OBSTINATION D INDRA
Vésampâyana dit :
Nârada, aussi habile dans la science du devoir que dans les secrets de l’éloquence, répondit à ce discours du roi des dieux : ■ Vainqueur de Bala,
" Ist mol employé ici est po&rtta, par lequel ser un puiU, de planter un bois, de luîlir un on désigne une action pieuse, comme de creu- temple , etc
« je me crois obligé de vous parler avec franchise, je vous estime trop pour « vous rien cacher. Je prévoyais vos raisons, et c’est dans ce sens que j'ai
• parlé au fils de Vasoudéva. Je lui ai fait observer que ce n était pas à lui
• que jadis Siva avait donné le Pâridjâta; je lui ai rappelé les propriétés de
• cet arbre, mais il a repoussé mes discours : c’est la vérité que je vous dis. « 11 a prétendu que Mahendra 1 devait avoir des complaisances pour Oupen- « dra. J'ai insisté, lui démontrant la destination du PâridjAta. 11 est resté
■ inflexible dans sa résolution, et, riant de mes efforts, il ma chargé de
■ vous menacer même de sa colère. Les dieux, m’a-t-il dit, les Gandharvas, « les Râkchasas, les Asouras, les Serpents conjurés contre moi, ne sauraient « détruire ma résolution. Si le maître des dieux ne veut pas vous remettre <* le Pâridjâta, alors j'élèverai ma massue contre la poitrine de Pouramlara
■ toute teinte du sang de Satchî écrasée sous mes coups. Telle est, Mahon-
• dra, l’intention bien formelle de votre frère Oupendra. Embrassez le parti
• qui convient le mieux à vos intérêts. Suivez, roi des dieux, l’avis que j'ose
• vous donner, et laissez transporter le Pâridjâta à Dwâravatî. •
Ainsi parlait le sage Nârada. Indra ne put contenir sa colère et lui dit :
■ Si Késava nourrit de pareilles dispositions contre moi, son frère aîné, qui
• ne lui ai fait aucun mal, ô pieux Nârada, que puis-je résoudre aujourd'hui ? « Depuis longtemps Crichn^ est accoutumé à se conduire mal avec moi. J'ai
• supporté tous ses torts, parce qu’il était mon frère. Poussant avec méchan-
• celé le char d’Ardjouna dans le Khândava a,il a mis le feu A ce bois, et j'ai
■ eu besoin de rassembler mes nuages pour éteindre l’incendie. Il s’est cn-
• core montré mon ennemi lorsqu’il a soutenu sur son bras le Govard- « dhana \ Quand Vritra * me menaçait, j’ai voulu l’avoir pour allié; il m'a
■ répondu qu’il ressemblait à tous les autres êtres, et pour tuer Vritra je
■ n’ai eu d’autre secours que celui de mon bras. Dans les combats qui sur-
1 Le mol Mahendra signifie grand Indra, ci Oupendra vent dire collègue et Indra. Voyez la lxxv* lecture.
* Boia consacré à Indra auquel Ardjouna mit le feu pour faire plaisir au dieu Agni. Celte aventure est racontée dans le 1” livre et le V* du Mahàbhàrata , et à cette occasion on rapporte un conte asset ignoble. On dit qu'Agni, ayant contracté un excès d'embonpoint par suite du
beurre qu'il avait mangé dans un sacrifice, pria Ardjouna de lui donner à dévorer le bois de Khândava. dans lequel se trouvaient des plantes qui devaient opérer sa guérison. Cest ce que ül Ardjouna . et ce qui indisposa contre lui le dieu Indra. Ardjouna était le favori du dieu Crichna.
1 Vojrex la txxtv* lecture.
* Géant tué par Indra.
