‹ Harivansa ou Histoire de la famille de Hari ouvrage formant un appendice du Mahabharata et traduit sur l'original sanscritChapitre 45 sur 140 · NOUVEAUX DÉTAILS SUR LE DERNIER AGE · texte numérisé non relu

NOUVEAUX DÉTAILS SUR LE DERNIER AGE

Le fils de Soûta continue :

* Mais, dit Djanamèdjaya, au milieu de ce désordre universel, qui gou-

• vernera les mortels? Donne-moi encore des détails sur leur conduite, - leur nourriture, leurs voyages, leurs actions, leurs travaux, leur instruc-

• tion et la durée de leur vie. Dis-moi par quelle décadence ils reviendront

• â l’âge Crita. *

Traduction hasardée du mot

rcnsnnkha Le sanlha est un parfum appelé vulgairement tutkhî, et d'une couleur brune.

Cette couleur porte le nom de gaeedfowea

ou gatéroucfl., mot qui signifie ocre [rtd châlit) Voj es lect. cuiu . note 9.

" fWtWJ RTT-

** Nom de l’Age appelé aussi Satya.

CENT-QUATRE-VINGT-DIXIÈME LECTURE. 281 Vyàsa reprit : « Par suite de ce profond oubli de leurs devoirs , les mor-

• tels perdront toute espèce de bonnes qualités, et verront s’affaiblir leur

• santé. Cet affaiblissement produira la langueur, la langueur la pâleur du « teint , la pâleur du teint la maladie , et la maladie l'indifférence pour les

■ choses humaines Cette indifférence conduira les mortels à réfléchir « sur eux-mêmes, et cette réflexion les ramènera à la pratique des devoirs :

« c’est ainsi qu’une ère nouvelle apparaîtra pour eux, et qu’ils arriveront

• à l’âge Crita.

« Parmi les hommes, les uns no se conformeront aux règles saintes

■ que par obéissance , et languiront dans cette espèce d’apathie qui ne s’élève

• ni ne s’abaisse * : les autres, doués de l’esprit de discussion3, rechercheront « avec ardeur de spécieux raisonnements. Quelques-uns, fiers de leur

• science, n’admettront que des preuves philosophiques, telles que celles

• qui résultent de la perception et de l’induction 4; d’autres rejetteront « l’autorité des Vèdes. Les femmes même se mêleront de discussion. 11 y « aura des gens qui se feront un honneur de ne rien croire 3 et d’abjurer « toute espèce de devoir : on verra des êtres stupides et insensés s’ériger

• en docteurs. De beaux parleurs, sans foi et sans instruction, abuseront « les esprits égarés.

• Cependant il y aura, dans ce siècle dégénéré, quelques hommes res-

■ pcctés des autres, et qui feront encore le bien, distingués par leurgéné-

• rosité et leur amour de la vertu. Mais le reste du monde, sans mesure»

• et sans principe, ne gardera aucune règle pour ses aliments; dépourvu « de toute bonne qualité, il n’aura que de l’impudence; les gens de la « dernière classe usurperont les fonctions éternelles du Brahmane : tels se- « ront les signes particuliers de cette époque connue par le nom de Cacjiuya B.

■ Au milieu de l’absence de toute instruction et de toute croyance, ce sera

nirvèda.

' ^ r 1 1 maJhyaJthatd.

' f^FPT ùmarçha.

* arM* UH ldi Les Bouddhistes sont appelés ! .

* Cette idée est ainsi exprimée par le mot

r 5 . L’homme qui révoque en doute l'authenticité des Vèdes et des légendes est appelé par les Indiens orthodoxes, ather » . C’est une épithète que l'on donne aux Bouddhistes.

* Ce mot cachâya désigne une couleur rouge ou bruise, qui est celle que les Bouddhistes avaient adoptée. Voyez la CLiixii'lect., note 1 1 .

• peu de chose que la sagesse de ceux qui seront sages parmi ces hommes

• privés d’une règle de conduite; alors il y aura de grands combats, de « grandes pluies, de grands vents , de grandes chaleurs.

