QUERELLE DES DÉVAS ET DES DÈTÏAS
VêsampJyana dit :
Les hommes adressaient des hommages aux vaches et aux brahmanes’, objets du respect de la lune et du soleil. A leurs sacrifices se joignaient les Vasous, issus de Brahmâ, Nârada et scs collègues, les Gandharvas, tous les Richis; mais surtout c'était le père commun des êtres que tous ces personnages honoraient par leur piété. Charmé do leurs doux concerts, faits pour séduire les cinq sens , et capables de flatter la nature entière et de faire son bonheur, vers la fin du sacrifice, RrahmA prit la parole, pour leur témoigner sa satisfaction , et dit à Casyapa : < Tu seras sur la terre honoré, ainsi ■ que tes enfants, par des sacrifices accompagnés de riches présents; Aakchas, « Souras de chaque degré, nous serons tous honorés, et moi, avant tous les « autres. >
Dès lors une cruelle inimitié sépara les Dévas et les Dêtyas; rivaux ja-
’ ïftsHÇIlill ; gobnihmamth. Vo yei au turc tvi, lom. I, pag. a 56. où *e trouve indiquée
sujet de l'association de ce» deux mol» la lec* leur signification mystérieuse.
loux, ils se provoquent au combat en balançant leurs bras avec fureur. En vain les Richis, dont le feu de la pénitence a brûlé les péchés, en vain les autres Brahmanes instruits dans les Vèdes et les Védângas voudraient les arrêter : tels que des taureaux dans un pâturage, ils se précipitent les uns sur les autres. Avec toute l’ardeur de l'espérance ils commencent le combat, et A la vue de tous les êtres qui les contemplent, ils vont pour la victoire braver la mort. Ils poussent de grands cris, et redoublent d'efforts; pour se saisir ils étendent leurs bras avec colère, de même que les oiseaux déploient leurs ailes, l^a terre tremble sous leurs pieds, et frémit, comme quand elle s'affaisse sous le poids de deux nobles combattants. Les montagnes battues de leurs pas rendent un son pareil au mugissement des taureaux. L’air est agité et les fleuves troublés dans leur cours.
Alors eut lieu le combat de Vichnou et de Madbou, combat affreux, épouvantable, aussi terrible que la catastrophe de la fin des âges. Vichnou abattit la force de son ardent ennemi , comme l’eau éteint la violence du feu.