p. 5. note la
1 Agni et Soma sont considéré* comme les principes, l'un du chaud, l'autre de l'humide. Voyca lcct. u, 1. 1, p. 18a.
• me maltraiter? Tu es invincible, immense, éternel; tu ne dois la nais- « sance qu’à toi-même 10 ; tu es l’essence des mondes, inaltérable, infini, tu « es l’être et le non-être u. Dieu sage et source de toute pureté, tu dois me
• protéger. Je t’adore, toi le premier auteur de tout ce qui existe, et cepen- « dant tu m’accables l Pourquoi t’amuses-tu de ma perte comme un enfant
■ s’amuse de ses jouets? Je ne suis ni l’ennemi, ni le fléau de la nature. O « vainqueur de Madhou, tes soins tendent à régulariser les changements qui
• s’opèrent dans cette nature; mais tous ces changements successifs, sans « influer aucunement sur toi, tout en paraissant s’éloigner de l’ordre , n’altè-
■ rent cependant que des formes matérielles. La nature, au milieu de toutes
• ces souillures des éléments, est constamment déçue par le lamas et rccons « truite par le radjas ** : nos sens ne cessent jamais d’être abusés par les appa- « rences. Tu connais quels sont les devoirs des grands et des petits, toi qui « exerces la suprême domination u. Pourquoi donc consens-tu à fasciner « nos yeux, toi qui es le premier des Pradjâpatis? ■
Ainsi parlait Varouna à Cricbna , souverain des mondes , trésor de la science universelle. Le héros, loin de s’offenser de ce discours, sourit, et dit: ■ Adver-
• sairc puissant et redoutable, si tu veux la paix, donne-moi les vaches de « Bâna. » Telles furent les simples paroles du savant Cricbna. Varouna lui répondit : ■ O dieu, j’ai fait autrefois un traité avec Bâna , et comment puis-
■ je ne pas le tenir? Tu connais toi-même les règles saintes : quiconque viole
■ un traité manque au devoir; aucun être vertueux ne peut consentir à « perdre ainsi le fruit de ses mérites, il sait qu’il renoncerait au prix de ses
• bonnes œuvres, et que même en ce monde le pécheur n’a rien à espérer.
■ Pardonne, ô Mâdhava, ne me reproche pas d’être fidèle au devoir. Ne me « force pas à manquer à un traité. Tant que je vivrai, je ne céderai pas
• ces vaches , ô dieu à l’œil de taureau. 11 faut me donner la mort pour pou-
• voir les emmener : tel est le traité qui me lie , telle est ma ferme résolu- « tion. Je t’ai déclaré» ô maître des dieux, avec la plus grande franchise, la « vérité tout entière. Si je mérite de toi quelque faveur, protége-moi. Mais
" Swaramlhtm.
" De» trois qualités constitutives c’est celle qui produit le dc»irt la convoitise , la fausseté
cl le chagrin. Voyez 1a xiv* lecture du Bhagavad-gfU.
u C'est-à-dire qui pouedts la qualité dlncara. Voyez lecL i , t. I , p. 5.
264 HAIUVÀNSA.
« si tu veux enlever «es \achcs, je te l’ai dit, il faut commencer par moter ■ la vie. »
Le chef des Yàdavas, voyant que Yarouna était disposé à observer son traité, ne lui répondit rien au sujet de ces vaches; seulement il lui adressa en riant ces paroles douces, aimables ci flatteuses : « Si tel est le traité fait
• avec Bâna, je n’insiste plus. Comment pourrais-je, 6 Yarouna, me mon-
• trer cruel envers toi? Va, tu es libre de toute inquiétude. Entre nous - qu’il existe une alliance fondée sur la justice. À cause de toi je ne demande
• plus les vaches de Bâna. > Alors, au son des instruments de musique et des tambours, Yarouna offrit à Késava les présents de l 'argha, que celui* ci reçut avec plaisir. De grands honneurs furent également rendus au divin Bala ; et après avoir lait sa paix avec Varouna , le petit-Gls de Soûra prit le chemin de Dw&ravatî, accompagné de l’époux de Satchî. Les plaines de l'air étaient remplies de troupes de Dévas, de Marouts, de Sàdhyas, de Siddhas, de Tcharanas, de Gandharvas, d’Apsaràs, de Kinnaras, de Vidyâdharas, qui suivaient le héros maître du monde, l’auteur infini de tous les êtres. Les Adityas, les Yasous, les Houdras, les Aswins, les Yakchas, les llâkchasas l'entouraient de leurs respects et de leurs brillants hommages. Le grand Nârada se rendit aussi & DwAravatî, heureux de la défaite de Bâna et de la réconciliation de Crichna avec Varouna.
