‹ Harivansa ou Histoire de la famille de Hari ouvrage formant un appendice du Mahabharata et traduit sur l'original sanscritChapitre 43 sur 140 · RÉVÉLATION DE L AVENIR · texte numérisé non relu

RÉVÉLATION DE L AVENIR

Sûnaca dit ; '

Tu m’as exposé les diverses sections1 du Harivansa, comme autrefois le ht le sage disciple de Vyâsa. Tu m'as communiqué cet immense recueil

Srûvuhthâ est la ait* constellation , appelée aussi DhanichlKâ , et correspondant au Dauphin.

* ÎJslflUlH adjaayâma.

‘ Aifja signifie chnre, et pdriwa . flanc.

' cj^IÎÏÏT

1 J*ai «jouté ce dernier mQlpour rendre raison de l'intervention do nuages , ou bien il faut supposer que ces nuages avaient servi comme de cbar aux deux personnages qui recueillirent cet enfant. Ces |>ersonnages peuvent être considérés comme divins, si leur mère

d'itihâsas 2, dont l'effet est de nous charmer comme l'ambroisie, d’effacer tous nos péchés, et de réjouir notre esprit en flattant nos oreilles. Cependant, fils de Souta, après avoir entendu ces mêmes récits et après avoir achevé le sacrifice des serpents *, que fit Djanamédjaya?

Le fils de Soûta répond :

Je vais te dire ce que fit le roi Djanamédjaya après avoir entendu ce long récit. Le sacrifice des serpents une fois terminé, le fils de Parikchit se disposa à célébrer un vddjimcdha \ 11 assembla scs chapelains &, scs pon tifes 4, scs docteurs7, et leur dit : « Mon intention est de faire le sacrifice « d’un cheval. Que cet animal soit mis en liberté4. ■ Alors le grand Crichna- Dvvépâyana apprenant le dessein de ce prince si riche en vertus, vint lui faire une visite. A la vue de ce Richi qui connaît toute chose, petite et grande, Djanamédjaya prépara Yargha, le bain de pieds, le siège, et les lui présenta avec respect. Quand ils furent assis tous les deux, l’assemblée commença à s’occuper de diverses histoires et de saintes réflexions sur les Y èdes.

A la fin d’un récit, le roi dit au Mouni, aïeul des Pândavas 10 cl mon propre bisaïeul11 : « Les récits du Mah&bhârata, si riches en faits éclatants, si « féconds en exemples merveilleux, sont venus charnier mon oreille, et ce

* On donne le nom d‘i/<Llj<u aux récils transmis par In tradition sur les antique» événements . et à l'histoire héroïque de l’Inde.

Le roi Parikchit ou Parikchit, père de Djan jmedjay a , était mort de la piqûre d'un Nâga (Mi serpent. Son fils fit un sacrifice solennel . ou par U force de se» muniras il bt venir tou» les Nagas, qu'il extermina, à l'exception d’tm petit nombre de chefs, comme par exemple Takchaca. Cette circonstance a fait donner à Djanamédjaya le sumoui de Sarpasatrin.

' Sacrifice du cheval.

ritwtdj : ainsi s'appelle le prêtre particulier d une famille. Voyes Lois de Manou . lect. n, si. 1 43.

* pourohtt a. Le pC urohita est

aussi un prêtre attaché spécialement à une famille, dont il est comme le directeur spirituel Je crois qu’il avait un rang supérieur à celui qu'on appelait ritwidj.

’WI Alehàryya , maître et guide spirituel, qui, après avoir donné k son pupille l’investiture du cordon et l’avoir initié à la connaissance des Vèdes et des lois sacrées , le dirigeait encore par ses conseils, pendant le reste de sa vie. Voyez Lois de Manou . lect. u , si. 1 4o.

* Voyez lect. xiv, tom. I, pag. bcj. note 19.

