CENT-QUATRE-VINGT-QUATORZIÈME
LECTURE
CABACTÈnE DES QUATRE ACES.
Vêsampûyana dit :
Ou assigne quatre mille ans de durée à l’âge Crita : son Sandhyâ et son Sandhyânsa sont chacun de quatre cents «ns rendant cet âge le devoir a quatre pieds*, le vice n'en a qu'un; les hommes suivent avec plaisir les obligations de leur caste. Les Brahmanes remplissent leurs fonctions de prêtres, les Kchatriyas celles de protecteurs des peuples; les Vèsyas s’occupent de l’agriculture, et les Soildras se résignent à l’obéissance. Cet âge est renommé pour la sagesse, la piété et la justice qui sont alors le partage des mortels, et
11 Ce mot doit être synonyme d’/nnira- ** Cette dernière idée me semble contenue
dans le mot |rj^f| nirvrita. Cependant oe
mot pourrait aussi indiquer féut de finie dégagée des liens du corps : il faudrait alors modifier le sens de la phrase, et dire que A'drdjana est contemplé par ceux qui ont obtenu réoumdpanon finale.
“ Ce mot est la traduction de gakwara, employé comme adjectif féminin t ‘ J’ai hasardé le sens
de mystérieux que ne me donnait pas le dictionnaire.
1 Voyez lecl. vin , tom. I , pag. 44 * Voyez plus haut lect. cxc, note 34
fécond en personnages d'une heureuse naissance et disposés à aimer la vérité (sutya).
Le Trétâ sc compose de trois mille ans; son Sandhyâ et son Sandhyansa de trois cents ans chacun. Le vice alors marche sur deux pieds , et le devoir n’en a plus que trois. La sagesse et la vertu de l’âge Crita commencent à décroître ; les castes, par suite de l’inconstance humaine, subissent des alterations; c’est avec tiédeur que l’on observe la distinction des quatre conditions de la vie dévote*. Tel est le caractère que les dieux ont imposé à l’âge Trélâ ; voici maintenant celui du Dwâpara.
Le Dwâpara est formé de deux mille ans ; son Sandhyâ et son Sandhvân&a en renferment chacun deux cents. Alors les Brahmanes sont attachés aux richesses; ils ont de la science, mais, entraînés par la passion ( radjas ), ils sont, comme les autres hommes, corrompus, malveillants et avares. Le devoir n’a que deux pieds, et le vice s’élève sur trois. C’en est fait de cet amour de la vertu qui possédait les hommes dans l’âge Crita; peu h peu s’éteignent les bons sentiments qui animaient les Brahmanes, et la foi périt. On perd l’habitude des jeunes et des autres pratiques de pénitence.
Enfin arrive le méchant âge Cali qui , en comptant ses deux Sandhyàs, est composé de mille deux cents ans. Le vice alors a quatre pieds, et le devoir n’en a qu’un : les hommes ont le cœur rempli de mauvais désirs, et l’esprit couvert d’obscurité (famas). Personne ne pratique le jeûne; plus de vertu, plus de vérité, plus de foi. La vie des Brahmanes n’est plus respectée. Possédé de l’égoïsme, on n’a plus d’attachement pour sa famille. Les Brahmanes se conduisent comme les Soudras, et les Souriras s'élèvent au-dessus de leur condition dégradée. Les hommes corrompus méconnaissent la distinction des castes et des quatre états de la vie dévote; ils mettent leur joie dans des plaisirs défendus : enfin l’esprit de l’âge Cali est l’incrédulité pour lesYèdes.
O Djanamédjaya, il y a encore une division du temps, appelée Manwantara et composée de soixante et onze de ces périodes dont nous venons de parler et qui renferment douze mille années, mais des années qui, au rapport des poètes, sont d’une nature divine. La durée d’un Manuantara* forme un jour de Brahmà. Quand ce jour est fini, arrive une période de mille âges, pendant laquelle Roudra, qui connaît le moment de la destruction générale
• C«t-à-<lirc ck* âframas. — * Voyez lect vin, ton». I, pâg. 45
(stunèdra), anéantit le corps de tous les êtres animes : tous les dieux et BrahmA lui-même, les Dêtyas , les Dânavas, les Yakchas, les Gandharvas, les Rôkchasas, les Dévarchis, les Brahmarchis , les Hâdjarchis, les Kinnaras, les Apsarâs, les serpents, les montagnes, les fleuves, les quadrupèdes, les animaux de toute espèce , les hôtes des bois et les oiseaux , tout cesse d'exister. Le dieu créateur et maître des cinq grands éléments met les diverses parties du monde en hostilité avec elles-mêmes, et fait quelles coopèrent à leur propre destruction. Le soleil retire à lui la lumière qui éclaire nos yeux1 * * * 5, l’air supprime le souffle qui anime les êtres, le feu brûle tous les mondes, et la nuée ne cesse de répandre la pluie.