• Des Râkchasas prendront la forme des Brahmanes : des rois, attachés « aux oeuvres mondaines7, posséderont la terre. Ces Râkchasas, déguisés

• en Brahmanes, ne feront ni la lecture des saintes écritures9, ni le Va -

■ chat*\ pleins d’orgueil et d’immoralité, fous, intéressés, cupides, avares « et mesquins, ils seront iniques dans leurs jugements, cl quitteront la

• voie éternelle de la justice. Animés par leurs mauvais désirs, partisans de

• la fraude et de la violence, ils enlèveront aux autres leurs richesses et » leurs épouses. Tels seront les hommes de cette époque; on ne verra aucun de

■ ces Mounis, formés à l’image de Brahmâ10, et qui apparaissent dans l’âge

• Crita pour être à la tète de la création et devenir l’objet de la vénéra-

■ tion et du culte des 11101*101$. Les humains de cet âge malheureux enlève- « ront sans pudeur les récoltes, les étoffes11, les aliments, les paniers d’o-

• sjer ,a. Mais ils se puniront par eux-mêmes, et, voleurs ou assas.sins, ils

■ seront volés ou tués par un autre brigand plus adroit. Pour se soustraire « aux maux de ce temps dépourvu d’honneur et de religion, les hommes,

• accablés sous le poids des impôts, fuiront dans les bois. Les Gis donne-

■ ront des ordres à leurs pères, les brus à leurs belles-mères; les disciples « adresseront dos réprimandes à leurs maîtres. Tout sacrifice ayant cessé ,

« les Râkchasas, les animaux sauvages, les insectes, les mouches, les ser-

• pénis tourmenteront les mortels. Plus de bonheur, de santé, d’attache-

• ment entre les parents.

« Accablés de douleurs , sans chef et obligés de vivre de brigandage , les

• hommes iront de province en province, errant à l’aventure, s’exilant de « leur propre contrée, et emmenant, loin d'un pays désolé, leur famille pri-

• vée de tout asile. Poussés par le tourment de la faim , ils passeront la

Il est possible que cette circonstance ait (ait donner le nom de Caehdya à l'Age Cali.

1 * carmatèdimk.

' S*cAdhyâ\a.

* Le rachat est une exclamation employée au moment où le prêtre verse le beurre dans le

feu du sacrifice. De là vient le mot Vachatodru. M ! bruhma roûptnah.

u tchêla. Voyex lecture lxi, tom. I,

pag. a77.

co routât.

• Côsikî 15 : ils sc disperseront dans les vallées qui sont au bas des hau-

• leurs du Richica u\ et chez les Angas, les Bangas, les Calingas15, les « Casmîras 16 et les Mêcalas”. Ils iront sur toute la longueur de l'IIimâlaya, « ou sur les rivages de l'onde salée, et habiteront dans les forêts au milieu

• des Mletchlias l*. Ainsi la terre habitée deviendra déserte, et ceux qui

■ devaient la garder seront les premiers à la dévaster. Les hommes auront

■ pour nourriture les animaux des bois, les poissons, les oiseaux , les bétes

■ sauvages, les reptiles, les insectes, le miel, les herbes, les fruits, les ra- « cines. Ils seront vêtus, comme les anachorètes, de haillon» l#, de feuil-

• lage, d ecorce * et de peaux. Ils formeront dans les vallées des enclos,

• composés de pieux, pour y déposer quelques semences, et élèveront avec

• peine des troupeaux de chèvres, de brebis, d'ânes et de chameaux. Placés « sur le bord des rivières, ils en arrêteront le cours par des digues 21 , afin de

• pouvoir arroser les terres. La vente qu'ils se feront entre eux de vivres et « de comestibles ** deviendra une source de contestations. Les vaches au-

• trefois fécondes, le poil hérissé et malpropre, n’auront point de veaux et « perdront la pureté de leur race.