* C’esl le même que Vy&sa. Voyez lect. xl , tom. I. pag. 176.

w Voyez lect. xxxii, tom. I, pag. iba.noteâq.

prapitdmakdh . Pour ce qui regarde la descendance de Vy&sa, voyez lec-

• long plaisir ne m'a paru durer qu'un moment : cette histoire admirable « et glorieuse pour tant de héros a été pour moi, ô saint Brahmane, comme «un lait pur déposé dans une coquille. L’ambroisie, et tous les plaisirs

• célestes ne valent pas le bonheur d’entendre de ta bouche le Mahâ- ■ bhârata. Avec tout le respect que je te dois, je voudrais bien te faire une

• question. En réfléchissant qu’un Râdjasoùya fut la cause de la mort des

• Courous, je pense qu’un pareil sacrifice n’a jamais etc célébré que pour

• la perte des princes les plus formidables. Soma jadis fut le premier qui « l’offrit 12, et c’est à la suite de son sacrifice qu'eut lieu le grand combat

• de Târacâ. Varouna en fit un aussi, qui fut suivi d’une guerre pernicieuse « pour tous les êtres, entre les dieux et les Asouras. Le Râdjarcbi Harist- « chandra célébra un Râdjasoùya qui occasionna, pour le malheur des Kcha- « triyas, la bataille nommée Adivaca 13 . C’est également le sacrifice offert par « le premier des Pândavas1* qui a été comme le foyer où s’est allumé l’in— « cendie de la guerre racontée dans le Mahâbhârata. Puisque le Râdjasoùya

• est la cause de ces fléaux qui accablent le monde, quelque important qu’il

• soit, pourquoi n’a-t-il pas été défendu? En conservant imprudemment

• ce sacrifice et ses cérémonies si dangereuses, on compromet le salut des «mortels. Tu as été l’aïeul de ces anciens rois; tu connais l’avenir aussi

• bien que le passé ; tu as été notre maître à tous et notre conseiller : com- « ment donc nos devanciers se sont-ils éloignés des règles, lorsqu’ils avaient « ta sagesse pour guide? C’est quand les princes ont de mauvais conseillers

• que l’on peut concevoir leurs erreurs. ■

Vyâsa répondit : «C’est Câla, c’est leur mauvais destin qui les a entraî-

• nés. Ils ne m’ont pas interrogé sur l’avenir, et par conséquent je n'avais rien « a leur dire. Je ne vois même pas de force capable de t’arrêter toi-mêmp. « ta voie tracée par Câla doit être nécessairement suivie. Tu me demandes

• quel sera l’avenir; je te le dirais bien, mais Câla est puissant; et même

• après m'avoir entendu . tu n’en seras pas moins emporté par le torrent. Il

ture xviii, tom. I. pag. H5. Ou ne liouve pas dans cette lecture le mot soûla , mai» je crois que c'est un surnom de Souc-a . fils de VvAm , et signifiant le barde, le narraleur*povte Par suite de cette explication et de la phrase présente, le nom patronymique Séii voudrait dire descendant

ou peUt-Jili du Soûla, c'est-à-dire dit narrateur. 11 Voyexlect. xxv, ton». I, pag. 1 13.

u L'histoire de Haristchandra, loct xm, tom. I, pag. G6, ne fait pas mention de rette circonstance

" Youdbichthira

• n’est point d’eflort , point de résistance , point de courage qui puisse par-

• venir à faire effacer les lignes tracées par Càla ,8. Le sacrifice du cheval est

• le meilleur qui ait été institue pour les Kchatriyas. Indra le sait bien lft, et

■ cherchera toujours k troubler cet acte de religion. Le destin l’a prononcé : « tu ne feras pas ce sacrifice. Cependant plaise au ciel que tu puisses aller « contre cet arrêt ! mais tu n’as que la force d'un homme. Ce n’est pas la « malveillance d’Indra , ce ne sont pas les fautes des prêtres ou du sacrifica- « teur lui-même qui sont le plus k craindre : c'est la force invincible de

