‹ Harivansa ou Histoire de la famille de Hari ouvrage formant un appendice du Mahabharata et traduit sur l'original sanscritChapitre 37 sur 140 · CENT-QUATRE-VINGT-QUATRIÊME · texte numérisé non relu

CENT-QUATRE-VINGT-QUATRIÊME

LECTURE

MA1UAGE DANIROliDDHA.

Vésampâyana dit :

Heureux des grâces qu’il venait d’obtenir, Bâna partit avec Roudra , et fut désormais MahAcâla. Cependant le lils de Vasoudéva, le vainqueur de Madhou, disait à Nârada : « Où est Anirouddha, enchaîné par des nœuds « de serpents? Hâtez-vous de m’éclairer; je sens mon cœur qui se trouble. « L'enlèvement d’ Anirouddha a répandu l’alarme dans Dwàravatî. Je veux le

• délivrer promptement : c'est lui qui est la cause de mon voyage en ces

• lieux, et j’ai le plus vif désir de voir ce fils dont je viens d’abattre l’en- « nemi. Sans doute, ô saint pénitent, vous savez en quel lieu il sc trouve. • Nârada répondit à Crichna : ■ O Mâdhava, c’est dans le gynécée que ce

• héros est retenu enchaîné par les serpents. » Kn ce moment se présente à leurs yeux Tchitralékhâ : « O dieu , dit-elle & Criclma , entrez heureu&e-

■ ment dans le gynécée du grand Bâna, du magnifique roi des Dètyas. » Et aussitôt pour délivrer Anirouddha sc précipitèrent Bala, Garouda, Crichna, Pradyoumna et Nârada. Mais à la vue de Garouda \ les serpents qui couvraient le corps du prisonnier s’éloignèrent avec rapidité, tombèrent à terre et reprirent leur première nature de flèches a. Le courageux Anirouddha fut serré dans les bras de Crichna qui le contemplait avec tendresse. Pénétré de joie , il s’inclina devant son aïeul, et lui dit : « Dieu des dieux, vous êtes

■ toujours victorieux dans les combats. Et qui peut vous résister? vous êtes

■ plus qu'Indra lui-même. * Crichna l’interrompit : • Monte avec nous sur

• Garouda, et retournons à Dwàravatî. •

‘ Garouda est l'ennemi de* serpents. lecture Anirouddha avait déjà été délivré de

* Voyex la fin de la clxxiv* lecture. Le poète ses chaîne* par la déesse Dourgà. qui avait me semble ici avoir oublié que dans la clxxv* ouvert elle- même cette espèce de prison.

Mais Anirouddha, heureux de la défaite de Bina et du discours de Criclma , regardait Ouchâ avec inquiétude. 11 salue avec respect le grand Mâdhava, l'illustre et courageux Balabhadra, le vaillant roi des oiseaux, Garouda , et le héros qui porte sur ses drapeaux la figure d’un poisson , dont la main lance des (lèches de cinq espèces differentes s, Pradyoumna son père. Entourée de scs suivantes, Ouchâ reçoit dans le palais et salue en rougissant le robuste Ëala, Crichna doué de quatre bras, Garouda qui parcourt les plaines immenses de l’air, et le prince qui, sous la forme de Câma, porte des flèches de fleurs. Nârada , exécutant les ordres d’Indra , s’approche en riant du fils de Vasoudéva, et le félicite d’avoir retrouvé Anirouddha. Celui-ci et tous les assistants témoignent leur respect à ce saint Mouni, qui les bénit, et dit ensuite à Crichna : « il faut célébrer le mariage * d’Ani- « rouddha ; que tel soit le fruit de tant de valeur. Il me semble voir ici la

• mdlicd 5 enlacée au djamboâla •. • L’assemblée sourit du propos de Nârada, et Crichna s’écria : • Allons, que la noce se fasse promptement. »

En ce moment Coumbhânda se présente avec les ornements nuptiaux, et prenaut devant Crichna une posture respectueuse, il lui dit : « Puissant « Crichna , je viens implorer votre protection , et me confier à votre géné- - rosité. » Késava, qui avait connu par Nârada la conduite de Coumbhânda, le rassure et lui dit : « O le plus sage des ministres , je suis content de te voir. « Je sais le service que je te dois : je veux que tu règnes en ces lieux, entouré « de ta famille, et jouissant de la gloire et du bonheur que tu mérites. Oui ,

* tu vas être roi : puisses-tu vivre longtemps ! * Ainsi fut élevé sur le trône le sage Coumbhânda : ensuite on célébra le mariage d’ Anirouddha. C’est alors que le dieu du feu apparut , et souhaita que l’astre d’ Anirouddha fût toujours éclatant. Les Apsarâs vinrent augmenter par leurs jeux les plaisirs

J Pradyoumna est l’Amour régénéré. Or les poètes donnent n Cémndéva ou l’Amour Autant de tiédies que nous avons de sens , et arment ces flèches . chacune d’une fleur particulière ; savoir : l'amra, ou fleur du manguier, le nâgakc-tara (mcJM ferrea), le tchampaca [michtlia (champaca) , le kétaca { pandanm odora(ustmuj) et le mâktâra ou ht lu- a {egle mar/ntlos).

‘ 11 est ici question du mariage solennel, car le prince avait déjà épousé Ouchâ suivant

le rite g-inJhana . comme nous l'avons vu dam la clxxiv* lecture.

* Jasminum zambac , Jlonbat mnUiplicatts

* Pandanus odomlanmtu. On appelle aussi

djamboâla les plaisanteries adressées à la mariée par ses parentes et ses amies : d’où il résulterait que le mot P*ul

signifier, dans un sens figuré, gturlande dt platetmUriet.

de celte journée, où Anirouddha, parfumé d’essences, couvert de riches parures, brillait k côté d'Ouchâ. Les Gandharvas, de leurs voix douces et tendres, célébrèrent leur bonheur, et les Apsarâs dansèrent en l'honneur des nouveaux époux.

Page 1