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• admirables» plus heureux que moi» les Yèdes qui sont le soutien des
• mondes, les Vèdes qui enseignent la sagesse. LeRig, le Sâma, FYadjour - cl l’Atharwa, voilà la vérité. Ils sont ma substance, ô Brahmane; ils me
• soutiennent comme je les soutiens. ■
D’après cet avis de Brahmâ.je m’approchai des quatre Vèdes, ai riches en montras, en préceptes, en histoires pieuses, et leur adressai mes hommages. Je leur dis : « Livres sacrés, vous êtes heureux et toujours admi-
• râbles; vous êtes le soutien des Brahmanes. Ainsi Ta dit Brahmà; tel est
• le discours qu’il vient de me tenir sur vous. Il n’est pas d’écriture sainte « ni de pénitence qui puisse vous être préférée. • Les Vèdes, présents devant moi, me répondirent : « Ces titres d'admirable et d’ècareox conviennent « aux sacrifices qui nous accompagnent. Nous n’avons été créés que pour les
• sacrifices; ce sont eux qui nous soutiennent. Les sacrifices sont au-dessus « de nous, nous ne sommes pas les premiers. Les Vèdes sont avant Swayaro* « bhou, les sacrifices sont avant les Vèdes. »
J’allai donc aux sacrifices, qui sont accompagnés du feu domestique, et je leur dis : • O sacrifices, c’est vous qui possédez 1a plus haute puissance. « Telle est la parole de Brahmâ lui-même que les Vèdes viennent de me ré- « péter. Il n’est rien dans le monde de plus admirable que vous. Vous êtes « aussi bienheureux, vous qui devez votre naissance aux Brahmanes. Les
• feux obtiennent par vous l’hommage qu’ils désirent, par vous tous les dieux « ont leur offrande, et les grands Richis leurs montras. »
Agnichtoma 13 et les autres sacrifices, paraissant à mes yeux ornés de drapeaux cl de poteaux lfl, me répondirent : «Ces mots, admirable et heu- ■ reur , ne nous appartiennent pas, ô sage Mouni. La première des mer- « veilles, c'est Vichnou : c’est lui qui est notre voie supérieure. Quand nous
• consumons par la bouche du feu le beurre qu’a offert la piété, c’est le
• dieu aux yeux de lotus qui nous le donne , lui qui est la forme du monde. «
C’est alors que, voulant connaître la voie de Vichnou, je suis descendu sur la terre, et j’ai vu Crichna au milieu de vous. Je lui ai dit qu’il était admirable et heureux, et il m’a répondu ; « Oui, par les présents que je « fais. • Ainsi s'est terminée la série de discours que j’ai tenus à toute la
w [\om «Tu» sacrifice. M. Wilson dit qu'il " £JTf yoùpa. Ce sont les poteaux auxquds est célébré au printemps pendant cinq jours. on attachait les victimes
CENT-SOIXANTE-SEPTIÈME LECTURE. 185 nature. Vichnou, magnifique en présents, est la voie de tous les sacrifices. Ces mots, par les présents que je fais, forment la conclusion de toutes ces allocutions successives que j’ai adressées à la tortue et à tous les antres, et des réponses que j’en ai reçues. Elles se trouvent couronnées et expliquées par le mot du généreux Crichna. Vous m’aviez demandé l'objet des paroles que vous avez entendues; je viens do vous le dire, et je continue ma route.
Vêsampâyana dit ;
Mrada retourna au ciel, et les princes de la terre, frappés d’admiration, reprirent avec leurs troupes et leurs chars le chemin de leurs royaumes. Djanârddana, accompagné des vaillants Yâdavas, rentra dans sa capitale.
GÉNÉROSITÉ DE CRICHNA
Djanamédjaya dit :
Je voudrais bien encore entendre le récit de quelque action éclatante du grand Crichna. Je n’ai jamais éprouvé un plaisir égal à celui que me donnent les histoires qui concernent ce sage et antique personnage.
Vèsampâyana répondit:
Cent années ne suffiraient pas pour raconter, 6 roi, les actions de Govinda. Voici de lui un trait merveilleux. Bhîchma, étendu sur un lit de sara, demandait un jour avec humeur qu'on lui citât quelque haut fait de Késava. Le héros qui porte l'arc Gàndîva1, blâmant l’incrédulité de Bhîchma, prit la parole dans l’assemblée des rois présidée par son frère aîné, le vaillant Youdhichthira. « Fils de Courou, dit-il, écoute. »
