FAMILLE DE DAKCHA
Djanamédjaya dit :
C’est bien, d saint Brahmane; mais je désire savoir ce qui s’est passé dans le Trétâ-youga, et connaître les œuvres de ce personnage distingue entre tous par son immense savoir.
Yèsampàvana reprit :
Dukcha, le premier des mâles, par la vertu de l’yoja dont il est le maître suprême, prit lui-même le corps d’une femme, belle, aimable, charmant lotis les canin, brillante comme le lotus, attirant tous les regards par l’élégance de scs jambes, l'embonpoint de sa taille, la grâce de scs sourcils \ les taches rouges qui ornaient le coin de ses yeux *. L’hymen du fils des Pratchétas et de cette vierge eut lieu sur le sommet de la montagne J, et de cette union mystérieuse naquirent de nombreuses beautés. Ainsi Dakcha, revêtu de la double forme de mâle et de femelle, produisit tous les autres êtres, ajoutant de cette manière à scs charmes par des charmes nouveaux.
Le puissant fils des Pratchétas maria scs filles suivant le rite de Brahma*; il en donna dix à Dharma, treize à Casyapa, vingt-sept à Sonia, et, après avoir ainsi établi ses filles, il se rendit dans la sainte région, habitée par les Brahmanes, et appelée Champ de Brahma ( Brahmakchètra 8). Là le saint Mouni , livré à la méditation et à la pénitence , vivait au milieu des habi-
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* Cette montagne est sans doute le monl
Mérou.
■ fàrfrnn ' oyet lois de
Manou, lect. iii. si. ai et 37.
1 Le sens de cette expression peut être mystique, ainsi que edui de Uharmalahètru , que l'on trouve plus bas; ou plutôt l'auteur désigne
tants des bois, parcourant la terre, sc nourrissant d'herbes, de racines et de fruits, et croissant chaque jour en mérite. Son bonheur était d'ètre entouré de ces innocents animaux, et des Brahmanes purifiés par le sacrifice et brûlant leurs péchés par l’ardeur de leur pénitence. Le Mouni, prévoyant pour eux les temps de contestations cl de combats, leur enseignait par son exemple à commander à leur propre corps; et eux ne pensaient qu’à la perfection que procurent les bonnes ouvres et le sacrifice. Après s'être distingués par leur noblesse et leur générosité , exempts d'emportement, renonçant aux voluptés, ils venaient avec leurs femmes et leurs enfants achever leur vieillesse au milieu des animaux des forêts. Ces Brahmanes fameux habitèrent donc le pays que leur père affectionnait le plus, et qui, pour cette raison, fut nommé Brahmakchèlra, heureux séjour de ces yatis * qui ont renoncé à l’action et vaincu leurs passions et leurs sens, et de ces sages qui parcourent le monde après avoir fait venu de pauvreté.
Ainsi cette même race, sainte et pieuse, qui n'existait d’abord que dans le manas de son auteur, fut revêtue d’organes sensibles et périssables. Mais si la substance invisible et spirituelle se couvre d’une enveloppe visible et matérielle, cette seconde substance, par l’effet du temps, disparaît et rentre dans la première. Les êtres obéissant à l’empire de la destinée et à la vertu de Yyoga1 s’associent à l’existence ou s’en séparent, et sont tour à tour animés ou inanimés, atomes ou organisés*.
Quelques-unes de ces filles de Dakcha devinrent les épouses du grand Casyapa , qui subissait lui-même les lois du temps. De là naquirent les Adityas, les Vasous, les Roudras, les Viswas, les Marouls, les serpents à plusieurs tètes, les dragons, les Sàdhyas, les Gandharvas, les Kinnaras, les Yakchas,' les Souparnas, Garouda, les vaches, les quadrupèdes, les hommes, les nuages, la terre, les montagnes qui la supportent, les éléphants, les lions, les tigres, les chevaux, les oiseaux, les rhinocéros, les animaux
U contrée sainte qui avoisine le mont Mérou, et qui pour le séjour particulier tl«
Brohmù. Je ne pense pas qu'il veuille faire allusion au premier établissement d’une colonie dans la contrée appel! 6e Brahma varlla, située au nord-ouest de Dchli. Voyez cependant la lecture eexil, et surtout 1a lecture ccxvi. où
l'auteur confond le Braluuaichctra avec l’Ant&rvédi.
* Voyez la vi* lecture des lois de Manou.
’ l.c mol yoga signifie en cet endroit » i anmn , agrégation,
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cornus, les taureaux, les antilopes, les cerfs à quatre cornes*, les reptiles brillant de raille couleurs et comparables au lotus, enfin tous les êtres, quelles que soient leurs formes et leurs descriptions.
Ainsi doués de corps mortels et de facultés physiques et morales, les Mounis naissent successivement dans le champ étemel du devoir (dharmakchétra l#). Leurs âmes (kchètrajna) , dans ce monde humain, viennent se soumettre aux lois divines et aux règles des Yèdes; elles animent ces héros, aussi éminents dans le ciel que sur la terre; ces maîtres de maison perfectionnés par la pénitence, formés par l’épreuve du brahmatcharya , et pleins de respect pour leur gourou ; ces pieux Brahmanes qui, jaloux d’arriver à l'état de sidtlha, se livrent aux pénibles pratiques de Vyoga et aux saints exercices de la prière; enfin ces hommes vertueux et austères qui s’occupent des affaires mondaines 11 et vivent entoures de leurs femmes **. Tels sont ces antiques Mounis, quand ils passent par les épreuves de la vie humaine.