HA RI VAN S A
cet arbre chargé de fleurs divines. A la vue de ce miracle de beauté, source incompréhensible de plaisir et de bonheur, les vieillards sentaient diminuer leur faiblesse. Les aveugles recouvraient les yeux. Le parfum seul de cet arbre rendait la santé aux malades. Une foule de Cokilas * blancs couvraient ses branches, enchantant de leurs doux concerts les mortels qui, dans leur surprise, révéraient Djanârddana; ceux qui s’approchaient de l’arbre entendaient aussi les chants les plus agréables et les sons des instruments les plus variés. Quel que fut le parfum qu’ils désiraient, le PâridjAta leur en donnait les suaves exhalaisons.
Crichna, revenu àDvvâravatî, se présenta devant le grand Vasoudéva et Dëvakî. Il fit aussi une visite au roi des Coucouras, à Bala son frère, et aux Yâdavas respectables par leur âge et semblables aux Immortels. Après leur avoir rendu ces hommages et s’ètre acquitté de ce devoir, le dieu, qui ne connaît ni commencement ni lin, rentra dans son propre palais. 11 se rendit à la demeure de Satyabhâmà et lui remit le Pâridjàta, Celle-ci , remplie de joie, honora le vainqueur de Madhou, et reçut le présent qu’il lui faisait. L’arbre intelligent avait pris en ce moment de petites dimensions : c était là un miracle digne de la grandeur de Crichna. Tantôt ce Pâridjâta couvre Dwâravati tout entière, tantôt il n’est plus que de la grandeur du pouce, et peut être porté dans un appartement. Satyabhâniâ au comble de ses vœux s’incline avec respect, et, pressée de se purifler, peut à peine supporter les préparatifs nécessaires. Crichna transporta aussi dans Dwâravati les autres richesses qu’il avait conquises dans le Djamhou-dwipa. Ensuite, se souvenant des services que Nârada lui avait rendus, le glorieux frère d’Indra appela par sa pensée le saint Mouni, afin qu’il vînt recevoir de Satyabhâmà les preuves de sa reconnaissance.
% Le Cokila ou koil est renommé dans les poésies des Indien» pour lagrement de son chant ( Cneultu iudirut). Sa couleur est noire.
LF. PARIDJATA A DWARAVAT1.
\ csampâyana dit :
Le saint Mouni Nârada , appelé par la pensée de Crichna » se présenta surle-champ, 6 fils de Gourou. Ce héros l’accueillit avec tous les honneurs que la loi prescrit. Quand Nârada eut terminé ses ablutions, des guirlandes, des parfums, des mets de toute espèce lui furent présentés par le dieu créateur de toute la nature, et par Satyabhâma dont le cœur était plein de joie. Cette épouse de Crichna, heureuse de la possession du Pâridjàta, orne sa poitrine d'une guirlande de fleurs, et salue son mari. Elle fait d'abord à Nârada une offrande d’eau; puis elle lui présente, suivant les indications de Késava, mille vaches, une montagne d’or, d’argent, de pierres précieuses , de grains de sésame \ et d’autres richesses. Le brahmane contempla ces cadeaux avec plaisir, et, cessant de manger, il dit à Késava ; « C’était déjà bien assez de l’eau que m’a donnée Satyabhâmâ. Je
• suis content; suivez-moi , et faites tout ce que je vais vous dire. * ■ Ce n était
• là qu’une première cérémonie1 * * 4, » répondit le vainqueur de Madhou, et en même temps il suivit Nârada qui, marchant devant lui, s’amusait à faire mille plaisanteries. ■ Arrêtez-vous, dit enfin le Mouni en détachant de sa poitrine
• une guirlande de fleurs, je vais partir. Pour salaire donnez-moi une vache
• noire avec son veau, et une peau de gazelle noire, remplie de sésame
• et d’or. Tel est le salaire qui convient au dieu meme dont le taureau est
• fi\ symbole. • • Que votre désir soit satisfait, répondit en souriant Hrichî- » késa. Mais de plus formez un vœu, que je vous promets d'exaucer, 6NA-
1 Le nom sanscrit est tila. J'ai conservé à
dessein dans celte (dusse le mol monlaytte : nous
verront plus bas, lect. ckxxvii. que l'usage élait de doniser aux Brahmanes des cadeaux qui représentaient diverses formes
1 tic sont les mêmes expressions que ceUes que nous avons vues. lect. cxxiv . note 4; mats je ne conquit pas trop le rapport qu elles ont avec l'ensemble de ce passage : peut-être qu'ici elles ne sont prises qu'au bgurê.
• racla , pour vous prouver ma reconnaissance. • Le pieux Riclii lui dit : « O Vichnou, ô éternel Nàrâyana , ô vous qui êtes la voie des justes, soyez-moi « toujours favorable. Accordéz-moi de |>ouvoir toujours visiter votre de- « meure : que je sois exempt de renaître dans une matrice, et que dans mes ■ existences à venir je sois encore Brahmane. » « Je vous l’accorde, • dit le dieu, et le sage Mouni se réjouit de la faveur qu'il venait d’obtenir.
Les seize mille épouses du grand Vichnou furent appelées*par sa favorite Satyabhâmâ , qui leur distribua à chacune tous les présents que Satchî avait remis pour elles au fils de Vasoudéva. Le Pâridjâta, par le conseil de Nârada et l’ordre de Crichna, fut fixe en ces lieux et y prit de l’accroissement. Invité par le héros, chacun vint admirer cette merveille. On vit arriver les Pàndavas avec Prithâ 5, l’illustre Dropadî 4, Soubhadrâ 5, Sroutasravâ * et sa famille, Bliîchmaca et ses enfants, et d’autres parents et amis. Djanârddana eut le plaisir de recevoir le prince son ami, Ardjouna, surnommé Phdlgouna; le gynécée de Crichna était alors le séjour du bonheur et de la magnificence.