• Càla. Càla est le souverain maître17; il a fixe les destins de tous ces êtres

• qui arrivent au jour pour marcher k la destruction, et cela jusqu’à la fin

• des âges. Il viendra donc un temps où les Brahmanes seront comme des

• marchands et vendront les fruits du sacrifice. Tel est le mouvement qui

• entraîne dans les trois mondes tous les êtres animés et inanimés. •

Djanamédjaya reprit : « Dis-moi quelle sera la cause de l’abolition de

■ l'Aswamédha; et, si tu le crois possible, je la préviendrai. » • Cette cause,

■ dit Vyâsa , ce sera ta colère contre les Brahmanes18. Essaie donc de la « prévenir; je le souhaite pour toi. Mais après toi, tant que la terre exis- « tera , les Kchatriyas n'offriront plus ce sacrifice du cheval. » « Je crains «autant que je rougis, s’écria Djanamédjaya, d’être l’exccuteur de l’aboli- « lion de ce sacrifice, et de me permettre une imprécation contre les Brah- « mânes. Car comment une race royale et pieuse pourra-t-cllc, ainsi désho- « norée, traverser le monde? Ne fera-t-elle pas comme le Brahmane enchaîné " qui voudrait s’élancer vers le ciel? Mais toi qui vois les maux dont est plein « l’avenir, ne peux-tu me consoler en inc disant si un jour ce sacrilice ne sera « pas repris? •

Vyâsa répondit : « 11 n’y aura plus à la fin de sacrifice que parmi les dieux

18 C*la Ml ici le destin, et il est par conséquent conioodu avec Brahm , qui . sous le nom de lïdMfri, rient, dit-oa. après U naissance d'un enfant écrire sur son front toute sa destinée. Cette croyance a inspiré cc vers que l'on trouve au commencement de lTIitopadéM, fable I :

fafarwfa cfrfeiTf

FFW :

“ Cent sacrifices de cheval donnaient à un prince le droit de devenir Indra : il est donc de l'intérêt de ce dieu d'empêcher ce sacrifice , et les fables indiennes rapportent tous les efforts qu'il fait pour arriver à ce but.

M Le poêle se sert du mol Para

michthin, que l'on attribue ordinairement à Brahmà.

“ Voyet plus bas la lecture cxci.

• el les Brahmanes. Quand le feu est partout éteint, c'est dans le foyer qu'on

■ peut encore espérer de retrouver quelques étincelles. Un Brahmane de la

■ famille de Casvapa, nommé Obhidjdja, deviendra chef d’armée1*, et dans

• le Cali-youga offrira l'Aswamcdha; mais le rddjasoùya de ce personnage30

• sera aussi faible, aussi pâle que la planète quand l'heure de la destruction

■ est arrivée Sl. Les mortels recueilleront de leurs œuvres des fruits proportionnés à leurs mérites. La porte de la fin des âges sc couvrira de Richis

• errants et incertains a. Les hommes abandonneront alors les anciennes

• coutumes : le monde se relâchera peu à peu des saintes observances. On « verra s'affaiblir l’amour du devoir, devoir si important dans ses résultats, « si difficile dans la pratique , et fondé , à cette époque , sur le seul esprit de

• libéralité a3. Les quatre divisions de la vie dévote * s’effaceront insensible-

• rnent. Les hommes croiront qu’une légère pénitence peut mener à la per- « fection, et vers la fin de cet âge les voies du devoir et de l’impiété se trou- « veront confondues. »

’fRRT J frnânth. Ce |»as»agc |»eul être ün renseignement important pour juger de l'âge •le cct ouvrage , ou du moins de ce passage. Le Brahmane Obhidjdja est peut être le même que celui qui est appelé Calkin, dixième avatare de Yiclinou- Voyez lect, mit, tom. I, pag- 196.

“ Le mot employé ici mérite d'être remarqué : c'est * coalinnh, mot qui signifie

an Aoromc de tonne oa de haute famille .mais qui désigne particuliérement un Brahmane de l'une des tmite-di'in divisions , appelées JUrfoyoi , et formées des cinq familles au «quelles avaient donné naissance cinq Brahmanes anciennement

venu» du Cnnyâcoumbdja . aujourd'hui le Canouj. Celle organisation de l'ordre brahmnniquc était due au roi BalliUaséna. qui a régné dans le xm* siècle.

*' Je ne me flatte pas d'avoir saisi le sens de cette phrase : HrçÇuilïT WT

mot tu'èta , qui signifie blanc , se dit aussi de la planète de Vénus.

" Traduction vague de ce vers obscur :

par le sloca 86 de la 1" lect- des loi» de Manou. ** C'est-à-dire, les quatre dtramas

1 Je crois nue celte idée se trouve expliqué*

Page 1