« viennent entre les Dévas et les Asouras, Crichna, vous le savez bien, divin
• Motini , ne prend les armes que quand il lui plaît. Qu'est-il besoin de « plus longs discours? Vous m’êtes témoin, Nârada, que j’ai tout fait pour « éviter toute dissension entre parents ; mais si Késava se dispose à lever sa
• massue contre ma poitrine, si même il n’épargne pas dans ses menaces la
■ tille de Pouloman, que doit-on penser de ses sentiments? Le grand Casya-
• pa. notre père, est dans ce moment avec notre mère Aditi occupé sur les
• bords d’une onde sacrée à ses ablutions pieuses i; quels reproches ne se-
■ raient-ils pas tous deux dans le cas de m’adresser?
■ Mon frère, dont l'âme est cependant invincible, est aujourd'hui subjugué
• par la passion et aveuglé par le désir; il cède à l’influence de sa femme,
- quand il me tient un pareil langage, à moi qu’il devrait respecter. Honte
• à qui se laisse entraîner par ce sexe imprudent et passionné! O Brahmane, « quand Vichnou, dominé par l'ascendant d’une femme, me provoque et
• m’insulte, il oublie ce qu’il doit à la famille de Casyapa et à celle de
• Dakcha, dont est sortie notre mère; il oublie, égaré qu’il est par son fol
• amour, ce qu’il doit à son frère aîné et au roi des dieux. Entre tes frères,
- m’a dit un jour Brahmâ, il en est un qui se distingue par ses milliers de
• femmes et d’enfants, et surtout par sa vertu et sa science. Ma mère et le
• Pradjâpati mon père m’avaient averti qu'aucun étranger, qu’aucun parent
■ ne pouvait être comparé â un frère; mais en même temps Casyapa m’avait » prévenu qu’il fallait faire une distinction entre les personnes du même
• sang, et qu’il regardait comme des ennemis les superbes Ddnavas, endurcis « dans le péché. Ce que je vais vous dire n’est pas pour me louer, mais
• l’occasion s’est présentée pour moi de prouver que j’étais pénétré des « principes de mon père. Sage Mouni, dans un combat, les archers Asou-
• ras °, favorisés par leur destinée , étaient venus à bout de couper la corde
• de l’arc de Vichnou; ce Késava qui depuis, tendant son arc avec orgueil,
« s’est écrié, Je suis le dieu par excellence! ce même Késava avait alors la « tête abattue, déchirée par une grêle de traits terribles. Une réflexion me
" Mot a mot , <{ etf parti pour la maison d'eau.,
oudavà m. Cette maison d'eau doit
tare une habitation sur le bord d'un lac ou d'un ctang . et servant de retraite aux pénitents qui
viennent y faire leur» dévotions. Plus tard on verra que Casyapa était sur la mer de lait.
• j«ii„ ^{iniî sprçïïrrr umanl/id/n.
oM>ardndm au lieu de
• vint : Que vont me dire mon père et ma mère? pensai-je en mot-même.
• Ému d'une tendre pitié, je pris dans mes bras le corps de mon frère, et « je me maintins au double poste d’Iudra el de Viehnou.
• O Nârada, j’ai toujours eu pour Crichna l'amitié qu’on doit à un jeune » frère. Dans les combats que nous avons eus à soutenir ensemble , comme « roi, je me suis toujours montré le premier avec un courage digne de
■ moi; et Késava, dans scs diverses incarnations, s’est trouvé constamment
■ protégé par moi, comme s’il eût été mon propre corps. Tel a été mon
■ dévouement pour lui , et telle est sa reconnaissance. C’est un déshon- « neur qui pèse sur moi, et I es mondes les plus élevés sont témoins de » ma honte. On me dit qu’il est comme un enfant pour lequel un frère « plus sensé doit avoir des ménagements. Et, Nârada, ce jeune frère, ne
• l’ai-jc pas considéré comme mon propre fils ? Un père et une mère ont- « ils traité Késava avec plus de douceur que moi? Quelle est donc ma ré-
• compense? Késava est le favori du monde, et moi je suis un objet de
• haine. Késava, chéri de tous par excellence, possède la science univer- » selle, la force, l’héroïsme; il rend, dit-on, à chacun le respect qui lui
• est dû. Vains éloges, que l'expérience a démentis!
