CONCLUSION DE LHISTOIRE DE BANS
Vêsampâyana dit :
Ougraséna, dans la joie qui le transporte, dit à Crichna : * Noble enfant
* d’Yadou, il faut faire une fête à l’occasion de l’heureux retour d’Ani- ' rouddha et de ses vengeurs. La belle Ouchà est maintenant la joie de son
• heureux époux; mais parmi ses compagnes il en est une que favorise la » princesse de Vidarbha 1 : ccst Râmâ*, fille de Coumbhânda. Qu’elle de-
* vienne l'épouse de Sâmba, et que les autres compagnes d’Ouchâ soient
• unies à nos jeunes héros! » En conséquence le palais du vaillant et riche Anirouddha devint le théâtre d’une fête magnifique. Des groupes de femmes, ivres de plaisir, çà et là dans la ville, font entendre le bruit des instruments; d'autres dansent ou chantent. Les unes goûtent les joies de la fête, les autres les charmes de la conversation. Elles se couronnent de fleurs, et s’occupent de mille jeux différents; celles-ci se visitent mutuellement pour se communiquer leur allégresse; celles-là jouent aux dés5 et ne dissimulent pas la gaieté qui brille dans leurs yeux. En ce moment , environnée de ses compagnes, portée sur un char traîné par des paons qu’a dirigés elle-même la déesse Roudrânî , arrive la belle et illustre Ouchâ. On s’empresse d’accueillir la fille de Ilàna, l’épouse d’Ànirouddha. Les dames de Dwâravatî la reçoivent cl l’introduisent dans le riche palais de son époux. Dévaki, Kévati, Rohini et la princesse de Vidarbha, en voyant Anirouddha.
• Trois princesses peuvent être ainsi dêsû- de la mère ou plutôt de l'aïeule d Anirouddha. fcnées. Roulunini, épouse de Cricbna, Sou- * Voyez lect. ci-xxiii. note 7 bhftngi. epciisr* de Pradyoumna , et Rotlkma-
«a, premim tfmm d Aniraiddh.. Voyw * W «*•*«• V«J,‘ 4 * « J'"
lect. cxvu , 1. 1. Je suppose qu il est ici question la lecture cxvn , L L
HAR1VANSA.
ont poussé un cri de tendresse et de joie. Révati et Roukminî s'empressent d’accueillir Ouchâ , et font des souhaits pour son bonheur avec Anirouddha. Les hayadères4 les. plus distinguées par leur beauté viennent par les doux sons de leurs instruments célébrer la félicité d’Ouchâ, qui, unie au héros Yâdava , va jouir de tous les biens que procurent l'amour et la beauté.
Cependant la bonne et charmante TchitraléLha salue Ouchâ et ses compagnes, et va dans le ciel rejoindre les autres Apsarâs. Après le départ de toutes ses amies, la bile de Bâna est menée dans le palais de Mayâvatî, où elle reçoit le plus touchant accueil. L’épouse de Pradyoumna, en voyant sa charmante bru5, lui bt présent d’étoffes, de pierres précieuses, et lui offrit des liqueurs agréables. Ensuite toutes les femmes des Yâdavas vinrent tour à tour rendre à l’épouse d’Anirouddha les respects d’usage.
O bis de Courou, je t’ai raconté comment Bâna fut vaincu et cependant épargné par Vichnou. Crichna, triomphant et entouré des Yâdavas, se livra au plaisir dans la ville de Dwâravatî, et gouverna toute la terre qu’il étonnait par sa magnibcence. Or ce Crichna, bis de Vasoudéva et descendant d’Yadou, était, comme je te l'ai expliqué, un avatarc de Vichnou sur la terre; ce dieu, pour les motifs que je t’ai dits, était né de Vasoudéva et de Dévakî, dans la noble famille des Vrichnis. Lorsque je t’ai rapporté l'allocution de Nârada0, je t'ai raconté sommairement ses actions. J’ai répondu à toutes les questions que tu as voulu me faire sur cette manifestation dans Mathourâ de Vichnou comme bis de Vasoudéva. Il n’est point d'étre plus admirable que Crichna : et quel autre que Vichnou peut dans toutes ses œuvres étonnantes bxer notre admiration? Il est l'être fortuné parmi les êtres fortunés , l’auteur et l’essence de toute fortune. Personne parmi les Dévas et les Détyas n’est plus fortuné que Crichna. 11 faut reconnaître en lui les Adityas, les Vasous, les Roudras, les Aswins, les Marouts, le ciel, la terre, les points de l’horizon , l'eau , la lumière. Il est celui qui soutient et qui contient tout, celui qui détruit tout continuellement : il est la vérité, le devoir, la pénitence, Brahmâ l’aïeul de tous les êtres, le monde tout entier, le maître des dieux. O bis de Bharata , tu dois l’adorer. On l’appelle Ananta parmi les serpents, Sancara parmi les Roudras; il est toute cette matière, animée et
* \*j\ î wrfluujfjyfifc.
1 MAyivati n’esl pas la belle-mère d’Ouchà:
c’e*l Soubhlngî. Voj. les lectures cxvn etcuu. * Voyez lect. CLViu et (xu.
inanimée, issue de Nârâyana. C'est Djanârddana qui a enfanté ce monde, être éternel , à qui tous les dieux doivent à jamais leurs hommages.
J'ai fini de te raconter l'histoire de Bâna, les traits de courage de Késava, et l'excellence incomparable de sa famille. Quiconque aura lu cette histoire de Bâna et ces traits de courage de Késava ne connaîtra jamais l’impiété. Après le sacrifice, ô Djanamédjaya, tu m’as prié de te parler des œuvres de Vichnou : j'ai satisfait à ta curiosité. Celui qui lira toute la portion de cet ouvrage où il est question de la grande merveille ( âstcharya 7) sera délivré de tout péché , et arrivera au Vichnouloca Celui qui , se levant dès l’aurore, fait cette lecture avec recueillement, obtiendra dans ce monde et dans l’autre tout ce qu’il y a de plus difficile. S’il est Brahmane, il connaîtra tous les Vèdes; s’il est Kchatriya, il aura la victoire; s’il est V êsya , il deviendra ri£he; s’il est Soùdra, il entrera dans le chemin des êtres vertueux9. Tout lui réussira, et il s’assurera une longue vie.
Le fils de Soûta 10 prend la parole :
Le roi, fils de Pankchit, après avoir entendu de la bouche de Vêsampâyana ce récit du Harivansa, éprouva la plus vive satisfaction. O Sônaca, je t’ai raconté en abrégé, et cependant avec quelques détails, l'histoire de
toute la famille de Hari ; que veux-tu
1 La grande merveille, c’est U manifestation de Vichnou dana les avatare»; et toute la série des lecture*, depuis la it*, porte le nom général <l &tt~harya. Une pareille série de lecture* s'appelle pantait.
* Monde de Vieknom.
* Je croia que ce» mot» signifient que lors d'une autre naissance il passera dan» une caste
que je te dise encore?
plu» relevée; ce qui est le prix accordé à la vertu, et un progrès dana la route qui tend i la délivrance finale.
“ Voyea la i** lecture, où ce même personnage est introduit comme interlocuteur principal , racontant à Sônaca ce que Vésampéyana avait autrefois dit à Djanamédjaya. Yoyex plus bas , lect. cuxxvm , note 1 1 .