• Voilà ce que seront les hommes, tels que le temps les aura faits. Cha- « que jour verra décroître leur amour de la justice. Leur âge sera au plus de « trente ans 3 : faibles, languissants, tourmentés par la fièvre et le chagrin ,

• ils perdront l'usage de leurs sons. L'affaiblissement de leur santé amènera

• le découragement ; c’est alors que, se soumettant aux sages remontrances,

u Rivière du Rahar, aujourd'hui le Cosi ou Cotisa. Ce passage et le* suivants semblent indi* quer que l'intention de l'auteur n'est pas de raconter la fin du monde, mais plutôt In ruine et la désolation de la province qui était le paire moine de Djanamêdjnya.

“ Voye* Icct. cxvu . loin. I . pag. boa. note 7.

11 Voy« iect. xxxi . tom. I . pag. 1 à 1 , note 10.

“ Habitant le Cachemire.

” Ce peuple devait être aur les tards de la Narmadn.qui sort du mont Mécala, lequel fait partie du Vindhyn. LcYarâsanbiU place le pays des Mécalas parmi les provinces de l'est.

“ Nations barbares et étrangères aui coutumes indiennes.

" Uhtra.

“ wifroto-

" Les lois de Manou condamnent ccttc pratique, Iect ni, si. 1 63.

“ La même lecture des lois de Manou défend de vendre des viandes , si. 1 5a. Le passage que je traduis ici ne parie po» de viandes , mats de nourritures préparées .• 4 | paÂwdaiw.

w 1* sloca 83 de la ir* lecture des lois de Manou dit que dnns le premier âge les hommes vivent quatre cents ans, et que leur existence perd successivement dans les autres Âges un quart de sa durée.

■ il» éprouveront (lu plaisir à la vue des gens vertueux : ils commenceront « À pratiquer le bien et mettront un tenue à leurs disputes. En voyant le peu

■ de profit que l’on retire des passions, ils reviendront à l'accomplissement

■ de leurs devoirs. Désolés de la perte de leurs concitoyens , ils chercheront « à se rapprocher. Dociles aux avis qu’ils recevront , ils recouvreront le goût « de la libéralité, de la sagesse, du respect pour tout ce qui respire, et

• avec le bonheur reviendra dans ce monde le Devoir,' représenté sou» la « figure d'un taureau aux quatre pieds u. Ils se sentiront encouragés à per- « séverer dans leurs bonnes résolutions , et connaîtront le prix de la vertu. « De même que la décadence vers le mal aura été progressive, le retour vers - le bien se fera aussi par degrés. À l'apparition du Devoir, recommencera le

• cour» de l’âge Crita, dont le caractère e»t la vérité, comme le vice est

• celui de l’âge Cachâya. On peut comparer ce dernier siècle, appelé Cali, « à la lune dépouillée de ses rayons et couverte d’une profonde obscurité, « et le Crita à ce même astre brillant dans toute la plénitude de sa grandeur.

• C’est le Crita qui possédera la véritable richesse , c’est-à-dire la science du

• grand Brahma, la connaissance des Vèdes, trésor qui semble lui appar-

• tenir en propre , trésor non connu qui est en quelque sorte son héritage. « C’est encore le Crita qui connaîtra le véritable sacrifice, c'est-à-dire la pé- « nitcnce constante en sa résolution, épurée dans son œuvre et dégagée

■ de toute pensée mondaine. I^a bénédiction du ciel, s’appropriant au

• temps et au lieu, descendra sur l'homme constamment vertueux: telle sera « cette heureuse époque, chantée par les Ric ins. Les hommes ressembleront « aux dieux qui savent concilier l’amour du devoir avec le désir des richesses « et des plaisirs 54 : le bonheur sera parfait, et la vie toujours pure. Ainsi

• se succèdent, suivant les lois de leur nature, les révolutions des âges. Le

• monde, toujours vivant, ne s’arrête pas un moment, et la destruction

• est sans cesse remplacée par l’aurore d'une création nouvelle. »

M Cette allégorie se trouve dan» le» lois de Manou, lect. i, si. 8t. Le» quatre pied» de ce taureau symbolique représentent U pénitence , la science divine , le sacrilice et la libéralité. A

chaque âge , ce taureau perd un de ses pieds. Voyez plus loin , lect. cxciv.

** Ces trois qualités forment ce qu'on appelle le trnarxja.

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