■ Enfin, Nàrada, retournez auprès de Criclma, et dites-lui en mon nom :
• Provoqué par mes ennemis, je ne sais point éviter le combat. Viens donc. « si tu le veux, viens saisir ce que tu demandes. Prends tes armes, toi qui « te laisses vaincre par une femme, et combats de dessus ton char, avec
• l’arc, la massue et l’épée. Arme-toi, et monte courageusement sur Ga- » rooda. Si je dois me défendre contre toi, hélas! tu le sentiras, la ten-
• dresse n'alfaihlira pas mon bras. Oui, Nârada, je ne céderai le Pâridjâta, « que vaincu dans les combats par le dieu qui lance le Ickacra. Il défie son - frère aîné! Comment ne résisterai-je pas à celui dont une femme a trioni- « plié? Allez donc, sage Mouni , rendez-vous à Dwâravatî, séjour de Crichna.
• Dites-lui qu’entre nous la guerre est déclarée; que, tant qu’il ne m'aura
• pas vaincu, il n’obtiendra pas de moi la moitié d’une feuille de Pâridjâta. « Tel est le langage qtfe vous tiendrez au vainqueur de Madhou. Vous pou-
• vez lui parler encore de mon affection pour lui, qui exclut cependant « tout sentiment de crainte. Ce n’est point le secours de la magie qu’il doit « employer pour enlever le Pâridjâta : il faut un combat loyal, et non une
• lutte déshonnête. -
INSTANCES DE NARADA.
Vcsampâyana dit :
L'éloquent Nârada, après .avoir entendu ce discours d'Indra, adressa encore au roi des dieux en particulier quelques observations. « Je sais que
• les rois n’aiment à entendre que des choses agréables : je vous dirai cepen- « dant tout ce qui convient à la circonstance présente. Gardez-vous de fin-
• discret qui ne calcule rien : l’homme instruit et sage connaît toute l’exi-
• gence du moment. Vous m’avez demandé mon avis sur la conduite que « vous devez tenir. Je parlerai avec franchise, et vous choisirez le parti « que vous avez à suivre. Un ami sensé doit, même sans être interrogé, « prendre la parole pour dire la vérité qu'il connait, pour démontrer la
• justice et la convenance d'une action , et pour prévenir le inal qu'il pré-
- voit. Même un discours peu agréable, pourvu qu'il soit utile, ne doit pas » être épargné à un ami : c’est là une dette de l’amitié, que les gens de
- bien aiment à payer. C’est le fait de l'homme injuste, rebelle au devoir, « sourd à l’obéissance, excité par la haine, de nuire aux intérêts d'une per- « sonne en taisant ce qui peut lui être utile : c’est là une conduite blâmée « de l'homme vertueux. O dieu, je dois donc vous parler, écoutez-moi, et
- tâchez de mettre à profit un discours prononcé dans votre intérêt.