1 Ceslà-dire Ardjouoa. Voyeilect. cxlvii, noie 7.
Ardjouna dit :
Je m'étais rendu à Dwâravati, pour faire une visite 4 mes parents. J'y demeurai quelque temps, comblé d’honneurs de la part des Andhacas et des Yrichnis. Un jour que le pieux et noble vainqueur de Madhou accomplissait les cérémonies d’un sacrifice, un Brahmane vint réclamer son secours: • Protégez-moi , lui dit-il, j’implore votre appui. Protégez-moi; le « protecteur d'un homme occupé d'un devoir pieux recueille le quart du
• fruit de l’action de son protégé3.» «Saint Brahmane, répondit Crichna,
• vous n’avez rien 4 craindre, je vous défendrai. D’où vous vient cette
• terreur? parlez-moi eu toute vérité, et dites-moi de quel malheur vous
• êtes menacé.» «Mes fils, reprit le Brahmane, me sont successivement « enlevés. En voici trois que je perds : daignez , 6 Crichna , sauver le
■ quatrième. Ma femme est sur le point d'accoucher. Accordcz-moi votre
■ protection, et que par vous, ô Djanârddana, mon enfant puisse vivre. ■ Alors Govinda me dit : • Je suis occupé de mon sacrifice , et cependant
• nous devons protection aux Brahmanes, quelle que soit notre position. • En entendant ces paroles de Crichna, je m’écriai : «Donnez-moi cette
■ commission, Govinda, et je délivrerai ce Brahmane de toutes scs craintes. » Djanârddana me répondit eu riant : • Le pourras-tu?» A ces mots, je rougis. Et lui, me voyant en cet état, me dit alors : « O le plus brave des « Côravas, va donc tenter cette œuvre de générosité. Les guerriers Vrichnis
• et les Andhacas t’accompagneront, à l’exception du grand Râma et du « vaillant Pradyoumna. ■ Entouré de l'armée des Yrichnis, je partis et suivis le Brahmane.
* Celte idée correspond à celle qui est exprimée dans le 18* sloca de ta vu* lecture des lois de Manou, où il est dit que le quart de l'injustice d’un jugement retombe sur le rot. Cependant le So4* sloca de la même lecture n'accorde
au prince qui protège ses peuples que la sixième partie de toutes le» action» vertueuses, comme il ne rend comptable que de la sixième partie des injustice» edui qui ne veille pas au salut de ses sujets.
CENT-S0IXANTE-HU1TIÈME LECTURE.
ENLÈVEMENT DU ElLS d‘üN BRAHMANE.
Ardjouna continue :
En peu de temps nous arrivâmes dans le bourg qu'habitait le Brahmane. Nos montures avaient besoin de se reposer; nous fîmes halte, et je m'établis au centre de ce bourg, entouré de toute l'armée des Vrichnis. En ce moment apparurent à nos yeux d'effrayants prodiges ; des feux volants traversaient les airs, fhoriaon était cnilammé, les hôtes des bois poussaient des cris terribles; le soleil, sombre et comme malade, n’avait que la couleur du crépuscule; des météores tombaient du ciel et la terre tremblait. À la vue de ces prodiges horribles et capables de faire frémir, j’ordonnai à mes gens de se tenir sur leurs gardes. Les héros Vrichnis et Andhaoas étaient à la tête de leurs troupes, tous les chars attelés, les hommes armés : moi-même j'avais donné l’exemple. Au milieu de la nuit le Brahmane, affaibli par la peur, se présenta devant nous, et me dit i « Le moment approche où ma femme va accoucher.
■ Prenez garde d'être surpris. » Presque aussitôt retentit le cri déplorable de ce Brahmane, qui venait de rentrer dans sa maison : « Il est emporté,
« il est emporté! » Et en même temps j’entendis dans l’air le vagissement de l’enfant enlevé, mais sans voir le lUkchasa. Nos flèches à l'instant partirent à la fois et remplirent tout l’espace céleste; mais l’enfant avait disparu, cl le malheureux père, accablé par cet événement, poussait des cris lamentables, en m’accablant de reproches. Les Vrichnis étaient déconcertés, et moi j’étais anéanti.
Le Brahmane s'adressant particulièrement à moi : • Je le protégerai ,
• avais-tu dit, cl voilà l’effet de ta promesse. Insensé, écoute ce que tu
• mérites d’entendre. Tu as tort de vouloir remplacer le sage Crichna. «Si Govinda eût été ici, ce malheur ne serait pas arrivé. Si le protec- « leur obtient le quart des mérites d’une action, celui qui trahit ce devoir
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« porte le quart du péché pour prix de son sot orgueil. Je le defen- « drai, cest ainsi que tu parlais, tu n’as pas la force de me défendre. Ton * arc G&ndîva est vain, comme ta force et ta gloire. * Je ne répondis rien au Brahmane : il partit, et moi je retournai avec les Vrichnis et les Andhacas auprès de Crichna. Arrivé à Dwâravatî, je me présentai devant Govinda, la rougeur sur le front et le chagrin dans le cœur. Mâdhava, me voyant tout honteux, releva mon courage. Il consola le Brahmane, et donna aussitôt l’ordre à Dârouca 1 d’atteler à son char scs chevaux Sougrîva, Sêvya, Méghapouchpa et Balàhaca. A côté de lui il fit monter le Brahmane, et voulut bien, outre son écuyer, me prendre aussi pour son compagnon de voyage. Ainsi portés sur ce char, Crichna, le Brahmane et moi, nous primes le chemin du Nord.