A l’instant ces deux héros se présentent à côté de Pradyoumna, dont la science les a couverts comme d’un voile magique. Leur amour s’exprime avec ardeur ; ils demandent que le rite Gândharva les unisse à ces jeunes princesses. Les montras sont prononcés; Gada prend la main de Tchandravatî , Sâmba celle de Gounavatl. C’est ainsi que les héros Yâdavas gagnaient le cœur des filles des Asouras pour se conformer aux ordres d’Indra et de Késava.

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