« 0 vainqueur de Bala, la dissension qui éclate entre des frères ou des « amis, n’en doutez pas, tourne à l’avantage de leurs ennemis. Il fauttou- ■ jours que la prudence sache distinguer l’utilité et l'inconvénient d’une
• action. Vous prenez un parti qui doit être pour vous une source de cha-
• griu, et que la sagesse est loin d’approuver. Je ne vois pas que le résultat
• en puisse être avantageux : roi des dieux, examinez bien ce que vous
• allez faire. Ne savez-vous pas ce que c’est que Hari, maître du monde. « présidant seul à tout, reconnu par les savants comme l’âme de la nature. > portion visible du grand être invisible, principe de toute existence, souille
• vivifiant, dieu souverain, intelligence suprême? C'est lui qui est aussi la « portion physique de cet univers, la glorieuse Oumâ *, le grand tout re-
• vêtu de formes, essence femelle et mère du monde; Boukminî et ses
• autres épouses ne sont que quelques-unes des plus belles manifestations
• de cet être devenu visible; la nature en son immensité est Vichnou, > apparaissant orné de qualités physiques; Vichnou est à la fois lswara 2 et « sa femme. U n’est entre Boudra 5 et Vichnou aucune différence; puis- « sance femelle du grand infini, pourvu de formes extérieures, ce dieu est < aussi le puissant N&râyana, auteur et substance de tous les êtres, lswara « qui les dévore et Vichnou qui les crée. C'est lui qui , avec lswara , a donné « naissance à Brahmâ, À tous les autres dieux, aux différents Pradjâpatis. « Les Vèdes le représentent comme l'antique Pouroucha *, comme Vichnou « pénétrant partout, échappant à la pensée, incapable d'être mesuré, et « orné de qualités supérieures.
■ Jadis le grand Vichnou, touché de la pénitence d’Aditi, promit d’ac-
• complir le vœu qu’elle formerait. Celle-ci, adorant le dieu avec respect, « pria Nârâyana de lui accorder un fils qui lui ressemblât. Vichnou lui ré-
• pondit : Il n’est point dans le monde d’être qui me ressemble. Cependant « dans un ansdvatare a je naîtrai de toi. C’est ainsi que le dieu créateur, le
■ tout-puissant Nârâyana est devenu votre frère et a reçu le surnom d'Ow-
■ pendra. Car souvent il arrive au divin Ilari, qui dans son existence em- « brasse le passé, le présent et l’avenir, de condescendre à devenir enfant
• de Casyapa, et de révêtir tantôt une forme, tantôt une autre. Aujour-
• d’hui ce Késava, qui fait et détruit les mondes, pour le salut de la terre, « s’est montré à Malhourâ. Comme un pâté de viande est tout imprégné » d’une graisse onctueuse de même ce monde est tout pénétré de la pré- « sence de Vichnou. Esprit universel, dieu uni à Brahmâ, agissant dans
• tous les êtres, qualité première dans la nature, divin Vêcountha, subs-
1 Oumà est l'épouse du dieu Siva : on voit qu'elle est ici considérée comme la nature personnifiée.
* lswara est l'esprit revêtu d'attributs. Parmi les philosophes , les uns le considèrent comme borné, les sutres comme infini. D'après le Vé» dinta, lswara est l'esprit infini et universel, cause et substance de la création. Dans cc pas- U.
sage il me semble que c'est le principe actif ; sa femme est le principe passif.
1 Nom du dieu Siva, lequel est lswara.
* Voyea leet. i , pag. 7.
1 Voyez tom. 1 , pag. 121, note g.
* Je n'ai paa voulu faire perdre au lecteur cette comparaison qu'il trouvera sans doute bien triviale.
• tance de tout ce qui existe, Késava doit être adoré de tous les dieux; le
■ lotus mystérieux naquit de son ombilic; il est le souverain auteur de la
■ création; il est aussi Ananta 7, et en cette qualité il supporte glorieuse- « ment la terre. Les sages qui connaissent les Vèdes savent encore qu’il est
■ le sacrifice. 11 est blanc dans le Crita, rouge dans le Trétâ, jaune dans le
■ Dwâpara, et noir dans le Cali.
• Ilari, sous sa forme divine, a donné la mort à Hiranyàkcha; sous fap-
■ parence d’un homme-lion, il a tué lliranyacasipou. La terre était submer-
■ gée; il se fit sanglier pour la relever. Sous la figure d’un nain, il conquit « les mondes, et enchaîna Bali dans les liens des serpents \ C’est au puis- « sant et magnifique Vichnou que vous-même, vous devez la déesse votre « épouse, née du sang Dânava et amenée dans vos bras par la violence *.
