NAISSANCE DU GRAND LOTUS
Vêsampâyana dit :
Le dieu qui est né au sein des ondes 1 poursuivait sa pénitence, sous la forme d’Apava3, tirant de lui-mémc le corps sous lequel il désirait d'apparaître. L’être fort et spirituel, voulant devenir ce grand univers, songea, avant de former le monde, à créer les cinq éléments. 11 méditait au milieu
de ces rudiments informes et enseveli
" C'est-à-dire U* mol aiun , qui eu une ratme syllabe renferme trois lettres.
*• L'hymne de Yiswâmitra nu soleil est composé de deux strophes, de trois paJas ou versets chacune. La deuxieme strophe de cet hymne est probablement ce qu'on appelle la tilritrt.
11 Réunion des trois qualités qui sont l'objet des désirs des hommes, savoir : l'amour, le devoir et les richesses, coma, dharma, artha ;
i dans 1 eau ; les rigueurs de sa péni-
ou des trois qualités qui entrent dans la composition du monde, le talya, le raJjas et le la/nas.
roumMcuumMuKih. Couen lha signifie jarrt d rua, et « mot me semble ici désigner le lit de la mer, où habite le dieu créateur. Cette épithète est synonyme du6iÿ<i,quc nous avons vu lecl. xxix, tom. I, pag. ia8.
* Voyez lcct. I, tom. I, pag. 7.
tence croissaient de plus en plus. Il agita d’abord légèrement la mer; les ondulations prolongées de l’eau formèrent un petit creux. Là, du sein de l'clément liquide, le dieu naquit sous la forme de l’air3, qui est la voie du son. L’air ainsi comprimé, par suite du mouvement, se dilata, et la mer fut bientôt vivement agitée. Les flots, poussés les uns contre les autres, se soulevèrent avec force. Au milieu de cette onde tumultueuse naquit le dieu Agni, aux rayons puissants, aux noires atteintes \ Le feu dessécha l’eau; et par suite de cette diminution de l’onde, il se forma un creux qui devint le ciel. C’est ainsi que les eaux, pures et semblables au liquide immortel, furent produites d’elles- mêmes; l'éther vint de la retraite de ces eaux, et l’air naquit de l’éther.
Le dieu, essence première des éléments, avait vu avec plaisir l'heureux résultat 5 de la lutte qui s’était établie entre l’eau et l'air, et la naissance du feu du sein même de l’eau. Continuant sa création avec la plus profonde intelligence, il avait approuvé les êtres déjà produits, cf, habile à revêtir toutes les formes, il pensait à se donner un second et à faire naître Brahma*. 11 prend ce qui, sur la terre, parmi tous les Brahmanes soumis au joug de la pénitence et puriliés par leurs naissances successives, a servi à former un Yati, ce qui est éminent en science et en dévotion, ce qui anime toute la nature, ce qui réunit en soi les hautes qualités de Yéswarya \ et il en fait la base même de Brahmâ \ Cependant le souverain créateur, le puissant Mari, le maître du mystérieux yoga , pur et brillant comme le feu, poursuit le cours de ses jeux variés et admirables, et de son ombilic il fût sortir un lotus d’or, qui a mille feuilles et tout l’éclat du soleil, plante miraculeuse, dont le sommet est un foyer de lumière étincelante, qui s'élève avec la douce splendeur du soleil d'automne, et
* Le poêla, dan» cette cosmogonie, me sem-
1,1e reconnaître deux espèce* d'air, l’air formé de l'eau , «B’air forme de l’éther,
‘ *UiWr*4l cncA/jaicrfnuî. Voyez lec-
ture ïliv, ton». I. pag. 307.
• Le poêle donne à l’eau le nom de ÎTT^T âdjya > lequel mol signifie proprement le beurre
liquide que l'on jelte dan» le fou du sacrifice.
* Brahma est ici la matière organisée, le monde animé par l'esprit éternel. Consultes à ce sujet la vil* lecture du Bhagavad-gitâ.
1 Pouvoir surnaturel qui rend celui qui le possède tout-puissant, présent partout, invisible, etc. Ce mot est dérivé d'Iswara , qui veut dire maître, Cependant voyez la cciv* lecture.
‘ y<ylui HM IsiMÎH
CENT-QUATRE-VINGT-DIX-HUITIÈME LECTURE. 303 dont la tige magnifique, en $c dressant sur le corps du dieu, éblouit tous les yeux de son incomparable beauté.
CENT-QUATRE-VINGT-DIX-HUïTlEME
LECTURE