De loin, à la vue de cette ville, couronnée de portes et ornée de palais vastes et majestueux, semblables aux pics du Kèlâsa, le dieu qui porte le tchacra et la massue fit retentir les sons du Pântchadjanya, et avertit de sou arrivée les habitants de Dwâravati. A ce bruit la joie se répandit dans toute la cité. Ces rues si régulières, si riches, si brillantes de pierres précieuses, offrent cà et lâ des vases remplis de liqueurs agréables u, des grains appelés lâdjas et des guirlandes de fleurs. Les Brahmanes et les citoyens les plus distingués 14 présentent à Mâdhava Yargha, qu’ils accompagnent de mille félicitations i:. Assis sur Garouda, et distingué par sa couleur noire Crichna, couvert des plus riches parures, reçoit leurs hommages. Les trois castes viennent successivement lui offrir leurs respects; devant lui se pre-
14 Voyez lect. clxxiv , note 3.
“ Voyet lect. cxxxvi , noie îo.
- ÿyHiren coulunéyamâh
,T djayatabda {en de Victoire).
CENT-QUÀTRE-V1NGT-CINQUIÊME LECTURE. 265
sentent les différentes corporations, précédées de leurs doyens1*. I^e dieu s’arrête d’abord dans le faubourg de Dwâravatî, ou de toute part retentissent les louanges que font de lui les Richis, les Dévas, les Gandharvas etles Tchâranas. O prodige! les Dâsârhas, comblés de joie, contemplaient avec admiration le grand Crichna, ce héros puissant et divin, revenant vainqueur de Bâna; et les habitants de Dwâravatî, en voyant cet illustre guerrier, terreur et fléau des Dânavas, arriver de ce long voyage qu’il avait entrepris avec Garouda , proclamaient hautement sa gloire : « Oui , s’é-
■ criaient-ils, nous sommes heureux et favorisés du ciel, nous dont ce « maître du monde est le sauveur et le gardien. Son bras est long pour
• atteindre et frapper son ennemi. Le voilà, ce dieu à l’œil de lotus, qui,
■ porté sur Garouda et vainqueur du terrible Râna, revient ici pour « charmer nos regards et nos esprits. * Ainsi parlaient entre eux les habitants de Dwâravatî, et les héros arrivaient au palais de Vasoudéva, où descendaient Crichna, Bala, Pradyoumna et Anirouddha en quittant Garouda. Cependant l’air était rempli de milliers de chars divins, traînés par des cygnes, des taureaux, des cerfs, des éléphants, des chevaux, des grues, des paons. Crichna, s’adressant avec douceur à Pradyoumna et à tous les autres guerriers qui l’environnaient : « Vous voyez, leur dit-il, les Roudras, les
• Adityas, les Vasous, les Aswins, les Sâdhyas et les autres dieux. Saluez- « les tous avec respect. Honorez aussi le grand Indra, le dieu terrible pour « les Dânavas, le roi aux mille yeux porté sur l’éléphant céleste. Voilà les
• grands Saptarchis qui sont venus ici par amitié pour moi, et les plus
■ illustres d'entre les Richis : adressez-leur les hommages qu’ils méritent. « N’oubliez pas d’honorcr les serpents50, les mers, les lacs, les Disas et les
• Vidisas51, les grands Nâgas 25 qui ont pour chef Vâsouki, les vaches, les « astres, les constellations, les Yakchas, les Râkchasas et les Kinnaras, qui
• tous m’accompagnent ici par complaisance. »
Après avoir entendu ces paroles du fils de Vasoudéva , les héros Yâdava.s s'inclinèrent respectueusement devant chacun de ces nobles visiteurs. A la vue de ces habitants du ciel, les mortels sont dans l'étonnement : ils arrivent, les mains chargées d’offrandes: • Quel miracle, s’écriaient-ils, s'opère
" Ces corporations se nomment jrrâi ; leurs chef» ou doyens, trechthin.