• Le soin ordinaire de Djanârddana est de détruire quiconque a rejeté la « pénitence et se complaît dans le mal; c’est pour cette raison qu’il a donné
• la mort aux chefs des Dànavas, qui sont les ennemis des dieux; mais
• vous, vous êtes l’objet de son affection, de même qu’il est la voie des
• hommes vertueux. Devenu lUma, il a tué Itâvana; sous une autre appa- « rcnce, il a frappé è mort un éléphant l0. Pour le bien du monde, il est cn- « corc aujourd'hui revêtu d’une forme mortelle : c’est Oupendra , le maître « de la terre et le premier de tous les êtres. Je l’ai vu jadis, ses cheveux rele- « vés en djatâ , couvert d’une peau noire, un bâton à la main 11 ; il allait « au milieu des Détyas, comme le feu au milieu des touffes de gazon. J’ai
■ vu Govinda, pour le salut du monde, exterminer les Dânavas sur la mer
• universelle qui couvrait la terre 11 faut donc, roi des dieux, que Dja-
■ n&rddana emporte le Pâridjâta à Dwâravatî; et sa prétention , j’ose le dire,
• n’est pas tout k fait injuste. Vaincu par l’affection que vous portez à votre
• frère, vous ne vous armerez pas contre Criclma; Crichna respectera en
■ vous son frère aîné. Cependant si vous refusez, d’entendre mes paroles,
que la protection de Vichnou rendit vainqueur.
w II est probable que dans cet endroit l’autcur veut parler de U mort de l'éléphant Cou valayàplda , suscité par Gansa contre Crichna. Voyez lect. lxxxv.
u Telle est la description que l'on donne en général de l'anachorète. Voyez les lois de Manou, lect. vi, si. 6.
’ C'est (MÜrc le grand serpent , appelé Sècka ; il a mille têtes, ci l'une d'elles porte la terre.
* Bali. prince vertueux, dépossédé de son royaume, obtint la souveraineté du Pâtàln, séjour des serpent*.
* Je crois que ce passage, assez obscur, fait allusion au mariage d’Indra avec Sotchi , fille du Dinava Poutoma», enlevée par le roi des dieux
« demandez l’avis de conseillers instruits dans les règles du devoir et de
• la religion. »
Ainsi parla Nârada au souverain du ciel; celui-ci répondit en ces termes au Mouni, précepteur du monde : «Je connais la nature de Crichna, et
• j’ai plus d’une fois déjà entendu ce que vous venez de me dire, à saint « Brahmane. C’est même parce que je connais Crichna, que je ne lui don-
• nerai pas cet arbre, sachant trop bien quel est le devoir de l’être ver- » tueux. Sa grandeur ne peut être diminuée pour si peu de chose; et moi, - ce serait me priver de tout. Ceux qui sont grands sont toujours patients, » et ils écoutent les vieillards qui ont l’œil de la science. Crichna est trop
• généreux, trop ami du devoir pour se mettre, sous un frivole prétexte, « en hostilité avec son frère aîné. Si Vichnou a jadis exaucé le vœu de ma
• mère, ce n’est pas pour porter préjudice aux droits de ses enfants plus
• Âgés. DjanÂrddana a voulu lui-même devenir Oupcndra : il doit donc « respecter Indra son frère. Pourquoi dès le commencement ne s’est-il pas
• donné ce droit d’aînesse? Pourquoi donc aujourd’hui veut-il usurper ce
• privilège de la naissance? Ainsi je ne donnerai pas le Pâridjâta sans com-
• bat. C’est là ma réponse à Crichna. Pieux solitaire , il n’est plus nécessaire » de in’en parler. »
Nârada, voyant la ferme résolution du vainqueur de Bala, prit congé de lui , et ce sage Mouni se rendit au pays de Cousasthali , dans la ville habitée par les chefs \âdavas.