** C»t le mot tchacradkara que j'*i ainsi
rendu. Voyex plu» haut lect. canin , note i4. 11 Voyex lect. xtl, I. I, p. 188, note 43.
" Synonyme du mot ttrpenl.
« ici devant nous par la laveur du fils de Vasoudéva ! ■ En l’honneur de ces. dieux s’élèvent dans les airs la poussière de sandal et les parfums de l’encens : ce ne sont pas seulement des offrandes de lâdjas, des salutations respectueuses, c'est aussi le pur hommage d’une voix humble et d'un cœur soumis qu’on adresse à ces hôtes divins. Eux, de leur côté, reconnaissants de cette brillante réception, honorent à leur tour le fils d’Ahouca, Vasoudéva, Samba, Sâtyaki, Oulmouca, le vaillant Viprithou, le grand Acroura et Xisatha. Indra les embrasse, et devant toute l’assemblée il fait l’éloge du vainqueur de Késin : ■ Cet illustre rejeton d’Yadou, dit-il, ce noble « Sâtwata 5\ unit en lui les vertus de tous ses ancêtres à la gloire et à la » vaillance. Il revient àDvvâravalî, dans sa ville chérie, après avoir, malgré
• Mahâdéva et KArtikéya, vaincu B An a , qui de ces mille bras dont il « était si fier n’en a conservé que deux. Cet exploit du grand Crichna - a immortalisé son nom parmi les hommes. Tous, nous avons été par lui
• délivrés d’inquiétude. Vous, depuis le jour que son affection vous a pro-
• tégés, vous avez vu vos domaines s’étendre, vous avez bu sans cesse à la
• coupe du plaisir3*, et votre félicité n’aura pas de terme. Nous autres Im-
• mortels, nous pouvons, tranquilles à l’abri de son bras, nous livrer à tous « nos jeux. »
Ce fut en ces termes que le roi du ciel fit l’éloge du grand Késava , intrépide ennemi des Dânavas, objet de l'adoration des mondes : ensuite il l’embrassa, et retourna dans son séjour avec son cortège de dieux et de Marouts. Les Richis, après avoir béni et félicité Crichna, partirent également, ainsi que les Yakchas, les Ràkchasas et les Kinnaras.
Après le départ d’Indra , le dieu fort et tout-puissant sur l’ombilic duquel est né le lotus salua avec affection33 toute l’assemblée. Des cris de joie * s’élèvent de toute part; le visage de Crichna est à leurs yeux comme une pleine lune sans nuage. Son retour est pour les Y’Adavas le signal de mille plaisirs variés; et lui-même, au sein des richesses et de i’ahondance, s'abandonne aux douces jouissances de l’amour.
** Voyez lect. xxxvi , 1 1 , pag. 1 66. Ce vers renferme une espece de jeu de mots fondé sur le rapprochement de ffTHTFf •
. J’ai pris cette ex-
pression au figuré- Le madhuummikaitu est distille des fleurs du bauia lahjolut. Voy. pag. ao6 u Le texte porte : il ieur dit tva ta la m.
” RiHRhUK:-
cent-quatre-vingt-sixièmf. lecture.